Faisons connaissance avec Étienne Coppée, gagnant des Francouvertes

Entrevue réalisée par Myriam Bercier
Genres et styles : folk / gospel / soul-pop

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Qui est Étienne Coppée, grand gagnant des Francouvertes, ce concours-vitrine pour les artistes émergents d’Amérique francophone depuis un quart de siècle cette année ?  

Non seulement a-t-il conquis le vote du jury et du public, mais encore est-il reparti chez lui bardé de   bourses et et de prix – la bourse SiriusXM, le prix Coup de cœur de la Fabrique culturelle qui vient avec l’enregistrement et la diffusion d’une session musicale par l’équipe de la Fabrique culturelle de Télé-Québec ainsi qu’une bourse de 1000$, une série de spectacles dans plusieurs villes du Québec, dont Sorel-Tracy, Lavaltrie, Châteauguay et L’Assomption et l’enregistrement d’une session vidéo dans les studios de Radio-Canada (Ici Musique). 

Étienne Coppée fait de la musique depuis 2016, il compte  quatre EPs à son actif sur de multiples plateformes en ligne. 

PAN M 360 vous offre un premier survol de la carrière émergente du cet artiste de 26 ans et un témoignage vibrant de son expérience vécue aux Francouvertes 2021.

Crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin


PAN M 360: D’abord, peux-tu STP te présenter en quelques mots ?

ÉTIENNE COPPÉE : Je suis Étienne Coppée, un humain qui fait de la musique et qui tend à faire du bien à travers cette musique-là.

PAN M 360 : Peux-tu nous décrire un peu ton univers musical ? 

ÉTIENNE COPPÉE : J’ai encore de la misère à décrire mon travail avec des étiquettes parce que, moi, naturellement, je vais dans beaucoup de sens. Je pense qu’il y a un folk doux, un gospel/ soul que je dirais pastoral mais pas dans la religion, plus dans le regroupement de personnes qui chantent avec toute leur âme. C’est de la musique douce… qui ne l’est pas tout le temps. Je pense que c’est le mot qui revient le plus pour me décrire et, plus ça avance plus…  Je pense que c’était vrai au début, mais que ce ne l’est plus… Oui, ce l’est, je pense que je suis une personne douce dans la vie et ça se transmet dans ma musique. Il y a donc quelque chose de doux, mais quelque chose de puissant en même temps. Finalement, je trouve que c’est de la musique du cœur pour les cœurs. C’est vraiment dans l’émotion. Je suis en train de composer, je continue à composer, et ça va un peu dans tous les sens. L’étiquette claire, le  folk soul, c’est juste que ça ne se dit pas bien. Avant toute chose, je pense que c’est de la musique pour les émotifs.

PAN M 360 : Quels en sont les thèmes de tes quatre EPs?

ÉTIENNE COPPÉE : Au final, ils constituent le journal de bord d’un gars de 21 ans au début, qui est en peine d’amour et qui se sort de tout ça, pas juste à travers la musique, parce que ce n’est pas vrai que la musique m’a sauvé. Jj’ai cette chance-là que quand je suis bien triste, j’ai un exutoire naturel qui est de créer. On tous des exutoires, c’est juste que moi je peux en faire un métier.  

C’est l’évolution d’un petit gars – on dirait qu’à 21 ans, dans ma tête, je me revois et j’étais vraiment un petit gars – qui est fasciné par les relations humaines, beaucoup amoureuses et éventuellement amicales, familiales. C’est ce qui revient toujours dans mes chansons. Qu’est-ce que moi je vis émotionnellement et comment essayer de le sortir en chanson de la façon la plus honnête possible? De la façon où moi je ne sens pas avoir travesti un peu une émotion à travers soit une métaphore, soit à travers une espèce d’histoire un peu inventée ? 

Tout ce qui est dans mes paroles est vrai. L’évolution, c’est vraiment ça. Ce que je trouve beau, c’est quand on écoute mes premiers EPs jusqu’à L’été indien de ta vie, mon dernier, c’est de passer de la tristesse à la lumière. Pour moi, une peine d’amour, je trouve ça beau, parce que nécessairement ça veut dire que tu as vécu l’amour. Je trouve que des fois on l’oublie, on est juste dans le négatif. D’aller sombre, d’aller dans des recoins pas le fun de soi-même, je pense que ça  pousse à apprendre à se connaître, à tendre à être plus heureux ou plus soi-même après. Si j’avais à résumer ces EPs, c’est comment la tristesse peut se transformer en lumière, comment au final on sort grandi de tout ça, comment on  devient une meilleure personne. 

PAN M 360 : Comment as-tu vécu ton expérience aux Francouvertes?


ÉTIENNE COPPÉE : Bien! C’était le fun. C’était vraiment stressant. Je n’ai pas beaucoup d’expérience de scène. Je n’avais pas de groupe avant les Francouvertes, c’est pour ça que je me suis inscrit, parce que j’étais tanné de choker, d’hésiter à me faire un groupe. J’avais cette vision de ce que je voulais que ce soit en spectacle et je me disais : « ça va être compliqué, il y a tellement d’harmonies dans ce que je fais, il y a tellement d’instruments… » C’est moi qui fais toutes les harmonies, il fallait donc trouver des gens et espérer ensemble se rapprocher de ça. 

Pour la dernière édition des Francouvertes, Ariane Roy qui est une de mes bonnes amies était parmi les finalistes. Il y avait aussi Valence que j’avais rencontrée dans une résidence artistique en Gaspésie l’été d’avant.  Je les regardais aller  j’ai vu leurs spectacles et je me suis dit c’est mon tour. Il faut que j’arrête de choker, je m’inscris à la prochaine édition, je monte un groupe et on verra ce que ça va donner.

On est au lendemain de la finale que j’ai gagnée. Il y a quelque chose de fou là-dedans, ça a été très intense émotionnellement. Il y avait une espèce de nuage qui était toujours au-dessus de ma tête,  « ce sont les Francouvertes, comment est-ce que je peux améliorer mon prochain spectacle? ». Par moments, c’était un peu intense, mais je vis mes émotions de façon très intense. Là, c’est le lendemain, et je le referais demain. Je capote ! J’ai un groupe maintenant. Juste ça, je capote. Et il est bon. C’est tellement de bons musiciens, ils chantent, ils se sont tellement donnés… Lundi soir, c’était une des premières fois que je sentais que ce n’était plus juste ma musique, c’était la leur aussi. On chantait, et c’était comme si j’avais pu arrêter de chanter et que ça aurait quand même fonctionné. Tout ça s’est tellement fucking bien passé !

PAN M 360 : On avait  l’impression que vous étiez tous des ami.e.s, que tu avais invité la gang d’ami.e.s avec qui tu vas chiller au parc à faire les Francouvertes avec toi.  


Étienne : Mais c’est ça. C’est plein de gens que j’aime beaucoup qui ne se connaissaient pas au départ. Ça aussi c’était le défi.  Moi j’ai beau être vraiment ami avec eux,  aujourd’hui, ils se connaissaient tous. Mais vraiment ! Flavie et moi sommes les meilleurs amis depuis secondaire II, ça fait longtemps. Sabrina, on l’a rencontrée à Petite-Vallée. Dans les dernières années et pendant un bout, c’était nous trois le groupe, et on faisait des spectacles d’appartement, on chantait à trois voix. Bruno, c’est mon ami maintenant, il était à l’origine le coloc d’un super bon ami, Jim(m)(y)(i) que j’ai rencontré lorsqu’ il faisait de la musique. Julien, c’est le coloc du chum de Flavie, qui lui aussi fait de la musique.Et Simon, il a travaillé sur tous mes projets en tant que réalisateur. Je lui avais demandé s’il aimerait jouer lorsque je ferais un groupe. Il habite à l’Île d’Orléans, ce n’est pas à la porte, et il m’a dit : « oui, je suis vraiment vraiment down, je serai là pour tous les gros spectacles.”

Tous ces gens-là se sont rencontrés dans le processus, hier soir, c’était la première fois que je sentais que vraiment on était rendu une gang d’amis pour vrai. On était dans la loge avant, on chantait nos chansons, et c’était naturel, comme des amis. Pour moi, c’était la chose la plus importante: est-ce que je vais trouver de bons ami.e.s que j’aime et qui sont capables de ce quelque chose d’émotionnel qu’il faut avoir pour chanter ma musique comme moi je l’entends ?

Plusieurs planètes se sont alignées. Lundi soir, j’avais des frissons de nous voir de même. Et si tu as ressenti ça devant un écran, je pense qu’on a réussi notre pari. Je pense que ça n’aurait  pu être autrement pour un groupe qui chante du Étienne Coppée.


PAN M 360: Pourquoi, selon toi, as-tu tout raflé lundi soir?


ÉTIENNE COPPÉE : Je ne pense pas que ce soit à moi de dire pourquoi. J’ai confiance en mon projet, j’ai confiance en mes chansons. Quand je compose une chanson et qu’elle me touche, j’ai cette impression qu’elle peut vraiment faire du bien aux autres, mais ce n’est pas à l’artiste si c’est bon ou pas. Je ne suis pas en train de dire « question de marde! », mais je pense qu’on est rendu dans une époque où l’honnêteté fait du bien.

On est moins dans cette espèce de dynamique de la super star qui est Céline Dion qui n’appartient pas à notre monde. Je pense qu’on est rendu à une époque où on a envie de voir des gentils qui nous représentent dans les sphères médiatique et artistique. Je pense qu’on est rendu dans une époque où un homme peut être fucking émotionnel et ça fait du bien. Je pense que je coche ces trois cases. 

J’essaie d’être le plus honnête possible. Je pense que tout ça est drivé par une espèce de talent à écrire des chansons que je n’explique pas. Comme j’ai des ami.e.s qui ont un talent  pour parler devant une classe de secondaire deux sont capables de faire en sorte que des jeunes aiment apprendre le français. 

Moi, j’ai un talent qui me permet de transformer une émotion en chanson et ça, ça peut faire en sorte que des gens soient touchés, c’est génial. Mais je pense surtout que ça se trouve dans l’honnêteté de ma proposition et dans la vulnérabilité de ma personne. 

Il y a des moments où je n’avais aucun fun à faire les Francouvertes parce que j’étais trop stressé, trop anxieux. On a travaillé le plus fort possible pour arriver à quelque chose, ça a payé. Moi, bien sûr, je vais mettre 150% de ma vie pour que ce projet-là marche, c’est le mien, mais je pense qu’il y a des gens dans ce processus-là, par exemple Nico Ouellet et Phil Brach qui ont fait la mise en scène, ils se sont tellement donnés et c’était juste de beaux échanges. Je ne sentais pas que c’était juste « vous avez un travail, vous êtes sur le payroll, s’il vous plaît montez-moi un spectacle. » Quand il y a beaucoup de cerveaux et beaucoup de cœurs dans quelque chose, ça se sent. Moi tout seul, je n’aurais jamais pu me rendre en finale des Francouvertes. 


PAN M 360 : Hier, tu as offert deux chansons qui ne se trouvent pas sur quatre EPs, alors peut-on s’attendre à un nouvel EP ou un album sous peu bientôt peut-être?


ÉTIENNE COPPÉE:
On peut vraiment s’attendre à de la nouvelle musique. Je n’ai pas envie de donner de date de sortie, parce que… même d’un point de vue marketing, c’est le fun de se faire surprendre. Alors plein de belles choses vont sortir. Oui, il y a de nouvelles chansons et je continue à écrire, j’ai hâte de pouvoir le partager.

Crédit photo: © Frédérique Ménard-Aubin

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