Asie du Nord-Est / disco / new wave / post-punk

LeeNalchi et l’Ambiguous Dance Company : «Feel the Rhythm of Korea»

par Rupert Bottenberg

Un aperçu vibrant de quelques villes sud-coréennes avec le pansori nouvelle vague de LeeNalchi et la frénésie de l’Ambiguous Dance Company.

Pendant que la pandémie fait obstacle aux voyages, l’Organisation coréenne du tourisme (KTO) cherche à égayer le monde avec les cartes postales pittoresques du pays sous forme de vidéos musicales entraînantes de sa série Feel the Rhythm of Korea. Ces excursions trépidantes mettent en vedette la musique de la formidable troupe funk-punk pansori LeeNalchi, tirée de leur excellent album Suggunga, et les chorégraphies délirantes de leurs inséparables associés de l’Ambiguous Dance Company. Les trois premiers clips – qui explorent les grandes villes de Séoul, Busan et Jeonju – ont été diffusés sur le web à la fin du mois de juillet et ont depuis été vus par quelque 25 millions de téléspectateurs chacun. La KTO vient d’en lancer trois autres montrant des temples, des marchés, des parcs et divers autres centres d’intérêt des villes d’Andong, de Mokpo et de Gangneung. C’est presque aussi bien que d’y être…

électronique / folk / jazz contemporain / traditionnel

Tigran Hamasyan : «37 Newlyweds»

par Rupert Bottenberg

En ces temps difficiles pour l’Arménie, le célèbre pianiste de jazz Tigran Hamasyan ravive l’espoir grâce à une splendide vidéo et une façon d’aider.

En rendant hommage aux héros arméniens des événements tragiques d’il y a cent ans, alors que l’histoire se répète, le musicien Tigran Hamasyan, qui a su allier folk et jazz, n’a pas fait que poser un geste de compassion envers son pays avec la splendide vidéo de 37 Newlyweds, pièce tirée de son album The Call Within sorti fin août, il a également participé à la mise sur pied d’une campagne de financement, Tigran Hamasyan & Friends for Artsakh, afin d’apporter de l’aide aux civils qui en ont un urgent besoin dans les territoires assiégés. Si vous voulez bien lui donner un coup de main…

Katel feat. Bonbon Vodou : «Je t’aime déjà»

par Luc Marchessault

De Karen Lohier, alias Katel, un portrait de l’amour en huit couplets agencés à un mot grec.

Premier extrait d’un album dont on ne connaît pas encore la date de sortie, qui sera le quatrième de Karen Lohier, alias Katel. Les dessins et les encres sont de Julie Gasnier, qui a également réalisé le clip. Katel est accompagnée de Bonbon Vodou, duo formé d’Oriane Lacaille et de Jerem. Il s’agit d’un portrait de l’amour en huit couplets agencés à un mot grec : Mania, Storge, Eros, Pragma, Philia, Philautia, Agape (que chante Oriane Lacaille en créole) et Ludus. « Je t’aime que tu me touches à peine – Je viens de vivre amour Eros – La chair, le cul, le sang, les veines – Et à la fin la peau sur l’os »…

pop

Sunfruits : «Bonsoy»

par Rupert Bottenberg

Des Sunfruits, un témoignage d’affection sans réserve pour la marque de lait de soja australienne.

Une alimentation saine semble être une importante préoccupation du groupe garage-pop de Melbourne Sunfruits, qui a récemment dévoilé son EP Mushroom Kingdom, une coédition avec le label français Six Tonnes De Chair et l’étiquette australienne Third Eye Stimuli. Le premier et le deuxième œil ont besoin d’être stimulés eux aussi. Voici donc la vidéo de la face B du EP, Bonsoy. Il s’agit d’une extension animée de l’étonnante pochette réalisée par le dessinateur indonésien Ardneks, alias Kendra Ahimsa, dont le psychédélisme est déjà familier aux fans de Khruangbin et des Flamingods.

expérimental / gothique / industriel

Bestial Mouths : « The Loss »

par Geneviève Gendreau

Trois mois après Resurrectedinblack, Bestial Mouths présente un clip aquatique et cathartique pour la pièce The Loss.

Fait de superpositions d’images et d’effets kaléidoscopiques, ce microfilm expérimental accompagne à merveille les élans atmosphériques de la pièce. Tourné sous l’eau, il nous montre Cerezo, sirène gothique, tantôt se débattre des cordages et des chaînes l’enserrant, tantôt se laisser sombrer. Cette expérience de mort imminente, soutenue par une mélodie traînante aux rythmes martiaux, laisse néanmoins transparaître une certaine lumière. On en ressort hanté, ne sachant pas s’il en est résulté trépas ou rédemption.

Caméra : Elemental Eyes Photography (Sandy Holmes)
Design et concept : Lynette Cerezo
Montage : Katarina Sjöstrand

électro-rock / gothique / latino / synthwave

Prayers : «La Vida Es Un Sueño»

par Rupert Bottenberg

Le duo Prayers de San Diego apporte sa musique chologoth à l’inframonde de ses ancêtres.

« Life is a dream », répète avec insistance Leafar Seyer sur La Vide Es Un Sueño, le premier extrait de Chologoth, le plus récent album du duo électro-rock de San Diego Prayers que forme Seyer avec le musicien Dave Parley. C’est un rêve sombre, auquel la mort prend part, mais qui n’est pas dénué de beauté et possède même un sens de la destinée. Le titre de l’album cerne bien l’ambiance que crée le duo, il exprime bien le romantisme morbide de la scène gothique, dans le langage du cholo – tant dans la culture de rue chicano et la vie des gangs en Californie que, de façon plus précise, dans celle des métis –, en remontant à leurs racines indigènes. Dans la vidéo, on les voit tous deux se rendre dans l’inframonde de Mictlan en Rolls Royce très classe sous les auspices du dieu du feu mexicain Xolotl.

groove / jazz électro

Bandler Ching : «Pousmousse»

par Rupert Bottenberg

Les Belges de Bandler Ching remontent à la surface avec le premier single de leur prochain EP.

Dirigé par le saxophoniste Ambroos De Schepper, un vétéran des groupes de jazz belges tels que Kosmo Sound, Boogie Belgique et Mos Ensemble, le quartet Bandler Ching, basé à Bruxelles, vient de sortir le premier single de son premier EP Sub Surface, prévu pour le 23 octobre sur le label Sdban Ultra. Cool, épuré, mais débordant de clarté et de conviction, Pousmousse (le nom d’une buanderie locale) indique que de grandes choses attendent De Schepper et ses compagnons, le claviériste Alan Van Rompuy, le bassiste Federico Pecoraro et le batteur Olivier Penu.

Maghreb / raï / rock alternatif

Rachid Taha : «Minouche»

par Luc Marchessault

Minouche, extrait de l’album posthume Je suis africain, résume bien l’esprit Taha.

Déjà deux ans que le rebelle rock’n’raï Rachid Taha a pris sa place dans le grand amphithéâtre de l’Au-delà, auprès de ses maîtres Dahmane El Harrachi, Cheikha Remitti, Oum Kalthoum, Nina Simone et Elvis Presley, ainsi que de ses potes Alain Bashung et Joe Strummer. L’album Je suis africain est paru posthumement un an plus tard. Minouche en est extraite, Rachid en avait écrit les paroles avec Jean Fauque et Erwan Seguillon, alias R.Wan, et la musique avec Toma Ferterman. Pour le clip, Laurie-Anne Patrikovna a créé des illustrations sobres et magnifiques, Agathe Nazarenko les a animées et Ali Guessoum a réalisé le tout. « T’es ma kahloucha, Française de souche – Je suis ton apache, le reste on s’en fiche » : voilà qui résume bien l’esprit Taha.

latino / pop / R&B

Andrekza : «TÉ»

par Rupert Bottenberg

Une ode onirique en hommage à l’heure du thé, de la nouvelle star vénézuélienne de Dim Mak En Fuego.

Déjà très appréciée comme artiste visuelle, directrice de création et compositrice dans son pays natal, le Venezuela, Andrekza a récemment signé pour le label latin de Steve Aoki, Dim Mak En Fuego, et fait donc ses débuts avec la séduisante mais coquine pépite de R&B et latin pop, , réalisée par Orlando Vitto, lauréat d’un Grammy Award. Une touche équatoriale sur une certaine sensibilité pop asiatique, « TÉ » arrive avec un vidéoclip un peu glamour loufoque, bien que l’on puisse y réfléchir à deux fois avant de prendre le thé chez Andrekza, si l’on est contre l’hypnose ou les travaux ménagers non rémunérés.

ambient / dream pop expérimentale / électronique / new age

Keyboard Fantasies: The Beverly Glenn-Copeland Story

par Frédéric Cardin

Keyboard Fantasies est cette cassette parue en 1986, aujourd’hui l’objet d’un culte web… et d’un film documentaire mis en relief à Pop Montréal

Il a fallu qu’un collectionneur japonais entre en contact avec Beverly Glenn-Copeland en 2015 pour que ce dernier se rende compte du statut culte qu’avait atteint son album Keyboard Fantasies, paru en 1986 et imprimé en format cassette à 150 exemplaires (dont la moitié seulement fut vendue à des “mères d’amis” bienveillantes). L’album a été récemment numérisé et sert maintenant de pierre angulaire à l’explosion de notoriété que connaît le musicien américano-canadien, né à Philadelphie en 1944.

Keyboard Fantasies est un chef-d’oeuvre écrit pour et interprété sur les synthétiseurs DX-7 de Yamaha et TR-707 de Roland. Les geeks de Glenn-Copeland qualifient souvent Keyboard Fantasies de bijou new age. En ce qui me concerne, s’il s’agit de new age, c’est dans sa frange expérimentale que cet album se situe.

On est à des années-lumière des accords vaporeux étirés sur des minutes entières, pour lesquels le terme adagio apparaîtrait encore trop frénétique. Et oubliez les bruits de vagues! Keyboard Fantasies est le bébé d’un créateur doué, nourri au sein de la musique savante, classique et contemporaine, mais aussi aux sonorités du jazz, de la pop électro pionnière (Kraftwerk, Can, le son de Detroit des années 70) ou d’une certaine musique de film synthétique (Tron, Labyrinth, The Never Ending Story).

On est séduit, on est étonné, on est envoûté par cet univers à la fois zen et léger et on est même bouleversé que ce degré d’imagination réalisé sur des synthétiseurs des années 80 soit resté dans l’ombre si longtemps! Tout est résolument mélodique, pop et accrocheur de façon assumée, mais jamais racoleuse. Chaque pièce déborde de détails subtils qui la propulse bien au-delà de toute forme de “musique d’ascenseur” ou de “muzak”, étiquettes collées sur tant d’albums new age de cette époque (et avec raison dans la plupart des cas!). Glenn-Copeland chante sur quelques pièces, et on se régale d’une belle voix mezzo bien équilibrée, travaillée, très élastique avec des pointes aisées dans l’aigu.

Beverly Glenn-Copeland vit-il une renaissance en ce moment? Non, car, en vérité, il n’est jamais “né” tel qu’il aurait dû l’être en tant que musicien important. Cela dit, on le découvre enfin, et l’artiste trans (il/elle a été l’une des premières étudiantes noires en musique à McGill dans les années 60, avant de changer de sexe plus tard) fait maintenant l’objet d’un déferlement de popularité à laquelle il ne s’attendait pas du tout!

Il y a tellement à dire sur ce personnage inspirant et haut en couleur! Si comme moi vous êtes sous le charme, voire seulement intrigué par sa musique, vous devrez absolument aller voir le documentaire Keyboard Fantasies : The Beverly Glenn-Copeland Story, diffusé à l’occasion du festival Pop Montréal, le mercredi 23 septembre. 

Sa page Bandcamp offre non seulement Keyboard Fantasies, mais tous les autres albums qu’il a réalisé, entre autre un chef-d’oeuvre à vous faire fondre, un album éponyme de 1970 aux accents folk que Joni Mitchell et Tim Buckley auraient été fiers d’avoir pu signer! Rappelez-vous de ce nom. Il ne retournera pas de sitôt dans l’anonymat.

Le 23 septembre 2020 à 18h30
Cinéma Moderne

https://www.youtube.com/watch?v=P6S_-8VEDiE&feature=emb_logo
avant-pop / électronique / expérimental

Shortparis : «KoKoKo/Struktury Ne Vyhodyat Na Ulitsy»

par Geneviève Gendreau

Un nouvel acte politico-musical coup de poing du quintette russe

Si vous ne le connaissez pas déjà, voici une entrée en matière fort musclée qu’offre le groupe russe Shortparis avec « Les structures ne descendent pas dans les rues ». Ce nouveau clip ne déroge pas à leurs habitudes : lier esthétique et critique sociale, sur fond de musique expérimentale. On suit le groupe et une pléthore de travailleurs, jeunes et vieux, dans des bâtiments désaffectés, où est mise en scène une métaphore entre classe laborieuse et animalité. Celle à laquelle le pouvoir veut réduire les faibles, revendiquée ici comme source de résistance.

La pièce est, comme toujours, portée par la présence sulfureuse et théâtrale du chanteur Nikolai Komyagin, soufflant sur les braises d’une contestation (sans nul doute en référence aux soulèvements du peuple biélorusse) qui va grandissante. La chanson suit l’escalade et se clôt par une libération, rendue possible par la solidarité des opprimés. On se croise les doigts pour que ce simple soit le premier d’un album à venir.

Crédits vidéo : Shortparis
DOP : Ayrat Ramilov

électronique / synthwave

The Great Octopus : «Zenith»

par Rupert Bottenberg

Un début surréaliste pour le projet synthrock de Toronto

David Bertrand est très impliqué dans le milieu de cinéma indépendant de Toronto. Ce n’est donc pas surprenant que son incursion dans la musique, The Great Octopus, rappelle les grandes bandes sonores de science-fiction synthrock des années 70 et 80. Cryptid, le premier EP de The Great Octopus, paraîtra le 5 novembre alors que Zenith, le premier single, est déjà disponible. Le vidéoclip est un montage que Bertrand a fait de l’obscur court-métrage de 1972 The Cosmic Bicycle, adaptation animée du livre de collages surréalistes de Wilfred Satty par le réalisateur Les Goldman.

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