Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Christian Bouchard.
Interviews
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Robert Schwarz.
– Interview d’Alain Brunet, montage de Keithy Antoine.
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Julia E. Dyck. – Interview d’Alain Brunet, montage de Keithy Antoine.
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et cordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Pía Baltazar.
– Interview d’Alain Brunet, montage de Keithy Antoine.
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente James O’Callaghan. – Interview d’Alain Brunet, montage de Keithy Antoine.
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Anne-F. Jacques.
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Amanda Harvey.
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente William Jourdain.
– Interview d’Alain Brunet et montage de Keithy Antoine.
Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Orchestroll
– Interview d’Alain Brunet, montage de Keithy Antoine
La pianiste et compositrice Marianne Trudel est une figure importante de la scène jazz montréalaise et l’une des membres fondatrices de l’Orchestre National de Jazz, actif depuis plus d’une décennie. L’ONJ se produira à la Cinquième Salle de la Place des Arts ce jeudi le 30 octobre, dans le cadre d’un concert qui rendra hommage au travail des compositrices de jazz à travers les époques. PAN M 360 a eu l’occasion de discuter avec Marianne Trudel avant ce concert.
PAN M 360 – Est-ce qu’il y a des plaisirs ou des opportunités uniques qui se présentent en jouant avec l’ONJ ?
Marianne Trudel – Ça fait environ douze ans qu’on a commencé, et ça fonctionne un peu comme un orchestre classique, avec des membres réguliers qui ont une très bonne chimie entre eux. On a aussi d’excellents compositeurs et arrangeurs. On joue de la musique très diversifiée avec des idées et univers très intéressants. La qualité des musiciens et de la musique est extra!
PAN M 360 – Comment avez-vous sélectionné le répertoire pour ce prochain concert ? Vous présentez certaines de vos propres compositions, mais à part cela, y avait-il d’autres compositeurs ou morceaux qui vous semblaient incontournables ?
Marianne Trudel – Pour ce concert, l’objectif était de mettre la lumière sur les femmes compositrices en jazz. Je tenais à présenter une diversité dans les époques et les styles. Il y aura donc des pièces de Mary Lou Williams, une des premières femmes compositrices et arrangeurs, ayant écrit des pièces pour les orchestres de jazz de Count Basie, Benny Goodman, Duke Ellington entre autres.
Elle était une musicienne extraordinaire, pianiste et compositrice ayant aussi joué un rôle de mentor pour plusieurs musiciens de jazz très connus tels que Monk, Gillespie. On présentera également des pièces de Toshiko Akiyoshi, une musicienne japonaise qui avait un orchestre de jazz incroyable avec son mari Lew Tabackin. Évidemment, quelques pièces de Maria Schneider qui a apporté un son très différent, plus orchestral. Sa musique est très riche mélodiquement et sort du style swing à proprement parlé.
Puis, je tenais aussi à présenter des pièces plus contemporaines dont certaines de Satoko Fuji, pianiste et compositrice japonaise des plus prolifiques et excitantes, Anna Webber, qui est canadienne, exilée aux Etats-Unis depuis des années qui présente un langage et une approche très modernes. Je présenterai également une de mes compositions. Ce concert est donc une opportunité unique d’entendre cette musique magnifique qui est trop peu jouée.
PAN M 360 – Y a-t-il des musiciens dans l’ONJ que vous avez particulièrement hâte de mettre de l’avant?
Marianne Trudel – Honnêtement, je suis une très grande « fan » de tous les musiciens de l’orchestre! Ils ont tous leur propre son, leur personnalité, leur couleur. Pour ce concert, Kevin Warren, notre batteur régulier ne pouvait pas être avec nous mais nous avons la chance d’avoir Alain Bourgeois à la batterie qui a une « drive » et une énergie incroyable! J’ai très hâte à ce concert!
PAN M 360 – En tant que compositrice pour des groupes de toutes tailles, comment votre processus d’écriture change-t-il lorsque vous écrivez pour un grand ensemble ? Considérez-vous cela comme une extension d’une œuvre plus petite ou s’agit-il d’un tout autre défi ?
Marianne Trudel – Disons qu’un grand orchestre, c’est un animal bien différent ! L’écriture pour ces ensembles génère beaucoup plus de maux de tête pour moi (rires). C’est un processus d’écriture à la fois super excitant et représentant un défi certain. Je ne pense pas seulement en termes mélodie-accords mais beaucoup en termes d’énergies, de couleurs, de contrastes. Toute la question de l’orchestration, des timbres, devient partie intégrante de l’écriture.
PAN M 360 – Il est évident que les milieux du jazz ont tendance à être largement dominés par les hommes. Avez-vous remarqué des changements significatifs dans la dynamique entre les sexes dans le monde du jazz au cours de votre carrière jusqu’à présent ? Auriez-vous des conseils à donner aux jeunes femmes ou aux personnes non binaires qui débutent dans ce milieu ?
Marianne Trudel – Je leur dirais « Faites votre truc, avec engagement et détermination. Point final ». Je n’ai jamais trop compris pourquoi il n’y a pas plus de femmes en jazz. Il y a eu du progrès dans ce sens mais on est encore bien loin du 50% – 50%. Petit à petit, les femmes se taillent leurs places. Il y a maintenant plusieurs femmes pianistes qui font du jazz à Montréal – Lorraine Desmarais évidemment, la doyenne, Kate Wyatt, Marie Fatima, Gentiane Michaud-Gagnon, Ariane Racicot, etc.
Il y a aussi Rachel Therrien (trompette) Jennifer Bell (sax), Claire Devlin (sax) qui sont super. Puis, parfois, les excellentes musiciennes ne restent pas à Montréal et partent vers d’autres provinces ou les États-Unis. Christine Jensen a passé plusieurs années à Montréal, elle a dirigé notre orchestre et a récemment quitté pour les États-Unis, Anna Weber est partie aux États-Unis aussi, puis, une jeune tromboniste très talentueuse Margarett Donovan a quitté.
C’est pas si évident donc de faire rencontrer les forces féminines et masculines. Avec l’ONJ, on a régulièrement des invitées femmes : Caity Gyorgy, Virgina MacDonad, Kim Richardson, Malika Tirolien, Miho Hazama, etc. Il reste encore beaucoup de travail à faire, c’est certain. Pour moi, la cohabitation des énergies masculines et féminines reste des plus riches et fructueuses.
PAN M 360 – Y a-t-il des artistes femmes qui ne sont pas appréciées à leur juste valeur dont vous aimeriez attirer l’attention sur le travail ?
Marianne Trudel – Pour être honnête, je trouve que TOUS nos musiciens de jazz, hommes et femmes et non-binaires, à Montréal ne sont pas appréciés à leur juste valeur! Nous vivons dans une société qui privilégie d’autres types de musique.
La place dans les médias pour le jazz est quasi nulle. PAN M fait un travail excellent dans ce sens, Sorties Jazz Night, l’émission radiophonique de Stanley Péan et parfois, rarement, un article dans les journaux ici et là …mais c’est à peu près tout. Ce n’est nettement pas suffisant. C’était d’ailleurs un des buts premiers de l’ONJ, mettre en lumière toute la richesse du jazz à Montréal. Et le public le constate à chaque concert : l’intensité, l’intégrité et le cœur que ces musiciens, musiciennes, mettent dans leur art est magnifique. Les gens sont touchés et transportés.
C’est le vendredi 7 novembre à 17h, dans l’Agora du Pavillon Judith-Jasmin de l’UQAM, au centre-ville de Montréal, que sera donné pour la première fois au Canada Field of Vision du compositeur états-unien Michael Gordon. Ce dernier, un maître de l’école contemporaine post-minimaliste et créateur de plusieurs œuvres imposantes pour percussions, à écrit ce vaste morceau de quelque soixante minutes en 2022 pour 36 percussionnistes devant s’exécuter en extérieur. Comme Montréal en novembre c’est, disons, plutôt incertain en termes de météo, on a décidé de proposer cette gigantesque partition dans un espace intérieur et vaste. Ce sera la première fois que ce sera fait et, pour l’occasion, le compositeur sera peut-être même présent! L’occasion de côtoyer une véritable légende vivante, car c’est un peu ce qu’est Michael Gordon, fondateur, entre autres, du célèbre festival Bang on a Can de New York. En plus de Sixtrum et de leurs collègues français des Percussions de Strasbourg et de l’ensemble Architek (de Montréal), pour atteindre le nombre de 36 requis par la partition, on a également fait appel au groupe EP4 et aux étudiant.e.s en percussion des universités McGill, de l’Université de Montréal, de l’UQAM et du Conservatoire de Montréal! Imaginez un peu le jouissif tintamarre que cela fera dans l’Agora de l’UQAM! Pour parler de l’œuvre et du compositeur Michael Gordon, j’ai rencontré le Directeur artistique délégué de Sixtrum, Fabrice Marandola.
PAN M 360 : Parlez-nous de Michael Gordon. Qui est-il et que représente sa musique?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Gordon est un compositeur de New York qui a fondé, avec Julia Wolfe et David Lang le festival Bang on a Can il y a une quarantaine d’années. C’est un représentant de la nouvelle école stylistique associée à New York, une école de pensée qui s’appuie beaucoup sur la pulsation, le beat, en création musicale contemporaine. C’est une école qui a une résonance importante dans la musique contemporaine, et la part de Michael Gordon est particulièrement marquante, surtout pour les percussions car il a créé plusieurs œuvres pour grands ensembles. Par exemple, Timber, une partition extraordinaire pour six poutres de bois »2×4 », le genre qu’on trouve chez Rona, tout simplement. C’est fou ce qu’il réussit à créer comme timbres et comme sonorités.
C’est quelqu’un qui est en train de s’inscrire dans le paysage de la percussion contemporaine de façon très forte. Et la pièce qu’on va jouer, nous, elle a déjà été jouée plusieurs fois dans le monde.
Ça veut dire que c’est quelqu’un qui attire les percussionnistes et qui, en même temps, a une façon d’écrire qui donne envie aux programmateurs de programmer ce genre de truc, un peu fou quand même.
PAN M 360 : Fait-il partie de l’école répétitive, ‘’minimaliste’’, états-unienne?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Je dirais oui et non, en fait. C’est peut-être plutôt ce qu’on appelle post-minimaliste maintenant. Il y a quand même des différences avec, par exemple, les ‘’répétitifs’’ originaux tels Steve Reich, qui sont dans la répétition exacte de mêmes cellules, avec de graduelles et subtiles modifications. Avec Gordon, on est avec quelque chose qui est dans la répétition mais aussi dans l’évolution constante, plus marquée. Je vais faire une grosse caricature : on est peut-être entre du Steve Reich et du Xenakis.
Pourquoi je mentionne Xenakis? Parce que les timbres qu’il utilise, c’est dans du bois, du métal. Gordon aime beaucoup les métaux résonnants, notamment le bois pour Timber, où il exploite cela avec profondeur. Xenakis aimait beaucoup ça aussi.
Et puis, il y a une énergie très intéressante du fait de ces grandes vagues qui montent et qui descendent, qui sont assez typiques de son écriture.
PAN M 360 : Qu’est-ce que Field of Vision? Décrivez-nous la pièce
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Field of Vision, c’est une grande pièce d’une heure pour 36 musiciens (percussionnistes). Et ça a été conçu pour être joué, à l’origine, à l’extérieur, dans des parcs.
L’idée, c’est d’aller dans un grand espace, et que les musiciens se déplacent d’un endroit à l’autre avec les instruments. Il y a un côté un peu rituel là-dedans. C’est une pièce qui est constituée de quatre mouvements, de différentes longueurs, et qui commence notamment avec des choses résonantes. Puis il y a un moment où on est avec des pierres et avec des fagots de bois. Là, c’est le côté rituel où tout le monde se déplace en tournant avec les pierres. Ceux qui ont les fagots de bois les montent au-dessus de leur tête, etc.
À d’autres moments, on utilise 24 tambours de freins en deux cercles de douze.
PAN M 360 : Des tambours de freins?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Oui, oui, les trucs pour les freins de voitures! Ça a un côté métallique avec un tout petit peu de résonance, mais pas beaucoup. Et puis, ça ne coûte pas cher… On ajoute des grosses caisses et des tam-tams dans un dispositif en cercle.
Puis on se redéplace. Il y a beaucoup de mouvement. Les spectateurs, eux, sont libres de se balader où ils veulent. L’idée, c’est qu’il n’y a pas un endroit précis pour écouter. On peut marcher, on peut évoluer, on peut se déplacer, puisque c’était conçu pour l’extérieur.
Comme on est au Québec et que c’est début novembre, on n’a pas voulu prendre de risque. Et donc nous, on va être à l’intérieur. Et c’est la première fois que ce sera joué ainsi. L’UQAM nous a accueilli dans son Pavillon Judith-Jasmin. Quand on sort du métro et qu’on rentre à l’UQAM, il y a cet atrium sur à peu près quatre ou cinq étages. Nous serons en bas, au premier et au deuxième étage, tout en nous déplaçant. Les spectateurs pourront être en bas, pourront aussi se mettre au deuxième, au troisième et au quatrième étage. On pourra voir tout ce qui se passe, toute l’action.
L’entrée est gratuite. Donc, qui veut passe, s’arrête, apprécie. Et puis, s’ils aiment, ils restent. S’ils n’aiment pas, ils sont libres de continuer leur chemin. L’idée, c’est d’apporter la musique là où les gens sont.
Dès qu’il y a des humains qui se rassemblent, il y a souvent un aspect rituel. Il y a toujours une organisation plus ou moins consciente de la manière dont on interagit les uns avec les autres. Et donc, Gordon, lui, a ritualisé la pièce avec des mouvements 1, 2 et 4 qui sont très rythmiques et le troisième qui est très ouvert avec de grandes respirations, de grands crescendos et decrescendos.
À la fin, on aura 36 lames suspendues, avec une douzaine de gongs qui se font face de l’autre côté, et des grosses caisses. Ce sera comme un rituel final très puissant, énergisant.
PAN M 360 : C’est la belle qualité peut-être de ce Michael Gordon de réussir à proposer une musique d’avant-garde, une musique contemporaine assez rigoureuse, exigeante, mais en même temps très accessible… Est-ce la première fois que vous jouez sa musique?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Oui. On a voulu faire Timber, mais ce sont nos collègues de Québec, EP4, qui s’en sont occupé, finalement. Depuis, on cherchait à faire une autre pièce de Michael Gordon et en même temps on cherchait des œuvres pour faire à l’extérieur. En feuilletant un peu je suis tombé sur Field of Vision. Je me suis dit OK, ça, ça rentre exactement dans ce qu’on veut faire. J’ai alors contacté le compositeur. Ce sera la première canadienne, et en plus, la première exécution à l’intérieur. Pour ces raisons, Gordon sera peut-être présent!
Et en plus, on aura les Percussions de Strasbourg avec nous, pour qui ce sera aussi la première interprétation de Field of Vision. Imaginez l’honneur et la qualité que ça donnera! Avec Architek, EP4 (de Québec), les étudiants de McGill, de l’UQAM, de l’Université de Montréal et du Conservatoire, ce sera tout le monde des percussions classiques de Montréal, voire du Québec, qui sera là.
PAN M 360 : Quels sont les défis reliés à la réalisation de cette pièce?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : C’est plus compliqué que nos projets habituels. Juste pour répéter, il faut trouver le lieu pour le faire. Présentement on répète à McGill dans le Multimedia Room. On doit tirer profit de ce lieu pour tester la réverbération qu’il y a dans l’atrium de l’UQAM. C’est différent, mais on va quand même pouvoir simuler un petit peu. En extérieur, le son meurt assez vite, alors que là, on va avoir un son qui va grandir et s’accumuler, notamment tout ce qui est résonance de métaux. En amont, on doit être capable de penser à ça et d’adapter notre façon de jouer.
Et puis, il faut organiser le transport des instruments. Dans un espace aussi grand et public, il y a toutes sortes d’enjeux de sécurité. Il faut respecter le corridor de passage pour aller au métro, passer les escaliers, etc. Techniquement, c’est un peu plus que nos concerts habituels, disons.
PAN M 360 : Qu’est-ce que ça fait de jouer avec un ensemble légendaire comme les Percussions de Strasbourg?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : C’est fantastique bien entendu. On est allés jouer avec eux en Europe, et ils nous ont fait visiter leurs réserves d’instruments. Je pense qu’il y a six ou sept mètres de haut d’instruments sur des étagères! Le nombre d’instruments qu’ils ont est absolument incroyable.
On a la chance de les avoir en Amérique du Nord cette fois parce qu’ils viennent jouer pour la 50e convention de percussions aux États-Unis qui s’appelle le PASIC, Percussive Art Society International Convention. Et c’est la première fois qu’ils vont jouer dans ce festival qui est le plus gros rassemblement de percussionnistes au monde. C’est 6 000, 7 000 percussionnistes qui se rassemblent pendant 3 jours.
Ils vont arriver à Montréal directement après. Et donc, on avait la chance d’avoir un petit créneau pour pouvoir les avoir avec nous.
Les mélomanes auront la grande chance d’en profiter car ils donneront un concert à McGill le 5 novembre avec du Steve Reich, notamment (Mallet Quartet entre autres). Et puis, le 6 au matin, ils donneront un masterclass à McGill.
Et le 7, on est en concert à l’UQAM.
PAN M 360 : Permettez-moi de revenir à Michael Gordon. Quelle est la difficulté particulière pour jouer sa musique?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : c’est de la musique qui est faussement simple. C’est très pulsé, donc ça, déjà, c’est rassurant. Mais c’est très précis dans la manière dont on ‘’se passe la poque’’, en fait, d’un musicien à l’autre avec les changements de vitesse. Il faut que chaque ligne individuelle soit complètement souple et donner l’impression que ce sont des changements de vitesse très simples. Mais en même temps, on ne peut pas se permettre de prendre un petit peu de liberté sur ces changements-là parce que la prochaine personne prend notre vitesse. Il y a beaucoup, beaucoup de détails dans le jeu. Il faut être extrêmement précis pour que ça fonctionne.
Aussi, c’est une heure non-stop. Il faut quand même être ‘’focus’’ pendant une heure.
L’avantage par contre c’est qu’on a un plaisir immédiat à jouer cette musique
PAN M 360 : Il y a longtemps eu du snobisme manifesté par le milieu contemporain face à cette esthétique musicale….
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Oui, surtout du point de vue européen. Mais ça change.
PAN M 360 : Gordon a participé à une certaine démocratisation de la musique contemporaine avec Bang on a Can, dont on parlait plus tôt. Un festival de création non dogmatique, décontracté, dans lequel on a pu entendre des artistes venant de l’académisme savant, du jazz, du rock, de l’électro, de l’improvisation libre, etc. Peut-on rêver d’un Bang on a Can Montréalais?
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Ça serait génial! Oui ça serait tout à fait possible! La couleur serait différente, car Montréal a une personnalité plus européenne, mais la diversité des créativités artistiques ici est fantastique et se prêterait parfaitement à ça.
PAN M 360 : La portion indie-rock de la ville apporterait aussi quelques chose d’original et unique…
Fabrice Marandola (Sixtrum) : Ah oui, en effet, ce serait génial!
PAN M 360 : On peut en rêver. En tout cas, PAN M serait présent!
La saison 2025-2026 de l’Orchestre symphonique de Laval (OSL) commence le mercredi 29 octobre avec son nouveau directeur artistique et chef principal Adam Johnson. Lavallois d’adoption, Adam Johnson a été chef en résidence à l’OSM avant d’obtenir ce mandat important à Laval, mandat qu’il partage avec d’autres directions d’orchestre à Guelph en Ontario et Bâton Rouge en Louisiane. Très heureux dans ses nouvelles fonctions, il passe ici en revue les différents programmes de l’OSL pour sa saison 2025-2026. Faites connaissance avec Adam Johnson, interviewé par Alain Brunet pour PAN M 360.