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Radiant Baby, Bébé Radiant… à votre convenance!

Interview réalisé par Louis Garneau-Pilon
Genres et styles : disco / new wave / synth-glam / synth-pop

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En ce début d’automne, Radiant Baby présente son tout nouvel album, Pantomime, sous étiquette Lisbon Lux Records. Dans ce recueil rempli où dominent l’émotion et le verbe dramatique, on peut entendre neuf chansons déjantées qui plairont à plusieurs.

Si ce nouvel opus comporte plusieurs collaborations avec le duo de synth-pop Paupière, il ne se laisse pas définir par un genre unique. Du rock à l’électro ou même au disco, il y a certainement beaucoup à décortiquer dans cette nouvelle sortie. Chanteur-compositeur-leader du groupe, Félix Mongeon s’entretient avec PAN M 360 pour présenter le fruit de ses durs labeurs. 

PAN M 360 : Parlez-nous un peu de l’histoire qui a mené à Pantomime.

FÉLIX MONGEON : Eh bien, Radiant Baby, c’est avant tout un projet solo. En composant mon premier album, Restless, j’ai commencé à travailler avec d’autres musiciens. J’ai rencontré Steven Chouinard de Le Couleur qui est mon voisin de studio et qui a été le réalisateur de ma première sortie. C’est quelqu’un qui a aidé beaucoup d’autres artistes comme Valence ou Jimmy Hunt.

Pour la méthode de travail. J’ai produit des démos que Steven a transformés en chansons. Pour les enregistrer, on s’est dit que ce serait intéressant de le faire avec un band pour créer une atmosphère un peu plus vive que celle de l’enregistrement solo. Tout ça, c’est sans mentionner le nombre de fois que des chansons ont été retravaillées.

PAN M 360 : Pourrait-on dire que Pantomime est encore un album de synth-pop?

FÉLIX MONGEON : À cause de mon premier EP, on compare souvent Radiant Baby à de la synth-pop flamboyante avec un peu d’électro. Pour mon nouveau volet, il y a des synthés, mais je ne dirais pas qu’ils sont au cœur du projet. Pantomime est plus un regroupement d’inspirations des années 70. Ça comporte beaucoup d’éléments acoustiques, de rock, glam rock, disco, post-punk et new wave. Les chansons sont faites à base de guitare, de basse, de drum, de voix et de clavier. Je ne crois pas qu’on puisse encore parler de synth-pop pour me décrire. 

En gros, j’ai essayé de faire une combinaison de ces courants importants des seventies. J’y ai aussi ajouté de mes inspirations un peu plus contemporaines comme l’électronique. Ça m’a permis d’avoir le son un peu plus puissant de la musique moderne. Je pense surtout à Mac DeMarco et Ariel Pink avec quelques touches de musique house. Pour l’ensemble, l’album est une superposition de deux atmosphères. L’une est plus dansante et énergique tandis que l’autre tend plus vers le dramatique et le vulnérable. Ce côté sombre est plus présent que jamais. Cette superposition se trouve autant dans la musique que dans les textes. D’ailleurs, beaucoup des textes en français viennent d’une collaboration avec Julia Daigle et Pierre-Luc Bégin de Paupière.

PAN M 360 : Parlant de Paupière, comment la collaboration avec le groupe pour Pantomime s’est-elle passée?

FÉLIX MONGEON : J’ai commencé à travailler avec eux un peu par chance! Nous produisons tous sur le même étage. Paupière est juste à côté de mon studio. Quand je composais, en 2019 à peu près, je sortais souvent jaser avec eux. Pendant ces discussions, on s’échangeait souvent des chansons sur lesquelles on travaillait. Pierre-Luc, le batteur, m’a montré finalement deux pièces que j’adorais. Mais lui, il ne savait pas quoi en faire. Il m’a dit de les prendre et d’essayer de les faire fonctionner. 

On a pris ces deux chansons et elles sont devenues Réputation et Comique. De fil en aiguille, on les a transformées en deux singles. J’ai vraiment aimé travailler avec Pierre-Luc. Ça m’a permis de briser la glace pour commencer à écrire en français, ce que je n’avais jamais fait. Avec lui, j’ai pris goût à écrire dans cette langue. J’ai commencé à l’approcher de plus en plus souvent pour qu’il m’aide avec mes paroles. Puis, Je me suis dit que ce serait intéressant de contacter Julia pour voir ce qu’elle pensait de notre travail. À trois, on a poussé plusieurs chansons bien plus loin. Et puis je trouve un peu ennuyeux de toujours être tout seul. Travailler avec d’autres gens, je trouve ça libérateur. Même s’il y a des complications en ce qui concerne la logistique, ça reste une expérience gratifiante.

PAN M 360 : Arrêtons-nous un peu sur les thèmes de l’album. Pantomime parle beaucoup du concept du spectacle, pourquoi?

FÉLIX MONGEON : C’est un thème qui revient beaucoup. La chanson Lights Out parle justement de cette idée. Dans le fond, elle explique un peu l’euphorie, l’énergie et l’espoir de vivre des moments intenses en tant qu’artiste. Puis elle parle un peu des déceptions et des désillusions qui peuvent en ressortir. On peut l’interpréter comme un regard personnel sur ma propre expérience dans la scène musicale. En général, l’univers de la musique peut sembler comme un party sans fin. Autant que ce soit amusant, c’est aussi épuisant. J’ai justement écrit cette chanson en vivant une émotion un peu plus mélancolique que d’habitude. C’est une alternance entre les spectacles remplis d’énergie et le retour vers du travail solitaire. 

PAN M 360 : Mais les morceaux ne sont pas tous mélancoliques…

FÉLIX MONGEON : Non. On peut penser à Aquagym qui a un côté beaucoup plus funky. Julia avait écrit le texte pour cette chanson sans savoir quoi en faire. Steven a composé la première partie et moi la deuxième. Ce qui veut dire qu’on peut l’attribuer à trois personnes également. Son texte était vraiment drôle et ça a mené à la chanson la plus second degré de l’album. Je peux aussi parler de Talkback qui finit par Pantomime. Steven et moi aimons les pièces instrumentales. Ça permet un petit moment de répit. Ça boucle très bien la boucle et ça me permet de refaire un peu plus de synth-pop. 

PAN M 360 : Et pourquoi cette alternance entre le français et l’anglais dans les textes?

FÉLIX MONGEON : Avant Pantomime, j’écrivais toujours en anglais. Ça faisait un petit bout que je voulais écrire en français. Collaborer avec Paupière m’a vraiment aidé à trouver ma voix. Dans les dernières années, il y a eu plusieurs projets en français qui m’ont inspiré. En écoutant, Dàrlene d’Hubert Lenoir, j’ai un peu compris quelque chose. C’est son style unique et le fait qu’il n’ait pas à répondre aux attentes de personne qui m’ont inspiré. La musique québécoise en français n’est pas obligée de rester pareille. J’aime sortir du moule. Ça fait longtemps que je suis dans la scène anglo, mais je voulais aussi m’intégrer dans la scène franco. En vieillissant, je retourne bien plus aux sources. C’est drôle on parle souvent de changer mon nom; en blague on m’appelle Bébé radiant mais je suis encore attaché à mon nom. Je crois que dans le futur je vais continuer à écrire dans les deux langues, j’aime bien ça!

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