Chloris: conversation sur des chansons déjantées

Entrevue réalisée par Louis Garneau-Pilon
Genres et styles : grunge / rock / rock psychédélique

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La pop n’est pas pour tous, surtout pas pour Chloris. La formation de six musiciens a sorti un premier album le 9 avril 2021, revenons-y puisque… pas grand-monde est au courant. On peut y écouter 8 morceaux de rock psychédélique, qui vont du timbre doux au chaos contrôlé. Installés devant leur collection de vinyles, le chanteur Gabriel Durocher et le guitariste Nicolas Alary rencontrent PAN M 360 pour discuter de leurs chansons à la fois tristes, sombre, tragicomiques.

PAN M 360: Expliquez nous la genèse de Chloris:

GABRIEL DUROCHER: Le band fut créé par nous deux et Maxence Gendron (guitariste et chanteur). On était amis au cégep, on voulait faire ça pour le plaisir, on a d’abord mis du temps à composer à trois. Peu à peu on a recruté d’autres membres; un batteur (Jonathan Drolet),  un bassiste après plusieurs essaie (Francis Mainville) et finalement un claviériste (Mathieu Quenneville).

NICOLAS ALARY: On voulait créer un premier album basé sur nos expériences personnelles. Un peu pour présenter notre bagage de vie. On voulait parler des petites choses du quotidien, les déprimes, les souvenirs, la nostalgie. On voulait présenter quelque chose d’un peu léger et lourd en même temps. Là je parle pour moi, mais… je voulais parler des thèmes de l’enfance, ce qui était pur. On s’inspire d’ailleurs beaucoup de groupes indies comme Karkwa, qui transparaissent dans notre musique.

PAN M 360: On peut dire que vous vous êtes rencontré par la musique?

GABRIEL DUROCHER: Oui, moi j’ai étudié le chant à Lionel Groulx, je suis diplômé en musique populaire. Maxence était dans le même programme, en guitare.

NICOLAS ALARY: Moi j’étudiais la musique classique, mais disons que je n’ai pas été diplômé. (rires)

GABRIEL DUROCHER: Notre batteur a aussi complété sa formation en pop, même chose pour notre claviériste. Il y’a juste Mathieu, notre bassiste… lui a-t-il fait des études?

NICOLAS ALARY: Je ne sais pas, je sais qu’il joue bien de la basse.

GABRIEL DUROCHER: En tout cas on vient tous de Sainte Thérèse. Ça a fini qu’on a recruté à l’école pour former Chloris.

NICOLAS ALARY: C’est une bonne banque de musiciens. Dès qu’on tombait sur un musicien sans groupe, on sautait dessus comme des fauves.

PAN M 360: Comment présentez le style chaotique de Chloris?

NICOLAS ALARY: C’est gras avec des tons de grunge. J’ai écouté tellement de grunge quand j’étais adolescent. Pour moi, la guitare saturée doit être là. Avec deux guitaristes, la guitare prend alors beaucoup de place. On cherche une bonne base crottée ! On est deux stoners et je crois que ça se voit beaucoup aussi. Par exemple, j’adore Syd Barrett (Pink Floyd). Stylistiquement on est différents, mais on suit sa logique créative. Pourquoi faire de la musique léchée à la perfection ? Pourquoi ne pas célébrer les fausses notes ?

GABRIEL DUROCHER: On veut exprimer ce genre de style plus libre. À la limite, on aimerait vraiment être capables d’en plus faire tout ça en une prise, mais c’est plus dur.

NICOLAS ALARY: Dans nos thèmes, cependant, on essaie de garder ça varié. Par exemple, Dehors est une chanson sur un thème anodin, mais beau: l’enfance. Sortir dehors toute la journée, devoir rentrer à la maison avant le souper. D’autres, comme Chloris, sont plus lourdes: cette chanson raconte une relation personnelle qu’on a eu avec quelqu’un qui s’est enlevé la vie.

PAN M 360: Comment Chloris fait ressortir ce chaos avec ses six musiciens?

NICOLAS ALARY: Il faut d’abord l’assumer. On crée d’abord un mur de son qui tient le tout. Avec la guitare et les claviers qui s’ajoutent, on se gâte en faisant tout exploser.

GABRIEL DUROCHER: Au fond, on ajoute progressivement des couches de chaos sur nos chansons.

NICOLAS ALARY: Sans trop perdre la maîtrise. Maxence et moi sommes les deux compositeurs. On arrive avec nos chansons durant les répétitions et on laisse nos musiciens s’amuser avec le matériel. Généralement, ça se fait un peu tout seul. Et quand on sait ce qu’on veut faire avec une chanson, on devient plus sérieux. D’abord on part sur un jam autour d’une idée et après on la laisse reposer. Généralement, si on aime encore ce qu’on fait le lendemain, on le garde.

GABRIEL DUROCHER: Heureusement, toute l’équipe saisit assez rapidement la vibe désirée. On essaie de laisser beaucoup de liberté et les musiciens savent quoi faire avec la liberté. Cependant, il faut toujours se rappeler qu’on est un groupe de six personnes. Je trouve alors que sur Chloris, chaque instrument est assez visible. Par exemple, quand tu entends du clavier, tu peux le distinguer. Pour les voix, on chante à deux et on essaie de créer une harmonie où deux voix humaines sont distinctes.

NICHOLAS ALARY: Aux guitares, on essaie de vraiment leur donner deux champs différents. Plus sale pour moi et bien plus clean pour le second guitariste.

GABRIEL DUROCHER: En tout, l’album nous a pris un bon trois ans. Au final, on est très contents du résultat.

 

PAN M 360: On parle ici d’un son pop-psychédélique assortie de guitares sales. Est-il possible d’avoir un son trop sale?

GABRIEL DUROCHER: Je ne sais pas vraiment ce qui est trop sale mais trop propre, oui!

NICOLAS ALARY: Pour moi c’est rare de trouver une toune trop sale. On n’aime pas le trop bonbon ou le trop parfait. La vie est sale et il faut de la saleté dans le son.

PAN M 360: Comment trouve-t-on sa niche quand on est un band de rock psychédélique en 2021?

GABRIEL DUROCHER: Et bien il faut s’assumer et faire ce qu’on veut faire. On est là pour faire la musique qu’on veut et ça va finir par plaire à quelqu’un. Du moins on l’espère. On fait ça pour nous et tant mieux si quelqu’un aime ça. L’important, c’est que les six d’entre nous soient satisfaits. On ne veut surtout pas s’excuser si une chanson brasse trop!

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