Une salle Claude-Champagne plutôt remplie attendait le pianiste cubain exilé à Toronto, Hilario Durán. Avec intérêt. Le public n’a pas été déçu. Durán est un pianiste, improvisateur et arrangeur brillant, dans la lignée de l’ancien leader de Irakere, Chucho Valdés, dont il a d’ailleurs présenté trois compositions.
Le Big Band étudiant de l’Université de Montréal, dirigé par le Brésilien Joâo Lenhari, a pris cette rencontre au sérieux. Car la commande était de taille, les arrangements de Hilario Durán étant plutôt complexes, tant rythmiquement qu’harmoniquement.
Évidemment que cet orchestre étudiant n’est pas à la hauteur de l’Orchestre National de Jazz de Montréal. Mais nous nous trouvons devant des jeunes musiciens qui tirent très bien leur épingle -ou leurs cuivres et anches -du jeu. Et qui ont la chance incroyable de se mesurer avec des artistes de renommée internationale, issus de milieux culturels très différents.
Pour l’occasion, deux chargés de cours cubains de la faculté de musique se sont ajoutés au big band: le pianiste Julian Gutierrez Vinardell, dont une composition a débuté le concert, ainsi que l’infatigable percussionniste Eugenio Kiko Osorio.
C’était une soirée imbibée de jazz afro-cubain du début à la fin, avec un clin d’oeil à Frédéric Chopin, à la fin du concert, avec une pièce intitulée Fantaisie-Impromptue, dans laquelle les harmonies chopinesques sont malaxées dans un savoureux punch de rythmes tropicaux. Ceci démontre la culture musicale très vaste de Hilario Durán, influencée autant par le classique, que le jazz ou les multiples musiques cubaines.
Mettez-vous à la place du jeune pianiste du Big Band, Benoît Francoeur, quand il doit suivre Durán dans un dialogue d’improvisation. À quelle vitesse battait son cœur? Il s’en est très bien tiré, de même que le saxophoniste Daniel Diaz, qui a eu droit à plusieurs solos, dont sur A night In Tunisia, la pièce fétiche de Dizzie Gillespie, arrangée pour grand ensemble par Hilario Durán pour son dernier album Cry Me a River(2023).
Hilario Durán nous a adressé la parole dans un anglais pas toujours facile à déchiffrer, mais bien intentionné. La prochaine fois, pourquoi pas davantage d’espagnol et quelques mots de français?
Au-delà de ce mini bémol, nous avons passé une excellente soirée. Ceci termine l’année scolaire du Big Band, qui sera de retour à l’automne.























