L’accès du Proche-Orient à la modernité électro / hip-hop passe obligatoirement par l’influence de groupes phares tel 47Soul, collectif jordano-palestinien expatrié au Royaume-Uni, initiateur du style shamstep. Est-il besoin de souligner que l’esprit de fête et l’énergie positive ici injectées par cette excellente formation ne peuvent camoufler la détresse, la colère, l’indignation et le militantisme d’artistes arabes ayant grandi dans la grande adversité historique. Ces sentiments partagés caractérisent l’approche fondamentale de 47Soul, un groupe tout simplement explosif sur scène comme on a pu l’observer à quelques reprises ces dernières années. Indice d’octane trrrrrès élevé ! Avec Semitics, un titre qui résume bien l’angle d’attaque, le groupe a fait un pas de plus vers une approche transculturelle en en persillant ses textes arabes d’anglais ou même d’espagnol, textes chantés, rappés ou cités. Cela n’est pas sans conserver ces formes musicales profondément ancrées dans la région du Levant; même mondialisé comme le sont tous les citoyens du monde de bonne volonté, 47Soul reste proche de ses formes populaires ancestrales et de ses rythmes traditionnels. On pense notamment à l’usage du mijwiz, instrument à vent typique de la région qui donne le ton à cette actualisation électro du dabkeh, danse folklorique connue de tous les habitants du Levant. Ajoutons à cette frémissante mixtion les contributions, rap ou musique, de Lowke, Fedzilla, Shadia Mansour, The Synaptic et Hasan Minawy. Voilà sans contredit une des forces vives de la nouvelle musique proche-orientale à la rencontre de l’Occident et de l’Amérique latine.
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