Cordâme n’est pas un groupe comme les autres. Les membres varient selon le projet, mais il y a un noyau dur qui reste. Parmi ce noyau, nous avons Jean-Félix Mailloux qui s’est entretenu avec Keithy Antoine pour décrire la particularité du groupe et ce qu’ils préparent pour MUZ. Pour l’occasion, ils ont notamment invité Ziya Tabassian, qui a déjà participé à leurs projets dans le passé mais qui a accepté de refaire l’exercice. Une soirée qui s’annonce riche en sonorités, avec pour trame narrative le fleuve.

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Originaire du Rwanda, Umurutasaté est née en Ethiopie, a vécu en Libye avant d’arriver au Québec il y a 28 ans. Après un séjour au Brésil en 2005, elle réalisait que la musique ferait partie intégrante de sa vie mais il aura fallu presque 15 ans pour concrétiser ce rêve. Après une pandémie, et une crise de la quarantaine, elle lâche sa job de 9h à 5h pour se consacrer entièrement à ses trois passions: la musique, le journalisme et l’enseignement du français. Sa passion journalistique se vit d’ailleurs au sein de PAN M 360, où elle brille en tant que coéditrice et chroniqueuse. Et c’est au sujet de sa musique, un mélange de rythmes d’Afrique de l’Est et d’Amérique latine, que notre estimée collègue a échangé avec Keithy Antoine, à quelques jours du concert du 4 octobre au Studio TD.

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Récemment arrivé au Québec, et originaire de la République du Congo, Hendry Massamba est percussionniste de base. Il chante principalement pour les personnes qui n’ont pas de voix et dont les réalités ne sont pas toujours évidentes. Il sera accompagné de musiciens bien établis tel que Donald Dogbo à la batterie pour son premier spectacle en tant qu’artiste. Il avait déjà participé à MUZ en tant que percussionniste mais cette fois-ci sera toute autre. Keithy Antoine a pu lui poser quelques questions sur son parcours artistique alors qu’il s’apprête à jouer le samedi 4 octobre au Studio TD.

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Son nom peut sembler intriguant à prime abord, il signifie « la poilue » en espagnol mais il est inspiré d’une vidéo dans laquelle une femme chantait sa pilosité. Et c’est ce mot que l’artiste a choisi pour son nom de scène. Québéco-Colombienne, Lapelúda embrasse ses deux racines dans sa musique. Elle vient de lancer un tout nouvel album Entre cielo y tierra et s’apprête à nous livrer un spectacle à son image, dans lequel elle a rajouté une chanson en français traduite d’une de ses compositions en espagnol. Elle en parle avec Keithy Antoine lors de cet échange, à quelques jours de son spectacle du samedi 4 octobre au Studio TD.

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Nora Toutain en est à sa deuxième participation à MUZ et pour l’occasion, elle sera accompagnée de ses fidèles collaborateurs à la batterie, à la guitare et à la basse. Franco-marocaine, elle a trois albums à son actif et souhaite poursuivre son introspection musicale et s’ouvrir à de nouveaux horizons. D’ailleurs, elle se sent plus à l’aise d’explorer des chansons en français, chose qu’elle ne faisait pas dans le passé. Keithy Antoine a pu échanger avec elle pour en savoir plus sur son parcours et ce qu’elle nous prépare pour le samedi 4 octobre au Studio TD.

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Raíz Viva est un groupe qui s’est fait connaitre notamment lors du concours des Syli d’Or. Depuis lors, on les voit partout, avec leur musique qui puise dans les racines afrocolombiennes mais également autochtones. Ils sont plusieurs à jouer différents instruments traditionnels, à chanter et à transmettre leur passion pour leur culture colombienne et le métissage que cela comporte. Nicolas, l’un des membres, a échangé avec Keithy Antoine pour PAN M 360 et a même partagé une surprise qu’il y aura le samedi 4 octobre au Studio TD. À ne pas manquer.

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Québec Musiques Parallèles (QMP), Le Vivier et le festival Flux présentent conjointement « un programme pluriel à la croisée des cultures », surtout fondé sur une collaboration entre le compositeur et musicien autochtone de la nation Navajo Raven Chacon, le Quatuor Bozzini, les musiciens de E27 musiques nouvelles et l’ensemble Oktoécho de la compositrice et directrice artistique Katia Makdissi-Warren.

Une des particularités de ce programme du vendredi 3 octobre est qu’il est présenté dans deux salles différentes reliées par une procession où les spectateurs.trices accompagneront le cortège des interprètes d’un endroit à l’autre soit de la Cité des Hospitalières à La Chapelle. Puisque les œuvres au programme sont très majoritairement celles de Raven Chacon, nous l’avons rencontré afin de parcourir avec lui ce programme qui s’annonce riche et singulier, ceci incluant Voiceless Mass qui lui a valu un prix Pulitzer de la musique, ce qui n’est pas peu dire.

PAN M 360 : Expliquez-nous d’abord les fondements de votre démarche et où vous en êtes actuellement :

Raven Chacon : Une vaste part de la musique que je fais est écrite pour des musiciens classiques. Je dirais que la partition me permet de différentes possibilités et différents choix pour que ces musiciens puissent produire des sons que je n’ai jamais entendus. Et à partir de là, ça devient un processus de développement des sons.

PAN M 360 : Quels en sont les référents ? 

Raven Chacon : Ce que j’y implante n’est pas didactique, je ne sais pas moi-même si les influences sont directes, mais je peux dire que je fais la musique que je veux faire.

PAN M 360 : De toute façon, un compositeur ne pense pas à ses référents lorsqu’il compose. Sa musique émerge de son inconscient, que sa musique soit directe ou non.

Raven Chacon : Il n’y a pas de citations, en tout cas. Pour ce qui est de mon background référentiel, je suis moitié Navajo moitié Chicano, je suis né dans le Sud-Ouest américain. Mes autres influences sont le thrash metal, l’électronique, la musique classique, d’autres facteurs influencent aussi mon travail, le lieu, la nature du projet, etc.

PAN M 360 : Prenons l’exemple de Voiceless Mass, œuvre qui vous a valu le Prix Pulitzer de la musique en 2022.

Raven Chacon : Cette pièce est complètement influencée par la musique sacrée, l’orgue d’église étant un instrument central dans cette composition. Cette pièce est critique du rôle de l’Église sur les populations autochtones.

PAN M 360 : Aux États-Unis comme au Canada?

Raven Chacon : Oui je crois. La conscience du rôle de l’église dans les pensionnats destinés aux autochtones était beaucoup plus grande au Canada qu’aux États-Unis. C’est très certainement une influence en ce qui a trait à cette pièce.

PAN M 360 : Dans les 3 Amériques, l’église faisait partie du discours colonialiste.

Raven Chacon : Oui. Les conquistadors sont venus convertir les autochtones au catholicisme, jusqu’à l’ultimatum d’être liquidé ou se convertir. Voiceless Mass aborde cette histoire et mène possiblement l’Église à reconnaître cette histoire et peut-être de procéder à une possible réconciliation.

PAN M 360 : Comment le programme du festival FLUX a-t-il été conçu?

Raven Chacon : Il y a 6 pièces au programme dans deux salles différentes. 

Plus précisément, Voiceless Mass est construit autour de l’orgue d’église. Ce qu’il pense, ce qu’il est influencé par différentes messes jouées à l’orgue et autres musiques sacrées. Cela constitue le lit d’autres instruments qui racontent aussi cette histoire. La pièce s’intitule Voiceless Mass parce qu’elle est composée dans le style d’une masse chorale. Or,  il n’y a pas de voix donc pas de chanteurs. Au lieu de la voix, vous avez l’orgue qui incarne l’institution religieuse et les autres instruments représentent ce manque de voix. 

PAN M 360 : Y a-t-il des citations à travers cette œuvre ?

Raven Chacon : Je ne cite aucune œuvre sacrée j’écris en m’inspirant de la forme.

PAN M 360 : Sauf pour votre propre carrière, quelles ont été les retombées de ce Pulitzer?

Raven Chacon : Ce qui est bien, c’est que cette pièce a contribué à la reconnaissance de ce rôle de l’église à différents endroits, et aussi conduire dirigeants de l’Église à en prendre conscience et à combattre cette posture.

Il y a aussi 3 quatuors à cordes joués par le Bozzini. 

L’un avait été à l’origine commandé par le Kronos Quartet : The Journey of the Horizontal People. Pour revenir à la question de la réplication, je ne suis pas enclin à reproduire des formes musicales pour en faire de nouvelles mais je peux reproduire certains protocoles typiques du peuple dont je suis issu. Par exemple, le morceau est écrit de façon à ce que le quatuor à cordes se sépare de lui-même ». Certaines mesures sont plus longues que celles d’autres, un violoniste peut devoir accélérer alors que le violoncelliste doit ralentir. Un joueur peut répéter un motif six fois et l’autre le fait cinq à huit fois. Il y a donc des choix. 

Cette composition raconte aussi l’histoire des différents clans des temps anciens qui cherchaient leurs semblables. Au fil du temps, les différents clans se sont rencontrés, se sont déplacés sur le territoire avec leurs animaux et se sont trouvés et devinrent le peuple Navajo.

Il y a eu des moments où le peuple était moins uni et  une femme pouvait être désignée pour un réalignement sur le droit chemin, ce qui est aussi évoqué dans ce quatuor à cordes. Il s’agit  ici d’une métaphore sur le leadership matriarcal dans la société navajo. Structurellement, ce quatuor évoque la manière dont nos communautés sont dirigées par les matriarches, et aussi la constitution de la nation navajo par différents peuplements.

Il y a aussi un quatuor à cordes intitulé Horse Notations, qui résulte d’un long travail, inspiré d’un article publié en 1874 dans le Popular Science Monthly, qui essayait de d’analyser et classifier  différents pas du cheval, du petit trot au grand galop. Ces données ont ainsi été transposées en rythmes pour cette pièce.

PAN M 360 : Alors ces différents pas du cheval ont été traduits en consignes rythmiques.  

Raven Chacon : Oui, exactement. Et donc ce morceau réfère à cet article écrit au début de l’ère industrielle et à ce que cela pourrait signifier alors. L’ensemble du morceau devient alors une contemplation de la vitesse et du rythme,  non sans rappeler l’automobile ayant remplacé le cheval. On pense aussi à l’avion qui a pris le le rôle de l’oiseau.

PAN M 360 :  Parlons de  Tiguex VI: Downhill Procession (Procession 1)

Raven Chacon : La pièce entière a été jouée à Albuquerque (Nouveau Mexique), c’est-à-dire une pièce immense,  répartie en 20 différents mouvements exécutés dans différentes parties de la ville. Le sixième  mouvement se veut une procession. Nous l’avons choisi parce que le Quatuor Bozzini m’a demandé comment faire le lien entre les deux salles et j’avais cette procession dans mes cartons qui n’avait pas encore été jouée ailleurs qu’à Albuquerque. Alors nous aurons 8 instrumentistes qui marcheront avec le public entre l’église et le théâtre La Chapelle, le programme ne comportera  donc aucune interruption.

PAN M 360 : OK! Alors parlons de la suite au théâtre La Chapelle. Il y aura d’abord  (Bury Me) Where The Lightning [Will] Never Find Me , pour percussions, violon, violoncelle, clarinette basse  et puis…

Raven Chacon : Le premier quatuor à cordes, Horse Notations, aura été déjà exécuté. Le second, The Journey of the Horizontal People, sera interprété dans la 2e salle.

Il sera suivi de Double Weaving, un quatuor à cordes écrit à l’origine pour Ethelm un ensemble de New York. J’avais composé cette pièce alors que j’étais mentor pour des étudiants dans des réserves Navajo et Hopi  (Native Americain Composer Apprentice Project), pendant que les étudiants composaient leurs œuvres. 

PAN M 360 : Maintenant, nous observons un mouvement très important des compositeurs indigènes dans de nombreux styles de musiques complexes. Nous le voyons dans le jazz, dans la musique écrite, dans la musique contemporaine, dans l’électronique, dans le bruitisme. Ainsi vous êtes l’un des pionniers de cette émergence autochtone.

Raven Chacon: Oui, merci de le reconnaître. Musique contemporaine, la musique classique. La musique créative. La musique créative écrite, l’électronique, l’improvisation libre, les instruments inventés et les installations font partie de mon travail depuis longtemps. J’ai d’ailleurs une exposition en ce sens à l’université Concordia. Aussi, j’ai déjà joué dans des groupes métal et j’ai composé des chansons folk.

PAN M 360 : Comment vous voyez-vous aujourd’hui? Comme un représentant, un représentant de votre communauté ? Votre prix Pulitzer n’est-il pas aussi très important pour votre communauté? 

Raven Chacon : J’ai été honoré, avec certains de mes collègues autochtones, cela nous permet d’être en mesure de présenter le travail que nous faisons. Vous savez, plusieurs d’entre nous ne viennent pas des grandes villes. Alors si je peux aussi  inspirer des artistes émergents qui viennent des communautés autochtones,  je suis honoré de pouvoir  contribuer à cela. Je crois aussi à la responsabilité de l’artiste autochtone pour attirer l’attention sur certains de ces sujets moins connus ou oubliés, soit historiques ou contemporains, et suggérer une perspective différente.

PAN M 360 : Et comment ça se passe aux Etats-Unis si on compare la situation autochtone canadienne? 

Raven Chacon : À ce titre, il y a eu plus d’attention au Canada qu’aux États-Unis sur le travail des artistes indigènes. Aux États-Unis, nous vivons un climat très intense comme vous le savez, les arts en général n’y sont pas priorisés. Donc, il faut continuer d’amplifier ce que nous faisons et de ne pas prendre pour acquises ces  occasions que nous avons eues en tant  qu’artistes. Souvent, je tends à penser que je suis autant un musicien, parfois plus qu’un compositeur, car j’aime le travail collaboratif en création.

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ARTISTES

e27 et Oktoecho:
Mélanie Bourassa : clarinette
Michel Dubeau : flûtes, multi-instruments
Raphaël Guay : percussions 
Katia Makdissi-Warren : dir. musicale, oud
Bertil Schulrabe : percussions
Nina Segalowitz : voix, chant de gorge

Procession et autres pièces de …

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Programme

  • Raven ChaconVoiceless Mass 2021 (17′) pour orgue, flûte, clarinette, clarinette basse, 2 percussions, instrument à cordes et générateur d’onde sinusoïdale
  • Raven ChaconHorse Notations 2019 (25′) pour flûte, percussions et quatuor à cordes
  • Raven ChaconTiguex VI: Downhill Procession (Procession 1) , 2025 (12′) pour au moins 8 instruments mélodiques
  • Raven Chacon(Bury Me) Where The Lightning [Will] Never Find Me , 2014 (8′) pour percussions, violon, violoncelle, clarinette basse
  • Raven ChaconThe Journey of the Horizontal People , 2016 (8′) pour quatuor à cordes
  • Raven ChaconDouble Weaving , 2014 (8′) pour quatuor à cordes
  • Katia Makdissi-WarrenÉcliptique , 2025 (40′) pour voix, oud, shakuhachi, percussions et clarinette

Artistes

Vous l’avez peut-être vu en solo avec sa flûte, ou alors accompagnant plusieurs artistes montréalais avec sa kora et son tama. Lasso, originaire du Burkina Faso manie plusieurs instruments traditionnels mais a également son propre projet qu’il va nous présenter lors de la soirée du 3 octobre au Studio TD. Pour l’occasion, il sera en formule quatuor avec trois musiciens qui l’accompagnent depuis longtemps. Il en parle avec Keithy Antoine pour PAN M 360 à quelques jours de son spectacle.

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Rien ne prédestinait Irem Bekter à devenir chanteuse. Elle a d’abord débuté sa carrière dans la danse, puis le théâtre avant d’en arriver à la musique. Née en Turquie, ayant habité en Angleterre, puis en Argentine, c’est à Montréal qu’elle a déposé ses valises et toutes ses influences. Sa musique est un reflet de tout cela puisqu’elle s’imprègne de tous les styles découverts tout au long de son parcours. Keithy Antoine a pu lui parler pour PAN M 360 alors qu’elle se prépare pour sa prestation du vendredi 3 octobre au Studio TD.

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C’est une première vitrine pour Marcia, un trio composé de trois membres ayant pour passion commune la musique brésilienne. En effet, elles ont toutes les trois été au Brésil à des moments différents dans leur vie et aujourd’hui, elles ont voulu rendre hommage au métissage de la musique brésilienne à travers leur formation atypique. Guitare, voix, flûte se mêlent parfaitement et invitent à un voyage musical. Elles ont enregistré leur premier album récemment et c’est ce projet qu’elles vont nous partager le 3 octobre au Studio TD. Keithy Antoine a pu s’entretenir avec Mikhael Doudi, guitariste du groupe.

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Abdel Grooz n’en est pas à sa première participation à MUZ. Il y était il y a plusieurs années, alors qu’il venait de poser ses valises au Québec. Mais cette fois-ci, il revient pour nous partager son tout nouveau projet qui est un mélange de musique de chez lui, l’Algérie, comme le gnawa entre autres, et des inspirations dans la musique d’Afrique de l’Ouest, toujours avec la même touche de groove et de jazz, d’où le nom Grooz. Keithy Antoine s’est entretenue avec lui à quelques jours de sa performance prévue le vendredi 3 octobre, au Studio TD.

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L’autrice-compositrice-interprète québéco-colombienne Sofia Le Quéré-Galvis, Lapelúda de son nom de scène, vient tout juste de faire paraître un EP, Entre cielo y tierra, qu’elle présentera en première dans le bel écrin de la salle Bourgie, le 3 octobre 2025. Son style folk apaisant, mais aussi capable de quelques pas de danse, puise autant dans ses racines mixtes que dans sa vie personnelle, comme par exemple son expérience d’accompagnement de personnes en fin de vie. Une douceur empreinte de spiritualité et de tempérance. Avant de l’apercevoir sur la scène de la digne institution musicale, j’ai rencontré la jeune dame pour une entrevue tout à fait amicale. Découvrez avec moi cette jeune artiste d’ici.

LISEZ LA CRITIQUE DE L’ALBUM ENTRE CIELO Y TIERRA DE LAPELUDA

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT DE LAPELUDA : C’EST ICI!!

Interview (extrait) – Lapelúda à Bourgie – Quel effet de jouer dans cette salle?

Interview (extrait) – Lapelúda à Bourgie – La vie, la mort, inspirations de l’album?

Interview (extrait) – Lapelúda à Bourgie – Pourquoi le nom Lapelúda?

Interview (complète) – Lapelúda à Bourgie

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