post-punk / punk rock

Real Farmer – Heart Out

par Stephan Boissonneault

En 2024, qui me semble être une éternité, Real Farmer, un groupe post-punk déjanté originaire de Groningue, aux Pays-Bas, a sorti l’un de mes albums de musique heavy préférés depuis longtemps. Je continue à écouter l’album Compare What’s There, bruyant et explosif, lorsque j’ai besoin de chaos, cette soif insatiable de tout détruire. Le groupe a ensuite sorti un petit EP, RF II, et quelques nouveaux singles, dont le dernier, « Heart Out ».

Cette nouvelle chanson est un hymne punk qui va droit au but, un appel passionné à abandonner et à s’épanouir dans la résistance, enchaîné à l’amour. Au son des trilles et des larsens de la guitare, d’un rythme de batterie régulier et d’une ligne de basse groovy (le véritable héros de ce morceau à mon avis), le chanteur Jeroen Klootsema (avec le nez en sang ou couvert de ketchup, vous savez que c’est de l’art) perd complètement la tête dans le café Dalby, un boui-boui de Margate. Le public ? Le caméraman, Roger Sargent (The Libertines, Vona Vella, Baxter fuckin’ Dury), et deux types en train de prendre leur petit-déjeuner.

Plus important encore, Real Farmer sortira en mai un nouvel album chez Strap Originals intitulé Two Wrongs Don’t Make A Right. Est-ce la suite que j’attendais ? Seul l’avenir nous le dira.

Experimental / expérimental / expérimental / contemporain / Hip Hop / hip-hop / hip-hop abstrait / hip-hop alternatif / rap

Boutique Feelings annonce un premier album avec « Long Shore »

par Stephan Boissonneault

Boutique Feelings, le projet hip-hop alternatif montréalais de Karim Lakhdar, membre du groupe Atsuko Chiba, a enfin annoncé la suite de son EP homonyme de trois titres, sorti plus tôt cette année. Composé de neuf titres, Shwaya, Shwaya, le premier album, sortira à la mi-novembre chez Mothland et explorera toutes les facettes du hip-hop tout en adoptant une perspective sociopolitique quelque peu passionnée et lyrique. Lakhdar y explore les thèmes de l’aliénation, de la justice sociale et de l’identité personnelle à travers des sons psychédéliques trip-hop, funk et autres textures expérimentales.

La folie commence avec la toute fraîche Long Shore, qui aborde le fléau des réseaux sociaux. Pour Lakhdar, les réseaux sociaux sont un cloaque qui déforme l’esprit.

« Des vidéos de mort et de guerre aux vidéos de chats et de nourriture, notre cerveau est contraint de passer d’une émotion à l’autre en quelques secondes. J’ai remarqué ce comportement chez moi, où je faisais défiler mon fil d’actualité et pleurais, puis riais, puis me sentais plein d’espoir, puis triste à nouveau, le tout en quelques minutes. »

Long Shore commence par un rythme lourd et distordu de « batteur ivre », un swing, un mélange de synthétiseurs et de bruit, et quelques envolées mélodiques à la flûte pour faire bonne mesure. La chanson est accompagnée d’un clip vidéo principalement en noir et blanc (réalisé par Anthony Sifoni) dans lequel Lakhdar rappe directement face à la caméra, ce qui rappelle l’ambiance boom-bap old school. Néanmoins, l’instrumentation suffit à vous faire tourner la tête.

Photo d’ouverture par Aabid Youssef

Psychedelia / trip-hop

Brainwasher – At Least It Beats an Actor

par Stephan Boissonneault

Un trip-hop acidulé pourrait bien décrire « At Least It Beats an Actor », premier single de Brainwasher, un duo composé de Matthew Duckworth Kirksey et Tommy McKenzie, des Flaming Lips. Kirksey (chant, batterie, claviers, sampler) et McKenzie (guitare, basse, claviers, sampler) créent une atmosphère véritablement psychédélique avec une guitare solo puissante, une basse tonitruante et un sample de batterie classique, tandis que le chant hypnotique de Kirksey vous entraîne progressivement vers l’intérieur. On dirait le genre de musique qui résonne dans un coin de notre tête juste avant un trip incontrôlable.

« At Least It Beats an Actor » est le premier single du prochain album de Brainwasher, 39 Lightyears from Heaven (sorti via Mothalnd le 9 septembre). L’album est en préparation depuis 10 ans, car le duo y a travaillé en secret lors d’une tournée avec The Flaming Lips. L’art surréaliste, l’Ouest américain, David Lynch, Nick Cave, Portishead et leur État d’origine, l’Oklahoma, sont les influences directes de Brainwasher.

« At Least It Beats an Actor » est également accompagné d’un clip vidéo sporadique et stroboscopique que vous pouvez consulter ci-dessous.

Piknic 2025 | Bellavie de MTL, house et afro-descendance

par Loic Minty

L’identité musicale de Bellavieʼs est à la croisée des chemins. Élevée à Montréal par des parents autrichiens et congolais, elle a développé son propre style grâce à un mélange raffiné de rythmes afro-descendants de house percutante et d’échantillons vocaux traversant les siècles. Pourtant, comme elle l’explique, aucune de ses origines culturelles ne peut à elle seule décrire son son. Puisant dans ses héritages africain et européen, et façonnée par la vie à Montréal, Bellavie s’est intuitivement taillé un quatrième espace, un espace qui lui est entièrement propre. C’est un espace qui résonne dans ses mixes inventifs, qui est visible dans son design graphique et qui s’étendra bientôt à son travail de productrice de musique. Après avoir écouté quelques-uns de ses sets électrisants – dont celui de shift radio – nous lui avons tendu la main et elle a gracieusement accepté. Ici, dans les coulisses du Piknic, Bellavie nous parle du potentiel de la scène musicale montréalaise, de l’importance de sortir de sa zone de confort et des trésors cachés de la bass music.

jazz / maloya / Océan Indien

JazzRenyon | Plongée jazz dans l’Océan Indien

par Alain Brunet

Cofondée en 2023 par Alain Courbis, Sonya Mazumdar et Mustapha Terki, JazzRenyon est une structure d’accompagnement professionnel visant à maximiser l’impact naissant du jazz de l’Île de la Réunion, DOM-TOM français (Départements et Territoires d’Outre-Mer) situé dans l’Océan Indien et dont la population métissée génère une culture singulière. Quelques mois après la sortie d’une compilation d’enregistrements d’artistes locaux du jazz à La Réunion, le trio professionnel est joint là-bas par Alain Brunet de PAN M 360. Qui plus est, cette conversation est entrelardée d’extraits audiovisuels des artistes dont il est ici question. À voir, à écouter, à découvrir !

INFOS SUPPLÉMENTAIRES

acadie / alt country / americana / country

Les Hay Babies – Some People

par Stephan Boissonneault

Le trio folk-rock acadien Les Hay Babies a sorti son quatrième album, Tintamarre, en octobre dernier sous l’étiquette Simone Records et prévoit maintenant une grande tournée canadienne de mars à octobre. Pour lancer les festivités à venir, ils ont sorti un nouveau clip pour le titre anglophone de l’album « Some People ». Sur un fond de country rock honky tonk, « Some People » s’adresse à ceux qui bougent, plus précisément à ceux qui cherchent quelque chose, qu’ils se rendent à Los Angeles pour tourner des films, à Bruxelles ou Dublin pour boire une bière, ou à Nashville pour devenir une star. Mais comme le chantent les filles, où que vous alliez, n’oubliez pas d’où vous venez. Vous pouvez courir après la célébrité ou rester loin de la grande ville. Quoi qu’il en soit, vos racines vous suivent partout.

Les Hay Babies I Elizabeth Landry

Le clip d’Elizabeth Landry est très inspiré des années 70. On y voit un homme (Antoine Bourque) danser dans son sous-sol américain, s’imaginant une vie meilleure, tandis que sa mère (Suzanne Morin) lui demande ce qui se passe. Elle se joint aussitôt à la danse. Avec des références à Alan Jackson et à The Buffet, on a du mal à imaginer que cette chanson provienne de femmes acadiennes du Nouveau-Brunswick…

psych-punk

SAMWOY ft. Virginie B – Simon Says

par Stephan Boissonneault

On attendait le nouveau SAMWOY depuis la sortie de son single « Poison », en novembre dernier, et il sort de sa tanière avec un nouveau single déchirant intitulé « Simon Says ». Mais cette fois, il a collaboré avec la visionnaire québécoise de l’alt-pop, Virginie B. Sous un déluge de guitares rouges frénétiques, SAMWOY et Virginie B (qui joue le rôle d’une amante apathique et méprisante) chantent les pulsions nihilistes exacerbées par le malfaisant Simon.

Voyez-vous, Simon contrôle la vie de Sam depuis le premier jour et l’utilise comme catalyseur de sa propre disparition. SAMWOY peut exprimer les problèmes bien réels auxquels il a été confronté.

Mais il n’est pas nécessaire que ce soit plus profond qu’un tube psych-punk chaotique ; Essayez simplement d’échapper aux « da da da das » accrocheurs, et c’est précisément ce qu’exprime le clip d’Elizabeth Martineau. On y découvre une succession d’images superposées mettant en scène SAMWOY, Virginie B aux cheveux roses (et une brève apparition à la guitare solo d’Ev Bird) dans différentes tenues sous un éclairage tamisé et sporadique. On se croirait parfois dans un film d’horreur art et essai de Kevin Smith, avec une intrigue qui prend tout son sens après quelques joints.

« Simon Says » s’accompagne également d’une annonce importante de SAMWOY : la sortie, le 30 mai, de son deuxième album, Even Sad Boys Like To Have Fun. Sorti chez Hidden Ship Records, Even Sad Boys Like To Have Fun promet une direction cinématographique plus ambitieuse pour SAMWOY, croisant des genres comme le caméléon sonique.

indie pop / indietronica

Logo – Glass

par Stephan Boissonneault

Pourrons-nous jamais revenir en arrière ? À l’époque où le président d’un pays ne menaçait pas d’en annexer un autre, où les reportages sur les guerres n’étaient pas la norme ? Quelle que soit l’époque à laquelle vous souhaitez remonter, « Glass », le premier single du groupe Logo de Los Angeles, vous plonge dans une atmosphère insondable, profonde et entraînante.

Le morceau démarre sur un rythme drum ‘n’ bass aux accents trip-hop, agrémenté d’une ligne de piano des années 90 et d’un crochet vocal R&B accrocheur : « thinking of running away » (penser à s’enfuir). Il se transforme rapidement en un banger indie pop brumeux. Des guitares post-punk pailletées et imbibées de réverbération s’infiltrent dans le morceau, plongeant même parfois dans le shoegaze, jusqu’à ce que la voix éthérée de Logo la ramène en arrière. En moins de trois minutes, la chanson contient une quantité incroyable de textures et de mouvements.

Le clip vidéo reflète cette énergie nostalgique, ressemblant à une vidéo amateur des années 90. Des souvenirs tremblants et collés clignotent sur des images animées de plages et d’arbres. Pendant une fraction de seconde, on voit la créatrice, Lauren Gold, sourire à la caméra dans un noir et blanc délavé. L’ensemble de la vidéo donne l’impression de feuilleter un album photo personnel à la vitesse de l’éclair.

Gold, déjà connu sur les scènes DJ de Los Angeles et de New York, anime également une émission sur KCHUNG Radio à Los Angeles. En tant que Logo, ils promettent encore plus de beats indietronica agités à l’avenir.

mutant-disco / post-punk

CDSM – This Is My New Hell

par Stephan Boissonneault

CDSM, les monstres du death disco alternatif d’Atlanta, sont de retour avec un nouveau single enflammé et palpitant intitulé « This Is My New Hell ». Commençant par une ligne de synthétiseur staccato en mutation qui semble être jouée dans une maison disco allemande gothique, nous sommes plongés dans l’obscurité satirique sans aucune échappatoire en vue. Il y a ensuite une folie de charleston distordu et ce qui ressemble à une cloche à vache montée à 11, avant qu’une guitare industrielle lourde (pensez à Ministry) ne se mette en marche. Pour ajouter à l’univers diabolique de CDSM, nous avons bien sûr droit à un travail de synthétiseur en dents de scie. C’est exactement le type de carnage sonore que CDSM nous a laissé avec leur premier EP, Hell Stairs, sorti en 2022.

CDSM est un groupe qui compte plusieurs chanteurs et instrumentistes, ce qui fait que la moitié du groupe chante de façon paranoïaque et que les autres chantent en arrière-plan. Pendant l’outro de la chanson, tout le monde scande sinistrement « This Is My New Hell », ce qui donne à la chanson une fin méprisante.

La chanson se suffit à elle-même en tant que banger post-punk néfaste, mais la vidéo qui l’accompagne, réalisée par Slayton Ccinner, mérite qu’on en parle. À l’aide d’un écran vert et d’une animation de type jeu vidéo du début des années 2000, nous voyons les membres de CDSM plonger d’un match de basket délirant dans les fosses de l’enfer qu’ils se sont construites, alors que des démons animés font ce que font les démons. Le travail d’animation ressemble à un mélange de Spy Kids 3D et de Doom à l’ancienne et ajoute à l’atmosphère de plaisanterie infernale recherchée par le CDSM. Le seul ingrédient qui manque à ce morceau est le saxophone, mais CDSM l’a déjà en réserve avec son prochain album Convertible Hearse, qui sortira en mai sur Mothland et Exag’ Records.

Gros week-end en perspective !

par Rédaction PAN M 360

Jeudi, vendredi, samedi jusqu’aux petites heures, le Taverne Tour se veut l’événement hivernal montréalais des musiques émergentes, gracieuseté de nos collègues de Mothland, qui programment aussi le Festival de musique émergente en Abitibi, pour ne nommer que cette initiative. Voilà un week-end pour s’éclater à fond !

classique / expérimental / contemporain / jazz / musique du monde / Musique traditionnelle

Visionnez le 28e Gala des Prix Opus en direct, 15h, dimanche 2 février

par Rédaction PAN M 360

Ce dimanche 2 février, 15h, le Conseil québécois de la musique (CMQ) présente le 28 Gala des Prix Opus. Pas moins de 32 prix seront décernés aux artistes dans les domaines de la composition, l’interprétation, diffusion et autres pratiques inhérentes aux musiques de concert. Les Prix Opus ne récompensent donc pas que ladite musique classique occidentale, mais aussi le jazz, les musiques expérimentales, contemporaines ou traditionnelles. Ainsi, le Gala sera retransmis sur cet écran. Soyez aux aguets dès 15h !

Publicité panam
Publicité panam
art-pop / glam rock / indie pop / rock / synth-glam

Art d’Ecco – True Believer

par Stephan Boissonneault

Art d’Ecco, le merveilleux auteur-compositeur de glam pop indie, est de retour avec un nouveau son et une nouvelle ambiance, plus sombre et démoniaque avec ce single True Believer. Le titre ressemble parfois à une chanson profonde des Bee Gees, mélangée à Sparks et à une production plus moderne, sous un orchestre de glam rock.

C’est un morceau intensément accrocheur que l’on a envie de réécouter quelques secondes après l’avoir écouté. Le titre est également accompagné d’un clip d’inspiration horrifique qui suit le voyage du Serene Demon, l’alter ego d’Art, alors qu’il tourmente l’esprit d’Art jusqu’à la transformation maximale du clip, qui met en scène Art dans un look gothique entièrement noir, dansant sur une table dans une maison néo-centenaire. Comme la plupart des tenues d’Art d’Ecco, cette vidéo ne déçoit pas.

True Believer est un extrait du prochain album d’Art d’ECCO, Serene Demon, qui sortira le jour de la Saint-Valentin sur le label Paper Bag Records.

Inscrivez-vous à l'infolettre