Samedi soir, le trio encore tout jeune Tempête solaire mettra le feu à la scène du Studio Desjardins du CEM avec son mélange éruptif de drones, d’envolées psychédéliques, de grooves et de free jazz. On y retrouve à la basse électrique, Eric Quach, mieux connu comme guitariste sous le nom de thisquietarmy, à la batterie, le vétéran Eric Craven, qui officié aux peaux et aux cymbales pour de nombreux groupes montréalais sous étiquette Constellation, et au saxophone ténor, aux effets et manipulations électroniques, Elyze Venne-Deshaies, qui s’est d’abord illustrée avec son album Les grandes solitudes des femmes sauvages. Jointe à Montréal à quelques jours du concert, Elyze s’est prêtée au jeu de l’interview.

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PAN M 360 : Parle-nous d’abord de ton parcours et de quelle façon tu as choisi le saxophone comme instrument de prédilection.

Elyze Venne-Deshaies : J’ai commencé la musique assez jeune. Je suis, en fait, un produit des programmes de concentration en musique des écoles publiques. J’ai d’abord fait de l’harmonie parascolaire au primaire avec un professeur qui avait une vision nouvelle un petit peu. 

Ensuite, je suis allée au secondaire à l’école Poly-Jeunesse et après ça, à l’école Curé-Antoine-Labelle où il y a des programmes de concentration à plein de niveaux, dont la musique. C’était assez reconnu en plus à l’époque. Le programme existe encore aujourd’hui, il a survécu à toutes les coupures.

C’est un très, très bon programme. Grâce à lui, j’ai pu jouer du big band dès secondaire 2. Sachant ça, le professeur en secondaire 1 m’a vraiment encouragée à apprendre le saxophone. Comme je jouais de la clarinette, il m’a dit, tu devrais apprendre le saxophone ténor, parce que dans la tradition big band, les personnes qui jouent du sax ténor, quand il y a les doublons, peuvent par exemple jouer de la clarinette. Il m’a dit, toi, t’as déjà l’avantage de jouer de la clarinette, apprends-donc le saxophone ténor.

Parfait ! Let’s go. Je me suis lancée en secondaire 1, puis avec mon ancien professeur, qui s’appelle Benoit Therrien, j’ai commencé à prendre des cours de musique en privé.

En secondaire 2, je suis entrée dans le big band de mon école secondaire et j’ai pas lâché jusqu’à secondaire 5. Après, j’étais vraiment motivée à entrer au cégep en jazz. Je suis donc allée au cégep de Saint-Laurent où j’ai étudié la composition, les arrangements et l’interprétation avec Jean-Pierre Zanella, qui a été mon professeur durant tout mon cégep.

J’ai aussi étudié la clarinette jazz avec Mathieu Bélanger, qui est très connu pour son hommage à Mingus, avec Normand Guilbeault à la contrebasse.

En gros, c’est ça mon parcours, après avoir commencé à 8 ans à jouer de la clarinette. Chez nous, c’était très musical. Il y a beaucoup de mélomanes dans ma famille, de musiciens amateurs et tout. Donc, j’ai été très jeune exposée à plein de styles de musique, que ce soit le classique, le jazz, le rock, la musique québécoise traditionnelle ou la chanson populaire, de Diane Dufresne à Charlebois. Je les ai entendues très, très jeune, et ça m’a toujours inspirée. D’aussi loin que je me rappelle, je voulais jouer de ça. J’ai été chanceuse d’avoir eu un parcours qui m’a permis d’avoir accès à la musique sans que ça coûte une fortune à mes parents. 

PAN M 360 : Y a-t-il des disques ou des musiciens qui t’ont à ce point touchée pour que tu décides d’en faire ton métier? 

Elyze Venne-Deshaies : Oui, oui ! C’est sûr que, mettons, à la clarinette, très jeune, j’ai vraiment capoté sur Benny Goodman, clarinettiste des années 30 et 40, icône du swing. C’est quelqu’un qui m’a marquée énormément.

Pour le saxophone, quand j’ai entendu John Coltrane pour la première fois, j’ai vraiment attrapé quelque chose. Ç’a été pour moi une révélation. C’est un peu un phare dans la nuit pour moi. Je reviens tout le temps à Coltrane. il a exploré beaucoup. Il nous a amené… le free jazz allait être, Coltrane a quand même mis la table et il a inspiré beaucoup de musiciens, comme Eric Dolphy, Pharoah Sanders, Albert Ayler. Cette gang-là, c’est vraiment des musiciens et des saxophonistes qui, à ce jour, m’inspirent encore énormément. 

C’est un band pop qui m’a fait comprendre que je pouvais avoir une carrière à jouer de tous ces instruments-là : Supertramp. Ç’a l’air drôle à dire, ma mère écoutait beaucoup ça. J’ai pensé, je peux jouer de la clarinette dans un band de rock, je peux jouer du sax.

C’est sûr qu’après, il y a eu Zappa aussi. Mon père écoutait beaucoup de ça. Zappa, Supertramp, ça m’a vraiment fait allumer que c’était possible d’avoir une carrière à jouer ces instruments-là. 

PAN M 360 : Parle-moi maintenant des deux Eric. De quelle façon vous êtes vous rencontrés et avez-vous décidé de former un band ?

Elyze Venne-Deshaies : Les deux Éric se connaissent depuis plus de 10 ans. Ça faisait longtemps qu’ils partageaient un local, mais ils ne jouaient pas ensemble. À un moment donné, ils se disaient que ça serait le fun de jouer. Éric Quach, qui joue de la basse dans Tempête solaire, est à la base un guitariste, dans son projet thisquietarmy. Lui et Éric Craven, à la batterie, se sont mis à jouer ensemble, mais ça cliquait pas vraiment juste guitare et batterie. 

Eric Quach a déjà des projets avec le drummer de Voivod (Michel Langevin) et avec d’autres drummers. Il avait déjà quelques formules guitare-drum. Il se disait, j’explore déjà beaucoup de ce côté-là, ça serait intéressant de faire autre chose.

Il a alors sorti une basse prêtée par un ami et il s’est mis à jammer avec Craven. C’est là qu’il y a eu un déclic entre eux. Ils se sont mis à avoir des riffs et tout et tout.

Moi, je connaissais les deux déjà par la scène de la musique expérimentale et la scène de la musique improvisée à Montréal. J’avais vu les deux en spectacle plusieurs fois. Je leur avais déjà parlé.

Ils m’avaient vu aussi performer dans différents contextes. On va dire des groupes éphémères créés pour des soirées de musique improvisée aussi. J’ai joué dans un groupe qui s’appelait Dark Winds avec une trompettiste-bassiste qui s’appelle Véronique Janosy. Ç’a duré quand même quelques années. C’est surtout avant la pandémie qu’on a été actives toutes les deux. C’est dans le contexte de ce duo-là, avec mes pédales, mes effets, que les gars m’ont connue. 

À un moment donné, ils se sont dit que ce serait cool d’avoir une musicienne d’ailleurs. Ils ne voulaient pas un autre garçon. Une fille qui joue d’un instrument à vent, par exemple, ça pourrait être cool pour créer un petit peu de richesse au niveau de la texture sonore. 

Ils se sont dit, demandons-le-lui. Alors, ils m’ont écrit et envoyé les maquettes qu’ils avaient. J’ai trouvé ça super bon. Je suis allée jammer avec eux. J’ai vraiment eu du fun. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été dans un contexte de band. Je joue beaucoup avec plein de gens, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas été dans un band. Je me suis dit, ça va me faire du bien créativement d’avoir un petit peu plus de poids artistique dans un projet et de pouvoir aller explorer.

J’ai trouvé ça généreux de leur part de m’offrir ça. En même temps, ils m’ont fait rapidement beaucoup de place, parce qu’au début, c’est vraiment eux qui avaient des pièces, des compositions. Plus on avance dans le temps – ça va faire deux ans cet été au mois d’août qu’on joue ensemble – plus j’ai de place.

Récemment, on a composé une nouvelle pièce qu’on va faire au FMC en fin de semaine. On compose toujours ensemble, mais l’impulsion créative vient un peu plus de moi.

Les gars m’ont encouragée énormément. Ils m’ont dit d’apporter une composition, un riff, quelque chose, des idées. J’ai travaillé sur quelque chose avec une pulsation. J’avais deux ou trois idées pour créer des thèmes. On est vraiment super contents de comment ça sonne. On va la faire au FMC en primeur en fin de semaine.

C’est vraiment eux autres qui m’ont approché et qui m’ont offert de jouer  avec eux. Plus on travaille ensemble, plus c’est le fun. Tout le monde dans ce groupe-là a de l’initiative, à tous les niveaux de ce dont un band a besoin. Autant pour le booking que la création visuelle, les posters ou les vidéoclips.

Les vidéoclips, c’est vraiment eux autres. J’avoue que là-dessus, je n’ai pas beaucoup de connaissances. Mais au niveau de tout le reste, on partage tous les tâches ensemble. Ça, c ‘est le fun. Je sens qu’il y a un bel équilibre. Il y a une belle synergie aussi. C’est vraiment un band. On prend nos décisions ensemble et on travaille vraiment bien. Je suis assez contente que ça existe. Ça fait du bien.

PAN M 360 : En deux ans, vous avez fait pas mal de chemin. À partir du tout début, de ce fameux premier jam jusqu’à aujourd’hui, comment vois-tu votre évolution ?

Elyze Venne-Deshaies : L’évolution s’est faite de manière naturelle, au sens que je ne me sens pas forcée ni poussée, mais je trouve qu’il y a une bonne vitesse de croisière. Je trouve qu’on est assez… je trouve pas que c’est le meilleur mot, mais disons efficaces. 

On est capables de composer des nouvelles pièces, on les enregistre rapidement, on booke ces shows-là, puis après ça, on récupère du nouveau matériel. On est rendus à notre deuxième album en deux ans. Pour un groupe, je trouve que c’est un signe de vitalité finalement. C’est signe qu’il y a une belle cohésion de groupe parce qu’on se comprend bien. On crée ensemble la musique, on l’enregistre, on fait des shows.

Il y a toujours une période où on fait un peu moins de shows pour nous permettre de créer des nouvelles pièces. Je trouve qu’on a un cycle de création, et après ça de spectacles, qui se complètent bien. 

Jusqu’à maintenant, je trouve que le développement de ce projet-là, ça va quand même vite. Et ça va bien.

On a aussi une belle réponse de la part des gens. Quand on fait des spectacles ou quand on a lancé nos deux albums, on a eu une belle réponse des médias, tout comme du public. 

En deux ans, on a toujours présenté nos spectacles devant des salles pleines. On a ouvert aussi pour d’autres groupes. En février l’année passée, on a fait un spectacle vraiment le fun à faire. C’était en première partie du guitariste touareg Mdou Moctar, au Fairmount en février. 

On a ouvert pour lui alors que le groupe avait quelques mois seulement.

Le show affichait complet. Naturellement, grâce à cet artiste-là, c’était une opportunité en or de pouvoir jouer devant un autre public. Même si Moctar a joué en solo, donc sans son band, le public qui était venu a vraiment apprécié notre performance. Les gens ont applaudi fort. Ils ont réagi très positivement. Ils ont même dansé.

Je pense que c’est un peu ça, l’idée de Tempête solaire. Quand on fait nos spectacles, c’est de la musique qui se veut aussi d’une forme dansante, un peu hypnotique.

C’est pas une musique qui est seulement intellectuelle. On est vraiment ancrés dans une tradition de musique improvisée, même si on fait des compositions. Il y a des compositions, mais les structures sont ouvertes.

Je pense que ça, les gens le sentent. Ils sentent qu’il y a une direction aux pièces, mais ils sentent aussi qu’il y a une liberté et qu’on peut danser. Je crois qu’on a aussi une belle dynamique en spectacle ensemble.

Quand les gens sentent que ça change de groove, ils embarquent avec nous. Je crois que ça explique aussi l’engouement. En spectacle, on est généreux dans notre performance aussi.

PAN M 360 :  En ce qui concerne l’improvisation – il y a bien sûr des pièces plus longues qui s’y prêtent – mais quelle est la proportion d’impro que vous essayez de conserver dans vos spectacles, ne serait-ce que que pour vous surprendre vous-mêmes ?

Elyse Venne-Deshaies : Sur La précession des équinoxes, on a des pièces qui sont littéralement des improvisations, complètement ouvertes. Il n’y a pas de structure en soi, mais il y a tel élément, par exemple, une tonalité qui est importante à garder. Puis après ça, on veut aller chercher telle groove à un moment donné. Alors là, on parle de ça, de cette balance-là, puis on se dit, OK, ça va être une construction en crescendo, par exemple. On pose des paramètres, mais il n’y aura pas une structure fixe.

Je trouve que c’est une façon de composer qui nous donne une direction claire, mais aussi une grande structure au niveau de l’improvisation.

Quand on construit nos set-lists, on se dit, OK, ce set-là, on a beaucoup de temps. Genre, au FMC, on a 50 minutes. Donc là, on a créé, pour le FMC, un set-list avec des tounes où on a vraiment une direction compositionnelle plus stricte, mais entre ces pièces-là plus strictes, on a inséré des pièces plus libres. Donc des pièces qui, comme Rock Dove Manoeuvre, sur le premier EP, sont plus ouvertes. On a aussi Sphères orbitantes, sur La précession des équinoxes, avec laquelle on a fait un clip, qui est une grande pièce ouverte. Celle-là, elle est vraiment très improvisationnelle, elle nous laisse beaucoup de liberté.

On a une bonne horloge interne, tout le monde. On pratique beaucoup ensemble aussi. On est à deux fois par semaine en ce moment. On a beaucoup d’expérience en improvisation. Une bonne idée, on sait comment ça se « feel ».

PAN M 360 : Pour tous ceux et celles qui ne pourront être des vôtres à Saguenay samedi, prévoyez-vous donner des concerts dans la région de Montréal durant l’été? 

Elyze Venne-Deshaies : Oui, on va jouer à Montréal, à l’Escogriffe, le 6 juin. On joue pour le lancement d’un groupe qui s’appelle Flood. On va jouer en premier. Il y a un band heavy de Gatineau qui s’appelle Grandmother qui va être là aussi.

PAN M 360 : En terminant ?

Elyze Venne-Deshaies : J’ai envie de dire aux gens qui vont venir nous voir qu’ils vont faire tout un voyage avec nous. Même si ce sont des sentiers qui semblent peu empruntés, vous allez voir, ça va groover avec Tempête solaire au FMC !

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Au Centre d’Expérimentation Musicale (CEM) de Chicoutimi-Nord, l’autrice-compositrice-interprète Jeanne Laforest imaginait en 2024 Suite pour enfant intérieur. L’artiste avait conçu un cycle de chansons exploratoires dont l’objet était l’évocation des étapes d’une vie entière. Ce dimanche 10 mai au Festival des musiques de création (FMC), cette œuvre dialoguera avec une autre œuvre de la saxophoniste et compositrice Florence Garneau, Grand-mère, fondée sur des échanges verbaux réalisés entre l’artiste et son aïeule bien-aimée au cours des dernières années de son existence. Cette pollinisation croisée entre les deux pièces a été arrangée par le guitariste Samuel Gaudreault et mise en scène par Marilou Guay Deschênes, on en déduit que la somme des deux travaux créatifs constitue une œuvre en soi.  Dans le contexte de la  Fête des Mères , ces tableaux de l’existence s’annoncent sensibles et touchants, vos glandes lacrymales pourraient être mises à contribution.

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Artistes

Jeanne Laforest : composition, voix, percussions

Florence Garneau : composition, voix, saxophone

Samuel Gaudreault : guitares, arrangements

Sandrine Thibault : voix, percussions

Émile Boucher Cloutier : voix, percussions

Élisapie, Laura Niquay, Zouz, US Girls, La Sécurité, We Are Wolves, Death From Above 1979, KinjiOO, Bon Enfant, Mike Clay et Maryze sont parmi la presque cinquantaine d’artistes ou groupes invités au festival Santa Teresa, tout au long de ce week-end.

À quelques minutes de Montréal, dans la charmante banlieue de Sainte-Thérèse, se cache chaque année l’un des secrets les mieux gardés de la saison des festivals : Santa Teresa. Plus intime que ses semblables, l’événement se donne pour mission de présenter une programmation éclatée qui sort des sentiers battus, au cœur de la ville sur la rue principale. En plus d’y faire le plein de découvertes musicales, on l’adore aussi pour son atmosphère détendue et les surprises que l’équipe nous réserve. On a eu la chance d’en savoir un peu plus sur cette édition qui se déroule du 8 au 10 mai 2026 en discutant avec Joakim Morin, le directeur de la programmation.

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Cette interview est réalisée en partenariat avec La Vitrine

PAN M 360 : Qu’est-ce qui distingue le Festival Santa Teresa de ses semblables?

Joakim Morin : On est un festival que j’aime à dire « champ gauche » avec une programmation très éclatée. L’idée avec la programmation c’est vraiment de ne pas faire comme les autres haha! D’avoir des têtes d’affiche recherchées, en allant piger en Europe, en Angleterre, aux États-Unis ou en Ontario, et qui sont différentes de la saveur du moment. En même temps, on a aussi des artistes locaux et même émergents, auxquels on offre leur première opportunité de festival. On a une programmation qui est unique, avec des spectacles à la fois gratuits et payants, où la découverte est mise en avant et où on se plaît à créer des rencontres improbables avec des artistes qui ne se retrouveraient pas ensemble d’ordinaire. On essaie de concrétiser quelques rêves haha! 
PAN M 360 : Quels genres de musique seront à l’honneur lors de cette édition?
Joakim Morin :
Notre programmation s’étale sur trois jours et au niveau des spectacles gratuits, ça va vraiment dans tous les sens puisqu’on voulait vraiment que les gens puissent sortir de leur zone de confort musicale. Au niveau de la programmation payante, on établit toujours un peu plus une ligne directrice. Comme il y a toujours une journée de hip-hop à Santa Teresa, on a décidé de frapper fort en ouvrant dans ce sens-là le Vendredi avec Kinji00 mais en le mettant gratuit! Pour le Samedi, comme on assiste à un gros come-back du rock, on a voulu le mettre à l’honneur avec un line-up de rêve : Death from Above 1979, Wavves, La Sécurité et We Are Wolves pour ne nommer qu’eux! En clôture pour le Dimanche, comme ce sera la fête des mères, on a pensé une programmation plus accessible pour que les plus vieux et les plus jeunes en famille y trouvent leur compte avec le passage de Bon Enfant, Mike Clay et plusieurs autres!

PAN M 360 : Est-ce qu’on peut avoir un aperçu des découvertes coup de cœur de cette année?
Joakim Morin :
Il y a l’artiste montréalaise MARYZE qui est maintenant basée à Hollywood et qui revient spécialement pour faire un show chez nous. Aussi, je suis un peu biaisé parce que je travaille avec eux mais il y a, oui merci, qui viennent tout juste de sortir un excellent album et qui seront en show gratuit. J’ai récemment découvert Roxanne Izzo, qui fera je pense son seul festival avec nous cet été et parmi les plus gros artistes, j’étais vraiment content de réussir à mettre la main sur Wavves et U.S. Girls qu’on est les seuls à présenter.
PAN M 360 : À quoi ressemble l’atmosphère générale dans les rues de Sainte-Thérèse durant ces 3 jours?
Joakim Morin :
Le Festival en tant que tel occupe une portion du quartier central, principalement sur la rue principale. Il y a les shows payants qui ont lieu dans le stationnement adjacent, on a aussi une scène gratuite sur le terrain de l’église. Sur la rue, on a programmé des DJ set, des afters, du karaoké et on a aussi une programmation dans l’ancienne chapelle. Qu’on soit au restaurant, au bar ou au show qui commence dans la rue, il y a des évènements à chaque porte et c’est toute la communauté qui se met en mode festif. À partir de 15h, ça se met vraiment à s’activer et les zones qu’on a installées un peu partout se remplissent, que ce soit le coin des food trucks, le beer garden, les zones de merch, les pop-ups du marché ou même le balcon d’un voisin haha! Il y a toutes sortes de choses qui se passent en simultané, ça arrête jamais donc tu peux te laisser guider par ton envie du moment!
PAN M 360 : Quel type de public retrouve-t-on dans les rues pour l’occasion?
Joakim Morin :
On a beaucoup de locaux qui viennent et qui s’intéressent mais comme c’est quand même une petite communauté, c’est limité alors on peut toujours compter sur les gens des grands centres comme Laval et Montréal pour venir faire un tour! On porte toujours une attention particulière à ne pas trop s’approcher des programmations de ces lieux-là afin de conserver notre caractère distinctif et qu’on ne se marche pas trop sur les pieds haha! Il y a beaucoup de gens de la couronne Nord aussi qui se déplacent pour venir participer aux festivités. C’est super bon pour l’économie locale : les terrasses et les boutiques sont pleines! On attire aussi les curieux, ceux qui sont à la recherche de découvertes plus nichées, puisque les gens sont rendus vraiment décomplexés par rapport aux genres et ont une belle ouverture d’esprit.

PAN M 360 : Quels sont les enjeux de financement pour un événement comme le vôtre?
Joakim Morin :
Les coupures se font grandement sentir… La programmation de cette année, c’est environ 50% du budget de l’année dernière donc c’est sûr que ça paraît. On essaie de se tourner vers de nouveaux partenaires mais encore là, eux aussi ont des inquiétudes budgétaires parce que les temps sont durs pour tout le monde : les diffuseurs, les labels et les artistes. C’est sûr qu’on fait plus partie de la catégorie des petits festivals donc on est aussi dans les moins financés… mais je pense qu’il y a vraiment un débat politique qui doit s’installer et qui doit venir encadrer, avec des lois, ce qui se passe au niveau des subventions. Mais ça c’est un autre débat haha!

PAN M 360 : Pouvez-vous nous en dévoiler davantage sur l’édition de cette année? Nous réservez-vous quelques surprises?

Joakim Morin : Ce qu’on offre, c’est une expérience intimiste qui ouvre la porte à des moments magiques, à une proximité et à une connexion qu’il est rare de trouver dans de plus gros évènements. Comme on a certains noms assez nichés, on a aussi beaucoup d’artistes qui sont là dans le public donc c’est assez fréquent que les gens vont prendre des selfies avec eux ou partageront un bon moment. Pour ce qui est des ajouts, cette année on a décidé d’ajouter beaucoup de DJ sets d’artistes qui sont dans la programmation pour permettre aux gens de les découvrir différemment, sous un autre angle. C’est toujours le fun je trouve de découvrir les playlists des musiciens, ils ont souvent très bon goût haha! Santa Teresa, c’est un petit festival de BONNE MUSIQUE, point.
PAN M 360 : À quelques jours de l’évènement, êtes-vous déjà en train de penser à la prochaine édition?

Joakim Morin : En fait oui haha! Puisqu’il y a des choses qui se passent cette année que j’aurais aimé qui se passent l’année dernière haha alors ça va aller dans la programmation de 2027! Quand quelque chose ne fonctionne pas ou que le timing n’est pas là, on se dit toujours avec les agents qu’on essaie pour l’année suivante. C’est pas toujours tout ce qu’on veut programmer qu’on peut programmer alors on navigue entre possibilités, solutions et budget. Une chose est sûre, si tout va comme je l’espère, le calendrier de l’année prochaine sera hallucinant!
PAN M 360 : Le mot de la fin ?
Joakim Morin :
Encouragez les plus petits festivals! Si vous avez un festival que vous aimez et auquel vous allez chaque année, prenez une chance et découvrez-en un autre haha! Sortez de la métropole : il y a plein de belles surprises qui vous attendent!



Après la propulsion régionale d’Angine de Poitrine au Saguenay suivie de la conquête planétaire (carrément), l’inclination du Festival des musiques de création (FMC) pour la musique microtonale se poursuit avec l’accueil du virtuose américain David Fiuczynski, à la barre des mythiques Screaming Headless Torsos, furieux mélange de funk, punk, métal, jazz, reggae. Le guitariste à double manche (comme AdP, tiens tiens…) y présente également son projet Kif, dont l’inspiration microtonale remonte aux années 90. Autrefois basé à New York, le guitariste virtuose est devenu professeur au Berklee College of Music, d’où il poursuit sa création qu’il présente aux publics du monde lorsque le temps le lui permet. Que les mélomanes qui convergent à Saguenay s’en réjouissent, les deux propositions du guitariste seront exécutées les 15 et 16 mai prochains au FMC. PAN M 360 l’a joint à Boston, en amont de sa venue au QC.

David Fiuczynski : Votre visage me semble familier…

PAN M 360 : Possible, nous avons discuté quelques fois ensemble dans les années 90, je me souviens vous avoir croisé en personne à New York il y a une trentaine d’années. Nous avons eu plus d’un chat au sujet de Screaming Headless Torsos. Personnellement, je vous ai vu jouer plusieurs fois, notamment avec Me’Shell Ndegeocello et Hiromi Uehara. Votre présence médiatique a décliné depuis plusieurs années. Pourquoi?

David Fuiczynski : Je suis maintenant basé à Boston. Dans les années 2000, j’étais arrivé à un point où je ne faisais pas assez d’argent à New York avec ma propre musique. Et je ne me sentais pas à l’aise avec les compromis à faire pour bien vivre de la musique, et l’idée de courir après chaque petit contrat d’embauche me déplaisait. J’ai eu l’occasion d’enseigner et d’apprendre dans un contexte académique, j’ai fait ce choix.

PAN M 360 : Il est effectivement plus constructif pour certains d’enseigner et de faire sa propre musique sans compromis.

David Fiuczynski : Je me souviens encore d’un de mes professeurs, il y a longtemps, qui me disait « tu sais il y a un continuum avec cette activité d’enseignement ». Je sais que des musiciens aiment juste jouer, qu’il s’agisse d’un band de mariage ou d’un projet avant-garde. Ils aiment juste être derrière leur instrument, et je respecte ça. Bien sûr. Il y a certaines personnes qui, comme moi, qui ont des responsabilités financières et familiales – maison, ex-épouse, enfant à l’université, etc. Je n’ai donc plus le temps ni l’argent pour ce mode de vie. À la limite, je préfère être libre dans ma musique, même si ça m’oblige à servir des hamburgers. Je ne suis pas le seul à vouloir présenter mon art exclusivement. J’enseigne donc le jour à Berklee, le soir je bricole des musiques microtonales, j’ai joué aussi avec Hiromi, Nikki Glaspie, MonoNeon, Louis Cato, Hasidic New Wave, Paradox Trio, Micro Jazz avec le saxophoniste Philipp Gerschlauer et le regretté batteur Jack DeJohnette, etc.

PAN M 360 : Et vous vous penchez sur la microtonalité par les temps qui courent ?

David Fiuczynski :  Oui, j’écoute, j’étudie et j’apprends ces vieilles mélodies. Je les vérifie, je les apprends. Ces tracés mélodiques me semblent nouveaux et frais à mes oreilles. Ce qui m’intéresse vraiment dans la micro-tonalité, c’est le Moyen-Orient, l’Asie de l’Ouest (musiques perses et turques), l’Asie du Sud, bref les musiques développées tout le long de la Route de la soie. Cet intérêt remonte à mes débuts à Berklee en 2002. Je suis alors passé du jazz à la musique mondiale, j’ai accueilli différents artistes usant de la microtonalité. J’ai aussi appris du  guitariste et compositeur indien Prasanna, qui fait dans la fusion entre jazz et musique classique indienne. J’ai aussi été en contact avec les joueurs de sarod Amaan et Ayaan Ali Bangash Khan. À 42 ans, je suis retourné étudier au  New England Conservatory où j’ai étudié le sitar et le sarod, j’ai aussi suivi les enseignements en microtonalité de Joe Maneri.

PAN M 360 : Vous donnez 2 concerts différents au FMC. D’abord, Kif, le 15 mai.

David Fiuczynski : L’idée remonte à un voyage au début des années 90, j’ai eu de la chance d’enregistrer à Marrakech, au Maroc, pendant environ 7-8 jours,  j’avais ensuite enregistré à la Fédération mondiale de Séville, en Espagne. Ce fut une expérience absolument étonnante.J’étais tout nouveau sur la scène jazz, personne ne me connaissait. Nous étions des musiciens de New York, Los Angeles et Paris, plusieurs groupes, de 3 à 20 artistes pendant ces séances, et parfois plusieurs musiciens marocains.Un d’entre eux est venu me voir et m’a dit « Sais-tu que Jimi Hendrix est venu au Maroc ? » Et j’ai répondu « Non, je ne le savais pas. » Et il m’a dit « Oui, il était là. Et puis il est parti. » Puis un autre est venu me dire la même chose, et ainsi de suite. J’ai alors réalisé que ce fut important pour eux, et je me suis posé la question : « Qu’est-ce que Jimi Hendrix aurait fait s’il avait poursuivi l’expérience marocaine ? » On savait qu’il voulait apprendre plein de choses au-delà de ce qu’il avait accompli.

PAN M 360 : On sait effectivement qu’il s’orientait vers des musiques différentes du rock et du blues. Gil Evans et Miles Davis s’intéressaient à son cas, sans compter les musiciens du Maroc dont vous faites mention, et plusieurs autres.

David Fiuczynski : Exact. Et c’est pourquoi j’ai développé cet intérêt pour les échelles microtonales, dont celles du Maroc. Alors je travaille cette fois avec des musiciens motivés par cette recherche, dont la magnifique claviériste microtonale Hidemi Akaiwa, auquel s’ajoutent le bassiste Wes Wirth et le batteur Cristian Acevedo. Nous évoluons avec un clavier conçu pour les quarts de ton et ma guitare fretless me permet de varier les intervalles.

PAN M 360 : Difficile ou impossible d’harmoniser avec les échelles microtonales, n’est-ce pas? Au mieux, on a des accords à deux notes, soit le basso continuo et la phrase mélodique…

David Fiuczynski :  L’idée est d’avoir deux claviers. L’un est en demi-tons et l’autre quarts de ton, et donc 24 notes par octave. C’est là qu’on se démarque des joueurs occidentaux. Pour l’harmonie microtonale, je crois qu’il est possible de la développer mais il y a du travail à faire!

PAN M 360 : Effectivement, c’est possible. Nous avons à Montréal une jeune compositrice, Geneviève Ackerman, qui travaille fort là-dessus. Elle fait beaucoup d’études sur la possibilité de moduler avec des échelles microtonales. Pour l’instant, il y a des pratiques comme la vôtre, dans l’alternance des claviers chromatiques en demi-tons et claviers en quarts de ton dans une même œuvre. On comprendra qu’il  y a encore beaucoup à faire.

David Fiuczynski : Les maqams arabes ou turcs, les ragas indiens ou le dastgah persan m’intéressent. 

PAN M 360 : Sur tout le continent asiatique et en Afrique du Nord, c’est le concept des ragas, maqam et dastgah : des rythmes complexes, des mélodies complexes soutenues par des bourdons (drones), et pas de progressions ou modulations harmoniques. Les échelles mélodiques sont toutes modales, avec des intervalles mélodiques inégaux, les accords se fondent sur 2 notes si on inclut le drone ou la superposition occasionnelle de deux trajectoires mélodiques distinctes.

David Fiuczynski : Je ne fais pas de maqams en tant que tels. J’adapte mes mélodies dans les modes microtonaux et je fais des expériences. Je m’intéresse aussi à ce que pourrait être l’harmonie microtonale.  Je m’intéresse aussi au travail de Stephen Weigel, pianiste et compositeur américain qui s’intéresse aussi à la modulation microtonale et qui a d’ailleurs produit sur le web une analyse du groupe québécois Angine de Poitrine.

PAN M 360 : Le lendemain, ce sera The Screaming Headless Torsos, votre groupe fétiche, qu’on connaît depuis les années 90. Vous redémarrez votre engin avec la chanteuse (et professeure au Berklee College of Music) Debo Ray, la claviériste Hidemi Akaiwa, le bassiste Wes Wirth, le batteur Cristian Acevedo et le percussionniste malien Joh Camara. Un personnel totalement différent des anciennes configurations.

David Fiuczynski :  J’ai fondé ce groupe en pensant à Charles Mingus, dans le sens où il disait jouer avec les joueurs auxquels il avait accès.  Ayant grandi partiellement en Allemagne, j’étais alors intéressé par l’énergie de la chanteuse punk opératique Nina Hagen. J’ai aussi aimé le métal afro-descendant des Bad Brainss, qui étaient tous des rastas. J’ai voulu présenter un groupe de reggae, de punk rock et de jazz avec chant d’opéra.

PAN M 360 : Où en êtes-vous, près de 4 décennies plus tard?

David Fiuczynski : Il y quelques particularités microtonales, j’en ai exploré quelques-unes avec Debo Ray, d’Afrique de l’Ouest ou d’Haïti. On jouera quelques vieilles chansons de Screaming Headless Torsos, et on fera état  de nouvelles couleurs mondiales. Il y aura donc de nouvelles idées et de vieilles références, de Charlie Parker à Charles Mingus. Je peux dire être encore inspiré par tout ça.

PAN M 360 : Et vous jouez toujours avec votre guitare à deux manches?

David Fiuczynski : Absolument, elle est présentement à mes côtés! 

Étape importante pour la carrière d’ Angine de Poitrine, qui y fut déjà porte-parole sans y formuler un seul mot, le Festival des musiques de création (FMC) de Saguenay bat son plein à partir du jeudi 7 mai, et ce jusqu’au samedi 16 mai. Y défileront plusieurs artistes locaux, nationaux et internationaux, notamment Armitha Kidambi, David Fiuczynski, l’Ensemble Éclat, Ça me rappelle toi, George & John Hollenbeck, Tempête solaire, Philippe Brochu-Pelletier et plus encore. Depuis 1989, ce festival est devenu une authentique institution régionale, sa direction artistique n’a cesse de labourer le champ gauche de multiples styles et expressions musicales, générations, communautés, aventuriers de la zique, mélomanes. Dès jeudi, on se pointe à Saguenay, de Jonquière à Chicoutimi-Nord. Et c’est pourquoi PAN M 360 vous suggère cette interview avec Guillaume Thibert, directeur général et co-directeur artistique du FMC instrinsèquement lié au Centre d’expérimentation musicale (CEM).

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW!

Ce contenu est réalisé en partenariat avec La Vitrine

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Nous sommes peut-être plus familiers avec l’appellation gnawa, mais en Algérie, on parle plutôt de diwane, qui est d’ailleurs le nom du prochain album d’Abdel Grooz. Issu d’une famille de musiciens, il a baigné dans la musique dès son plus jeune âge, a eu le temps de toucher à plusieurs instruments avant de s’arrêter à la basse, son instrument de prédilection. Et aujourd’hui, c’est riche de toutes ces expériences et des années passées à faire de la musique avec son père et son oncle, qu’il poursuit une carrière sur trois continents: l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Afrique. Abdel Grooz va clôturer la série Mozaïk le jeudi 28 mai au Ministère et il sera entouré pour l’occasion par les meilleurs musiciens en ville, notamment le batteur Donald Auguste Dogbo ou encore le trompettiste Rémi Cormier, ainsi que d’autres grosses pointures. Notre journaliste Sandra Gasana a pu échanger avec Abdel Grooz, en direct de son studio à Montréal pour PANM360.







L’ouverture du Festival des musiques de création (FMC), qui se tient à Saguenay du 7 au 16 mai, est confiée à son créateur en résidence ! Cette année, le saxophoniste, multi-instrumentiste, compositeur et improvisateur Philippe Brochu-Pelletier présentera le fruit d’une résidence d’un mois au Centre d’exprimentation musicale (CEM) qui produit le FMC. Jazz contemporain, culture rock et musiques texturales générées par des pédales d’effet sont les référents de l’artiste originaire de Victoriaville, aujourd’hui établi à Montréal et ayant collaboré avec notamment Julien Sagot (Karkwa, The Brooks et le big band Anomalie. Ce jeudi, Philippe Brochu-Pelletier se produira surtout au sax ténor avec pédales d’effets, et sera accompagné par des musiciens du Saguenay-Lac-Saint-Jean rompus au jazz -rock-électro – Pascal Beaulieu (guitare), Guillaume Sliger (batterie), Hugo Tremblay (basse) et Émile Boucher-Cloutier (percussions). Joint à Saguenay à quelques jours de ce programme inédit, Philippe répond aux questions de PAN M 360.

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En 1985, le jeune maestro Bernard Labadie avait dirigé les Violons du Roy et son ensemble vocal (devenu ensuite La Chapelle de Québec) dans un programme très ambitieux, incluant le célébrissime Dixit Dominus de Georg Friedrich Handel, compositeur allemand alors installé en Italie avant de migrer vers l’Angleterre où il passa le plus clair de sa carrière et fut naturalisé citoyen anglais. Bernard Labadie nous explique ici la grandeur de l’œuvre et en rappelle la marque sur sa propre carrière à la barre des Violons du Roy et de la Chapelle de Québec. Tout ça puisque les deux ensembles se produisent ce dimanche 3 mai à la Maison symphonique, 16h.

INFOS ET BILLETS ICI

PAN M 360 : Dixit Dominus de Handel  fut composée à Rome. Handel n’avait alors que 22 ans, c’est vraiment une œuvre  de jeunesse. Or, d’après ce qu’on en dit dans le programme des Violons du Roy, cette œuvre est très virtuose même si le compositeur était au tout début de son expression créative.

Bernard Labadie : Dixit Dominus de Handel,  c’est une espèce de cataclysme musical. J’ai peine à imaginer comment cette musique a été reçue à Rome parce que Handel était en visite en Italie , il y a passé plusieurs années au début de sa carrière. Comment cette musique a-t-elle été reçue par le public de l’époque, par les interprètes de l’époque? La question se pose parce que Handel est plus exigeant pour eux que personne ne l’a été auparavant dans une forme de musique collective.

Il a écrit cette œuvre pour un chœur à cinq voix. Il y a deux sections différentes de soprano. Donc c’est une œuvre très touffue, où il apporte d’abord toute son expérience du contrepoint en tant que compositeur de l’école du nord de l’Allemagne. Il a appris tout ce qui concerne l’écriture des canons, des fugues, enfin de musiques à plusieurs voix individuelles. Il a cette maîtrise à un niveau que ses contemporains italiens n’ont pas. Personne n’est aussi habile que lui, âgé de 22 ans, dans ce type d’écriture, mais il intègre ce langage dans le monde de l’opéra italien dans lequel il évolue là où il est allé apprendre.  Mais au moment où il apprend, il est déjà meilleur que presque tous les autres.

Donc, c’est une œuvre qui à la fois puise en ses racines anciennes, mais qui est incroyablement moderne pour l’époque. Et qui, il faut le dire pour le chœur, est d’une difficulté assez stupéfiante. Il n’y a que les grandes œuvres chorales de Bach comme le Magnificat ou la Messe en si mineur, je disais,  qui demandent des niveaux de virtuosité comparables dans la musique chorale du XVIIIe siècle. Et c’est une œuvre qui a beaucoup d’importance dans l’histoire des Violons du Roy et dans la mienne personnellement, car ça faisait partie du premier programme jamais présenté par les Violons du Roy et la Chapelle de Québec  (qui se nommait alors très modestement l’Ensemble vocal Bernard Labadie – rires), c’était le tout premier programme où les deux ensembles se sont présentés  sur une même scène en 1985 et se consacraient aux deux grands géants de l’époque baroque tardive que sont Handel et Bach   (300e anniversaire de leur naissance en 1985). C’était un programme immense qui démontrait à quel point nous étions ambitieux et inconscients; en première partie, on faisait le plus grand concerto de Bach pour clavecin et orchestre en ré mineur et la cantate no 4, puis en deuxième partie on faisait le plus long Concerto grosso de Handel, op. 11 et on terminait par le Dixit Dominus. Disons que c’était une façon de marquer notre territoire qui était assez assez osée, j’ai quand même d’excellents souvenirs de cette première.

PAN M 360 :  C’était  la belle arrogance de la jeunesse!

Bernard Labadie : Oui c’est la bonne expression. Et j’ai reprogrammé cette musique en 1997. On ne l’a pas retouchée depuis. Il faut vraiment avoir sous la main un niveau exceptionnel. Je croise les doigts pour que tout le monde soit en santé, pour l’instant tout s’annonce bien pour cette œuvre dont le chœur final est un feu d’artifice. C’est une œuvre qui marque les esprits et qui est un immense défi pour les interprètes. Ce programme est un peu écho de 1985, car la première œuvre est de Jean-Sébastien Bach, précédé d’un court motet de Johann Kuhnau, prédécesseur de Bach à Leipzig. Bach connaissait cette œuvre qu’il avait arrangée pour orchestre. En 2e partie, on fait un Concerto Grosso de Handel suivi du Dixit Dominus. C’est donc un programme très généreux, très nourrissant, qui est un immense défi pour nos interprètes. Nous sommes tous heureux de s’y lancer tête baissée.

Chefs et solistes

Bernard Labadie

Chef

La Chapelle de Québec

Chœur de chambre

Programme

J. KUHNAU

Motet Tristis est anima mea

J.S. BACH

Motet Jesu, meine Freude, BWV 227

G.F. HANDEL

• Concerto grosso en ré mineur, op. 6 n° 10, HWV 328
• Dixit Dominus, HWV 232

Programme PDF

Autres représentations du concert

30 avril 202619:30Québec

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3 mai 202616:00

Le départ de Jonathan Cohen au pupitre principal des Violons du Roy a eu pour effet de ramener son fondateur, le maestro Bernard Labadie.  Pour une période indéterminé , il assure de nouveau la direction artistique du plus célèbre orchestre de Québec sur la scène internationale, et fait honneur à son ADN en proposant une partie congrue de musique baroque pour la saison 2026-2027, assortie de programmes consacrés à des musiques plus  récentes, du 19e siècle à nos jours, de Jean-Philippe Rameau à Philip Glass. PAN M 360 a eu une longue conversation avec ce musicien émérite qui commente fièrement sa programmation toute fraîche.

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PAN M 360 : M. Labadie, très heureux de vous parler de nouveau au nom de PAN M 360. Nous allons aborder d’abord la saison 2026-2027, parce qu’il y a beaucoup de matière !  Vous avez présenté cette programmation le 26 mars dernier officiellement à Québec, mais il n’y a pas eu beaucoup d’écho à Montréal. Jamais trop tard pour bien faire!

Bernard Labadie : Ça me fait grand plaisir de le faire avec vous!

PAN M 360 : Comment qualifiez-vous cette transition depuis votre retour à la barre des Violons du Roy ? On en avait parlé très brièvement il y a quelques mois.

Bernard Labadie :  Pour une certaine continuité, le répertoire fondamental n’a pas changé.

Je vous dirais que ce qu’on peut sans doute remarquer au premier regard, c’est qu’il y a peut-être un petit peu plus de musique baroque qu’il y en avait au cours des dernières années. C’est-à-dire qu’on revient un peu plus centré sur ce qui était la vocation originelle de l’ensemble, soit servir la musique du 18e siècle, en particulier le répertoire baroque. Cela veut dire aussi  qu’il y a encore un programme consacré à la musique du 20e siècle, et il y a aussi encore de la musique romantique au programme. Ça reste donc varié.

Pour utiliser les termes universitaires, je dirais qu’on a une majeure en musique du 18e siècle, puis une mineure dans les autres périodes. Un programme très cohérent, donc. Je dirais juste que l’image est peut-être un petit peu plus concentrée, avec un meilleur focus sur l’identité profonde du groupe.

Il  faut aussi considérer qu’on met en valeur plus que jamais nos musiciens au sens large, ça veut dire à la fois nos choristes et nos instrumentistes. On a beaucoup de solistes de l’orchestre qui  sortent parfois de nos rangs pour jouer ailleurs des œuvres concertantes. On a deux programmes avec chœur, par exemple, où la plus grande majorité des solos sont chantés par des membres de la Chapelle de Québec. Donc on s’appuie vraiment sur la fondation même de ce que nous sommes pour offrir au public un panorama musical qui, je pense, nous ressemble. Et je pense que nous formons le seul groupe capable d’offrir un panorama avec cette spécialité, si je peux dire.

PAN M 360 : Au fil du temps, cet orchestre devenu un orchestre polyvalent et il le demeure!

Bernard Labadie : C’est à la fois difficile et stimulant. Pour nos musiciens, pouvoir faire autre chose pendant la saison est quelque chose d’important. Il faut rappeler que les violons, même s’ils sont connus essentiellement pour le répertoire du XVIIIe siècle, les violons utilisent des instruments modernes, donc ils ont entre les mains tout ce qu’il faut pour jouer des répertoires plus tardifs. Nos musiciens ont développé au fil des ans cette polyvalence d’être capables, même parfois à l’intérieur d’un même concert, de passer d’un univers sonore plus ancien à un univers sonore plus récent, ou même carrément moderne.

Je rappelle aussi que nos musiciens ont chacun trois archets. Ils ont d’abord archet baroque qu’on utilise pour jouer la musique jusqu’à peu près 1750,  un archet convexe. Ils ont aussi ce qu’on appelle un archet traditionnel ou classique, utilisé au temps de Mozart et de Haydn, pour ce qu’on appelle la première école viennoise, grosso modo la deuxième moitié du XVIIIe siècle et un petit bout du XIXe. C’est un marché qui commence à ressembler à l’archet moderne, où la baguette est devenue concave ou parfaitement droite,  un archet plus puissant que l’archet baroque, mais qui conserve des capacités de légèreté que l’archet moderne n’a pas.  Enfin, ils ont tous un archet moderne, plus gros, qui permet de jouer avec une très grande égalité, et avec plus de puissance pour les salles modernes. Alors tous nos musiciens ont ces possibilités dans leur coffre d’instrument. Alors c’est une richesse extraordinaire que nous avons, de pouvoir donc, tout le temps en attirant vers nous un public clairement intéressé par le répertoire du XIIIe, de les amener ailleurs, de garder leurs horizons ouverts, et leur esprit ouvert. Alors ça fait du bien à tout le monde, voilà.

PAN M 360 : Maintenant, on pourrait passer en revue le programme de la saison 2026-2027. D’abord le programme d’ouverture, Iestyn Davies chante Handel.

Bernard Labadie : Iestin Davis est un des plus grands contre-ténors actuels, parmi ceux qui ont les plus grandes carrières. Il a joué les grands rôles d’opéra baroque, dans la plupart des grandes maisons européennes d’opéra, sans compter le Metropolitan Opera, qui n’est pas réputé pour embaucher des contre-ténors. Il est dans une classe à part. Il a déjà chanté avec nous,  soit dans le Messie de Handel ou dans l’oratorio Théodora de Handel. Mais c’est la première fois qu’on le reçoit et qu’on lui permet d’offrir toute la palette de son art. Le programme que nous faisons est entièrement consacré aux héros de Handel, que ce soit des héros d’opéra ou d’oratorio. C’est un programme qu’il a construit entièrement, je n’ai eu aucun travail à faire, ce qui est très rare. Le programme a atterri dans mon ordinateur,  tout était là, tout était parfaitement calculé. Je crois que ce sera une soirée remarquable, on a rarement l’occasion d’entendre de l’opéra baroque à ce niveau. Ce sera un grand moment de la saison.

PAN M 360 : Un de vos coups de coeur est le programme présenté fin novembre : Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau.

Bernard Labadie : Nous allons nous consacrer à toute la musique orchestrale de l’opéra Les Indes galantes. C’est aussi  de la musique qu’on n’entend jamais en concert. Au Québec, Arion Orchestre Baroque fait de cette musique à l’occasion. C’est à peu près l’une des seules occasions où l’on entend de la musique orchestrale de Rameau. Rameau est un compositeur frustrant pour moi,  il est un de mes compositeurs préférés du XVIIIe siècle.  C’est un compositeur qu’on va considérer aussi important que Bach, Handel ou Vivaldi. C’est un immense génie, très original, qui a écrit une musique qui ne ressemble qu’à la sienne. Ma frustration vient du fait que sa grande spécialité, c’est la musique vocale. Il a composé des nombreux opéras qui sont des chefs-d’œuvres. Or, pour interpréter cette musique vocale, il faut avoir des instruments au bon diapason, soit le diapason français qu’on utilisait à l’époque, sensiblement plus bas que le diapason actuel, et même plus bas que le diapason baroque qui est utilisé par la plupart des enregistreurs. Notre collègue et violon solo Pascale Giguère, vient tout juste de rentrer d’une tournée en France où il a fait un opéra de Rameau et l’orchestre a été accordé à 400 hertz. Le diapason baroque est 415 et le diapason moderne est 440.

Alors quand on demande à des chanteurs d’interpréter Rameau au diapason moderne, c’est très haut. C’est très, très difficile de soutenir cette musique pendant ces longs opéras. Ça sonne plus tendu, ça sonne avec une couleur et une texture qui ne sont pas celles prévues par Rameau. Pour cette raison-là, on a joué très peu de Rameau aux Violons du Roy, mais sa musique orchestrale peut parfaitement être jouée sur des instruments modernes si on maîtrise toutes les difficultés de la musique baroque française, un monde à part.  Nous sommes capables de le faire,  et c’est pourquoi on consacre un programme entièrement consacré à la musique orchestrale provenant d’un seul opéra de Rameau, environ une heure et quart de musique orchestrale. C’est de la musique absolument géniale! Alors, en une soirée, on va jouer toute la musique des Indes Galantes, qui est l’un de ces opéras les plus connus, puis les plus emblématiques de sa production. Beaucoup d’exotisme, beaucoup de recherche de couleurs instrumentales. Alors, on pense que notre public va être gâté.

PAN M 360 : Pour Noël, votre programme s’intitule À la Messe de minuit, un autre de vos programmes préférés de la prochaine saison. 

Bernard Labadie :  Nous offrirons pour Noël un programme consacré à la musique de Charpentier, dont l’œuvre  principale sera sa célèbre Messe de Minuit, qui a été chantée par nombre de chorales partout dans le monde, au-delà du monde francophone. C’est vraiment un classique de la musique de Noël, qui a comme caractéristique d’utiliser plusieurs cantiques populaires, dont certains sont connus, mais sont encore chantés dans nos églises. C’est quelque chose de très original et très agréable, qui sera précédé par un magnifique oratorio de Noël en latin, toujours de Charpentier pour la naissance de Jésus, vraiment ne œuvre de grande maturité. Et puis on va pimenter ça avec des Noëls instrumentaux de Michel Corrette, un compositeur de la période baroque tardive comme Rameau.  Une musique plus simple que celle de Rameau, mais extrêmement efficace.

Alors, ça fait deux gros programmes de musique baroque française dans notre saison, et ça ce n’est jamais produit dans l’histoire des Violons du Roy.

PAN M 360 : Parmi les moments importants de la prochaine saison, vous avez sélectionné le programme consacré à Philip Glass.

Bernard Labadie : Le grand compositeur minimaliste américain aura 90 ans la saison prochaine. La Salle Bourgie à Montréal lui consacre un événement particulier la saison prochaine et nous a demandé de participer à cette célébration en janvier, sous la direction de Thomas-Leduc Moreau,  jeune chef montréalais très doué avec qui l’orchestre collabore régulièrement, ainsi que la pianiste Elisabeth Pion dans le concerto n°3 pour piano et orchestre. Il y aura aussi de la musique d’Arvo Pärt , dont l’œuvre au programme est littéralement un hommage à Mozart.

PAN M 360 : Un autre de vos coups de coeur, l’opéra Didon et Énée de Henry Purcell.

Bernard Labadie :  C’est quelque chose que j’attends depuis longtemps, c’est l’occasion de refaire cette œuvre  qui est très importante dans ma vie,  c’est l’ œuvre qui m’a convaincu de devenir chef d’orchestre, c’est la première oeuvre que j’ai dirigée en février 1983, avec un groupe d’étudiants de l’Université Laval. J’avais 19 ans à l’époque, et mes collègues avaient à peu près tous le même âge.  Nous avions joué la version concert de Didon et Énée, qui est restée très importante dans mon cœur. Je l’avais refait durant  la deuxième saison des Violons du Roy. Et je ne l’ai pas dirigée depuis 1987. Je devais la diriger en 2015, mais j’étais malheureusement hospitalisé, à la suite du cancer qui m’avait frappé en 2014. C’est Richard Egarr, le grand chef baroque, qui m’avait alors remplacé. Je n’ai donc  pas dirigé Didon et Énée depuis 1987, alors que c’est une œuvre que je connais par cœur, une œuvre fondatrice pour ma carrière et aussi pour les Violons du Roy. J’y retournerai enfin, fin avril début mai 2027.  Le rôle de Didon est un des premiers grands rôles de l’opéra baroque et on aura avec nous la  mezzo canadienne Ema Nikolovska, jeune chanteuse dont la carrière est en pleine ascension. Et c’est un rôle fait sur mesure pour elle. Et ça va être vraiment une soirée extraordinaire.  Le rôle d’Énée, moins important, sera tenu par le baryton canadien Tyler Duncan. Il y a plusieurs petits rôles dans cet opéra, tous tenus par des membres de la chapelle de Québec.

PAN M 360 : En juin, un autre de vos choix principaux : Bach en fête!

Bernard Labadie : On terminera la saison avec ce bonbon qui va me rendre très heureux et qui rendra aussi notre public très heureux. Vous aurez remarqué que dans tous les coups de cœur de la prochaine saison dont je viens de vous parler, il n’y a pas de Jean-Sébastien Bach, ce qui est complètement inhabituel au Violons du Roy. Or, on conclut avec un programme qui est en fait une collection de concertos avec des instrumentations très variées : le Triple concerto en la mineur, BWV 1044 qui réunit flûte, violon et clavecin;  le magnifique concerto pour hautbois d’amour en la majeur avec la participation de l’extraordinaire hautboïste anglaise Sasha Calin; le Concerto brandebourgeois n° 3 en sol majeur, le Concerto pour trois violons en ré majeur, BWV 1064 (Pascale Giguère, Katya Poplyansky, Noëlla Bouchard), une reconstruction du concerto pour 3 clavecins.

PAN M 360 : Autres musts?  

Bernard Labadie :  Il faut que je mentionne la présence de chefs invités. D’abord Maurice Steger, que notre public connaît très bien comme flûtiste, probablement le plus grand virtuose vivant de la flûte à bec. Or, Maurice s’adonne de plus en plus à la direction d’orchestre. Il avait  fait un programme avec les Violons du Roy il y a quelques années, il m’avait beaucoup impressionné dans son rôle de chef. Alors, on le ramène avec nous en octobre, et il ne sera que chef, dans un programme consacré à la musique baroque tardive et musique du milieu du XVIIIe siècle.

Et ensuite, en mars 2027 pour une première fois,on aura la présence du chef anglais Paul Agnew, qui s’est fait connaître d’abord comme ténor. Il a une immense discographie, a enregistré énormément de musique française et des cantates de Bach notamment. Mais, il est maintenant devenu chef d’orchestre, il travaille étroitement avec l’ensemble les Arts Florissants en France et il viendra chez nous pour donner un concert entièrement consacré à de la musique de l’époque classique Mozart, Haydn, Boccherini et Salieri.

Je souligne aussi un programme consacré à la musique française en avril 2027, un de ces programmes qui sortent des horizons habituels de l’orchestre, soit un programme consacré à la deuxième moitié du XIXe siècle et même du début du XXe siècle avec des œuvres de Tournier, Saint-Saëns, Massenet, Fauré, Debussy, Poulenc. L’artiste invitée sera Hélène Guillemette, remarquable soprano que notre public connaît bien et l’orchestre sera sous la direction du chef anglo-américain Johann Stuckenbruck.

Je ne peux mentionner tous les programmes mais je ne dois pas oublier le grand mandoliniste Avi Avital que notre public a eu l’occasion de découvrir il y a quelques années qui est vraiment la superstar de la mandoline en ce moment. Il fait un retour chez nous en en février 2027, pour un programme entièrement consacré à la musique baroque avec évidemment beaucoup de musique pour mandoline et orchestre. Il dirigera l’orchestre lui-même et donc, il sera de retour pour des concerts à Québec et à Montréal. Alors, voilà, ça fait un autre horizon de notre saison.Il reste une chose à mentionner qui est quand même très importante pour nous parce que c’est une série à laquelle on consacre beaucoup d’efforts et de ressources. Pour le public de Québec, nous avons la Série Apéro où nos musiciens donnent des concerts en musique de chambre au Palais Montcalm, mais pas dans la grande salle, mais plutôt dans la petite salle D’Youville. C’est une formule où il y a à peu près 150 sièges, les gens peuvent y venir prendre un verre et des bouchées à l’heure de l’apéro, tout en écoutant nos musiciens qui ont préparé une programmation de musique de chambre très intéressante, puisée dans notre répertoire. Le premier programme est consacré à la musique baroque, le deuxième à la musique classique, le troisième à la période  romantique début du XXe siècle qui ont fini la saison avec un concert consacré à l’univers du tango. Alors, ces concerts sont très populaires à Québec. Le public est près des musiciens , c’est une façon de découvrir Les Violons du Roy sous un autre jour. C’est une occasion exceptionnelle pour les musiciens de se mettre en valeur.

Avec l’arrivée du beau temps printanier, il était tout à fait à propos de rencontrer Alex Paquette, un artiste qui aime faire danser les foules sur des rythmes enjoués, inspirés du soleil. Pour les citadins du grand Montréal, vous pouvez vous procurez des billets pour le lancement de Et J’ai pris la route, son 3e album, prévu ce samedi 2 mai au Petit Campus.

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PAN M 360: Outre ton plus récent projet, tu es également l’un des chanteurs de  Francbâtards. J’aimerais comprendre dans ton processus d’écriture, comment  sépares-tu ce qui est un matériel Francbâtardesque versus ton projet solo. Parce que musicalement, il y a quand même une similitude dans les styles.

Alex Paquette : En fait, il y a une similitude seulement dans le ska, un petit peu dans le reggae que moi j’amène chez Francbâtards, on va dire. C’est environ 30% de Francbâtards; moi dans Francbâtards, j’amène des tons de reggae-ska. Les autres amènent tous les autres styles que je maîtrise moins. Pour l’écriture avec Francbâtards, c’est particulier parce que souvent on y va par thème. Ça veut dire que moi et l’autre chanteur, on peut se dire qu’on va écouter des documentaires sur la souveraineté alimentaire, sur Monsanto par exemple, on va écouter tout ce qui se dit là-dessus, on va écouter des balados, on va en discuter et on écrira ensemble. Ou si c’est arrivé par des moments qu’on arrive sur un thème, un ou l’autre, « Ah, as-tu envie d’écrire là-dessus? »

Mais on a peut-être une toune qui parle d’amour, des choses comme ça, puisqu’on est deux chanteurs qui parlent un peu chacun notre tour, Il y a des thèmes qui sont plus durs à aborder, je trouve, en collectif. Puis, pour mon projet solo, justement, ça me permet de parler de choses qui ne cadrent pas avec Francbâtards. C’est sûr qu’il y a des thèmes communs, c’est assez politisé, beaucoup par rapport à l’écologie, contre les inégalités, tout ça.

Avoir mon projet solo fait en sorte  que la grande majorité de la musique c’est principalement moi et ce sont mes textes. Mon projet solo c’est vraiment un peu comme si j’écrivais de la poésie. C’est vraiment ça la grosse différence, j’écris surtout en tournée, en voyage, pour le fun quand je n’arrive pas à dormir la nuit. Quand vient le temps de créer des chansons, c’est peut-être 10% de mes textes qui vont s’y retrouver. Pour certains textes, je pense que ça pourrait fonctionner avec Francbâtards, mais honnêtement ça n’arrive pratiquement jamais.  

PAN M 360:  Ok, ok, ok. Intéressant. Dans le même veine, on sent qu’il y a tout de même une fracture/évolution entre Reggae de Verdun, ton album précédent, et  Et J’ai pris La Route  d’Alex Paquette et les Insulaires. Le côté mélancolique semble avoir disparu pour faire place à une introspection face au chemin parcouru. Est-ce que ça part des musiciens, les Insulaires, ou c’est plus l’écriture qui a évolué en ce sens?

Alex Paquette: Oui. Bien tu as bien saisi. Reggae de Verdun, je l’ai écrit durant la pandémie. Je ne sais pas si ça se sent, j’étais souvent  tout seul. J’ai vraiment tout composé, juste avec voix et guitare, sans penser au band qui pourrait se joindre. C’est seulement après que des beatmakers ont rajouté des sons, puis des musiciens ont travaillé sur la finition. C’était vraiment une étape durant laquelle, je prenais des marches le soir, c’était la pandémie, j’étais dans mon quartier.  

Tandis que le nouvel album, je l’ai un peu créé comme si c’était mon dernier. J’arrive près de la quarantaine, je vais bientôt avoir fait 500 shows, 10 tournées internationales, j’ai un peu de fatigue et je me suis dit « Ok là je fais de quoi dont je vais être à 100% satisfait. J’ai enlevé de ma pensée « Ah un prochain album, je ferais ça comme ça », j’étais beaucoup plus “ Je veux que ça sonne exactement comme je veux que ça sonne”. Ça fait 15 ans que je tourne, ça fait 2-3 ans que je ne suis pas chez moi la majeure partie du temps, parce que je suis en tournée. Il me fallait revenir sur ce que je pensais de tout ça, puis le mettre en musique.

Avec Reggae de Verdun, j’avais plus des idées de « Ah, si je fais telle affaire, ça marche mieux (commercialement) ». Pour celui-là, je suis vraiment allé avec des choses que moi j’aime, même si certains styles, disons le ska français, c’est vraiment pas tant populaire, mais je le fais plus pour moi. 

PAN M 360: Ton album, tu le lances cette fois avec Les Insulaires, qu’est-ce qui importe pour toi quand tu lances un tel projet ? Avoir cet esprit d’équipe, de communauté?

Alex Paquette: Justement, dans Reggae de Verdun, peut-être que ça m’avait manqué un peu. Je l’avais vraiment fait tout seul, et les collaborateurs avaient pas mal travaillé de chez eux. Alors que pour celui-là en fait, je voulais une sonorité des îles, une sonorité tropicale, donc je suis arrivé avec mes textes sans avoir de chansons finies à proprement parler.

Ce sont deux personnes qui m’ont aidé pour la majorité : Axel qui vient de la Guadeloupe et Skarkbone 14 qui vient de l’île Maurice. Puis après c’est la chimie en studio avec ces deux gars-là, même si nous sommes 8 sur l’album, j’ai vraiment créé principalement avec eux pour qu’ils amènent leur propre son. Il y a des musiciens qui sont dans mon autre projet, mais je ne voulais pas les impliquer avant que les chansons soient avancées ou finies. Parce que justement je savais ce qu’ils allaient me proposer; même si j’aime ça, ça risquait de trop ressembler à Francbâtards, donc je voulais séparer les deux projets.

PAN M 360: Plusieurs langues sont exprimées sur cet album, pourquoi ?

Alex Paquette: En fait, puisque je l’ai fait comme si c’était mon dernier album, tous les gens qui chantent sont des gens que je connais déjà. Si j’avais eu l’idée « je vais faire plein d’autres albums, je vais faire du développement », j’aurais invité de nouvelles personnes en me disant que je retravaillerais avec les collaborateurs plus tard. 

Les deux personnes avec qui j’ai plus aimé travailler dans le passé, sur mon premier et deuxième album reviennent donc. Tchoomin Daddy est un gars du Sud-Ouest de la France. Je le revois à chaque fois que je retourne en Europe, je suis même allé en touriste chez lui, on est rendu de vraiment bons amis. Même si ce n’était que pour quelques mesures je voulais qu’il soit là. Maru Tribu, j’ai adoré travailler avec elle sur C’est Pas Normal. À l’époque, on ne se connaissait presque pas. Depuis, on est allés ensemble au Chili, on se côtoie assez fréquemment. Ma chanson préférée que j’ai faite à ce jour, c’était avec elle. Je voulais donc en refaire une autre, puis en fait, l’idée venait d’elle aussi, car elle m’a envoyé un texte. C’est pour ça que c’est principalement elle qui chante, cette chanson-là. C’était à la base une collaboration qui n’a pas abouti avec un artiste français, puis la chanson n’est jamais sortie. On a donc repris le thème, modifié certains accords, et puis on la fait évoluer d’un reggae hip-hop à un ska/reggae question d’y faire un petit clin d’œil. J’ai changé un peu les paroles comme pour me réapproprier la chanson, elle rêvait de pouvoir la sortir et je lui ai juste dit « Ben c’est le temps, là, On y va, là ».

Pour la collaboration avec Noé, c’est l’inverse. Noé  est venu vers moi, qui était comme « Ah, j’ai envie d’essayer quelque chose. » Dans le fond, moi et Noé, on a fait des chalets d’écriture ensemble. Puis, on écrivait des textes en prenant des marches. On partage un fichier dans lequel on change les paroles. Puis, nous, on n’avait jamais fait de reggae – moi, j’aime bien Tryo. Finalement, on est parti de ça et on a fait une chanson. Mais je dirais que le processus, je pense que j’avais envie de m’entourer de mes amis. Noé joue au hockey avec moi, c’est un ami dans la vie, donc c’est important d’avoir un album avec le plus d’amis possible.

PAN M 360: Que justifie le choix artistique d’intituler ça Alex Paquette et les Insulaires, alors que pour les deux premiers, c’était tout simplement Alex Paquette?

Alex Paquette: En fait, quand j’ai commencé ce projet, c’est vraiment en réponse à Francbâtards; je pensais que j’allais donner mes shows en solo, duo ou même avec des enregistrements derrière. Avec, Reggae de Verdun  par exemple, ça aurait pu se passer, je l’ai fait quelquefois en soundsystem et tout ça. C’était surtout la réflexion « Je tourne à 8 avec Francbâtards, je veux avoir la possibilité de tourner à 2 dans une auto ».

Je l’ai fait un peu, puis je me suis rendu compte qu’en fait, j’aime faire de la musique en gang. Donc dans les 2-3 dernières années, quand je tourne en groupe avec le projet, le monde est souvent « Ah oui OK, c’est Alex Paquette, mais c’est qui les autres? ».

Il y avait plusieurs musiciens, peut-être une quinzaine, qui défilaient souvent par combinaison de 4-5. Sauf que depuis un an, c’est devenu beaucoup plus stable et avec Axel, le drummer dont j’ai parlé tantôt, je trouvais qu’il apportait quelque chose. De là l’idée d’un nom au band, puis comme j’ai créé les chansons principalement avec le gars de la Guadeloupe et le gars de l’île Maurice, pis dans une de mes anciennes chansons je dis « On vit sur une île, Appelle-nous les Insulaires », en parlant de Montréal, le constat allait de soi, je dis « Appelle-nous les Insulaires » dans l’album d’avant, donc on a balancé plusieurs idées pour finalement se dire « Dans le fond je pense que c’est ça ». Ça cadre aussi mieux avec ce que je fait faire aussi. Lorsque le show sera Alex Paquette et les Insulaires, ça va être le gage d’un show full band. Tandis que si je veux y aller en formation réduite, ce sera Alex Paquette en duo ou solo. 

PAN M 360: D’où vient ton amour du ska, alors qu’on pourrait dire que ça fait au moins  25 ans que ce n’est plus à la mode?

Alex Paquette : C’est vraiment bizarre, j’y suis vraiment arrivé sur le tard. Je viens de la scène hardcore, métal, un peu punk rock. Jusqu’à 20 ans, j’écoutais presque seulement du hardcore, et c’est quand j’ai déménagé à Montréal que je suis mis à avoir des colocs qui venaient d’un peu partout. Cadet m’a fait découvrir la musique des îles, il écoutait du reggae plus moderne, puis jouait des tunes de Manu Chao à la guitare, puis je me suis mis à vraiment aimer ça. 

En jouant avec d’autres groupes, les coups de cœur que j’ai eu, et le monde avec qui je m’entendais bien, c’était beaucoup de monde issu de cette scène ska. Puis ça m’a amené à écouter d’autres choses pour me rendre compte que le ska européen, c’est vraiment ce que je préfère. Les groupes sont plus politisés, ils ont un petit côté des fois latin dans leur musique, quand j’ai découvert les Skarfaces, le 86 Crew, les Skarbone 14, j’étais comme « Ah c’est en plein moi ça! », c’est de la musique positive mais quand même fâchée. Et on va se le dire, les musiciens sont quand même des bums, c’est quand même des rude boys, alors que le ska au Québec, je le trouvais plus collé sur le ska américain avec des skaters et tout ça. C’est excellent en show, mais pour l’écoute, le ska européen demeure ce que je préfère.

PAN M 360: En rafale, tu es plus du style Pisco Sour à Valparaiso ou Gin Tonique de la Société Secrète en Gaspésie?

Alex Paquette : Oh mon dieu! Pour vrai c’est pas mal, j’arrête pas de le dire à tout le monde, mais mes deux places préférées. Le parallèle est vraiment bon parce que ce sont les deux endroits où je me sens bien. Je dirais au goût j’aime plus le gin et pour être installé, je dirais Valparaiso parce que l’eau est plus facilement baignable. Les paysages sont très beaux aux deux endroits, mais j’avoue que de se baigner à Valparaiso avec les vagues c’est quand même cool. Mais le gin de la Société Secrète c’est pas mal imbattable. Big Up à la Société Secrète, le meilleur gin au Québec.

PAN M 360: Y aurait-il un film sur lequel tu aurais aimé faire la bande originale? 

Alex Paquette: Bonne question… j’ai un bacc en cinéma !  C’est que mes film préférés sont plus sombres, je ne vois pas de ska ou de rocksteady dans un film de Spike Lee ou encore dans La Haine. Il faudrait que ce soit un film plus happy. Je pense à mes films préférés et c’est surtout des films de révolution, des films de révoltes pis tout ça. Récemment, je sais que je n’aurais pas fait mieux, mais la série de films de Steve Rodney McQueen, Small Axe? Il a fait 4 ou 5 films sur l’arrivée du calypso et du reggae en Angleterre sous différents points de vue, c’est sorti en 2020, je conseille ça à tout le monde c’est sur l’immigration à Londres, notamment, et son apport musical. 

Avec les premiers rayons printaniers apparaissent les premiers festivals, qui lancent les festivités de la saison chaude . Parmi eux, le festival Sève ayant lieu chaque printemps à Saint-Jean-Sur-Richelieu, dans le charmant quartier du Vieux Saint-Jean. L’espace de 3 jours, la culture se réactive au rythme des gens qui viennent profiter de l’opportunité de connexion artistique, humaine et naturelle. La nouvelle place publique, l’abondance de découvertes musicales et locales ainsi que la beauté des lieux ne sont que quelques raisons de s’y arrêter. Pour en savoir un peu plus, on a attrapé Philippe Mercier, cofondateur et directeur artistique de l’évènement, pour lui poser quelques questions sur l’édition à ne pas manquer de cette année qui se déroulera du 1er au 3 mai.

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PAN M 360 : Comment l’idée du festival Sève s’est-elle développée ?

Philippe Mercier : C’est parti d’un appel de projets de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu pour un événement qui allait couvrir la période printanière dans une optique de développement économique, particulièrement du Vieux Saint-Jean et de ses commerces. Donc c’est là qu’on est arrivé avec une proposition d’évènement gratuit pour « décoller » les célébrations estivales. On l’a appelé Sève puisqu’à l’image de la sève qui se réactive au printemps, on « dégèle » la culture au retour du beau temps!

PAN M 360 : Pour les gens qui ne connaissent pas le festival Sève, comment décririez-vous l’évènement?


Philippe Mercier :  Sève, c’est vraiment le début des festivités! C’est gratuit, c’est accessible et c’est l’occasion pour toute la ville et les environs de se réactiver culturellement. C’est le mix parfait entre un événemen  d’envergure et la possibilité de vivre des moments et rencontres magiques via les lieux et les commerces uniques. Aussi, il y a vraiment une plus grande proximité, à la fois avec les artistes mais aussi avec les gens.

PAN M 360 : Quels genres de musique pourra-t-on entendre sur vos scènes ?


Philippe Mercier : Un peu de tout… sérieusement! On est allés vraiment dans tous les sens avec la programmation : sur la scène principale on passe du hip-hop de Loud au show d’humour d’Arnaud Soly alors qu’aux autres endroits, on retrouvera du néo-country, du punk-rock, du dubstep, de l’électro-pop avec Électrique Fabrique et même de l’expérimental avec happy sunflower. On touche vraiment à tous les styles et c’est super diversifié et éclaté comme programmation : c’est l’fun parce que ça permet de faire toutes sortes de découvertes!

PAN M 360 : À ce propos, quelles sont les découvertes et nouveautés à ne pas manquer cette année ?


Philippe Mercier : Il y a une nouvelle tendance, dans les grandes villes, où les DJ sont programmés en journée dans les cafés, et on s’est inspirés de ça pour le set d’ouverture Dj Bawdy au Second Cup! Ça va donner le coup d’envoi de manière originale! On aura également un autre stunt avec Chloé Leclerc, une artiste montante du néo-country québécois. Ça va être très cool!

PAN M 360 : Quel genre d’ambiance peut-on s’attendre à retrouver sur les sites et dans le village ?

Philippe Mercier : Comme c’est vraiment le « dégel culturel », les gens se réactivent tranquillement, sans prétention, en toute simplicité. C’est gratuit, il y a la place publique, les food trucks, les stunts et tout le monde vraiment content d’être là et de pouvoir ressortir de chez soi après le long hiver. On n’est pas dans un mood « ça m’a couté 350$ et j’étais pogné dans le métro » tsé… Les gens viennent avec leur voiture, font tout à pied et passent un bon moment sans se ruiner. Ils sont détendus, sociables, légèrement festifs, et ils en profitent pour sortir plus aussi dans les alentours puisque des liens se créent et que ça prolonge le plaisir!

PAN M 360 : Avez-vous un type de public en particulier auquel vous vous adressez ?

Philippe Mercier : Ah non c’est vraiment intergénérationnel! On a autant d’adolescents que de têtes blanches et d’enfants! Y’en a qui viennent avec leur gang, y’en a qui viennent seuls ; mais au bout du compte ce qui est important c’est qu’ils ont tous du fun! Ça me fait tripper de voir des retraités se pointer à un show qui ne serait pas nécessairement leur style et qui, au bout du compte, font une belle découverte et viennent me dire qu’ils ont apprécié l’audace!

PAN M 360 : Parlez-nous un peu du site choisi pour accueillir les festivités ! Quel genre d’installations y retrouve-t-on?

Philippe Mercier : Comme c’est dans le Vieux Saint-Jean, il y a une abondance de boutiques, de restaurants et de bars et il y a aussi la proximité avec l’eau qui rend le panorama superbe. En plus de ça, il y a la nouvelle place publique que la ville a récemment aménagée, avec ses jeux géants pour les plus jeunes, qui est très appréciée par les familles. Avec la facilité de déplacement, ça fait en sorte que les gens passent d’un endroit à l’autre aisément et peuvent varier les plaisirs selon leurs envies en alliant découvertes locales et musicales.

La Fiammata, duo composé de Linda Ruan et Charissa Vandikas, explore et met en valeur le répertoire pour piano à quatre mains. Lors de ce concert présenté à Montréal le mercredi 28 avril au Piano Nobile de Wilfrid-Pelletier, à 12 h 15, elles interpréteront des œuvres de Rachmaninov, Schubert, Saint-Saëns et Cécile Chaminade. La Fiammata a remporté le deuxième prix et le prix Henle Urtext, en plus d’être le plus jeune duo de pianistes finaliste du 70e Concours international de musique ARD à Munich. La Fiammata a également remporté le premier prix au Concours international de musique de chambre de Lancaster (2021), au Concours international de duos de pianistes Suzana Szörenyi (2019) et au Concours international d’ensembles de pianistes du Nord-Ouest (2018). Linda Ruan et Charissa Vandikas se sont rencontrées pour la première fois lors de concours de piano alors qu’elles étaient adolescentes ; elles ont ensuite étudié ensemble et sont devenues des amies proches avant de jouer ensemble le répertoire pour piano à quatre mains ainsi que des transcriptions d’autres pièces. PAN M 360 les a réunies dans cette interview vidéo (en anglais) avant leur concert à Montréal.

Visionnez cette interview !

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Programme

Cécile Chaminade, Op. 55, 6 Pièces romantiques

Sergueï Rachmaninov, 6 Pièces (Sélections), Op. 11

Franz Schubert, Fantaisie en fa mineur, D. 940

Camille Saint-Saëns, Danse Macabre, Op. 40 (arr. Ernest Guiraud)

Interprètes

Piano: Linda Ruan, Charissa Vandikas

Production / PresentationPro Musica

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