Le premier concert de Quasar fut donné en novembre 1994, soit il y a 30 ans, 31 dans deux mois. Au terme de sa saison 2024-25 et à l’aube de sa saison 2025-26, soit peu avant la rentrée montréalaise du quatuor de saxophones au Wilder, le 18 septembre aux côtés du trio basque Zukan, PAN M 360 a suggéré à ses membres une interview rétrospective, question de mettre en lumière cet ensemble excellent, porteur des musiques de création à travers le monde et promoteur de nos compositrices et compositeurs.

PAN M 360 : Le Quatuor Quasar célèbre ses 30 ans, cela s’est décliné en plusieurs événements marquants pour votre saison 24-25. Lesquels selons chacun.e d’entre vous ?

Marie-Chantal Leclair : Nous avons amorcé la saison 2024-25 avec une formidable tournée en Lituanie et en Suède à l’automne. Les retrouvailles avec le Stockholm Saxophone Quartet ici au Québec en Suède pour le Project Saxoctet furent mémorables. En fait, toute la saison a été fondée sur des échanges internationaux, soit avec la Suède (Saxoctet), la Lituanie (Automn Festival) et l’Allemagne (aDevantgarde Festival). Et surtout, 11 créations d’œuvres par des compositeurs du Québec, et des pays précédemment nommés. 11 créations qui représentent autant de rencontres marquantes avec des compositeurs et compositrices avec lesquels nous avons eu le plaisir de travailler.
Jean-Marc Bouchard: Ouf! Ce fut une saison bien remplie sous le signe de collaborations internationales.
Octobre 2024. D’abord une formidable tournée en Lituanie et en Suède en octobre ; rencontre avec des compositeur-trices, créations d’œuvres, rencontre avec de nouveaux publics, tout ça sous le signe de l’amitié et de la collaboration. En Suède, nous avons partagé la scène avec nos amis du Stockholm saxophone quartet avec le projet «Saxoctet». Quelques semaines plus tard, le projet «Saxoctet» se poursuivait au Québec avec une tournée de 3 concerts en commençant par la très belle salle Bourgie à Montréal et puis Chicoutimi et Québec.
Mars 2025: Tout ce qui m’épouvante…, cette production, qui s’est déroulée à l’Espace Bleu du Wilder était la reprise à Montréal du concert présenté en Lituanie en octobre. Trois œuvres fortes de compositeurs lituaniens et une d’une compositrice ukrainienne. Ce fut une rencontre artistique significative et marquante.

Mai 2025: Troisième rencontre internationale et non moins significative : Montréal-Munich. Six créations de trois compositeurs québécois et trois Bavarois. Gros programme comme on dit, mais combien enrichissant ! Et bonne nouvelle, ce programme nous le reprenons à Munich.

Juillet 2025: Trois grands projets de collaborations internationales, vingt-cinq concerts sur le territoire québécois sans compter les classes de maître, présentations de films. Bref une saison formidablement bien remplie.

PAN M 360 : 30 ans et le même alignement. On imagine aussi que l’amitié règne toujours!
Marie-Chantal Leclair : L’amitié, un attachement profond et même l’amour, je dirais!
Jean-Marc Bouchard: Gilles Vigneault disait qu’une « amitié qui prend fin c’est une amitié qui n’a jamais existé ». L’amitié c’est vivant, ça évolue sans cesse, ça s’adapte, ça demande de la générosité et de l’engagement. Oui, l’amitié règne toujours.
Mathieu Leclair: Oui, bien sûr, quelques discussions houleuses parfois, mais apparemment nous nous en sommes bien tirés. L’amitié et le plaisir de jouer ensemble priment et c’est sans doute ce qui fait qu’après 30 ans, nous sommes toujours ensemble.
André Leroux: L’amitié et l’esprit de famille se confondent et évoluent en se balançant l’un vers l’autre. Au final, malgré les divergences et les petits conflits, on s’en remet au sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand que chacun de nous et on se rappelle des raisons principales qui nous motivent.

PAN M 360 : Chacun.e d’entre vous pourrait-il livrer un témoignage de votre raison d’être en tant que quatuor?
Marie-Chantal Leclair : La création d’œuvres est notre moteur et cela l’a toujours été depuis le concert 1 en 1994. Notre processus s’est développé au fil du temps mais la mission n’a pas changé. Le travail d’exploration, de laboratoire, le tandem interprète-compositeur, cela est au cœur de notre démarche. Et ensuite, le partage avec le public, la scène, c’est aussi très important et cela donne le sens de tout ce travail.
Jean-Marc Bouchard: Notre raison d’être c’est un projet : créer un répertoire original pour notre ensemble en travaillant en étroite collaboration avec les compositeurs et compositrices de toutes générations, d’ici et d’ailleurs. Aller à la rencontre du public, offrir sans cesse le meilleur de nous-mêmes. Jouer de la musique! Créer une atmosphère qui fait voyager et qui redéfinit l’intention du compositeur d’une façon authentique . L’impression d’être soliste et en groupe donne une résultante puissante.

Mathieu Leclair: Chacun contribue à sa manière à faire avancer le projet, avec ses forces, ses aptitudes, son expertise. Je pense qu’il y a une certaine complémentarité entre les 4 membres du quatuor ce qui permet à tous d’y trouver sa place.

PAN M 360 : Rappelez-nous les premiers balbutiements de Quasar:
Marie-Chantal Leclair : Je me rappelle très bien de ce premier concert tenu le 26 novembre 1994, présenté par Codes d’accès au Monument National. Ce fut un moment déterminant, notre entrée sur la scène des musiques nouvelles montréalaises. Ça nous a donné un formidable élan. Notre participation au Concours-Festival Gaudeamus à Rotterdam en 1996 a aussi été important car il nous a ouvert sur le monde (ère pré-internet on se souviendra!). Dans la même veine, notre participation au Festival Présence à Paris en 1999 avec la SMCQ a été marquant et a marqué le début d’une longue et fructueuse collaboration avec la SMCQ, qui se poursuit d’ailleurs.
Jean-Marc Bouchard: Dès le cégep, j’ai été passionné pour le quatuor de saxophones, le son, la puissance, le caractère intime de cette formation. Ce fut comme un coup de foudre et j’adore toujours cette formation qui offre tellement de possibilités de timbres, de nuances, de couleurs etc…

Mathieu Leclair: Un projet de quatuor et une opportunité pour présenter un concert (avec Codes d’accès le 25 novembre 1994 au Monument National). Après, les choses se sont enchaînées, tranquillement au début pour finalement occuper pas mal de temps. Au fils des ans, on constate que la période des vacances d’été raccourcie.

PANM 360 : De quelle manière chacun.e d’entre vous a joint le quatuor ?
Marie-Chantal Leclair : C’est Jean-Marc (Bouchard) et moi qui avons initié le projet du quatuor, auquel Mathieu (Leclair) s’est naturellement joint. Comme André et Jean-Marc ont étudié en même temps, c’est à travers cette relation que Jean-Marc a recruté André (Leroux) si on peut dire.
Jean-Marc Bouchard: Marie-Chantal et moi avons formé un premier quatuor avec deux collègues d’université. La formation s’est transformée quand Mathieu est devenu membre du groupe. Et puis finalement, André s’est joint à nous pour le concert du 25 novembre 1994 en remplacement de notre ténor de l’époque. Nous sommes ensemble depuis lors! Ça fait maintenant 30 ans.
André Leroux: Jean-Marc et moi avions fait 5 ans de quatuor à St-Laurent et à l’UdM jusqu’en 1987 . On a développé des atomes crochus ayant même été colocs …On s’est revu autour d’une table de billard quelques années plus tard et je lui ai mentionné que jouer en 4te me manquait . Il m’a dit à la fin de la soirée que ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd …
Mathieu Leclair: Une histoire de famille, alors nous étions déjà pas mal proche moi, ma sœur (Marie-Chantal) et son chum (Jean-Marc). André s’est joint à nous pour le 1er concert et il est resté !

PAN M 360 : Histoire de famille! Conjoints, frère, sœur et André. Que dire de plus sur cette relation?
Marie-Chantal Leclair : Histoire de famille, certes, beaucoup de moments partagés, moments de joie, moments plus difficiles aussi, ça fait partie de la « game », mais toujours cette résilience, et des liens solides.
Jean-Marc Bouchard: On dit que les entreprises familiales sont celles qui perdurent. Ça semble se confirmer dans notre cas.
Mathieu Leclair: En fait, une histoire assez classique tant dans le milieu de la culture que le milieu des affaires (Steinberg, Ricardo Cuisine, Molson, les exemples sont nombreux au Québec !). Pourquoi changer une formule gagnante.
André Leroux: Résilience et acceptation de nos différences , comme dans toute bonne famille .

PAN M 360 : Quelles sont d’après chacun.e de vous vos qualités propres en tant qu’interprète au sein du quatuor ?
Marie-Chantal Leclair : Je pense être très engagée quand je joue. J’aime jouer! Aussi, j’ai un grand souci du détail, du respect de la partition. Je peux m’attarder longuement sur une fin de phrase, pour avoir le son parfait, travailler les attaques de groupe, les entrées. J’ai une écoute très attentive. Un peu maniaque…
Jean-Marc Bouchard: L’engagement sans condition. J’ai toujours en tête de faire mieux en me disant que si je fais mieux c’est l’ensemble qui fait mieux.

André Leroux: La polyvalence et ma qualité d’adaptation; ayant œuvré comme pigiste dans toutes les sphères musicales (ou presque…) , plusieurs réflexes au niveau de l’esthétique, du rythme et des contextes de scène semblent naturels comme un certain déjà vu.

Mathieu Leclair: Rigueur et travail. Pour arriver à présenter les différentes œuvres au programme s’est des qualités essentielles. Et le travail d’équipe.

PAN M 360: : Comment se vit la direction artistique et le choix des œuvres pour vos programmes? Une directrice artistique tranche au terme de remue-méninges? Comment ça se passe entre les membres et leur directrice artistique?
Marie-Chantal Leclair: Je suis officiellement la directrice artistique, je fais des choix, des propositions basées sur ce que je veux pour le quatuor mais basées aussi sur une volonté de servir la communauté des musiques nouvelles et d’y contribuer. J’essaie de développer une programmation stimulante pour la communauté et le public. Toutes ces décisions sont basées sur ma vie avec les autres membres du quatuor.
C’est ensemble que nous avons évolué esthétiquement, développé le son du groupe, et ses capacités techniques et expressives, et c’est ensemble que nous rencontrons les compositeurs et compositrices. Ceux-ci et celles-ci bien qu’ils ne font pas partie du quatuor font partie de notre expérience, de notre vécu. Pour moi, ça se passe bien, je laisse les autres répondre! Comme Jean-Marc (saxo baryton) est aussi mon conjoint, nous avons beaucoup de discussions artistiques, mettons que nous ramenons du travail à la maison… Ces échanges ont une grande influence sur mes choix artistiques.
Jean-Marc Bouchard: La directrice artistique, c’est Marie-Chantal, il n’y a pas de doute à ce sujet. Faire les choix artistiques c’est avoir des antennes, être toujours à l’affût, s’informer sans cesse. Ça demande des qualités très particulières et elle est douée en ce domaine. Outre la direction artistique, il y a la production, l’administration, l’organisation du travail, les communications. Bref tout le monde a de quoi s’occuper.
André Leroux: Tous les membres ont leur mot à dire par rapport aux pièces dans les programmes, mais la ou le directeur artistique de chaque programme tranche après une certaine consultation.
Mathieu Leclair: Nous avons une directrice artistique forte et on embarque dans le bateau. Après on rame tout le monde ensemble pour s’assurer d’arriver à bon port. Les projets artistiques sont audacieux et les compositeurs nous mettent souvent au défi. Je pense notamment à nos derniers projets tels que Chaleurs (Walter Boudreau), le théâtre musical de Thierry Tidrow, ou à des « classiques » tels que Licks & Brains (Klas Tortensson) ou Xas (Iannis Xenakis).

PAN M 360 : Peut-on parler de cycles dans l’évolution de Quasar sur 30 ans ?
Marie-Chantal Leclair: Oui, absolument! Cependant, le focus principal du quatuor a toujours été la musique nouvelle et la création. Quand nous avons commencé nous étions quatre très jeunes musiciens fraîchement diplômés avec beaucoup de détermination mais très peu d’expérience, forcément. Nos processus se sont beaucoup raffinés et en particulier en ce qui concerne l’accompagnement de la création.
Ceci a commencé au début des années 2000 avec la première édition de la série Électro où nous avons organisé une première série d’ateliers de recherche et création avec les compositeurs très en amont des concerts. Cela a marqué un tournant dans notre façon de travailler et cela s’applique maintenant à pratiquement tous les projets. Ateliers et résidences de création sont au cœur de notre pratique. Un autre cycle est celui du développement du volet international. Cela a débuté avec une première tournée en 2006 et comprend aussi depuis 2018 des coproductions, des co-commandes, des échanges et c’est très stimulant.

Jean-Marc Bouchard: Rien ne me vient à l’esprit à ce sujet. J’ai plutôt l’impression que les choses avancent inexorablement. Il y a toujours de nouvelles œuvres à jouer. On fait constamment la connaissance de nouvelles personnes. On visite de nouveaux pays. Bref on avance.

Mathieu Leclair: Je pense qu’il y a plutôt une évolution constante. Aujourd’hui nous avons plus de moyens et il est possible de prévoir des projets sur une plus longue période. Bien que ce ne soit pas nécessairement « plus facile » nous avons une expérience qui facilite la mise en place et la réalisation des projets. Que ce soient des projets d’envergure, avec d’autres artistes, les tournées …

André Leroux: Pouvez-vous répéter la question?

PAN M 360 : Quels sont d’après vous, les programmes marquants de votre histoire ?

Marie-Chantal Leclair: Licks & Brains, Chaleurs, Entre Nous, Ode au métal.
Jean-Marc Bouchard: L’intégrale du triptyque Licks & Brains, du compositeur suédois Klas Torstenson avec l’ensemble de la SMCQ et Walter Boudreau en 2003. Et tout récemment la création de Chaleurs de Walter Boudreau, œuvre colossale de 50 minutes créée le 26 février 2021 à la salle Pierre-Mercure de Montréal. Il y en a eu bien d’autres…

André Leroux: Klaus Torstenson/SMCQ pour l’immensité du défi qui nous a amené jusqu’au Conzert Geb d’Amsterdam, Bach à Zappa pour les voyages et la diversité des publics, Chaleurs de Boudreau pendant la pandémie…
Mathieu Leclair: Le premier concert au Monument National le 25 novembre 1994, le concert le plus stressant de ma vie. J’ai presque souhaité un accident de voiture en route vers la salle de concert pour l’éviter. Mon premier séjour en Europe pour le concours Gaudeamus à Rotterdam. Wow la gare d’Amsterdam. En bref: Électrochocs (24 janvier 2003 / début d’une série de concert qui dure toujours); De Bach à Zappa, notre classique, notre Broue; Chaleurs; Entre nous; nos collaborations avec le quatuor de saxophones de Stockholm, Licks & Brains avec l’ensemble de la SMCQ: Une alarme de feu à l’entracte juste avant la grosse partie avec tout l’ensemble. On est passé proche de ne pas jouer en concert cette œuvre sans doute marquante de ces 30 ans!
PAN M 360 : De quoi chacune et chacun d’entre vous êtes le plus fier.e.s d’avoir accompli dans ce quatuor?
Marie-Chantal Leclair: Ce qui me rend le plus fière, c’est le projet artistique que nous avons porté et réalisé. Le répertoire nouveau, porté par un processus collaboratif qui, je le pense très humblement, a inspiré d’autres à travailler de cette façon. Et finalement d’avoir contribué à positionner Montréal, le Québec comme un pôle créatif en musique de création à l’échelle internationale.
Jean-Marc Bouchard: Je suis fier qu’on soit encore là, les quatre mêmes personnes et toujours aussi engagé dans ce magnifique projet.

Mathieu Leclair: Construire un projet artistique dans la durée. Un projet qui a trouvé un écho tant à Montréal qu’à l’étranger.

André Leroux: D’inspirer les jeunes artistes à persévérer et à croire en leur propre voix, si marginale qu’elle soit .

PAN M 360: Et voilà! Votre 30e anniversaire marque les esprits mélomanes du Québec ! Grand merci pour votre excellence et votre engagement.

PROCHAIN CONCERT DE QUASAR, DIFFUSÉ PAR LE VIVIER AU WILDER, LE 18 SEPTEMBRE

@michaelbrun a fait vibrer Montréal dans le cadre d’OFF @piknicmtl avec une nouvelle escale de sa tournée Bayo! Le 22 août dernier, il nous a conviés à un rendez-vous unique où les sonorités haïtiennes, caribéennes et house se sont unies pour une soirée mémorable. Originaire d’Haïti, Michael Brun est un DJ et producteur reconnu sur la scène internationale. Depuis dix ans, il organise Bayo, un concert devenu incontournable dans plusieurs grandes villes nord-américaines. Pour marquer cette décennie de célébration musicale, il a choisi d’étendre sa tournée avec de nouvelles dates, dont un arrêt à Montréal. Keithy Antoine a profité de cette escale pour le connaître davantage, car nous avons la certitude qu’il reviendra sous peu.

Tallandskiinny est effectivement grande et effilée comme son pseudo l’indique. Excellente DJ , elle enchaîne afrobeats, bailefunk, afro-électro congolaise, beats haïtiens, soul, R&B, hip-hop, rien ne lui échappe ! Interviewée par Félicité Couëlle-Brunet à Palomosa, Tallandskiinny se présente et nous invite à plonger dans son trip qui ne fait que démarrer !

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Depuis un peu plus de 15 ans à la tête de la programmation du Festival d’Été de Québec, Louis Bellavance récidive avec un nouveau festival au concept jeune et rafraîchissant ayant élu domicile dans les quartiers de l’Université Laval: le festival FONO, qui aura lieu du 11 au 13 septembre. À sa deuxième édition et bien que s’adressant principalement aux jeunes étudiants, FONO peut aussi attirer les plus vieux et aussi les enfants. On a pris le temps de s’entretenir avec Louis Bellavance au quartier général de BLEUFEU pour en savoir plus sur la programmation de ce festival et l’ambiance à laquelle on peut s’attendre.

Cette interview a été réalisée dans le cadre d’un partenariat conclu avec la Vitrine Culturelle qui inscrit le festival FONO à son vaste agenda.

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PAN M 360 : De quelle manière avez-vous développé l’idée du festival FONO? Est-ce que l’idée s’est formée autour d’un élan précis?

Louis Bellavance : BLEUFEU avait envie de se diversifier, après St-Roch XP et le Tobogan, de manière à ce que notre portefeuille soit polyvalent et que chaque évènement soit différent, afin que nous puissions être capables d’entretenir le dialogue avec l’industrie. De cette manière, on a plus d’opportunités de rejoindre les artistes, peu importe le stade de leur carrière. Le festival FONO est notre petit dernier, et c’est qu’on avait besoin d’un autre événement à Québec pour accueillir des noms d’impact. On a cherché longtemps, des années en fait, jusqu’à ce qu’en concertation avec l’Université Laval, on découvre qu’elle avait l’espace et la volonté de dynamiser son campus et d’y accueillir un festival.

PAN M 360 : Comment définiriez-vous l’orientation artistique de FONO ?

Louis Bellavance : Le Festival FONO c’est le plus « classique » de nos produits dans notre portefeuille. C’est un festival qui est dans la mouvance de, si on peut reprendre l’alpha dans cette gamme, de Coachella, qui a généré des Osheaga sous la formule 3 jours. Donc c’est pas un festival niche de métal ou d’électro mais ça reste une programmation populaire, urbaine (pop, indie pop, indie rock, rock) et contemporaine (la nostalgie se limite à 15-20 ans en arrière pour FONO). On voulait donner un évènement aux 18-24.

PAN M 360 : Comme vous êtes à la tête de la programmation du FEQ depuis 2011, de quelle manière avez-vous distingué FONO?

Louis Bellavance : On a une orientation qui est beaucoup plus dirigée, par rapport au FEQ avc lequel on va le plus loin possible et dans toutes les directions haha! Les change-over sont beaucoup plus long (45 minutes) parce qu’on veut que les gens se promènent et voient les autres scènes autour puisqu’on a un périmètre classique/fermé, ce qu’on a pas au FEQ. FONO, c’est fait pour être en mouvement et il y a une grande attention portée à l’aspect événementiel. On veut que les gens de l’admission générale aient le traitement VIP : on construit des structures, des zones et des expériences qui seraient habituellement réservées et on les rend accessibles à tout le monde. La direction artistique c’est une grosse valise, le FEQ quand tu regardes ça, a peut avoir l’air de n’importe quoi (Mariah Carey avec Slipknot) avec de la contre-programmation ce qui fait qu’on a un mini festival, un parcours pour chaque personne et y’a pas de confusion possible puisqu’on a de super oppositions comme Rod Stewart et Alicia Cara haha!

PAN M 360 : Comment vous est venue cette passion pour la programmation musicale dans laquelle vous vous spécialisez depuis plus d’une vingtaine d’années?

Louis Bellavance : Ça va faire trente ans dans deux ans haha! Avant le FEQ, j’ai programmé à Montréal les Francos, les Nuits d’Afrique, le Festival International de Jazz et j’ai participé à créer le département de musique chez Stingray! Avant ça, étant natif de Rimouski, j’ai commencé au Festi Jazz là-bas à la fin des années 90. Ça restait un parcours assez « atypique » de se diriger dans la programmation musicale, il y avait seulement quelques personnes et organisations qui travaillaient là-dedans! J’ai toujours beaucoup aimé la musique, j’en fais moi-même et je viens d’une famille ou ça faisait de la business, alors je suis allé étudier en administration. Et mon père, qui était très mélomane, supportait l’administration du Festi Jazz alors j’y suis entré d’abord comme administrateur mais en chemin, on a perdu notre programmateur alors j’ai dû attraper la balle au bond et c’est ce qui m’a ouvert la porte de la programmation musicale. C’était le destin haha! Ensuite, je pense que c’est ma compréhension aigue de la partie business du mot show-business qui m’a permis de me démarquer.

PAM M 360 : Les choix de votre programmation cette 2e édition sont libres et inspirés :   LOUD, Qualité Motel mais aussi Kaya Hoax, Mint Simon et Been Stellar. Certains noms qu’on connaît donc et d’autres moins. Quel était votre mot d’ordre pour 2025?

Louis Bellavance : À FONO, on veut que tu sois excité par cette programmation, même si tu viens de New York ou de Paris. On va vraiment chercher des artistes qui ont une forte crédibilité dans leur niche mais qui sont pas nécessairement encore connus ici. Comme par exemple les Irlandais Amble, qui viennent de remplir un stade à Dublin et qui sont super populaires en Europe. On a aussi Alice Merton, c’est vraiment extraordinaire ce qu’elle fait mais c’est pas encore atterri complètement chez nous. J’ai vu Been Stellar dans un festival en Europe cet été et c’était extraordinaire, mais il n’y a pas beaucoup de gens qui parlent de leur venue à Québec haha! Donc c’est un peu audacieux si j’ose dire et c’est pour ça qu’on a aussi des valeurs sûres bien connues des Québécois pour sécuriser les gens dans leur achat. On équilibre la programmation entre têtes d’affiche, comme Alex Warren qui a vu sa chanson Ordinary devenir l’une des plus streamées de l’année, et découvertes ! 

PAN M 360 : Le festival a lieu sur le Campus de l’Université Laval mais on ne vise pas seulement la clientèle étudiante, n’est-ce pas?

Louis Bellavance : Oui, les lieux sont immenses et on a l’occasion d’y ramener les anciens diplômés, les étudiants, les étudiants internationaux aussi et bien sûr, les gens de Québec qui, par les ponts, peuvent venir redécouvrir et se réapproprier les magnifiques lieux du campus. Le défi pour cet événement, c’est que les étudiants se l’approprient mais en même temps, on veut que les gens qui sont pas de l’université se disent que c’est aussi pour eux. L’année dernière, mes enfants ont ADORÉ : ils m’ont dit que c’était leur festival préféré haha! Donc on y va sur les deux tableaux, en espérant toucher le plus de gens possible!

PAN M 360 : Êtes-vous déjà en train de cogiter la troisième édition?

Louis Bellavance : Oui absolument! On a des offres qui sont parties déjà vers des têtes d’affiche donc on est là l’année prochaine pour sûr! On est très emballés par ce projet-là, ça prend du temps mettre sur pied un festival, et en programmer plusieurs haha, mais c’est vraiment un gros et beau projet!

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE SUR LA PROGRAMMATION DE FONO, C’EST ICI !

Nouvelle sensation de la guitare acoustique, le Polonais Marcin Patrzałek remplira à craquer le Palais Montcalm pour une deuxième année consécutive. Le rendez-vous avec les mélomanes de Québec est prévu ce samedi 13 septembre prochain, dans le contexte de sa tournée Solo Dragon qui fait suite à l’album Dragon in Harmony paru en 2024.

Virtuose polystyles, il entrelarde ses interprétations en y mitraillant les octuples croches et autres prouesses techniques. Très accessible malgré sa vélocité extrême, son acuité percussive et son finger-picking d’enfer, ce musicien de 24 ans a pour objet de mener son auditoire sur une autoroute balisée d’un éclectisme vif et spectaculaire, néanmoins pavée de références archi-connues.

Les enregistrements et concerts de Marcin sont ainsi traversés par le flamenco nuevo, le métal (récemment avec le guitariste RJ Pasin), le grunge (Nirvana), le jazz (Miles Davis), la soul jazzy (Sade), la soul classique (Bill Withers), la musique classique moderne (Claude Debussy), la musique romantique (Bizet) ou le Great American Songbook (Cry Me A River). Il fait même dans l’indie pop, ayant enregistré avec les voix  de Delaney Bailey Hayato Sumino, Ichika Nito, et plus encore.

Un entretien s’impose!

PAN M 360 : Nous pouvons vous décrire comme un virtuose polystyles. Vous utilisez différentes techniques de jeu, vous avez construit votre propre technique. Très vaste univers! Comment l’avez-vous aménagé?

Marcin :  Ce que je fais techniquement, c’est un style très niche  C’est parfois très proche de la basse, je fais aussi plusieurs choses. Mais ce pourquoi je suis surtout connu, c’est ma manière percussive de jouer la guitare acoustique. Et c’est très niche, car la plupart des gens qui jouent de cette façon ne réussissent pas à déborder les cercles d’initiés. J’ai rapidement réalisé que si je restais bloqué dans ce cercle, je ne pourrais pas grandir en tant qu’artiste, alors je me suis intéressé à plusieurs styles musicaux, j’ai consenti à plusieurs collaborations. C’était un must car les gens écoutent peu de musique instrumentale, sinon de la musique classique ou de la musique de film. La guitare solo demeure une niche extrême.

PAN M 360 : Vous avez parlé d’une approche percussive de type finger-picking, on pense notamment à Michael Hedges, Tommy Emmanuel, Andy McKee, Adrian Legg, que vous avez certainement écoutés et observés attentivement.

Marcin : J’adore ces artistes que vous avez mentionnés. Michael Hedges est celui qui a le plus développé le côté percussif de la guitare acoustique, plusieurs ont ensuite développé cette approche, il y a d’ailleurs chez vous Antoine Dufour qui excelle dans ce style. Quand j’étais ado en Pologne, je regardais les meilleurs sur Youtube pendant que j’apprenais la guitare classique et les œuvres de Francisco Tarrega ou de Heitor Villa Lobos. J’appréciais mais j’avais le sentiment de me trouver dans un cercle restreint, même si je gagnais des compétitions nationales en Pologne ou même des compétitions internationales. J’avais aussi l’impression de devoir me concentrer sur des choses qui ne me semblaient pas artistiques, mais plutôt  mathématiques ou techniques. Je ne me voyais pas passer ma vie  à faire ça, d’autant plus que le répertoire de la guitare classique me semble très limité.

Et puis j’ai exploré le flamenco, des artistes comme Carlos Piñana et Yerai Cortés.  Carlos  Piñana, d’ailleurs, donnait des classes de maître en Pologne, je l’avais vu jouer  quand j’avais 12 ans ou 13 ans. J’étais alors habitué aux joueurs classiques et je découvrais ce musicien fier, bien dans son corps, vraiment cool. Je suis allé à un de ses ateliers, il a aimé mon jeu, il a vu un potentiel et m’a donné des partitions que j’ai ensuite apprises seul, en faisant des erreurs. Un an plus tard, je lui ai joué sa pièce Farruca à distance et il fut impressionné…

PAN M 360 : Très intéressant, car vous ne jouez pas avec une guitare flamenca et vous reprenez plusieurs éléments du jeu flamenco.

Marcin : C’était très différent de la guitare classique, ça s’approchait de la guitare électrique et c’était beaucoup plus percussif, voilà pourquoi j’aime. Mais je ne suis pas apologétique, je ne me réclame de personne. Cette façon de faire me semble académique.

PAN M 360 :Parlons donc de votre nouveau concert. Comment vous présenterez-vous sur scène le 13 septembre prochain  au Palais Montcalm ?

Marcin :  L’année dernière j’ai joué au Palais Montcalm c’était plein et c’était très bien, jen suis fier. Les choses ont progressé depuis, j’ai une équipe de production à mes côtés, mon organisation a plus de moyens. Je serai seul sur scène, avec un programme dont je suis  aussi très fier. Pour moi, l’idée est de donner le meilleur spectacle possible. Je veux être original mais il me faut aussi donner un spectacle au meilleur de mes capacités. 

PAN M 360 : Comment le programme est-il  construit ?

Marcin : Ce concert s’intitule Art of Guitar. J’y joue trois instruments différents. 

Il y a d’abord l’acoustique percussive, c’est l’objet principal, à laquelle j’ajoute l’électrique pour jouer des trucs plus lourds. Il y a aussi une partie cordes de nylon. Je n’y joue pas des reprises intactes de flamenco ou de classique, j’improvise plutôt à partir de deux morceaux: le premier est Capricho árabe de Tarrega suivi d’une séance d’improvisation et puis je joue un nouvel arrangement de l’Ave Maria de Schubert. Quand je joue la partie nylon de l’Ave Maria vous pouvez ressentir l’émotion qui gonfle dans la salle!

PAN M 360 : Quel est votre objectif premier en concert?

Marcin : Mon espoir est que vous puissiez dire en sortant du concert: « Je n’ai jamais entendu quelque chose comme ça avant ! »  Je croise les doigts.

BILLETS ET INFOS ICI


Le Festival Ripon Trad se tient du jeudi 11 au dimanche 14 septembre, au cœur même de son village qui, à l’évidence, est devenu l’épicentre de la musique trad dans la magnifique région de Petite-Nation. Fait notoire, les habitants de Ripon ouvrent les portes de leurs maisons et cours arrières aux festivaliers pour des concerts intimes, et ajoutent une variante singulière à la progammation de Ripon Trad sur sa scène principale. Ripon Trad est aussi OBNL constitué par la communauté locale et dont le leadership est assuré par les interviewés de PAN M 360. soit Martin Sabourin, président de l’OBNL et son fils Éloi Gagnon-Sabourin, directeur artistique de l’événement et aussi membre du groupe Le Diable à Cinq – avec ses frères Samuel et Félix, ainsi que du cousin André-Michel Dambremont et de l’ami d’enfance Rémi Pagé. Hormis Le Diable à Cinq, plusieurs formations de La Petite-Nation et autres artistes venus de l’extérieur se produisent cette année au 6e Ripon Trad : Arc en Son (réuni après une très longue pause), Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs, le Trio Chant d’Elles, La Famille LeBlanc, Rose Latulipe ou Vishtèn sont parmi les artistes invités à Ripon Trad. On en parle !

INFOS ET BILLETS ICI

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Ce contenu résulte d’un partenariat avec La Vitrine culturelle dont voici le contenu annonçant la tenue de Ripon Trad

Cela fait 40 ans que l’organisme Code d’Accès existe. Néanmoins, il se peut très bien que vous n’en ayez pas entendu parler. C’est que, son travail, d’abord effectué par des passionnés à titre bénévole dans les premières années, puis professionnalisé par la suite, est focalisé sur les artistes. Des programmes de mentorat, d’aide au développement de carrière, etc. constituent une part importante des activités. Mais il y a bien sûr une série de concerts et autres événements publics, auxquels tous et toutes sont conviés. Et ça aussi c’est important. Les mélomanes doté.e.s d’oreilles aventureuses peuvent y faire des rencontres passionnantes, étonnantes, fascinantes. À l’occasion du 40e anniversaire de Code d’Accès et du lancement de la saison 2025-2026 accessible au grand public, j’ai rencontré An Laurence, Directrice artistique de l’organisme (et aussi artiste et compositrice en musique expérimentale) pour nous en parler. 

CODE D’ACCÈS

Avec huit éditions à son actif, la neuvième édition du Festival Grandes Oreilles approche à grands pas et se tiendra les 12, 13 et 14 septembre sur la rue Laurier Ouest, et ses alentours. Pour nous en parler, Gunther Gamper, son directeur général et artistique, également homme-orchestre nous partage les moments forts de la programmation. Cette édition s’annonce encore plus festive puisqu’elle se fera en collaboration avec deux partenaires clés : la SDC Laurier Ouest et l’Arrondissement d’Outremont.

PAN M 360 : Avant de débuter, comment le nom Grandes Oreilles a été choisi ?

Gunther Gamper: Ça remonte à loin, on a fait un brassage d’idées et est apparue cette expression que tout le monde connait. Comme c’est un festival musical, Grandes Oreilles, ça faisait sourire tout en faisant référence à l’expression « Ouvrez grand les oreilles ! » Et c’est ça aussi, le festival, l’idée c’est de faire découvrir et d’offrir une diversité musicale pour les parents et les enfants, en mode festif.

PAN M 360 : Et vous, comment a commencé votre implication ?

Gunther Gamper : Je suis le fondateur. À la blague, je dis que je suis le directeur général et artistique et le stagiaire aux communications. Je suis l’homme-orchestre, je fais tous les postes. Pour préparer la 9è, je suis une personne et quart : j’ai une stagiaire aux comms et une assistante logistique qui font quelques heures. En ce moment, c’est minuscule comme équipe. Heureusement, j’ai aussi un CA et des partenaires fidèles.

PAN M 360 : Parlez-nous de vos partenaires pour cette édition ?

Gunther Gamper : Nous en avons deux. Il y a un an et demi, je savais que c’était le 150ème anniversaire de la Fondation d’Outremont et j’ai proposé qu’on fasse quelque chose ensemble pour fêter Outremont. J’en avais parlé à plusieurs personnes dont l’Arrondissement Outremont et la SDC Laurier Ouest, qui sont partenaires cette année. C’est avec eux qu’on a avancé pour créer cette Grande fête du 150ème sur la rue Laurier Ouest. Plusieurs choses sont une première cette année : première fois qu’on a un aussi grand financement, le plus grand budget depuis la première année, première fois qu’on n’est pas dans un parc et qu’on est sur une rue commerciale, première fois qu’on a deux partenaires, on a toujours fait nos éditions précédentes seuls.

PAN M 360 : Pour le volet musical, qu’est-ce qui est prévu au programme ?

Gunther Gamper: Tout d’abord, il y a deux fanfares : Urban Science Brass Band, qui sont dix et qui vont jouer samedi, et dimanche on aura Burning BRASs Band, un groupe de femmes et personnes non-binaires qui seront dix aussi. De plus, il y aura Waahli, qui devait participer à la 8ème édition mais malheureusement, il a plu. Il sera en full band cette fois-ci puisque nous avons plus de budget. Ensuite, il y a aussi DJ Poirier qui fera un set de deux heures, Sadio Sissokho, originaire du Sénégal, qui fera un solo de kora et voix. Il y a également Imagicario, qui sont des marionnettes géantes qui vont représenter des lampadaires imaginaires, il s’agit d’une compagnie de Villeray-Parc Extension. Sinon, il y aura aussi des prestations de la relève, un combo jazz de l’université de Montréal et si tout va bien, il y aura également une prestation du ou de la gagnante du 5ème concours de talent pour les 16 ans et moins. C’est la 5ème édition du concours. Finalement, il y aura des ateliers de bricolage, des ateliers de danse, dont l’Académie de danse d’Outremont, une boite à surprise dédiée à la petite enfance et des vélos musicaux.

PAN M 360: En fait, il y en aura pour tous les âges et pour tous les goûts?

Gunther Gamper : Exactement. L’idée c’est qu’en offrant différents types d’activités, ça permet à tout le monde d’avoir du plaisir, peu importe l’heure à laquelle ils arrivent, peu importe l’âge, on ne s’ennuiera pas.

PAN M 360 : Est-ce qu’il y a un thème en particulier cette année ?

Gunther Gamper : C’est un festival de musique pour la famille. C’est vraiment ça notre accent.

PANM360 : Moi qui suis une fan de musique brésilienne, j’ai vu qu’il y a de la musique brésilienne au lancement du festival.

Gunther Gamper : On est partenaires mais dans le cas de Diogo Ramos, c’est présenté par Outremont mais on s’est consultés pour ça. L’an dernier, je voulais avoir Diogo Ramos, mais il y avait un peu trop de musique latine dans les éditions précédentes, notamment avec Boogát ou Ramon Chicharron.

PAN M 360 : Il y a un autre nom qui m’a tapé à l’œil dans la programmation : Martha Wainwright, qui est Outremontaise apparemment ?

Gunther Gamper: Oui, c’est son 20ème anniversaire de carrière, et c’est la tournée de son tout premier album. Elle se promène depuis un an avec ça. Elle fera partie du programme double de vendredi, le concert d’ouverture, présenté par Outremont. Tandis que le concert de clôture de dimanche soir sera présenté par Grandes Oreilles, avec Waahli et Imagicario et les lampadaires vont être là pendant la prestation.

PAN M 360 : Avez-vous un plan B en cas de pluie ?

Gunther Gamper : L’an dernier, ça a été notre pire météo en 8 ans. On a réussi à faire uniquement deux heures et demi, puis on annulait au fur et à mesure, selon ce qui se passait. S’il pleut, on va l’annoncer sur tous nos réseaux, comme on est trois partenaires, il faudra nous suivre sur Facebook, Instagram, et LinkedIn.

PAN M 360 : J’ai également vu que Geneviève Borne va animer des défilés aussi ?

Gunther Gamper : Elle va animer les trois soirs. Il y aura un défilé de mode en collaboration avec le Festival M.A.D et Manika Gaudet de Manik Fashion. Le volet mode, c’est pour la Grande fête du 150ème, et c’est présenté par la SDC Laurier Ouest. Après le défilé, il y a une prestation musicale avec DJ Jesse Mac Cormack, un genre de pop électro techno.

PAN M 360 : On vous souhaite de la bonne température ! Et longue vie à ce festival.

Gunther Gamper : Merci. Venez en grand nombre !

Photo de Urban Science Brass Band

NESRAF est un groupe de musique chaâbi progressiste fondé en 2015 par des musiciens passionnés, porteurs d’un riche héritage algérien. Leur nom, qui signifie « Départ » en arabe, fait écho à un mouvement rythmique et mélodique du chaâbi et de la musique andalouse, mais aussi à l’histoire de celles et ceux qui, en migrant, ont permis à ce patrimoine de voyager et de rayonner à travers le monde. Puisant dans l’héritage de l’illustre El Hadj Mohamed El Anka, figure emblématique du chaâbi des années trente, NESRAF propose une musique populaire qui résonne des rues, des cafés et des cérémonies d’Algérie. Le groupe revisite avec audace des classiques, en arabe algérien et en kabyle, tout en y insufflant une touche contemporaine et métissée. Sur scène, Nassim, Rafik, Dahmane, Mourad, Takfarinas et Aflulay offrent une expérience musicale et émotionnelle unique, où tradition et modernité se rejoignent. Ils seront en performance samedi à 16h et Keithy Antoine a pu s’entretenir avec eux pour PAN M 360.

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Kizaba est un auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste d’origine congolaise, basé à Montréal, et désigné Révélation Radio-Canada 2024-2025. Véritable pionnier de la musique électro-congolaise, il fusionne le soukous, l’afrobeat et des sonorités futuristes, créant un univers où tradition et modernité s’entrelacent avec puissance. Polyglotte, il chante en français, anglais, kikongo et lingala, affirmant avec fierté ses racines africaines tout en célébrant son identité québécoise et canadienne. Son album Kizavibe, acclamé par la critique, a été nommé aux Juno Awards, aux GAMIQ et aux Prix Dynastie, confirmant son statut d’artiste incontournable. Sur scène, il a partagé l’affiche avec des légendes comme Lionel Richie et The Foo Fighters, notamment lors du prestigieux New Orleans Jazz Festival. En octobre 2025, Kizaba présentera son nouvel opus Future Village au WOMEX, en Finlande. Son spectacle électro-pop, porté par des projections visuelles saisissantes, promet un voyage universel vibrant et futuriste. Il sera en performance samedi à 21h, et Keithy Antoine a pu échanger avec lui pour PAN M 360.

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Bo The Qu-inG est un·e artiste queer, non binaire et androgyne d’origine franco-camerounaise, partageant sa vie entre Strasbourg et Montréal. Chanteur·se, performeur·se et directeur·ice artistique, iel se distingue par une esthétique hybride et une voix singulière qui repoussent les frontières, autant musicales que de genre.

À travers une fusion de soul, gospel, électro et jazz, Bo explore les émotions brutes et les luttes identitaires, alliant puissance et vulnérabilité. Son plus récent EP BAD WORLD (2024) s’impose comme un manifeste sonore où s’entrelacent amour, rage et résilience.

Au-delà de sa musique, Bo est le moteur de plusieurs projets artistiques et communautaires, dont les Strasbourg Live Sessions (France), les 237 Live Sessions (Cameroun), le Ballroom Strasbourg, le podcast Harmonie Nouvelle et le concept montréalais Midi-Minuit. Chaque espace qu’iel bâtit devient un terrain inclusif où les voix et corps minorisés brillent avec audace. Keithy Antoine s’est entretenue avec Bo, à quelques jours de son spectacle tant attendu.

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Joannie et Marie-Soleil forment le duo pétillant Sugar Crush, une véritable bouffée d’énergie country-pop qui ne laisse personne indifférent. Dès que résonnent les premières notes de leur ukulélé, l’ambiance s’illumine et il devient impossible de rester immobile.

Avec leurs harmonies sucrées, leur complicité éclatante et une présence scénique débordante de joie, elles transforment chaque spectacle en une fête irrésistible. Leur musique, à la fois légère et festive, est le remède parfait pour réchauffer les cœurs et adoucir les peines d’amour.

L’année 2025 marque un tournant pour Sugar Crush : une tournée en Afrique, une nomination aux prix CMAOntario, et un nouvel extrait qui s’est hissé parmi les 100 meilleures chansons du palmarès Mediabase. Avec deux mini-albums à leur actif, elles s’imposent comme l’un des duos les plus rafraîchissants de la scène country francophone.

Préparez-vous à vibrer au son de Sugar Crush! Elles seront sur scène vendredi à 18h30. Notre collaboratrice Keithy Antoine les a rencontrés pour PAN M 360.

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