chant lyrique / classique occidental / opéra

Lanaudière 2026 | Macbeth, une tragédie portée par des voix d’exception

par Chloé Rouffignac

Malgré une pluie persistante qui n’aura jamais vraiment quitté l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, le public était au rendez-vous pour assister au concert de clôture de la 49e édition du Festival de Lanaudière.

Yannick Nézet-Séguin à la tête de l’Orchestre Métropolitain dans une version de concert de Macbeth de Verdi portait déjà une valeur symbolique. L’enthousiasme palpable du public avant même d’entendre la première note témoignait de l’attente entourant cette soirée. Ironiquement, la météo contribuait presque à installer l’atmosphère sombre et tragique de Shakespeare.

Si l’orchestre trouve progressivement son plein équilibre entre quelques flottements d’intonation et de synchronisation ici et là, essuyant certains déséquilibres couvrant momentanément les chanteurs. Ce sont avant tout les solistes qui portent la tragédie du début à la fin. Étienne Dupuis compose un Macbeth très humain contrairement aux figures héroïques ou très démonstratives que l’on retrouve souvent dans le rôle. Cette version-là est pleine de nuance, de retenue et incarne l’introspection et la torpeur sans pour autant sacrifier l’autorité vocale – et théâtrale – du personnage. Un choix crédible dont la sobriété nous a invités à tendre l’oreille à plusieurs reprises. Face à lui, la soprano Saioa Hernandez conjugue puissance vocale et engagement dramatique constant, sans tomber dans l’excès ou la caricature. Pour autant son magnétisme récolte des exclamations du public dès le premier acte. Ensemble, les deux artistes démontrent une alchimie singulière dans leur présence scénique et vocale.

Autour de ce couple central, Alexandros Stavrakakis prête à Banquo une présence grave et solide, tandis que Matthew Cairns offre un Macduff touchant, notamment dans son grand air empreint de douleur dont les dernières notes furent couvertes par les applaudissements impatients du public. Les interventions d’Elizabeth Polese, Vartan Gabrielian, Geoffroy Salvas et Owen McCausland complètent une distribution d’une remarquable homogénéité où chaque rôle, même plus bref, trouve pleinement sa place.

L’ensemble gagne en cohésion dans le deuxième Acte, résolument le plus réussi de la soirée. Les pupitres dialoguent avec précision; le drame se solidifie notamment dans la section des cuivres. Il (le drame) est habité autant par les chanteurs que les instrumentistes. Yannick Nézet-Séguin accompagne cette montée en puissance avec une direction extrêmement dynamique dans la montée en puissance du texte. Faisant émerger les contrastes de Verdi avec la grande fluidité qu’on lui connaît. Même privé de mise en scène, il a su conférer à cette version de concert la force narrative unique (et primordiale) de cet opéra. 

L’enthousiasme du public, en revanche, aura parfois produit un effet paradoxal. Les applaudissements, fréquents entre plusieurs tableaux, interrompent régulièrement le déroulement dramatique et obligent le chef à reconstruire la tension musicale à de nombreuses reprises. Si ces réactions témoignent sans équivoque de l’admiration suscitée par les interprètes, elles brisent néanmoins le fil dramatique d’une œuvre qui tire précisément sa puissance de sa continuité.

Impossible, enfin, de passer sous silence le Chœur Métropolitain dont l’engagement pluri-dimensionnel – dans le rôle des sorcières notamment – contribue avec précision à l’ampleur du drame. 

Au terme de cette soirée, Macbeth nous retient émerveillé, tant par la virtuosité des chanteurs que par la puissance de l’orchestre et la nature qui se mêle au théâtre. Une conclusion qui marquera durablement les esprits et plus largement cette belle édition du Festival.

crédits photo : Gabriel Fournier  

classique / post-romantique

Festival de Lanaudière : Une Vie de héros par Payare et l’OSM à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay

par Rédaction PAN M 360

Dans son poème symphonique Une Vie de héros, c’est lui-même que Richard Strauss met en scène: l’artiste amoureux, le créateur héroïque, le génie aux prises avec le monde. C’est aussi une métaphore de notre temps, à plus d’un siècle de distance, des héros que l’on façonne collectivement et du rôle qu’on leur accorde, dans toutes les sphères de la vie. Rafael Payare et l’OSM sont chez eux dans cette œuvre grandiose, comme en témoigne leur récent enregistrement. En première partie, Marie-Nicole Lemieux nous livre l’une des plus belles fleurs de son art, ces irrésistibles Nuits d’été dans lesquelles elle est aujourd’hui inégalée.

In his symphonic poem Ein Heldenleben (A Hero’s Life), Richard Strauss portrays himself: the artist in love, the heroic creator, the genius grappling with the world. It is also, more than a century later, a metaphor for our time, of the heroes we collectively shape and the role we assign them in all spheres of life. Rafael Payare and the OSM are perfectly at home in this magnificent work, as evidenced by their recent recording. In the first half, Marie-Nicole Lemieux delivers one of the finest examples of her art, the irresistible Les Nuits d’été, in which she remains unsurpassed.

Programme/program

Debussy
L’Isle joyeuse – 7 min.
Berlioz
Les Nuits d’été, op. 7 – 30 min.
Strauss
Ein Heldenleben, op. 40 – 43 min.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient du Festival de Lanaudière et est adapté par PAN M 360

classique / opéra

Festival de Lanaudière : Macbeth ‍par Nézet-Séguin en clôture à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay

par Rédaction PAN M 360

Après avoir triomphé sur nos planches avec Aida et Tristan et Isolde, Yannick Nézet-Séguin nous propose cet été un autre grandiose opéra de Verdi, entre amour tragique, intrigue politique et atmosphère sombre et fantastique. Entouré de l’Orchestre Métropolitain et d’une distribution vocale exceptionnelle, il met un terme à la 49e édition du Festival, quelques semaines avant d’inaugurer une nouvelle production de Macbeth au Metropolitan Opera.

After having triumphed on our stage with Aida and Tristan und Isolde, Yannick Nézet-Séguin presents another magnificent Verdi opera this summer, a tale of tragic love, political intrigue, and a dark, fantastical atmosphere. Accompanied by the Orchestre Métropolitain and an exceptional vocal cast, he brings the 49th Festival to a close, just weeks before inaugurating a new production of Macbeth at the Metropolitan Opera.

Programme

Verdi
Macbeth (version de concert) – trois heures (incluant un entracte)

Program

Verdi
Macbeth (concert version) – three hours (including one intermission)

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient du Festival de Lanaudière et est adapté par PAN M 360

classique / période romantique / Piano

Festival de Lanaudière : Payare, Liu et l’OSM – rencontre au sommet à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay

par Rédaction PAN M 360

Depuis sa victoire éclatante au Concours Chopin de Varsovie, le pianiste canadien Bruce Liu a conquis la planète musicale: invitations des plus grands orchestres, récitals dans les salles les plus prestigieuses, contrat d’enregistrement avec Deutsche Grammophon, etc. Pour ses débuts à Lanaudière, il offre au public deux concertos à la mesure de son talent hors normes. Pour cet événement, un orchestre et un chef s’imposent: l’OSM et son directeur musical, Rafael Payare.

Since his resounding victory at the Chopin Competition in Warsaw, Canadian pianist Bruce Liu has conquered the musical world: invitations from the greatest orchestras, recitals in the most prestigious concert halls, a recording contract with Deutsche Grammophon, and more. For his Lanaudière debut, he offers the public two concertos worthy of his exceptional talent. For this event, the orchestra and conductor are the obvious choice: the OSM and its music director, Rafael Payare.

Programme

Krzysztof Penderecki
Sinfonietta nº 1 – 15 min.
Prokofiev
Concerto pour piano nº 3 en do majeur, op. 26 – 28 min.
Tchaïkovski
Concerto pour piano nº 3 en mi bémol majeur, op. 75 – 17 min.
Prokofiev
Suite scythe, op. 20 – 20 min.

Program

Krzysztof Penderecki
Sinfonietta no. 1 – 15 min.
Prokofiev
Piano Concerto No. 3 in C major, op. 26 – 28 min.
Tchaikovsky
Piano Concerto No. 3 in E-flat major, op. 75 – 17 min.
Prokofiev
Scythe suite, op. 20 – 20 min.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient du Festival de Lanaudière et est adapté par PAN M 360

classique occidental / période classique / période romantique

Lanaudière 2026 | Impressionnant Beethoven par Eberle et Nézet-Séguin

par Alexis Desrosiers-Michaud

Pour le premier de leurs deux concerts au Festival de Lanaudière, l’Orchestre Métropolitain et Yannick Nézet-Séguin recevaient la violoniste Veronika Eberle dans le fameux Concerto pour violon de Beethoven. 

Ce Beethoven de Eberle a tout simplement été magistral! À plusieurs reprises elle nous a épatés avec des nuances infinitésimales (en espérant que ceux dans le fond de la pelouse aient pu en profiter également), au point de suspendre le temps à chaque fois. La cadence du premier mouvement était virtuose, non pas par une enfila effrénée de note, mais par la qualité technique du son et de la justesse des doubles cordes. Le second mouvement a épaté par sa douceur et il fallait voir le regard complice de Yannick avec sa soliste avant de lancer le troisième mouvement, l’air de dire : « à Go, on saute ! ». Contrairement à la cadence du premier mouvement, celle qui conclut le concerto était endiablée, éblouissant les yeux du chef et des premiers pupitres des cordes juste devant. 

La partie orchestrale était tenue par une Ouverture, la 3en do majeur, de la compositrice allemande Emilie Mayer. De facture pré-romantique, cette pièce est jolie, très convenue et à l’instar de celle de Fanny Mendelssohn, mériterait de se frayer un chemin dans les programmes classiques de concerts du type ouverture-concerto-symphonie, comme celui de dimanche après-midi. L’interprétation impliquée des cordes avec de vigoureux accents et d’une justesse implacable des vents ont fait fière allure en début de concert. 

L’après-entracte a été occupé par la Symphonie no 5 de Tchaïkovski. L’orchestre a livré une interprétation convaincante, avec une ligne arrière (cuivres et timbales) très sonore, à la limite de la force excessive. Comme à la hauteur de son talent, le corniste Louis-Philippe Marsolais a offert un magnifique solo au deuxième mouvement.

Les seuls éléments que nous avons à reprocher à cette symphonie relèvent principalement du goût personnel, à savoir les multiplesritardandos dans le mouvement final. Alors que le chef lui-même nous l’explique comme « une course contre-la-montre », nous pensions avoir droit à un feu roulant ininterrompu jusqu’à la presque-finale. 

L’Orchestre Métropolitain et son chef seront de retour à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay le 2 août pour venir clôturer cette 49e édition du Festival de Lanaudière dans un programme qui s’annonce tout aussi impressionnant, au côté du notamment du baryton québécois Étienne Dupuis interprétant le rôle-titre du Macbeth de Verdi avec une distribution vocale de haut vol.

crédits photos : Gabriel Fournier

Publicité panam
classique occidental / période romantique / post-romantique

Lanaudière 2026 | Stéphane Denève fait voyager l’OSM, de la Méditerranée au Paris de Gershwin

par Chloé Rouffignac

Pour son concert De Carmen à Gershwin : invitations au voyage, l’Orchestre symphonique de Montréal proposait un itinéraire reliant la Méditerranée, l’Espagne et le Paris des Années folles. Sous la direction de Stéphane Denève, cette invitation au voyage dépassait toutefois la simple évocation géographique.

D’une œuvre à l’autre, le chef français façonnait un véritable parcours sonore où la transparence des textures, l’équilibre des pupitres et la richesse des timbres devenaient les véritables guides de cette traversée musicale.

Jacques Ibert ouvre la soirée avec Escales, une œuvre qui exige une grande finesse de couleurs pour faire naître ses paysages méditerranéens. Dès les premières mesures, un tapis de cordes délicatement installé laisse émerger les interventions des bois avec une remarquable fluidité. La flûte solo (Timothy Hutchins, pilier de l’OSM depuis 1978) illumine cette fresque orchestrale d’un timbre lumineux et d’un phrasé d’une grande élégance. Son jeu s’intègre aux interventions du hautbois, dessinant les contours des différents ports imaginés par le compositeur.

Cette recherche constante de transparence permet à chaque pupitre d’exister pleinement. Les cuivres trouvent leur place sans alourdir la texture, les trompettes surgissent avec éclat lorsque l’orchestration l’appelle, tandis que les célèbres glissandi des trombones apportent juste ce qu’il faut de caractère. Denève ne recherche jamais l’effet spectaculaire : il laisse la partition respirer et les couleurs se révéler progressivement, offrant une lecture d’une grande clarté. Si cette retenue met admirablement en valeur les équilibres orchestraux, elle atténue parfois certains contrastes plus dramatiques que d’autres interprétations choisissent de mettre davantage en relief.

Le Cinquième Concerto pour piano de Camille Saint-Saëns poursuit cette même logique d’écoute. Jean-Yves Thibaudet impressionne par une technique souveraine, mais c’est surtout sa manière de dialoguer avec l’orchestre qui retient l’attention. Loin d’imposer sa présence, le pianiste semble flotter au-dessus de l’ensemble.

Le deuxième mouvement constitue sans doute l’un des sommets de la soirée. Les cordes accompagnent avec une légèreté exemplaire, tandis que le piano déploie une sonorité d’une grande poésie, ciselée jusque dans les moindres détails. La cadence offre un moment particulièrement saisissant où le timbre de l’instrument paraît soudain se transformer, révélant une nouvelle palette sonore avant une conclusion profondément lyrique. En guise de rappel, un Nocturne de Chopin prolonge ce climat suspendu avec une simplicité désarmante.

Après l’entracte, Denève propose une lecture personnelle de Carmen. Plutôt que de suivre l’enchaînement traditionnel de la suite, il choisit d’ouvrir avec Les Toréadors, un parti pris qui modifie immédiatement la dramaturgie de l’œuvre. Là où certaines versions prennent le temps d’installer progressivement l’univers de Carmen, cette entrée en matière plonge instantanément le public au cœur de son énergie et de son éclat. L’orchestre répond avec une remarquable précision, sans jamais sacrifier la souplesse du discours.

Le hautbois d’Alex Liedtke s’impose ici comme l’un des grands protagonistes de la soirée. Chacune de ses interventions séduit par la finesse du phrasé et la rondeur du timbre. Les dialogues entre la flûte, le basson et la harpe témoignent d’un sens aigu de l’écoute collective, tandis que les interventions hors scène de la trompette ajoutent une profondeur supplémentaire à l’espace sonore. Même les épisodes les plus martiaux privilégient le raffinement des couleurs plutôt que la démonstration de puissance.

Avec An American in Paris, George Gershwin offre une conclusion idéale à ce programme consacré au voyage. Denève offre une lecture dynamique, solidement construite et résolument en mouvement, davantage tournée vers une marche énergique que vers une simple promenade parisienne. Là où certains chefs accentuent les inflexions jazz, les libertés rythmiques et le caractère plus rugueux de la partition, Denève demeure fidèle à une approche élégante et rigoureuse. Cette lecture met admirablement en valeur la précision de l’orchestre et la richesse des timbres, mais laisse parfois le désir d’un swing plus assumé, d’un groove plus affirmé et de cette part d’insolence qui fait tout le charme de l’écriture de Gershwin.

Les différentes voix de l’orchestre, progressivement mises en lumière tout au long de la soirée, convergent ici avec une grande cohérence. Le subtil mélange des timbres entre le cor anglais et le hautbois, les interventions de la trompette parfaitement intégrées à la texture orchestrale ainsi que la richesse des nuances témoignent d’un travail minutieux sur les équilibres. Au moment du climax final, toutes ces couleurs se rejoignent dans une conclusion aussi éclatante que maîtrisée. Il suffisait d’observer les sourires des musiciens pour comprendre le plaisir qu’ils prenaient à partager cette ultime escale avec le public.

En réunissant Ibert, Saint-Saëns, Bizet et Gershwin, l’Orchestre symphonique de Montréal aurait pu proposer une simple succession de destinations musicales. Stéphane Denève en a plutôt fait un voyage porté par les couleurs de l’orchestre lui-même. Chaque œuvre révélait une nouvelle facette de cet immense instrument collectif, rappelant que les plus beaux voyages ne tiennent pas seulement aux lieux que l’on traverse, mais aussi à la manière dont on choisit de les raconter.

crédits photos : Gabriel Fournier

Publicité panam
chant lyrique / classique occidental / opéra / période classique

Lanaudière 2026 | Une soirée classique en beauté avec Labadie

par Alexis Desrosiers-Michaud

Une semaine exactement après la venue de l’OSQ, Lanaudière accueillait un autre invité de Québec, en l’occurrence Les Violons du Roy et Bernard Labadie dans un programme Haydn-Mozart avec la soprano Hanna-Elisabeth Müller. 

Le concert a débuté avec la 81e symphonie de Haydn. Ce qui en ressort davantage, ce sont les cordes vigoureuses dans les mouvements extrêmes et un très bon équilibre sonore entre les différents pupitres, principalement la flûte solo et les violons dans le mouvement lent, et le basson avec ces mêmes violons dans le menuet. 

C’était une excellente idée que d’enchainer l’ouverture de Armida de Haydn avec l’air de concert Alma grande e nobil core de Mozart. Faisant office de prélude, cette ouverture a très bien mis la table pour le premier morceau de la chanteuse. Idem pour la seconde partie avec l’ouverture de L’isola d’isabitata, toujours de Haydn.

Hanna-Elisabeth Müller est une mozartienne de grande qualité. Elle chante avec tant d’aisance que rien ne semble compliqué. Elle possède un timbre clair, qui projette sans forcer. Sa voix semble rouler sur son appui de manière quasi aérodynamique, tellement c’est fluide. Le duo avec la clarinette dans l’air Ecco il punto… Non più di fiori de La Clemenza di Tito était tout simplement sublime tellement ils ont fait un tout. Dans l’air Dove sono tiré de Le  Nozze di Figaro, où le personnage de la comtesse Almaviva se demande « où sont passés ces merveilleux instants », même si ce n’est pas le contexte, on se surprend à lui répondre mentalement que nous sommes en train d’en vivre un en direct. 

Après ces beautés vocales, nous n’étions pas convaincus que c’était une bonne idée de programmer une autre symphonie, la 33e de Mozart cette fois, pour terminer le concert. Celui-ci aurait très bien pu se terminer ainsi, à 21h30, et nous aurions été conquis. Cependant, Labadie et les Violons avaient encore des choses à nous dire. Moins flamboyante que la 81e de Haydn, cette symphonie n’en est pas moins intéressante pour autant. L’orchestre l’a interprétée (avec les pupitres de violons inversés !) avec précision et pureté; une conclusion parfaite pour une soirée agréable. 

crédits photos : Gabriel Fournier

chant lyrique / classique

Festival de Lanaudière : Mozart – Portraits de femmes à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay

par Rédaction PAN M 360

Chaque visite du tandem Bernard Labadie – Violons du Roy à Lanaudière est à marquer d’une pierre blanche, et nul doute que cette nouvelle collaboration confirme la règle. Cette année, le chef et ses musiciens dressent un florilège des personnages féminins les plus emblématiques de Mozart, écrin parfait au talent et à la vocalité superlative de la soprano Hanna-Elisabeth Müller, vedette de l’Opéra de Vienne, dans son premier concert au Canada.

Every visit of Bernard Labadie and Les Violons du Roy to Lanaudière is a highlight, and this new collaboration undoubtedly confirms that tradition. This year, the conductor and his musicians present a selection of Mozart’s most iconic female characters, a perfect showcase for the talent and superlative vocalism of soprano Hanna-Elisabeth Müller, star of the Vienna State Opera, in her first concert in Canada.

Programme

Haydn
Symphonie no 81 en sol majeur – 23 min.
Haydn
Ouverture, extraite de Armida – 5 min 30 sec.
Mozart
Alma grande e nobil core – 4 min 30 sec.
Mozart
E Susanna non vien… Dove sono, extrait de Le nozze di Figaro – 6 min 30 sec.
Mozart
Crudele! Ah no ben mio… Non mi dir, extrait de Don Giovanni – 6 min.
Haydn
Ouverture, extraite de L’isola disabitata – 7 min 20 sec.
Mozart
Ecco il punto… Non più di fiori, extrait La clemenza di Tito – 8 min 30 sec.
Mozart
Symphonie no 33 – 21 min.

Program

Haydn
Symphony No. 81 in G major — 23 min.
Haydn
Overture from Armida — 5 min. 30 sec.
Mozart
Alma grande e nobil core — 4 min. 30 sec.
Mozart
E Susanna non vien!… Dove sono, from The Marriage of Figaro — 6 min. 30 sec.
Mozart
Crudele! Ah no, mio bene!… Non mi dir, from Don Giovanni — 6 min.
Haydn
Overture from L’isola disabitata — 7 min. 20 sec.
Mozart
Ecco il punto… Non più di fiori, from La clemenza di Tito — 8 min. 30 sec.
Mozart
Symphony No. 33 — 21 min.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient du Festival de Lanaudière et est adapté par PAN M 360

classique occidental / période romantique

Lanaudière 2026 | Double anniversaire dans les profondeurs maritimes avec Charles Richard-Hamelin et l’OSQ

par Alexis Desrosiers-Michaud

Le concert donné par l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) le 17 juillet au Festival de Lanaudière, soulignait un double anniversaire; très exactement, cette date marquait la naissance du soliste de la soirée, Charles Richard-Hamelin, ainsi que l’inauguration de l’endroit dans lequel il performait, l’amphithéâtre Fernand-Lindsay. 

La soirée a débuté avec le rare Tombeau de Nelligan du québécois Jacques Hétu. C’est une pièce complexe, lente, mais dense, reflétant la tourmente du poète. L’OSQ et son chef Clemens Schuldt la rendent très bien, faisant résonner adéquatement les cordes graves. On décèle un mouvement de houle par moment, clin d’œil au Vaisseau d’or, et la pièce se termine sur une longue ligne des violoncelles, jouée avec délicatesse, non sans inquiétude. 

Le meilleur moment de la soirée fut le Concerto pour piano d’Edvard Grieg. Hamelin a un toucher très délicat et les notes s’enchaînent avec une fluidité remarquable. Avec la caméra placée à l’extrémité gauche du clavier, l’effet visuel de la main gauche qui approche à toute vitesse est effrayant, même si la musique nous fait ressentir le contraire. Le troisième mouvement souligne avec merveille l’aspect folklorique du concerto, toujours avec délicatesse. L’OSQ accompagne discrètement tout au long du concerto, non sans amener une finale rayonnante et pas du tout pompeuse. 

Ce qu’on a entendu dans La petite sirène d’Alexander von Zemlinsky après l’entracte résume bien la tenue de l’OSQ tout au long de la soirée; des graves généreux, des moments lents sublimes et tendres, des solos précis, mais par moment un rapide plafonnement des nuances quand la musique s’envenime. C’est dommage, car il y a tout un jeu de contraste dans cette œuvre peu jouée, dans la même veine que les poèmes symphoniques de Richard Strauss, mais avec plus de couleur par endroits. L’exemple le plus flagrant de ce manque de détail est le début du second mouvement, aux allures de pastorale exaltante. Tout sonne égal, avec trop de retenue dans le crescendo initial, sans distinction aux différents accents et motifs qui s’entrecroisent.

crédits photos : Gabriel Fournier

Publicité panam
classique / classique moderne / musique contemporaine

Lanaudière 2026 | Explosion de couleurs et d’émotions grâce à Payare, Weilerstein, Ortiz et Chostakovitch

par Frédéric Cardin

Le concert de samedi soir à l’Amphithéâtre de Lanaudière a donné lieu à un concert épatant, donné par un Orchestre symphonique de Montréal (OSM), dirigé par Rafael Payare, dans une forme technique et expressive redoutable. Au programme : Egmont de Beethoven, Dzonot (un concerto pour violoncelle) de Gabriela Ortiz et la Dixième symphonie de Chostakovitch. 

Avant de lancer la musique prévue, l’orchestre a interprété une œuvre d’Antonio Estevez (1916-1988), Mediodía en el Llano, en hommage aux victimes du tremblement de terre survenu au Venezuela le 24 juin dernier. Le titre, qui signifie Midi dans la plaine évoque efficacement la chaleur enveloppante du soleil tropical, dans un langage élégiaque et bellement lyrique, un peu à la façon d’une partition cinématographique. L’OSM  a pleinement réussi à créer le rayonnement voulu. La musique a été suivie d’une minute de silence entièrement respectée par le public. À noter que la présentation de la pièce a été faite par la violoncelliste Alisa Weilerstein en anglais, en espagnol et en français (très bon). 

L’Egmont de Beethoven a été bâti minutieusement par Payare et ses musiciens, aboutissant à une finale élégamment héroïque, svelte mais adéquatement musclée. 

Dzonot de Gabriela Ortiz (née en 1964) est un concerto pour violoncelle créé en 2024 par Alisa Weilerstein. L’œuvre a d’ailleurs remporté un prix Grammy pour la meilleure composition classique de l’année. On comprend pourquoi. La musique de Ortiz est un véritable feu d’artifice expressionniste qui rend hommage à la nature de son pays. La construction est divisée en quatre mouvements : Luz vertical (Lumière verticale) pour les cénotes (des gouffres très profonds remplis d’eau); El ojo del Jaguar (l’oeil du jaguar); Jade, en référence à la couleur vibrante des rivières souterraines dans certaines régions du Mexique;  et El vuelo de Toh (le vol du Toh) qui évoque le Motmot à sourcils bleus, un oiseau coloré en danger de disparition. 

La partition de Ortiz pulse d’une énergie fébrile. L’orchestre est sollicité au maximum de ses subtilités coloristiques. La difficulté technique est impressionnante et seul un orchestre de premier plan peut lui rendre justice. Ce fut le cas samedi. Payare a soutiré le meilleur de l’OSM et des nombreux passages rythmiquement difficiles. Dans certains passages, on avait envie de danser avec les musiciens. Mais la première étoile du match revient à la soliste Alisa Weilerstein, pour qui la compositrice a tissé des lignes et des décors sonores d’une virulente difficulté. Rien pour ralentir l’artiste étatsunienne, qui a déployé l’immensité de son talent sans anicroche. Dzonot est un véritable bijou d’orchestration, une musique d’aujourd’hui qui sait charmer et oser en même temps, parcourue de traits lyriques, d’épisodes chaloupés et d’élans d’expressionnisme contemporain naturellement intégrés dans la trame narrative. 

Le morceau principal est arrivé après une pause interminable où le chef, prêt à lancer la musique, a dû attendre quelques longues minutes afin que tout le public finisse par se placer et faire silence. Comme on dit, tout vient à point à qui sait attendre, et dans ce cas, tout est venu magistralement. Payare est profondément habité par l’âme de cette musique. Il construit un monde trempé dans la mélancolie et la grisaille, mais puissamment imprégné d’humanité et d’émotions. Les épisodes lents ne sont heureusement pas trop appuyés, ce qui les alourdirait. Ils respirent abondamment et très naturellement. Le chef les guide ainsi vers les passages tempétueux, dans lesquels il déchaîne la puissance de son orchestre. Une puissance paroxystique, mais toujours maîtrisée. La qualité sonore est époustouflante. Notons les solos exceptionnels de tous les vents sollicité à cet effet (flûte/piccolo, clarinette, hautbois, cor anglais, basson/contrebasson, cor).

Un chef d’œuvre absolu interprété à la hauteur de ses intentions. Pour le premier des concerts que l’OSM donnera à Lanaudière, Rafael Payare vient de placer la barre très, très haut. 

C’est avec ce programme (en partie) que l’OSM ira en tournée européenne au mois d’août. Je pense que le public d’Edimbourg, de Varsovie, d’Aarhus et de Hambourg en auront pour leur argent. 

baroque / chant lyrique / classique occidental / danse / musique ancienne / opéra

Lanaudière 2026 | Les sublimes symboles musicaux des Arts Florissants

par Alexandre Villemaire

Grand habitué de la scène champêtre de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay et du Festival international de Lanaudière, William Christie et les Arts Florissants ont, lors de leurs trois derniers passages, offert une expérience enlevante avec des soirées d’enchantement comme eux seuls savent le faire.

Pour ce nouveau programme, William Christie a fait le choix des symboles pour marquer son passage. Dans une grande intelligence stylistique et programmatique, le maestro des Arts Florissants a mis en relation dans ce programme double deux œuvres lyriques de Marc-Antoine Charpentier dont les sens se répondent. Il y a de ces moments musicaux où, pour un auditeur, le temps lors d’un concert semble s’arrêter tant les éléments qui se présentent sous nos yeux forment un tout cohérent. D’abord, le soutien musical assuré par l’ensemble était à la fois léger dans les moments détendus et vifs dans les passages animés. Puis, la scénographie et la mise en scène élaborées par Stéphane Facco et Marie Lambert-Le Bihan, qui ne se limitaient pas à une mise en espace, ont offert un ravissement pour les yeux avec des éléments de décors ingénieux pour représenter divers lieux, le tout nourri par des chorégraphies de Martin Chaix dont la rhétorique accompagnait l’action de manière fluide. Les formes d’arts réunies dans ce concert étaient portées par une distribution vocale composée des lauréats de la douzième édition du Jardin des Voix, l’académie fondée par William Christie pour former des chanteurs et chanteuses à la musique baroque.

La première partie s’ouvrait avec l’idylle Les Arts florissants, œuvre qui a donné son nom à l’ensemble fondé par Christie en 1979. Dans cette allégorie musicale, les quatre formes d’arts (la Musique, la Peinture, la Poésie et l’Architecture) placées sous la protection de la Paix, font face aux assauts de la Discorde, icône guerrière qui glorifie la violence. C’est notamment le Québécois Olivier Bergeron qui se démarque dans ce rôle de la Discorde en y donnant une incarnation tout à fait machiavélique, sans être puéril. Invoqué par les Arts auprès des dieux, La Paix finit par imposer le silence aux armes et à faire reculer la Discorde, dans un enchaînement de scènes éthérées.

En deuxième partie, l’opéra de chambre La Descente d’Orphée aux enfers a donné au public un important contraste stylistique et thématique. Le mythe est connu. Pour secourir sa belle Eurydice, morte après avoir été mordue par un serpent, le berger Orphée entreprend de traverser les Enfers pour demander à Pluton de la lui rendre. Transi par le chant du berger et convaincu par sa femme Proserpine, le dieu cède : Eurydice pourra suivre Orphée vers la lumière à la condition que ce dernier ne se retourne pas avant d’avoir quitté les enfers. 

Si nous devions nous représenter l’effet que le pouvoir de la musique peut avoir sur l’esprit humain dans cette production, le ténor Bastien Rimondi en serait l’icône. Il a incarné un Orphée absolument sublime à l’intonation claire et au timbre cuivré. C’est surtout dans la majorité du deuxième acte que l’action est la plus captivante, avec tout le périple d’Orphée. La première scène qui s’ouvre avec le trio des grandes figures du châtiment éternel – Tantale, Ixion et Titye, interprétés brillamment par Olivier Bergeron, Attila Varga-Tóth et Richard Pittsinger. Il se crée un effet dichotomique fascinant à voir et entendre sur scène, la souffrance de ces personnages qui s’expriment avec une musique qui est en opposition totale avec le propos. Cet effet nous happe et nous captive émotionnellement. Les moments où Orphée apaise les Furies et où Pluton se laisse charmer et convaincre par sa voix, et celle de Proserpine, sont menés avec une interprétation touchante. 

Dans cette sublime production, à laquelle on ne pourrait seulement que reprocher une articulation et une prononciation inégales par moment, rien dans ce qui est présenté sur scène n’est laissé au hasard et l’investissement complet des interprètes, que ce soit les instrumentistes par leur jeu ou les chanteurs par la présence, l’interprétation scénique et la rhétorique exprimée par les mouvements de danse : tous les goûts étaient réunis dans une forme d’art total qui nous a transportés.

crédits photos : Gabriel Fournier

Publicité panam
classique / période romantique

Festival de Lanaudière : Nézet-Séguin et Eberle – extase romantique à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay

par Rédaction PAN M 360

Entre Beethoven et Tchaïkovski, un fil rouge reliant deux mondes: celui du romantisme naissant du premier, auquel répondent la passion tumultueuse, la sensibilité à fleur de peau, le pathos et le tragique du second. Trajectoire linéaire entre deux astres qui n’ont cessé de briller au plus haut firmament musical, cadre idéal pour une rencontre passionnante entre Yannick Nézet-Séguin, le Métropolitain et la magnifique violoniste Veronika Eberle, de retour au Festival.

Between Beethoven and Tchaikovsky, two worlds are connected : the former’s nascent Romanticism and the latter’s response of tumultuous passion, raw sensitivity, pathos, and tragedy of the latter. A linear trajectory between two stars who continue to shine brightly in the highest musical firmament, the ideal setting for a captivating encounter between Yannick Nézet-Séguin, the Metropolitan Opera Orchestra, and the magnificent violinist Veronika Eberle, returning to the Festival.

Programme

Emilie Mayer
Ouverture nº 3 en do majeur – 8 min.
Beethoven
Concerto pour violon en ré majeur, op. 61 – 45 min.
Tchaïkovski
Symphonie nº 5 en mi mineur, op. 64 – 48 min.

Program

Emilie Mayer
Opening No. 3 in C Major – 8 min.
Beethoven
Violin Concerto in D major, op. 61 – 45 min.
Tchaikovsky
Symphony No. 5 in E minor, op. 64 – 48 min.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient du Festival de Lanaudière et est adapté par PAN M 360

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné