Le violoncelliste et compositeur Vincent Bélanger et son entreprise Productions (VBMP) présentent l’exécution sur scène deSonge, un album de musique de chambre de son cru. Ce nouvel opus est constitué de compositions originales où le violoncelle, la contrebasse, le violon, la harpe et la voix humaine ont la part belle dans les arrangements, et aussi d’adaptations de Jean-Sébastien Bach ou même de feu le compositeur André Gagnon qui en est une des principales inspirations. Le Songe a été réalisé de concert avec le producteur torontois Jay Lee, réputé dans le milieu audiophile international. Enregistré à l’église Saint-Benoît de Mirabel,Songe maximise l’acoustique naturelle du lieu, ce qui a d’ailleurs incité son concepteur, aussi ambassadeur de la firme anglaise de haute fidélité Audio Note, à préparer une tournée des églises du Québec et de l’Est ontarien, afin d’en faire ressortir les qualités acoustiques. Avant que les dates de cette tournée ne soient rendues publiques, ça commence ce samedi 28 février à la magnifique église de la Visitation. Songe d’un après-midi d’hiver, il va sans dire. L’interview qui suit nous en dit beaucoup plus, voici donc Vincent Bélanger interviewé par Alain Brunet.

Dominique Fils-Aimé poursuit une trajectoire artistique rigoureuse avec la sortie de son cinquième album, My World is the Sun, deuxième chapitre de sa nouvelle trilogie. Conçu comme un album-concept, l’opus explore la transmission intergénérationnelle et le rôle structurant des éléments naturels dans son parcours personnel et créatif. Ses trois premiers albums — Nameless (2018), Stay Tuned! (2019) et Three Little Words (2021) — formaient une première trilogie articulée autour des racines de genres afro-américains : le jazz, le blues et la soul. Avec Our Roots Run Deep (2023), elle amorçait un nouveau cycle, plus introspectif et ancré dans l’héritage. Le troisième extrait, « PHOENIX RISING », s’accompagne d’un double vidéoclip signé par Vladim Vilain et Miryam Charles, prolongeant visuellement cette réflexion sur la mémoire, la résilience et la renaissance. Notre journaliste Keithy Antoine s’est entretenue avec l’artiste pour PAN M 360.

Crédit: Vladim Vilain






Elle est Brésilienne, elle est photographe et depuis récemment elle est organisatrice d’événements culturels mais pas n’importe lesquels. En novembre 2025, Renata Carmo s’était fait connaitre grâce à son événement très réussi qui soulignait le Mois de la conscience noire, l’équivalent brésilien du Mois de l’histoire des Noirs, à Montréal. Après un séjour au Brésil durant les fêtes de fin d’année, elle revient encore plus énergisée pour lancer la toute première édition du Mois de l’histoire des Noir.e.s brésilien.ne.s. Même si la population brésilienne est large à Montréal, la communauté noire brésilienne est moins nombreuse et encore peu connue. C’est justement la mission que s’est donnée Renata en créant Racines Cor d’Anil et son projet mêlant photographies et entrevues afin de mettre en lumière ses compatriotes. Les deux premières activités qui ont eu lieu les 14 et 21 février étaient au-delà des attentes de Renata et elle s’attend à un succès pour la soirée du 28 février qui incluera une roda de samba. Sandra Gasana l’a rencontrée, alors qu’elle sortait de son cours de danse, pour lui parler des plans pour le 28 février mais également pour en savoir plus sur ces nombreuses casquettes.





À l’occasion de son passage à Club S.A.T., Amselysen présente sur scène l’aboutissement d’un projet qui a longuement mûri : American Vulgarities, You’re My Lucky Star. Il affine une proposition plus incarnée, plus frontale. À travers cet entretien, il revient sur l’évolution du live, les influences de ses années en band, ainsi que sur la dimension conceptuelle de l’album, où se croisent fiction politique, ironie et stratégie marketing pensée comme geste artistique.

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La performance comme aboutissement

PAN M 360 : Tu vas présenter ton projet à Club S.A.T. Tu as récemment fait une tournée en Europe avec American Vulgarities, You’re My Lucky Star. Est-ce que c’est ce projet que tu vas présenter à la SAT?

Amselysen : Ça va être vraiment l’aboutissement du matériel de American Vulgarities, You’re My Lucky Star. C’est un album qui est en phase finale et qui se prépare pour parution tranquillement.

J’ai eu la chance de faire la tournée en Europe, ce qui m’a permis de peaufiner une partie du matériel. La première présentation du prototype, c’était le 31 mai 2025. Après, je suis parti en tournée avec l’album et j’ai composé quelques nouvelles chansons.

J’ai pu raffiner tout le processus. À Club S.A.T., ça va être l’aboutissement final de cette tournée-là. C’était un privilège de pouvoir vivre cet album en live avant sa sortie, une chance que je n’ai pas toujours eue avec mes anciennes parutions.

PAN M 360 : Qu’est-ce que la tournée a changé dans ta manière d’aborder le projet?

Amselysen : La première fois que j’ai performé en live, je me suis rendu compte que ce qui m’intéresse et ce qui intéresse les gens, c’est quand je prends le micro. Ça a été la première étape vers le retour à une dynamique plus incarnée. Ensuite, je me suis dit que, maintenant que tout était remis sur la table et que je n’avais plus besoin de respecter un barème technique auto-imposé, c’était le moment de ramener la guitare basse dans ma musique.

J’avais un band auparavant, largement inspiré par le duo californien The Garden, qui m’a donné le courage de publier de la musique. C’était un pastiche de leur formation, guitare, basse, chant et drum.

J’ai repris la basse comme un instrument lead, très frontal sur certaines pièces. Il y a aussi de la percussion live, des mini extraits de beatboxing ajoutés pour donner un peu de saveur à des drums très électroniques, composés à partir d’oscillateurs plutôt que de samples.

J’ai essayé de réinjecter de la vie dans l’ensemble. Beaucoup d’improvisations vocales, quelques interludes un peu ridicules. Par moments, ça devient presque un sketch humoristique.

PAN M 360 : Comment tes années en band influencent-elles ta pratique actuelle?

Amselysen : C’est des années à vivre la musique live à 100 %, et aussi à me planter. Ça m’est arrivé souvent, une bombe absolue sur le stage. Ça sonne comme un post LinkedIn, mais ça t’apprend la gestion du stress, comment vivre l’échec, modérer ses attentes et rattraper des accidents en situation live.

Amselysen est pensé comme un projet de concert, construit en termes de chansons, même pour les instrumentales, plutôt que selon des logiques plus strictement liées au dance music comme la techno.

PAN M 360 : Version encore plus LinkedIn?

Amselysen : Me planter sur scène huit fois m’a appris beaucoup de choses : les interactions B2B avec le public, la gestion de sa démographie et de son audience, les relations publiques, le RP, ainsi que la gestion de la défaite dans un environnement professionnel.

Un album entre fiction et réalité

PAN M 360 : Que représente le titre American Vulgarities, You’re My Lucky Star?

Amselysen : Le nom a été décidé avant les dynamiques politiques actuelles aux États-Unis. Je voulais construire une forme de docu-fiction à travers les noms de pistes, imaginer une réalité politique potentiellement terrible.

Mais plus le temps passe, plus la réalité dépasse ma fiction, qui était pourtant assez dystopique. J’ai ressenti le besoin d’accentuer le côté un peu cave, plus vulgaire du projet dans le processus.

PAN M 360 : As-tu une date de sortie?

Amselysen : Tant que rien n’est béton, je ne veux pas vendre la mèche. Je suis en discussion avec une maison de disques.

Je développe aussi la campagne marketing, qui joue un rôle central dans l’album. Elle a été pensée avec une dimension visuelle, non pas audiovisuelle, mais conceptuelle, inspirée par la théorie de la fétichisation de la musique de Theodor Adorno, La société du spectacle de Guy Debord et La part maudite de Georges Bataille.

Il y a une réflexion sur l’objectification, la commodification et la fétichisation du produit. L’idée est d’en faire presque un item fashion, un objet suffisamment intrigant pour attirer un public qui ne serait pas naturellement intéressé ou qui serait très néophyte.

Je suis en pleine production de ce matériel.

PAN M 360 : Donc le marketing devient aussi un geste artistique?

Amselysen : Écoute, il n’y a rien de plus américain que de faire du marketing une forme d’expression personnelle. Thématiquement, ça s’inscrit parfaitement dans le concept de l’album.

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​L’ensemble transculturel Oktoecho fait équipe avec les chœurs Gaïa et Phœbus présentent le programme Voix nordiques. Ce programme est présenté le samedi 21 février 2026 à 15h30, à Église de l’Annonciation d’Oka. Le tout est précédé d’une médiation à 15h : Rencontre entre chant de gorge inuit et chant choral occidental. Sous la direction de la cheffe de chœur Roseline Blain et la directrice d’Oktoecho, Katia Makdissi-Warren, ce programme propose une exploration de la nordicité à travers les voix et les traditions nordiques, scandinaves ou nord-américaines. Les chanteuses de gorge Lydia Etok et Nina Segalowitz, s’expriment dans ce processus réunissant trois ensembles sur scène et ajoutent une touche inuite au chant choral et à la musique de création de souches occidentales. Le programme met en lumière des œuvres d’Erik Bergman, Ēriks Ešenvalds, Sibelius et Mäntyyärvi, Richard Kidd et Katia Makdissi-Warren. L’interview qui suit réunit Katia et Roseline, elles nous expliquent ce sommet entre chant choral, chant de gorge et musique de chambre on ne peut plus actuelle.

BILLETS ET INFOS

21 février 2026 – 15h30

Église de l’Annonciation
181 Rue des Anges, Oka

QC J0N 1E0

SuperTotem  fut présenté une seule fois à l’automne 2019,  programme conçu conjointement par les organismes SuperMusique et Totem Contemporain. Vint ensuite la pandémie et … nous voici 6 ans plus tard. Or, l’expérience fut si concluante selon les principaux intéressés qu’un nouveau SuperTotem sera finalement présenté ce dimanche 20 février, 19h30, à l’Espace bleu  de  l’édifice Wilder. Cette nouvelle rencontre prévoit les œuvres et la participation de improvisateurs/compositeurs de SuperMusique, soit  Bernard Falaise,  Joane Hétu(avec Jean Derome), Audréanne Filion,  ainsi que  et l’inventeur d’instruments Jean-François Laporte, la Table de Babel et l’Orgue de sirènes dans le cas qui nous occupe. Ces instruments inventés côtoient les saxophones, la guitare et autres objets sonores. À l’instar de Jean-François Laporte, Émilie Girard-Charest et Audréanne Filion officieront également à la Table de Babel.

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PAN M 360 : Alors parlons de ce programme hybride, dont l’objet est le suivant : « Le concert est conçu afin de créer un dispositif spatial variable proposant une expérience d’écoute rare: le public installé autour des interprètes ayant la possibilité de changer de place entre les pièces. » 

Jean-François Laporte :  Le programme est prévu pour trois instruments de SuperMusique, trois instruments de production Totem Contemporain. Pour Totem, on aura deux tables de Babel et un orgue de sirènes. Pour SuperMusique, il y aura la guitare électrique de Bernard Falaise, les saxophones de Joane Hétu et Jean Derome, et des objets sonores communs.

PAN M 360 : Rappelons ce qu’est la Table de Babel en citant ton propre site web: « La Table de Babel se compose de deux Bols, d’un Pipe, de huit Insectes, de plusieurs Membranes vibrantes et Divas, ainsi que d’un électron de latex libre. Chaque élément a sa propre arrivée d’air comprimé et est donc contrôlé indépendamment. De plus, une pédale permet d’envoyer un puissant jet d’air supplémentaire dans The Pipe pour créer de l’articulation, dont de saisissants effets d’attaques et de sforzando. 

Jean-François Laporte :  Tout le monde dans ce programme utilise sensiblement les instruments de Totem, sauf ma pièce – étant  le fondateur de Totem, je me permets un peu de liberté  avec trois bols supplémentaires.  

La Table de Babel porte bien son nom, en référence à la Tour de Babel, qui était la rencontre de toutes les langues humaines, on va dire. Oui. Un peu l’idée de cet instrument-là, je l’ai construit en 2012 , c’était à l’origine un projet jeunesse, puis c’est un personnage, une baleine qui racontait l’histoire des requins. Pour illustrer ça, j’avais déjà tous mes instruments.

Au départ, l’instrument était un personnage avec deux gros yeux et un tuyau au centre pour le nez. Ça servait bien le propos du projet jeunesse. Je m’étais dit alors qu’il  y avait tellement de possibilités dans cet instrument qui pouvait jouer à la fois des fréquences très graves et des suraiguës, qui pouvait générer du rythme ou  pas de rythme. C’est devenu la table de Babel, le nom est le même depuis mais l’instrument a évolué, il n’est plus exactement ce qu’il était au départ. Chaque année, les choses se raffinent,  j’ai développé de nouvelles pièces avec une imprimante 3D dont j’ai appris le fonctionnement. Aujourd’hui j’ai trois modèles de tables de babel, mais ils sont tous chez moi.

PAN M 360 : Quant à l’orgue de sirène, revoilà la description officielle : « Après de nombreuses recherches et itérations, l’Orgue de sirènes se compose aujourd’hui de six sirènes (ou klaxons) : deux fondamentales à la même note, une tierce majeure, une tierce mineure, une quinte et une sirène modifiée. Deux autres sirènes sans pavillon permettent également de générer des fréquences très aiguës. L’arrivée d’air comprimé est contrôlée par un pédalier ou des robinets, ce qui permet d’obtenir une plus grande variété d’articulations (attaque, sons tenus, crescendo/decrescendo, etc.). » 

Jean-François Laporte :  L’Orgue est venu au monde quand j’ai fait la Symphonie portuaire pour la compositrice Monique Jean à la fin des années 90. J’étais installé sur un train,  j’ai eu la piqûre pour cet instrument avec lequel  j’ai souhaité ensuite faire ma propre Symphonie portuaire.  J’ai alors développé une approche plus pratique sur différentes sirènes de différents bateaux.  

PAN M 360 : Quels sont les enjeux d’interprétation dans ce programme?

Jean-François Laporte : Par exemple, Bernard Falaise s’est vraiment cassé la tête, c’est-à-dire faire en sorte qu’à chaque fois qu’on joue la pièce de sa conception, elle n’est jamais la même. Pour arriver à ça, il faut quand même se casser un peu la tête. Il faut trouver une manière de noter. Son système, c’est juste une page des lignes. La première ligne offre quelque chose de neuf. La deuxième ligne entre plus tard et suit la première avec une proposition. La troisième entre aussi avec du matériau neuf, la quatrième suivra la troisième. Puis on change, on décide ce qu’on fait à chaque interprétation. OK, je prends la ligne 2, tu prends la ligne 4, tu n’as donc jamais la même ligne à créer,  tu ne seras jamais celui ou celle qui va générer ce qui suivra. Une fois que tu es là-dedans, ça devient plus complexe. 

PAN M 360 : C’est donc de la musique improvisée.

Jean-François Laporte :  Ça ouvre la porte. Souvent, le problème avec l’improvisation, quand il y a des structures, tu suis la structure et tu n’improvises pas, tu écoutes moins. Pour le temps d’exécution, on ne veut pas de chrono. Parce qu’avec un chrono, tu penses au temps et tu cesses d’écouter ce qui se passe. On va dans cette direction, soit finir ce qu’on est en train de faire avant de commencer ce qui suivra. 

PAN M 360 : Qu’en est-il de la pièce d’Audréanne Filion?

Jean-François Laporte :  C’est une partition similaire, mais avec un peu plus de détails de choix d’instruments. Par exemple, tu vas jouer des apeaux, tu vas jouer des insectes, etc. Au niveau de la structure, ce sont des blocs.

PAN M 360 :  Pour Joane Hétu?

Jean-François Laporte : Joane propose une partition sur vidéo. La vidéo part et là, on suit les consignes en regardant l’écran. Chacun.e a son iPad avec la vidéo, nous sommes tous à la même page.

PAN M 360 : Et toi maintenant.

Jean -François : Dans ma pièce, je suis toujours dans la matière. Et depuis deux ans, je fais un virage à 180 degrés sur le rythme, c’est-à-dire que je suis en train de doter tous mes instruments de valves électroniques dans le but de faire de la musique techno, de la musique inspirée de la culture électronique e t faire fusionner la culture électronique et les cultures ancestrales.

PAN M 360 : Sinon, tu voyages partout dans le monde (Bali, USA, bientôt le Togo) avec tes instruments ou encore tu développes tes instrument dans l’atelier où tu habites dans l’arrondissement Saint-Michel.Jean-François Laporte :  J’ai acheté un duplex construit sur un double terrain, avec un énorme garage que j’ai transformé en atelier. J’y développe mes instruments sur lesquels je développe de nouveaux procédés de contrôle électronique afin de produire du son acoustique. J’ai hâte de mettre mes instruments dans les mains des Africains!

Son nom peut intriguer parfois mais il ne laisse personne indifférent. On la retrouve sur plusieurs scènes montréalaises mais également de l’autre côté de l’Atlantique, notamment en France où elle a déjà fait deux tournées. LiKouri, dont le nom est à la fois inspiré de la Chine pour Li et de ses origines libanaises pour Kouri, est autrice-compositrice-interprète, accordéoniste et conteuse. Elle a été l’une des trois finalistes lors de la vitrine de musiques métissées MUZ en 2024, et depuis lors, son ascension est fulgurante. Elle a plusieurs projets en cours mais l’un d’eux est avec son trio formé par Charles Cantin, à la guitare et Isabelle Gaudreau, à la clarinette. Ensemble, ils sont à l’origine du projet « Dans mon quartier » qu’ils présenteront lors d’une soirée au Ministère le 26 février, dans le cadre de la série de soirées métissées MOZAÏK, signée Vision Diversité. Pour l’occasion, Sandra Gasana s’est entretenue avec Li pour en savoir plus sur sa carrière et ses nombreux projets pour 2026.






Ce dimanche 22 février, 16h, Salle Pierre-Mercure, le premier concert Cartes Blanches de l’organisme Pro-Musica met en lumière le pianiste albertain Jan Lisiecki. Précédé d’une causeri animée par Maurice Rhéaume, ce programme , met en lumière deux thèmes : d’abord celui de la saison 2026 Les grands romantiques, puis un second réunissant 14 danses imaginées par des compositeurs romantiques et modernes. Ce programme a été conceptualisé et interprété par le principal intéressé, joint à Calgary pour nous en expliquer les tenants et aboutissants. 

PAN M 360 : On connaît votre carrière depuis longtemps, même si vous avez à peine 30 ans. Enfant, dès 2010, vous étiez déjà connu! Comment alors résumer votre longue progression ? Artistiquement et professionnellement?  

Jan Lisiecki : J’ai été très chanceux car j’ai commencé à jouer très jeune.

PAN M 360 : Cela dit, on sait aussi qu’il est difficile voire dangereux pour un virtuose de subir toute cette pression de l’enfant surdoué.

Jan Lisiecki : Je pense avoir oublié ces enjeux. J’ai plutôt essayé de rester honnête envers moi-même, j’ai voulu continuer à apprendre des autres, à recevoir des conseils de l’autre, à écouter. En ce sens, j’ai été très chanceux parce que même si  j’ai commencé à donner des concerts à un très jeune âge, j’ai pu vivre l’expérience de travailler avec les meilleurs musiciens sur Terre, de partager avec eux. Et lorsque tu gardes tes yeux bien ouverts, ça te permet vraiment de créer quelque chose de neuf en restant toi-même. C’est comme ça que j’ai vu ma propre évolution.

PAN M 360 : Donc il vous fallait trouver votre propre essence et l’alimenter, n’est-ce pas?

Jan Lisiecki : De plusieurs façons, je suis resté le même. J’ai appris à un très jeune à me découvrir moi-même, à essayer de savoir qui j’étais. Je pense que c’est  très important pour n’importe quel artiste qui doit se présenter au concert. Car nous sommes comme les athlètes olympiques. Il nous faut nous présenter lorsque le moment l’indique. Il y a le même type de stress, le même type de défi,  et aussi la même pression exercée sur vous.

PAN M 360 : Bien entendu, l’évaluation d’un artiste et d’un sportif diffèrent profondément.

Jan Lisiecki : Oui, absolument, et je  pense qu’une des principales différences entre un interprète classique et un athlète olympien, c’est que le soliste classique est davantage laissé à lui-même. Bien sûr, il a un professeur… et c’est tout. Tu n’as pas cette incroyable équipe de soutien pour un athlète de haut niveau. Donc, tu dois compter sur toi-même, il te faut  être capable de t’enseigner toi-même, compter sur tes propres moyens lorsque tu voyages…   

PAN M 360 : La compétition existe néanmoins, mais on est jugé selon des critères fort différents.

Jan Lisiecki : Les concours demeurent pour moi un outil incroyable,  cela m’a procuré plusieurs occasions de concerts. C’était toujours mon objectif de jouer avec un orchestre.   Je ne faisais pas les concours d’abord pour la bourse ou pour le prix,  mais surtout pour jouer avec un orchestre. À la fin, je pense que l’aspect intéressant  est de jouer pour toi-même. Bien sûr, tu joues pour ton public, mais tu joues d’abord pour toi-même, tu dois être convaincu de tes idées d’interprétation. Si tu fais ça pour plaire à quelqu’un, tu erres.. J’ai eu un prof qui me disait que d’essayer de répéter ce qui a déjà été fait est une caricature pour épater la galerie. 

PAN M 360 : Tu deviens alors un crowd pleaser. 

Jan Lisiecki : Exact.

PAN M 360 : Comme joueur, où vois-tu tes améliorations et accomplissements récents  ?

Jan Lisiecki : En tant que pianiste, je suis très heureux de découvrir le répertoire, c’est une source quasi illimitée. Par exemple, j’ai joué assez récemment un concerto de Prokofiev pour la première fois. C’était un peu étrange pour moi,  très différent de ce que j’avais fait auparavant.

Pour moi, en termes de technique, je pense que le dernier grand pas était quand j’ai fait des cours avec le professeur Marc Durand, qui était à l’époque à l’École de Musique de Glenn Gould, à Toronto. Il m’avait vraiment aidé à créer des sons. J’étais toujours concentré sur la beauté des sons. J’aimais le pianissimo, mais la projection n’était pas vraiment mon objectif.

Je ne voulais pas jouer très fort. Marc Durand m’avait alors aidé à créer quelque chose de plus grand.

PAN M 360 : Quels sont vos prochains défis en tant que joueur ? 

Jan Lisiecki : Honnêtement,  je ne vois pas quelque chose qui me fasse peur. J’ai travaillé avec des chanteurs, avec des violonistes, j’ai joué avec de grands chefs, des orchestres symphoniques, des orchestres de chambre, de petits ensembles…  Il faut aussi savoir comment travailler avec un chanteur, comment respirer avec lui ou elle, découvrir des langues avec lesquelles vous n’êtes pas complètement à l’aise.

PAN M 360 : Où êtes-vous basé?

Jan Lisiecki : Je suis encore en Calgary, j’ai aussi un lieu en Pologne. Ma grand-mère de 93 ans y vit et est encore en bonne santé.

PAN M 360 : Quelques mots sur chacune des 14 pièces  au programme de Montréal? C’est un programme ambitieux et diversifié, de Piazzolla à Martinu.

Jan Lisiecki :

Bohuslav Martinů, 3 Danses tchèques, H. 154 : Martinu est un compositeur tchèque. Très agréable. Cette musique t’emmène toujours devant. Vous pouvez aussi ressentir les éléments folk. C’est assez angulaire, je dirais. Contemporain dans ce sens, mais vous pouvez toujours sentir la ligne mélodique. Pour moi, c’est une découverte.

Manuel De Falla, Danza Española N° 2N° 1:   L’arrangement de cette pièce provient du compositeur lui-même ou approuvé par lui. C’est intéressant, parce qu’il y a cet incroyable son orchestral, cette énergie orchestrale. Et en même temps, c’est écrit pour le piano. On peut s’imaginer en Espagne. C’est le but de ce programme, un voyage à travers le monde des danses. 

Karol Szymanowski, 4 Danses polonaises, M60 :  Dans mon programme précédent, j’avais un ensemble de pièces de Szymanowski qui n’était pas si difficile à jouer mais très difficile à mémoriser, tellement d’étonalité et d’harmonies compliquées . Ce ne me semblait pas toujours logique mais ici, c’est plus simple. C’est un mélange de dissonance et de consonance, et nous avons ce rythme de danse polonaise au milieu de tout ça. Ça m’a pris un peu de temps à y trouver ma propre voix.

Franz Schubert, 16 Danses allemandes, D. 783 :   On n’associe pas Schubert à la musique de danse, peut-être n’est-ce pas sa force. En fait, ces 16 danses sont de très courtes pièces et comportent beaucoup de répétitions. J’ai pu lire tout ça assez facilement en un jourm après m’être questionné : « Oh! Que vais-je faire musicalement avec ça? » Néanmoins, c’est pour moi l’un des meilleurs moments du programme, parce qu’il y a tellement d’énergie, d’élégance, et aussi, il y a tellement d’espace pour faire des changements à cause de la répétition. Je peux m’amuser en concert et décider de faire spontanément quelque chose de différent.

Béla Bartók, Danses folkloriques roumaines, Sz. 56 :  D’aucuns sont familiers avec ces danses. Or, souvent, les arrangements ne sont pas très bons alors qu’ici, nous avons la version originale. Je pense que la clé ici, c’est  la transition : quand on passe de Schubert à Bartók, on reste dans la même clé, et on continue avec le même flux de la danse. On n’a pas l’impression d’être dans un monde complètement différent. Et je pense que pour cette raison, Béla Bartók fonctionne très bien. 

Alberto Ginastera, Danzas Argentinas, Op. 2: Ginastera est un compositeur fantastique pour le piano,  et ce sont ici trois grandes danses. Dans la première danse, on a un style incroyable d’écriture,  la deuxième est à mon sens une des plus belles pièces de ce programme avec à la fois a cette élégance  étoffée par l’adversité, à défaut de quoi ce serait trop kitsch. Et ça débouche sur une danse du hors-la-loi. Très technique, très exigeant … C’est juste fou!  Frédéric Chopin, Grande valse brillante, Op. 18 : Cette valse est absolument magnifiques. Qui plus est, très amusante à jouer. Puisqu’ il y a beaucoup de répétitions dans cette pièce, vous avez beaucoup de flexibilité dans la façon de l’exécuter. C’est l’un des morceaux que j’ai le plus joués.

Johannes Brahms, Valse, Op. 39 N° 3: De Chopin, on passe directement à l’une des deux valses de Brahms que j’ai souvent jouées. Quand j’ai joué la N°3 à Vienne plus tôt cette année, on m’a demandé si c’était Chopin. Cela repose sur un montage délicat dans ce programme et cela constitue un interlude charmant pour ce qui suit

Frédéric Chopin, Valses, Op. 34, N° 1 et N° 2  & Johannes Brahms, Valse, Op. 39 N° 15:

Ces morceaux ont été composés dans la même période. Bien sûr, mais vous ne pensez pas vraiment à Brahms et Chopin. Brahms est plus sombre, plus grave alors que Chopin a toujours été romantique. Or, cette alternance montre aussi les points communs, l’assemblage de ces pièces importe aussi, au-delà de la préparation de l’exécution. Les deux morceaux de Chopin sont merveilleux. Chopin avait mis de l’avant sa propre vision, son monde de couleurs et d’émotions qui n’existent que dans sa musique. 

Astor Piazzolla, Libertango:  J’ai toujours aimé le tango, mais aussi le bandonéon que j’aimerais apprendre à jouer, ce serait tout un défi d’y parvenir. Pour l’instant, c’est le plus loin que j’ai pu me rendre avec cette musique. Cette transcription intègre le piano et le bandonéon, les lignes communes de l’écriture et  l’improvisation, ce qui le rend très délicate à jouer techniquement parlant. Astor la jouait lentement et maintient une tension magnifique bien avec son quartette (piano, bandonéon, contrebasse, violon). Pour ma part, je continue d’expérimenter avec cet arrangement de Nikola Kuznetsov. C’est un tango  argentin très dissonant, très énergique. ntin très dissonant, très énergique, très moderne. 

Isaac Albéniz, España, Op. 165 n° 2: TangoNous avons ici, encore une fois dans ce programme, un contraste entre la pièce précédente et celle d’Albéniz, avec moins de tension, sorte de danse élégante.

Manuel De Falla, Danse du feu (Ritual Fire Dance) :  Encore une fois, nous avons cette grande énergie espagnole. Super!

Frédéric Chopin, Polonaise en la bémol majeur, Op. 53 : C’est un travail de Chopin réalisé  tard dans sa vie. Je pense que l’audience va l’apprécier, c’est un bon moyen de conclure.. 

PAN M 360 : Pourquoi avez-vous choisi les danses comme thème principal de ce programme? 

Jan Lisiecki : Mon dernier programme était fondé sur les préludes, le précédent sur les nocturnes, et voici les danses. C’est une sorte de continuité et aussi une façon de créer un programme original. Bien sûr, réunir des oeuvres merveilleuses que les gens adorent, c,est très bien mais c’est aussi très bien et différent de concevoir un tel programme, créer un arc, une cohésion thématique

PAN M 360 : En somme? Jan Lisiecki : J’ai cherché à atteindre un équilibre intéressant,  trouver le moyen de montrer non seulement les Beethoven, les Chopin, les Mozart, mais aussi de trouver ces perles et les présenter au public.

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Le 60e anniversaire de la SMCQ met l’accent sur le dialogue intergénérationnel, et voici venir une puissante réplique de sa frange émergente. Ce vendredi 20 février, Salle Pierre-Mercure,  Ensemble Éclat  et le le Quatuor Mémoire sont mis à contribution pour six créations mondiales, rien de moins. Œuvres originales de Olivier St-PierreLily KoslowLouis-Michel TougasJeffrey Fong et Geneviève Ackerman, Ce programme sera lié par la parole, la compositrice et artiste multidisciplinaire Geneviève Ackerman y récitera des textes poétiques de Frédérik Dufour, en olus de signer la scénographie de ce programme inédit. Si vous visionnez l’interview qui suit, vous aurez tôt fait de contempler la profondeur intellectuelle, la culture et l’éloquence de Geneviève Ackerman, qui prend la parole pour ses collègues émergents s’apprêtant à charger cette carte blanche de substance créatrice.

BILLETS ET INFOS ICI

PROGRAMME:

Participant·es

Concepteur·trices

Programme

  • Poème 1 — récitation
  • In Between (2026), 10:00 Jeffrey Fong – flûte, clarinette, harpe, piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse – Création
  • Poème 2 — récitation
  • in girum (2026), 12:00 Louis-Michel Tougas – voix, flûte, clarinette, percussions, piano, harpe, violon, violoncelle et basse électrique – Création
  • Poème 3 — récitation
  • Ave verum corpus (2026), 8:00 Geneviève Ackerman – percussions, violon, alto, violoncelle et contrebasse – Création
  • Poème 4 — récitation
  • everything waiting for midnight (2026), 10:00 Lily Koslow – voix, flûte, hautbois, clarinette, percussions, piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse et instrument électronique – Création
  • Poème 5 — récitation
  • Figurae (2026), 15:00 Olivier St-Pierre – quatuor à cordes, flûte, hautbois, clarinette, percussions, harpe, piano, violon, alto et contrebasse – Création
  • Poème 6 — récitation

Le parcours de cette flamboyante sexagénaire ne semble pas prêt de se conclure, et ce parcours sera bellement résumé sur scène ce mardi 17 février, 17h, à la salle Le 9e du Centre Eaton.

La soprano Sharon Azrieli est une figure incontournable de la culture montréalaise, québécoise et canadienne. Chanteuse lyrique pour le moins fervente, versée dans le répertoire classique mais aussi dans le Great American Songbook, dans le jazz moderne tout autant que dans le chant sacré de culture juive, Sharon Azrieli a connu une longue carrière en plus de s’avérer une mécène les plus déterminantes pour la santé de l’écosystème musical d’ici – on lui doit l’AMACC (Azrieli Music Arts and Culture Centre), prolongement naturel de la Fondation Azrieli, initiée en 1989 par son défunt père David J. Azrieli (1922-2014), richissime architecte et promoteur immobilier.

Jointe à la veille d’un spectacle qui s’annonce bien tassé (une heure pile),  haut en couleurs, PAN M 360 a joint Sharon pour nous en dire davantage.

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PAN M 360:  Comment avez-vous conçu votre menu pour Le 9e ?

Sharon Azrieli :   Ce sera un vrai concert de Montréal, un vrai concert du Québec, avec même des extraits de Gilles Vigneault !  Avec mon directeur musical, le formidable pianiste John Roney, j’ai assemblé (et non pas composé) une chanson pour le Canada. Je cherchais une chanson pro-Canada, je n’ai pas trouvé, alors John et moi l’avons assemblée à partir de plusieurs chansons canadiennes.  

PAN M 360 : Vous avez donc repris quelques fragments de chaque chanson. 

Aujourd’hui, on appelle ça un mashup !

Sharon Azrieli : Exactement, c’est ça! J’espère que nous avons bien fait ce mashup, vous allez devoir me le dire après le concert! 

PAN M 360 : D’accord!

Sharon Azrieli : En tout cas, nous avons vraiment travaillé…  J’ai fait une vraie recherche pour trouver des chansons pro-Québec et pro-Canada. Mais cette chanson n’existait pas, nous l’avons fait à partir de plusieurs chansons connues ou moins connues.

PAN M 360: Quel est le cœur de ce spectacle ?

Sharon Azrieli:  À la base, ce spectacle raconte ma vie. Et je ne suis pas une jeune femme! Or, ce qui a été préparé avec John Roney me semble fantastique ! Je danserai même avec quatre hommes merveilleux, ils me feront virevolter! 

PAN M 360: Pas exactement un récital !

Sharon Azrieli:  C’est la première fois que je fais ça. La première fois que je danse. La première fois que je parle au public de cette façon avec des monologues entre les chansons. Oui, c’est tout à fait nouveau pour moi !

PAN M 360: Quelle sera l’instrumentation du concert ?

Sharon Azrieli: Ce sera piano-voix, sans compter les hommes qui se joindront à moi sur scène. Je suis très chanceuse de travailler avec John Roney, mon pianiste et directeur musical. En plus d’être un excellent pianiste, il se montre si patient avec moi, si juste dans ses conseils… Bref, il est parfait !

PAN M 360: Un aperçu du répertoire ?

Sharon Azrieli: Comme je le disais, il s’agit de ma vie.  Je chante un répertoire varié, je ferai un extrait d’une pièce André Previn (Magic To Do),  puis l’aria O Mio Babbino Caro, un air très célèbre de Puccini (Gianni Schicchi ), peut-être le premier air d’opéra que j’ai appris. Nous commençons  au début de ma vie !

J’interprète ensuite une chanson intitulée sout simplement Chanson, tirée du film The Baker’s Wife (adaptation américaine du film français La femme du boulanger de Marcel Pagnol), composée par Stephen Schwartz, qui est interprétée à moitié en français et à moitié en anglais.

Ce qui suit est jazz, par exempleC’est si bon que j’interprète en français et aussi des extraits de George Gershwin (S’Wonderful, Our Love Is Here to Stay). On poursuit avec le mashup en hommage au Canada, je chanterai ensuite Get Happy (Harold Arlen/ Ted Koehler) que faisait Judy Garland. 

Et puis mes collègues masculins montent sur scène pour chanter. Et ce sera la première fois, vieille femme que je suis, que je danserai sur scène à la manière Broadway. Incroyable… tellement de plaisir ! Bien sûr, je pourrais trébucher, mettre le mauvais pied devant… de toute façon, le public sera étonné de me voir danser sur scène!

PAN M 360 : Ce sera divertissant, quoi qu’il advienne !

Sharon Azrieli : Je l’espère!

Il y aura donc cet  hommage à Judy Garland et puis un pot-pourri arc-en-ciel, constitué de toutes mes chansons préférées sur l’arc-en-ciel que je chante depuis longtemps et que je chante encore à mes petits enfants.

PAN M 360: Il y a aussi de la très bonne musique juive au programme, puisque ça fait partie de vous également.

Voilà ma vie: j’ai appris la musique juive de mes parents, puis j’ai appris le chant lyrique et puis… à mon âge ça devient très difficile, personne ne chante l’opéra à mon âge. Je m’estime très chanceuse d’avoir encore une voix ! Je peux encore chanter mais je ne suis pas stupide (rires) et j’essaie quand même de chanter le répertoire classique et aussi varier le répertoire vers la musique juive,  la musique de Broadway ou le jazz. Vous savez, on peut être sexagénaire ou même octogénaire et chanter le jazz  !

PAN M 360: Et quelle sera l’inspiration juive de ce programme ?

Sharon Azrieli:  Bien sûr! Il y aura notamment Sabbath Prayer , chanson tirée du filmFiddler on the Roof, et c’est très beau lorsque les hommes chantent sur scène. Et puis je ferai du Michel Legrand,  Papa, Can You Hear Me? tirée du film Yentl (Barbra Streisand). J’ai moi-même enregistré un hommage à Michel Legrand que je trouve toujours pertinent, jamais ennuyeux ou redondant, toujours créatif. Et puis je ferai Everybody Says Don’t, une chanson incroyable de Stephen Sondheim (tirée du musical Anyone Can Whistle). Autre musique de saveur juive mais qui ne l’est pas, une chanson de l’opéra Candide de Leonard Bernstein que je fais souvent et qui s’intitule I’m Easily Assimilated, totalement revisitée avec 4 danseurs qui me lancent dans les airs, vous ne le croirez pas ! Évidemment je ne suis pas une danseuse et je risque de rire de moi-même !

Enfin il y aura de la musique juive sacrée, la vraie, que j’ai apprise du grand chantre (cantor) Sol Zim (Solomon Zimelman) qui fut mon maître.

PAN M 360: En somme ?

Sharon Azrieli: Tout ce que vous verrez et entendrez  sera authentique. Il ne sera ici question que de la vérité sur moi en tant que chanteuse mais aussi en tant que mère et  grand-mère. Tout ça est vrai, toutes ces chansons, c’est moi… parce que sinon, je n’aurais pas pu les mémoriser haha !

Elle n’est pas issue d’une famille de griots mais si elle doit attribuer son succès à une personne, c’est probablement à sa grand-mère. En effet, Senny Camara est allée vivre chez elle dès son plus jeune âge et c’est cette grand-mère qui l’a initiée à la musique, au chant d’abord puis à la kora ensuite. Aujourd’hui, elle parcourt la planète avec son instrument à 21 cordes pour propager des valeurs humaines. Elle vient notamment de recevoir un prix durant l’Aga Khan Music Awards à Londres au mois de novembre 2025 et cela continue à lui ouvrir des portes. En plus d’être chanteuse, guitariste, virtuose de kora, elle a également auto-produit son album Yéné paru en 2024. Mais c’est sa rencontre avec Zal Sissokho que nous nous apprêtons à vivre (et oui, ils ne se sont jamais vus auparavant) au Balattou le 20 février, lors de sa toute première visite au Canada. Elle en profitera pour faire une petite tournée dans le pays. Notre journaliste Sandra Gasana l’a rejointe en direct de France pour en savoir plus sur elle et son parcours.




Elles s’appellent Vanessa Croome et Sahara von Hattenberger, pour Duo Étrange. La première est soprano et l’autre est violoncelliste. Elles forment un duo improbable, rarement utilisé en musique classique, d’où leur nom, à la fois intrigant et attrayant. 

Leur réalité : la rareté de compositions conçues spécifiquement pour leur formation. Leur solution : en commander de nouvelles! Le résultat de leurs appels : l’album I Wish I Were Dead, qui paraît chez ATMA Classique le 20 février 2026. 

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Un programme de musiques contemporaines, accessibles, non expérimentales mais originales et surprenantes. Parfois plus lyriques, ailleurs plus atmosphériques, les pièces présentées sont issues de bonnes plumes d’aujourd’hui, majoritairement québécoises (montréalaises). Fong Jeffrey, Airat Ichmouratov, Luna Pearl Woolf, Laurence Jobidon, Nicole Lizée. S’ajoutent l’États-unienne Maya Fridman et le Suédois Anders Hillborg. 

Un album inusité et séduisant, dont je parle avec les deux artistes dans cette entrevue réalisée en français et anglais, avec sous-titres traduits respectifs.

Le 24 février, le programme sera joué en totalité à la salle Bourgie à Montréal. 

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