Taverne Tour : Jon Spencer revu et corrigé

Entrevue réalisée par Patrick Baillargeon
Genres et styles : blues-rock / garage punk / noise-rock / punk rock / rock

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Depuis qu’il s’est fait connaître au sein de la formation art-noise Pussy Galore en 1984 jusqu’aux HITmakers en passant, entre autres, par Boss Hog, Heavy Trash (avec Matt Verta-Ray et les Sadies), quelques tours de pistes avec RL Burnside et surtout les fameux Blues Explosion, Jon Spencer a connu plusieurs incarnations sans jamais vraiment s’écarter de ce son de guitare unique et de cette façon typique de chanter et de s’imposer sur scène. Le blues, le garage, le punk, la soul et le noise assimilés, broyés et recrachés avec une classe à part et énormément de style. 

Aujourd’hui, un an à peine après son passage au Ritz avec les HITmakers, le toujours très charismatique Spencer vient présenter un nouveau projet sous son propre nom, en compagnie de deux jeunes musicien/nes qui veulent en découdre. Avec cette nouvelle entité, le new-yorkais revisite avec confiance une partie de son répertoire, se concentrant principalement sur sa prolifique période Blues Explosion, et quelques nouveaux titres en bonus. 

PAN M 360 est allé à sa rencontre, le jour de son anniversaire, juste avant cette mini tournée qui le mènera notamment à Québec, Ottawa et Montréal, dans le cadre de la septième édition du Taverne Tour.

PAN M 360 : Tu as connu plusieurs incarnations depuis Pussy Galore, parle-nous un peu de cette nouvelle entité. 

Jon Spencer : Les deux musiciens avec lesquels je joue actuellement, Spider Bowman et Kendall Wind, sont tous les deux excellents. Nous avons fait une très belle tournée en novembre et décembre dernier, donc je suis très confiant. Je pense que nous serons capables d’y arriver et de donner de bons concerts. Nous venons de passer les cinq derniers jours à travailler sur de nouveaux morceaux, que j’espère jouer lors de nos concerts au cours de la semaine prochaine. Et lorsque nous aurons terminé cette tournée, nous prévoyons d’entrer en studio.

PAN M 360 : Tu as donc fait appel à la section rythmique des Bobby Lees…

Jon Spencer : C’est exact. Je crois que la première fois que je les ai rencontrés, c’était alors qu’ils faisaient la première partie de Boss Hog à Hudson, dans l’État de New York, il y a peut-être quatre ou cinq ans. Ensuite, j’ai produit un album pour les Bobby Lees il y a quelques années (Skin Suit, 2023), et j’ai appris à mieux connaître Kendall et Spider, plus connu sous le nom de Macky. L’été dernier, on m’a proposé de faire la première partie de Samantha Fish et de Jesse Dayton. Samantha et Jesse ont enregistré un disque (Death Wish Blues, 2022) que j’ai produit. Je ne travaillais pas beaucoup pendant cette période ; les HITmakers étaient en quelque sorte sur la glace parce que Sam Coomes était très occupé avec Quasi. J’avais donc très envie de jouer et de travailler. C’est pourquoi j’ai accepté de faire la première partie de la tournée Death Wish Blues de Samantha et Jesse. J’ai alors réfléchi au type de groupe que j’allais mettre en place pour cette tournée. J’aime beaucoup Kendall, j’adore sa façon de jouer sur l’album Death Wish Blues. Car il faut savoir qu’une partie de mon travail de producteur consistait à monter un groupe pour les sessions de Death Wish et j’ai opté pour Kendall comme bassiste étant donné que j’avais déjà travaillé avec elle en studio lorsque j’avais produit les Bobby Lees. Kendall est une excellente musicienne, elle est aussi très rapide à comprendre. C’est une super bassiste. Je lui ai donc demandé si elle souhaitait jouer avec moi sur ces dates de tournée. Et il m’a semblé évident d’embarquer Macky, son partenaire batteur des Bobby Lees. Comme les Bobby Lees sont en hiatus, Macky et Kendall étaient prêts à relever le défi, et je suis très heureux qu’ils aient accepté de jouer avec moi. Pour l’instant, ce nouveau projet est sous mon propre nom. J’essaie de trouver un nom de groupe, parce que ce serait bien d’avoir un meilleur nom que juste le mien. Mais pour le moment, ce ne sont que des concerts de Jon Spencer. Nous sommes donc un power trio en quelque sorte. 

PAN M 360 : Si j’ai bien compris, tu as surtout revisité certaines de tes anciennes chansons dans le cadre de ce nouveau projet?

Jon Spencer : Avec ce nouveau groupe, je pense qu’il s’agit plutôt de revisiter certains de mes plus grands succès. L’objectif principal de ce nouveau projet est le Blues Explosion. La plupart des morceaux sont des chansons de Blues Explosion, mais nous jouons aussi des chansons de HITmakers et de Pussy Galore. Et puis c’est un vrai plaisir, une vraie joie, de jouer avec Kendall et Macky. Kendall a dû relever le défi intéressant d’interpréter les parties de guitare de Judah Bauer (guitariste de Blues Explosion) sur une basse électrique, et elle a vraiment fait un travail fantastique. Les choses se sont vraiment mises en place et nous essayons maintenant d’écrire de nouvelles chansons.

PAN M 360 : Comment as-tu sélectionné les chansons? Le choix a-t-il été difficile? 

Jon Spencer : Eh bien, tu sais, je pense que la plupart des chansons que j’ai choisies l’ont été parce que je voulais les jouer, je les ai choisies pour des raisons très égoïstes. Mais il y a des chansons que j’ai choisies parce que je me suis dit que c’était ce que les gens aimeraient entendre. Et il y a deux ou trois chansons que je voulais essayer, mais elles ne se sont pas bien traduites, donc nous ne les avons pas faites.

PAN M 360 : Avez-vous réarrangé les chansons ou avez-vous essayé de vous en tenir le plus possible aux versions originales?

Jon Spencer : Un peu des deux. Les choses ont été réarrangées. Les choses changent de toute façon avec l’ajout d’une basse électrique traditionnelle. Ce n’est ni le Blues Explosion, ni Pussy Galore, ni les HITmakers. Aucun de ces groupes n’avait de basse électrique.

PAN M 360 : Est-ce que ça t’a manqué de jouer ces vieilles chansons?

Jon Spencer : Peut-être que oui… Je n’en étais pas conscient. C’était un processus un peu étrange pour moi, tu sais, de réapprendre ce matériel, parce que je suppose que j’ai légèrement changé ma façon de jouer de la guitare et ma façon de chanter. Parfois, j’ai dû chercher des vidéos des concerts du Blues Explosion et essayer de comprendre comment les choses étaient jouées ; essayer de me souvenir de ce que je faisais à la guitare. En plus de cela, il faut aussi essayer d’enseigner les chansons à une bassiste qui essaie d’interpréter certaines parties de guitare électrique… Et aussi à un batteur, pour qu’il comprenne les détails de ce que Russell Simins faisait à la batterie. Et il ne s’agit pas seulement de ce que Russell jouait exactement, mais aussi d’une grande partie de son intensité. Russell est un batteur extrêmement intense. 

PAN M 360 : Il était donc hors de question de faire revenir Russell et Judah à bord?

Jon Spencer : Il y a des raisons très concrètes pour lesquelles le Blues Explosion ne joue plus. Non, ce n’est pas vraiment possible. Il y a des raisons pour lesquelles le groupe s’est arrêté. Nous sommes toujours amis, mais… ça ne pouvait malheureusement pas continuer.

PAN M 360 : Tu as parlé de nouvelles chansons que vous jouerez lors de cette tournée. Peux-tu m’en dire un peu plus sur ce nouveau matériel? 

Jon Spencer : Je suppose qu’il est plus proche du Blues Explosion que des HITmakers ou de Pussy Galore, mais j’espère qu’en fin de compte ces nouvelles compositions auront leur propre identité. Tu sais, je suis très enthousiaste quant à la façon dont ce matériel sonnera et évoluera sur scène. Jusqu’à présent, le son et le feeling sont très bons. Mais je pense que les chansons mûrissent et se développent vraiment lorsqu’elles sont jouées dans un club. J’attends donc avec impatience la série de concerts de cette semaine, qui me permettra de découvrir ces chansons. Mais j’aimerais penser que ce nouveau matériel utilise les forces de ce nouveau groupe, tu sais, spécifiquement les forces de Kendall et Macky, et que le nouveau matériel sur lequel nous travaillons est conçu pour ce trio. Je dois cependant faire une remarque, si tu me le permet. Avec le Blues Explosion, nous écrivions ensemble, nous nous réunissions tous les trois, moi, Judah et Russell, et nous faisions des jams, nous jouions simplement. C’est comme ça qu’on écrivait les chansons. C’était un travail de collaboration. Mais avec ce nouveau groupe, j’ai écrit des chansons, et c’est ce que je faisais aussi avec les HITmakers, j’écrivais des chansons tout seul. Cela peut changer, mais c’est comme ça que ça marche jusqu’à présent… Quoi qu’il en soit, nous ferons de notre mieux sur scène. Même si nous faisons un peu peur aux gens et que nous dérangeons le public de puristes du blues, tu sais les gens qui disent « ce n’est pas du blues, c’est juste du punk rock! », ce que je prends comme un compliment, il y a toujours eu des gens qui me disaient chaque soir « Holy shit! Où as-tu trouvé ces gens Cette bassiste est incroyable! Ce batteur est dingue! » Ce sont tous deux d’excellents musiciens et des stars nées. C’est tellement agréable de jouer avec eux. Alors oui, je pense que ce sera un bon concert!

Crédit photo : Whit Lane

John Spencer se produira dans le cadre du Taverne Tour avec Population II le 9 février à La Tulipe. BILLETS ET INFOS ICI!

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