Vers 2007, avec la sortie de l’album Marry Me, la surdouée Texane Annie Clark était devenue St.Vincent, puis son alter ego a incarné différents profils de chanteuses et guitares héroïnes : à la fois féministe et sex symbole androgyne. Avec Daddy’s Home, son album précédent, la musicienne et chanteuse bouclait peut-être la boucle de cette théâtralité. Nous revoilà, provisoirement du moins, du côté d’Annie Clark, c’est-à-dire plus proche de son propre éclectisme et de sa véritable identité d’être humain. Plus proche des choses fondamentales de sa propre existence plus connectée aux sentiments les plus viscéraux, plus bruts, sans somptuosité, St.Vincent offre ici plus de diversité conceptuelle à partir d’une approche sans détours où elle met en relief ses grandes capacités de chanteuse, d’instrumentiste et de réalisatrice. All Born Screaming parle de la mort tragique, de la superficialité des rapports pervertis par l’argent, par la lubricité, la désillusion amoureuse et ainsi de suite. Pas certain que cet album relance St.Vincent, dont le cycle essentiel est derrière nous. Musicalement, elle se plonge dans le post-punk, la new wave, le funk-rock, la pop de chambre (avec cuivres et anches), l’électro… mais ne chamboule rien que l’on connaisse déjà d’elle ou des références auxquelles elle fait appel. Voilà un bon album qui ouvre peut-être la porte à une réelle réinvention, qui devrait satisfaire sa base mais qui ne mobilisera probablement pas de nouveaux adeptes.
