Depuis l’an dernier le Festival FLUX soumet sa proposition artistique dans le paysage montréalais des musiques expérimentales. Jusqu’au au 11 octobre 2025, Flux souhaite offrir un mélange unique de concerts, d’ateliers, de tables rondes, de présentations, de causeries et de lancements, le tout axé sur la performance, le paysage et la politique.

Plusieurs artistes locaux et internationaux feront vivre cette programmation et ça commence vraiment le 2 octobre avec Gabo Champagne, et ce sera un feu roulant jusqu’au 11, avec l’artiste Navajos Raven Chacon, le percussionniste afro-américain Andrew Cyrille, la compositrice thaïlandaise Liew Niyomkarn, la saxophoniste argentine Camilla Nebbia et plus encore.

L’organisme Arts in the Margins chapeaute FLUX, un événement fondé sur des partenariats avec d’autres joueurs du milieu : daphne, EAF, Innovations en Concert, Institut international pour les études critiques en improvisation, Interzone, Laboratoire de culture urbaine, Le Vivier, Mardi Spaghetti, No Hay Banda, Québec Musiques Parallèles, Réseau canadien pour les musiques nouvelles , Small Scale Music.

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Since last year, the FLUX Festival has been presenting its artistic program on the Montreal experimental music scene. Until October 11, 2025, Flux offers a unique mix of concerts, workshops, round tables, presentations, conferences, and launches, all focused on performance, landscape, and politics.

Several local and international artists will bring this program to life, kicking off on October 2 with Gabo Champagne, followed by a rapid-fire lineup until the 11th, featuring Navajo artist Raven Chacon, African-American percussionist Andrew Cyrille, Thai composer Liew Niyomkarn, Argentine saxophonist Camilla Nebbia, and more.

Arts in the Margins oversees FLUX, an event based on partnerships with other players in the field: daphne, EAF, Innovations en Concert, International Institute forCritical Studies in Improvisation, Interzone, Urban Culture Laboratory, Le Vivier, Mardi Spaghetti, No Hay Banda, Québec Musiques Parallèles, Canadian Network for New Music , Small Scale Music.

Originaire de la République démocratique du Congo, Kizaba est sur toutes les scènes nationales et internationales. Révélation Radio-Canada 2024-2025, il a eu un été très occupé et s’apprête déjà à reprendre la route direction WOMEX. Justement, le spectacle qu’il présentera au Studio TD sera un aperçu de ce qu’il fera au WOMEX, on aura donc une exclusivité d’une certaine manière. Celui qu’on nomme « pionnier la musique électro-congolaise » s’est entretenu avec Keithy Antoine de PAN M 360 pour parler de son évolution de carrière vertigineuse.


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Lavanya est une artiste qu’on ne présente plus. On la voit souvent dans des événements de Vision Diversité mais également ailleurs dans la ville et dans la province. Elle est accompagnée par des musiciens venant du Brésil, du Mali, du Bangladesh, de Haïti et sa musique intègre toutes ces influences. Avec son baggage en chant classique indien enseigné par son père, elle a su y rajouter la musique québécoise et nord-américaine avec sa touche bien particulière. Keithy Antoine a pu s’entretenir avec elle pour en savoir plus sur son parcours et elle sera au Studio TD le dimanche 5 octobre pour clôturer la 15ème édition.

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Dan Seligman est fondateur et toujours directeur créatif de Pop Montréal, le principal hapenning automnal présenté à Montréal. Il dirige l’équipe ayant recruté les artistes et groupes prévus du mercredi 24 au dimanche 28 septembre. Comme c’est le cas chaque année, PAN M 360 lui a demandé d’identifier les 5 must quotidiens de sa direction artistique. Voilà les choix prioritaires de la 5e et dernière journée de POP MTL 2025!


Do Make Say Think

Do Make Say Think est selon moi le premier choix de dimanche, la plus grosse affaire. Je suis un grand fan de ce band sous étiquette Constellation depuis 1997, la dernière fois que j’ai essayé de les invités, le concert avait dû malheureusement être annulé. Expérimental, post-jazz, improvisation, à la fois jammy et construit, défie toutes catégories. Je ne les ai pas vus depuis longtemps, ils travaillent depuis 1995. La bio de POP nous indique que Do Make Say Think s’est imposé comme l’un des pionniers du post-rock pour ensuite migrer vers d’autres hybridations.

Mellonella

« Mellonella est le band de Neptune Lightburn, fille de Natalia et Murray des Dears. C’est un des très bons groupes émergents de Montréal, très proggy, punk aussi. Il y a actuellement toute une scène émergente d’artistes en début de vingtaine. Ma fille de 16 ans me tient au courant parce qu’elle est très impliquée dans cette scène. La programmation du P’tit Ours aujourd’hui en témoigne. »

Aussi peut-on lire dans la bio de Mellonella : « Nous sommes inspirés par King Crimson, ELP, Genesis ou Yes, mais aussi par des expérimentaux modernes comme Black Midi et Geordie Greep. Notre musique comporte de nombreuses signatures temporelles impaires, des chansons aux structures compliquées et des compositions de longue durée. » 

Fanfargenign

« La parade démarre du Club social à 13 heures. Parmi les artistes, il y a la fanfare de Josh Dolgin (Socalled). Fanfargenign est le nom d’un projet de musique folklorique yiddish, une expérience de fanfare klezmer ancrée dans les traditions yiddish. Avec Josh comme maître de piste, c’est le groupe principal de la Parade du Mile-End, aussi avec avec Hawt Dawg, Avery Jane, Fraud Perry et invités. »

Sound Bath

Dimanche PM, le Sound Bath (bain sonore) est dirigé par Lisa  Iwanycki (Creature), Robbie Kuster (Pat Watson, René Lussier, etc.), Laurel Sprengelmeyer (Little Scream), qui s’annonce comme un événement de calme et de guérison. On enlève ses chaussures, on ferme les yeux…

Unessential Oils

Unessential Oils est le nouveau projet de Warren Spicer, chanteur du groupe montréalais Plants and Animals. Le projet est inspiré par le jazz, le folk, le Tropicália, Jorge Ben, Daniel Lanois, Miles Davis et plus encore. D’une certaine façon, il arrive à recréer la magie originelle de Plants and Animals, ce côté ouvert, expérimental, folkie aussi enclin à l’improvisation.

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Avant leur concert au Théâtre Fairmount pour l’ouverture du festival POP Montréal, mercredi dernier, Siggi m’a invité à m’entretenir avec deux des membres fondateurs de múm, Gunnar Örn Tynes et Sigurlaug Gísladóttir.

Ils m’ont accueilli chaleureusement et ont répondu généreusement à mes questions sur leur pratique créative. Leur album History of Silence, sorti quelques jours auparavant, apporte une touche unique à leur instrumentation hybride mêlant cordes et électronique.

À la manière d’un orchestre, les deux univers se rencontrent dans de longues vagues qui rappellent la collaboration entre Floating Points et le London Symphony Orchestra, une vague apaisante qui calme l’esprit.

Dans cette interview, Gunnar et Sigurlaug discutent de la production de l’album, du rôle de l’électronique live et de leur approche de la performance.

PAN M 360 : Je pense que nous pourrions commencer par l’annonce la plus évidente de múm, à savoir que vous avez sorti un album le 19 septembre, il y a quelques jours à peine. Tout d’abord, parlons du titre, History of Silence. Il est très évocateur. Comment avez-vous trouvé ce titre ?

Gunnar : Eh bien, nous aimons donner à nos chansons et à nos albums des titres qui suscitent des réflexions chez l’auditeur ou chez ceux qui les perçoivent. Nous préférons donc ne pas avoir de définition stricte des choses. C’est plutôt à l’auditeur de décider. Mais bon, plusieurs titres étaient en lice, et celui-ci l’a emporté. Je veux dire, il est intrigant. L’album comporte également des moments de silence. Et bien sûr, nous n’avons pas sorti d’album depuis 13 ans environ. Peut-être fait-il également référence à ce silence.

Sigurlaug : Il existe clairement un lien entre l’espace négatif en musique, où l’on laisse le silence faire partie intégrante de la composition, comme l’absence de quelque chose. Le titre y fait allusion, mais rien n’est littéral dans notre façon de faire les choses. Il y a plusieurs façons d’interpréter le titre. Et le plus amusant, c’est d’entendre ce que les autres en retirent. Si quelqu’un écoute, puis fait le lien, et trouve un contexte qui pourrait être nouveau pour nous, cela fait toujours partie du processus de création artistique. Ce n’est jamais complet tant qu’il n’y a pas quelqu’un d’autre impliqué, un public.

Gunnar : Notre deuxième album s’intitule Finally We’re No One, ce qui est également très difficile à expliquer. Mais d’une manière ou d’une autre, les gens comprennent. Il a un sens, mais ce sens est un peu abstrait et ouvert à l’interprétation. Et une fois qu’il est interprété, je pense que chacun y associe ses propres émotions.

PAN M 360 : Vous avez mentionné les espaces négatifs. J’aimerais développer un peu ce point, car je pense que l’une des particularités de votre groupe est qu’il compte beaucoup de membres. Je suppose donc que pour que cela fonctionne, tout le monde doit être très conscient de ces espaces négatifs. On pourrait penser qu’avec autant de personnes, il y aurait toujours du bruit. Mais dans votre musique, il y a en fait une sensibilité très calme. Comment cela s’est-il produit ? Est-ce dû aux personnes que vous choisissez ? Y a-t-il une orchestration lorsque vous jouez ?

Gunnar : Non, nous sommes très démocratiques et libéraux.

Sigurlaug : Je dois dire qu’il y a un avantage à avoir deux compositeurs principaux. Il y a deux personnes pour qui c’est votre projet, et les gens viennent collaborer. Il n’y a pas trop de cuisiniers dans la cuisine, pour ainsi dire. Il n’y a pas trop de cuisiniers. Il y a deux cuisiniers dans la cuisine, puis une équipe de sous-chefs. Cela aide aussi beaucoup pour la direction. Ce serait beaucoup trop si nous devions être démocratiques pour chaque décision dans les moindres détails.

Et pour nous, les autres, c’est tellement amusant de participer à ce projet dirigé par eux. Je dirais qu’il y a deux personnes qui ont le pouvoir de faire des coupes pour que vous ayez de l’espace. C’est donc très utile dans ce processus spécifique. Mais quand nous jouons en live, c’est différent, car on se sent plus comme un groupe et nous contribuons tous. Ce n’est pas comme s’ils étaient vraiment les patrons quand nous jouons en live. Nous avons alors une meilleure démocratie. Mais dans le processus d’enregistrement, c’est vraiment utile d’avoir des gens autour.

PAN M 360 : En parlant de live, nous allons assister à votre concert ce soir, donc cela tombe plutôt bien. C’est une question qui revient régulièrement : lorsque vous sortez un album et que vous avez consacré beaucoup de temps à la production – qui peut être précise, très contrastée sur le plan dynamique –, lorsque vous vous apprêtez à jouer en live, comme vous le disiez, maintenant que tout le monde contribue un peu plus, cherchez-vous à reproduire le plus fidèlement possible ce qui se trouve sur l’album ? Ou avez-vous plutôt une approche improvisée ?

Gunnar : Nous laissons généralement nos chansons vivre leur propre vie. Elles renaissent en quelque sorte lorsque nous commençons à les jouer en live. Et très souvent, elles changent beaucoup après avoir été jouées en live ; surtout au fil des années, certaines chansons changent radicalement. Elles ont donc une seconde vie quand nous les jouons en live. Ça peut paraître bizarre, mais… Il y a évidemment certaines parties auxquelles nous voulons rester fidèles, mais maintenant, nous sommes plus libres, je pense. Nous les laissons en quelque sorte naviguer dans la direction qu’elles veulent.

Sigurlaug : Cela dépend aussi de la composition du groupe, car elle a beaucoup changé au fil des ans. Certaines personnes sont plus enclines à l’improvisation, comme Róberta, notre incroyable guitariste actuelle. Elle ne joue presque jamais deux fois la même chose, ce qui fait le bonheur de tout le monde sur scène, car elle est vraiment incroyable.

PAN M 360 : J’avais une question à propos des instruments de musique électroniques. Vous jouez avec des instruments électroniques depuis plus de dix ans. Quelle est votre relation avec les progrès technologiques dans ce domaine ? Comment gérez-vous les technologies « obsolètes » ?

Gunnar : Il y a quelques équipements auxquels il faut renoncer parce qu’ils ne sont tout simplement plus utilisables. Mais oui, principalement les échantillonneurs. Je veux dire, les équipements analogiques sont tout aussi pertinents. Je pense que, comme pour tout autre instrument, c’est toujours amusant d’acquérir un jouet qui vous enthousiasme et vous inspire. Parfois, il s’agit d’une nouvelle technologie. Parfois, il s’agit simplement d’une ancienne technologie que je n’ai jamais expérimentée auparavant.

Malheureusement, beaucoup de nouveaux instruments électroniques sont destinés à un type de musique très spécifique. Beaucoup d’instruments électroniques sont conçus pour créer un certain type de musique, souvent orientée vers la musique dance ou clubbing. Nous, on va plutôt dans l’autre sens. On fait des trucs plus bizarres. Si nous sommes le groupe que nous sommes aujourd’hui, du moins en live, c’est parce que nous avons commencé avec beaucoup d’équipements électroniques et que nous avions des séquenceurs MIDI sur scène, et c’est ce que nous faisons.

Mais nous avons fini par trouver un peu ennuyeux de rester derrière des instruments électroniques et d’appuyer sur des boutons. C’est pourquoi nous avons commencé à jouer des instruments avec l’électronique, car le séquençage est quelque chose que l’on fait de toute façon chez soi. On vit dans le mensonge si on prétend le faire en live. Je veux dire, on pourrait, mais c’est du séquençage. C’est un motif que l’on prédéfinit.

Sigurlaug : C’est aussi une passion folle que d’avoir ces énormes tables de synthétiseurs. Si vous êtes en tournée comme ça, c’est un peu dingue. Et c’est aussi tellement plus vivant quand vous avez surtout ces instruments à cordes. Et il y a des dynamiques. Nous nous écoutons les uns les autres d’une manière très différente. C’est une autre façon de communiquer à travers les instruments. Et c’est ce qui nous plaît dans ce contexte. Parce que ce n’est pas comme si les éléments électroniques n’étaient pas présents ; les instruments physiques n’ont simplement pas besoin d’être sur scène.

PAN M 360 : En parlant de la manière dont la technologie peut influencer le processus, cet album a été en grande partie réalisé à distance. Est-ce exact ?

Gunnar : Nous avons tout commencé ensemble dans une seule pièce. Puis nous avons peaufiné le tout à distance. Nous avons passé du temps à éditer et à façonner un peu les chansons, puis à enregistrer les voix.

Sigurlaug : Ce que j’ai préféré, c’est qu’à la fin, nous étions un peu pressés par le temps, et je faisais les chœurs à Athènes tandis que Gyða était à Reykjavik, et nous essayions de le faire en même temps et de nous l’envoyer en quelques heures. Je lui envoyais, elle faisait sa partie là-bas, me la renvoyait, et ainsi de suite. C’était un ping-pong très rapide. Normalement, on enregistre ses parties vocales, on les envoie, et on reçoit la réponse après un certain temps. Mais cette soirée a été assez excitante, avec ces échanges vocaux à travers l’océan.

PAN M 360 : Une question pour le chef : En parlant de ce processus d’échange de morceaux et de cette longue gestation de près de 13 ans pour trouver ces chansons et ces idées, comment décidez-vous quand éteindre le feu ? Quand décidez-vous qu’une chanson est terminée ?

Gunnar : Très souvent, il suffit de réserver un studio de matriçage. C’est le jour où tout doit être prêt. C’est la même chose pour les artistes visuels. Ils réservent simplement une exposition, puis il faut accrocher les œuvres au mur à un moment donné. Sinon, on peut laisser les choses mijoter indéfiniment. Parfois, vous savez, c’est différent. Pour certaines chansons, on se dit simplement : « C’est bon, c’est fini. Vous n’avez besoin de rien d’autre. Mais d’autres, vous les retravaillez jusqu’à la dernière minute. C’est difficile. Surtout avec vos propres compositions. J’ai beaucoup produit et enregistré pour d’autres groupes. Dans ce cas, vous avez une vision claire et vous pouvez les aider à y arriver. Mais avec vos propres compositions, vous devenez un peu fou.

Sigurlaug : Tu es perdu dans la sauce.

PAN M 360 : En parlant de l’évolution de vos sets live, quelle énergie apportez-vous ? Y a-t-il un message que vous essayez de faire passer à travers vos sets live ?

Gunnar : Je pense que par défaut, nous ne sommes pas cool. Nous ne faisons pas partie de ces groupes qui essaient d’être cool. Si nous sommes cool, c’est par hasard. Nous jouons, nous nous amusons, nous faisons simplement notre truc. Nous n’essayons pas de monter un spectacle. Je ne sais pas, ça n’a pas de sens. On n’essaie pas de prétendre être autre chose que ce qu’on est. Parfois, on donne l’impression d’être… enjoués, peut-être. Je ne sais pas. C’est difficile à dire.

Sigurlaug : Je suis très reconnaissante de faire partie de ce groupe dont tu fais partie. Je suis très heureuse de passer du temps avec toi. C’est tout simplement très agréable.

PAN M 360 : Je pense que c’est une bonne conclusion. Votre musique est enjouée, vous vous amusez, vous ne prétendez pas être autre chose que ce que vous êtes. Cela se voit clairement : rien qu’en étant ici, on sent que les membres du groupe sont très proches, comme si vous étiez amis depuis toujours.

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Dan Seligman est fondateur et toujours directeur créatif de Pop Montréal, le principal hapenning automnal présenté à Montréal. Il dirige l’équipe ayant recruté les artistes et groupes prévus du mercredi 24 au dimanche 29 septembre. Comme c’est le cas chaque année, PAN M 360 lui a demandé d’identifier les 5 must quotidiens de sa direction artistique. Voilà les musts du samedi 27 septembre!

Ribbon Skirt

« Ribbon Skirt est l’un de mes groupes préférés de Montréal, je le suis depuis 3 ou 4 ans. Chaque fois que je les entends et les regarde de nouveau, ce groupe est devenu encore meilleur. C’est une très bonne formule, rock post-punk et autochtone. Dirigé par la musicienne anishinaabe Tashiina Buswa a sorti Bite Down, sur Mint Records en avril 2025, sur fond de rock, la chanteuse soulève les thèmes de la mémoire, de l’identité indigène et de ses enjeux historiques. »

Dilettante

« J’ai vu Dilettante à South by Southwest et j’ai adoré. Elle me confia qu’elle avait appliqué à Pop MTL. C’était vraiment cool. Je ne sais pas si elle vient seule ou avec son très bon groupe, mais je sais qu’elle joue du saxophone, qu’elle utilise aussi en boucle. C’est de pop, mais il s’agit d’une forme étrange, amusante, arty, très rythmée. Dilettante est le pseudo de la multi-instrumentiste Francesca Pidgeon, basée à Manchester au Royaume-Uni. »

Elle Barbara

« Je pense que son nouvel album, Black Space, est l’un des meilleurs de l’année, mais je pense qu’Elle Barbara est l’une des très artistes les plus spéciales de Montréal. Elle a son truc , son propre univers. Je la soutiens depuis ses débuts professionnels, elle est parmi les artistes qui repoussent les limites de la pop. On y trouve aussi des éléments classiques, du punk, du R&B, disco, synth-pop, glam rock et autres mélanges insoupçonnés. Le Polaris en 2026? Peut-être! Elle Barbara est une artiste transgenre, elle excelle dans l’art-pop, elle s’intéresse au théâtre expérimental, a fait dans le travail communautaire et demeure une figure centrale de l’underground montréalais. »

DAM

« DAM est sans doute un must pour la soirée de samedi. Ce groupe rap palestinien, un de mes choix préférés à POP cette année, ce fut l’un des premiers groupes hip-hop de Palestine et du monde arabe, ils font de l’excellent hip-hop. Aujourd’hui, la perspective de citoyens palestiniens d’Israël repose sur une identité lourde de sens, du plus haut intérê. Et leur musique est vraiment cool.DAM, signifie « éternel » en arabe Formé à la fin des années 1990, Tamer Nafar, Suhell Nafar et Mahmood Jrere ont voulu raconter leur histoire par le hip-hop. »

Soltera

 » Soltera, de Los Angeles, jouera gratuitement ce samedi PM. J’ai vu ce groupe pour la première fois au festival Slut Island de Montréal (qui se tient en octobre). Très cool, latino, électronique et punk. Soltera est constitué d’outsiders de la musique pour synthés. Soltera fut d’abord le projet de l’artiste américano-colombienne Tania Ordoñez. Soltera est devenu duo de choc avec Pacoima Techno à la coproduction et au chant. »

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Sarah Rossy chérit ce projet depuis 8 ans. Assembler les pièces du puzzle, financer, trouver des appuis, peaufiner la production, recruter les interprètes, arranger, réaliser, enregistrer, mixer, présenter la matière de Lucid sur la scène du Ministère, un jeudi 25 septembre devant sa communauté élargie, sa famille, ses amis proches.

Sarah Rossy n’est pas banale. 

Pianiste de formation, chanteuse de formation, férue de classique moderne et de jazz moderne, en phase avec la pop orchestrale de son époque, la Montréalaise a interprété la plupart des titres de Lucid, un album rendu public le même soir, entourée de 10 musicien.e.s et choristes, parmi les plus compétents de leur génération à Montréal. 

À l’instar de sa collègue et amie Thanya Iyer, de surcroît choriste pour cette soirée magique, Sarah Rossy propose une ambitieuse, riche et vivifiante pop de chambre. Elle choisi ses teintes : jazz contemporain, improvisation libre, prog, avant-pop, synth-pop, vocalises du Levant (vu ses origines libanaises), Great American Songbook, bruitisme doux, le tout fondu dans un creuset  de virtuosité et de cohésion orchestrale. Superbe intégration ! 

Difficile de prévoir ce qu’il adviendra de ce projet discographique tout chaud, transcrit sur scène avec tant d’adresse. Professeure de chant et artiste, elle mène allègrement ses deux carrières de front et tente de  mener plus loin son art.

PAN M 360 : Un projet aussi ambitieux au début d’une carrière, c’est long à mener.  Si on remonte aux sources de sa production?

Sarah Rossy :  Une partie de l’album avait été réalisée de façon plus traditionnelle, soit en 2017.  Au cours des années suivantes, on a vraiment retravaillé, on a aussi fait beaucoup de production numérique. Ces nombreuses couches de studio nous ont pris beaucoup d’heures!

PAN M 360 : Vous avez donc travaillé pendant plusieurs années sur cet album, puis  tu as  poussé l’affaire plus loin avec un complice réalisateur.

Sarah Rossy : À la fin du processus, en 2023, j’ai décidé que je voulais vraiment terminer l’album. Je suis alors allée à New York, où j’ai un bon ami là-bas, le guitariste Jack Broza, devenu le coproducteur de l’album. On a travaillé ensemble dans son petit studio pendant quatre jours, et on a repassé ensemble toutes les couches de  ces  musiques, voix, guitare, percussion, électronique, etc. Je n’arrive même pas à les compter!   

PAN M 360 : Une entière communauté de musicien.ne.s vous a soutenue sur ce long chemin. Parlez-nous en !

Sarah Rossy : Oui, l’album présente quelques des musiciens de la formation originale avec qui j’avais quand j’avais commencé le travail :  Frédéric-Alexandre Michaud (violon), Victor De Coninck (alto) , Natalie Yergatian (batterie, percus)  et Jonathan Arsenault (basse). Ce sont tous des musiciens que j’ai rencontrés via l’université McGill ( Schulich School of Music), incroyables humains en provenance de partout au Canada -Gaspésie, Ottawa, Acadie,  Vancouver, etc.  Un groupe pancanadien, en quelque sorte. Chacun et chacune se sont impliqué.e.s avec des influences incroyables. J’ai vraiment choisi ceux avec qui j’ai travaillé  en fonction de leur personnalité et de leur cœur. Et puis ce groupe s’est arrêté jusqu’à ce que Jack Broza (guitare, basse, coréalisation) m’aide à conclure enfin.

PAN M 360 : On écoute votre musique, on comprend vite que vous avez des assises dans jazz et le classique moderne. Cela ne vous empêche pas de faire des chansons proches de la pop de chambre, d’être en phase avec votre époque. Alors, comment une musicienne éduquée crée-t-elle des chansons, entre musique de pointe et pop? 

Sarah Rossy : C’est une très bonne question. Je pense que cet album a vraiment été un défi, parce que les chansons que j’ai écrites, ce sont des chansons pop. Quand j’étudiais à l’époque, je ressentais  beaucoup de jugement sur ce que j’étais en train de créer. Vous savez, la façon académique peut être très cérébrale, ça vient moins du cœur.

PAN M 360 : Oui, les musiciens qui essaient de maîtriser parfaitement le passé, ne créent pas nécessairement quelque chose de neuf. 

Sarah Rossy : Exactement. Mais j’ai été vraiment reconnaissante d’avoir des mentors incroyables qui m’ont montré cette ouverture d’esprit, malgré être dans un espace académique. Des gens comme John Hollenbeck et Christine Jensen. Je suis tellement reconnaissante! Parce qu’ils m’ont montré que, oui, on n’est pas obligé de recréer ce qui s’est déjà passé – ce que j’aime aussi faire, d’ailleurs. Et oui, on peut avoir sa propre voix. Avoir des mentors fut la clé.  

PAN M 360 : Trouver l’équilibre entre l’émotion d’une chanson et la profondeur de la composition, effectivement, ce n’est pas évident dans ce contexte. Comment parvient-on à cet équilibre?

Sarah Rossy : Dans ce cas précis, ça m’a pris beaucoup de réflexion, de concentration,  une puissante connexion à mon cœur et non seulement à mon cerveau. 

PAN M 360 : En tant que chanteuse, avez-vous reçu une éducation classique?

Sarah Rossy : Je n’ai jamais étudié le chant classique. Au départ, j’étais pianiste. Et j’ai commencé à chanter pendant mes études de piano. 

PAN M 360 : Et vous êtes devenue prof. 

Sarah Rossy : J’enseigne la musique, surtout le chant, parfois l’histoire du jazz, parfois. Ce semestre, je donne quatre cours de chant. Parfois, j’enseigne l’histoire de la musique, l’appréciation de la musique, la littérature sur la musique…

PAN M 360 : Comment vouliez-vous transcrire cet enregistrement pour ce concert au Ministère?

Sarah Rossy : J’ai décidé de fair miroiter le processus de cet album. Ce fut un effort long, collaboratif, j’ai donc invité la formation originelle,  en partenariat avec mes plus récents collaborateurs – Tommy Crane (batterie), Claire Devlin (saxophone), Thanya Iyer (voix),  Ruiqi Wang (voix) et Corey Gulkin (voix). 

PAN M 360: Famille élargie !

Sarah Rossy: C’est incroyable! C’est un grand cercle de partage et de soutien créatif.  Donc 10 personnes sur scène.  On a travaillé dur toute la semaine pour adapter le matériel. On a laissé de l’espace dans les chansons, pour mieux respirer et pour improviser. L’intention derrière tout ça, c’est l’expression de notre amour et de notre dévouement pour la musique. Je suis tellement reconnaissante que ces merveilleux artistes aient fait le voyage pour moi, pour cette soirée.

PAN M 360 : Et nous voilà au sommet de quelque chose.

Sarah Rossy : C’est comme une cérémonie. Jusqu’à présent, cet album est le principal héritage de ma carrière.

PAN M 360 : cela signifie que vous êtes prête pour les prochaines étapes !

Sarah Rossy : J’ose l’espérer, oui. C’est mon bébé!

PAN M 360 : Qu’est-ce qui vous rend fière?

Sarah Rossy : Être allée au bout de mes idées, sans compromis. Et avoir fait partie de cette extraordinaire communauté d’artistes, tous si importants pour moi. Alors je crois avoir honoré le processus en les réunissant sur scène.

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Dan Seligman est fondateur et toujours directeur créatif de Pop Montréal, le principal hapenning automnal présenté à Montréal. Il dirige l’équipe ayant recruté les artistes et groupes prévus du mercredi 24 au dimanche 29 septembre. Comme c’est le cas chaque année, PAN M 360 lui a demandé d’identifier les 5 must quotidiens de sa direction artistique. Voilà les musts du vendredi 26 septembre!

TEKE::TEKE & Holy Fuck

« J’aime bien le programme réunissant Holy Fuck, qui fête ses 20 ans d’existence, et Teke:Teke. Les deux groupes se connaissent. Holy Fuck a remixé TEKE::TEKE, je pense qu’ils prévoient une collaboration ce vendredi , on pourra le constater sur scène. De Toronto, Holy Fuck est un groupe électronique et instrumental, ses musiciens aiment les bruits et les expériences, tandis que le groupe montréalais TEKE::TEKE mêle l’avant-rock à la citimusic japonaise et autre explorations contemporaines. »

Hanorah

« Voilà une des chanteuses que j’ai le plus appréciées pendant les sessions d’écoute de notre processus de sélection – son dernier EP, Closer Than Hell, révèle des chansons intenses. Hanorah à Sala Rossa, Hanorah propose un chant gospel néo-soul, folk ou même showgaze, le tout porté par une voix vraiment incroyable, puissante, très émotive et raffinée. Sans contredit un de mes choix de la soirée de vendredi. »

Poolgirl

« Poolgirl est un autre groupe montréalais que j’ai découvert récemment. Ces femmes évoluent dans ce monde DIY, riot grrl, punk, indie-rock, le matériel est intéressant, intelligent, imaginatif, à la fois cru et bien fait. Poolgirl enrichit la scène underground punk de Montréal, qui ne cesse de se régénérer. Poolgirl est sûrement parmi les meilleurs nouveaux de Montréal à courir les occasions de jouer. »

Seago

« Seago, c’est un autre artiste qui s’est démarqué lors de nos sessions d’écoute en préparation de notre programmation. L’artiste torontois créée des chansons très pop, synth-pop avec un peu de soul par moments. Il a sa manière de phraser, il a son affaire. » On lui doit l’EP, Lawn, en 2022. En 2023, son titre Cheapshot a cumulé plus de 1,9 million d’écoutes sur Spotify.

Jashim

Jashim est un·e artiste musical·e non binaire d’origine colombienne, basé·e à Montréal. Iel est associé au post-reggaeton, et s’intéresse aux cultures afro-colombiennes et autochtones, également aux sons latins, modernes et contemporains. Iel fusionne sa culture et les technologies récentes pour ainsi redéfinir le reggaeton à sa manière. Un.e artiste important.e de la scène émergente montréalaise.

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En spectacle le 27 Septembre à l’Escogriffe avec Wizaard, DAPHNE et Tom Leger dans le cadre de POP Montréal, Cure-Pipe ne fait pas dans la demi-mesure. Projet de l’auteur-compositeur-interprète Thomas Dakin, Cure-Pipe cherche à créer une expérience musicale totalement éclatée et prenante en alliant rock psychédélique, garage et hyperpop. Le résultat est souvent saisissant et authentique.

PANM360: Bonjour Thomas (Cure-Pipe), j’ai prêté oreille à votre dernier album que je qualifierais de décapant et rempli de moments surprenants.

Cure-Pipe: Merci beaucoup

PANM360: Qui sont tes acolytes pour ce projet et quel rôle jouent-ils respectivement?

Cure-Pipe: Habituellement, je travaille en mode ermite et j’aime utiliser tout mon temps pour bricoler des enregistrements alternatifs à la recherche de textures sonores uniques. Mais pour cet album j’ai d’abord construit des maquettes et je suis ensuite allé enregistrer en studio avec mon ami batteur Vincent Maltais-Bourgeois. Toutes les tracks de drums et bass on été enregistrées sur trois jours intensifs avec lui au studio madame wood à Montréal. Maintenant en spectacle live, l’équipage change de temps en temps mais certains membres sont toujours là, entre autres Ingrid, à la guitare rythmique et aux claviers, Carrier, en moog bass et Laurent à la basse. Les idées de base des chansons sont miennes mais en situation live le band prend des libertés créatives et on s’amuse à sortir un peu des sentiers battus.

PANM360: Quelles sont vos influences au niveau du rock psychédélique et garage ? Au niveau de l’hyper-pop ?

Cure-Pipe: Le mouvement neo-psych qui a pris de l’ampleur pendant mon adolescence dans les années 2010 m’a extrêmement influencé. Important de mentionner que la majorité de ces groupes sont, comme moi, d’abord influencés par le garage rock des années soixantes. Des groupes comme Ty Segall, Thee Oh Sees, King Gizzard, Mild High Club, Mac Demarco, Tame Impala, The Flaming Lips sont tous selon moi des piliers de la musique rock contemporaine. Ils conservent l’utilisation de vrais instruments pour faire vibrer les planches. Des performances live énergiques et dynamiques qui sont différentes à chaque fois me donnent, sans fautes, le goût de le faire à mon tour. Le côté hyper-pop serait plus associé à une sensibilité à la mélodie et aux tournures harmoniques ou à l’approche franche d’instrumentation pop. Des mélodies accrocheuses et assumées mises de l’avant et une esthétique colorée et allumée. La densité sonique du genre est quelque chose qui me rejoint aussi.

PANM360: Votre album s’intitule J’ai trouvé Jésus. Où était-il ? Pourquoi ce titre ? 

Cure-Pipe: Il était dans mon lit, avec mon meilleur ami mais surtout mon pot de biscuit à l’érable que j’avais ramassé.

PANM360: À quoi pouvons-nous nous attendre pour le spectacle du 27 septembre dans le cadre de POP MTL ? 
Cure-Pipe:
Des poils, du fuzz, des low pass filters, du fuzz, de la sueur, du sang peut-être ? Du fuzz, des mots en français puis de la désorganisation collective. On vient jouer beaucoup de nouvelles chansons et quelques-unes du dernier en plus de quelques vieilles chansons. Ça va être flyé, j’ai hâte de voir ce que les autres bands vont présenter aussi !

PANM360: On vous souhaite quoi pour cette année 2025-2026 ? 

Cure-Pipe: J’espère pouvoir finir mes projets d’albums qui sont en attente depuis quelque temps. Ensuite, je compte produire beaucoup de projets multimédias pour accompagner cette musique. Videoclips, visuels live, des sessions live. J’espère pouvoir faire quelques festivals l’été prochain et jouer à l’etranger pour promouvoir la nouvelle musique. Finalement, collaborer potentiellement avec d’autres artistes québécois qui m’inspirent.

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Notre collaborateur Simon ‘Polon’ Gervais est en compagnie de son bon ami Rémi Gauvin, leader et chanteur et parolier derrière le groupe Comment Debord. Il lance son projet solo lors d’un spectacle qui aura lieu dimanche dans le cadre de POP Montréal à La Sala Rossa, avec comme headliner Unessential Oils.

PANM360: Rémi, bonjour. 

Rémi Gauvin: Salut mon vieil ami, ça va bien? 

PANM360: Ça va très bien et toi, t’as passé un bel été?

Rémi Gauvin: Oui, super bel été, très occupé avec Comment Debord. On dit à la blague que c’est le ‘Comment Debord Never Ending Tour’, mais là, ça prend fin pour de vrai, notre tout dernier spectacle de la tournée, c’est ce vendredi, ce week-end. Donc après ça, ça va être la fin de ´monde autour’. On a eu la chance de le rouler à peu près deux ans, donc c’est assez rare qu’on roule un spectacle aussi longtemps que ça.

PANM360: Ça va se dérouler où ? 

Rémi Gauvin: C’est dans le coin de Gatineau pour un Oktoberfest. 

PANM360: Avec de la bière. 

Rémi Gauvin: Avec de la bière et avec Bon Enfant, donc c’est une belle manière de clore ça.

PANM360: Génial. Là, on est ici pour parler de ton projet solo, que je ne connais pas beaucoup parce qu’il n’y a rien qui est sorti à date, donc c’est un grand mystère. Premièrement, j’aimerais te poser la question, c’est quoi la motivation derrière ce désir de partir un projet solo ?

Rémi Gauvin: Ça fait déjà un bout que Comment Debord roule. C’est un espace qui est super nourrissant puis qui m’a formé comme musicien, clairement. Ça va faire quasiment dix ans que les premières élucubrations ont vu le jour cet automne. 

PANM360: À l’époque où ça s’appelait Phénix Leclerc.

Rémi Gauvin: Oui, et même avant ça, il n’y avait même pas de nom. Dans le sens où on était dans le sous-sol chez les parents d’Olivier à Boucherville, puis on jammait à trois à l’époque. Il y avait juste Étienne, Oli puis moi. Puis on a eu la chance de faire les Francouvertes, ça s’est bien passé. Après, on a sorti deux albums avec Audiogram, puis ça a super bien été. On a été surpris d’à quel point ça a été bien accueilli par le public puis on a fait beaucoup de shows à travers le Québec. C’est un projet qui fonctionne super bien et j’y mets tout mon cœur et mon âme. Mais je pense que j’avais besoin, après ça, de développer un espace à moi plus intime où je peux faire vraiment un peu ce que j’ai envie de faire à ma manière, puis de le faire en toute indépendance. Parce que la réalité, Comment Debord ; c’est vraiment un band. On prend des décisions de band. Puis oui, c’est moi qui chante la plupart des tounes, c’est moi qui écris les paroles, mais c’est vraiment un groupe. Puis il y a des trucs que j’avais envie d’aborder puis il y a des choses dans ma vie personnelle aussi qui ont provoqué l’idée d’écrire des chansons peut-être un peu plus intimes. Puis de revenir à ce qui est peut-être un peu mes premiers amours musicaux, c’est-à-dire un style plus folk, plus chansons, vraiment. Faire quelque chose de plus intime. C’est ça, j’avais comme envie de faire ça.

Puis ça fait une couple d’années que je travaille sur des tounes, fait que là, dans le fond, ça va être le premier spectacle. Je fais une première partie de Unessential Oils, qui est le projet de Warren Spicer, qui était avant dans Plants & Animals. Warren a réalisé nos deux albums avec Comment Debord. Puis je vais travailler avec lui aussi pour mon projet solo. Il va travailler sur les albums avec Étienne. Ça va être ses deux proches collaborateurs qui vont réaliser mon album. On est encore au début de ça, là. On n’est pas encore entré en studio. Mais bref, il m’a écrit à un moment donné, puis il était comme « Hey, c’est te tente-tu d’ouvrir pour Unessential Oils à POP Montréal.» Puis c’est vraiment une bonne manière de tester un peu des tounes, de tester ça devant des êtres humains. Puis j’ai décidé d’y aller vraiment, de me jeter un peu, comme ça, tout seul, guitare, solo. Ça fait que ça va faire au moins dix ans que je n’ai pas fait un spectacle solo.

C’est un honneur, puis c’est super excitant, puis c’est déstabilisant de faire ça, mais c’est dans une belle affaire qui s’en vient.

PANM360: Est-ce que c’est une façon de « level up » à l’intérieur pour toi ? 

Rémi Gauvin: (Rires) Ben, c’est un nouveau défi, tu sais, clairement. Puis tu sais, en pratiquant pour ces pièces-là, je l’aborde complètement différemment, dans le sens où… Ben, t’es tout nu, là, devant un public, à être comme ça, avec tes textes et ta guitare.

Il n’y a rien, tu sais. Je ne peux pas me cacher derrière un band, je ne peux pas me cacher derrière des « grooves » aussi. Tu sais, Comment Debord, c’est genre des « perks », c’est la « bass », la musique qui danse, c’est pas que ça, mais tu sais, il y a beaucoup de ça. Puis en spectacle, on met beaucoup l’accent là-dessus, parce que ça finit tout le temps par danser nos shows, puis c’est un gros « party ». Là, c’est complètement différent, j’y vais à l’essence pour ce premier show-là.  Je veux tester mes tounes pour voir si elles sont bonnes? Si tu es seul avec ta guitare, un public, puis des textes, c’est le meilleur test. C’est ça, mais j’suis assez confiant, puis j’suis super excité, j’ai bien hâte. Je suis content de la confiance que Warren porte en moi aussi pour ça, parce que c’est bien excitant. Je pratique chaque jour depuis un mois… 

PANM360: Donc là, tu seras tout seul sur scène, si on comprend bien.

Rémi Gauvin: Ouais, exactement, ça sera en formule dépouillée. 

PANM360: Sur ce show-là, ou même le projet, ça risque d’être cette optique-là, guitare-voix, plus simple, au niveau des pistes, comment vas-tu les monter ? 

Rémi Gauvin: Ah non, il va y avoir un band, je vais être accompagné de musiciens. Mais je veux vraiment mettre les textes de l’avant. Je pense que c’est ça, peut-être, la grosse différence. Les textes ont toujours été importants pour moi. Dans Comment Debord aussi, ça a toujours été central. Mais veux, veux pas, quand il y a sept musiciens sur chaque toune, que tout le monde chante, puis que tout le monde joue des instruments, ça fait que le texte est pas nécessairement de l’avant. Ça devient moins de la chanson. Tandis que là, c’est vraiment une approche folk, une approche chanson. J’ai envie de mettre ça de l’avant, j’ai envie de me mouiller un peu plus. 

Je pense qu’inconsciemment peut-être, étant nouveau dans ce milieu-là quand je suis arrivé, le fait de m’entourer d’un gros band, c’était sécurisant. Puis ça l’est toujours… C’est comme un sport d’équipe. Si tu fais une erreur, t’as le reste de l’équipe qui peuvent rattraper la balle au bond. Puis là, je me mets plus en danger, mais en même temps, c’est cette vulnérabilité-là qui m’intéresse. Puis je pense que c’est quelque chose, j’ai découvert aussi avec Warren, qui m’a donné beaucoup de confiance, même à travers les albums de Comment Debord, où j’ai vécu vraiment des moments magiques, des fois, quand je travaillais sur des tunes plus intimes, justement, comme je pense, mettons, à Plancher flottant, sur le dernier album, où c’était une tune vraiment plus folk, plus vulnérabilisante, puis Warren, il m’a encouragé à assumer ça puis à accuser un peu les imperfections, autant dans ma manière de chanter que d’interpréter, qu’il y ait quelque chose de beau dans l’imperfection, justement. Je pense que j’assume ça un peu plus dans mon projet. Puis au niveau des gens qui t’entourent pour ce projet-là, bon, t’as nommé Warren, t’as nommé Étienne, qui est ton partner in crime depuis longtemps, qui est le bassiste de Comment Debord. Est-ce que t’as d’autres noms à nommer qui vont être dans l’aventure?

Bien, j’ai plein d’idées, là. J’ai des prospects, j’ai des gens à qui j’ai demandé un peu, mais je veux pas trop me mouiller parce qu’on n’est pas rendus très loin. Mais je sais déjà qu’en studio, parce que je veux y aller vraiment comme une étape à la fois, je veux vraiment mettre les tounes de l’avant, puis je veux faire venir des musiciens pour chaque toune en me demandant qu’est-ce qui va relever la toune, qu’est-ce qui va faire du bien à la toune, qu’est-ce qui va la rendre meilleure. Je veux l’approcher vraiment comme ça, et non pas, ah, voilà, on est un band, il y a tous ces musiciens-là, puis là, on fait ça… ce qui est plus l’approche Comment Debord. Mais tu sais, déjà, j’ai demandé d’avoir un bon ami, puis un drummer que j’admire beaucoup, qui va venir en studio avec nous. On va commencer des sessions de studio au courant des prochains mois.
Puis il y a Pete Pételle, qui est batteur pour plusieurs groupes, entre autres avec Klo Pelgag. C’est un gars que j’ai découvert dans les dernières années, qui est vraiment un chouette type, un gars que j’aime beaucoup, beaucoup. Puis, bien, on l’a rencontré, parce qu’avec Comment Debord, on avait fait la tournée du Festif dans les écoles, puis on est allé à un moment donné dans Charlevoix avec Pete et Étienne, on était comme en formule réduite, puis on s’est vraiment super bien entendu. Puis à un moment donné, rapidement ça a été comme naturel, je lui ai demandé, « Hey, ça t’intéresse-tu de drummer sur certaines tounes.» Puis il est super motivé, j’ai envoyé mes démos, puis tout ça. Entre autres, il va y avoir Pete, mais il risque d’y avoir plein de monde aussi, à gauche, à droite, c’est pas clair encore, mais il va y avoir du monde.

PANM360: Dans les parages?

Rémi Gauvin: Il y a d’autres gens aussi intéressés. Je vais bien m’entourer, je suis chanceux, j’ai la parlotte facile, je suis capable de me faire des amis, puis de les inviter à venir jouer sur mon projet. 

PANM360: On a touché un peu à la différence qu’il va y avoir entre Comment Debord puis ton projet solo. On voit que l’accent va être vraiment plus mis sur la chanson, l’approche sur les textes, plutôt que d’avoir des gros solos, d’avoir des grosses envolées musicales dans le funk, disco, tout ça qu’on voyait avec Comment Debord. Ça me porte à poser la question au niveau des influences. On parle de quel genre d’influence, au niveau de qu’est-ce qu’on cherche à un peu puiser de l’inspiration? 

Rémi Gauvin: C’est sûr qu’il y a beaucoup de trucs folk. Je suis un fan invétéré de Bob Dylan, évidemment. Je tripe sur John Prine, je tripe sur JJ Cale. Vraiment des influences comme le folk, un peu de country aussi. Je tripe sur Townes Vincent. C’est sûr que ça, c’est des influences majeures. Je tripe sur Michael Hurley aussi.Je pense qu’il est décédé récemment, mais qui faisait une espèce de folk super touchant, super vraie. Ça, ce sont des influences. Au niveau de la musique québécoise, les textes, je pense que c’est un peu les mêmes influences que ce que j’avais dans le sens où je nomme tout le temps Stéphane Lafleur de Avec pas d’casque et Richard Desjardins. Ce sont des influences majeures. Au Québec, j’ai vraiment tripé sur Ariel Soucy aussi récemment, plus récemment sur la scène folk. Récemment, j’ai découvert un artiste qui s’appelle Ada Léa, qui est montréalaise. J’adore ce qu’elle fait. Vraiment, je trouve ça incroyable. Je tripe sur Big Thief. Ça m’amène à penser aussi à des influences au niveau du son plus indie. Moi, je viens de là aussi. Quand j’étais au secondaire, au Cégep, avec mes bons chums, on allait voir des shows d’indie à Montréal.

On partait de la Rive-du-Sud vers le Cégep. Je dirais Cégep-Université, début de la vingtaine, tout ça. Je viens de là et je pense que j’ai envie de retrouver ça dans les productions aussi, ce petit côté-là et le son de Montréal. 

PANM360: Le retour au indie montréalais peut-être ?

Rémi Gauvin: C’est ça aussi. Warren, c’est Plants and animals. C’est cette époque-là, c’est ce son-là. Il y a quelque chose naturellement qui me ramène à ça. Il y a beaucoup de musique des années 90 qui est populaire en ce moment aussi. Je suis retombé avec Pete dans Mazzy Star. C’est vraiment une influence. J’adore Mazzy Star. Sinon, pour revenir aux grands classiques montréalais, je suis aussi un grand fan de Léonard Cohen. C’est ça. Je dirais que ce sont peut-être les influences majeures. Ça tourne autour de ces artistes-là. 

PANM360: Pas trop de chansons françaises du type Brassens, Moustaki, Brel, Gainsbourg?

Rémi Gauvin: C’est sûr que ça, c’est des artistes que j’ai écouté à la corde. Dans le sens où c’est de la chanson, oui. Après, d’un point de vue esthétique, je ne pense pas tout à fait. Mais en même temps, de la chanson, ça reste de la chanson. C’est une contrainte créative vraiment intéressante de se dire qu’on met le texte de l’avant ; des refrains, des verses, un petit bridge. C’est un peu le genre de matière avec laquelle j’ai envie de travailler. Les chansons françaises, d’une certaine manière, oui, mais je pense que ce que je fais, c’est résolument québécois et ça va toujours l’être. En français, évidemment pour ce que j’écris. Récemment, j’ai quand même peut-être une idée d’un cover en anglais. En tout cas, quelque chose de montréalais, je me disais, peut-être que je peux me le permettre. On va voir. Oui, de la chanson. Je pense que c’est ça. La chanson, de la chanson folk, qui a des petites influences un peu country. Mais je ne pense pas que je vais faire du country, mais peut-être avoir une coupe de tounes un peu plus country. Ça se pourrait aussi.

PANM360: Puis en finissant, est-ce qu’il y a quelque chose que tu peux nous révéler sur ton projet solo ? Une petite nugget, d’un petit scoop ou un petit détail au niveau de quoi ça va parler ? Un des thèmes ? 

Rémi Gauvin: Bien, c’est sûr que j’ai envie de me permettre d’aller dans des zones plus intimes, plus sensibles. Puis c’est sûr que dans Comment Debord, je n’ai pas parlé beaucoup d’amour, mettons. Je pense que j’avais vraiment envie, quand j’ai commencé à faire de la musique, d’écrire sur autre chose. Je me faisais quasiment un point d’honneur d’aborder d’autres sujets. Puis je pense que la réalité me rattrape. (rires) Fait que finalement, j’en parle un petit peu plus. Peut-être que c’est inévitable. C’est peut-être une certaine maturité avec ça, je ne sais pas. Peut-être que finalement, je réalise que je ne suis pas mieux que tout le monde. Il faut bien aborder les vrais sujets comme l’amour, finalement.

PANM360: Et bien Rémi, on a bien hâte à dimanche. On va voir la première partie d’Unessential Oils. Ça va être un plaisir d’entendre ces nouvelles chansons-là.

Rémi Gauvin: Ça ne sera pas trop long. Je dois faire ça court pour que Patrick Lagacé soit content. 

PANM360: (Rires) ´Pas trop long les premières parties’. C’est tout un plaisir, mon cher ami. 

Rémi Gauvin: Merci beaucoup, mon ami. 

PANM360: Bye-bye.

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Dan Seligman est fondateur et toujours directeur créatif de Pop Montréal, le principal hapenning automnal présenté à Montréal. Il dirige l’équipe ayant recruté les artistes et groupes prévus du mercredi 24 au dimanche 29 septembre. Comme c’est le cas chaque année, PAN M 360 lui a demandé d’identifier les 5 must quotidiens de sa direction artistique. Voici les choix de jeudi !

Sarah Rossy

« Pour jeudi, Sarah Rossi serait mon choix numéro 1. Cette chanteuse montréalaise se trouve dans un monde musical comparable à celui de Thanya Iyer, c’est-à-dire très orchestral, exécuté par musiciens de très bon niveau, souvent issus du jazz et des musiques sérieuses. J’ai reçu à l’avance l’album qu’elle lance jeudi, j’ai été vraiment étonné. J’avais l’impression de découvrir une artiste de la trempe d’Annie Lennox, Goldfrapp, Kate Bush… , enfin ces chanteuses qui repoussent les limites de l’expression. Il y aura plusieurs personnes sur scène, un gros programme. »

Hanako


« J’aime beaucoup cette jeune chanteuse de Montréal que j’ai découverte cette année : Hanako. Ma fille de 16 ans me l’a fait découvrir et j’ai remarqué qu’elle avait appliqué au festival, alors je l’ai programmée! Elle fait dans le grunge, le folk ou la dream pop. Son premeir album My River Goblin (2022), a été enregistré par Ky Brooks. Elle a fait un EP en 2024, KakoBako, avec des références japonaises – ça fait partie de ses origines. Elle sortira un troisième album dans les mois qui viennent. »

Joseph Shabason

L’un de mes préférés ce jeudi, c’est Joseph Shabason, de Toronto. Il vient du monde du jazz, il est saxophoniste. Il a collaboré avec plusieurs bands importants, Destroyer, War on Drugs, etc. Il enregistre beaucoup, il présente plein de concepts intéressants, vraiment cool, souvent hypnotique. Un de ses albums relate expérience d’immigrant, issud’une famille juive installée Toronto. Il est vraiment très prolifique, il faut aller sur sa page Bandcamp!

Annie-Claude Deschesne

Je dois aussi choisir le spectacle solo d’Annie-Claude Deschênes. Je pense qu’elle est l’une des meilleurs artiste locales. Côté performance, il n’y a personne au pays qui fait ce qu’elle fait, une extraordinaire bête de scène. Quand j’ai vu et entendu son show, j’ai été conquis, et on l’a invitée pour notre showcase à South by Southwest. Elle a cette incroyable capacité de capter l’attention des gens et de transformer un spectacle rock en une performance extraordinaire, théâtrale, complètement déjantée. Je serai à ce show! Vraiment cool.

Surma

Dans le même programme qu’Annie-Claude il y a l’artiste Surma, de Lisbonne, Portugal. Il y a des touches world mais c’est un travail d’abord électronique de pointe, très solide et très raffiné, le jazz est aussi de la partie. Surma tourne beaucoup, surtout depuis ses albums alla et Antwerpen l’ont lancé sur le circuit international indie. Sa musique me semble très intéressante, je suis très curieux de voir ce qu’il en fera sur scène.

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La voix de Rachel Bobbitt possède la maîtrise d’une chanteuse de jazz chevronnée, tout en restant remarquablement unique. Elle chante avec authenticité, tissant des histoires intimes et des souvenirs de chez elle. Bien que son nouvel album, Swimming Towards the Sand, ne soit pas encore sorti dans son intégralité, les singles prometteurs sont riches et profonds.

Ses compositions évoquent des paysages visuels puissants, elles sont également soutenues par une production méticuleusement décorée d’échantillons vocaux hachés, de synthés expansifs et de sons de guitare rappelant les Smashing Pumpkins, mélangeant folk et jazz en un son singulier.

La voilà à Pop Montréal, où elle et son groupe feront battre le cœur émotionnel de ce nouveau matériel. En tant que l’une des musiciennes les plus prometteuses du Canada dans le contexte de la popularité croissante du folk, c’est un spectacle à ne pas manquer.

Dans cette interview, Bobbitt nous parle de ses influences, de ses souvenirs de son grand-père et de la confiance qu’elle partage avec son groupe.

PAN M 360 : Après sept ans passés à Toronto, quels souvenirs gardez-vous de votre enfance en Nouvelle-Écosse ?

Rachel Bobbitt : J’en garde un très bon souvenir. Je pense que c’est surtout parce que toute ma famille élargie vit également en Nouvelle-Écosse, et que beaucoup de mes souvenirs d’enfance là-bas sont liés à la maison de mes grands-parents, au lac ou aux baignades dans l’océan. Je mangeais du dulse, qui est essentiellement une algue que l’on fait sécher sur les rochers. Cela ne semble pas très appétissant, mais quand j’avais huit ans, c’était la meilleure chose au monde.

PAN M 360 : En parlant de famille, vous avez mentionné que vos grands-parents ont eu une influence importante sur votre musique et que votre grand-père était également musicien. Y a-t-il des chansons ou des mélodies qui vous rappellent encore son souvenir ?

Rachel Bobbitt : Oui, tout à fait. C’était le genre de musicien qui n’avait jamais pris de cours de sa vie, mais qui pouvait prendre n’importe quel instrument et en jouer. Il jouait tout le temps « You Are My Sunshine », et il savait jouer l’accordéon, le piano et la guitare. Il adorait Hank Snow, qui est également originaire de Nouvelle-Écosse, je crois, et d’autres artistes country traditionnels comme Hank Williams et la Carter Family. Ce genre de musique me rappelle toujours son jeu, son chant et sa musicalité en général. C’était très décontracté, très spontané. C’est drôle, car je ne suis pas sûre qu’il se considérait lui-même comme un musicien. Je pense que la musique était pour lui une forme d’expression naturelle. Il ne se considérait pas comme un musicien, mais plutôt comme quelqu’un qui disait : « Bon, il y a du monde, autant mettre de la musique ». Mais oui, beaucoup de ces anciens artistes country me rappellent son souvenir.

PAN M 360 : Avez-vous déjà eu l’occasion, en dehors de chanter avec lui, de jouer certains instruments avec lui, même si vous étiez très jeune ?

Rachel Bobbitt : Oui, tout à fait. Je me souviens… eh bien, c’était aussi le genre de musicien qui tapait sur tout ce qu’il jouait. C’était un musicien très bruyant. Quand ma sœur et moi avons commencé à apprendre la guitare, nous jouions avec lui. Il était très fier de nous et nous soutenait beaucoup, mais je me souviens que son conseil était toujours le même : « Donnez-vous à fond. » Je pense donc que chaque fois que nous jouions avec lui, c’était la sagesse qu’il nous transmettait : se donner à fond, y mettre toute son énergie et toute son attention. Je n’ai pas appris l’accordéon, mais j’ai vraiment envie de m’y mettre. C’est donc en quelque sorte mon projet pour l’année prochaine.

PAN M 360 : Parlons un peu de la production, puisque votre album vient de sortir. C’est un très bel album ; je l’ai écouté toute la matinée, et je l’ai trouvé très agréable, très émouvant. J’ai remarqué que vos chansons dégagent un sentiment d’intimité. Elles sont très personnelles, elles parlent de votre famille, par exemple. Comment cela se passe-t-il en studio lorsque vous travaillez avec des producteurs et des membres de votre groupe ? Comment gérez-vous la délégation et la confiance tout en préservant cette intégrité sensible ?

Rachel Bobbitt : Oui, honnêtement, je pense que pour moi, c’est juste une question d’être très exigeante quant aux personnes avec lesquelles je travaille et avec lesquelles j’enregistre. Le noyau dur du groupe avec lequel je travaille, c’est le même depuis ma deuxième année à l’université, donc ça fait six ans maintenant. Ce sont des personnes en qui j’ai une confiance profonde, et je les apprécie en tant qu’êtres humains. C’est donc un mélange parfait. Je peux leur donner une chanson et leur dire : « Appropriez-vous-la et jouez-la comme vous l’entendez », et ils créeront quelque chose que j’adore, car je les aime en tant que musiciens et je fais confiance à leur instinct.

De plus, chaque fois qu’il y a une chanson, ou peut-être une partie d’une chanson, qui est un peu plus personnelle ou intime, je les connais tellement bien. Nous avons fait des tournées ensemble, nous avons passé des semaines entières les uns avec les autres, et je pense que nous nous connaissons tellement bien qu’ils savent comment gérer cela avec beaucoup de respect. Ils sont très doués pour poser des questions si nécessaire, et pour prendre du recul si nécessaire. Ils sont tous très humbles et incroyables.

J’ai de la chance de travailler avec ces personnes, je n’ai pas besoin de trop réfléchir à ça. Je pense aussi que Justice, qui joue de la guitare, et Isaac, qui joue de la basse et déclenche certains samples, sont bien meilleurs que moi à leurs instruments. Donc pour moi, je me dis : « tout ce que vous trouverez pour le live sera mieux que ce que je pourrais imaginer ».

PAN M 360 : Donc, vous travaillez avec votre groupe lorsque vous préparez un concert, mais lorsque vous composez vos chansons, vous le faites seule ?

Rachel Bobbitt : Oui.

PAN M 360 : Lorsque vous composez seule, comment déterminez-vous qu’une chanson est terminée ?

Rachel Bobbitt : Je suis le genre de compositrice qui produit au fur et à mesure des maquettes. J’utilise donc Ableton et j’essaie de me rapprocher le plus possible de la version finale que j’imagine, avec un mixage et un enregistrement corrects, etc. J’essaie de m’en approcher le plus possible. J’ajoute donc tout un tas d’éléments différents : des boucles de batterie, j’enregistre toutes les couches, je fais tous les overdubs.

Je passe vraiment beaucoup de temps dans le monde de l’enregistrement, car j’ai parfois l’impression que je peux me permettre de jeter des éléments si je ne les aime pas immédiatement. Je pense donc qu’il est important pour moi d’aller au bout d’une chanson autant que possible, de lui donner vraiment une chance et de l’amener à son terme naturel, là où j’ai créé le monde dans lequel je veux qu’elle vive. Si, à ce stade, elle ne me touche toujours pas et ne m’attire toujours pas, alors soit je la jette, soit je continue à la retravailler et j’essaie de l’adapter avec des instruments différents.

Mais à un certain moment, pour ma tranquillité d’esprit, je dois considérer que ce n’est pas moi qui dis que c’est terminé et que c’est parfait. C’est simplement là où je sens que j’ai naturellement mis fin à ma relation avec la chanson, et je publie cette version. Peut-être que dans un autre monde, il y aurait 10 versions différentes, mais pour l’instant, dans ce monde, c’est celle-ci que je rends publique.

PAN M 360 : Eh bien, cela soulève tout un tas de nouvelles questions, mais revenons-en à l’interprétation de cette musique en live. Je ne savais pas que vous aviez fait la production à l’avance et travaillé sur la batterie et tout le reste, c’est impressionnant. Je suis sûr que Chris a beaucoup travaillé à Los Angeles, mais la production du dernier album est grandiose, précise, dynamique et riche. Comment procédez-vous pour arranger les chansons avec votre groupe lorsque vous allez les jouer en live ? Visez-vous la même précision qu’en studio ?

Rachel Bobbitt : Je réfléchis beaucoup à cette question, et je trouve que c’est vraiment quelque chose qui me préoccupe. La façon dont j’aborde cela actuellement avec le groupe consiste à essayer de trouver le cœur émotionnel de chaque chanson et à le laisser se propager vers l’extérieur. Il y a donc certaines chansons où j’ai l’impression que les lignes de synthés véhiculent beaucoup d’émotion, et il sera donc important de les ajouter au spectacle live.

Ou peut-être y a-t-il des samples qui interviennent à un certain moment et qui véhiculent le cœur émotionnel de la chanson, auquel cas nous les ajouterons pour qu’ils soient déclenchés. Mais il y a peut-être aussi certains éléments qui sont moins importants ou qui peuvent être adaptés différemment ; peut-être que les parties de synthés peuvent être jouées à la guitare ou vice versa. Je pense que le seul moyen pour moi de garder le cap est de revenir au message émotionnel et de m’en servir comme guide.

PAN M 360 : Je suis curieux de connaître certaines de vos influences. Vous avez mentionné dans une interview que Leonard Cohen avait beaucoup influencé les chœurs aériens, et on retrouve un peu cette atmosphère dans l’album. Mais on y trouve également des touches d’Americana et des voix qui me rappellent Jessica Pratt, Lomelda et Big Thief. Y a-t-il donc des influences que vous avez délibérément apportées avec vous en studio ?

Rachel Bobbitt : Vous avez mentionné Jessica Pratt, elle m’a clairement influencée. En fait, au moment où nous enregistrions l’album, peut-être un mois ou deux avant, elle venait de sortir Here in the Pitch. Avec Justice, qui m’avait accompagnée à Los Angeles pour enregistrer les instruments, nous passions notre temps à écouter cet album en boucle dans la voiture. Cela a donc eu une influence considérable ; j’adore la façon dont cet album est mixé, et j’adore sa voix, si envoûtante et magnifique.

Cela a vraiment eu une grande influence. Beach House a également beaucoup influencé l’album, d’autant plus que Chris a travaillé sur certains de mes albums préférés du groupe. C’était une référence commune pour nous deux. Yo La Tango a eu une grande influence sur certaines percussions et certains aspects plus oniriques. J’écoutais aussi beaucoup Sharon Van Etten à l’époqu, j’adore sa voix très présente et puissante. Il y a aussi Imogen Heap : ses harmonies sont vraiment magnifiques, et sa voix est très expressive, c’est vraiment beau. Donc oui, il y a tout un tas d’influences différentes qui couvrent tout le spectre.

PAN M 360 : C’est formidable d’entendre tout cela après avoir écouté l’album. C’est très inspirant. J’espère que les gens seront tout aussi enthousiastes à l’idée de l’écouter. Une dernière question : si vous pouviez jouer avec un artiste vivant aujourd’hui, qui choisiriez-vous ?

Rachel Bobbitt : Oh, c’est tellement difficile. Ce serait probablement The National. J’adore leur musique, et je trouve ça un peu égoïste parce que j’ai tellement envie de les voir en concert – je ne les ai jamais vus en live. Ça fait longtemps que c’est sur ma liste de choses à faire avant de mourir ; la prochaine fois qu’ils viendront à Toronto, j’y serai. Mais oui, je trouve leur musique tellement belle, tout comme celle de Bon Iver qui me touche profondément. Honnêtement, ces deux groupes figureraient sur ma liste des artistes pour lesquels j’aimerais faire la première partie.

PAN M 360 : Eh bien, c’est une musique formidable et je suis sûr que nous entendrons encore parler de vous. Merci d’avoir pris le temps de répondre à cette interview. J’ai hâte de voir le spectacle !

Alors que Rachel Bobbitt s’apprête à partager sa vision musicale complète, l’attente pour Swimming Towards the Sand continue de grandir. Les thèmes de l’album, à savoir le foyer, la mémoire et la collaboration de confiance, ne manqueront pas de trouver un écho profond dans un contexte live. Si vous avez manqué POP Montréal, les fans de Toronto pourront assister à cette convergence le 17 octobre au Monarch Tavern.

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