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Pas Sages : on grandira plus tard !

Interview réalisé par Marius Gellner
Genres et styles : chillwave / électro-pop / indie pop / pop-punk

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Des deux ados qu’ils ont été, Virgile et Pablo n’ont rien perdu. Leur look de rockeurs sensibles qui mêle le rose et le noir, leur attitude espiègle et leurs chaussures de skaters représentent l’essence même de Pas Sages. En avril dernier, le duo a sorti son deuxième EP, Tu vas faire quoi, un projet pop aux refrains insistants et charmeurs.

En 2020, lors du premier confinement, paraissait un premier EP éponyme, mélange planant de pop/électro aux couleurs de l’été. Avec Tu vas faire quoi, les productions prennent une tournure plus pop-rock. Cette fois, Pas Sages ne nous transporte plus sous les étoiles d’une plage californienne, mais dans la ville, grand terrain de jeux pour ces deux nostalgiques du punk rock qui les a vu grandir.

Encore émergent, le duo se donne pour défi de donner un souffle nouveau à la pop et toucher les jeunes avec ce qui les faisait vibrer ados. L’univers des deux amis est fort et appuyé par leur esthétique et leur énergie authentiquement facétieuse.

Ils ont accepté d’en discuter avec PAN M 360.

PAN M 360 : Pas Sages, en quelques mots, c’est quoi ?

Pablo : Des enfants insouciants, un peu ignorants, un peu naïfs.

Virgile : Sur le plan musical, on a dans l’idée de faire une pop de demain, sans se prendre la tête et en gardant ce côté “pas sage”, un peu insouciant.

PAN M 360 : Comment est né le projet ?

Pablo : On se connaît depuis ultra longtemps, on était au collège ensemble et on faisait de la musique ensemble dans une formation rock/punk, style Red Hot Chili Peppers.

Virgile : C’était un petit groupe de collège, on faisait des petits concerts. Plus tard, on est partis chacun de notre côté faire nos études à Montréal. On n’y est même pas allés en même temps, et, finalement, on s’est retrouvés là-bas. On s’est remis à faire de la musique, sur ordinateur, dans l’idée de faire une vraie production. Donc avec notre bagage de conservatoire et de rock, on s’est lancés pour voir ce que ça donnerait.

PAN M 360 : Vous avez quitté Montréal dans l’objectif de commencer votre groupe en France ?

Pablo : Même pas. On avait fini notre temps à Montréal. On s’était revus, Virgile et moi, un été dans le sud de la France et on a fait notre premier morceau, Nuit d’Azur. On savait à peine utiliser un ordinateur pour produire de la musique à l’époque. Et le son a directement bien marché, alors on s’est dit « pourquoi pas ? ». Depuis toujours, on rêvait de faire de la musique, donc on s’est dit qu’on allait y aller à fond.

Virgile : C’était une opportunité, on a foncé pour la saisir.

Pablo : Et puis le son du groupe a beaucoup évolué depuis, parce qu’au fur et à mesure où on sortait des morceaux, on était en train d’apprendre à faire de la musique par nos propres moyens. On produit, on mixe nos sons avec l’aide d’un pote qui s’appelle Ouai Stéphane, mais pour le reste on se débrouille.

PAN M 360 : Avez-vous commencé avec l’intention de démarrer une carrière ?

Virgile : Peut-être pas, mais il y a toujours une part de rêve. Au début, on était plus dans une dynamique de s’amuser avec notre musique et de voir comment les choses allaient bouger. Honnêtement, on ne pensait pas forcément que ça allait déboucher sur une carrière comme on peut avoir aujourd’hui, donc on est contents. Mais évidemment qu’il y a un rêve d’ado derrière. Quand tu es jeune et que tu montes un groupe de rock, c’est certain que tu veux conquérir le monde et être une rock star.

PAN M 360 : Dans vos clips, sur vos réseaux vous arborez un look d’ados rebelles, avec des vestes à flammes, etc. Dans la vie de tous les jours, avez-vous cette même énergie d’enfants chaotiques ? 

Virgile : Oui, beaucoup, beaucoup, beaucoup !

Pablo : C’est peut-être même davantage le cas dans la vraie vie que sur les réseaux. On est encore plus tarés.

Virgile : Sans être complètement irresponsables non plus, mais ça va être dans la manière d’affronter la vie, de prendre les choses avec légèreté. Si j’ai envie de m’habiller d’une certaine manière, d’avoir l’air d’un gamin, je le fais. C’est comme des clés, des outils pour arrêter de se mettre la pression sur plein de choses.

PAN M 360 : Fin avril, vous avez sorti Tu vas faire quoi, votre 2e EP. Qu’est-ce que vous vouliez transmettre à votre public à travers ce projet ? 

Virgile : Ça reste un EP. On n’est pas encore sur un album où on aurait travaillé un concept fort. Ici, on a surtout rassemblé les titres sur lesquels on a travaillé pour présenter notre son au public.

Pablo :  Après, il y a plusieurs thématiques fortes qui ressortent, presque de façon inconsciente, avec ce que l’on traverse. On l’a écrit pendant le confinement alors, d’une certaine manière, c’est une réponse à la solitude. On le ressent avec estoy solo, par exemple. Il y a aussi le malaise social qui ressort sur certaines chansons. C’est une réponse naïve à ces problématiques-là.

Virgile : C’est vrai qu’on survole les malaises sociaux, la vie avec les réseaux… On est en train de dire « Ne te prend pas trop la tête, tu n’es pas tout seul ». Les relations en 2021 sont plutôt bizarres. On est sur les réseaux sociaux, on se connaît à peine… d’où le titre On se connaît même pas. Tout va vite, il y a plein de choses qui sont superficielles. Des fois tu as du mal à trouver ta place On voulait explorer tout ça. Après, si on sort un album un jour, on fera en sorte que tous ces messages soient plus clairs.

PAN M 360 : Votre premier EP est sorti en avril 2020. Finalement, est-ce que vous avez eu l’occasion de faire de la scène avant ça, en tant que Pas Sages ?

Pablo : On a fait quelques concerts, mais rien de très gros. Le confinement est arrivé très vite. Il y a un peu cette frustration de ne pas avoir pu faire de la scène pour présenter notre EP, qui est sorti durant le premier confinement.

Virgile : On a commencé la scène alors qu’on avait juste un ou deux morceaux de sortis, mais notre projet a vécu en parallèle de la COVID, en soi.

PAN M 360 : Vous avez trouvé ça dur de produire de la musique sans recevoir de réponse directe du public ?

Pablo : C’est là que les réseaux sociaux nous aident. En tant qu’artistes, du moins. Parce qu’à travers Instagram, par exemple, on reçoit les retours du public, on voit les réactions, on voit les gens qui se filment avec notre musique. Donc notre musique vit, même si on n’a pas eu l’opportunité de la faire vivre en concert. C’est vraiment cool, c’est sûr.

Virgile : On va voir. On n’a pas trop eu l’occasion de faire de grosses scènes. On est curieux de voir comment ça nous fait réagir, musicalement, de jouer notre musique devant plein de monde. Est-ce qu’on va avoir envie de faire des choses différentes ? J’imagine que ça remet en question des choses. Après, on a quand même pensé nos chansons pour le live.

Pablo : On voulait des chansons qui aient de l’énergie et qui fassent bouger. Pour qu’on puisse vraiment faire quelque chose de stylé, qui plaît. Là, on espère pouvoir jouer cet été, mais il n’y a rien de fixé.

PAN M 360 : Dans votre dernier EP vous explorez des styles qui diffèrent un peu du premier, qui restait très électro. Comment votre style évolue-t-il au fil du temps ?

Virgile : Je pense qu’on se dirige de plus en plus vers de la chanson pop. On aime beaucoup la pop-punk des années 2000. Des trucs du style Blink-182, Sum 41… Et on cherche à mélanger ça à des influences françaises, pour apporter notre french touch. En ce moment on a ça en tête et on veut avancer dessus. En soi, on vient de là ! On vient du rock.

Pablo : D’une certaine manière, c’est comme renouer avec la musique qu’on écoutait quand on était ados, sauf qu’on la remet au goût du jour avec qu’on sait faire. Et cette musique qu’on écoute, elle a évolué. Depuis les années 2000, t’as vu la musique électro, l’émergence du rap… Plein d’influences qu’on partage et maintenant, on mélange ce qu’on a adoré ados et ce qui s’est fait depuis. C’est vraiment un truc de notre génération. Tout le monde mélange beaucoup d’influences et c’est ce qui fait que la musique d’aujourd’hui est aussi intéressante. 

Virgile : Tu peux créer plein de connexions. C’est ce qu’on aimerait pouvoir faire, en restant dans la pop. On trouve qu’en France, la pop se ressemble beaucoup, vieillit beaucoup, même s’il y a de très jolies choses. Les jeunes en écoutent moins. Donc nous, on cherche vraiment à réussir à faire de la pop en mélangeant plein de styles, en travaillant le visuel. On cherche quelque chose de décalé.

PAN M 360 : À quand l’album ?

Virgile : On n’a pas de date, mais on travaille dessus en tout cas.

Pablo : On a plein de chansons, mais pour faire l’album dont on a envie, il faut des moyens. On attend d’avoir l’argent pour mettre notre vision en place. Et on attend le bon moment pour proposer une expérience complète.

Virgile : Un premier album, ça représente beaucoup pour des artistes. On aime tellement créer, trouver des concepts, travailler notre image… Si un jour on fait un album, il faut qu’on ait les moyens de réaliser toutes nos idées !

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