PAN M 360 s’entretient avec  Andrew Wan, premier violon de l’Orchestre symphonique de Montréal depuis plusieurs années maintenant, sous Kent Nagano et sous Rafael Payare, et qui, dans le contexte de la virée classique, nous cause  de son lien avec une oeuvre d’Astor Piazzolla inspirées de quatre saisons à Buenos Aires – et non pas celles de Vivaldi à Venise, bien qu’on en ressente l’évocation. L’oeuvre sera jouée ce samedi dans un programme gratuit de La Virée, composé également d’une autre oeuvre du compositeur norvégien de la période romantique, Edvard Grieg.

PAN M 360:  Aujourd’hui, Astor Piazzolla est admis dans le monde classique. Ses hybridations de tango moderne avec le jazz et la musique classique moderne ont séduit tant d’orchestres et sociétés de concert. Andrew, musicien classique de très haut niveau, quelle est votre  relation avec Piazzolla ?

Andrew Wan:  Depuis longtemps je joue Piazzolla ! Je l’ai fait avec l’OSM et aussi en petite formation comme soliste. La première fois que j’ai joué cette œuvre, c’était dans un orchestre de chambre à New York qui s’appelait International Stage Young Soloists, un orchestre de New York constitué de d’étudiants ou de jeunes professionnels. C’était mené par Hyo Kang, qui était professeur à Juilliard. 

Depuis 2006, j’ai joué plusieurs fois cette œuvre. À l’OSM, je l’ai jouée quelques fois,  on a enregistré une vidéo d’une saison pour une immersion virtuelle pendant la pandémie. 

PAN M 360 : Cette fois, il s’agit d’un ensemble différent.

Andrew Wan:  L’année dernière, on a eu l’idée de jouer un concert avec des jeunes professionnels. Notre direction de programmation m’avait demandé si je voulais interpréter les quatre saisons de Vivaldi. J’avais dit oui, je suis toujours content de jouer cette œuvre.

PAN M 360: Et vous avez monté un ensemble de jeunes pour ce faire et on vous a donné la responsabilité de diriger cet ensemble. Racontez !

Andrew Wan:  Je suis violon solo depuis 2008 à Montréal, j’ai aussi eu beaucoup de chance et cumulé beaucoup d’expérience à jouer comme soliste devant notre public. Pour moi, c’était une autre chance de diriger sans baguette cet ensemble et aussi de  donner l’opportunité à ces solistes. Et ce fut un grand succès. 

PAN M 360: Et cette fois, on passe de Vivaldi à Piazzolla

Andrew Wan: Oui, on a décidé de refaire ce projet, mais avec Piazzolla. Et on a trouvé les solistes, dont  deux violonistes qui ont participé à notre immersion orchestrale. 

Ce printemps, on a joué une symphonie de Chostakovitch avec Rafael Payare, et on avait dans chaque section plusieurs étudiants pour qu’ils vivent  l’expérience de jouer avec un orchestre comme l’OSM. Et j’ai alors travaillé avec deux violonistes de (l’université) McGill, qui étudient avec Violaine Melançon. Elles étaient extrêmement préparées, professionnelles, avec des attitudes extrêmement positives.Je me suis dit , OK, si elles sont disponibles, elles seraient parfaites comme solistes pour deux saisons de cette œuvre. Puis j’ai demandé à mes collègues du  Conservatoire de musique de Montréal s’il y avait deux autres élèves pouvant jouer les deux autres saisons, et on a trouvé deux autres violonistes incroyables.

Alors, pour moi, c’est très spécial de faire partie d’une telle expérience, de travailler avec des jeunes artistes,   de jouer un grand concert pour beaucoup de monde et de de donner la chance à d’autres de s’illustrer. 

PAN M 360: Quelle est l’instrumentation ?

Andrew Wan:  Deux premiers violons, deux deuxièmes violons, trois altos, trois violoncelles, et deux contrebasses.

PAN M 360: Piazzolla avait fait des arrangements  ses œuvres dans différentes configurations, d’autres l’ont fait aussi, mais lui-même se présentait généralement en quartette:  bandonéon, violon, piano et contrebasse – et Las Cuatro Estaciones Porteñas avaient été conçues pour quintette, soit avec guitare électrique en plus.  Et donc là, vous vous retrouvez dans un autre contexte, plus proche d’une instrumentation classique. 

Andrew Wan: Oui, c’est l’arrangement du violoniste russe Leonid Desyatnikov, popularisé par le violoniste Gidon Kremer,  il y a une vingtaine d’années je crois.. Ça reste aujourd’hui une de mes versions préférées et cet arrangement est joué partout dans le monde,  par les plus grands solistes. En fait, j’ai joué cette œuvre  la dernière fois, au mois de janvier, en Floride, avec sept autres violonistes de très haut calibre,  dont James Ehnes et Tessa Lark. 

PAN M 360: La  façon dont un musicien classique joue du tango nuevo est forcément  différente de musiciens exclusivement consacrés au style. Alors, de quelle manière voyez-vous les qualités et les avantages d’avoir une formation classique pour servir l’œuvre de Piazzolla?

Andrew Wan: Cette œuvre demande  plusieurs techniques qu’on ne joue pas souvent dans la musique classique, mais ce n’est pas extrêmement difficile à maîtriser. Et… ça  fait déjà trois décennies que les musiciens classiques jouent du Piazzolla, ça fait partie de notre langage. Ce n’est plus très singulier, ce n’est plus une particularité.

PAN M 360: Oui, absolument. C’est plus nouveau que ça l’était dans les années 80 et 90, et maintenant c’est inscrit dans le grand répertoire, effectivement. 

Andrew Wan: Oui, mais je peux ajouter que dans ce type de musique, il faut avoir du rythme. Dans la musique classique,  allemande, française ou anglaise, on peut avoir un peu de flexibilité avec le rubato (léger décalage rythmique). Ce n’est pas comme ça avec le tango qui doit aussi être joué avec un sentiment fort de liberté en même temps qu’on y respecte sans cesse la pulsation. Alors cela est plus difficile à maîtriser, pour moi comme pour nos jeunes musiciens de cet ensemble.

PAN M 360: Vous devriez y arriver haha!

Andrew Wan: En fait, dès notre première répétition cette semaine , j’ai été déjà très impressionné par les interprètes qui  ont travaillé très fort.  

Artistes

Andrew Wan, violon et direction

Olena Kaspersky, soliste violon

Charlotte van Barr, soliste violon

Anaïs Saucier-Lafond, soliste violon

Eva Lesage, soliste violon

Julien Haynes, alto

Victor Fournelle-Blain, alto

Sophia Tseng, alto

Sophia Battel, violoncelle

Ellamay Mantie, violoncelle

Evelyne Méthot, violoncelle

Étienne Beaulieu-Gaule, contrebasse

William Deslauries-Allain, contrebasse

Œuvres

Edvard Grieg, Suite Holberg

I. Praeludium. Allegro vivace (4 min)
II. Sarabande. Andante espressivo (4 min)
III. Gavotte. Allegretto – Musette. Un poco più mosso (4 min)
IV. Air. Andante religioso (5 min)
V. Rigaudon. Allegro con brio (4 min)

Astor Piazzolla, Les quatre saisons de Buenos Aires

  • Otoño Porteño (6 min)
  • Invierno Porteño  (7 min)
  • Primavera Porteña (5 min)
  • Verano Porteño (7 min)
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Du 22 au 24 août 2025 aura lieu un nouveau festival à Montréal : Afrikan. L’événement est porté par le duo formé de Mamoutou Dembélé  (l’artiste nommé Emdé sur scène, qui a remporté les Syli d’or des Nuits d’Afrique en 2019) et Vanessa Guay. Au programme, musique avec des noms tels Kizaba, Djely Tapa, Sophie Lukacs, Adama Daou, DJ Idriss le Viking Noir, etc, mais aussi gastronomie, mode, ateliers d’apprentissages divers, histoire, jeux pour enfants, et beaucoup plus. J’ai parlé avec les deux concepteurs et idéateurs du petit nouveau dans l’univers festif montréalais. 

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE FESTIVAL AFRIKAN

L’entrevue est divisée en quatre parties, avec la version complète à la fin de la liste.

Partie 1 : Programmation

Partie 2 : Les origines du Festival

Partie 3 : Relation avec le grand frère Nuits d’Afrique

Partie 4 : Ce qui distingue Afrikan des autres

Version complète

La poésie de Wilhelm Müller portée par la musique de Franz Schubert résonnera au Domaine Forget le 16 août à travers la voix de la soprano canadienne de renommée internationale Rachel Fenlon. Reconnue depuis plusieurs années pour ses programmes de concerts où elle s’accompagne elle-même au piano, Rachel Fenlon présentera le programme qui marquait ses débuts solos sur disque, soit l’ultime cycle de lieder de Schubert, le Winterreise ou « Le Voyage d’hiver ». Contrastant, à la fois lumineux et angoissant, ce cycle ouvre une fenêtre sur les derniers instants de vie du compositeur viennois à travers des thèmes comme la solitude, l’errance, la nature, la mélancolie et la quête de sens malgré le désespoir. Alexandre Villemaire s’est entretenu avec Rachel Fenlon au sujet de cette œuvre phare du répertoire et du choix artistique qui l’a amenée à se définir son unicité comme artiste et comme interprète.

Cette entrevue a été réalisée en anglais

crédit photo: Clara Evens

Facile, composez pour l’octobasse? Acquise par l’OSM en 2016 à la demande de Ken Nagano suite à une commande à l’entreprise Canimex dirigée par les mécènes Roger et Huguette Dubois, cet instrument d’une hauteur de 11 pi 10 po (3,6 m), comptant des centaines de pièces, des pédales et un système de leviers qui permettent de marquer les notes sur le manche, autrement trop haut, est d’ordinaire associé aux grands orchestres de la période romantique où les effectifs orchestraux prenaient tranquillement de l’expansion. Après ce nouvel ajout dans son instrumentarium, l’OSM a fait l’acquisition de deux octobasses supplémentaires qui ont pu être entendues dans l’œuvre Les Troyens de Berlioz en février 2020, devant l’engouement suscité par cet instrument. Cela fait de l’OSM un des seuls orchestres au monde à posséder trois modèles de ce massif instrument. Mais est-il possible de conférer à cet instrument d’orchestre un rôle d’instrument chambriste ?

C’est à cet exercice stylistique et compositionnel que s’est prêté le compositeur Thierry Côté, dont l’œuvre Résilience pour octobasse, deux violoncelles et hautbois sera créée et interprétée lors du Parcours découverte de la Maison symphonique dans le cadre de la Virée classique. Alexandre Villemaire de PAN M 360 s’est entretenu avec lui pour parler de cette tâche à laquelle il s’est attelé.

Crédits photo principale : Antoine Saito

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De l’Estrie ce week-end, on nous cause ici d’un événement  tenu annuellement, devenu un incontournable: le Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS), authentique institution régionale en matière de diffusion musicale sur scène qui bat son plein. La salsa d’Andy Rubal & Son del Son, la musique celtique de Kitchen Party, le trad de l’inénarrable Yves Lambert, la pop urbaine latina de Gretch’N, le tandem féminin du Sénégal Def Mama Def, le hip-hop afro-caribéen de Waahli, le jazz-fusion arabe de Kazdoura ou la cumbia de Less Toches sont parmi les propositions du FTMS cette année.

Installé dans le stationnement du parc Quintal, à Fleurimont, le site du FTMS célèbre  les traditions des 5 continents à travers 90 spectacles, 17 restaurants aux menus internationaux, sans compter 50 exposants. Jointe directement sur les lieux du happening tenu du mercredi 13 août au dimanche 17, Malika Bajaj, directrice générale du Festival des Traditions de Sherbrooke, nous en explique les tenants et aboutissants.

Cette interview s’inscrit dans un partenariat estival conclu entre PAN M 360 et La Vitrine culturelle. Vous pouvez aussi accéder à l’information sur le contenu de La Vitrine sur le FTMS en cliquant ICI.

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PAN M 360: Excusez notre ignorance, mais commençons par cette banale question: depuis quand existe le FTMS ?

Malika Bajaje: Le festival existe depuis 28 ans.

PAN M 360: Wow! L’événement, on l’imagine, est né à l’époque où les musiques du monde étaient surtout traditionnelles. Aujourd’hui, le corpus a vraiment  changé si on lit votre calendrier !

Malika Bajaje: Oui, c’est tout un tout qui représente la diversité maintenant. Pas nécessairement la musique traditionnelle, folklorique. Oui il y en a bien sûr, mais nous nous intéressons à tous les styles de musiques, mais avec des artistes qui viennent d’ici et d’ailleurs venus pour partager la richesse de leur pays d’origine à travers leurs musiques

PAN M 360: Et on sait que Sherbrooke est une des rares villes québécoises de cette taille qui puisse prétendre à une vraie diversité culturelle. On imagine que ça a traversé l’évolution de votre événement, n’est-ce pas ?  

Malika Bajaje: Oui! Évidemment, nous pensons à nos communautés en faisant notre programmation. Par exemple, on va inviter un artiste qui vient directement du Sénégal, comme Def Mama Def cette année, nous nous assurerons  que la communauté sénégalaise en soit informée et fière de partager cette musique avec les autres communautés de Sherbrooke et sa communauté d’accueil. La mission même du festival, c’est vraiment de célébrer la richesse de notre ville à travers la musique, à travers la danse, ou même l’art culinaire. On se plaît à dire toujours que ce festival  reflète la diversité ici à Sherbrooke (Europe de l’Est, Maghreb, Amérique latine, etc.) mais aussi celle du Québec d’aujourd’hui.Nous avons le souci de construire des liens solides entre le festival et les communautés qui cohabitent ici. 

PAN M 360: De quelle manière cette diversité se décline-t-elle sur le terrain pendant le FTMS ?

Malika Bajaje: Plus concrètement, le Festival des Traditions du Monde se démarque notamment par ses chapiteaux thématiques. Depuis 2009, on a commencé à construire des chapiteaux thématiques pour une immersion totale dans une culture d’ailleurs. Nous avions d’abord fait  un Palais de l’Orient pour célébrer toute la culture orientale, du Maghreb jusqu’au Moyen-Orient. Par la suite, nous avons fait le Pub Irlandais se consacrant aux musiques celtiques – on sait que le folklore québécois s’inspire beaucoup de l’irlandais. Nous avons obtenu un beau succès avec ce pavillon. Un autre pavillon-chapiteau s’est ensuite consacré aux cultures autochtones d’Amérique, puis on a fait les Portes de l’Asie et ainsi de suite. Cette année, le nouveau chapiteau est l’Hacienda Latina célébrant l’Amérique latine. Au total nous avons 10 scènes spécifiques, qui diffusent plusieurs styles ce week-end, du country aux musiques africaines en passant par les musiques latines.  C’est ça, le FTMS.

PAN M 360: Y a-t-il un roulement de vos pavillons thématiques, d’année en année ?

Malika Bajaje: Les pavillons restent d’année en année, nous en inaugurons un nouveau aux trois ou quatre ans. On ne fait pas d’alternance, on n’a pas un pavillon qui n’ait pas connu de succès. Quand on débarque au festival, tous nos pavillons sont pleins à craquer!

PAN M 360 : Et vous avez des musts pour l’édition 2025 ?

Malika Bajaje: C’est quand même 90 spectacles! Pour nous, ce sont tous des spectacles coup de cœur.  L’objet est d’y faire découvrir, de partager et d’échanger nos richesses culturelles d’une communauté à l’autre. C’est très riche comme programmation. 

PAN M 360: Quelle est l’affluence des artistes internationaux par rapport aux artistes locaux, même si ces derniers sont issus de la diversité? 

Malika Bajaje: Surtout locaux, issus des grandes villes canadiennes. Et nous avons aussi 13 artistes internationaux parmi nos invités cette année.

PAN M 360: Quelle est l’affluence de ce festival en 2025 ?

Malika Bajaje: Environ entre 60 000 et 70 000 personnes chaque année, selon la météo. Outre la population de Sherbrooke et de l’Estrie, le public vient de l’extérieur de la région –  Rive-Sud de Montréal, Québec, etc. Le FTMS est un ambassadeur de notre région !

POUR CONSULTER L’HORAIRE DU FTMS, C’EST ICI

Le pianiste allemand Martin Helmchen donnera deux concerts la même journée lors de la Virée classique 2025 de  : un en matinée à 11h et l’autre en début de soirée à 18h30. Le premier est consacré à la musique de chambre et sera offert avec sa conjointe, la violoncelliste Marie-Elisabeth Hecker, l’autre en format concertant, avec Rafael Payare et l’Orchestre symphonique de Montréal. À 11h le matin, à la Cinquième salle de la Place des Arts, ce sera un dialogue à travers les saisons, avec quatre oeuvres d’une écriture expressive remarquable, Le calme de la Forêt de Dvořák, Papillon de Fauré, trois extraits du Voyage d’hiver de Schubert et la Sonate pour violoncelle et piano no 1 du moderne Schnittke, qualifiée de sombre comme une journée pluvieuse d’automne par Helmchen, une oeuvre rarement entendue, enregistrée récemment par le même duo (remarquable album chez Alpha classics) et un univers musical d’une expressivité viscérale et puissante.  À 18h30, Helmchen rencontrera Rafael Payare pour la première fois dans l’exécution du magnifique Concerto pour piano no. 24, K. 491 de Mozart, dont l’Adagio donne certainement son titre au concert lui-même, intitulé Métaphores amoureuses. J’ai discuté avec Martin Helmchen, lauréat du Concours international de piano Clara Haskil en 2001, des œuvres au programme et de son passage à Montréal, entre autres sous la direction de Rafael Payare. 

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT UN DIALOGUE À TRAVERS LES SAISONS

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT MÉTAPHORES AMOUREUSES

Gamers, mélomanes curieux, c’est ce samedi, 19h, que vous aurez la chance d’entendre les airs les plus connus tout droit sortis de vos consoles, alors que l’Orchestre de Jeux Vidéo (OJV) présentera, à l’esplanade Tranquille, son spectacle Une odyssée musicale avec Zelda & Mario. Le chef d’orchestre de l’ensemble à vents, Jonathan Dagenais, grand passionné de l’univers vidéoludique, s’est entretenu avec Sami Rixhon afin de nous mettre l’eau à la bouche, tout en détaillant l’immense évolution qu’a connue la musique de jeux vidéo ces 20 dernières années.

PAN M 360 : Pourriez-vous me parler du programme qui attend les auditeurs, samedi prochain?

Jonathan Dagenais : « Chaque année, la Virée classique demande aux ensembles participants de, si possible, faire tourner leur répertoire autour d’une thématique précise. Cette année, la thématique, c’est la nature. On s’entend que, dans les jeux vidéo, c’est quand même un concept très large. Donc, on a une sélection de six, ou peut-être sept pièces, avec un petit rappel si le temps nous permet, de jeux qui sont en lien direct ou un petit peu plus éloigné avec la nature. »

Le spectacle de l’OJV évoquera autant la nature sacrée et mystique de l’opus de Zelda Twilight Princess que les grottes, forêts et rivières fragiles d’Undertale, tout en faisant voyager les oreilles du public dans les contrées en ruines d’Hollow Knight ou dans l’arbre-monde de Faxanadu.

Bref, la nature dans tous ses états, un pixel, une note à la fois.

PAN M 360 : Mettons tout de suite quelque chose au clair, ce n’est pas un spectacle uniquement adressé aux gamers, c’est ça?

J. D. : « Non, mais c’est sûr que les gamers, un petit peu comme dans nos concerts habituels, qu’on autoproduit, s’y retrouvent beaucoup, parce qu’on va directement appuyer sur le bouton nostalgie. Mais ce sont aussi souvent des personnes “non-gamers” qui viennent à nos concerts et qui adorent cette musique. Parce que c’est un petit peu comme la musique de film, c’est-à-dire que c’est une musique qui est hyper évocatrice, qui fait appel à une grande, grande variété d’émotions, et qui vient vraiment nous chercher dans les couleurs, les textures et l’expressivité directe. Donc oui, ça s’adresse à tout le monde. Même à l’intérieur de l’orchestre, dans nos musiciens, on a des gens qui sont des “non-gamers”, et cette musique-là les touche profondément. »

PAN M 360 : Tout le monde connaît le thème de Mario Bros ou de Tetris, mais peu de gens sauraient dire qui sont les compositeurs derrière ces airs. Le phénomène n’est pas le même avec la musique de film, tout le monde connaît le nom de John Williams, Hans Zimmer ou même Danny Elfman. Comment expliqueriez-vous cette différence?

J.D. : « En fait, je crois que cette différence est de moins en moins vraie. Il y a 25-30 ans, souvent, les gens associaient beaucoup la musique de jeux vidéo à des bips-bips, à des airs de synthétiseurs très basiques. Et maintenant, cette musique-là est jouée par des orchestres dans des salles prestigieuses à travers le monde. Quand on pense aux tournées de Zelda Symphony, Final Fantasy : Distance Worlds ou The Game Awards Orchestra, les compositeurs derrière, il y a 25 ans, étaient des compositeurs nichés qui utilisaient des médiums très limités. Maintenant, ils sont appelés à composer pour orchestres symphoniques et autres. On entend de plus en plus parler de Yoko Shimomura, Austin Wintory ou encore Kōji Kondō, des noms qui vont encore émerger avec le temps qui passe, avec la grande démocratisation de la musique de jeux vidéo. »

PAN M 360 : Pensez-vous que Montréal soit un bon terreau pour un orchestre comme le vôtre?

J.D. : « Oui! Ça fait plus de 15 ans qu’on existe, et on a tout le temps jouit d’une grande popularité. On était l’un des premiers orchestres de jeux vidéo, je crois, à exister à travers le monde. Il y en a de plus en plus maintenant, que ce soit au niveau professionnel ou amateur, mais c’était très précurseur à l’époque. »

PAN M 360 : Décrivez-moi à quoi doit-on s’attendre en allant voir un spectacle de l’OJV.

J.D. : « On est très loin des concerts traditionnels, classiques et, si je pourrais dire, occidentaux. Souvent, on retrouve plus une ambiance de show de rock [rires]. Quand on fait une pièce, le public peut devenir très émotionnel et vocal, il nous témoigne son affection parce que ça vient le chercher. Je trouve qu’une des grandes forces d’un orchestre comme le nôtre, aussi, c’est qu’on contribue à la démocratisation de la musique en salle. Il y a parfois des gens qui viennent voir nos concerts qui n’ont jamais mis le pied dans une salle de spectacles auparavant. »

Le programme de l’OJV pour son spectacle Une odyssée musicale avec Zelda & Mario

Toru Minegishi, Asuka Ota, Koji Kondo, The Legend of Zelda: Twilight Princess (arr. Camille Frappier-Fortin)

Toby Fox, Undertale (arr. Alexandre Choinière)

Christopher James Larkin, Hollow Knight (arr. Jérémie Desaulnier)

Jun Chikuma, Faxanadu (arr. Jonathan Dagenais)

Gareth Coker, Ori and the Blind Forest (arr. Camille Frappier-Fortin)

Mahito Yokota, Koji Kondo, Super Mario Galaxy (arr. Laura Intravia)

Crédits photo : Vincent Mesure

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La 12e Virée classique de l’OSM bat son plein jusqu’à dimanche, le tout suivi de trois concerts donnés dans les parcs de Montréal. Voilà pourquoi La Vitrine culturelle a demandé à PAN M 360 de mettre en ligne ce survol de la programmation avec notre guide Marianne Perron, directrice principale du secteur artistique pour le grand orchestre montréalais.

LA VIRÉE CLASSIQUE SUR LE SITE DE LA VITRINE, C’EST ICI !

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PAN M 360 : La nature en musique est le thème porteur cette année. Expliquez-nous!

Marianne Perron: La musique s’inspirait de la nature au départ, c’est ça, on a eu envie de plonger dans cet élément-là pour plein de raisons. D’abord parce que les artistes s’inspirent de la nature, évidemment, puis parce que la nature est une occasion de se recentrer, de se ressourcer. 

Parce que c’est lié à la beauté, à l’espace. Et quand je parle de l’espace, je parle de tous les types d’espace. Notre espace intérieur, notre espace mental, ce qui nous entoure. Et puis, je pense que dans la période que nous traversons actuellement dans le monde, je crois qu’on peut ressentir le besoin de se retrouver en nature. Oui, de s’inspirer de sa beauté.  

PAN M 360 : Effectivement, la nature nous précède et nous succède. 

Marianne Perron : Oui, tout à fait. Puis, de nous rappeler qu’on en fait partie et qu’on doit bien la traiter. La nature nous a habités quand on a pensé à la programmation.  

PAN M 360 : Le concert d’ouverture au Stade olympique était moins marqué par des pièces atypiques que par les années précédentes sous la direction de Rafael Payare.

Marianne Perron : En fait, c’est la thématique qui nous a portés. Quand on fait un programme comme ça pour des milliers de personnes à l’extérieur, on propose des œuvres avec des couleurs différentes, des rythmes différents. Et c’était encore le cas.

Du jeune compositeur québécois Maxime Goulet, l’extrait Chaleur de sa Symphonie de la tempête du vergas s’inscrit complètement dans notre thématique de la nature, puisqu’il s’agit d’un événement lié au climat, et donc de la nature,  et qui a marqué des générations québécoises.

Et puis, c’est vrai que je pense que ce n’est pas une surprise pour personne de l’importance qu’on accorde à la musique d’aujourd’hui, aux compositeurs, à leur voix, à leur vision du monde d’aujourd’hui. C’est quelque chose qui est important pour l’OSM  comme pour Rafael Payare.

PAN M 360 : Le soutien à la relève et l’accessibilité des propositions font partie de l’ADN de l’OSM, n’est-cepas?

Marianne Perron : Oui et nous faisons confiance à notre public en ce sens. Pour notre public, nous essayons de faire des choix au mieux de nos connaissances, de notre expérience, mais on sait qu’on a un public curieux, ouvert, qui a envie de découvrir de nouvelles œuvres, de nouveaux compositeurs. 

PAN M 360 : Parlons de vos must et aussi des solistes invités.  

Marianne Perron : Prenons le compositeur Godwin Friesen, un lauréat du Concours de l’OSM. Nous tenons à soutenir les lauréats de nos concours et les artistes canadiens émergents de manière générale. Alors, on croit beaucoup en Godwin, qui se produit à quelques reprises dans la Virée classique. Il a joué au concert du Stade, il jouera samedi, 13h30, une 2e œuvre du compositeur Míkis Theodorákis et plus encore. Et ce que je trouve très beau dans ce programme-là, ce sera la rencontre de l’OSM avec le flûtiste (solo) Timothy Hutchins, un vétéran de l’OSM, et avec notre jeune Godwin Friesen qui est un artiste émergent.  

On a eu envie de mettre de l’avant ces jeunes artistes, jeunes lauréats du concours et jeunes musiciens de l’OSM. Depuis l’arrivée de Rafael, on a fait beaucoup d’auditions et on a eu le bonheur d’accueillir plusieurs nouveaux jeunes musiciens. Et donc, on a formé un ensemble avec Godwin Friesen et ses jeunes collègues.

Quant à la soprano écossaise Beth Taylor, elle avait chanté du Mahler, et ça a été un véritable coup de foudre pour nous. Alors, elle va chanter cette fois du Edward Elgar (Sea Pictures  ) ce samedi, 18h30. Lors du même programme,  le pianiste allemand Martin Helmchen  interprétera du Mozart ( Concerto pour piano no 24, K. 491  ).  On aura donc dans ce programme deux artistes qu’on aime vraiment beaucoup, alors je crois que ça devrait être intéressant comme rencontre.

PAN M 360 : Quel est votre historique encore avec l’excellent pianiste Martin Helmchen?

Marianne Perron :  Il avait joué à l’OSM il y a quelques années sous la direction de Kent Nagano. Par la suite, je l’avais entendu en concert  avec sa conjointe violoncelliste, Marie-Elisabeth Hecker, soit au Wigmore Hall à Londres. J’avais alors vraiment senti cette chimie entre les deux. Quand Martin a accepté de venir jouer pour nous et avec sa femme, j’étais vraiment très heureuse : avoir déjà Martin avec l’orchestre, c’est formidable, mais avoir ce duo-là en musique de chambre, c’est encore mieux et je crois que les gens vont vraiment beaucoup aimer.

Je dois évidemment mentionner l’œuvre très connue qui sera jouée deux fois par l’OSM et Rafael Payare : Les Planètes de Gustav Holst. Ça revient sporadiquement à l’OSM, bien sûr. Pendant la saison estivale, c’est une œuvre qui plaît, on le sait, et puis on a le grand orchestre sur scène, donc si quelqu’un n’a jamais entendu Les Planètes de Holst, on sait que les John Williams de ce monde s’en sont beaucoup inspirés.

Nous sommes très heureux aussi de poursuivre la collaboration avec l’Ensemble Obiora.  Dès leur constitution, nous avons cru en cet ensemble qui regroupent des musiciens engagés, très professionnels, talentueux, avec une vision et une mission. Une fois de plus ils seront dirigés par Rafael, dans un programme différent, cette fois destiné aux familles avec le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns (samedi, 14h30). Ce ne sera pas juste pour les enfants,  mais vraiment pour tous les âges. Nous croyons beaucoup à Obiora.

Il y a également ce retour sur l’OSM dans le Grand Nord (samedi 16h), nous avions Take the Dog Sled  de la compositrice inuite Alexina Louie, une commande donnée en 2008 pour la tournée de l’OSM et Kent Nagano au Nunavik. Tu as sept musiciens et tu as un chef qui sera cette fois  Dina Gilbert et deux chanteuses de gorge.

PAN M 360 : Dégageons quelques musts côté activités gratuites, puisqu’il s’agit d’un grand week-end de vulgarisation!

Marianne Perron : Le format de la virée classique a évolué avec les année, on a réduit un peu le nombre de concerts en salle mais on a augmenté significativement les activités gratuites. Les concerts impliquent souvent des musiciens amateurs, des musiciens en formation ou des musiciens émergents, mais aussi des musiciens professionnels. 

C’est vraiment une programmation conçue en collaboration avec la communauté de la musique. Par exemple, on célèbre le 50e anniversaire de l‘Alliance Chorale du Québec, un regroupement de chœurs amateurs (dimanche 15h30). Leur programme sera donné sous la direction de Simon Rivard. Ce qui est formidable ici, c’est qu’il y a des chœurs ayant répété le programme, qui viendront le chanter avec nous. Et le public peut aussi avoir accès au programme et joindre le chœur ! C’est vraiment un événement participatif.

Il y a aussi les Saisons d’Astor Piazzolla, avec de jeunes musiciens professionnels, sous la direction d’Andrew Wan, premier violon de l’OSM (samedi, 17h). Sans compter l’ensemble de cuivres de l’OSM qui présenteront un répertoire formidable (dimanche, 14h30). 

 Comme de raison, la Symphonie de la Virée sera de retour, le chef Adam Johnson dirigera et Rafael viendra diriger une pièce comme il l’a fait au cours d’éditions précédentes. C’est vraiment une rencontre de musiciens amateurs, jeunes et moins jeunes, qui répètent ensemble sous la direction d’Adam Johnson (samedi, 16h15)

Plusieurs autres ensembles sont invités, l’ensemble de cuivres Griffon (vendredi, 17h et samedi, 14h15), l’Harmonie des jeunes de la Virée résulte d’une collaboration de différentes écoles secondaires, notamment Collège Notre-Dame et Joseph-François-Perrault. Alors tu as des ensembles sont formés spécialement pour la Virée classique,  on a des musiciens de différents profils. 

À côté de ça, il y a beaucoup d’autres types d’activités très inclusives, par exemple l’art-thérapie, le yoga, des séances de musique et littérature, plusieurs façons de découvrir la musique.

Alors voilà, c’est un petit aperçu, je pourrais  évidemment en dire plus long! 

Pour quiconque aime la musique, le chant ou le rap, Présence autochtone est l’occasion de faire le point sur l’actualité musicale telle que ressentie par sa direction artistique. PAN M 360 profite de cette transhumance Côte-Nord/Montréal  pour en apprendre davantage sur ses artistes confirmés ou émergents. Dans le cas qui nous occupe, Native Mafia Family est un groupe pionnier du hip-hop innu, ayant germé et fleuri à Maliotenam, près de Sept-Îles. On connaît NMF depuis 2023, deux enregistrements illustrent leur belle progression (The 27As et Utshu), un autre est en gestation.

Au terme de leur concert donné samedi sur la place des Festivals, les trois rappeurs innus ont accordé cette interview de fin de soirée à Alain Brunet, qui est ensuite allé dormir un peu moins ignorant.

PAN M 360 : Comme tous les kids de votre génération, vous avez grandi dans le hip-hop et aussi dans votre culture innue, c’est bien ça?

ImKoma YJ$  : Oui, c’est ça. Quand on était petits, on écoutait plus de l’innu, des tounes en innu, folk, rock ou country. En grandissant, je pense qu’on a trouvé notre style.  1224K (Joshua) nous a rapproché du rap, je dirais. C’es lui qui a amorcé la première étape pour qu’on prenne le chemin du rap. 

Lildeuce24K :  Moi, j’ai toujours été dans la musique. Depuis tout petit, j’ai grandi en écoutant de la musique, peu importe le genre. Et j’ai voulu partager le hip-hop avec mes amis. Le rap, c’était le bon véhicule pour nous représenter. 

PAN M 360 : L’expérience hip-hop est vécue depuis nombre d’années . Mais dans votre patelin, c’est beaucoup plus récent n’est-ce pas ? 

Lildeuce24K : Shauit, c’est lui le premier rappeur autochtone dans le coin. Et je  pense qu’on est des pionniers avec lui.

PAN M 360 : Shauit est plus vieux que vous, il vous a certainement influencés même s’il rappe souvent sur des riddims reggae/dancehall.

Lildeuce24K  : J’ai grandi en écoutant ses tounes. C’est un peu plus trash que nous mais c’est bon! Ce n’est pas pareil.

PAN M 360 : Vous, vous êtes plus proche du trap et du rap français ou du rap keb.

Lildeuce24K : Aussi beaucoup de new wave, une tendance qui monte. Oui, un nouveau genre de rap qui sort aux États-Unis.  On écoute beaucoup de rap français aussi. 

PAN M 360 : Plusieurs artistes innus font du hip-hop sur la Côte-Nord?  

Ismael: On été les premiers à faire un groupe de rap. Puis on a donné la force  aux plus jeunes. Aujourd’hui, on écoute beaucoup de jeunes groupes émergents, des rappeurs qui veulent s’essayer avec raison : ils sont aussi talentueux que tant d’autres.Ils ont beaucoup de potentiel aussi. J’aimerais ça dire que c’est grâce à nous aussi, à nous autres, qu’on aide et qu’on donne la chance aux autres de s’essayer. Parce qu’il n’y a pas à avoir peur.

PAN M 360 : On est vraiment dus pour vivre l’expérience hip-hop sur la Côte-Nord. C’est vraiment important que vous le fassiez. Normal, c’est partout. C’est la musique de votre génération. C’est votre culture mondiale qui s’ajoute à votre culture innue. 

ImKoma YJ$ : De zéro à  4-5 ans, on parle tout le temps innu. Quand tu rentres à l’école, tu apprends le français. Au primaire, tu n’as qu’un cours d’innu par semaine. On  perd notre langue. Ils ont réussi! Mais le vent tourne. Aujourd’hui, on essaie de se rattraper . On voit beaucoup plus d’autochtones qui chantent dans leur langue et qui sont diffusés massivement. On en voit jusqu’aux Grammys.

PAN M 360 : Dans votre coin de pays, avant votre arrivés, c’était surtout folk, country, rock chanté en innu.

ImKoma YJ$ : Avec des inflexions différentes. Mais oui on écoutait toujours ça.

Mais le hip-hop, c’est ce qui est venu nous chercher. Et le message, la livraison du message, c’est venu nous chercher plus qu’autre chose.

PAN M 360 : Avez-vous des artistes préférés dans le hip-hop? 

Ismael: Moi, j’écoute beaucoup de Ice Cube. Ice Cube? Oui, beaucoup d’Ice Cube. Il parle de vraies choses.

Pan m 360 : Ça fait longtemps Ice Cube! 

Ismael: C’est bon. C’est un classique.

Lildeuce24K: Moi, pour ma part, j’écoute beaucoup de rap français. Oui? Et c’est quoi que tu écoutes en ce moment? Parce qu’il y en a beaucoup, beaucoup de rap français ou belge. Damso, là. Damso?  Je l’ai vu, incroyable

PAN M 360 : Vous êtes aussi francophones depuis l’enfance, en plus d’être « innuophones ».

Lildeuce24K: On mélange les trois langues.  En innu , il y a différents accents d’une commaunauté à l’autre sur le territoire.

PAN M 360 : Et vous êtes dans le circuit autochtone? 

Lildeuce24K: Oui et nous pouvons aller partout dans les Amériques avec notre passeport autochtone. 

Ismael : On aimerait faire le tour des nations aux États-Unis, une tournée road trip.

PAN M 360 : Vous avez sorti l’EP Utshu en avril avec Macky Lavender, Yung Blues et DJ Unpier. Quels sont vos prochains projets?

Lildeuce24K : On est en train de préparer un album. Ça va sortir quand? Quelques sons déjà prêts mais cet album-là, on veut vraiment prendre notre temps. On va bien faire ça.

ImKoma YJ$: La qualité avant la quantité. 

PAN M 360 : Vous faites des beats? C’est vous qui produisez? 

ImKoma YJ$: Moi, récemment, il y a un mois, j’ai commencé à faire des beats.  Il faut commencer, mais c’est long avant d’être bon.J usqu’à maintenant on achète des beats et on travaille avec des amis de Montréal 

PAN M 360 : Et vous pourrez développer votre propre fabrique de beats, acheter de l’équipement, monter un studio. 

ImKoma YJ$: On vient d’ailleurs de se procurer un MacBook, avec une  interface pour faire de la musique. Il faut investir tout le temps. On travaille avec plusieurs DJ dans le réseau régional. Par exemple, on a un ami, DJ Mike, qui a une compagnie de sonorisation et avec qui on collabore.

PAN M 360 : Comment vous sentez-vous lorsque vous venez jouer à Montréal?

ImKoma YJ$:  Ce que j’aime ici, c’est… quand tu marches dans la rue, tout le monde s’en fout de tes origines. Personne ne va te regarder.

PAN M 360 : Tandis que sur la Côte-Nord  vous êtes distincts, on vous regarde différemment des Blancs, j’imagine. 

ImKoma YJ$: C’est ça.  

PAN M 360: Et c’est pourquoi le hip-hop autochtone doit dire les choses telles qu’elles sont.

ImKoma YJ$: Oui, il faut plus de rap autochtone.

L’ensemble Obiora donnera un concert pour la famille, le samedi 16 août à la Maison symphonique. Sous la direction très appréciée de Rafael Payare, l’orchestre montréalais formé de musiciens de la diversité, le seul du genre au Canada, jouera le fameux Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns en plus de la création canadienne de Irish Dance Suite de l’Afro-États-unien Quinn Mason. S’ajouteront aux notes colorées et suggestives la chorégraphie du danseur Charles Brecard (sur le Carnaval des animaux), et les illustrations de l’artiste Onkwehonwe/québécoise pour la suite de Mason. De la musique animée et emballante, accessible à tous et toutes, de tous âges, magnifiée par des artistes d’autres disciplines dans un festin qu’on souhaite emballant pour les familles. J’ai parlé de tout cela avec la co-fondatrice et directrice générale de l’ensemble Obiora. 

DÉTAILS ET BILLETS

Non, non, pas ceux que l’on entend dans les radios populistes. Il s’agit plutôt des défenseurs et des militants de toutes les époques de la musique qui ont brisé le silence de leurs sociétés pour faire avancer des causes et des idées progressistes. Les Beethoven, Bowie, Piazzolla, Lennon, Nina Simone qui, à travers leur art, ont brisé les tabous, défié l’ignorance et rompu le silence.

Le duo Stick&Bow, composé d’un marimba et d’un violoncelle, dirigé par les excellents Juan Sebastian Delgado et Krystina Marcoux, lauréats des prix Interprète de l’année et Rayonnement international lors du Gala Opus 2024, présentera un tout nouveau spectacle incluant narration et musique.

Ensemble, ils nous parlent (en français) de ce spectacle, magnifiquement intitulé « Briser le silence », qui sera présenté à Orford Musique le 15 août 2025.

DETAILS AND TICKETS FOR THE DISRUPTING THE SILENCE CONCERT

L’ensemble Forestare présentera le 10 août 2025 sur la scène Québécor à la Place des Festivals, à l’occasion de Présences autochtones 2025, un tout nouveau spectacle mêlant musique, chant et poésie appelé Passeurs de plume. À l’honneur, la culture autochtone dans sa richesse millénaire, mais aussi d’autres cultures (musique d’Arvo Pärt), dans un dialogue ouvert, respectueux et plein d‘amour, comme le dit Alexandre Ethier, fondateur et directeur artistique de l’ensemble. 

DÉTAILS DU CONCERT (GRATUIT)

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