Virée classique : Katerine Verebely cultive la curiosité pour les liens entre les arts

Entrevue réalisée par Elena Mandolini

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Katerine Verebely est animatrice et chroniqueuse culturelle à Radio-Canada. On la connaît pour son grand talent de vulgarisation d’œuvres musicales et littéraires, ainsi que pour ses suggestions culturelles qui mêlent tous les types d’art. Elle anime fréquemment des clubs d’écoute à l’OSM, qui ont lieu avant les concerts et qui servent d’introduction à la soirée.

Dans le cadre de la Virée classique, Katerine Verebely animera des clubs d’écoute alliant musique et littérature, en plus d’organiser des quiz musicaux. Des discussions enrichissantes, nourries par la curiosité et la passion, seront assurément au rendez-vous pour cette 10e édition de la grande célébration de la musique classique à Montréal. Les événements de cette année sont par ailleurs variés et la programmation promet d’intéresser tout un chacun.

À quelques jours du début des festivités, PAN M 360 a eu le grand plaisir de s’entretenir avec Katerine Verebely pour parler musique, littérature, multidisciplinarité, clubs d’écoute et Virée classique.

PAN M 360 : Bonjour Katerine! Votre carrière vous amène à voyager à travers les arts, la musique et la littérature. D’où vous vient cette passion pour la culture?

KATERINE VEREBELY : À la base, je suis musicienne classique de formation. Ce qui est merveilleux avec la musique classique, c’est que ça amène à s’intéresser à plein de choses. Si on joue un concerto, on va aller lire sur le compositeur, sur son époque… Souvent, les musiciens classiques sont aussi des passionnés d’histoire, donc il y a souvent ce lien à faire. Lorsque j’ai été engagée à Radio-Canada, je pense qu’on a reconnu que les musiciens classiques sont à la base un peu touche-à-tout, curieux. On lit des livres, on va au théâtre, on s’intéresse à la danse, au ballet, à l’opéra… Parce que c’est aussi ça, la musique classique.

Alors, j’avais déjà, en commençant, cet intérêt pour différentes formes d’art. Je pense que c’est ça, et je le dis avec humilité, qui fait de moi une bonne généraliste. En tout cas, je suis de cette école.

PAN M 360 : Qu’est-ce qui vous inspire à faire des liens entre les œuvres, autant littéraires que musicales? Y a-t-il un élément particulier qui guide la réflexion, ou c’est quelque chose de plus spontané?

KATERINE VEREBELY : À la radio, quand on veut expliquer quelque chose ou raconter des choses, plus on a de leviers, plus c’est facile. Personnellement, j’aime bien faire un maximum de liens pour pouvoir intéresser un maximum de personnes. Je vais faire des liens avec la politique, la météo, et même le hockey! L’idée, c’est souvent d’évoquer, à la radio, des images. Tout cela très, très rapidement.

PAN M 360 : Et en musique, plus particulièrement?

KATERINE VEREBELY : Quand on parle de musique, c’est surtout l’écoute. Les œuvres sont remplies de tellement de choses différentes. Vous pouvez écouter de la musique classique sans connaître toutes ces choses derrière, puis ensuite découvrir que ça vient d’une pièce de théâtre, d’un roman, d’un poème, etc. En fait, j’essaie de donner des clés pour explorer une œuvre.

PAN M 360 : Est-ce que l’on pourrait donc parler d’un processus pour cultiver la curiosité chez les gens?

KATERINE VEREBELY : Oui! Et en même temps, je veux faire réaliser aux gens qu’ils en savent beaucoup plus qu’ils ne le pensent. Des fois, on ne réalise pas, mais quelqu’un nous rappelle une histoire et on se dit « Ah oui, je savais ça! J’ai lu ça quand j’étais à l’école! » ou encore « Ah oui, j’ai vu un film qui parlait de ça! » Une œuvre, ce n’est pas une fleur sur une île déserte. C’est toujours entouré d’autres choses.

Dans le fond, quand on est vulgarisateur, on essaie d’intéresser les gens en leur montrant qu’il y a plusieurs niveaux d’écoute, plusieurs couches de compréhension. Vous pouvez tout à fait apprécier une œuvre sans avoir aucune connaissance préalable. Puis, je vais vous raconter une histoire et vous ne verrez plus jamais l’œuvre comme avant. Par exemple, j’ai déjà fait un club d’écoute sur la Symphonie fantastique de Berlioz. On peut tout à fait écouter la symphonie sans connaître l’histoire d’amour qu’il y a derrière. On peut écouter et apprécier l’œuvre toute sa vie sans connaître l’histoire. Puis, un jour, on se fait raconter cette histoire-là et on entend de nouvelles choses. Pour moi, c’est magique, vraiment.

PAN M 360 : Donc, on peut redécouvrir une œuvre plusieurs fois au courant de sa vie.

KATERINE VEREBELY : Absolument! Un des exemples que je vais donner dans mes clubs d’écoute cette semaine, c’est justement cette idée qu’on peut écouter une œuvre toute sa vie sans en connaître toute l’histoire. Ce que j’aime, c’est que les gens qui se déplacent dans les clubs d’écoute sont des gens très curieux, ils veulent en apprendre plus. Ce que j’adore dans les clubs d’écoute, c’est que le niveau d’écoute, justement, est extraordinaire. Les gens qui sont là sont curieux, on jase, on rebondit. Je leur demande ce à quoi la musique les fait penser, et il n’y a jamais de mauvaise réponse. Les discussions sont tellement riches, il y a toujours quelque chose à ajouter.

PAN M 360 : Justement, parlant de ces clubs d’écoute, quel sera le format de ceux que vous animerez dans le cadre de la Virée classique?

KATERINE VEREBELY : J’anime deux types d’événements à la Virée classique : trois clubs d’écoute et deux quiz. Les quiz, c’est une nouvelle formule, ce sera la première fois que je fais ça avec l’OSM. Ce sont vraiment des questions ouvertes, pour s’amuser. J’ai créé les questions, qui n’ont rien à voir avec la littérature.

Ensuite, le club d’écoute, c’est une formule qui existe déjà à l’OSM depuis quelque temps. Si je me souviens bien, on a commencé l’année dernière. Habituellement, les clubs d’écoute sont en lien avec la thématique du concert présenté par l’OSM. Dans ce contexte, la façon dont je vois ces clubs d’écoute, c’est vraiment d’avoir le luxe du temps, le luxe d’avoir 45 minutes pour creuser un sujet en écoutant de la bonne musique. J’arrive avec mon plan de match, mais je ne veux pas non plus que ce soit juste moi qui donne une présentation. Alors, je me prévois des questions et des sujets de discussion. On est dans l’Espace OSM, qui est un endroit vraiment convivial, les gens sont près de moi. Pour une fille qui fait de la radio, c’est super d’avoir le temps de creuser un sujet pendant 45 minutes. C’est vraiment un beau cadeau.

PAN M 360 : Cependant, dans le cadre de la Virée classique, le sujet des clubs d’écoute est plus libre. Quel thème avez-vous choisi?

KATERINE VEREBELY : Les trois clubs d’écoute auront le même sujet. Ils sont à propos des liens entre musique et littérature, parce que l’OSM s’intéresse à cet angle depuis quelques années. Il y a plusieurs œuvres à caractère littéraire ou ayant un lien avec la littérature, ou les mots au sens plus large. Nous, on s’est un peu emparé de cette thématique-là pour ensuite l’explorer. Je dirais que ça a probablement été le club d’écoute le plus difficile à préparer, même si ça s’est fait dans le bonheur. C’est parce que c’est un sujet qui n’a pas de fin. Les liens qu’on peut faire entre la musique et les mots sont infinis. Il a fallu que je fasse des choix difficiles.

PAN M 360 : On voit, dans la programmation de la Virée classique, qu’il y a un désir d’offrir des événements multidisciplinaires. Trouvez-vous qu’il y a un intérêt grandissant pour cette multidisciplinarité?

KATERINE VEREBELY : Je dirais oui et non. Non, parce quec’est quelque chose qui est déjà ancré à l’OSM depuis plusieurs années. Ça a commencé avec Kent Nagano, qui a commencé par impliquer Fred Pellerin, par exemple. Quand j’ai rencontré Rafael Payare pour la première fois, tout de suite, il m’en a parlé. En Amérique latine, par exemple, ce n’est pas nouveau.

Par contre, la chroniqueuse culturelle répond oui, tout à fait. On sent que ça inspire les créateurs de notre époque, et qu’il y a un intérêt général pour ça. Il y a là quelque chose, je pense, qui est bien de notre époque. Ça permet aussi d’explorer et de présenter des œuvres autrement. Je pense que l’OSM en particulier le fait toujours avec beaucoup de compétence et de respect pour l’œuvre, pour le créateur. On s’amuse bien.

Les clubs d’écoute animés par Katerine Verebely auront lieu le 18 août à 18h15, le 19 août à 17h et le 20 août à midi. Les quiz musicaux auront lieu le 19 août à 15h15 et le 20 août à 10h30. Tous ces événements se dérouleront à l’Espace OSM, à la Place des Arts. Pour la programmation gratuite complète, c’est ICI.

Crédit photo : Laurence Labat

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