Pays : Québec Label : Ad Litteram Genres et styles : dance-pop / house / pop / synth-pop Année : 2025

Jaco – Plan F

· par Simon Gervais

Le personnage de JACO évoque-t-il des figures mythiques de type Adonis, Apollon ou Narcisse? En tout cas, son approche pop mise énormément sur son physique ciselé et sa personnalité éblouissante. Son nouvel album, Plan F, relate notamment ses difficultés à réconcilier ses ambitions stellaires avec la réalité du travail d’artiste. À plusieurs moments dans l’œuvre, il nous désarme avec franchise et aplomb. Aussi, il vient nous séduire à coup d’envolées lyriques et de moments amusants. Son univers homo-érotique déjanté peut faire l’effet d’une montagne russe. Il déclame des histoires comme on le fait dans la

pop française, sur un fond de gros beats. Musicalement ça manque un peu de subtilité, il me semble. Les instrumentations, composées d’éléments électroniques, classiques et hip-hop, sont parfois prenantes, parfois convenues, mais souvent bien faites sans être particulièrement remarquables. Bref, d’entrée de jeu, la sauce ne prend qu’à moitié en ce qui me concerne. Sa voix est claire et mélodieuse, son charisme est aguicheur. Au niveau des thèmes, on est dans la quête du succès, les remises en question, le narcissisme et la sexualité libre. C’est franc mais peut devenir inconfortable par moments.

L’album commence plutôt bien avec ICI, une chanson qui parle d’idées transcendantes et de voyage spirituel.

Avec MOI, il nous confie sans filtre son état d’esprit au moment de créer cet album. De grandes ambitions (être l’enfant terrible de la chanson, connaître un succès international et devenir sexe symbol) font place à de cuisantes désillusions. Du Plan A on finit par se rabattre sur le Plan F.

Dans Come To Daddy, il provoque en avouant aimer les gars plus jeunes ; sans lésiner sur les détails ostentatoires, il avoue aimer les éphèbes, les beaux jeunes hommes ayant tout juste atteint la majorité. Léger malaise pour ma part mais on doit néanmoins admirer sa franchise…

Dans Pains au chocolat, JACO se met en scène dans un rêve où il rencontre nul autre que Jesus. On y sent une sorte de tension sexuelle à travers des explorations théologiques assez superficielles qui résultent en une sorte d’alliance revancharde entre lui et le fils de l’homme.

Mention spéciale à la chanson FEMME dont le refrain mélodieux et le message m’ont préparé à m’émouvoir en entendant ce que j’ai reconnu être un extrait d’un vieux film de Wonderwoman. ‘J’aime mon peuple’

Dans HÉTÉRO, il semble tenter de convertir une personne hétérosexuelle en l’aguichant d’images passionnelles.

Dans F*CK FRIEND, JACO nous dévoile les insatisfactions affectives qui viennent avec le ‘casual sex’, le sexe sans engagement. Le texte est graphique, l’approche est ludique. On parle de se bouffer la ´junk’, de venir plusieurs fois et de queue. Ouf!

Dans Comme si personne ne regarde, JACO nous invite à nous libérer de nos circonstances mortelles en dansant et c’est plutôt libérateur et jubilatoire. 
Somme toute, JACO a du talent et son projet est fun, avec quand même plusieurs qualités. En multipliant les écoutes, j’ai fini par embarquer dans son univers lubrique et exalté. Cela dit, je trouve difficile de m’imaginer à quel public je pourrais recommander sa musique. Trop osé pour les familles conformistes et pas assez cool pour mes amis? On lui souhaite tout de même que son Plan F fasse fureur.

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