Neimo, assumé et percutant avec BOÎTE DE PANDORE

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier

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Au début du mois d’août, le rappeur Neimo a dévoilé l’excellente BOÎTE DE PANDORE, une mixtape de neuf titres démontrant toute la polyvalence et les habiletés du Québécois. À l’occasion de cette sortie, PAN M 360 a rencontré l’artiste de 18 ans à son studio afin de discuter de son histoire, de ses influences, de son nouveau projet et même d’Hubert Lenoir. 

Né au Québec de deux parents français, Neimo a grandi dans la ville de Saint-Eustache. Au cours des deux dernières années, le jeune homme a publié de nombreux morceaux et s’est attiré l’attention de la scène montréalaise, notamment avec les sorties de ses EPs Né pour briller et Rien n’a changé. Son accent franco-québécois, son univers musical, sa plume ainsi que ses flows diversifiés font de lui un artiste à surveiller au cours des prochaines années. 

Avec BOÎTE DE PANDORE, nous faisons la rencontre d’un Neimo authentique, transparent et créatif. Sur de très bonnes productions auxquelles il a travaillé, l’artiste explore de nouvelles avenues. On ressent que sa musique est en pleine mutation, ce qui donne lieu à des moments à la fois musicalement imparfaits et intéressants comme sur différemment.

En passant par le boom bap, la trap, des morceaux plus chantés et même le jazz, le protagoniste est accompagné d’homme sur CENDRES et de Franky Fade sur AROUND THE WORLD, l’un des meilleurs titres du projet. Cette offrande à la fois diversifiée et cohérente raconte le cheminement psychologique de Neimo lors de la création de l’album. D’une durée d’une vingtaine de minutes, BOÎTE DE PANDORE est très accessible et mérite d’être découvert. 

Neimo foulera la scène du Ministère le 7 septembre prochain lors du lancement d’album du rappeur québécois DVinyle.

PAN M 360 : Enchanté! D’où venez-vous et comment est né votre passion pour la musique?

NEIMO : Je suis né au Québec de deux parents français, ce qui explique mon accent mi-français, mi-québécois. J’ai grandi à Saint-Eustache et j’habite à Montréal seulement depuis juillet dernier. À l’âge de trois ans, j’ai été initié à la musique au Conservatoire. Plus tard, j’ai fait du violon au primaire, et ce pendant au moins une heure chaque jour. Rendu à douze ans, je n’en pouvais tout simplement plus du violon et j’ai décidé de le vendre. Peu de temps après, je me suis fait un mini-studio dans ma chambre avec mon portable, un micro, une enceinte et une carte son. Il ne m’en fallait pas plus pour que j’enregistre des morceaux sur des type beats de YouTube, et me voilà j’en suis aujourd’hui.

PAN M 360 : Quels genres de musiques écoutiez-vous plus jeune? Et maintenant?

NEIMO : J’écoutais et j’écoute encore beaucoup de rap français. Les premiers projets de Caballero & JeanJass et Nekfeu ont été très importants pour moi. Aujourd’hui, j’écoute de tout. Ces temps-ci, je suis beaucoup dans le rock des années 70 et le rap actuel. 

PAN M 360 : Et ces artistes que vous venez tout juste de nommer, est-ce à quoi vous souhaitez ressembler? 

NEIMO : Ça va sembler étonnant, mais je dirais que ce ne sont pas mes plus grandes influences. Mon artiste préféré, c’est Hubert Lenoir. C’est certain que je souhaite faire des rimes et impressionné comme un artiste tel que Caballero, mais j’aimerais davantage suivre les traces d’Hubert. 

PAN M 360 :  Ce n’est définitivement pas la réponse à laquelle je m’attendais, mais il est vrai qu’on sent quelque peu l’influence d’Hubert Lenoir dans BOÎTE DE PANDORE. Quel est votre projet préféré de ce dernier?

NEIMO : C’est assurément son plus récent, PICTURA DE IPSE: Musique directe. J’aime beaucoup Darlène et les deux opus de son ancien projet The Seasons, mais c’est vraiment son dernier album qui m’a « donné une claque ». Au début, son album est presque repoussant, car tu ne comprends pas vraiment ce que tu écoutes. Au bout de 3-4 écoutes, tu comprends la cohérence dans l’incohérence de son art. Sa musique devient limpide et tu ne peux plus t’arrêter d’écouter. Ça m’a rendu accro et ça m’a même touché par moment. On y retrouve des phrases qui sont inhabituelles dans la musique populaire. C’est un projet sincère et je trouve ça très intéressant. 

PAN M 360 : Comment diriez-vous que ce projet a influencé votre nouvelle mixtape? 

NEIMO : Le concept de musique directe et de tout simplement exprimer ce qui se passe dans notre vie m’a beaucoup inspiré. Le morceau UN AUTRE GARS est un excellent exemple de ça. Sinon, son influence se fait ressentir au niveau du visuel, dans la mesure où je me laisse aller et que je ne crains pas d’accepter l’extravagance. 

PAN M 360 : Parlons davantage de BOÎTE DE PANDORE, votre plus récent projet paru le 4 août dernier. Comment s’est déroulée la création? 

NEIMO : Ça a été un très long processus créatif. J’ai commencé à travailler sur cette mixtape avant Né pour briller, mon EP sorti en novembre 2022. Pendant la création de BOÎTE DE PANDORE, je suis passé à travers plusieurs phases de remises en question. À plusieurs reprises, le projet à presque avorté. Tout a commencé il y a un peu plus d’un an lorsque j’étais avec un ami et que nous avons enregistré l’introduction. À ce moment-là, nous pensions que la création allait se dérouler comme sur des roulettes, mais ça n’a pas été le cas. Nous avons dû faire plus de 50 morceaux pour en arriver aux neuf qui se retrouvent sur la mixtape. Le processus était très intéressant et ça m’a permis de me poser beaucoup de questions sur moi-même. La première version du projet avait plus d’interludes et il y avait plus de narration. À force d’écouter les sons, nous avons décidé d’en couper pour que ça soit plus digeste, ce qui nous a forcé à enlever des interludes pour ne pas en avoir trop versus le nombre de chansons. Nous avons tout de même réussi à raconter ce que je voulais, et je suis vraiment heureux du résultat. 

PAN M 360 : Qu’est-ce que ces interludes nous permettaient d’apprendre de plus sur l’histoire du projet? Quel est ce message que vous souhaitiez transmettre?

NEIMO : Il y a eu un interlude d’un enregistrement vocal d’une discussion que j’avais eue avec un ami où je disais que j’étais débordé par mes problèmes, mais que je devais les régler un par un. Cette pièce mettait l’ambiance pour une enfilade de plusieurs morceaux qui parlaient de différents problèmes, mais nous l’avons mise de côté. On avait aussi prévu de faire un interlude pour « fermer » la boîte de pandore au milieu du projet afin d’indiquer le début de la deuxième moitié de la mixtape. On a aussi décidé de l’enlever parce qu’elle était trop longue. Malgré l’absence de ces interludes, c’est facile de comprendre mon projet. BOÎTE DE PANDORE est un projet très personnel. Ça parle en quelque sorte de ma quête vers le bonheur. Ça aborde le fait d’accepter ses émotions et de vouloir atteindre une certaine sérénité intérieure. Le projet commence sombre en parlant de rupture et ça en parle aussi dans le titre UN AUTRE GARS. Au fil du projet, la vibe devient plus douce et l’on comprend que j’ai une copine. Le projet suit mon cheminement mental et ma direction positive. Si vous écoutez les paroles, vous suivez mon avancée psychologique.

PAN M 360 : Les trames sonores des différents morceaux du projet sont franchement intéressantes. Avez-vous assumé la production du projet?

NEIMO : En partie, oui. Il y a des morceaux que j’ai produits tout seul, tandis que pour d’autres, plusieurs personnes y ont mis la main à la pâte. Au tout début, le projet devait être produit par une seule personne, mais cela n’a pas fonctionné. Deux producteurs de France ont repris le tout et le projet de mixtape a repris vie. Pendant le processus, je créais des maquettes et je les envoyais à d’autres collègues qui y ajoutaient des éléments. D’ailleurs, j’ai travaillé à plusieurs reprises avec le producteur québécois Kodakludo. C’était super enrichissant de travailler avec différentes personnes et ça a permis d’avoir un résultat très complet. 

PAN M 360 : Votre mixtape débute avec PANDORE (ouverture). Présentez-moi les différentes couches sonores de la production du morceau?

NEIMO :

PAN M 360 : L’un de mes morceaux favoris est sans équivoque AROUND THE WORLD avec Franky Fade. Que raconte cette chanson?

NEIMO : Dans ce morceau, ce n’est pas encore la joie ni la fête, mais ça commence à aller un peu mieux. En gros, ça raconte qu’on se débrouille avec ce que l’on a pour être heureux. Ça parle aussi que l’on fait des spectacles avec des amis et qu’on fait le « tour du monde » avec notre musique. C’est vraiment un morceau qui parle de passer du temps entre amis et qu’on est les plus forts. C’est très égocentrique et brut comme titre. 

Il y a une anecdote que je dois raconter sur AROUND THE WORLD. Au début, j’ai reçu une prod et le sample me rendait fou. À ce moment-là, j’ai écrit un premier couplet et je l’ai acheminé à Franky Fade, qui me l’a renvoyé à son tour avec sa partie. Franky voulait retravailler les batteries du morceau, mais j’avais perdu le fichier avec les différentes pistes sonores. C’était la panique totale. Un jour, on a finalement réussi à retrouver le sample et j’ai dû refaire les batteries et réécrire mon couplet pour finir mon titre. C’est à la fois le premier morceau que j’ai commencé pour le projet et le dernier que j’ai finalisé. La deuxième version est bien meilleure que la première, c’était peut-être une bonne chose d’avoir perdu les fichiers!

PAN M 360 : Par son début jazz et de sa deuxième moitié plus chantée, différemment détonne de tous les autres morceaux de BOÎTE DE PANDORE. Quelle est l’idée derrière ce titre en deux temps?

NEIMO : Écoute, l’ouverture de la chanson a été enregistrée à la Maison Kekpart, la maison des jeunes à Longueuil. J’étais présent lors d’un concert de talent qui s’y déroulait et j’ai tout simplement enregistré le groupe jazz qui jouait avec mon téléphone. Je me suis dit que je ferais quelque chose avec cet extrait sonore un jour, et c’est devenu l’intro de différemment. En ce qui concerne la deuxième moitié du titre, j’étais dans ma chambre et ça ne feelait pas trop. J’ai trouvé trois accords de piano, j’ai posé mon téléphone puis je me suis mis à jouer et chanter. J’ai exprimé ce que je ressentais en chansons et j’ai adoré le résultat. Je trouvais que ça se collait bien à l’extrait sonore jazz et c’est l’une de mes pièces favorites de la mixtape

PAN M 360 : Après un projet tel que BOÎTE DE PANDORE, à quoi doit-on s’attendre de vous pour la suite?

NEIMO : Je ne veux pas trop m’avancer, mais je crois que j’ai réussi à me trouver en tant qu’artiste grâce à la création de ce projet. Je trouve que j’en suis arriver à un projet plus complet et précis que ce que j’ai fait auparavant. Je suis davantage vrai avec moi-même, et je vais toujours essayer d’être de plus en plus sincère dans mes textes. Avec le temps, je grandis, je vis de nouvelles choses et j’ai plus de choses à raconter. Je veux continuer dans la direction que j’ai entreprise et voir où tout cela va me mener. On doit s’attendre à plus de collaborations dans le futur, c’est certain.

Crédit photo : Ludovic Rolland-Marcotte

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