Hot Garbage, the lovable psych rockers from the 6ix, have dropped a new song and music video called « SPUN, » featuring Sook Yin-Lee as « The Bug, » dressed as a DIY gothic insectoid while she parades around the scratchy and noise-filled town. Musically, this is the noisiest and punkiest we’ve heard from Hot Garbage in a long while; fuzzed-out bass riffs to the nines, pummeling drums, scorching guitars, and vocals rambling about the « fourth dimension. » Graham Walsh (Holy Fuck) is mixing, and though he has worked in Hot Garbage stuff before, his noise rock influence is really felt here.
More on the video, because I love it, Sook Yin-Lee seems to be in her Bjork-era as « The Bug, » shrinking down to big size and popping in and out of foliage and city nightmare backdrops. There are sped up moments when her movement imitates an actual bug, and some where it feels like she is a person dressed as a bug. And what do most people do with bugs? Watch and find out. It’s very surreal and makes total sense with the context of the music. Director Dylan Gamble killed it.
Depuis 2025, la DJ montréalaise de coldwave et de synth-pop Yuki B fait profil bas : quelques remixes pour Virginie B et Annie-Claude Deschênes, rien de plus. Difficile de savoir si elle comptait sortir de nouveaux morceaux ou si elle se contenterait de hantant les cabines de DJ lors de soirées ponctuelles. La plupart des gens la connaissent de toute façon comme la chanteuse du groupe post-punk jangle YOCTO, qui nous a laissé un excellent album en 2023 avant de se faire discrète.
Romance arrive donc avec quelque chose à prouver. Ce nouveau single est une escapade synth-pop sombre, accompagnée d’un clip réalisé par Annabelle Fournier et Justine Lacoste — le duo de cinéastes à l’origine de certaines des œuvres les plus surréalistes et visuellement saisissantes de la scène underground montréalaise, notamment leurs vidéos pour Alix Fernz.
La vidéo est en noir et blanc. Yuki B apparaît recouverte de paillettes et d’un maquillage arachnéen signé Tetiana Kunts – à mi-chemin entre Bellatrix Lestrange et Siouxsie Sioux –, vêtue d’une veste d’escrime et d’un masque, transperçant l’obscurité à maintes reprises avec une épée. Lorsqu’elle retire enfin son masque au ralenti, l’effet est saisissant. L’ensemble fait penser à un défilé de mode parisien qui aurait atterri par hasard dans un club gothique berlinois miteux. Cela correspond parfaitement à son univers et à la chanson.
Boots on the Ground: Massive Attack x Tom Waits x antifascisme US
par Rédaction PAN M 360
Au moment d’écrire ces lignes, plus de 300000 personnes ont visionné le clip de cette chanson créée tout récemment par Tom Waits et le collectif trip-hop Massive Attack. Tom Waits ne s’était pas engagé aussi clairement depuis la montée fulgurante du néofascisme américain dont personne ne connaît encore les effroyables limites. Idem pour Massive Attack, parmi les groupes anglais ayant inauguré le style trip-hop. Les deux parties prenantes n’avaient pas Voici la vidéo et la chanson de l’heure !
Voici ce qu’on peut lire sous la vidéo:
« Film réalisé par Massive Attack (en collaboration avec le photographe américain thefinaleye). Ce montage dépeint une époque américaine décisive qui n’a pas encore été baptisée, et qui fait suite aux plus grandes manifestations publiques de l’histoire des États-Unis – axées sur l’opposition aux raids de l’ICE, à la militarisation des forces de l’ordre nationales et à l’autoritarisme de l’État.
Le film cite des statistiques et des recherches provenant des sources suivantes : American Immigration Council, American Civil Liberties Union, Inside Higher Ed, National Coalition for Homeless Veterans, US National Library of Medicine, US National Institute on Drug Abuse (NIDA), Privacy International, FactCheck.org. Les spectateurs souhaitant obtenir plus d’informations ou agir sont invités à consulter les sites aclu.org, veterans-aid.net, immigrantdefenseproject.org et freedomforimmigrants.org. »
TEXTE DE LA CHANSON
Big legs dangle from a helicopter hole Big chug rhythm it’s gotta be now ho! Brown, mean and young Dumb and full of cum What can you use a marine for This is a fucking ass machine gun war
With your boots on the ground Boots on the ground Boots on the ground Boots on the ground
We trim your hedges, we fight your wars Wait in the trenches, and we fuck ‘til we’re sore
Boots on the ground Boots on the ground
Born shiny bullets in an army of ants Blow that horn, we sleep in our pants Big titties, big titties Well we holler and we burn down cities
Boots on the ground Boots on the ground
Shootin up the town Stayin in the hole until Jimmy Hoffa is found With my boots on the ground
Well something goes tink when the cartridge is spent Where do you think all your cartilage went
Boots on the ground Boots on the ground
Now who the hell are these federal pricks? Hiding in the senate like a bloated ass tick Air conditioned fuckstick loafers Sittin in a room full of army posters
A coal to a diamond, a vote into law They Campaign up all the blood they can draw Mold your world, a soldier’s just clay How much does every soldier weigh? Cut you off at the ankles and they throw that away
Boots on the ground
It’s cold and hot, as Satan’s .hoof Spinning on the world I’m hiding on a roof I kill a brown man I never ass knew Choked on spit and then he turned blue He spattered black blood, he rolled fin out He died right here I got the pearl from his snout A puff of gray smoke from the tongue of a cloud He rotted in the sand and all that they found was his boots on the ground, boots on the ground, boots on the ground
All that they found was his boots on the ground, boots on the ground
En 2024, qui me semble être une éternité, Real Farmer, un groupe post-punk déjanté originaire de Groningue, aux Pays-Bas, a sorti l’un de mes albums de musique heavy préférés depuis longtemps. Je continue à écouter l’album Compare What’s There, bruyant et explosif, lorsque j’ai besoin de chaos, cette soif insatiable de tout détruire. Le groupe a ensuite sorti un petit EP, RF II, et quelques nouveaux singles, dont le dernier, « Heart Out ».
Cette nouvelle chanson est un hymne punk qui va droit au but, un appel passionné à abandonner et à s’épanouir dans la résistance, enchaîné à l’amour. Au son des trilles et des larsens de la guitare, d’un rythme de batterie régulier et d’une ligne de basse groovy (le véritable héros de ce morceau à mon avis), le chanteur Jeroen Klootsema (avec le nez en sang ou couvert de ketchup, vous savez que c’est de l’art) perd complètement la tête dans le café Dalby, un boui-boui de Margate. Le public ? Le caméraman, Roger Sargent (The Libertines, Vona Vella, Baxter fuckin’ Dury), et deux types en train de prendre leur petit-déjeuner.
Plus important encore, Real Farmer sortira en mai un nouvel album chez Strap Originals intitulé Two Wrongs Don’t Make A Right. Est-ce la suite que j’attendais ? Seul l’avenir nous le dira.
Boutique Feelings annonce un premier album avec « Long Shore »
par Stephan Boissonneault
Boutique Feelings, le projet hip-hop alternatif montréalais de Karim Lakhdar, membre du groupe Atsuko Chiba, a enfin annoncé la suite de son EP homonyme de trois titres, sorti plus tôt cette année. Composé de neuf titres, Shwaya, Shwaya, le premier album, sortira à la mi-novembre chez Mothland et explorera toutes les facettes du hip-hop tout en adoptant une perspective sociopolitique quelque peu passionnée et lyrique. Lakhdar y explore les thèmes de l’aliénation, de la justice sociale et de l’identité personnelle à travers des sons psychédéliques trip-hop, funk et autres textures expérimentales.
La folie commence avec la toute fraîche Long Shore, qui aborde le fléau des réseaux sociaux. Pour Lakhdar, les réseaux sociaux sont un cloaque qui déforme l’esprit.
« Des vidéos de mort et de guerre aux vidéos de chats et de nourriture, notre cerveau est contraint de passer d’une émotion à l’autre en quelques secondes. J’ai remarqué ce comportement chez moi, où je faisais défiler mon fil d’actualité et pleurais, puis riais, puis me sentais plein d’espoir, puis triste à nouveau, le tout en quelques minutes. »
Boutique Feelings / Johanna BarletBoutique Feelings / Johanna Barlet
Long Shore commence par un rythme lourd et distordu de « batteur ivre », un swing, un mélange de synthétiseurs et de bruit, et quelques envolées mélodiques à la flûte pour faire bonne mesure. La chanson est accompagnée d’un clip vidéo principalement en noir et blanc (réalisé par Anthony Sifoni) dans lequel Lakhdar rappe directement face à la caméra, ce qui rappelle l’ambiance boom-bap old school. Néanmoins, l’instrumentation suffit à vous faire tourner la tête.
Un trip-hop acidulé pourrait bien décrire « At Least It Beats an Actor », premier single de Brainwasher, un duo composé de Matthew Duckworth Kirksey et Tommy McKenzie, des Flaming Lips. Kirksey (chant, batterie, claviers, sampler) et McKenzie (guitare, basse, claviers, sampler) créent une atmosphère véritablement psychédélique avec une guitare solo puissante, une basse tonitruante et un sample de batterie classique, tandis que le chant hypnotique de Kirksey vous entraîne progressivement vers l’intérieur. On dirait le genre de musique qui résonne dans un coin de notre tête juste avant un trip incontrôlable.
« At Least It Beats an Actor » est le premier single du prochain album de Brainwasher, 39 Lightyears from Heaven (sorti via Mothalnd le 9 septembre). L’album est en préparation depuis 10 ans, car le duo y a travaillé en secret lors d’une tournée avec The Flaming Lips. L’art surréaliste, l’Ouest américain, David Lynch, Nick Cave, Portishead et leur État d’origine, l’Oklahoma, sont les influences directes de Brainwasher.
« At Least It Beats an Actor » est également accompagné d’un clip vidéo sporadique et stroboscopique que vous pouvez consulter ci-dessous.
Piknic 2025 | Bellavie de MTL, house et afro-descendance
par Loic Minty
L’identité musicale de Bellavieʼs est à la croisée des chemins. Élevée à Montréal par des parents autrichiens et congolais, elle a développé son propre style grâce à un mélange raffiné de rythmes afro-descendants de house percutante et d’échantillons vocaux traversant les siècles. Pourtant, comme elle l’explique, aucune de ses origines culturelles ne peut à elle seule décrire son son. Puisant dans ses héritages africain et européen, et façonnée par la vie à Montréal, Bellavie s’est intuitivement taillé un quatrième espace, un espace qui lui est entièrement propre. C’est un espace qui résonne dans ses mixes inventifs, qui est visible dans son design graphique et qui s’étendra bientôt à son travail de productrice de musique. Après avoir écouté quelques-uns de ses sets électrisants – dont celui de shift radio – nous lui avons tendu la main et elle a gracieusement accepté. Ici, dans les coulisses du Piknic, Bellavie nous parle du potentiel de la scène musicale montréalaise, de l’importance de sortir de sa zone de confort et des trésors cachés de la bass music.
Cofondée en 2023 par Alain Courbis, Sonya Mazumdar et Mustapha Terki, JazzRenyon est une structure d’accompagnement professionnel visant à maximiser l’impact naissant du jazz de l’Île de la Réunion, DOM-TOM français (Départements et Territoires d’Outre-Mer) situé dans l’Océan Indien et dont la population métissée génère une culture singulière. Quelques mois après la sortie d’une compilation d’enregistrements d’artistes locaux du jazz à La Réunion, le trio professionnel est joint là-bas par Alain Brunet de PAN M 360. Qui plus est, cette conversation est entrelardée d’extraits audiovisuels des artistes dont il est ici question. À voir, à écouter, à découvrir !
Le trio folk-rock acadien Les Hay Babies a sorti son quatrième album, Tintamarre, en octobre dernier sous l’étiquette Simone Records et prévoit maintenant une grande tournée canadienne de mars à octobre.
Pour lancer les festivités à venir, ils ont sorti un nouveau clip pour le titre anglophone de l’album « Some People ».
Sur un fond de country rock honky tonk, « Some People » s’adresse à ceux qui bougent, plus précisément à ceux qui cherchent quelque chose, qu’ils se rendent à Los Angeles pour tourner des films, à Bruxelles ou Dublin pour boire une bière, ou à Nashville pour devenir une star. Mais comme le chantent les filles, où que vous alliez, n’oubliez pas d’où vous venez. Vous pouvez courir après la célébrité ou rester loin de la grande ville. Quoi qu’il en soit, vos racines vous suivent partout.
Les Hay Babies I Elizabeth Landry
Le clip d’Elizabeth Landry est très inspiré des années 70. On y voit un homme (Antoine Bourque) danser dans son sous-sol américain, s’imaginant une vie meilleure, tandis que sa mère (Suzanne Morin) lui demande ce qui se passe. Elle se joint aussitôt à la danse. Avec des références à Alan Jackson et à The Buffet, on a du mal à imaginer que cette chanson provienne de femmes acadiennes du Nouveau-Brunswick…
On attendait le nouveau SAMWOY depuis la sortie de son single « Poison », en novembre dernier, et il sort de sa tanière avec un nouveau single déchirant intitulé « Simon Says ». Mais cette fois, il a collaboré avec la visionnaire québécoise de l’alt-pop, Virginie B. Sous un déluge de guitares rouges frénétiques, SAMWOY et Virginie B (qui joue le rôle d’une amante apathique et méprisante) chantent les pulsions nihilistes exacerbées par le malfaisant Simon.
Voyez-vous, Simon contrôle la vie de Sam depuis le premier jour et l’utilise comme catalyseur de sa propre disparition. SAMWOY peut exprimer les problèmes bien réels auxquels il a été confronté.
Mais il n’est pas nécessaire que ce soit plus profond qu’un tube psych-punk chaotique ; Essayez simplement d’échapper aux « da da da das » accrocheurs, et c’est précisément ce qu’exprime le clip d’Elizabeth Martineau. On y découvre une succession d’images superposées mettant en scène SAMWOY, Virginie B aux cheveux roses (et une brève apparition à la guitare solo d’Ev Bird) dans différentes tenues sous un éclairage tamisé et sporadique. On se croirait parfois dans un film d’horreur art et essai de Kevin Smith, avec une intrigue qui prend tout son sens après quelques joints.
« Simon Says » s’accompagne également d’une annonce importante de SAMWOY : la sortie, le 30 mai, de son deuxième album, Even Sad Boys Like To Have Fun. Sorti chez Hidden Ship Records, Even Sad Boys Like To Have Fun promet une direction cinématographique plus ambitieuse pour SAMWOY, croisant des genres comme le caméléon sonique.
Pourrons-nous jamais revenir en arrière ? À l’époque où le président d’un pays ne menaçait pas d’en annexer un autre, où les reportages sur les guerres n’étaient pas la norme ? Quelle que soit l’époque à laquelle vous souhaitez remonter, « Glass », le premier single du groupe Logo de Los Angeles, vous plonge dans une atmosphère insondable, profonde et entraînante.
Le morceau démarre sur un rythme drum ‘n’ bass aux accents trip-hop, agrémenté d’une ligne de piano des années 90 et d’un crochet vocal R&B accrocheur : « thinking of running away » (penser à s’enfuir). Il se transforme rapidement en un banger indie pop brumeux. Des guitares post-punk pailletées et imbibées de réverbération s’infiltrent dans le morceau, plongeant même parfois dans le shoegaze, jusqu’à ce que la voix éthérée de Logo la ramène en arrière. En moins de trois minutes, la chanson contient une quantité incroyable de textures et de mouvements.
Le clip vidéo reflète cette énergie nostalgique, ressemblant à une vidéo amateur des années 90. Des souvenirs tremblants et collés clignotent sur des images animées de plages et d’arbres. Pendant une fraction de seconde, on voit la créatrice, Lauren Gold, sourire à la caméra dans un noir et blanc délavé. L’ensemble de la vidéo donne l’impression de feuilleter un album photo personnel à la vitesse de l’éclair.
Gold, déjà connu sur les scènes DJ de Los Angeles et de New York, anime également une émission sur KCHUNG Radio à Los Angeles. En tant que Logo, ils promettent encore plus de beats indietronica agités à l’avenir.
CDSM, les monstres du death disco alternatif d’Atlanta, sont de retour avec un nouveau single enflammé et palpitant intitulé « This Is My New Hell ». Commençant par une ligne de synthétiseur staccato en mutation qui semble être jouée dans une maison disco allemande gothique, nous sommes plongés dans l’obscurité satirique sans aucune échappatoire en vue. Il y a ensuite une folie de charleston distordu et ce qui ressemble à une cloche à vache montée à 11, avant qu’une guitare industrielle lourde (pensez à Ministry) ne se mette en marche. Pour ajouter à l’univers diabolique de CDSM, nous avons bien sûr droit à un travail de synthétiseur en dents de scie. C’est exactement le type de carnage sonore que CDSM nous a laissé avec leur premier EP, Hell Stairs, sorti en 2022.
CDSM est un groupe qui compte plusieurs chanteurs et instrumentistes, ce qui fait que la moitié du groupe chante de façon paranoïaque et que les autres chantent en arrière-plan. Pendant l’outro de la chanson, tout le monde scande sinistrement « This Is My New Hell », ce qui donne à la chanson une fin méprisante.
La chanson se suffit à elle-même en tant que banger post-punk néfaste, mais la vidéo qui l’accompagne, réalisée par Slayton Ccinner, mérite qu’on en parle. À l’aide d’un écran vert et d’une animation de type jeu vidéo du début des années 2000, nous voyons les membres de CDSM plonger d’un match de basket délirant dans les fosses de l’enfer qu’ils se sont construites, alors que des démons animés font ce que font les démons. Le travail d’animation ressemble à un mélange de Spy Kids 3D et de Doom à l’ancienne et ajoute à l’atmosphère de plaisanterie infernale recherchée par le CDSM. Le seul ingrédient qui manque à ce morceau est le saxophone, mais CDSM l’a déjà en réserve avec son prochain album Convertible Hearse, qui sortira en mai sur Mothland et Exag’ Records.