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Le Couleur : rendez-vous électro-pop des Francos

Interview réalisé par Marius Gellner
Genres et styles : électro-pop / indie pop / synth-pop

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Le Couleur, c’est un drôle de nom qui prend sens à la première écoute, c’est un bonbon au goût légèrement anachronique et une piste de danse qui s’ouvre sous les pieds.

Le Couleur explore une électro-pop sensuelle depuis près d’une décennie avec Laurence Giroux-Do au chant, Patrick Gosselin à la basse et Steeven Chouinard derrière a batterie. Le groupe lévite avec lasciveté autour de sujets sombres, à la limite du macabre. Leur dernier projet, Concorde, qui fêtait son premier anniversaire le 11 septembre, s’inspire du modèle d’avion éponyme, dont l’esthétique lui a valu d’être surnommé « le bel oiseau blanc ». L’album de Le Couleur trouve sa thématique dans l’histoire tragique de cet engin qui s’écrasera en juillet 2000, entraînant la mort de 113 personnes. À travers ce projet, le trio nous propose une interprétation à la fois dansante et chic de cette histoire sinistre.

À l’occasion de son passage aux Francos de Montréal, le groupe s’est entretenu avec PAN M 360.

PAN M 360 : Cette entrevue se tient alors qu’on s’apprête à vous voir monter sur cette pour cette édition 2021 des Francos de Montréal. J’ai lu que c’est loin d’être la première fois qu’on vous y voit. À combien d’éditions avez-vous participé ?

Steeven : 7 ou 8 je pense

Laurence : Je pense que ça va être nos huitièmes Francos cette année ! Je pense qu’on est sur la liste et qu’ils ont oublié de nous enlever, donc chaque année on est ajouté à la programmation…

Steeven : C’est vraiment eux qui nous ont donné notre premier plus gros show, il y a peut-être 10 ans, au tout début. Après ça, il y a peut-être eu deux ou trois fois où ils ne nous ont pas repris sur la programmation, lorsqu’on avait joué l’année d’avant et qu’on n’avait rien sorti entre temps. Les Franco, c’est important pour nous depuis des années. Ça nous a permis de rencontrer plein de gens géniaux. C’est aux Francos qu’on a joué officiellement pour la première fois avec Moodoïd. On a joué avec Paradis, qui n’existe plus, mais qui était un chouette groupe. Il y a eu aussi Polo & Pan au Métropolis. Ça nous a permis de faire notre premier Métropolis, à guichet fermé, s’il vous plaît ! C’est mémorable et ça restera un festival chouchou pour nous.

Laurence : Mais c’est une belle preuve de confiance aussi, tu sais, parce que notre nom est fait dans le milieu, mais tu sais, on n’est pas non plus des Cœur de pirate ou des Marie-Pierre Arthur ! Donc le fait qu’ils nous reprennent, c’est vraiment un beau soutien pour les artistes comme nous qui vivent encore, mais qui sont dans au milieu. On n’est plus émergents, on n’est pas Alex Nevsky mais on est là !

PAN M 360 : Est-ce que vous nous partageriez l’un de vos souvenirs marquants aux Francos ?

Laurence : Le Métropolis. C’est la salle culte où quand tu es jeune tu vas voir tes artistes préférés, puis tu les vois et WOW! C’est gros, tous les gros noms passent par-là, donc c’est fou d’être sur la scène d’une salle remplie à guichet fermé, quand les gens embarquent dans ta musique même si tu es en première partie. Ça chantait, ça sautait…

Steeven : Les gens étaient réceptifs. On n’était pas méconnus. 

PAN M 360 : Imaginons qu’une personne prenne des billets pour venir vous voir sans jamais avoir entendu votre musique. À quoi devrait-elle s’attendre ?

Patrick : À danser !

Steeven : C’est de la musique pour les intellos, mais des intellos qui aiment danser !

Laurence : Il y a beaucoup d’influences des années 70.  Donc je pense que ça peut rejoindre les “vieilles personnes”.

Steeven : Les boomers ! Enfin,pas tout à fait les boomers, juste un peu plus jeunes.

Laurence : Ça leur rappelle, Pink Floyd, Led Zeppelin… Après ils viennent nous voir en disant “ça me rappelle ma jeunesse”. Je pense que tout le monde peut se retrouver dans notre musique et aux Francos c’est une heure de plaisir. On ne s’arrête pas nécessairement beaucoup entre les pièces. Ici, c’est vraiment un enchaînement, donc je ne raconte pas ma vie entre les chansons. Pendant une heure, on se laisse aller, puis on danse.

Steeven : La formule a changé au fil des années. Là, on est 3 membres du groupe officiel, mais sur scène on est 6, donc il y a beaucoup d’espace qui est meublé, de l’espace sonore aussi. Partout sur la scène, il y a tout le temps quelqu’un qui joue, qui produit du son, donc c’est très cool. Chacun donne son énergie à la foule. Puis chacun reçoit l’énergie de la foule. C’est vraiment un 50/50. Je dirais un…

Patrick : Un échange équitable !

PAN M 360 : Depuis le déconfinement, avez-vous eu l’occasion de beaucoup jouer sur scène ?

Laurence : Ça a recommencé cet été, on a fait le festival La Noce à Chicoutimi, on a joué à Sherbrooke. C’était deux évènements extérieurs. Ensuite il y a eu Gatineau, au Minotaure, qui était un bar intérieur. On a joué au MTELUS…

Steeven : En gros, depuis un an et demi, on a fait peut-être 10 spectacles, en comptant l’été passé. Ce n’est pas la mer à boire, c’est mieux que rien. Mais évidemment, en lançant un disque le 11 septembre, il y a pile un an, on espérait que la situation serait plus clémente.

Laurence : Mais déjà, on est contents de jouer en extérieur parce que les mesures sont moins strictes qu’à l’intérieur. Tu sais, les gens sont debout, ils peuvent un peu danser. À notre dernier concert au MTELUS pour Osheaga, c’était vraiment spécial de voir un Métropolis assis. Dimanche, pour les Francos, ce sera plus sympa de voir les gens danser, bouger… On espère juste qu’il va faire beau, comme à chaque fois ! 

Steeven : On disait tout à l’heure que ça faisait des milliards de fois qu’on faisait les Francos, mais les premières années c’était assez déprimant parce qu’il a plu les deux ou trois premières fois. On n’était pas connus du tout, donc c’était pas très excitant… Mais c’est comme ça qu’on se rode, j’imagine.

PAN M 360 : On disait tout à l’heure que votre dernier album allait avoir un an. Quel est le bilan de cette sortie ?

Laurence : Il s’est crashé…

Patrick : [rires] Il a explosé !

Laurence : On est déçus, c’est un album qu’on était vraiment fiers de présenter. On était contents du résultat.

Steeven : La pilule est avalée, mais merci de retourner le couteau dans la plaie ! [rires] Cet album était prêt depuis fin novembre 2019. Donc ça fait presque deux ans. Initialement, il devait sortir en avril 2020. Ça a été repoussé jusqu’à septembre. On a eu le temps de pleurer mille fois, d’annuler 20 dates, une tournée aux États-Unis, en Europe, donc on est extrêmement déçus, mais on se garde occupés.

Patrick : C’est clair, il a eu moins de visibilité que ce à quoi on s’attendait, mais je pense que plein de gens du milieu culturel se sont donnés comme des malades pour offrir des prestations en direct, pleins de choses différentes qui ont permis de le faire connaître. La réception était quand même là. L’album n’est pas passé dans le beurre. C’est sûr qu’on avait de bien plus grandes attentes, mais on ne s’en sort pas si mal malgré tout.

Steeven : Ça aurait pu être pire, mais ça aurait vraiment pu être meilleur.

PAN M 360 : Et sur cet album, est-ce que vous avez une chanson préférée ?

Patrick : C’est sûr que je les aime toutes, mais sur cet album j’aime beaucoup Oiseaux sauvages. Je trouve qu’on était un peu ailleurs de ce qu’on avait déjà fait et elle me touche beaucoup. J’aime beaucoup le texte que Laurence a écrit.

Laurence : Moi je pense que c’est Concorde ou Désert.

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