acid-techno / deep house / électronique

Misstress Barbara, une légende au crépuscule

par Julius Cesaratto

Alors que le soleil teintait le ciel d’une couleur orange vif au-dessus du parc Jean-Drapeau, Misstress Barbara est montée sur la scène principale du Piknic Électronique pour un délicieux set au coucher du soleil. Prenant le contrôle de l’énorme système de son, la légende locale a livré un set hard house et techno percutant qui a duré quatre heures. Dès les premières notes, les percussions roulantes, les scratches et les 808 percutants annonçaient la frénésie à venir.

N’hésitant pas à laisser l’énergie de la piste de danse monter, elle a patiemment fait croître la tension, provoquant des ruptures et des arrêts soudains avant de revenir à un rythme régulier et retentissant. Des voix minimalistes de deep house ont ponctué son set, tandis que l’accent restait fermement mis sur le rythme. Des percussions profondes et des rythmes de samba, ponctués de sifflets et d’intermèdes acid-techo, ont maintenu la musique vivante alors que l’ambiance s’assombrissait avec le coucher du soleil.

Ses gestes chaleureux envers la foule compacte baignée de lumières rouges et bleues témoignaient de son dévouement à ses fans. Fidèle à ses racines, elle a livré toute sa performance sur vinyle, passant d’un morceau à l’autre à un rythme effréné, sans jamais perdre de vue l’ensemble. Le mélange de jeunes ravers et de clubbers expérimentés se reflétait dans sa sélection : une techno audacieuse, équilibrée par des clins d’œil aux sons emblématiques.

Au point culminant de la soirée, Misstress a livré une reprise audacieuse de l’iconique You Spin Me Round de Dead or Alive, soufflant des bisous à la foule qui reprenait les paroles en chœur. Alors que le set touchait à sa fin, elle a continué à mettre le feu : les lumières de la scène scintillaient sur une finale riche en basses acid house.

Misstress Barbara n’a pas seulement tenu ses promesses : elle a rappelé au public pourquoi elle demeure un pilier de la scène dance montréalaise, réunissant les générations sur la piste grâce à sa maîtrise du mixage au vinyle, son énergie débordante et sa présence scénique chaleureuse et désarmante

Photo: Emmanuelle Laurin

americana / country-folk / folk

FME 2025 : Ada Lea profite pleinement de l’été

par Jake Friesen

Dans un café animé reconverti en salle de spectacle, la chanteuse et compositrice montréalaise Ada Lea et son groupe attirent un public calme et attentif. Sa musique est celle d’une douce chanteuse-autrice-compositrice, avec une guitare scintillante, une basse chaleureuse et des percussions terre-à-terre. La voix d’Ada Lea, avec une légère touche western, est aussi chaude et haletante que les derniers soupirs de l’été. 

Pendant le concert, le groupe de la chanteuse reste extrêmement stoïque tandis qu’elle tente nerveusement de faire la conversation avec le public. Cependant, son trac ne se ressent en aucun cas dans sa performance. Elle retrouve facilement ses marques dès que la musique reprend, après une brève interruption dans son paysage sonore.

Elle nous entraîne dans des vignettes de soleil tamisé et de routes poussiéreuses avec des chansons comme Diner. À bien des égards, la performance d’Ada Lea semblait hors norme par rapport à l’exposition de curiosités qu’est le FME. Cela dit, le public qui s’était rassemblé pour elle était unanimement captivé par sa performance sobre et accomplie.

Ada Lea vous invite à prendre place et à profiter des derniers moments précieux de l’été, loin de la cacophonie du festival.

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période romantique / pop

Fête de la Musique 2025 | Le gros party italien de Marc Hervieux

par Frédéric Cardin

Angèle Dubeau le répète souvent : elle écoute le public. Vous pouvez d’ailleurs l’écouter raconter l’anecdote concernant ce concert de Marc Hervieux, donné sur la scène Québécor, ce dimanche soir à Tremblant. Les gens n’avaient pas eu assez du ténor l’an dernier, alors qu’il était venu présenter la pièce Une voix pour être aimée : Maria Callas, avec Sophie Faucher. C’est vrai qu’il n’y chante que très peu. Et Angèle, toujours sur les lieux et prête à recevoir les commentaires des spectateurs, a bien entendu les nombreuses personnes qui lui ont dit : ‘’c’était très beau, mais on espérait entendre Marc chanter plus souvent!’’. C’était l’an dernier. Cette année, Marc est revenu, avec le mandat de rassasier les festivaliers. Rassasier comme dans ‘’festin’’, et un vrai festin ce fût! Un buffet copieux dans un gros party italien, avec chansons napolitaines (et italiennes et siciliennes, précisons) à profusion, entonnées par un maître de cérémonie dans une forme redoutable. Dès son entrée sur scène, Hervieux a galvanisé la foule, tel un Sinatra à la belle époque du Live at the Sands. Et puis les titres impérissables se sont succédés, Volare, Torna a Surriento, Arrivederci Roma, Parla Piu Piano, Core’n’grato, etc., colorés et délivrés avec la maestria d’un connaisseur. Hervieux est totalement dans son élément ici. Pour chaque pièce, une présentation, simple et agrémentée de traits d’humour qui font mouche. Une heure et demie comme ça, et le public en aurait pris le double, je pense bien. Vous me connaissez peut-être : j’aime les musiques copieuses et complexes, voire exigeantes et même expérimentales. Du coup, vous penserez probablement qu’il s’agissait d’un plateau assez ‘’léger’’ pour mon palais sonore habituel. Je vous répondrai que personne, même pas un drôle d’insecte mélomane dans mon genre, ne peut bouder son plaisir et que, qui plus est, il faudrait être d’une monumentale mauvaise foi pour ne pas reconnaître la perfection absolue de ce genre d’entertainment. Quand c’est fait avec tellement de sincérité, d’authenticité et de générosité, on ne peut que s’incliner devant cette réussite sans faille. 

Club / darkwave / synth-pop / synthwave

FME 2025: Automelodi remède au lendemain de veille

par Lyle Hendriks

Lors des éditions passées du FME, je me souviens toujours du dernier concert comme d’un moment où j’étais complètement épuisé, me balançant doucement dans un sous-sol, luttant pour préserver mes dernières cellules face à l’assaut d’une musique trance et monotone.

Comme vous pouvez l’imaginer, j’étais ravi d’apprendre que le dernier spectacle cette année se déroulerait non seulement en plein air, mais qu’il mettrait en vedette Automelodi, un artiste synthpop exceptionnel et énergique venu faire la fête. Automelodi, également connu sous le nom de Xavier Paradis, est une figure solitaire sur scène, entourée de synthétiseurs, de beatpads et de pieds de micro. Après avoir lancé sa carrière en 2006, le musicien montréalais profite aujourd’hui d’un regain, retrouvant la scène à l’occasion de plusieurs sorties prévues en 2025.

Avec des voix déformées et saturées de réverbération, des changements de tempo vertigineux et entraînant, la musique est urgente, vivante et incite même mon pauvre corps fatigué par la gueule de bois à danser une dernière fois pour clôturer le festival. Nous, les quelques-uns qui étions restés jusqu’à la fin de la nuit, avons été anéantis de le voir terminer son set, alors que nous supplions pour juste un dernier morceau sale, sauvage et déchaîné, pour clore la soirée. Bien que ce rappel ne nous ait pas été accordé, j’étais quand même heureux que FME ait choisi de clôturer la programmation de cette année avec un artiste aussi universellement apprécié. Un coup de cœur garanti.

Psychedelia / rock psychédélique / surf

FME 2025: TEKE::TEKE nous amène dans l’au-delà

par Lyle Hendriks

De nombreux groupes prétendent vous transporter dans un autre monde. Peu y parviennent aussi rapidement et profondément que TEKE::TEKE, légendes montréalaises du surf rock psychédélique japonais.

Qu’il s’agisse de Maya Kuroki, la chanteuse qui ouvre le spectacle avec un monologue mélodramatique en retirant masque après masque pour en révéler toujours un nouveau, plus troublant encore ; de Yuki Isami, la flûtiste au look glamour de danseuse go-go des années 70 ; ou simplement des compositions agitées et en perpétuelle mutation qui composent leur répertoire, il est impossible de ne pas se laisser emporter par ce sextuor d’exception.

Vêtus de tenues aux motifs criards et dépareillés reflétant les influences musicales éclectiques qui animent le groupe, TEKE::TEKE nous a emmenés dans un voyage épique de près de 90 minutes, depuis leurs premiers albums jusqu’à certaines de leurs œuvres les plus récentes créées pour la bande originale du dernier Assassin’s Creed. Par moments, le son est brut, entraînant, parfait pour une journée sur la jetée. À d’autres, il devient un thème de poursuite façon parkour, haletant, survolté, qui nous saisit sans jamais nous lâcher : chaque virage serré nous prend de court et tisse une trame sonore dense, complexe, presque impossible à démêler.

Les morceaux peuvent comporter cinq, six, voire dix sections différentes, et le groupe fait preuve d’une maîtrise absolue, s’abandonnant à des instants de calme avant de jaillir soudainement dans des climax dramatiques, sans le moindre avertissement. Avec une énergie inégalée et un son unique, TEKE::TEKE continue d’être une force à ne pas sous-estimer.

FME 2025 : Frannie Holder dévoile son projet solo

par Stephan Boissonneault

Frannie Holder évoque une ancienne légende du FME. Je connaissais son nom que parce que l’un de ses groupes, Random Recipe, avait participé au tout premier concert secret du FME, organisé il y a environ 20 ans dans le célèbre restaurant nocturne Morasse Poutine.

Cette année, Frannie a fait ses débuts en solo à l’Agora Des Spectacles. Les morceaux que j’ai pu entendre mêlaient pop expérimentale, trip-hop et atmosphères à la française, façon house. Pendant que Frannie chantait en français, un bassiste et un batteur bâtissaient un mur de son brumeux, offrant à Frannie la liberté de se lancer au synthétiseur. Le résultat évoquait un mélange de Regina Spektor et Björk, avec une touche de N NAO de Montréal — une manière douce et apaisante de commencer la journée à 16 heures. J’ai remarqué que c’était en réalité le batteur qui orchestrai la plupart des changements complexes, ponctuant chaque transition d’un « un, deux, trois, quatre » avant de conclure une chanson ou d’annoncer la suivante. Il sera fascinant de découvrir quelle forme prendront ces morceaux sur l’album, mais seul le temps nous le dira.

hard rock / metal

FME 2025 : Hommage à Aut’Chose avec la relève rock n’ roll

par Stephan Boissonneault

Originaire d’Alberta, je ne savais pas qui était Aut’Chose avant ce spectacle hommage présenté le dernier jour du FME, mais je me souvenais avoir entendu ce nom lors d’une conversation avec Félix B. Desfossés, historien du rock et du métal, il y a quelques années. Il les mentionne également à plusieurs reprises dans son livre publié en 2014, L’évolution du métal : No Speed Limit 1964-1989

Le chanteur et poète Lucien Francoeur et le guitariste Jacques Racine du band Aut’Chose, tous deux décédés l’année dernière, ont été des figures légendaires de la scène hard rock québécoise, avec trois albums sortis au milieu des années 1970. Les Freaks de Montréal, le groupe hommage à Aut’Chose, ont réuni de jeunes artistes tels que Rose Cormier de Mulch, Alix Fernz, N Nao, Pierre-Luc Gratton de Population II, et d’autres, qui ont pris le relais au chant et rendu hommage à Francoeur entre les chansons. On se trouvait devant un super groupe : à la batterie, Michel « Away » Langevin (Voïvod) et aux guitares et synthés, des membres de GrimSkunk, Groovy Aardvark et Tricky Woo.

Je n’avais jamais entendu les chansons d’Aut’Chose avant ce concert, mais j’ai trouvé qu’elles rappelaient le meilleur de RUSH, ZZ Top, Black Sabbath, avec une touche de Lou Reed dans le chant. Il y avait des moments de hard rock pur et des moments de prog étrange et flou. C’était captivant d’entendre et de voir chaque chanteur sous un jour différent : N Nao qui criait, Alix Fernz sans beaucoup d’effets vocaux, avec une voix plus claire que jamais, et Pierre-Luc Gratton chantant debout, alors qu’on le voit habituellement assis sur son trône dans Population II. Un autre moment marquant a été le jeu de la double basse lorsque Population II est remonté sur scène pour la deuxième fois.

période romantique

Fête de la Musique 2025 | Andrew Wan et Charles Richard-Hamelin : Brahms, Franck et du soleil

par Frédéric Cardin

Le duo constitué du pianiste Charles Richard-Hamelin et du violoniste Andrew Wan (également violon solo de l’OSM) n’est plus à présenter. Une dizaine d’années de complicité artistique ont amené ces deux talents individuels et naturels en un diptyque chambriste de tout premier ordre. Les enregistrements de sonates de Beethoven et de Schumann qu’ils ont réalisés sont des démonstrations de musicalité de très haut niveau. On remarque chez Wan, et parfaitement appuyé par Richard-Hamelin, une concentration très appliquée sur le discours et la narration des œuvres. Le jeune homme raconte quelque chose en jouant, ce qui est déjà bien, mais en plus il a quelque chose à dire. Sur la grande scène Québécor de Tremblant, la Fête de la Musique a donné à entendre la première des sonates de Brahms, que les deux musiciens peaufinent depuis quelque temps déjà et qui fera partie du prochain album du duo, consacré au compositeur allemand. On a déjà entendu les deux amis dans ce répertoire, au Festival Classica plus tôt cette année. L’impression avait été bonne, et elle l’a encore été ce dimanche après-midi. La Sonate, dans la tonalité souriante de sol majeur malgré son caractère très intimiste, a été déployée sans effets exagérés, Wan se concentrant sur l’intériorité du propos et sur l’allure posée de l’expressivité. On aurait pu en prendre un peu plus en termes d’affects, sans risque de faire de l’esbroufe, mais on a été néanmoins fortement contentés en termes de beauté instrumentale et de satisfaction esthétique. En complément de concert, pas une autre de Brahms mais plutôt la grande Sonate en la majeur de César Franck. On a trop souvent tendance à assombrir cette œuvre, parce que c’est Franck, parce que malgré le fait qu’il était Belge, on l’associe au germanisme et à un Romantisme touffu et dense. Pourtant, le la majeur implique de la lumière et du sentiment ouvert, un certain épanouissement même. Wan et Richard-Hamelin ont bien saisi cette nécessité, malgré une retenue un peu lente à résorber dans le premier mouvement. Mais le public a été récompensé par un Allegretto poco mosso final plein de candeur et de naturel, parfait accompagnement d’un début d’après-midi généreusement ensoleillé, au pied de la montagne de Tremblant. 

musique ancienne / traditionnel

Fête de la Musique 2025 | Gros coup de coeur pour le duo Ménestrel

par Frédéric Cardin

Il y a de ces rencontres dont on ne devine pas l’impact avant d’en avoir fait l’expérience. Je ne connaissais pas le duo Ménestrel, formé de Kerry Bursey (chant et luth) et Janelle Lucyk (chant et violon) avant ce concert d’à peine une heure sur la petite et intime scène Deslauriers du village de Tremblant. Le duo est actif depuis 2019 et à traversé le Canada au complet (ses ‘’13 provinces et territoires’’) en jouant de son répertoire : la musique ancienne, qu’elle soit folklorique ou savante baroque, Renaissance, et médiévale. À Tremblant, les deux artistes basés en partie à Montréal, ont lancé leur programme avec quelques folklores (À la claire fontaine, Greensleeves, la Louison, Au mois de mai, etc.) joués avec une finesse et un raffinement exquis, ce qui a permis de poursuivre plus loin avec quelques perles baroques (magnifique Frescobaldi et tendre Monteverdi dans une version en duo de Si dolce il tormento, un air d’une beauté à faire pleurer de bonheur). Le champion toutes catégories des larmes lyriques, John Dowland, grande vedette musicale de l’époque shakespearienne, a lui aussi bénéficié d’interprétations sensibles et délicates des deux artistes. Les deux voix sont très belles, le ténor aisé de Bursey mais surtout le soprano angélique de Lucyk qui peut envoûter les mélomanes les plus exigeants. Nul doute que votre humble serviteur surveillera de près les prochaines activités de Ménestrel, car il ne pourra pas oublier, comme tous les spectateurs présents, l’impressionnante qualité de la prestation entendue en ce petit dimanche midi à la Fête de la Musique. 

garage punk / hard rock / pop-punk / punk

FME 2025 : The OBGMs sont-ils… Céline Dion ??

par Jake Friesen

Sélectionnés dans la liste courte du Prix Polaris 2025, The OBGMs reviennent au FME pour la première fois depuis 2021, où ils avaient joué devant un public assis et soumis à des restrictions liées à la COVID. Ils montent sur la scène principale et se présentent comme un groupe hommage à Céline Dion. Malgré un accueil froid de la part du public, ils se lancent à corps perdu dans un set d’une intensité implacable.

Le chanteur Densil MacFarlane provoque le public avec charisme à chaque instant, le défiant d’aller toujours loin. Les OBGMs offrent un son percutant et électrisant, mêlant des mélodies accrocheuses, des voix ardentes, une percussion furieuse et une bonne dose de riffs de guitare endiablés. Ils dégagent une attraction magnétique irrésistible, mêlant une précision chirurgicale à une sensibilité punk effervescente. Après avoir mené une bataille acharnée pour conquérir le public, MacFarlane le rallie à sa cause en demandant si quelqu’un dans la salle aurait un ex qu’il déteste profondément.

Les applaudissements retentissent tandis que tout le monde scande « Fuck Robbie » et MacFarlane dédie la chanson suivante à l’ex d’un spectateur, Robbie. Même si les OBGMs se produisent devant un public de plusieurs centaines de personnes, ils parviennent sans effort à créer l’esprit de solidarité propre aux concerts punk underground . Ils demeurent loyaux envers leur art et leurs convictions, tandis que MacFarlane souligne avec ferveur l’importance de se faire mutuellement de la place, tant dans l’espace que dans la communauté.

Après avoir assisté à leur concert samedi soir, je suis convaincu que les OBGMs sont sur le point de conquérir le monde. Ça me réjouit.

Photos by Julia Mela

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indie rock / rock alternatif

FME 2025 : Party de piscine gonflable dans la ruelle

par Jake Friesen

Le groupe de rock garage montréalais Poolgirl fait ses débuts au FME devant un public enthousiaste  agglutiné autour de la scène. Avec la foule qui sautille comme des grains de pop-corn et des accessoires de piscine gonflables qui volent dans tous les sens, Poolgirl est dans son élément.

Guitares grungy, percussions bruyantes et voix gutturales saturent l’espace. La qualité brute de leur son est attachante, sans prétention et sincère : Poolgirl délaisse le sérieux de la performance pour la fanfare déchaînée de la jeunesse. Leur son occupe un territoire musical autrefois réservé aux jeunes des banlieues. Pourtant, sous les lumières de la scène FME Fizz, il est rafraîchissant d’assister à un concert de garage rock accessible et désinvolte donné par un groupe composé principalement de musiciennes. 

Une intensité constante anime Poolgirl tout au long de leur set, comme si elles étaient aussi légères que les ballons de plage qui rebondissent au-dessus du public. La basse tourbillonnante et crasseuse les propulse vers leur dernière chanson, et dans le plus pur style garage rock, elles disparaissent dans la nuit, comme des adolescentes fuyant un concert clandestin.

hip-hop / trip-hop

FME 2025 : Transcendance dans la ruelle avec Boutique Feelings

par Stephan Boissonneault

Nous avions besoin de capturer l’ambiance intimiste de la ruelle du FME, en particulier mon ami qui avait pris une bonne dose de LSD. Ce projet de Karim Lakhdar transcendant les genres a tout donné : un mélange envoûtant de hip-hop psychédélique, à la fois introspectif et énergisant, capable de ramener les morts à la vie.

Mes amis et moi étions dans un état d’esprit assez déconnecté, captivés par les riffs déformés et les récits décalés. Le message sociopolitique a façonné un instant d’union pour la foule, avant que Lakhdar ne le déconstruise pour le reconstruire aussitôt.

Avec ce projet, Karim Lakhdar réalise quelque chose de complètement fou, comme si Madlib et Kim Gordon avaient eu un enfant et l’avaient élevé au son du krautrock. Tout ce qui fait Atsuko Chiba se retrouve désormais dans cette création. Subliminal. Sublime.

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