Immanuel Wilkins, 38 ans, est considéré comme l’un des saxophonistes alto et improvisateurs les plus accomplis de la scène jazz actuelle. Son articulation phénoménale, sa sonorité aux multiples nuances et sa grande créativité font de lui l’un des meilleurs. Mais il n’est évidemment pas une grande star auprès du grand public ; pour l’instant, ce sont surtout les musiciens et les connaisseurs qui l’admirent. Essayons donc de le faire connaître davantage ! Originaire de Pennsylvanie, il vit à New York, où il a étudié à la Juilliard School auprès de Bruce Williams, Steve Wilson et Joe Temperley. Son premier album en tant que leader, Omega, est sorti en 2020 avec le même noyau de musiciens qui a joué au Festival de jazz de Montréal : Micah Thomas au piano, Daryl Johns ou Ryoma Takenaga à la basse, Kweku Sumbry à la batterie. Ces musiciens ont également enregistré le récent album live au Village Vanguard.C’est donc pour cette raison que PAN M 360 vous propose cette interview avec ce grand virtuose afro-américain du saxophone, improvisateur et compositeur. Immanuel Wilkins a généreusement répondu à nos questions, quelques heures avant son excellent concert du 27 juin.

PAN M 360 : Je te connais depuis les années 2010.

Immanuel Wilkins : Oh, d’accord. Tu es donc dans le milieu depuis un bon moment.

PAN M 360 : Oui, on dirait bien ! Tu es donc issu d’une grande lignée de saxophonistes alto.

Immanuel Wilkins : Absolument.

PAN M 360 : Tu sauras mieux le décrire et l’expliquer que moi.

Immanuel Wilkins : Ouais, mec, enfin, ouais, pour moi, je veux dire, ouais, les gens avec qui j’ai grandi… Mon premier coup de cœur, c’était Kenny Garrett quand j’étais jeune, mais ensuite…

PAN M 360 : Un sax alto très puissant.

Immanuel Wilkins : Ouais, exactement, ouais, génial, genre, je veux dire, un son très riche. Ouais, j’ai commencé par écouter Kenny, et ensuite, je suis passé à Johnny Hodges et Ben Webster, et plein de saxophonistes ténors aussi, genre…

PAN M 360 : Johnny Hodges avait un jeu très doux, très différent de celui de Kenny Garrett !

Immanuel Wilkins : Oui. C’était un grand musicien, je l’adore. Et puis, à la fac, j’ai commencé à écouter Ornette Coleman, et Ornette a vraiment changé la donne pour moi. C’était… c’était le meilleur, le meilleur à mes yeux.

PAN M 360 : As-tu eu l’occasion d’assister à des concerts du groupe Prime Time ?

Immanuel Wilkins : Oh, mec, j’aurais bien aimé mais je devais étudier quand j’étais vraiment jeune, mais j’ai étudié avec deux membres de Prime Time.

PAN M 360 : Avec Jamaaladeen Tacuma ?

Immanuel Wilkins : Ouais, ouais, exactement, Jamaladeen, qui était à Philadelphie, et cet autre type, Charles Ellaby.

PAN M 360 : Ouais, je sais, j’ai vu ça, enfin, je suis vieux, donc je les ai vus quelques fois.

Immanuel Wilkins : Oh, c’était génial, ouais, mec, j’aurais bien aimé les voir, mec, c’est un super groupe.

PAN M 360 : Des années plus tard, heureusement, on assiste à un regain d’intérêt pour le jazz et tu fais clairement partie de ce nouvel élan historique dans le monde du jazz après tant d’années.

Immanuel Wilkins : Ouais, tout à fait.

PAN M 360 : Comment te situes-tu dans tout ça ?

Immanuel Wilkins : Je veux dire, je me vois au milieu d’une bande d’amis avec qui j’ai fait mes études, tu vois ? J’ai l’impression d’avoir eu de la chance en déménageant à New York. Rien que les noms de ces gens : Gifton Gellin, Kalia Vandever, Leslie Mock, Joel Ross, James Francis, Jeremy Dutton, pour n’en citer que quelques-uns.Je veux dire, il y avait tellement de gens qui, genre, en arrivant en ville, avaient à peu près mon âge et faisaient de la super musique, et c’était vraiment sympa de pouvoir commencer à bosser avec eux assez tôt, tu vois ?

PAN M 360 : Ouais. Et tu retournes souvent à Philadelphie ?

Immanuel Wilkins : Ouais, tout à fait. J’y passe environ 50 % de mon temps. D’accord, 50 %, merci. J’ai mon appartement à New York, mais je suis tout le temps à Philadelphie.

PAN M 360 : Parlons maintenant de ce que vous présentez lors de cette tournée estivale, après la sortie du Volume 1 au Village Vanguard chez Blue Note Records.

Immanuel Wilkins : Ouais, mec, je veux dire, c’est une période géniale pour nous. J’ai l’impression que c’est la première fois qu’on prend vraiment conscience du temps qu’on a passé ensemble. Tu vois, c’est la première fois qu’on prend conscience de notre ancienneté en tant que groupe. Tu vois ce que je veux dire ? On approche bientôt des dix ans, et d’ici un an ou deux, on en sera peut-être à dix. Je crois qu’on en est à environ huit maintenant. Et je pense, ouais, que cette période marque en quelque sorte un tournant où on a l’impression d’être, tu vois, d’être une véritable entité. On a l’impression qu’il y a une sorte de synergie et qu’il y a, en quelque sorte, un langage entre nous, tu vois, qui relève presque de la télépathie.

Et j’ai l’impression que pour mes trois premiers albums, j’étais vraiment obnubilé par les enregistrements conceptuels.

Mais pour celui-ci, je me suis senti plus libre de faire de la dynamique de l’ensemble le concept même. Tu vois, c’est ça le sens. Le sens, c’est justement la façon dont quatre personnes travaillent ensemble, tu vois. Et donc, ouais, ça a été génial. Ça fait du bien.

PAN M 360 : Si l’on parle de direction artistique et de la voie que vont emprunter votre ensemble et votre propre esthétique dans un avenir, disons, proche… Peut-on s’attendre à quelque chose dans le registre des expressions jazzistiques ?

Immanuel Wilkins : Waouh, c’est une bonne question. Je n’ai aucune idée de ma place dans le paysage du jazz en ce moment, mais j’ai vraiment l’impression d’essayer sans cesse de me réinventer et de me lancer des défis pour faire des choses différentes. Ouais, j’ai l’impression d’être constamment à la recherche de la prochaine étape. Donc, oui, je pense que le véritable objectif, le véritable objectif, c’est d’avoir des gens qui écoutent la musique, qui s’engagent pleinement à l’écouter, tu vois, qui font confiance et qui accordent le bénéfice du doute à l’artiste. Tu sais, je pense que c’est la chose la plus importante qu’un auditeur puisse faire.

On apprend beaucoup en tant qu’auditeur et on apprend beaucoup en tant que musicien de cette manière-là, tu vois, c’est comme ça que j’aime être. Je veux me sentir libre d’expérimenter et de faire, tu vois, des trucs fous, tu vois, sans que ça mette fin à ma carrière, sans que ça m’empêche d’avancer dans ma carrière.

PAN M 360 : Tu sais si bien faire les deux !

Photo by ProductionsNOVAK

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En ouverture de l’édition 2026 du Festival de Lanaudière 2026, Nicolas Ellis dirigera l’Orchestre de l’Agora pour la quatrième fois dans le cadre du Gala de la Terre, initiative écologiste qui accumule des fonds pour la préservation de l’environnement. La version lanaudoise 2026 de l’événement focalisera son action bienfaitrice sur le fleuve Saint-Laurent, ‘’de Montréal à la Gaspésie’’, selon les mots de Nicolas Ellis. 5$ par billet ira dans une cagnotte qui soutiendra toutes sortes d’initiatives de conservation un peu partout le long du fleuve. Pour l’occasion, un programme musical baigné de sonorités et de couleurs inspirées de la nature ; le Sacre du Printemps de Stravinsky, la rarement jouée Symphonie gaspésienne de Claude Champagne, une oeuvre pour chants de gorge inuit et orchestre de katia Makdissi-Warren et du Ravel chanté par la soprano Julie Fuchs. J’ai parlé de tout cela avec le chef, Nicolas Ellis.

INFOS ET BILLETS

Le Festival International de Jazz de Montréal se poursuit ce mercredi 1er juillet. Principal programmateur jazz sous la direction artistique de Maurin Auxéméry, Modibo Keita vous confie ses choix pour le JOUR 7 du FIJM 2026! Chaque jour du festival, Modibo vous propose le parcours le parcours idéal des jazzophiles pour PAN M 360 !

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW RÉALISÉE PAR ALAIN BRUNET

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Aux Chants de Vielles, l’objet de Paruline est de présenter la matière d’un premier album, À ceux qui veillent . En après-midi, un concert acoustique précédera un programme complet, déployé dans la nuit de samedi à dimanche. Couche-tôt s’abstenir !  Paruline possède ce pouvoir de mêler les sonorités traditionnelles québécoises à l’indie folk ou à l’indie rock. Est-il besoin d’ajouter que Paruline pourrait fort bien déborder le cadre trad et conquérir un vaste public… tout en conservant ses acquis ! Et c’est sur le terrain des acquis que PAN M 360 fait connaissance avec  Paruline,  peu avant les prestations données à Saint-Antoine-sur-Richelieu, aux Chants de Vielles.

Paruline est mené par Charles Labrèche, dont le verbe puise dans notre littérature orale, légendes et récits traditionnels traversés d’une sensibilité actuelle.  Jeremy Fortin lui a posé ces questions pour PAN M 360:

PAN M 360 : Pourrais-tu nous parler des raisons t’ayant poussé à choisir le nom de Paruline ?

Charles Labrèche : Paruline, c’est parti de l’idée de vouloir mettre une figure d’oiseau comme élément central de mon projet. Dans la chanson traditionnelle québécoise, il y a beaucoup d’oiseaux qui sont évoqués, dont le rossignol ou l’hirondelle, tout ça. Mais, moi, je voulais trouver un nom d’oiseau un peu plus funky et un oiseau qui vole au Québec. Donc, je suis tombé sur le mot Paruline, puis ça m’a inspiré et, depuis ce temps-là, c’est toujours resté.

PAN M 360 : Quelles sont  tes inspirations pour le projet? Que forge l’identité musicale de Paruline?

Charles Labrèche : En fait, c’est parti de ma grande passion pour la musique Trad québécoise. C’est vraiment l’élément central de ma démarche, mais après ça, j’ai voulu inclure aussi toutes les influences musicales qui m’ont marqué au courant de mon plus jeune temps. J’écoutais beaucoup de musique rock, alternative, folk, etc. Je suis très familier avec plusieurs groupes, comme Alt-J, Fleet Foxes, Bon Iver, Harmonium, et plusieurs autres projets qui m’ont beaucoup influencé pendant mon adolescence. J’ai trouvé intéressant de combiner l’esthétisme traditionnel québécois avec la musique que j’écoutais, sans nécessairement les fusionner. Pour le texte, je m’inspire beaucoup de la chanson traditionnelle, mais aussi de toutes les légendes et les récits traditionnels québécois, donc je m’inspire de légendes, je les raconte en chansons. C’est un beau mélange de tout ça, en fait.

PAN M 360 : Voudrais-tu me parler un peu de l’album que tu as sorti l’année dernière dont tu fais présentement la promotion? C’est quand même un projet sur plusieurs années, considérant que Paruline est né pendant la pandémie si je ne me trompe pas?

Charles Labrèche : Oui, j’ai effectivement commencé à écrire des chansons pour mon propre plaisir pendant la pandémie. Cependant, le projet a réellement pris forme en 2024. Nous avons été sélectionnés aux Francouvertes, ce qui nous a permis de former un groupe et de nous produire sur scène.

Entre la pandémie et l’année 2024, j’ai révisé ces esquisses de chansons avec mon ami Thierry Clouette, qui a coréalisé l’album. Après notre participation aux Francouvertesm plusieurs opportunités supplémentaires se sont présentées. Nous avons donc décidé de produire l’album.

On a sorti un album intitulé À ceux qui veillent , l’automne dernier. Çai regroupe toutes les chansons qu’on a faites au cours des dernières années. Ce sont toutes des compositions originales à l’exception de deux chansons traditionnelles qu’on a reprises. Je suis heureux de l’écho que cet album a reçu jusqu’à présent : on a eu la chance d’aller présenter notre premier concert à l’international en Écosse en janvier dernier, et on s’est aussi produits au cabaret festif de Baie-Saint-Paul.

 Bref, nous avons eu de nombreuses occasions de présenter le résultat de notre travail. Nous sommes donc ravis d’aller au Chant de Vielles cette fin de semaine, car assister à des festivals de musique trad est toujours un plaisir pour nous. C’est vraiment notre univers, alors nous sommes heureux de partager notre projet.

PAN M 360 : Dans la nuit de samedi à dimanche, tu présentes donc ton concert. À quoi les gens peuvent-ils s’attendre d’un concert de Paruline?

Charles Labrèche : Ah mon Dieu, beaucoup d’ambiance ! Il y a des moments beaucoup plus intimistes, des moments où ça lève beaucoup, je pense qu’il y a une belle variété au niveau de l’intensité de l’atmosphère, puis il y a une mise en scène aussi qui a été faite par Delphine Véronneau, avec ce spectacle-là, qui nous amène vraiment dans le monde de l’album, sans toutefois être un peu trop dramatique.

On ne joue pas des personnages, on joue vraiment nous-mêmes qui présentons nos chansons ne devient pas des conteurs, on n’embarque pas nécessairement dans un monde, mais tu sais, on rentre quand même en immersion avec les chansons, puis c’est un beau spectacle, j’espère vraiment que les gens vont répondre à ce nouveau concept de spectacle nocturne, en tout cas, j’espère que les gens vont être au rendez-vous, je les invite à être parmi nous, ça risque d’être un moment bien spécial, d’autant plus que c’est dans une église, donc l’ambiance risque d’être bien particulière avec l’acoustique et tout, donc on a très, très hâte.

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Rachel Therrien, Québécoise, trompettiste, flugelhorniste et compositrice est omniprésente au Festival International de Jazz de Montréal, cette année. Elle supervise la série Compositeurs Jazz, qui se déroule tous les soirs au Cabaret L’Entracte. Notre collaborateur Michel Labrecque en a discuté avec elle.

PANM360: Rachel Therrien, vous avez ressuscité le série Compositeurs jazz au FIJM, et c’est quelque chose qui vous tient vraiment à coeur?

Rachel Therrien: Cette série avait été instituée en 2013, au défunt Bleury Bar à Vinyle, qui était tout près d’ici. Ça a duré pendant huit ans. Le concept de cette série est de créer des groupes avec des musiciens qui n’ont jamais joué ensemble. Par groupes de cinq musiciens chaque soir. C’est une expérience!

PANM360: Donc c’est de l’improvisation totale?

Rachel Therrien: Pas exactement. Chacun des musiciens apporte deux compositions. Ils ont trois heures pour choisir et répéter. Ça se déroule au nouveau club de jazz qui s’appelle l’Entracte (1112 Ste-Catherine ouest), du 28 juin au 3 juillet à 22 heures.

PANM360: On entendra autant des musiciens locaux que d’ailleurs. C’est en partie vous qui les avez choisi?

Rachel Therrien: Avec l’aide d’une bonne amie, saxophoniste elle-même, Simone Leblanc. Le concept c’est de mélanger à la fois les musiciens tout autant que les générations, les anglos et les francos et de voir ce que ça donne. Dans les précédentes éditions, ces concerts improbables ont créé des ponts et des collaborations entre musiciens.

PANM360: Qui entendrons-nous, parmi ces trente musiciens : six concerts fois cinq musiciens égale trente ?

Rachel Therrien: Les deux premiers concerts ont déjà eu lieu. Le 30, nous entendrons la chanteuse québécoise Marie-Jeanne Paquet; deux trombonistes de New-York, Matt De Leon et Trevor Turla, Jean-Philippe Grégoire à la guitare, le batteur Aaron Dolman, qui travaille autant avec des gens de rock que de jazz et le bassiste Dave Watts.

PANM360: Juste cette affiche paraît alléchante. Et ça va se poursuivre pendant quatre autres soirs. Sans les nommer tous, parlez-nous de certains points forts.
Rachel Therrien:
Par exemple, nous avons Karina Colis et Dan Martinez, deux musiciens mexicains d’origine installés à New-York, membres entre autres du groupe de cumbia Chicha Libre. Nous aurons aussi Christine Jensen et Bill Mahar, deux vétérans de la scène montréalaise, mais tellement brillants.

PANM360: Et vous, vous allez jouer le 1er juillet?

Rachel Therrien: Absolument et j’ai très hâte. J’insiste beaucoup pour inciter les gens à venir voir les concerts de cette série. Parce que ce sont des concerts uniques, qui ne seront jamais reproduits. Avec des musiciens de « backgrounds » vraiment différents, d’origines différentes. Vous allez entendre quelque chose de spécial.

PANM360: Rachel, vous avez d’autres concerts pour ce festival et des projets. Nous en reparlerons bientôt. En attendant, pour en savoir plus: https://montrealjazzfest.com/fr/programmation/serie-compositeurs-jazz-e008594

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Le lundi 29 juin, sur la scène principale en plein air du Festival de jazz de Montréal, le trompettiste et chanteur Keyon Harrold, lauréat d’un Grammy, présentait son album « Foreverland », qui transcende les genres, accompagné d’un groupe à la hauteur : Nir Felder à la guitare, Shedrick Mitchell aux claviers, Brad Adam Miller à la basse et Charles Haynes à la batterie, sans oublier la participation remarquable d’une chanteuse, Ogi (de son vrai nom Ogi Ifediora), une magnifique contralto nigériano-américaine spécialisée dans le R&B et la soul.

Elle s’est jointe au groupe de jazz à certains moments du concert, et c’était du pur bonheur ! Là où le jazz rencontre le véritable R&B et le hip-hop afro-américains. Bien sûr, Keyon Harrold est l’un des solistes de trompette les plus renommés de l’univers jazz-pop, très acclamé par un large public mais également respecté par les puristes. Ce qui lui confère une grande crédibilité. Nous, chez PAN M 360, avons d’ailleurs eu la chance de l’interviewer quelques heures avant son concert à Montréal.

Ce concert aurait pu être intitulé Miles and me par son leader ; lisez cette interview pour comprendre comment Keyon Harrold rend hommage à Miles Davis, né il y a 100 ans.

PAN M 360 : On te connaît depuis un certain temps déjà. Tu as percé il y a environ dix ans, et aujourd’hui, nous, les amateurs de jazz, suivons ta carrière de près. Tu es de retour à Montréal après y avoir participé plusieurs fois à ce festival. On sait aussi que tu participes à de nombreux enregistrements pop, hip-hop, R&B ou soul pour des superstars. Tant de stars ! Cela dit, tu n’es pas à mi-chemin entre la pop et le jazz. Tu fais ton propre truc. Alors, comment décrirais-tu la dernière étape de ton parcours ?

Keyon Harrold : Je décrirais ces deux dernières années comme mon passage de l’arrière de la scène à l’avant de la scène. Encore une fois, j’ai travaillé avec tant d’artistes incroyables et sur tant de projets différents, de Raphael Saadiq à Jay-Z, en passant par Beyoncé, Maxwell, Common, Mary J. Blige, etc.

C’est toujours formidable et génial de participer à des collaborations et de faire partie de certains projets, mais c’est aussi formidable de mettre ma musique au centre de mes préoccupations et de faire de mon art un moyen d’expression. Avoir mon propre message est donc quelque chose de spécial. Je ne prends pas cela à la légère ; je respecte le chemin parcouru pour y parvenir.

Ces dernières années, j’ai donc surtout cherché à m’affirmer davantage, plus que toute autre chose. Et il y a un problème quand on est doué pour beaucoup de choses : on a tendance à se mettre soi-même au second plan.

Ces dernières années, j’ai donc adopté une approche structurée pour aller de l’avant, faire ma propre musique, organiser mes propres concerts et donner la priorité à mes propres objectifs et à ma propre musique.

PAN M 360 : Parlons un peu de ta musique, de la façon dont elle se construit en ce moment. Alors, qu’est-ce que tu nous réserves pour cet été ?

Keyon Harrold : Eh bien, pour ce concert en particulier, nous célébrons le centenaire de Miles Davis. En tant que trompettiste, j’ai en quelque sorte été désigné comme l’héritier de… Vous savez, je travaille avec la succession de Miles Davis, Vince Wilburn – un grand merci à Vince Wilburn et à Aaron Davis, le fils de Miles. Nous menons donc de nombreux projets.

Cette année, nous avons beaucoup travaillé avec le Miles Davis Electric Band et j’ai rendu plusieurs hommages pour célébrer le centenaire de Miles Davis. J’intègre donc des éléments de Miles Davis, pour montrer l’amour et la reconnaissance que j’ai pour ce qu’il a apporté à mon identité d’artiste. J’utilise cela dans certaines de mes propres compositions et je vais les entremêler d’une manière très spéciale. Je parle, vous voyez, de morceaux tirés de Bitches Brew et d’autres albums. Et on va simplement, vous voyez, les entremêler. J’appelle ça en quelque sorte « Miles et moi », en référence au spectacle que je vais vous présenter aujourd’hui.

C’est ma musique, mais avec des touches des morceaux classiques de Miles Davis, juste pour lui rendre hommage. Je veux dire, on a donné un concert au Carnegie Hall qui était, tu vois, dans le même esprit. Donc, encore une fois, je ne peux pas m’oublier quand je présente ma musique, mais en même temps, je tiens à rendre hommage au grand Miles Davis.

PAN M 360 : On sait donc qu’il y a plusieurs concerts hommage prévus dans le cadre de la tournée ; Marcus Miller en organise un, Butcher Brown et Nicholas Payton en organisent un autre, pour ne citer que ceux qui auront lieu au MTL Jazzfest.

Keyon Harrold : Oui, il y en a d’autres, comme John Beasley, qui présente un spectacle intitulé, je crois, « Limitless Miles ». C’est avec Sean Jones, Marcus Strickland et quelques autres musiciens. On voit donc qu’il y en a plusieurs.

PAN M 360 : Puisque tu es un excellent trompettiste, laisse-moi te demander ce que tu retires du style de Miles ? Tu es trompettiste. Que retires-tu de son style ? Je sais que tu ne joues pas comme Miles, tu as ton propre style. Donc tu t’en inspires et tu t’en fais ton propre style.

Keyon Harrold : Tu sais, encore une fois, j’ai travaillé sur le film consacré à Miles Davis avec Don Cheadle, qui a remporté un Grammy et a été nominé pour toute une série de prix. Donc Miles, encore une fois, a joué un rôle essentiel dans ce que je suis en tant que musicien, en tant qu’artiste, et plus particulièrement en tant que trompettiste. C’est important pour moi.

Ce que j’en ai retenu, ce sont différents concepts, différentes façons d’arranger les groupes, de réunir les gens et de faire confiance au processus. En gros, il s’agit de ne pas en faire trop et de s’entourer de musiciens capables d’enrichir la musique. Je ne veux pas prendre le dessus sur les autres éléments. Je veux que les artistes restent des artistes.

Le programme consiste donc en une alternance entre ma musique et des influences de Miles Davis. Je jouerai notamment des morceaux tirés de Birth of the Cool, de Bitches Brew et de certains des grands classiques du quintette. Le répertoire de Miles Davis. Mais, encore une fois, cela ne dominera pas mon programme, car ce sont mes morceaux, tirés de mon album Foreverland.

PAN M 360 : Un peu comme Miles, en quelque sorte, parce qu’il était un immense directeur artistique. Plus que tout autre chose. Oui, c’était bien plus qu’un musicien, bien plus qu’un compositeur. Je pense qu’il était le directeur artistique par excellence.

Keyon Harrold : Donc, tu vois, encore une fois, c’est un peu comme le meneur de jeu ou, disons, comme quelqu’un qui… je ne veux pas dire un « marionnettiste », mais une personne capable de vraiment imaginer comment ces différentes personnes vont s’harmoniser ensemble. Comme mon groupe, tu vois, aujourd’hui : Nir Felder, Cedric Mitchell, Charles Haynes et Dan Mitchell. Je sais ce qu’ils peuvent apporter à la musique que je leur propose.

Je sais que, d’accord, je vais leur donner ça et ils vont le faire, tu vois, aller dans ce sens-là. Ils vont l’étirer dans ce sens-là. Ils vont lui donner du groove de cette façon-là. Ils vont, tu vois, étirer les harmonies dans ce sens-là.

PAN M 360 : Donc tu t’appuies sur leur personnalité.

Keyon Harrold : Absolument. Donc, tu vois, si c’était un autre groupe de personnes, je ferais une musique différente. Tu vois, j’essaie pas de forcer, tu vois, de faire entrer un cercle dans un carré. Je laisse les gens être eux-mêmes et je me contente de flotter au-dessus de tout ça. Ouais.

PAN M 360 : Depuis plus d’un siècle, le jazz est un genre hybride, joué partout dans le monde. Il est devenu un langage international en s’inspirant des racines afro-américaines. Comment te situes-tu dans ce contexte ?

Keyon Harrold : Écoute, dans le panthéon de la musique vraiment géniale, tu sais, celle issue des traditions de la diaspora africaine, j’ai l’impression de m’y intégrer vraiment, vraiment, vraiment, vraiment bien. Il n’y a donc aucun doute là-dessus.

Tu sais, encore une fois, d’un point de vue culturel et simplement en comprenant, tu vois, l’idée du groove, en saisissant l’idée de, tu vois, cette âme qui doit faire partie de chaque chanson, qui doit faire partie de chaque concert. Tu vois, la vérité que je dois y apporter vient de, tu vois, elle repose sur une lutte. Mais en même temps, cette lutte se transforme en une certaine forme de joie.

Je ne tiens donc pas pour acquis le fait d’utiliser mes talents, mes histoires, mon énergie pour, en somme, inspirer la communauté, inspirer partout où je vais dans le monde. Ce n’est pas… Je ne tiens pas pour acquis d’avoir la chance de, en somme, inspirer les gens. Et c’est une chose magnifique.

Photos by Frédérique Ménard-Aubin

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Le Festival International de Jazz de Montréal se poursuit ce mardi 30 juin. Principal programmateur jazz sous la direction artistique de Maurin Auxéméry, Modibo Keita vous confie ses choix pour le JOUR 6 du FIJM 2026! Chaque jour du festival, Modibo vous propose le parcours le parcours idéal des jazzophiles pour PAN M 360 !

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW RÉALISÉE PAR ALAIN BRUNET

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Ascenseur pour l’échafaud est une trame sonore mythique. Miles Davis l’a improvisée en quelques heures, dans la nuit du 4 au 5 décembre 1957. Son atmosphère feutrée, nocturne, est devenue une signature emblématique d’un certain style de musique de film urbaine, et maintes fois copiée depuis. En 2026, le Festival international de jazz de Montréal souligne le centenaire de la naissance du fameux trompettiste. L’une des idées des programmateurs a été de demander au trompettiste montréalais Rémi Cormier de refaire, live avec la projection du film, la fameuse partition. Mais, comme le dit Rémi Cormier, Miles n’aurait probablement jamais souhaité que sa musique soit bêtement rejouée note pour note. Le Québécois propose donc SA version de cette musique inoubliable. En quoi cela consistera? Découvrez-le en écoutant l’entrevue que j’ai réalisée avec le musicien. 

INFOS ET BILLETS POUR ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD, LIVE. 

Originaire de la Guadeloupe, Marvin Caleb fait partie de cette nouvelle génération d’artistes qui redéfinissent les sonorités afro-caribéennes. Auteur-compositeur, interprète et producteur, il façonne depuis l’enfance un univers musical où le zouk, l’afrobeat, le R’n’B et le hip-hop se rencontrent naturellement. Inspiré aussi bien par Bob Marley que par Admiral T, il développe très tôt sa passion pour la création musicale grâce au beatboxing et à la production. Après Love, Engage en 2023, puis Smiley Days en 2024, il dévoile en 2025 Siwo Boy, un projet profondément personnel qui célèbre ses racines, sa persévérance et le chemin parcouru malgré les doutes. En lice pour les Révélations Radio-Canada 2026-2027, Marvin Caleb poursuit son ascension avec une identité artistique affirmée.

À l’occasion de sa présence au Festival International de Jazz de Montréal, nous le recevons pour parler de son parcours, de ses influences et de cette musique qui relie les cultures.

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Rachel Therrien, Québécoise, trompettiste, compositrice est omniprésente au Festival International de Jazz de Montréal. Aujourd’hui, 29 juin, elle sera au Upstairs Jazz Bar&Grill avec le super groupe de jazz féminin canadien The Ostara Project. Notre collaborateur Michel Labrecque en a discuté avec elle.

PANM360: Rachel, parlez-nous de ce groupe de Jazz féminin The Ostara Project, peu connu chez nous?

Rachel Therrien: C’est un groupe pan-canadien qui a été initié en 2022 par Jodi Proznick, contrebassiste de Vancouver et Amanda Tosoff, pianiste de Toronto. Nous avons sorti trois albums, dont le plus récent qui s’intitule Roots. C’est un ensemble qui regroupe des « band leaders »,des femmes qui dirigent des ensembles et qui ont leur propre carrière solo. Il y a la batteuse québécoise Valérie Lacombe, la saxophoniste Claire Devlin, originaire d’Ottawa, mais qui habite à Montréal. Et pour cette tournée, nous avons Kim Zombik à la voix. Le personnel change souvent.

PANM360: Pourrions-nous comparer le Ostara Project au super groupe féminin américain Artemis, qui a compté parmi ses membres Cécile McLorin Salvant et la saxophoniste Melissa Aldana, entre autres?

Rachel Therrien: C’est exactement le même concept. Au-delà de la musique que nous faisons ensemble, le Ostara Project comme Artemis, est une plateforme qui met en valeur le travail de chacune d’entre nous, mais également d’autres artistes féminines qui collaborent avec nous.

PANM36: Qu’est-ce que ça représente de créer de la musique entre femmes?

Rachel Therrien: Nous vivons ce que vivent les hommes depuis des lustres dans leurs All Man Bands et c’est un bon feeling (rires). Ma première expérience d’un groupe entièrement féminin était le Diva Jazz Orchestra, qui est un big band américain entièrement féminin qui existe depuis 35 ans. Mais cette fois-ci, c’est un plus petit ensemble, dont le niveau musical est extrêmement élevé. Nous savons toutes comment organiser une tournée. Ça nous permet de nous connecter entre femmes. Récemment, nous avons joué avec la tromboniste d’Edmonton, Audrey Ochoa, qui est fantastique.

PANM360: Les deux concerts de ce soir, 29 juin, au Upstairs Jazz Bar&Grill, clôturent la tournée actuelle de Ostara?

Rachel Therrien: Depuis le 19 juin, nous avons tourné partout au Canada. Après le Festival de Jazz d’Ottawa, la tournée se termine à Montréal.

PANM360: Rachel Therrien, ce concert ne constitue qu’un de vos morceaux au Festival International de Jazz de Montreal. Nous poursuivons la conversation demain.

Rachel Therrien: Parfait , j’ai encore beaucoup de choses à raconter.

Crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin

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Le Festival International de Jazz de Montréal se poursuit ce lundi 29 juin. Principal programmateur jazz sous la direction artistique de Maurin Auxéméry, Modibo Keita vous confie ses choix pour le JOUR 5 du FIJM 2026! Chaque jour du festival, Modibo vous propose le parcours le parcours idéal des jazzophiles pour PAN M 360 !

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Adrian Quesada, guitariste et producteur basé à Austin, la ville la plus musicale du Texas, n’est pas très connu sur nos territoires. Chez lui, il est reconnu comme un musicien qui à réinventé la musique latine du Texas, également appelé Tejas, quand ce territoire appartenait au Mexique. 

« Je suis binational, j’ai des parents mexicains mais j’ai grandi du coté américain de la frontière. Je suis biculturel et même multiculturel, ça définit en grande partie mon son », me raconte Adrian Quesada en entrevue.

Ce 27 juin, Quesada offrait un concert instrumental avec son Trio Asesino, une nouvelle formation créée par le guitariste, qui vient de faire paraître un album. Le quatuor, virtuellement inconnu, s’est retrouvé devant une foule impressionnante…qui se présentait pour entendre Angine de Poitrine deux heures et demie plus tard! 

C’est la deuxième visite au FIJM pour Adrian Quesada. La première fois, c’était avec le groupe mythique de Austin, Grupo Fantasma, qui est né au début des années 2000. Qui a joué à l’occasion avec Prince. 

« C’est un groupe qui a mis à jour la musique latine aux Etats-Unis », raconte Quesada. « Nous étions dix, influencés par la cumbia, la salsa, l’Afrique et le rock. Il y avait beaucoup d’improvisations, un peu comme dans le jazz » Pour moi, ce furent des années très formatrices » .

Grupo Fantasma existe toujours, mais Adrian Quesada s’en est séparé depuis plus d’une décennie. Il a remporté la Grammy de 2011 pour le meilleur album de rock latin. 

De retour sur la scène TD, Quesada et son trio « d’assassins » berce la foule dans de longues plages instrumentales, lors desquelles l’organiste noir au chapeau de cowboy s’éclate abondamment dans des solos. Se dégage un son cinématographique, qui fait planer, avec des inflexions à la fois latines, jazz et rock. Ce n’est pas le rock microtonal de Angine de Poitrine, mais le public tape du pied. 

Une autre incarnation musicale de Adrian Quesada s’appelle Black Pumas. Un duo plutôt soul, qui chante en anglais, avec le chanteur Eric Burton (ne pas confondre avec le Britannique Eric Burdon).

« J’ai toujours eu envie de faire de la musique soul; j’avais fait quelques pièces instrumentales et quelqu’un m’a présenté Eric Burton et il a apporté ses chansons et c’est parti pour deux albums », dit Quesada en entrevue. Le succès du groupe a étonné Quesada. Après deux albums, réalisés en 2021 et 2023, le groupe est mis sur pause. 

Car Adrian Quesada multiplie les projets différents. Ainsi, Boléros Psicodélicos, est né et a donné deux disques, en 2022 et 2025.

« Au départ, je voulais faire un hommage aux groupes mexicains des années 60 et 70, qui ont commencé à mélanger les influences latines avec le rock et la surf music de Californie. Puis j’ai ajouté des compositions et j’ai fait appel à des chanteurs des États-Unis autant que d’Amérique latine », nous énonce le guitariste en entrevue. Il ajoute que ce projet a été conçu à l’époque de la Covid-19. J’adore ces deux albums. 

Psychédélique ou Psicodélico en espagnol, est un terme qui revient souvent pour décrire la musique du Texan. C’est une sorte de fil conducteur, mais ce psychédélisme est toujours remis à jour avec des influences plus contemporaines. 

Pour parler de son récent projet, qu’il nous a présenté sur scène, samedi, 

Il nous dit: « j’avais envie d’un projet plus intime de musique instrumentale, cinématique. J’écoutais des trios de jazz et je voulais un peu reproduire cette atmosphère ». 

La Scène TD, qui attendait Angine De Poitrine, n’était peut-être pas le lieu idéal pour créer une écoute attentive. Ne reste pas moins que, dans l’espace réservé aux médias, ce groupe a provoqué une curiosité. À voir pour la suite. 

Adrian Quesada n’a pas fini de nous étonner: son prochain album sera issu d’une résidence au studio londonien Abbey Road. « il sera largement consacré au hip-hop, une de mes passions depuis l’adolescence », avoue-t-il. Pourquoi pas?

Je ne vous ai pas tout dit. Explorez l’univers d’Adrian Quesada et vous allez trouver d’autres pépites. 

J’avais une autre question avant de le quitter: qu’arrive-t-il avec la scène musicale de Austin? Cette ville historiquement connue pour sa diversité musicale est en croissance fulgurante en raison des nombreuses entreprises de haute technologie, qui transforme la région en profondeur. 

« La scène musicale est encore très vivante; la problème est bien sûr la hausse astronomique des loyers. Mais les gens, y compris les nouveaux arrivants, continuent de soutenir la musique. Et la communauté musicale s’entraide ».

Tant mieux. Bon courage pour la suite avec la présidence de ce monsieur qui ne mérite même pas qu’on le nomme.

Photo Benoît Rousseau

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