Si vous en faites une écoute distraite, la rumba catalane peut être encore confondue à tort avec le flamenco. Sur scène, cependant cette confusion s’efface totalement devant une autre énergie qui se déploie… Nous, qui étions devant cette déflagration dominicale au Ministère, avons fait l’expérience de l’identité propre de la rumba catalane, arme de construction massive aux radiations éminemment curatives.
Quelle fiesta que celle proposée par Maruja Limón !
La basse électrique qui déclenche des échantillonnages (entre autres) de synthés ou de percussions afro-cubaines (Carla González), la batterie solidement exécutée (Elisenda Fabregas), la trompette filtrée électroniquement (Mila González), la guitare acoustique avec pédales d’effet (Cristóbal Salazar, en remplacement de Vicky Blum), voilà autant d’éléments qui témoignent de cette actualisation.
Sauf les bulerias acoustiques exécutées avec un seul guitariste (Cristóbal Salazar) et chanteuses (Esther González et Sheila García), sauf les inflexions vocales typiques de la péninsule ibérique et de ses racines arabo-andalouses, la musique de Maruja Limón résume les actualisation inhérentes à la période actuelle.
Ces musiciennes et ce musicien sont toustes très compétent.e.s, mais on ne peut les qualifier de virtuoses. La fascination s’exerce plutôt par la force de frappe du collectif et non des individus. Leur cohésion, leur enthousiasme, leur dynamisme constituent la clé de leur succès évident. Les menus défauts ou limites techniques qu’on pourrait leur reprocher n’ont plus la moindre importance pour une telle expérience.
À travers différentes expressions musicales de la Catalogne et de l’Espagne, flamenco, rumba mais aussi reggaeton, jazz latin, rumba afro-cubaine ou pop/rock, cette escouade du bonheur et de la sensualité latina aura transmis une grande énergie au parquet densément peuplé de nouveaux fans subjugués.
Plus d’une heure et demie dans le tapis, un Ministère rempli à craquer par un public multigénérationnel très chaud du début à la fin, et qui répand d’ores et déjà la bonne nouvelle pour les prochaines tournées nord-américaines du sextuor barcelonais. Car il est aisé de prévoir que ce groupe reviendra souvent chez nous , le buzz vécu sur place se répandra comme une traînée de poudre.























