La finale des Sylis d’or 2026, organisés chaque année par les productions Nuits d’Afrique, aura lieu le jeudi 23 avril au National, à Montréal bien sûr. PanM360 a rencontré chacun des trois groupes en lice, afin de vous les présenter. Dans cette entrevue, le super groupe de Carnaval brésilien, Tamboréal Samba Bloco. 

INFOS ET BILLETS POUR LA FINALE DES SYLIS D’OR

Trois décennies après la disparition de notre Gaston Miron national, le spectacle Des hommes rapaillés est de nouveau l’occasion de redécouvrir son œuvre mémorable. Transformées en chansons par l’auteur-compositeur-interprète Gilles Bélanger dans les années 2000, ce qui valut deux albums de haute tenue, le spectacle Des hommes rapaillés est devenu un phare de mémoire que portent cette fois Michel Faubert, Pierre Flynn, Yann Perreau, Martin Léon, Luc De Larochellière et son concepteur Gilles Bélanger. Ce dernier nous accorde une interview vidéo en amont du spetactle prévu au Palais Montcalm le 2 mai prochain.

INFOS SUPPLÉMENTAIRES ET BILLETS ICI

Du Minho à l’Euphrate, deux fleuves éloignés de plusieurs milliers de kilomètres, l’un au Portugal et l’autre en Irak actuel, plus d’un millénaire de tissages inter culturels, religieux et artistiques nous contemplent. C’est un peu la prémisse de l’album From Minho to Euphrates de la chanteuse et oudiste québécoise d’origine libanaise Lamia Yared, son troisième après les deux précédents, très réussis :  Chants des Trois Cours (2019), soutenu par Songlines Magazine, et Lumières ottomanes, encensé ici-même. Avec son collègue espagnol Efrén López et plusieurs excellents artistes d’ailleurs dans le monde, elle visite un répertoire très riche fait de chants syriaques du IVᵉ siècle, les Cantigas de Santa Maria du XIIᵉ siècle issues de la cour d’Alphonse X, les Muwashahāt d’Alep, ainsi qu’une rare composition du XIIIᵉ siècle signée Safi al-Din al-Urmawi, l’un des grands théoriciens de la musique du Moyen-Orient. Le Christianisme côtoie l’Islam avec sérénité, les maqams musulmans dialoguent avec les hymnes à la vierge Marie. J’ai rencontré Lamia Yared pour en parler. 

LISEZ LA CRITIQUE DE L’ALBUM 

DÉTAILS ET BILLETS pour le lancement de l’album From Minho to Euphrates, le 24 avril 2026 à la Chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours dans le Vieux Montréal

PANM360 : Bonjour Lamia. Parlez-nous du répertoire de cet album. De quoi s’agit-il?

Lamia Yared : C’est un répertoire qui couvre à peu près 1500 ans d’histoire de la région qui va de la péninsule ibérique à la Mésopotamie (Irak). J’avais envie de faire dialoguer des chants syriaques du 4e siècle, ceux que chantaient les premiers chrétiens d’Orient, avec des chants chrétiens médiévaux tels que les cantigas de Santa Maria et du répertoire musulmam comme les Muwashahāt d’Alep. Ces traditions ne se sont jamais rencontrées, si bien que nous avons eu à cœur de proposer des choix et de joindre tout ça sous un même album. On va même jusqu’à l’influence persane car celle-ci était forte dans la musique syriaque (les Syriaques ont été envahis par les Persans au IVe siècle). On y perçoit l’influence des maqams. Nous avons réunis une belle équipe, moi et le multi-instrumentiste espagnol Efrén López, soit Omran Adrah (qanun), Miriam Encinas Laffitte (viole de gambe), Behnam Masoumi (tombak) et Tammam Ramadan (nay).

PANM360 : Que sont les maqams et les Muwashahāt ?

Lamia Yared : Oui c’est vrai que je sors beaucoup de mots qui ne sont pas connus. Le Muwashahāt, c’est une forme vocale complexe qui a été développée en Syrie au 18e siècle, autant dans les rituels des confréries soufis que dans le chant séculaire. Toute cette région a été influencée par l’héritage hellénistique et syriaque. Autant dans les églises que dans les confréries soufis, on entendait un même esprit musical. Donc c’est la musique de la région. Et cette musique de la région, c’est l’école du maqam. Et c’est quoi l’école du maqam ? C’est donc cette musique qui a une certaine microtonalité. Ce n’est pas quelque chose qu’on joue sur un piano, évidemment. On chante ces modes pour pouvoir interpréter quelque chose pour le défunt ou quelque chose pour célébrer la vie. Ce sont des quarts de tons.

PANM360 : Est-ce que ça a été difficile de faire côtoyer ces traditions, d’assurer la cohérence de l’ensemble?

Lamia Yared : On a utilisé la microtonalité dans les chants des Cantigas pour se rapprocher du reste et pour montrer leur proximité à plusieurs niveaux, dont le niveau religieux bien sûr. Toutes ces traditions, du 4e siècle au 12e siècle, puis jusqu’au Muwashahāt plus tard, en passant par la musique de Safi al-Din al-Urmawi, elles étaient toutes réunies dans ces textes, dans ces approches, par la microtonalité. C’est le lien. 

PANM360 : Les Cantigas de Santa Maria ont été joués par Jordi Savall, entre autres. C’est une référence absolue de laquelle il vous a fallu vous démarquer…

Lamia Yared : Oui et c’est à travers le recours à la microtonalité, du moins mise de l’avant de façon plus évidente, qu’on l’a fait. De plus j’utilise la voix que j’utilise quand je chante la musique arabe et les chants syriaques, pas la technique classique médiévale. C’est donc un peu plus ma version personnelle. 

PANM360 : Que représente cette musique pour vous, personnellement?

Lamia Yared : Vous savez, j’ai grandi au Québec, j’avais six ans quand je suis arrivée ici. Je suis née au Liban, et j’y suis retournée ensuite, entre 2009-2013. Je me suis alors immergée dans les musiques que j’aurais aimé connaître beaucoup plus tôt dans ma vie. En vérité je les connaissais, inconsciemment, car avant six ans, je suis allé à la messe avec ma famille là-bas. J’ai entendu ces chants, ces mélodies. Elles étaient ancrées en moi. Mais j’ai dû réapprendre leur langage quand je suis retournée au Liban. C’est venu me toucher profondément. Ce sont les musiques des premiers chrétiens d’Orient. J’aime beaucoup l’archéologie derrière tout ça, le fait d’aller puiser dans quelque chose de si ancien, et dans une tradition orale qui est transmise depuis très longtemps. Je trouve que c’est d’une grande sincérité, c’est quelque chose de, comment vous dire, très épuré. J’aime aller puiser dans des musiques qui n’ont pas d’esthétique ‘’flash’’, et aller chercher dans l’âme de la pièce quelque chose qui m’interpelle, que j’ai envie de vivre et de transmettre. Chaque musique que je joue, que je chante, autant un Muwashahāt qu’un cantigas ou un chat syriaque, ça m’habite. Je sens que j’appartiens à ces terres, même si je suis ici et que j’habite à Montréal. Je transmets quelque chose de très personnel.

PANM360 : Pourra-t-on entendre le résultat en concert?

Lamia Yared : Nous ferons un lancement le 24 avril 2026, dans la très belle chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, dans le Vieux-Montréal. C’est un endroit très approprié, chargé d’histoire et de spiritualité, avec une magnifique acoustique. J’ai invité Efrén López, et de merveilleux musiciens d’ici comme Marie-Laurence Primeau à la viole de gambe, Didem Bachar au kanun, et Hamin Honari aux percussions. Nous ferons également un lancement en Australie, parce que le label World Within Worlds est australien. Nous avons aussi une tournée prévue en novembre 2026. 

PANM360 : Quelle impression souhaitez-vous laisser chez les auditeurs et spectateurs?

Lamia Yared : Rapprocher deux traditions qui se sont épanouies à la même époque, mais qui ne se sont jamais rencontrées. On chantait d’une manière rapprochée autant dans la communauté chrétienne que musulmane. On a chanté pour la Vierge Marie dans la langue syriaque, en araméen et dans la langue galicienne, maintenant disparue. C’est un appel au dialogue qui est à la base de cette démarche. Il y a moyen de se parler à travers l’art. C’est aussi un dialogue avec le public d’aujourd’hui, pour qu’il ressentent quelque chose au-delà de l’histoire religieuse car ce type de sacré n’est plus actualisé, mais on peut y trouver des motifs de rapprochement écuméniques et laïcs.

 

Journaliste scientifique, physiologiste de formation et musicien, Michel Rochon a mené une brillante carrière à la Société Radio-Canada. Son cinquième essai porte sur la genèse de l’intelligence artificielle. Pour ce, l’auteur remonte aux sources de l’humanité pour y rappeler l’apparition de la musique, d’abord par la voix, puis la percussion et l’apparition des premiers instruments, pour ensuite nous ramener vers le présent en rappelant l’apparition des premiers outils de composition pré-industrielle jusqu’à l’arrivée encore récente de cette intelligence artificielle qui fait aujourd’hui frémir les compositeurs,trices, producteurs.trices, éditeurs.trices. Et puisque nous ne sommes qu’au petit matin de l’intelligence artificielle, il est permis de croire que cette tendance est irréversible, c’est-à-dire que l’intelligence artificielle est et sera indélogeable dans le processus créatif. Profitons de la sortie de l’essai La musique artificielle, paru en avril aux Éditions MultiMondes, pour nous entretenir avec Michel Rochon.

Plus d’infos aux Éditions MultiMondes ICI

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW !

Un voyage à travers les grands airs d’opéras célèbres, c’est ce que l’atelier d’opéra de la Faculté de musique de l’Université de Montréal nous présente ce samedi 18 avril  à la salle Claude Champagne. Pour l’occasion, PAN M 360 présente cet interview avec  Robin Wheeler, codirecteur de l’atelier d’opéra.  L’objet est de discuter de la préparation menant à ce concert et de nous détailler en quoi consiste l’atelier d’opéra.

INFOS SUPPLÉMENTAIRES ICI

PAN M 360 : Vous êtes l’un des codirecteurs de l’atelier d’opéra. Lorsqu’on monte un concert de ce genre, quel est votre rôle dans le processus?

Robin Wheeler : Depuis 25 ans, je suis à la codirection de l’atelier d’opéra, et à mes côtés, c’est Richard Margison, un ténor avec une grande carrière internationale. En ce qui a trait à notre rôle dans le processus, nous avons essayé de choisir des airs qui varient énormément, et c’est un peu notre rôle d’organiser le concert et de dire comment celui-ci va se dérouler. 

PAN M 360 : Comment le programme a-t-il été construit?

Robin Wheeler : Le programme est composé de plusieurs airs. Nous avons des solos, des duos et même 4 chœurs, tout cela dans l’optique de présenter  un concert varié et intéressant pour le public. En ce qui concerne les œuvres choisies, c’est un mélange d’œuvres que nous avons proposé aux étudiants et certaines pièces que les étudiants sont venus eux-mêmes nous proposer à savoir si la pièce pouvait s’intégrer dans le concert.

PAN M 360 : Les chanteurs qui font partie du concert sont tous des étudiants de la Faculté de musique. Est-ce libre à tous de participer au concert? Comment  les étudiants sont-ils appelés à en faire partie ?

Robin Wheeler : L’atelier d’opéra est en soi un cours universitaire à trois crédits, donc les étudiants doivent s’y inscrire, mais, comme pour l’opéra, des auditions sont requises pour participer à l’atelier. De manière générale, les chanteurs qui font partie de l’opéra vont aussi faire partie du deuxième concert et vice-versa. Étant donné que le programme demande énormément de temps, la plupart des étudiants sont rendus à la maîtrise ou au doctorat, car ils ont plus de disponibilité, contrairement aux étudiants du baccalauréat qui suivent beaucoup plus de cours.Cela dit, nous comptons 4 étudiants talentueux présentement au baccalauréat qui vont prendre part au concert. 

PAN M 360 : Contrairement à l’exécution d’un opéra, ici nous avons une série d’airs accompagnés au piano, comment cela change-t-il la préparation des chanteurs en vue du concert? Quels sont les défis associés à ce format de concert?

Robin Wheeler : La difficulté principale pour les chanteurs est la compréhension du personnage. Habituellement, quelqu’un qui offre un récital de ce genre aura probablement joué le rôle dans le cadre d’un opéra. Cette expérience permet de comprendre le personnage beaucoup pour l’interprétation d’un air. Dans notre cas les étudiants n’ont ni costume ni expérience dans le rôle pour la plupart et donc transmettre le message peut parfois être plus difficile. Certaines années, on avait une certaine mise en scène pour le concert, ce qui facilitait un peu la tâche, mais cette année, nous avons décidé de nous concentrer sur un récital plus traditionnel.

PAN M 360 : Quel est le rôle de l’atelier d’opéra dans le cheminement scolaire des chanteurs ?

Robin Wheeler : Le but de l’atelier d’opéra est de préparer les étudiants à la vie réelle. Bien évidemment, dans la réalité, un chanteur sera embauché pour un projet avec des répétitions au rythme de 5 à 6 jours semaines, nous ne pouvons pas faire cela. Il est crucial pour nous de collaborer avec les étudiants pour qu’ils soient préparés et qu’ils acquièrent une expérience dans le domaine de l’opéra, car les programmes d’études exclusivement consacrés à cet art sont rares au Canada. Nous devons donc tenter, grâce à notre atelier d’opéra, de leur fournir les fondements nécessaires pour travailler dans ce domaine.

PAN M 360 : Qu’est-ce qui est intéressant dans ce format pour le public?

Robin Wheeler : Je trouve que le format est intéressant parce qu’il reflète un peu le premier niveau d’apprentissage pour le chanteur. On ne s’inquiète pas des dialogues, des costumes et de la mise en scène, mais uniquement de la musique et de l’émotion qu’elle véhicule.

PROGRAMME

Programme musical

Giuseppe Verdi 
« Macbeth »

Patria oppressa
Chœur

Ah, la paterna mano
Qingyue Yang (Macduff)

Jacques Offenbach
« Les contes d’Hofmann »
Barcarolle
Chœur
Maëlig Querré (Giulietta)
Louise Robin (Niklausse)

Carlisle Floyd
« Susannah »
Ain’t it a Pretty Night
Catherine Depressoir (Susannah)

Giacomo Puccini
« La Bohème » 
Acte 3, Quartetto
Clotilde Moretti (Mimi)
Cloée Morissette (Musetta)
Qingyue Yang (Rodolfo)
Philippe Lacaille (Marcello)

Leonard Bernstein
« Candide »
Glitter and Be Gay
Kevisha Williams (Cunegonde)

Wolfgang Amadeus Mozart
« Die Zauberflöte » 
Duo Papageno-Papagena
Daphné Dubois (Papagena)
Geoffrey Zhou (Papageno)

Wolfgang Amadeus Mozart
« Così Fan Tutte »
Soave sia il vento
Catherine Dupressoir (Fiordiligi)
Maëlig Querré (Dorabella)
Élie Lefebvre-Pellegrino (Don Alfonso)

Georges Bizet
« Carmen » 
Mêlons ! Coupons !
Mia Roland (Carmen)
Natalie Barnett (Mercedes)
Anne-Sophie Gagnon-Métellus (Frasquita)

Giacomo Puccini
« Turandot »
Signore ascolta
Marie France Eba-Koua (Liù)

Giacomo Puccini
« Madama Butterfly »
Acte 2, Humming Chorus
Chœur (soprano et ténor)

Entracte

Stephen Sondheim
« Company »
You Could Drive a Person Crazy
Mia Rolland
Cloée Morissette
Kevisha Williams

Francis Poulenc
« Les mamelles de Tirésias »
Non, monsieur mon mari
Catherine St-Arnaud (Thérèse)
Joé Lampron (Le mari)

Stanislaw Moniuszko
« Halka »
Ha! Dzieciatko nam umiera
Daphnée Brideau (Halka)

Piotr Ilitch Tchaikovsky
« Eugene Onegin »
Kuda, Kuda
Joé Lampron (Lenski)

Richard Strauss
« Der Rosenkavalier »
Acte 3, Trio
Mia Rolland (Octavian)
Nicole Ross (Sophie)
Clotilde Moretti (Die Marschallin)

Gaetano Donizetti
« Don Pasquale »
Cheti cheti immantinente
Philippe Lacaille (Pasquale)
Élie Lefebvre-Pellegrino (Malatesta)

Leonard Bernstein
« Candide »
Finale : Make our Garden Grow
Chœur
Daphnée Brideau (Cunegonde)
Joé Lampron (Candide)
Anne-Sophie Gagnon-Métellus (Paquette)
Ornella Baquet (Old Lady)
Philippe Lacaille (Governor)
Élie Lefebvre-Pellegrino (Maximilian)
Geoffrey Zhou (Pangloss)

Dans un programme illustrant la Beauté des Amériques en musique de tradition classique, Les Violons du Roy présentent cette semaine la création d’une œuvre de François Dompierre : Les Chats, tryptique , pour violon solo et orchestre à cordes. Originaire de la région d’Ottawa et d’ascendance sud-coréenne, l’extrêmement doué Kerson Leong en est le soliste. Sans conteste un des meilleurs violonistes au Québec et au Canada, le violoniste est un des grands spécialistes de la résonance des cordes, fruit d’une recherche de son père ingénieur physique s’étant consacré notamment à la maximisation de la résonance des cordes et dont le fiston tire profit avec succès et maximise sa supravirtuosité. Au sortir d’une répétition avec les Violons du Roy à la veille des deux programmes, ce jeudi au Palais Montcalm  et celui de la Salle Bourgie, ce vendredi, Kerson Leong nous en dit davantage sur Les Chats, triptyque.

PALAIS MONTCALM, BILLETS ET INFOS

SALLE BOURGIE, BILLETS ET INFOS

PAN M 360 : Notre François Dompierre national a récemment composé un requiem symphonique avec  l’Orchestre philharmonique et chœur des mélomanes (OPCM) sous la direction de Francis Choinière. Peu après, il propose cette œuvre Les Chats, Tryptique dont vous participez à la création avec Les Violons du Roy. Parlons-en.

Kerson Leong :  J’ai un peu d’histoire avec monsieur Dompierre; dans le passé, j’ai enregistré une pièce qu’il a écrite pour violon et orchestre (de différents formats), Les Diableries. J’ai aussi participé à l’enregistrement  de sa pièce Concertango Grosso  en 2016. Récemment, il a eu l’inspiration de m’écrire une œuvre exécutée par Les Violons du Roy. Il savait que je faisais pas mal de projets avec cet orchestre, presque annuellement depuis un moment.  Et donc, il a composé cette pièce pour violons et  orchestre à cordes. Monsieur Dompierre a eu plein liberté pour exprimer ce qu’il voulait dans cette œuvre, Les Chats, tryptique.

PAN M 360 : De quelle manière la thématique du chat rejaillit-elle dans la pièce? Comment est-elle illustrée? 

Kerson Leong : C’est marrant! On a trois mouvements dont chacun décrit un aspect différent des chats. Le premier mouvement se nomme Chat botté, inspiré de ce célèbre conte de fées. On y trouve plusieurs imitations du chat, des miaulements ou des sons plus mordants des chats. Dans le deuxième mouvement qui s’appelle Chat persan, il explore un côté plus sensuel des chats et aussi un monde sonore différent de celui du premier mouvement. Le troisième mouvement, Chat matou, montre cette autre dimension des chats.

PAN M 360 :  François Dompierre est un grand mélodiste de la période moderne et donc tributaire du post-romantisme. Il reste dans l’harmonisation tonale et donc ses œuvres s’inscrivent sans rupture avec le répertoire pré-moderne tout en y apportant une touche qui est la sienne, incluant notamment le jazz moderne à ses équations. 

Kerson Leong :  Exactement, il est un grand mélodiste, c’est-à-dire qu’il peut concevoir des mélodies qui ne sont pas que belles mais mémorable. Et c’est certainement le cas dans cette nouvelle pièce. En tout cas, il est toujours intéressant d’observer sa signature musicale qui peut aussi intégrer le jazz, le tango ou autres influences d’Amérique du Sud. C’est ce qui est assez marquant dans les mélodies parce qu’il y a toujours une grande sincérité et un lyrisme exprimant le travail d’un artiste qui compose avec le cœur.  On peut chanter ses mélodies de vive voix, et donc illustrer cette dichotomie entre la complexité et l’accessibilité de ses œuvres, ce qui est pour moi très agréable.

PAN M 360 : Cela explique qu’il est devenu un champion de la musique pour le cinéma ou la télévision. Il est capable d’intégrer le classicisme en musique à des saveurs modernes ou aussi locales.

Kerson Leong : Oui, effectivement, c’est ce qui rend sa musique unique. Plusieurs influences sont réunies, parfois même des couleurs folkloriques, sans compter le jazz, les musiques latines et autres musiques du monde. C’est lyrique, c’est vraiment marquant.

PAN M 360 : Cette pièce a-t-elle été conçue exclusivement pour un ensemble à cordes ou bien elle peut-elle être adaptée pour des orchestres symphoniques? Comment ça marche?

Kerson Leong : La pièce a été conçue pour violon et orchestre à cordes, et je n’ai pas mentionné qu’il y a aussi une partie solo pour piano, ce qui est une surprise dans la pièce. Cela ajoute une autre dimension, une autre saveur. Ça donne le meilleur des mondes de la musique orchestrale et de la musique de chambre. À la fois la grandeur et l’intimité dans l’expression, je dirais.

PAN M 360 : Qui sera au clavier?

Kerson Leong :  Suren Barry, qui est musicien en résidence chez Les Violons du Roy – piano, clavecin, piano forte. Je le connais car il est originaire comme moi d’Ottawa.  Je le connais depuis l’enfance, nous avions participé à plusieurs événements. Je l’ai retrouvé après tant d’années… Le monde de la musique est petit ! 

PAN M 360 : Votre carrière va très bien, Kerson. Je me souviens très bien de votre approche. Quand je vous ai parlé une première fois il y a quelques années, vous m’aviez expliqué avoir été nourri par les recherches de votre père en physique acoustique. Et que vous avez ensuite appliqué ces concepts dans votre jeu, ce qui est une signature en soi. Où en êtes-vous dans cette évolution?

Kerson Leong : Je suis heureux de la direction adoptée, beaucoup de projets et collaborations marquantes. Oui, les expérimentations de mon père en physique ont certainement influencé ma manière de jouer. C’est toujours une grande expérimentation, ça évolue et ça change tout le temps dans mon approche, dans ma façon de m’exprimer que je souhaite authentique. Le fondement de cette approche est la relâche de l’instrument, ce qui en enrichit la résonance. C’est ainsi que le violon peut mieux se projeter dans l’espace, sans mettre trop l’accent sur la tension. Bien sûr, il y a une tension nécessaire pour jouer, mais une part de cette tension ne l’est pas car elle peut nuire à la résonance de l’instrument. Alors vous comprendrez que je suis toujours en train de raffiner mon jeu pour maximiser mon parcours musical. Faire mieux résonner les œuvres de la meilleure façon possible est un moyen d’y parvenir.

PAN M 360 : Ce qui confirme une fois de plus que l’interprétation classique n’est pas statique, qu’elle constitue un univers illimité de recherche. Et que la science et la musique sont beaucoup plus liées qu’on ne le pense pour repousser les limites de l’expression.

Kerson Leong : Ce n’est pas évident de prime abord, mais on peut constater qu’il y a tellement d’intérêts communs entre science et musique, plusieurs connexions sont possibles. Il a des parallèles à établir entre les compositeurs et les chercheurs. La créativité se trouve dans l’art et dans la science.

PAN M 360 : Absolument. Les avancées de la musique et de la science sont fondées sur l’intuition.

Kerson Leong : C’est là qu’on peut observer le pouvoir humain.

PAN M 360 : Et de quelle manière votre jeu a-t-il évolué à travers cette approche?

Kerson Leong : Très bonne question. Je crois peut-être que, pour tout ce qui se produit sur l’instrument provient d’abord d’une vision que j’ai en tête.  Le son que l’on souhaite entendre est un peu comme une boucle de réverbération, en ce sens que le son qu’on entend induit la recherche. Pour moi, la beauté du son  de l’instrument a toujours été un fondement du jeu, toujours très importante. Pour moi, l’évolution se fonde dans la résolution de ces enjeux. Pour moi, le violon doit s’exprimer de manière très émotive, comme la voix humaine. Lorsqu’on se parle entre humains, la voix porte toujours une émotion universelle que l’on peut identifier – l’humour, la tristesse, etc. Il s’agit de faire évoluer cette notion dans le jeu de l’instrument, je peux et je veux développer une langue émotionnelle avec le violon. Il faut capturer plus immédiatement ce qui est plus humain et donc augmenter la dimension émotionnelle du son.

PAN M 360 : Et puisque vous êtes un artiste bien vivant, votre quête se poursuivra jusqu’à ce  que mort s’ensuive.

Kerson Leong : Bien sûr, ça va continuer. Toujours!

PROGRAMME

Heitor Villa-Lobos, Bachianas brasileiras n° 4

François Dompierre,  Les chats, triptyque (création), pour violon, piano et orchestre

James Montgomery, Strum pour orchestre à cordes

Antonín Dvořák , Quatuor n° 12 en fa majeur, op. 96 « Américain » (version pour orch. à cordes)

Irem Bekter vit au Québec depuis 18 ans. Avant quoi elle avait résidé en Argentine, au Mexique, au Royaume-Uni ainsi qu’en Turquie, sa contrée natale. Ayant fait dans le théâtre et la danse, cette artiste pluridisciplinaire concentre son travail sur la musique. Sa vaste culture et son indépendance d’esprit l’on conduite à créer un nouvel album,This Winding Road, le vendredi 17 avril. Réalisé par nul autre que le très doué Jean Massicotte (Arthur H, Pierre Lapointe, etc.), cet album nous mène sur les routes sinueuses de sa longue migration, dont elle s’inspire de chacune des étapes: segments mélodiques ottomans, effluves balkaniques, jazz électrique, électrotango, dub-reggae, rap hispanophone, groove et plus encore. Le lancement-concert montréalais est prévu ce même vendredi (Le Ministère), après quoi Irem Bekter se produira à Sutton le 25 avril (La SAG), à Toronto le 30 avril (Drom Taberna) et à Québec le 2 mai (Morrin Centre). Et puisqu’il n’est jamais trop tard pour s’exprimer, Irem Bekter propose une dizaine de chansons originales où elle évoque l’enfance, l’amour, l’amitié, l’exil, la résilience, par le rire, la perte ou encore l’oubli. Qui plus est, Irem Bekter s’implique aussi auprès des personnes âgées en perte d’autonomie, autre signe de sa grande humanité.

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW !

Mis en scène par Michel Faubert, grand spécialiste du futur antérieur en musique trad, le nouveau spectacle du Vent du Nord revient à la maison entre deux segments de tournée internationale. La matière principale du vaisseau amiral du trad keb sera l’album Voisinages, entrelardée de classiques de la formation. Ce sera aussi l’occasion de découvrir le talent d’André Gagné, multi-instrumentiste et chanteur ayant trouvé sa place au sein du VDN. Dédé fait, d’ailleurs, partie de la conversation qui suit, il côtoie ici Nicolas Boulerice pour nous parler de ce nouveau spectacle du quintette de feu avec nouvelle mise en scène, nouvelle scénographie, nouvelles projections, nouveaux éclairages. On jase avec le Vent du Nord !

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW !

Publicité panam

Publicité panam

Comment devient-on auteur-compositeur-interprète capable de multiplier les tubes FM?  Examinons le cas de Gabriel Fredette, à qui l’on doit les succès radio Tant qu’on est toi et moi, Triste automne, À deux, À quoi ça sert, Serre-moi dans tes bras, Je te choisirai, pour ne nommer que ceux-là. À 24 ans, cet ex-pompier est sans conteste une des étoiles de la musique populaire québécoise et francophone, authentique spécialiste de la chose amoureuse en chansons. Le jour du lancement de son tout premier album, soit le 8 avril dernier, nous l’avons rencontré aux Éditions Bloc-Notes pour qu’il nous parle de lui, comme il le fait en rimes sur l’opus Qui je suis, sous étiquette Maison Rose.

PAN M 360 : Tu avais commencé ta vie comme pompier, on m’a dit.  Tu l’es toujours?

Gabriel Fredette : Non, j’ai arrêté ça en août passé.Parce que là, justement, je me concentrais sur la musique. 

PAN M 360 : D’où viens-tu?

Gabriel Fredette : Je viens de Saint-Hyacinthe.

PAN M 360 : Étais-tu pompier à Saint-Hyacinthe? 

Gabriel Fredette : J’étais pompier à Trois-Rivières pendant un an et demi.

PAN M 360 : Autrefois, Saint-Hyacinthe était le Liverpool du Québec. Tant de groupes des années 60 convergeaient à Saint-Hyacinthe !

Gabriel Fredette : Mon grand-père avait un band quand il était jeune, mais il ne m’a jamais parlé spécialement de cette époque.

PAN M 360 : Et donc tu es allé travailler à Trois-Rivières. Tu as commencé à faire de la musique là-bas? 

Gabriel Fredette :  J’ai toujours fait de la musique. J’ai commencé au violon avec mon grand-père qui m’a fait découvrir la musique, et puis la famille m’a offert des cours de violon pendant à peu près 3 ans.

PAN M 360 : Puis après ça, tu as appris à jouer des instruments, on imagine la suite.

Gabriel Fredette : C’est ça. Je joue du piano, de la guitare. Le chant est venu après ça. C’est surtout venu en 2023, quand j’ai fait La Voix – les enregistrements ont été diffusés en 2024. C’est ma première expérience professionnelle de musique que j’ai vraiment vécue… Une belle expérience qui m’a fait apprendre pas mal de choses.

PAN M 360 : On t’a appris à faire de la bonne pop FM. C’est bien ça que tu fais? 

Gabriel Fredette : Oui.  C’est de la pop francophone, c’est aussi folk. J’ai des chansons plus folk et des chansons assez pop. Il y a toujours de la guitare, la guitare acoustique.

PAN M 360 : Un peu comme Ed Sheeran.

Gabriel Fredette : Oui , aussi Noah Kahan, Lewis Capaldi ou Chance Peña. 

PAN M 360 : Tu écoutais des chanteurs comme eux à ton adolescence, j’imagine.

Gabriel Fredette : Oui, Cependant, j’ai beaucoup écouté Céline Dion, mon père est un grand fan. Durant mon adolescence, c’était surtout des chansons en anglais. Et je te dirais que le goût pour la chanson québécoise est venu plus tard. C’est devenu une cause pour moi.  Les ados québécois n’écoutent pas de chanson francophone, je trouve ça plate et c’est pour ça que j’ai voulu me lancer à 100% là-dedans, mais aussi en misant sur les réseaux sociaux sur TikTok, Instagram. C’est facilement accessible pour les jeunes comme moi – j’ai 24 ans. Il y a beaucoup de jeunes de 10 à 20 ans qui écoutent de la musique. Je trouve que c’est le fun de ramener ces jeunes à la chanson francophone.

PAN M 360 : Où sont tes influences en chanson francophone? Pour qui as-t-u de l’admiration? 

Gabriel Fredette : Je te dirais Louis-jean Cormier,  un des artistes que j’écoute, notamment  pour ses textes. J’écoute aussi Fredz, qui est d’origine française mais qui est Québécois. J’ai aussi écouté pas mal de rap keb com Koriass, Loud ou Rymz qui vient aussi de Saint-Hyacinthe. Les textes du rap keb m’ont aussi influencé, car j’en ai beaucoup écouté comme les gens de ma génération. Je n’écoutais pas beaucoup de rap anglo, cependant.

PAN M 360 : En tout cas, tu as le sens inné de la mélodie, de l’accroche, de la progression dramatique d’une chanson!

Gabriel Fredette : Merci. Je veux aller chercher l’émotion. 

PAN M 360 : Tes textes sont fondés sur les relations interpersonnelles, surtout amoureuses, il y a beaucoup de romantisme et de candeur là-dedans. 

Gabriel Fredette : C’est pas mal ça. Ce sont des relations personnelles que j’ai vécues pour vrai. Des histoires, intimes, oui.

PAN M 360 :  Tu as décidé d’aller direct là-dedans. Tu n’as vraiment pas peur des émotions!   

Gabriel Fredette : Totalement. Je suis un livre ouvert, je suis capable d’être vulnérable.

PAN M 360 : C’est clair ! Tu te livres complètement. Je ne sais pas à quel point c’est  autobiographique, cependant.

Gabriel Fredette : Toutes ces histoires sont vraies, je te dis. Ce sont mes histoires ou celles de mes chums,  dont certains créent aussi des chansons – comme mon ami Justin Roy. Aussi, je n’écris pas toujours mes chansons de A à Z, je peux travailler avec différents artistes. On se loue des chalets parfois, et on se met à faire des chansons 

PAN M 360 : Un collègue de ton autre groupe, Classe Moyenne.

Gabriel Fredette :  Nous sommes 4 gars dans Classe Moyenne (Phil Rxcket, Justin Roy et Zach Chico ), tout le monde chante et joue plusieurs instruments. Je peux sortir mon violon !  Sur scène, nous sommes accompagnés d’un DJ/producteur et il y a beaucoup de visuels. C’est  une énergie très différente de mon travail solo. Chacun d’entre nous a des chansons originales . C’était le but de faire rayonner chaque artiste à travers ce projet.  C’est de la pop, du folk et aussi du country. Nous avons tout ça en commun et nous écrivons souvent ensemble. Nous écrivons aussi pour d’autres artistes.

PAN M 360 : De quelle manière ton travail de parolier évolue-t-il? 

Gabriel Fredette : J’essaie toujours d’ouvrir mes horizons. Je lis d’autres auteurs de chansons, parfois de la poésie que j’achète à la librairie du coin. C’est devenu un passe-temps. Mais ce qui importe le plus, c’est de vivre de nouvelles expériences et d’en faire des chansons.

PAN M 360 : Pour être si à l’aise à extérioriser tes émotions, tu dois avoir eu de très bons parents qui t’ont permis de t’épanouir à ce titre!

Gabriel Fredette : Absolument. Ma mère est plus âgée que mon père, elle avait déjà eu une famille auparavant et puis elle a fondé une deuxième famille avec mon père. Je m’entends bien avec tout le monde, j’ai grandi dans un environnement où le monde s’aime vraiment. 

PAN M 360 : Où es-tu basé aujourd’hui ?

Gabriel Fredette : J’habite avec mes amis musiciens à Saint-Mathieu de Laprairie, pas très loin de Saint-Constant.

PAN M 360 : Envisages-tu rester « spécialisé » dans la chanson d’amour pop-folk ?

Gabriel Fredette : Totalement. J’aime l’équipe avec qui je suis. J’aime la direction artistique que j’ai, j’aime aussi le travail de mon label, Maison Rose, sous la direction de Benjamin Nadeau, ainsi que mon éditrice Diane Pinet de Bloc Notes Musique, sans compter Martin Véronneau de Local 9 pour le tracking radio et Bombardier Communications pour les relations de presse.

PAN M 360 : Tes activités sur scène semblent davantage concentrées sur le groupe Classe Moyenne, du moins pour l’instant. Au Club Soda cette semaine !

Gabriel Fredette : Oui, nous allons tourner en masse pour les mois qui viennent. Le rapport va s’inverser par la suite. En 2027, ma tournée solo prendra plus de place, mais je donne déjà des concerts avec la matière de ce nouvel album, et j’ai déjà une vingtaine de dates pour 2027.

PAN M 360 : Et quel est ton public?  Plus de filles que de gars, n’est-ce pas?

Gabriel Fredette : Oui. Beaucoup plus de filles, c’est sûr.

PAN M 360 : Je dirais à peu près quatre filles pour un gars qui va te voir et qui est le chum d’une de ces quatre filles.

Gabriel Fredette : C’est ça… Mais le public est varié quand même, ça va de 16 à 40 ans.

PAN M 360 : Pis tu vas continuer dans la même direction, j’imagine? 

Gabriel Fredette : Ben oui, c’est mon créneau. Je suis là-dedans et j’aime ce que je fais.  Je suis sur X. 

PAN M 360 : C’est ton premier album, mais tu as sorti plusieurs chansons auparavant. 

Gabriel Fredette : Oui, depuis La Voix en 2024, je sors des singles. J’ai aussi sorti un EP de 6 chansons en novembre 2024 (Forêt Noire), et un autre EP en mars de 4 titres en mars dernier (Je te choisirai). 

PAN M 360 : Sur scène ?

Gabriel Fredette : Max Lalanne et Kaven Girouard sont avec moi, il y a aussi des séquences préenregistrées pour compléter mes deux piliers. C’est plus intimiste que Classe Moyenne où c’est le party. Le 9 mai prochain, j’ouvre au MTELUS pour un artiste français, Yuston 13. 

PAN M 360 : Merci et bonne chance pour la suite des choses, jeune homme!

Les 30 avril et 2 mai, la célèbre pianiste russe Yulianna Avdeeva interprétera le Concerto pour piano n° 1 de Fryderyk Chopin avec l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Simone Young. Nous l’avons contactée pour en discuter avec elle.

PANM360 : Vous êtes connue par le public international pour avoir remporté le Concours Chopin en 2010, pouvez-vous nous en dire plus sur votre relation avec le compositeur polonais et avec le Concerto n°1 ? 

Yulianna Avdeeva : Le Concerto n° 1 est une pièce très spéciale, pleine de lyrisme, et d’une certaine manière aussi celle qui conclut la phase compositionnelle juvénile de la compositrice. Je constate, en général, que les œuvres du Chopin plus mature sont plus profondes que celles du jeune Chopin : c’est pourquoi j’essaie de traiter plus souvent des œuvres plus tardives. Dans le cas des Concertos, cependant, le piano est vraiment mis en avant et c’est toujours un grand plaisir pour moi de jouer les deux. 

PANM360 : Cette fois, vous jouerez avec l’Orchestre symphonique de Montréal, pouvez-vous nous dire ce que vous ressentez à l’idée de partager la scène avec cet orchestre ? 

Yulianna Avdeeva : Pour moi, c’est la troisième fois à Montréal, après 2015, quand j’ai joué Stravinsky avec Kent Nagano, et 2025, quand j’ai joué l’intégrale des Préludes et Fugue op. 87 au Festival de Lanaudière. Je suis vraiment ravi de rejouer avec un orchestre de musiciens excellents dans une salle avec une acoustique incroyable ! 

PANM360 : Vous êtes active à la fois en tant que soliste et avec orchestre, pensez-vous qu’il y a des différences entre ces deux façons de se produire ? Lesquelles ? 

Yulianna Avdeeva : En récital, je suis totalement responsable du résultat de ma performance et, physiquement, j’ai beaucoup d’espace pour partager la musique avec le public dans la salle. Ces deux aspects représentent à la fois un grand avantage, mais aussi une grande responsabilité. Dans un concert avec orchestre, cependant, la responsabilité est partagée entre tous les musiciens et l’espace physique est beaucoup plus restreint. Tout cela se produit cependant au nom de la spontanéité de faire de la musique ensemble. Ce sont deux expériences assez différentes, que j’aime à parts égales. 

PANM360 : Vous avez eu et avez une activité de premier plan sur la scène musicale classique internationale, que pouvez-vous nous dire sur votre carrière ? 

Yulianna Avdeeva : Je n’aime pas vraiment penser à mon activité musicale en termes de carrière, car pour moi il y a la musique, le piano et le répertoire, et tout ce que je fais tourne autour de ces aspects. Il est clair que gagner un concours prestigieux comme le Chopin de Varsovie m’a ouvert de nombreuses portes prestigieuses, mais je préfère penser en termes d’objectifs artistiques et je me considère privilégié de mener cette activité qui est aussi une responsabilité. 

PANM360 : Pouvez-vous nous parler de vos engagements musicaux à venir ? 

Yulianna Avdeeva : L’an dernier, comme je l’ai dit, j’ai interprété l’intégrale des Préludes et Fugues op. 87 de Chostakovitch, cette année je me consacre aux Concertos de Bartòk. L’année prochaine sera le moment du premier volume du Clavier bien tempéré de Bach et de la première d’une pièce contemporaine écrite pour moi. 

PANM360 : Nous pouvons vous définir sans l’ombre d’un doute comme une pianiste très accomplie, avez-vous des conseils pour les pianistes émergents ? 

Yulianna Avdeeva : La chose la plus importante, c’est la passion pour la musique, comme je le dis toujours aux jeunes que je rencontre lors des masterclasses. Ensuite, il faut trouver sa voix artistique d’une manière qui ne copie aucun autre interprète et qui ne met pas l’accent sur la technique. Je dis cela parce que l’aspect principal de jouer en public est de partager ses émotions avec les autres, alors j’encourage les jeunes à suivre leur instinct artistique et leur individualité interprétative !

Crédit photo: Maxim Abrossimow

La série Les Grands Romantiques de l’organisme Pro Musica se poursuit ce dimanche 12 avril, 15h, Salle Pierre-Mercure, avec le tandem constitué par le violoncelliste arménien Narek Hakhnazaryan et de son collègue pianiste Georgy Tchaidze, d’origine russo-géorgienne. Ensemble, ils interprètent un mélange de musiques russes, arméniennes et géorgiennes, à la fois romantiques et modernes. Les compositeurs modernes Tsintsadze, Bagdasarian et Harutyunya s’inscrivent effectivement dans le lyrisme romantique teinté des couleurs folkloriques caucasiennes. Notre interviewé de 37 ans n’est pas un pied de céleri : Premier Prix et la Médaille d’or du XIVe Concours international Tchaïkovski, à seulement 22 ans, Narek Hakhnazaryan est l’un des violoncellistes les plus sollicités de sa génération. Pour sa part, son collègue Georgy Tchaidze fut lauréat du premier prix du Concours international de piano Honens en 2009, il fut aussi artiste en résidence à la Chapelle musicale Reine Élisabeth de Belgique, dont la direction artistique est assurée par notre Louis Lortie. Voilà qui justifie amplement cet entretien réalisé en anglais avec le très sympathique Narek Hakhnazaryan.

BILLETS ET INFOS ICI

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW !

The “Great Romantics” series presented by Pro Musica continues this Sunday, April 12, with the duo of Armenian cellist Narek Hakhnazaryan and his pianist colleague Georgy Tchaidze, who is of Russian-Georgian descent. Together, they will perform a mix of Russian, Armenian, and Georgian music that is both romantic and modern. Modern composers Tsintsadze, Bagdasarian, and Harutyunya are indeed part of the romantic lyricism tinged with Caucasian folk colors. Our 37-year-old interviewee is no slouch: First Prize and the Gold Medal at the 14th International Tchaikovsky Competition at just 22 years old, Narek Hakhnazaryan is one of the most sought-after cellists of his generation. For his part, his colleague Georgy Tchaidze won First Prize at the Honens International Piano Competition in 2009; he was also artist-in-residence at the Queen Elisabeth Music Chapel in Belgium, under the artistic direction of our very own Louis Lortie. This more than justifies this interview, conducted in English with the very affable Narek Hakhnazaryan.

TICKETS & INFOS HERE

WATCH THIS INTERVIEW !

Il était une fois un compositeur moderne québécois, l’un des plus joués au monde, qui écrivit un concerto pour violon, violoncelle et piano avec grand orchestre. Rares étaient ses collègues qui avaient osé faire cela. Un seul, vraiment, en avait tiré un chef-d’œuvre (et quel chef-d’œuvre!) : Beethoven. Le concerto de Hétu (qu’on appelle Triple concerto, comme pour son illustre prédécesseur) fut joué une seule fois dans sa forme prévue, le 26 juillet 2003 à l’Amphithéâtre de Lanaudière dans des conditions, dit-on, peu favorables (qui n’avaient rien à voir avec la qualité des interprètes de l’époque, OSM/Jacques Lacombe et Trio Hochelaga, mais plutôt pour des questions de température et de disposition des musiciens en raison d’une performance chorégraphique contiguë). Du coup, et exception faite d’une interprétation chambriste au Conservatoire de Montréal en 2025, jamais plus oreilles n’eurent l’occasion d’apprécier cette musique. 

ENTREVUE AVEC ANNE ROBERT SUR L’HISTOIRE DE CE CONCERTO (Regardez l’entrevue vidéo plus bas)

Le 17 avril 2026, à la Maison symphonique de Montréal (qui n’existait pas encore en 2003!), la ‘’résurrection’’ du Triple concerto de jacques Hétu aura lieu en bonne et due forme. On pourrait même dire que ce sera sa véritable naissance, étant donné que les conditions seront, cette fois, parfaites. Pour l’occasion, l’Orchestre métropolitain (OM) sera dirigé par François Leleux, et les interprètes solistes seront les trois membres du Trio Hochelaga (pour qui le concerto avait été écrit, mais dont la composition a un peu changé depuis), soit Anne Robert au violon, Dominique Beauséjour-Ostiguy au violoncelle et Dantonio Pisano au piano. Hétu (décédé en 2010) aura aussi l’immense plaisir, du haut de son siège céleste, de partager l’affiche avec ses copains Maurice Ravel (la suite Ma Mère l’Oye), Mel Bonis (1858-1937) (Le Rêve de Cléopâtre), Georges Bizet (Symphonie en do majeur). 

À noter que ce programme sera produit dans une tournée à travers les arrondissements montréalais, avec quelques modifications : Hétu sera joué UNIQUEMENT lors du concert à la Maison symphonique, alors que dans les arrondissements, il sera remplacé par la suite Pelléas et Mélisande de Gabriel Fauré.

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE PROGRAMME INTITULÉ JEUX DE COULEURS

J’ai parlé avec la violoniste Anne Robert du Triple concerto de Hétu et de son histoire mouvementée. 

Inscrivez-vous à l'infolettre