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FIJM | Clown Core : le théâtre des extrêmes, entre Grippe-Sou et Krusty

par Frédéric Cardin

Clown Core est un duo de musiciens anonymes, portant des masques de clowns et qui a atteint depuis 2010 le statut de culte. Malgré seulement trois albums, dont le plus long fait 17 minutes, les vidéos homemade totalement truculentes (dans une toilette chimique, dans une van, etc.) et surtout le mélanges des genres qui s’entrechoquent violemment ont rendu Clown Core célèbres dans une frange de l’underground. 

Les deux gars (on suppose) du Nevada ont enflammé le M Telus hier soir. Comment décrire le produit CC? Niveau musical, on passe du grindcore infernal additionné de free jazz à la muzak cheapo, du growling profond à la ritournelle post-polka enfantine, sans aucune transition et dans des envolées qui ne durent pas plus de quelques dizaines de secondes, pour les plus étendues. On dirait des héritiers spirituels de Mr. Bungle, moins intellos. Tout cela avec un saxophone, une batterie, et de l’électro.

Mais un show Clown Core, c’est bien plus. Le visuel et la mise en scène tiennent de l’art trash-absurdiste, façon happening. Un écran géant projette des images à une vitesse époustouflante, de l’épique cosmique au morphing de parties génitales et de porn 3e âge en passant par des écoeuranteries organiques ou de bouffe malsaine. Quelques pauses dynamiques nous emmènent dans une banlieue états-unienne, ou dans des récifs numériques de morceaux de steak sur une mer étrange. 

La crowde, essentiellement issue du métal, était ravie, bien que parfois impatiente devant l’intro très lente qui a mené, finalement, au show en tant que tel. Clown Core est un peu provoc’, voyez-vous. Exemple : pendant une vingtaine de minutes avant leur entrée (elle-même introduite par de longues minutes de rien pantoute sur fond d’images astronomiques de planètes), un type masqué (qu’on voit dans leurs vidéos) s’asseoit devant le public, fume une clope et écoute des tounes planantes sur son téléphone….

Cela dit, l’attente a été récompensée par une prestation qui défonce autant les tympans que les conventions. Le public a crié très fort (de joie). Le band montréalais Karneesh a chauffé adéquatement la salle auparavant, mais c’est surtout une photo de quatre mignons chatons blancs-roux qui a excité tout le monde avant l’arrivée des clowns (une erreur de bonne foi, ou stratégique?). Tellement que quand on l’a enlevée, tout le monde a voulu la ravoir et s’est mis à crier ‘’Les chats, les chats, les chats’’! Qui a dit que le cœur des métalleux était dur comme l’acier? 

Clown Core est inclassable et surtout mémorable. N’y amenez jamais votre grand-mère, sauf si c’est la plus cool de l’Histoire. 

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