Le  réputé groupe trad Vishtèn sera de la programmation du festival Chants de Vielles, ce samedi soir 4 juillet. Composé d’Emmanuelle Leblanc, Pascal Miousse et Megan Bergeron,  ce trio de l’Île du Prince-Édouard se distingue dans le milieu de la musique traditionnelle depuis plus de 25 ans, on peut parler aujourd’hui d’un groupe référence du trad acadien, applaudi pour son groove d’inspiration moderne, pour une attitude que l’on pourrait presque qualifier de rock/americana. Pour l’occasion du festival, PAN M 360 s’est entretenu avec Emmanuelle Leblanc pour discuter de l’évolution de Vishtèn, mais aussi des projets futurs de l’ensemble et de leur concert de samedi à Saint-Antoine sur Richelieu.

PAN M 360 : Merci de prendre le temps de parler avec PAN M 360 aujourd’hui ! D’abord,  que signifie Visthèn ?

Emmanuelle Leblanc : Bien, le mot Vishtèn, ça vient d’une chanson traditionnelle de la région Évangéline, qui est à l’Île du Prince-Édouard. C’est une chanson qui a été collectée par un historien, Georges Arsenault, des petits bouts de rituel qui étaient chantés, puis la chanson a été popularisée par Angèle Arsenault, qui est une chanteuse de la région.

Puis, c’est une chanson aussi que mon père, Philippe, qui est un enseignant de musique et enseignant à toutes les élèves de l’école où j’ai été, l’école Évangéline. Pour nous, c’était très significatif. C’est vraiment une chanson qui passe chez nous, une chanson acadienne qui, aussi, est dans une langue inventée. C’est vraiment le mélange de cultures qu’on a à l’île du Prince-Édouard, irlandais, écossais, mi’kmaq, acadien. C’est là où le nom a vraiment pris son origine.

PAN M 360 : Après maintenant 25 ans que vous travaillez ensemble, comment est-ce que vous arrivez à garder ça intéressant? Comment arrivez-vous à vous renouveler un peu dans les albums, dans les performances? Comment est-ce que vous avez vécu ça?

Emmanuelle Leblanc : Je dirais qu’au début du groupe, c’est sûr qu’on était peut-être plus dans des sonorités plus traditionnelles. C’étaient des chansons traditionnelles avec des reels, des gigues qui étaient vraiment plus du coin ou des choses qu’on aimait beaucoup jouer.

On a fait sept albums, c’est sûr qu’avec le temps, il y a eu des évolutions. Je dirais comme la signature sonique du groupe. On avait commencé peut-être avec des instruments plus traditionnels. Au fil du temps, on a fait des enregistrements. On a commencé à intégrer des instruments comme la guitare électrique, la rosette.

Aussi, dans nos arrangements, on évolue comme personne, comme musicien. On a tout intégré ensemble pour faire qu’il y a une évolution dans la musique. On écrit aussi beaucoup de notre propre musique. Maintenant, presque 90 %, je dirais.

Il y a une évolution naturelle pour nous autres. On essaie de pousser les limites de la musique acadienne contemporaine de cette manière-là.

PAN M 360 : Vous avez sorti le mois dernier, un nouveau single intitulé Mont-Carmel. Peux-tu m’en dire un peu plus sur cette nouvelle chanson?

Emmanuelle Leblanc : Oui. C’est ça le nouveau single qu’on a sorti le 20 juin. Mont-Carmel, c’est une chanson qu’on a trouvée dans les archives de ma sœur jumelle, Pastelle, décédée en 2022. 

Pastelle était là au tout début de Vishtèn. Puis, à la suite de son décès, on a fait un album qui s’appelait Vishtèn Expansion. On a signé plusieurs de ses pièces en son honneur, avec d’autres artistes. Pour le nouvel album qui s’en vient, le premier single, c’était des archives qu’on avait trouvées sur son téléphone.

Elle avait laissé plus de 150 morceaux chantés ou joués sur différents instruments. Puis, pour Mont-Carmel, c’était évident qu’elle avait déjà quelques enregistrements de commencer avec des idées de mélodies puis de paroles. Avec l’ensemble, on a donc décidé de finir la chanson.

Je pense que c’était surtout significatif parce que c’est un village où moi et Pastel, on a grandi à Mont-Carmel. Megan, qui fait partie du groupe aussi à vécu là-bas, et même chose pour Pascal, qui vit à Mont-Carmel.

C’est un village quand même assez magique dans la région Évangéline à l’île. Un village qui a vraiment du beau monde et où on passe vraiment du beau temps, des couchers de soleil, des partys de musique. C’est cette ambiance-là qu’on a amenée vraiment avec la chanson.

PAN M 360 : Pouvez-vous me parler un peu de l’album derrière ce single?

Emmanuelle Leblanc : On est en train de commencer à sortir des singles pour un album qui va sortir au mois de janvier 2027. On travaille en coproduction avec Erik West-Millette. Je ne sais pas s’il y en a qui le connaissent, mais il a produit plusieurs albums pour Marie-Jo Thério, mais aussi des choses avec Zachary Richard. Il fait partie du groupe Mentana et il a un projet qui s’appelle West Strings. Erik a vraiment une esthétique liée à la musique de la Louisiane, de La Nouvelle-Orléans, puis des différentes rythmiques. On s’est connecté avec lui là-dessus, on a un bon vibe entre nous.

Puis, il y a une autre signature sonique encore qui continue dans l’évolution. Il y a des pièces chantées, l’instrumentation est un peu différente avec les différentes rythmiques. C’est ça qui va être l’ambiance du prochain album qui va sortir.

PAN M 360 : Finalement, que préparez-vous pour samedi? À quoi les gens peuvent-ils s’attendre du concert de Vishtèn?

Emmanuelle Leblanc : Pour ceux qui ne nous connaissent pas, on fait de la musique qui est quand même assez énergique, comme des rythmes, des chansons, des choses qui font danser. On va puiser dans un répertoire qu’on a déjà enregistré sur des albums précédents, mais il y aura aussi du nouveau matériel qui s’en vient.

Ceux qui nous connaissent vont peut-être découvrir de nouvelles choses aussi. On a super hâte de jouer à Chants de vielles. Ça fait déjà quelques fois qu’on y participe.

On a hâte de retrouver tout le beau monde là-bas, voir des spectacles, enseigner un petit peu de musique, voir le beau village. On a super hâte à cette soirée!

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Le Festival International de Jazz de Montréal se poursuit ce samedi 4 juillet. Principal programmateur jazz sous la direction artistique de Maurin Auxéméry, Modibo Keita vous confie ses choix pour le JOUR 10 du FIJM 2026! Chaque jour du festival, Modibo vous propose le parcours le parcours idéal des jazzophiles pour PAN M 360 !

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Trois jeunes Français pleins d’énergie et de talent fouleront pour la première fois la scène du festival Chants de vielles, samedi soir, avec leur ensemble Otone dans le cadre des grands concerts. PAN M 360 a eu la chance de s’entretenir avec Charles Pouységur pour discuter d’Otone, composé aussi de Thomas Fradin et Naël Tripoli. Ce fut une occasion de discuter de leur inspiration, mais aussi de leur objectif avec le groupe, ainsi que de leur concert de samedi.

PAN M 360 : Bonjour, Charles, tu fais partie du groupe Otone, qui présentera un concert samedi au Festival Chants de vielles. Que signifie le nom et quelle est sa signification?

Charles Pouységur : Alors, l’idée derrière le nom Otone, c’est assez simple, c’est tout simplement parce qu’on a officialisé le groupe en automne. On trouvait quand même poétique comme nom de groupe le moment où les feuilles tombent, où les couleurs aussi changent. Ce lot de choses qui arrivent en automne, on trouvait que ça nous parlait, nous n’avons donc pas cherché plus loin.

En fait, on s’est dit qu’on aime bien. On est allé chercher une graphie du nom qui nous semblait facile, O-T-O-N-E. Et c’est comme ça que ça s’est fait en fait.

PAN M 360 : Quelles sont vos inspirations? Comment est-ce que tu décrirais votre musique?

Charles Pouységur : Notre musique, c’est un mélange de plusieurs territoires. C’est la musique de Gascogne, le sud-ouest de la France, et la musique du centre France. On est trois dans le groupe : deux viennent du centre de la France et l’un vient de Gascogne. Il y a un Auvergnat, un Gascon et un Bourbonnais, donc trois territoires différents.

C’est donc une musique assez métissée avec une certaine inspiration du centre de la France par la vielle à roue. Thomas, qui joue la vielle à roue dans le groupe, a une patte très bourbonnaise dans le style. On pensera notamment, par exemple à Patrick Bouffard, qui est un vielleux bourbonnais qui a marqué par sa musique une certaine génération, notamment le jeu de Thomas.

Pour ce qui est de Naël, ce sont vraiment les cornemuses landaises. On peut penser au groupe Perlinpinpin Fòlc, Alain Cadellon de Gascogne, qui est un grand joueur de Landaises comme on dit.

Et pour moi, l’inspiration, ce sera plus du côté des groupes brayauds dans la basse Auvergne. Le mélange de tous ces styles donne une musique assez énergique. Donc où se mélangent quand même les timbres et les différentes inspirations que nous avons chacun, mais notre proximité en tant qu’amis contribue énormément à créer cette énergie entre nous.

PAN M 360 : Si je ne me trompe pas, c’est aussi votre première visite au Québec en tant que groupe?

Charles Pouységur : Tout à fait, c’est notre première sortie outre-Atlantique avec le projet. On est très content de le faire à Chants de vielles, c’est une super invitation. L’année prochaine on va en Allemagne, donc c’est plus proche déjà de la France, mais, pour un voyage comme ça, on est très content, on est très bien accueillis par toute l’équipe.

Et puis c’est quelque chose qui nous parle, la musique québécoise : on la connaît en tout cas sur le territoire français, c’est quelque chose qui n’est pas forcément très répandu, mais, à chaque fois qu’il y en a, on est assez attentifs à ça, parce qu’on l’aime beaucoup, et ça nous parle. Donc, on était très heureux de venir à Chants de vielle à Saint-Antoine sur Richelieu.

PAN M 360 : En plus d’un concert samedi soir, vous présentez aussi deux ateliers sur les instruments à ventre et les instruments à bourdon. Quelle est l’importance, dans votre pratique, de partager ces savoirs-là et de participer à des ateliers, au-delà de la présentation d’un concert?

Charles Pouységur : C’est un peu intrinsèque à la musique traditionnelle, c’est la transmission orale. C’est-à-dire que c’est une musique de partage, une musique vivante et qui, de toute façon, existe parce qu’elle se transmet et donc se partage.

Ce sont aussi des moments de rencontres très humains parce qu’on rencontre des artistes locaux, particulièrement ici au Québec, mais aussi d’autres invités sûrement. On pourra échanger sur nos pratiques et observer comment, malgré des instruments de la même famille, ces musiques cousines se ressemblent et diffèrent. Je pense que c’est ça qui va guider les démonstrations qu’on va faire pendant ces ateliers.

On fait aussi les stages. Naël fait celui de la cornemuse, Thomas, celui de la roue, et moi, celui de l’accordéon. Pareil, on a cette envie de partager la musique de chez nous. Mais c’est ça, je pense, qui nous anime surtout, c’est la transmission de ces musiques qui sont vivantes.

PAN M 360 : Dernière question, à quoi les gens qui viennent à un concert d’Otone peuvent-ils s’attendre?

Charles Pouységur : Ils peuvent s’attendre à de la musique de France déjà, forcément, en tant que groupes français. Mais ils peuvent s’attendre surtout, je pense, à de la musique assez cadencée, dans l’énergie brute, mais aussi subtile, je dirais. C’est quand même un groupe qui est un peu dans la puissance par moments, tout en restant très nuancé.

Je pense que c’est aussi la simplicité dans le sens du partage, comme si on était tous autour, dans une salle de bal, dans un petit village. Ça marcherait tout autant que sur la scène du Festival Chant de vielles. Je pense qu’il y a ce côté, ce serait peut-être un peu prétentieux de ma part de dire qu’on est dans l’humilité la plus totale. 

PAN M 360 : Merci pour votre temps et bonne fin de semaine de festivité!

Jeudi dernier, le 2 juillet, un public enthousiaste a bravé la pluie pour se rassembler au Festival de jazz de Montréal et écouter une étoile montante de la scène jazz en plein essor de l’Ouest canadien – la contrebassiste Aretha Tillotson – et son quartet. Le concert a débuté par un hommage à l’Alberta, la province natale d’Aretha Tillotson, intitulé Kinda Out West, qui rendait également hommage à l’album Way Out West de Sonny Rollins. Le morceau, aux sonorités bebop enjouées, a été repris par le groupe dans ses solos : la trompettiste Kae Murphy a tissé des mélodies complexes, passant avec aisance du tempo simple au double tempo, tout en enchaînant de nombreuses séries de triolets.

Aux côtés de Tillotson et Murphy se trouvaient la saxophoniste alto Tara Davidson et la batteuse Valérie Lacombe, formant ainsi un groupe dépourvu d’instrument à cordes. Une telle configuration peut offrir aux musiciens un espace sonore supplémentaire dans lequel évoluer, et ils en ont pleinement tiré parti sur le morceau suivant, Cricklewood Lane, qui tire son nom d’un quartier de Londres où Tillotson a séjourné lors d’une précédente résidence.

Tout au long du concert, l’un des moments forts a été de découvrir les différentes manières dont Tillotson remplit l’espace dans ses compositions, en particulier son approche variée des harmonies à deux cuivres. La ballade Lullaby to Those Before mettait en scène deux lignes mélodiques distinctes qui dansaient l’une autour de l’autre. Comparez cela aux harmonies serrées et percutantes que l’on entend sur le morceau funky Jill of All, porté par un backbeat. On perçoit clairement dans sa musique que chaque choix compositionnel a été mûrement réfléchi et délibéré, de sorte que chaque couche musicale vient enrichir l’atmosphère du morceau, et le résultat est un son qui dépasse la simple somme de ses parties.

Veillant à ce que le répertoire soit composé exclusivement de morceaux écrits par des femmes, le groupe a clôturé le concert avec une œuvre de la grande Mary Lou Williams, intitulée In the Land of Oo-Bla-Dee. Ce morceau, riche en surprises rythmiques et en nuances de blues, a été repris et développé par les musiciens dans leurs solos, clôturant ainsi la soirée en beauté.

Pan M 360 a eu l’occasion de s’entretenir avec Aretha Tillotson après le concert, afin d’évoquer son processus d’écriture, ses sources d’inspiration et son amour pour la musique de l’Ouest canadien :

PAN M 360 : Le groupe que vous aviez sur scène aujourd’hui était différent de celui de l’album. Avez-vous suivi un processus particulier pour constituer le groupe pour ce concert ?

Aretha Tillotson : Oui, en fait, j’ai déjà travaillé avec tous les membres du groupe dans le cadre de nombreux projets différents, au sein de différents groupes. Nous n’avions donc jamais joué ensemble – tous les quatre – jusqu’à aujourd’hui. Mais j’aime simplement faire appel à des musiciens qui travaillent dur et qui sont très bien préparés pour le concert, et tous les trois l’étaient vraiment.

PAN M 360 : Vu le titre de votre nouvel album, j’aimerais vous interroger sur votre expérience de la scène jazz de l’Ouest canadien. Y a-t-il quelque chose en particulier qui la rend spéciale ?

Aretha Tillotson : Ouais, tu sais, ça me déplaît de le dire. Je trouve qu’il est de plus en plus agréable de vivre dans l’Ouest. Je pense que Montréal fait exception, mais il y a beaucoup d’endroits comme Toronto où il est très difficile pour les jeunes artistes de se faire une place sur la scène artistique. C’est certes possible, mais je pense qu’il y a de plus en plus d’artistes qui restent dans l’Ouest et qui y créent. Il y a beaucoup de subventions et d’initiatives intéressantes pour soutenir notre travail. Je trouve que la scène est vraiment géniale ces dernières années.

PAN M 360 : Pour cet album, tu as opté pour une instrumentation sans accords, alors qu’auparavant, tu avais un groupe beaucoup plus important. Est-ce que ton approche de la composition change beaucoup lorsque tu écris pour ce genre de formation ?

Aretha Tillotson : Oui. J’ai donné pas mal de concerts avec Ingrid et Christine Jensen, et c’est comme ça que j’en suis arrivée là. J’adorais la façon dont elles avaient cette sorte de sixième sens qui leur permettait de se comprendre, de jouer des accords ensemble, presque par instinct. Je me suis donc dit que le moment était venu d’essayer un quatuor sans accords avec ces deux sœurs qui semblent partager une sorte de télépathie. Et puis, j’écoutais beaucoup les quatuors d’Ornette Coleman, avec exactement cette instrumentation, donc oui, je me suis dit que j’adorerais tenter l’expérience.

PAN M 360 : Génial. Y a-t-il d’autres influences qui te guident quand tu composes ?

Aretha Tillotson : Oui. Sans aucun doute Sonny Rollins sur Way Out West. J’ai trouvé ça tellement cool qu’il soit venu à Joshua Tree avec Ray Brown et Shelly Manne pour enregistrer cet album, un autre album en trio sans accords. Ça a été une autre grande source d’inspiration, tellement c’était bon. Ils l’ont enregistré à 4 h du matin, c’est dingue !

PAN M 360 : Alors, en pensant à un cadre comme [le Festival de jazz de Montréal] où nous avons eu un public vraiment très réceptif, malgré la pluie. Est-ce que tu adaptes parfois ton répertoire en fonction du lieu où tu joues ou des musiciens avec lesquels tu te produis ?

Aretha Tillotson : Oui, tout à fait. J’avais entendu dire que le Pub Molson était un endroit où il faisait bon traîner. Je pensais que c’était une petite salle, puis j’ai fait quelques recherches et je me suis dit : « Oh, mais c’est une immense scène en plein air ! » J’ai donc conçu la setlist pour qu’elle soit un peu plus énergique, avec des tubes qui décoiffent, des morceaux sympas à jouer, en quelque sorte. Je mettrai peut-être un peu plus de ballades dans les petites salles.

PAN M 360 : Remarquez-vous des différences – je suis toujours curieuse de savoir – entre la façon dont le public écoute et interagit aujourd’hui par rapport à avant la pandémie, ou peut-être par rapport à il y a dix ans ?

Aretha Tillotson : C’est une bonne question. Je pense que les gens ont davantage soif de musique en direct, d’autant plus que nous vivons dans un monde où la musique préenregistrée et composée par des robots est de plus en plus présente. Je crois donc qu’il y a un désir encore plus fort de vivre une expérience humaine et d’entendre quelqu’un jouer en direct. J’ai ressenti, même pendant le spectacle, cette interaction entre le public qui puisait dans notre énergie et nous qui puisions dans la sienne. C’est encore plus intense que les années précédentes.

PAN M 360 : Une dernière question, puisque tu as évoqué la présence d’artistes féminines sur scène. Y a-t-il des artistes féminines actuelles que tu apprécies particulièrement ?

Aretha Tillotson : Il y en a tellement ! J’ai étudié avec Linda May Han Oh, elle est donc une immense source d’inspiration, elle est vraiment excellente. J’adore Terri Lyne Carrington. Ses nouveaux albums sont tout simplement merveilleux. J’adore Melissa Aldana, ces grandes figures, ma compatriote albertaine Kris Davis, qui m’inspire énormément – j’adore sa musique. Donc oui, voilà quelques femmes qui cartonnent vraiment sur la scène musicale. Il y a beaucoup de formidables musiciennes canadiennes – qui font d’ailleurs partie de mon groupe !

Le dernier album d’Aretha Tillotson, Kinda Out West, est désormais disponible.

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Soyons-en conscients, le neveu du très grand essayiste franco-libanais Amin Maalouf a atteint une notoriété comparable, cette fois dans le monde des musiques mondialistes de pointe. En avril 2027, il se produira devant 40 000 personnes à Paris en tant  que soliste avec invités. En juillet 2026, Ibrahim Maalouf se produit à Montréal depuis plusieurs années dans des salles généralement pleines, et incarne la diversité jazzistique en France où il a grandi.

Jeudi soir, le MTELUS était rempli à pleine capacité pour célébrer les Trompettes de Michel-Ange.

Réparti sur deux albums (Vol 1 et Vol 2), ce projet réunit 5 trompettes modifiées, question de mettre de l’avant cet instrument dont l’inventeur, le père d’Ibrahim, voyait un brillant avenir un demi-siècle plus tôt. Dotée de quatre pistons au lieu de trois , cette trompette peut jouer les modes orientaux et en reproduire fidèlement les parcours mélodiques –  permettant l’usage des quarts de ton en plus des demi-tons occidentaux.

Aujourd’hui, le fiston est toujours parmi les rares utilisateurs de cette trompette modifiée, ce qui l’a mené à en faire la promotion à travers un projet artistique concluant. À preuve, Ibrahim Maalouf fait salle comble partout où il passe. Et ses fans capotentm inutile de le préciser.

Excellent motivateur, authentique bête de scène, le musicien pousse la séduction jusqu’aux vœux de mariage à l’auditoire, qui se prête spontanément au au jeu, se rapprochant davantage de l’hôte.

Ainsi, les Trompettes  de Michel-Ange excluent toute prise de tête et nous confient à une enfilade de titres propices à la danse et à la célébration, danseuse à l’appui! D’inspiration arabes, moyen-orientales, mais aussi afro-américaines, afro-brésiliennes, afrobeat nigerianes ou même arabo-ibériques, ces musiques relèvent davantage des formes populaires que sérieuses et permettent beaucoup de latitude aux improvisateurs,  trompettes et saxophone (alto) jazzo-oriental, section rythmique adaptée aux traditions du Levant mais aussi très solides sur les terrains jazz ou autre.

La pédale au fond, ces artilleurs ajoutent à la ferveur du public emporté par ces airs endiablés. Tempête parfaite!

Avant quoi  Ibrahim Maalouf, a reçu PAN M 360 dans sa loge pour l’entretien qui suit, réalisé par Alain Brunet.

PAN M 360 : Où en êtes-vous aujourd’hui?

Ibrahim Maalouf : Quand j’ai fait mon premier album en 2007, je savais qu’il y aurait encore deux autres albums du genre  parce que je travaillais déjà dessus, je les avais préparés, je savais qu’ils allaient arriver. Mais je pensais vraiment qu’une fois que j’avais fait ça, j’avais fait ce que j’avais à faire. Et je me suis rendu compte que c’est exactement le contraire qui s’est passé.

C’est-à-dire à chaque fois que j’avais l’impression de sortir quelque chose de moi, de me libérer de ce que j’avais eu envie d’exprimer, il y avait 15 autres idées qui sont arrivées. Et à force, imaginez sur 21 albums, j’ai énormément d’envies qui sont nées au fur et à mesure des années et que j’ai envie de concrétiser. Et j’ai un catalogue de projets que j’ai en tête pour certains que j’ai déjà enregistrés.

PAN M 360 : Et ce dont il est question ici ?

Ibrahim Maalouf : Les trompettes de Michel-Ange, c’est un orchestre de trompettes qui est accompagné par le rythmique. Basse, batterie, guitare, et devant, pupitres de cuivres avec sax alto, qui donne une couleur un peu gitane à ma musique et mon saxophoniste Mihai Pîrvan est un Rom authentique. Et il amène quelque chose qui est très proche de ce que je veux défendre avec ce projet.

PAN M 360 : D’où part ce projet?

Ibrahim Maalouf : Les trompettes de Michel-Ange, c’est vraiment un projet qui fait partie de ces projets qui étaient là depuis le début et que j’avais envie de mener à terme. Je rêvais de faire ce que je suis en train de faire maintenant. Mais je ne pouvais pas parce que je n’avais  pas l’expérience pour monter le groupe qu’il fallait, parce que je n’avais pas non plus l’argent pour le faire. Et surtout, parce que la légitimité s’impose avec le temps. Et moi, je suis indépendant, je ne suis pas signé par un label.  Ce qui est sûr, c’est que la liberté et l’indépendance sont parfois parfois un handicap, on a beaucoup moins la possibilité de financer ce qu’on a en tête. Ça a donc mis longtemps que de réussir à avoir à mes côtés des trompettistes qui jouent l’instrument inventé par mon père il y a 60 ans. Qui sont capables de jouer les maqams (motifs mélodico-rythmiques de la musique classique arabe ) et les quarts de ton qui y sont associés. J’ai mis très longtemps à y parvenir. Pour moi, Les Trompettes de Michel-Ange, c’est l’aboutissement et le résultat d’un boulot que j’avais en tête depuis plus de 30 ans.

PAN M 360 : Vous limitez-vous aux maqams arabes ou encore intégrez-vous les maqams ottomans, ou encore les dastgah persans?

Ibrahim Maalouf : En fait, les gammes de ces cultures se ressemblent énormément. Je ne vois pas personnellement de différence marquée. C’est le même concept, les mêmes familles d’échelles mélodiques. Je ne différencie pas vraiment, il ne faut pas mettre de limites à ces identités je crois, sinon ça devient étroit d’esprit et puis…

PAN M 360 : Votre oncle en a si bien parlé dans son essai Les identités meurtrières.

Ibrahim Maalouf : C’est mon livre de chevet! 

Rachel Therrien, trompettiste et bugliste québécoise est omniprésente au FIJM 2026. Voici la dernière partie de l’entrevue qu’elle a accordé à notre collaborateur Michel Labrecque.

PAN M 360: Après votre concert avec le super groupe féminin Ostara et votre participation à la série Compositeurs Jazz au cabaret l’Entracte, Vous allez présenter votre propre spectacle au FIJM, le 3 juillet.

Rachel Therrien: Oui, ce sera au Pub Molson (concert gratuit), à 19 et 21 heures, avec mon projet de jazz latin, où nous allons interpréter les morceaux de deux albums, Mi Hogar 1 et 2, avec des musiciens cubains et latinos de Montréal. Nous serons aussi au Théâtre de Verdure au parc Lafontaine, le 7 août, avec un plus grand groupe. 

PAN M 360: Je rappelle que le premier volet est paru en 2023 et le second est sorti l’an dernier. SI on sort du Festival de jazz, vous avez aussi sorti deux albums de dialogues avec le pianiste catalan et new-yorkais Alberto Marquez.

Rachel Therrien: C’est un vieil ami qui a débarqué à New-York en même temps que moi. Nous avons décidé d’enregistrer huit séances sur une période de un an. Nous voulions prendre le temps d’expérimenter, comme à l’époque de Miles Davis au début des années 60. 

PAN M 360:  En sont ressortis deux disques très contrastés, un premier qui flirte avec le free jazz et un second qui reprend des standards plus classiques. 

Rachel Therrien:  Exactement, c’est la première fois que j’enregistrais des standards. Mais si vous écoutez, vous comprendrez que Alberto et moi nous permettons des libertés. Ces deux albums ont été très peu édités, nous avons mis nos tripes sur la table. Et je suis très contente du résultat.

PAN M 360: J’ai comme l’impression que vous travaillez déjà sur d’autres projets, connaissant votre curiosité insatiable…

Rachel Therrien: En fait, j’arrive de Tunisie, où j’ai lancé un projet avec le pianiste Omar El Ouarer et une jeune joueuse de oud qui s’appelle Rhaia. Nous avons enregistré un album en direct et travaillons sur une tournée. Nous mélangeons des compositions de Omar et des miennes. J’adore faire ce genre de recherches ethnomusicologiques, comme je l’avais fait en Colombie il y a quelques années. 

PAN M 360: Vous avez habité pendant de nombreuses années à New-York, mais maintenant, ça a changé non ?

Rachel Therrien:  J’ai un conjoint cubain, j’ai une grande connexion avec ce pays, où j’ai étudié à l’université. Cette connexion m’a forcée à mettre une pause sur New-York, en raison du contexte politique actuel aux États-Unis. Aujourd’hui, je suis entre La Havane et Montréal. Je mettrai une priorité sur le Canada, l’Europe et l’Amérique Latine. On verra plus tard…

PAN M 360:  Comment vivez-vous la catastrophe économique et les grandes pénuries à Cuba?

Rachel Therrien: C’est hyper difficile et c’est d’une tristesse infinie. En même temps, les gens sont tellement résilients. Il y a toujours beaucoup de musique. J’ai démarré un groupe de cuivres avec des femmes cubaines. J’essaie de trouver de l’argent pour mes proches là-bas. Les gens tentent de survivre du mieux qu’ils peuvent. J’encourage les Québécois à les aider. 

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Le Festival International de Jazz de Montréal se poursuit ce vendredi 3 juillet. Principal programmateur jazz sous la direction artistique de Maurin Auxéméry, Modibo Keita vous confie ses choix pour le JOUR 9 du FIJM 2026! Chaque jour du festival, Modibo vous propose le parcours le parcours idéal des jazzophiles pour PAN M 360 !

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Kalia Vandever est tromboniste. Iel en est à une première prestation au Festival international de Jazz de Montréal. On en a profité pour parler avec l’artiste, titulaire d’un prix Grammy et de critiques élogieuses depuis son premier album paru en 2019. 

PanM360 : Pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas, parlez-nous de votre parcours musical

Kalia Vandever : J’ai commencé à jouer le trombone quand j’avais 8 ans. Mon père écoutait beaucoup de musique jazz à la maison. Entre autres un CD de la famille Marsalis. J’ai adoré Delfeayo, le tromboniste du clan, vous le devinez. J’avais aussi joué du piano avant cela. Mais quand j’ai entendu le trombone, j’ai dit à mon père que je voulais jouer de cet instrument, sans savoir à quoi ça ressemblait. Mes parents m’ont acheté un trombone, et je n’ai même pas pu atteindre la dernière position de jeu, parce que mes bras étaient trop courts! J’ai commencé mestudes avec le trombone classique  pour bien apprendre les fondements du jeu et de la technique. Assez rapidement, j’ai commencé à improviser. Je suis allée dans une école à Los Angeles et j’ai étudié avec Walter Smith III.

PanM360 : Qu’est-ce qui vous influence le plus dans votre écriture?

Kalia Vandever : L’improvisation, assurément. Mais je suis aussi très influencée par la mélodie et par la voix. J’ai toujours écouté beaucoup de chanteuses, depuis que j’étais jeune, surtout Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, pour en nommer quelques-unes. Mon approche au trombone est très lyrique et vocale.

PanM360 : Je perçois également ce déploiement de la voix du trombone dans votre musique. L’instrument tient une place importante, étant donné cette qualité chantante.

Kalia Vandever : J’aime que la musique soit faite d’un seul son cohérent. C’est peut-être ce qui donne cette impression. Je veux aussi que tout le monde dans le groupe se sente libre en se soutenant les uns les autres, même si quelqu’un joue en solo. En général, je ne veux pas avoir une approche standard pour un quartet, où c’est la mélodie, la solo, la mélodie. Certaines pièces ont ce format, mais en général, je veux qu’il y ait un son collectif.

PanM360 : Vous menez deux projets en parallèle, le solo et le quartet…

Kalia Vandever : j’ai toujours été intéressée à la performance solo, mais c’est quelque chose que j’ai appris plus tard, je crois parce que j’avais peut-être peur d’utiliser l’électronique pendant un certain temps. Je pense que pour le premier album en solo (We Fell In Turn), j’avais seulement joué solo pendant environ un an avant de le faire. Des gens de AKP à Los Angeles m’ont entendu faire un live pendant la pandémie. J’improvisais principalement avec des pédales, je me layerais et j’explorais ce monde sonore. Ils m’ont entendu et ils m’ont demandé si j’avais pensé à enregistrer ce matériel (non, je n’y avais pas pensé). Ils m’ont soutenue en faisant ça, alors je suis allée à la maison de mon ami à New York, il est un très bon ingénieur, il s’appelle Liam Edmond, et on a installé des microphones, et j’ai enregistré l’album. C’est un espace sonore plutôt méditatif. Je pense que les gens le trouvent très relaxant. J’évoque aussi mon héritage hawaïen dans ma musique en solo. Beaucoup du travail que j’ai fait ces dernières années a été solo, et c’est ce qui m’a aussi conduite à enregistrer l’album qui vient d’être sorti, qui s’appelle Mana et qui est en quatuor.  C’est agréable de voir comment le solo et le quatuor s’influencent dans ce dernier.

PanM360 : Vous aimez les longues lignes, chantantes, patientes. Cela est lié à un trait de votre caractère?

Kalia Vandever : Oui, je me concentre plus sur l’intention et la patience. Je pense que je me sens le plus ‘’grounded’’ quand je joue de cette façon.  Je pense généralement à l’arc d’un solo ou d’un ensemble et moins à la courte durée d’un solo. Cela dit, la patience avec laquelle je joue est surtout liée à la concentration sur la tonalité et l’intention derrière la mélodie plutôt que de jouer très lentement pour le principe.

PanM360 : C’est en effet un album très chill, très reposant, presque ambiant. Quels sont vos modèles?

Kalia Vandever : Mon tromboniste préféré est J.J. Johnson. C’est le premier tromboniste que j’ai transcrit quand j’étais à l’école. J’ai été influencée par lui, mais également par Melba Liston et Slide Hampton. Je les écoutais beaucoup, et je les écoute encore aujourd’hui.

PanM360 : Parlez-moi de la contribution de vos partenaires, particulièrement mary Halvorsen. Elle crée des sonorités tellement originales! J’ai lu une critique qui parlait de son jeu ‘’élastique’’. Un terme approprié.

Kalia Vandever : Avant de lui demander de jouer avec moi, je connaissais la réputation et la musique de Mary depuis un certain temps. Je suis allée avec elle dans un programme que j’ai fait il y a des années appelé Next Jazz Legacy. J’ai pu jouer sa musique avec elle et on a joué quelques concerts ensemble. Quand j’ai commencé à écrire la musique sur Another View, je l’avais en tête et je ne savais pas si elle serait disponible parce qu’elle était très occupée. J’ai demandé et elle était excitée d’en faire partie. C’est naturel qu’elle soit partie de ce projet car je l’entendais en écrivant la musique.

PanM360 : Merci

Mis de l’avant pour une 22e année par La Compagnie du Nord qui gère aussi des carrières dont celle du groupe phare Le Vent du Nord, le festival Chants de vielles se tient du 3 au 5 juillet à Saint-Antoine-sur-Richelieu et accueille un public féru de trad: la programmation est ambitieuse pour une structure de cette petite taille, voyez quelques noms: Édith Butler qui se passe de présentation, Los Vega de Veracruz dans le Golfe du Mexique, Otone de Gascogne, Vishtèn des Maritimes ou Le Vent du Nord du Québec sont au nombre des artistes qui partageront les scènes érigées au coeur du village. Nicolas Boulerice et Geneviève Nadeau nous en causent avec passion et enthousiasme !

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW D’ALAIN BRUNET

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Le Festival International de Jazz de Montréal se poursuit ce jeudi 2 juillet. Principal programmateur jazz sous la direction artistique de Maurin Auxéméry, Modibo Keita vous confie ses choix pour le JOUR 8 du FIJM 2026! Chaque jour du festival, Modibo vous propose le parcours le parcours idéal des jazzophiles pour PAN M 360 !

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW RÉALISÉE PAR ALAIN BRUNET

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Le Studio TD était rempli pour assister au concert gratuit de la harpiste Brandee Younger, accompagnée du batteur Allan Mednard et du contrebassiste et bassiste électrique Junius Paul, ce 29 juin à 22 heures. Rapidement, le public s’est laissé envoûter par ce trio très soudé musicalement, qui a débuté le concert par une pièce de Alice Coltrane, celle qui, avec Dorothy Ashby, a introduit la harpe dans l’écosystème musical du jazz, durant les années 60. 

Elle voulait rendre un hommage senti à cette pionnière. Mais aujourd’hui, avec huit albums derrière elle, Brandee Younger a créé son propre style. 

« C’est toujours sympathique et chaleureux de venir à ce Festival de Jazz de Montréal. Le public est exceptionnel », m’a-t-elle confié en entrevue, au lendemain de son spectacle. « Il est très investi dans la musique et, sur la scène, nous le sentons ». 

La musique entendue a été majoritairement constituée de son plus récent opus, Gadabout Season, qui est paru en 2025. 

Comment la harpe est entrée dans sa vie? « Une femme qui travaillait avec mon père possédait une harpe, qu’elle jouait en dilettante. J’avais 11 ans, je jouais de la flûte. Mes parents m’ont convaincue de prendre des cours privés de harpe, pressentant que ça pourrait mener à une bourse d’étude à l’université, si j’étais bonne ». C’est exactement ce qui s’est produit. 

« J’ai vraiment étudié la musique classique, très sérieusement », raconte Brandee. « Mais j’allais souvent voir des spectacles de jazz. À l’école secondaire, je jouais aussi du trombone; il y avait cette attraction pour une musique plus populaire, que j’écoutais à la radio: hip-hop, R&B. Je m’amusais à reproduire ces pièces avec ma harpe ». 

Finalement, elle a choisi de s’affranchir du formalisme de la musique classique, bien qu’elle en écoute toujours aujourd’hui. 

Lors de sa performance au studio TD, cette virtuosité grâce à sa formation s’entend. En même temps, elle utilise des pédales d’effets qui font que sa harpe peut sonner comme un koto japonais, ou encore comme un instrument électrique réverbéré. 

Elle invente sans arrêt de nouveaux sons. Et ses deux fidèles accompagnateurs se fondent parfaitement avec elle dans une subtilité absolue. 

Comment sa musique a-t-elle évolué entre son premier album, The Brandee Younger 4tet, paru en 2014 et Gadabout Season, onze ans plus tard?

« Au début, j’écrivais beaucoup de partitions de cuivres et ça me permettait de me cacher, avec une section rythmique qui jouait fort »,dit-elle en rigolant. « Ma harpe n’était jamais à l’avant plan, alors qu’aujourd’hui, dans une formation en trio, je ne me cache plus ».

Cette transparence était très évidente au Studio TD, lors de longues improvisations de chacun des membres du trio, qui étaient dans un trialogue synergique. Le bassiste, Junius Paul, remplaçait son contrebassiste habituel, Rashaan Carter, mais rien n’y paraissait. 

Parallèlement à sa carrière solo, Brandee Younger adore collaborer avec des artistes de hip-hop. « C’est la new-yorkaise en moi », s’exclame-t-elle. 

« Le hip-hop, c’est une science, c’est de la poésie. Évidemment, il y en a du mauvais, mais quand c’est bon, c’est fantastique ». 

Cette ouverture à tous les styles de musique est la marque de commerce de Brandee Younger. Ce premier juillet, elle célèbre son 43eme anniversaire, ce qui, en principe, lui laisse beaucoup de temps pour innover. 

Sa harpe n’a pas fini de nous parler. 

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Le concert de Joshua Redman, lundi, a débuté par ce que l’on pourrait qualifier de rupture par rapport à son style habituel. Son groupe a interprété « A Message To Unsend », le premier titre de son dernier album, *Words Fall Short*, un morceau mélancolique en 7/8 à la mélodie triste. Son solo d’ouverture s’est inscrit dans l’ambiance du morceau, s’en tenant principalement à des phrases lyriques sobres avant de passer le relais au pianiste Paul Cornish. Cette ouverture étonnamment morose du concert a pris fin avant même la fin du morceau, car Redman est rapidement revenu pour un deuxième solo, débordant cette fois d’énergie et explorant toute la gamme du saxophone, comme le savent bien ses fidèles auditeurs. Ces changements de tonalité ont été une constante tout au long du concert, mettant en valeur la grande capacité du groupe à maîtriser l’énergie de sa prestation.

Il convient de noter que le groupe de Redman est entièrement composé de jeunes talents prometteurs du jazz, tous âgés de bien moins de 35 ans. Paul Cornish, le bassiste Philip Norris et le batteur Nazir Ebo sont sans aucun doute des noms à suivre de près.

L’un des moments forts du concert a été le morceau « Borrowed Eyes », avec le long solo de contrebasse de Norris. Il a joué avec un phrasé d’une lyrisme impressionnant et des touches occasionnelles de langage blues, remplissant la salle d’une sonorité comme peu de contrebassistes parviennent à le faire. Tout aussi mémorable fut l’improvisation collective sur « She Knows », en particulier le jeu d’interaction entre le saxophone de Redman et le piano de Cornish, qui imitait (intentionnellement ou non) le gazouillis des oiseaux dans une forêt.

Soit dit en passant, c’est toutefois lors du rappel que le concert a atteint son apogée, lorsque le groupe a interprété « Jig-A-Jug », un morceau de blues tiré de son album des années 90 *Spirit of the Moment : Live at the Village Vanguard*, répondant ainsi à une demande qu’ils avaient reçue auparavant d’un auditeur anonyme mais persévérant. C’est là que les choses se sont vraiment déchaînées, chaque membre semblant savourer cette forme familière de blues et profiter pleinement de l’instant. Joshua Redman joue avec une certaine extravagance qui, venant de n’importe qui d’autre, pourrait paraître égocentrique. Mais quand on le regarde, on voit bien qu’il ne le fait pas pour se mettre en avant ; il le fait pour se divertir – et il y parvient parfaitement.

PAN M 360 a eu l’occasion de s’entretenir avec Joshua Redman au lendemain du concert. Il a évoqué l’état actuel du jazz, ses projets à venir et bien d’autres sujets encore.

PAN M 360 : Dans le monde du jazz, il existe une longue tradition selon laquelle des musiciens confirmés lancent la carrière de jeunes talents en les intégrant dans leur groupe. Le choix d’avoir un groupe composé de musiciens plus jeunes sur votre dernier album [Words Fall Short] et pour cette tournée était-il délibéré, ou s’agissait-il simplement des musiciens avec lesquels vous aviez envie de jouer ?

Joshua Redman: Non, pas du tout. Et c’est drôle, tout à coup, on me pose tout le temps ce genre de questions, comme si, d’un coup, j’étais devenu le « vieux » (rires). Je veux dire, je reconnais bien sûr que dans pratiquement tous les groupes où j’ai joué auparavant, il y avait soit des musiciens de ma génération ou très proches de moi, soit des musiciens plus âgés, soit un mélange des deux. Et c’est la première fois que je fais partie d’un groupe avec des musiciens d’une génération complètement différente, et j’ai l’âge d’être leur parent ! Mais je n’ai jamais fait le choix délibéré et conscient de rejoindre un groupe de jeunes. Ce n’était pas du tout ça. Ce groupe a vu le jour parce que j’ai enregistré un album avec la chanteuse, Gabrielle Cavassa, où en sommes-nous ? Nous avons enregistré cet album avec une formation de musiciens de haut vol. Brian Blade était à la batterie, Joe Sanders à la basse, Aaron Parks au piano, et nous savions que ce groupe ne pourrait pas partir en tournée sur le long terme pour ce projet. Je savais, dès la préparation de la tournée, que je devais constituer un groupe capable de s’engager sur une longue période. Je cherchais donc un groupe composé d’excellents musiciens qui correspondraient vraiment à ce projet et qui, je l’espérais, s’y engageraient. J’ai beaucoup écouté et demandé autour de moi, et maintenant, c’est un peu gênant à dire, mais on peut faire beaucoup de recherches sur Internet, tu sais, on voit des extraits sur YouTube ou ailleurs. J’ai même donné quelques concerts avec ces musiciens avant le début de la tournée, dans différentes formations. J’étais donc vraiment convaincu que c’était le bon groupe pour ce projet. Et ce groupe s’est en quelque sorte formé en jouant de la musique qui n’avait pas été composée à l’origine pour eux ni interprétée par eux auparavant. Et, tu sais, ces gars-là, ils étaient capables d’apprendre la musique si vite, mais aussi de manière si approfondie, et d’aller droit au cœur de chaque chanson. C’était comme si, quoi que je leur propose, ils arrivaient à en faire quelque chose de génial. Du coup, j’ai commencé à leur proposer des compositions originales, je crois que c’était à l’automne 2024. Je me suis dit : « Oh, j’adorerais faire un album avec ces gars-là. » On a donc enregistré *Words Fall Short*, un album de compositions originales, et on est en tournée depuis sa sortie en juin de l’année dernière. On a d’ailleurs un nouvel album. C’est un autre album entièrement composé de morceaux originaux. C’est un double album. Il ne sortira probablement pas avant la fin de l’année prochaine.

PAN M 360 : Nous avons donc un peu parlé des fossés générationnels. Diriez-vous qu’il existe des différences notables entre les milieux du jazz dans lesquels vous évoluez aujourd’hui et ceux de vos débuts ?

Joshua Redman: C’est une très bonne question. Je veux dire, tout d’abord, je tiens à préciser que, même s’il s’agit de musiciens plus jeunes, issus d’une autre génération, ma relation avec eux n’est vraiment pas différente de celle que j’entretiens avec les musiciens de ma propre génération. En fait, je ne considère pas ce groupe différemment des autres groupes que j’ai pu suivre.

PAN M 360 : Je n’essaie pas forcément d’être, disons, un mentor ou quoi que ce soit de ce genre.

Joshua Redman: Non, je ne vois vraiment pas les choses comme ça. J’ai l’impression d’apprendre bien plus d’eux qu’ils ne pourraient jamais apprendre de moi. Et puis, j’ai énormément de respect pour eux, pour leurs points de vue individuels et pour ce qu’ils apportent en tant que groupe. En tant que leader du groupe, mon objectif est simplement d’essayer de créer les conditions permettant aux musiciens d’exprimer pleinement leur individualité, tout en s’inscrivant dans un véritable contexte collectif. C’est donc à moi qu’incombe cette responsabilité. Je choisis les morceaux, j’en compose la plupart, je réfléchis à la manière de structurer les sets et je dirige les répétitions quand nous avons la rare chance de pouvoir répéter, mais je peux honnêtement dire que je n’interagis pas avec eux différemment de la façon dont je le ferais, disons, avec Brad Mehldau, Christopher McBride ou Brian Blade, tu vois ? Une partie de la beauté de cette musique réside dans le fait que, oui, il y a une grande histoire et un héritage, ainsi qu’une tradition de mentorat. Mais il y a toujours tellement de fertilisation croisée et d’interaction entre les générations dans cette musique – je pense même plus que dans d’autres formes de musique – que pour moi, le jazz peut en quelque sorte faire tomber toutes les frontières théoriques qui séparent des personnes de générations différentes, de milieux différents ou quoi que ce soit d’autre. Quelle était la question initiale ?

PAN M 360 : Je me demande si, en ce qui concerne le fonctionnement des choses, le milieu a beaucoup changé depuis tes débuts.

Joshua Redman: C’est difficile à dire. Je veux dire, j’ai fait mes débuts à une époque où, tu sais, il y avait en quelque sorte… enfin, ce n’était pas comme s’il y avait eu une renaissance du jazz, parce que musicalement, le jazz a toujours été en pleine forme. Mais on a assisté à une sorte de regain d’intérêt en ce qui concerne la place du jazz dans la culture populaire. L’industrie du disque était dans une situation très différente, n’est-ce pas ? Tu sais, avant le streaming. Je pense donc qu’il y avait plus d’opportunités pour les musiciens. Il y avait plus de concerts, plus d’endroits où jouer. C’était plus facile d’organiser des tournées. C’était plus difficile d’enregistrer un album. Aujourd’hui, c’est tellement facile d’enregistrer un album, ce qui est génial. Mais il y a juste… je ne veux pas dire qu’il y a une surabondance, mais il y a tellement de musique qui circule, et c’est tellement facile de faire écouter cette musique aux gens, tu vois, mais est-ce que les gens écoutent vraiment ? Et je veux dire, il y avait des « gardiens », et ce n’étaient pas forcément les bons, mais au moins il y avait un filtre, tu vois. Aujourd’hui, il y a tellement de choses qui sollicitent notre attention, et on vit à une époque où les gens n’ont plus d’attention, n’est-ce pas ? Je pense donc que c’est différent. Mais la musique, je pense, se porte très bien. Je veux dire, je joue avec trois des meilleurs musiciens qui, selon moi, jouent aujourd’hui. J’ai de la chance. Il y a tellement de jeunes musiciens talentueux qui émergent, tu vois, tout va bien se passer.

PAN M 360 : Oui, j’entends beaucoup de musiciens dire, et je le constate moi-même, que la scène a toujours existé, qu’elle soit ou non au premier plan du grand public, ou qu’elle soit visible par ceux qui n’en font pas partie.

Joshua Redman: Je pense que oui. Je pense que la seule chose à laquelle il faut faire attention, quand la scène n’est pas encore très ancrée dans la culture, et aussi avec le développement des conservatoires et de l’enseignement du jazz – ce qui est formidable –, c’est le risque de voir cette scène devenir plus fermée. Je veux dire, bien sûr, les musiciens jouent de la musique pour d’autres musiciens. Bien sûr, ce sont les autres musiciens qui vont le mieux s’identifier à votre musique, la comprendre, en saisir le langage et les rouages mieux que quiconque. Je pense qu’il est naturel pour les musiciens de vouloir être acceptés et reconnus par leurs pairs, mais je pense aussi qu’il est très important pour eux, en particulier pour les musiciens de jazz, d’avoir l’occasion de jouer leur musique devant des personnes qui ne sont pas musiciennes et qui n’ont pas suivi de formation musicale. Les musiciens qui le font ne manquent pas. Mais je pense que, surtout au sein de ce que j’appellerais, faute d’un meilleur terme, le jazz acoustique « grand public », il y a peut-être un peu plus de risques que ce genre devienne un peu trop éloigné et un peu trop replié sur lui-même. 

PAN M 360 : En parlant de ce nouvel album, beaucoup de titres sont tirés de passages littéraires. Est-ce un concept que vous aviez prévu dès le départ ou qui s’est développé au fur et à mesure ?

Joshua Redman: Non, ce que je veux dire, c’est que souvent, quand j’écris des morceaux, j’ai rarement un titre, tu vois ? Et puis, au bout d’un moment, je me décide pour quelque chose ; parfois le titre change, mais au final, j’essaie de saisir quelque chose de ce que je ressens par rapport à la musique. Et l’une des forces et des faiblesses du jazz instrumental, c’est qu’il n’y a pas de paroles, ce qui rend l’interprétation d’autant plus libre. Et quand je choisis un titre, je cherche à en trouver un qui, d’une manière ou d’une autre, rende compte d’une partie de la signification de la musique sans pour autant la restreindre trop. Mais c’est juste comme ça que ça s’est passé. Je n’ai jamais écrit de chanson sur un livre ou un passage. Je ne suis pas un grand lecteur, mais la littérature a eu une influence profonde sur moi. Ça m’a semblé tout naturel.

PAN M 360 : Ça s’introduit peut-être par osmose.

Joshua Redman: Oui, oui.

PAN M 360 : Super. Bon, j’aimerais parler un peu du concert d’hier soir. J’ai remarqué que beaucoup de tes solos prenaient des directions assez différentes. Plus précisément, quand tu as joué « A Message to Unsend », tu as fait deux solos, et l’un d’eux était un peu plus… je dirais qu’il y avait plus de retenue, et qu’il restait en phase avec l’ambiance de la mélodie principale du morceau, puis plus tard, tu es revenu avec une plus grande amplitude dynamique. Je me demandais : est-ce qu’il t’arrive parfois d’entamer un solo avec une idée préconçue de ce qu’il va donner ? Est-ce que tu le prépares un peu, ou est-ce que tout vient spontanément ?

Joshua Redman: Bon, en fait, la réponse facile, c’est non. Parce que pour moi, c’est de l’improvisation, et il y a quelque chose de sacré là-dedans, tu vois ? Ça ne veut pas dire que je ne vais jamais jouer deux fois la même chose, bien sûr, je joue la même chose des millions de fois. Je pense qu’il existe un idéal platonicien de l’improvisation, qui consiste à créer quelque chose de totalement et complètement nouveau sur le moment, quelque chose qui n’a jamais été dit auparavant, une réaction à ce que l’on ressent et à ce que l’on pense à cet instant précis. Et je pense que c’est un idéal qui vaut la peine d’être poursuivi, mais c’est aussi un idéal impossible. Je veux dire, nous utilisons le langage, nous développons le langage par la pratique, par osmose, par l’écoute. Et je n’aime pas trop l’idée de la mémoire musculaire, parce que je veux que tout donne l’impression d’être intentionnel, mais, tu sais, quand on est en plein cœur d’une « bataille » musicale ou quelque chose comme ça, il y a forcément une certaine automatisation qui s’installe. Du coup, je n’ai jamais cette impression de me dire : « Bon, voilà ce que je veux jouer sur ce solo, à ce moment-là. » Vous savez, pour moi, l’important, c’est simplement d’être dans l’instant présent et de laisser les choses se dérouler de la manière la plus spontanée et la plus naturelle possible. Cela dit, comme on joue ces morceaux soir après soir, et qu’ils ont tendance à s’inscrire à des moments précis dans le récit global du concert, je pense qu’il y a des arcs naturels, texturaux et émotionnels qui font partie intégrante du sens de la chanson. Donc, pour ce morceau, « A Message to Unsend », qui est souvent celui avec lequel on commence, pour simplifier à l’extrême, c’est un peu comme un grand arc. Vous voyez ? Je joue, il y a un petit arc, puis [Paul Cornish] prend le relais, puis je reprends à mon tour, et d’un point de vue structurel et émotionnel, on monte vers une sorte de point culminant à la fin du tout dernier pont de la chanson. Puis ça redescend, l’énergie chute de manière assez spectaculaire et ça redevient très intime. Donc, en ce sens, une certaine signification a été intégrée à la chanson.

PAN M 360 : On finit par trouver sa propre façon de jouer, j’imagine.

Joshua Redman: Oui, oui. Mais à l’intérieur de ça, il y a de grandes différences.

PAN M 360 : Je sais que tu as dit que tu avais beaucoup tourné pour promouvoir ce nouvel album. Tu as toute une série de concerts prévus cet été et cet automne. Est-ce que tu composes beaucoup de musique quand tu es en tournée ?

Joshua Redman: Non. En fait, j’ai écrit très peu de chansons en tournée. J’en ai écrit quelques-unes, mais ces derniers temps, j’écris très rarement. Il y a eu un moment où je me suis dit : « Peut-être que je n’écrirai plus jamais de chanson. » Et puis j’ai écrit tout un tas de chansons pour ce groupe ! Il arrivera un moment où je ne pourrai plus jouer, [et] je n’arrive pas à imaginer ce que ça va donner. Mais je peux imaginer un moment où j’aurai peut-être simplement l’impression de n’avoir plus rien à écrire, tu vois ? Je crois que Stevie Wonder a dit qu’on n’avait droit qu’à, disons, une centaine de bonnes chansons – je suis sûr que ce n’est pas vrai, parce qu’il en a probablement 500 – mais parfois, quand j’écris quelque chose, je me dis : « Oh, c’est cool. » Et puis, je prends du recul et je me dis : « C’est exactement comme ce que j’écrivais il y a 15 ans. » Ouais, on verra bien !

Photo by Benoît Rousseau

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