Au lendemain du concert, soit dit en passant excellent – rien de spectaculaire, pas d’esbroufe, mais des compositions aux racines profondes et un jeu senti, habité – de son trio (Darius Jones, saxo alto, Chris Lightcap, contrebasse, et Gerald Cleaver, batterie), jeudi, et à la veille de son concert Fluxkit Vancouver (It’s Suite But Sacred), samedi, Darius Jones s’est entretenu brièvement avec Scott Thomson, directeur général et artistique du FIMAV.

Propos recueillis et choisis par Michel Rondeau

Scott Thomson : Je suis encore en train de digérer les premiers concerts du FIMAV, qui ont commencé avec Amirtha Kidambi (Elder Ones), qui nous a invité à « bouffer les riches » et se sont terminés avec John Oswald, mettant à contribution Louis Armstrong, lequel nous a rappelé le « monde merveilleux » dans lequel nous vivons. Et entre ces deux moments, il y a eu le concert extraordinaire du trio de Darius, Legend of E’Boy.

C’est la troisième fois que j’entends ce trio en concert et à chaque fois, il me touche profondément et différemment. J’ai trouvé le concert d’hier soir extrêmement, disons, riche en nuances, non seulement musicalement – souvent trois choses, voire plus, se déroulent en même temps, toutes interagissant de manière remarquable –, mais aussi émotionnellement, et je me suis retrouvé entraîné dans de nombreuses directions émotionnelles différentes.

Et cela a donné, pour moi, au concert une couleur extraordinaire, une palette de couleurs et une brillance. Et j’aimerais commencer par poser une question à Darius, bien sûr sur le projet lui-même, mais aussi, plus largement, sur la façon dont il s’inscrit dans la série Man’ish Boy

Darius Jones : Man’ish Boy est une série de neuf épisodes, mais on n’en est pas encore tout à fait là, on en est au septième, il n’en reste donc plus que deux. J’ai commencé ça en 2009. Et si je m’y mets sérieusement, j’avais environ 30 ans à l’époque, je l’aurai terminé vers 50 ans. Mais je ne sais pas comment. La huitième partie est terminée, mais elle n’est pas encore enregistrée.

Legend of E’Boy, s’appuie sur un travail intérieur considérable que j’ai mené sur moi-même, et cette série Man’ish Boy est vraiment une sorte de récit autobiographique, un peu mythologique, mais qui parle de moi. Et cet album traite en grande partie de ma vie, mais aussi de la santé mentale, de se faire aider pour sa santé mentale, et de la beauté de ce processus.

C’est un peu comme apprendre à se connaître, apprendre en quelque sorte à s’accepter, apprendre à s’aimer soi-même, tu vois ce que je veux dire ? Tout ça en fait partie, et se voir plus clairement, c’est vraiment la raison pour laquelle j’ai mis mon visage pour la première fois sur une pochette du disque. Et puis, tu sais, revenir au trio, qui est mon espace, l’espace qui, en tant qu’ensemble, résonne très bien avec ma voix. Comme cette idée de rythme, de contrepoint à deux voix, tu vois, de contrepoint, et juste le son.

Et c’est un peu comme ça que je le vois. Je suis juste en train d’explorer ça. Et j’ai l’impression d’avoir beaucoup d’idées là-dessus.

Sur cet album, je voulais en gros me débarrasser du masque, mais je voulais aller plus loin, tu vois ce que je veux dire ? On montre, on s’exprime, on est à l’extérieur, tu vois ce que je veux dire ? Mais en même temps, il y a aussi un côté où ça devient vraiment intérieur, et on vit ça à travers le son.

C’est un peu comme si la musique faisait ce truc intérieur et permettait aussi, pas seulement à moi, mais aux autres membres de l’ensemble de vivre cette expérience aussi, d’entrer en quelque sorte dans cette bataille intérieure. Et de laisser la musique être un véhicule par lequel on gère ça. (…)

Et donc je pousse, je pousse, je pousse pour essayer de voir : si je tire ça par-là, si je tire ça par-là, qu’est-ce qui se passe ? Tu vois ce que je veux dire ? Si je fais ça comme ça et que quelqu’un d’autre tire, qu’est-ce qui se passe ? Et j’essaie en quelque sorte de naviguer à travers tout ça pendant qu’on joue. Et je pense que tout le monde dans le groupe fait ça aussi

Scott Thomson : Et ça me fait penser en particulier à une technique, une approche que tu utilises au saxophone, où tu te lances dans un motif répété, en l’articulant différemment, en l’accélérant, en augmentant le volume, en poussant, en poussant, en poussant. Et parfois, j’avais l’impression que c’était un récipient qui avait juste besoin d’exploser, et qui explose. Et parfois, ça s’épuise tout simplement et ça doit s’arrêter.

Et j’ai trouvé que cela créait une tension extraordinaire. Qu’est-ce qui se passe ici ?  Quelque chose est en train de muter, de se transformer, de se former.

Darius Jones : Quand je répète des choses, je laisse faire ça, je laisse vraiment ce changement interne, que l’on ne voit pas, influencer la façon dont la répétition se produit. Et j’ai l’impression que les chats dans le van produisent eux aussi quelque chose de magnifique avec ces répétitions, tu vois, en créant ces cycles sur lesquels on s’installe en quelque sorte. Je trouve ça fascinant parce que c’est comme s’ils s’asseyaient et qu’on disait : « OK, on est là, on ne va nulle part. »

Mais l’auditeur a cette attente que le rythme soit censé faire quelque chose. Mais si en fait on pouvait juste, c’est une chrysalide, et qu’on pouvait juste la regarder, et ensuite je danse juste par-dessus. Et donc on joue en quelque sorte avec toutes ces différentes choses.

Scott Thomson: Donc, dans le contexte de ce que tu viens de dire, que signifie pour toi le mot minimalisme ?

Darius Jones: Tu sais, premièrement, j’adore le minimalisme. C’est quelque chose que j’explore. Je pense que le minimalisme est vraiment humain.

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Pour sa fin de saison 2025-2026 le 16 et 17 mai, Arion et son directeur Mathieu Lussier soulignent un anniversaire important, soit celui des 300 ans de la disparition de Michel-Richard de Lalande (1657–1726).

Surnommée le « Lully latin » en raison de son importante contribution au répertoire religieux français, notamment dans le style du grand motet – c’est avec des œuvres festives et pleines de vie, soit la pastorale L’amour fléchi par la constance et des extraits du Ballet de la jeunesse, que l’orchestre baroque soulignera la disparition de celui qui, après le décès de Lully, devint la figure proéminente des trente dernières années de règne du Roi-Soleil.

S’entretenant avec Alexandre Villemaire de PAN M 360, Mathieu Lussier aborde les affects présents dans ces œuvres, leur place ainsi que celle de Michel-Richard de Lalande dans le répertoire, de même que le précieux travail de collaboration fait avec le Centre de musique baroque de Versailles et son directeur artistique Benoit Dratwicki dans la réalisation de ce concert.

LE ROI DANSE

Samedi 16 mai 2026 – 19:30
– SALLE BOURGIE
Dimanche 17 mai 2026 – 14:30
– SALLE BOURGIE

Michel-Richard de Lalande (1657-1726)
L’amour fléchi par la constance, S. 143
Ballet de la jeunesse, S. 136

ARTISTES EN VEDETTE :

JUDITH VAN WANROIJ

SOPRANO

MAGALI SIMARD-GALDÈS

SOPRANO

PHILIPPE GAGNÉ

TÉNOR

DAVID WITCZAK

BARYTON

MATHIEU LUSSIER

DIRECTION

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Les mots qui reviennent sans cesse lors de mon entretien avec Soul of Zoo, sont « rencontres naturelles », « spontanées », « collaborations », et bien entendu « Connection », le nom qu’il a choisi de donner à son premier album. DJ et producteur français installé au Canada depuis 2016, son univers mêle textures organiques et sonorités électroniques, avec une approche sensible et immersive qui dépasse le cadre du dancefloor. Alors qu’il sortira officiellement son album le 1er mai, une session d’écoute est prévue le lendemain, le 2 mai, au centre-ville de Montréal, à laquelle sont conviés tous les artistes ayant collaboré dans ce projet, mais également les proches collaborateurs. Un cadre intime pour savourer cet opus. Et parmi les artistes, nous avons Matéo et Djely Tapa, chacun ayant trois morceaux dans l’album, ainsi que Zal Sissokho, Walid Ben Selim et Snow Owl. Notre journaliste Sandra Gasana a pu échanger avec Soul of Zoo à quelques jours du lancement.



La Salle Bourgie vient de dévoiler la programmation de sa saison 2026-2027. Comme toujours, beaucoup de choix pour les mélomanes. Des festivals ‘’maison’’ consacrés à Beethoven, à Philip Glass et à Pierre Mercure, des quatuors à cordes en-voulez-vous-des-bons-en-vlà (Takacs, Goldmund, Juilliard, Kronos), la présence deux fois plutôt qu’une d’un trio étoilé (Jean-Yves Thibaudet, Lisa Batiashvili et Gautier Capuçon), le compositeur George Benjamin sur scène pour jouer sa musique, des partenariats avec le FIL (Festival international de littérature) et le FTA (Festival Trans Amérique), des poèmes inédits de Gilles Vigneault mis en musique par Simon Leclerc, de la musique savante afghane, du jazz, des matinées musicales, des grands noms québécois et canadiens comme toujours, la poursuite de l’intégrale des lieder de Schubert, et nous n’avons encore qu’effleuré la surface. J’ai discuté avec les deux têtes pensantes de la programmation de la salle, Caroline Louis (Directrice générale) et Olivier Godin (Directeur artistique).

Reginald Mobley, contre-ténor Baptiste Trotignon, piano par Frederic Cardin

PanM360 : Bonjour à vous deux. La programmation 26-27 apparaît comme un bon cru. Comment amorcer cette discussion? Tiens, si je vous demandais, dans tout ce qu’il y a à l’affiche, quel concert vous apparaît peut-être comme le plus beau coup de la saison?

Olivier Godin : Chaque concert est un défi à sa manière. Parce qu’il y a toujours beaucoup d’enjeux. Est-ce que les gens vont venir? Est-ce que c’est un projet qui coûte très cher? Pas assez cher? Je te dirais que le concert du trio Thibaudet/Gautier Capuçon/Batiashvili, c’est une belle réussite pour nous. Réussir à les attraper en tournée, ce n’est pas chose facile, parce que c’est un très, très, très, très important trio. Les convaincre de jouer dans une petite salle, c’est aussi un défi, parce que ailleurs en tournée, ils jouent dans des salles de 2000 places! Je pense que c’est une belle victoire.

Il faut dire que notre salle a un grand avantage : une fois que les artistes y jouent, ils veulent revenir! C’est le cas de Víkingur Ólafsson par exemple. Et le message circule dans la communauté artistique. 

Nous sommes également plutôt heureux de présenter des concerts étonnants, comme par exemple un concert de musique afghane, dans notre série de musique d’ici et d’ailleurs. C’est quelque chose qui n’est pas souvent fait, et qu’on n’a jamais présenté, nous. Ce sont des risques calculés mais on en est fiers.

Je pense que chaque concert a ses enjeux, ses réalités, ses merveilles aussi. 

PanM360 : Je remarque trois festivals ‘’maison’’. Beethoven, Pierre Mercure et Philip Glass. Ce dernier est d’ailleurs très apprécié en général…

Caroline Louis : Glass, c’est un des grands noms aujourd’hui. Il a été d’ailleurs très médiatisé cette année, peut-être pour des questions moins heureuses (l’annulation de la création de sa Symphonie no 15 au ‘’Trump-Kennedy Center’’ par opposition à l’administration Trump, NDLR), mais ça faisait longtemps qu’on voulait plonger dans son œuvre. Oui, c’est vrai qu’à chaque fois qu’on présente du Philip Glass, il y a beaucoup d’intérêt. Là, on trouvait intéressant de célébrer son anniversaire, qui a lieu l’an prochain (il aura 90 ans en 2027, NDLR), puis aussi de montrer un panorama de sa musique, la variété de sa composition, notamment pour la voix, le quatuor à cordes, le piano.

Je tiens à dire que Philip Glass est au courant qu’on fait cet événement. Ça l’a beaucoup touché et nous en sommes heureux. On accueille notamment une grande voix d’aujourd’hui, Anthony Roth Costanzo, un chanteur qui chante partout dans le monde, qui a chanté récemment à Paris dans l’opéra Satyagraha de Glass, puis qui est très heureux aussi de venir pour la première fois à la Salle Bourgie.

Olivier Godin : On s’est entouré de belle façon pour ce festival, comme Anthony Roth Costanzo, mais aussi le Kronos Quartet. Ce sont des gens qui ont travaillé de très près avec Glass. On voulait ouvrir le festival avec un ensemble significatif pour Glass, le Kronos Quartet, qui a joué à peu près toute sa musique pour cordes. Des gens qui sont très, très proches de lui, et je pense que c’était important pour nous de souligner cet anniversaire avec des experts en la matière. 

PanM360 : Une semaine de Glass, les fans (dont je suis) seront très heureux! Pour Pierre Mercure, ce sont trois jours, en l’honneur de son centenaire, ce qui est déjà une excellente nouvelle car on n’entend pas tellement souvent sa musique…

Olivier Godin : Oui, une belle occasion de le découvrir, ou redécouvrir. Il y aura une conférence d’ouverture avec Claudine Caron, qui est une spécialiste de Pierre Mercure, et Mario Gauthier, qui est un chercheur.

Ensuite il y aura un concert de sa musique instrumentale, puis une projection au Cinéma du musée. Radio-Canada nous a prêté des archives, parce que Pierre-Mercure était aussi réalisateur, donc des archives des émissions qu’il réalisait dans les années 50-60.

L’ONF nous a aussi prêté un documentaire. Et le troisième jour, nous explorerons le côté électro-acoustique de sa production.

Donc avec le groupe Theresa Transistor qui présente des œuvres électro-acoustiques de Mercure. 

PanM360 : Et puis en mars 2027, ce sera le mois Beethoven, si on peut dire…

Olivier Godin : Il n’y aura pas que du Beethoven en mars, mais oui il y a plusieurs concerts en son honneur, parce qu’il est mort un 26 mars en 1827. Ça fera donc 200 ans pile. 

On aura entre autres les quatuors Goldman et Julliard, le Trio Wanderer, qui revient aussi. Un récital de lieder de Beethoven sera fusionné avec des lieder de Schubert, pour qui c’est la poursuite de notre intégrale. 

Il y aura aussi la Neuvième symphonie à deux pianos. On ne peut pas faire la Neuvième avec orchestre à la Salle Bourgie, bien sûr. On a donc décidé d’inviter Philippe Cassard et Cédric Pescia, deux magnifiques pianistes, un Français et un Suisse, qui ont la version de Franz Liszt pour deux pianos de cette symphonie.

PanM360 : Parlez-moi de cette nouvelle collaboration avec le FTA (Festival TransAmériques).

Olivier Godin : Caroline et moi, on voulait collaborer avec le FTA depuis longtemps

C’est probablement l’un des plus importants festivals en Amérique de danse, de théâtre. Ce qu’ils font est assez exceptionnel. Et on a décidé de proposer un projet qui est d’un artiste italien, Alessandro Sciarroni, qui s’appelle Un canto, ou Un chant.

Ce sont des comédiens-chanteurs qui sont sur scène. C’est une œuvre mise en espace sur des musiques qui ont été écrites dans les années 60, 70, 80, 90. C’est du mouvement sur de la musique. C’est quelque chose de très méditatif, de très introspectif et de très, très, très beau pour en avoir vu de larges extraits. 

Caroline Louis : L’objectif, c’est de croiser les publics, d’attirer les amateurs de littérature, de danse, de théâtre à la Salle Bourgie. 

On aborde de plus en plus ce genre de croisement. Les festivals, c’est un moyen intéressant aussi d’être présent dans des événements rassembleurs de la saison culturelle à Montréal.

Vous allez en voir davantage au fil des prochaines années chez nous. 

PanM360 : Il y a aussi une belle collaboration, récurrente, avec le FIL. Et cette année, je remarque un projet avec Gilles Vigneault?

Olivier Godin : Ah oui, ça, c’est quelque chose de très touchant, je dois dire. C’est une collaboration entre le compositeur Simon Leclerc et Gilles Vigneault, qui aura 98 ans en octobre. On a eu l’idée de lancer un projet parallèle avec les lieder de Schubert, c’est-à-dire de commander un cycle de lieder à des compositeurs et des poètes d’ici!

Simon Leclerc va mettre en musique des poèmes de Gilles Vigneault, dont certains sont inédits. La commande de poèmes est du Festival international de littérature. C’est Michel Corbeil, notre cher collègue, qui s’occupe de ça.

Et nous, on commande la musique à Simon Leclerc. Ça va être interprété en octobre. Chose extraordinaire que j’ai vécue personnellement, c’est qu’on est allé chez Gilles Vigneault, à Saint-Placide, l’année dernière.

On a passé un après-midi dans son atelier à l’écouter nous réciter des nouveaux poèmes. Je ne pensais jamais avoir vécu ça dans ma vie. C’est un moment dont je me souviendrai jusqu’à ma mort.

PanM360 : Et, la visite de George Benjamin? Quels sont les détails?

Olivier Godin : Ça c’est un coup de chance qu’on a eu. C’est un autre bon coup. Tu parlais tout à l’heure des concerts dont nous sommes très contents, ça c’en est un autre.

On avait l’intention de réinviter Pierre-Laurent Aimard, qui était venu, si tu te souviens, en 23-24 pour le centenaire de Ligeti. En discutant avec son agente, on essayait de voir quel programme serait le plus intéressant à présenter en 26-27. À un moment donné, elle me dit ‘’tu sais qu’il y a un projet de création d’une œuvre de Georges Benjamin pour piano quatre mains avec Pierre-Laurent et Georges au piano’’?

Je dis non, je ne savais pas! Et tout à coup, la discussion est devenue assez sérieuse. On avait déjà une date pour le recital. On a simplement ajouté George Benjamin. En gros, ça va être un récital tout Pierre-Laurent Aimard dans lequel il va y avoir certaines œuvres de Georges Benjamin, dont cette création d’une œuvre pour piano quatre mains et Georges Benjamin va venir la jouer. Il va être là.

Après le concert, on va faire une causerie parce que tant qu’à les avoir les deux, on va s’asseoir, on va prendre le temps de parler avec eux de la création. Qu’est-ce que c’est d’écrire pour un compositeur, d’écrire pour un interprète en particulier comme Pierre-Laurent qui a connu tellement de compositeurs majeurs, que ce soit Boulez, que ce soit Ligeti, que ce soit Kurtag, et là George Benjamin.

PanM360 : L’intégrale des lieder de Schubert se poursuit pour la troisième année. Un premier bilan?

Caroline Louis : On est assez contents. On peut dire que la fréquentation va en grandissant. On a eu beaucoup de belles salles cette année, des moments exceptionnels avec Anne-Sophie Von Otter et Wolfgang Holzmaier notamment. On sent qu’il y a un intérêt. On fait de l’éducation aussi, de la médiation, des conférences, des activités parallèles en lien avec Schubert.

Olivier Godin : C’est une grande aventure, cette série-là. On essaie de présenter des lieder pas tous les plus connus au début, pas tous les chanteurs les plus connus non plus.

On essaie de balancer tout ça. Cette année, on a une année qui nous porte vers une certaine lumière. Il y aura Konstantin Krimmel et Christian Immler, deux grands noms du lied. Ce dernier sera jumelé avec l’excellent Francis Perron au piano. 

On a eu plusieurs générations d’interprètes de Schubert. Il y a eu Andrè Schuen, Samuel Hasselhorn la semaine dernière et l’année prochaine, Konstantin Krimmel. Ce sont, je dirais, les trois fiers représentants du lied en Allemagne. Il y a aussi Mireille Lebel qui viendra faire un projet Schubert et Max Reger, avec Jean Marchand et moi. Les lieder de Schubert, mais aussi son héritage, tous les compositeurs qui s’en sont inspirés. 

Il y aura aussi Les Rugissants qui viendront faire une espèce de Schubertiade. Je pense que c’est important d’avoir ce côté-là de Schubert : l’amitié, la communauté, toute une société autour de sa musique parce que lui-même présentait ses lieder dans des cadres semblables. Il va y avoir des lieder pour cœur, mais pas que de Schubert. Il va y avoir du Schumann, du Brahms, et d’autres très belles choses avec Jacqueline Woodley et Patricia White. 

PanM360 : J’ai remarqué que vous avez dit ‘’la fréquentation va en grandissant’’. Est-ce à dire que les débuts ont été parfois mitigés en termes de billetterie? Pouvez-vous comparer avec la série des cantates de Bach?

Caroline Louis : En fait, si on regarde l’ouverture des cantates de Bach, il y a eu des moments forts, notamment avec la présence de Kent Nagano et l’OSM en tout début d’intégrale. Moi, je suis pas surprise, effectivement, la première saison, on avait des salles légèrement plus modestes. Puis rapidement, on a bâti aussi l’intérêt chez la clientèle, il fallait communiquer, il fallait faire comprendre le projet aussi. Présentement, on est vraiment là, on a un beau bassin de clientèle qui est fidèle, qui revient aux différents concerts.

Puis le projet a une belle visibilité à l’international aussi. Il y a beaucoup d’artistes qui veulent participer à l’intégrale des lieder à la salle Bourgie. 

Olivier Godin : J’ajouterais peut-être à ça rapidement que d’une façon générale, on a volontairement décidé d’aller un petit peu à contre-courant. Le récital vocal, c’est quelque chose qui est un peu en perte de popularité dans les 15, 20, 25 dernières années. 

PanM360 : Pourquoi?

Olivier Godin : Je pense que c’est parce que c’est quelque chose qui est statique. Il n’y a pas de mise en scène, il n’y a pas de décor, il n’y a pas de costume, il n’y a pas d’éclairage. C’est vraiment une personne avec un piano et c’est rien que ça.

Ce sont 25 chants, 25 histoires différentes. Il faut prendre le temps de s’investir là-dedans. Je pense qu’il y a beaucoup de chanteurs qui en font moins qu’avant parce que, comme chanteur, participer à une production d’opéra pendant un mois, un mois et demi, deux mois, c’est beaucoup plus payant que d’aller faire un récital qui demande presque autant de préparation.

Moi, je dirais que là, à Montréal, on s’en sort bien. Certains collègues en Europe me disent « Vous faites du récital vocal, autant que ça, et ça fonctionne? », ils sont très étonnés. On a, je pense, trouvé un axe, une manière de le faire qui fonctionne et le public est de plus en plus au rendez-vous. 

PanM360 : Vous avez trouvé toutes sortes de méthodes pour passer outre certaines ‘’difficultés’’ initiales pour le public…

Olivier Godin : D’abord on s’est dit qu’on allait faire du très haut niveau. Avec des interprètes de grande qualité. Ensuite on offre les surtitres, comme à l’opéra. Parce que les lieder sont en allemand. Ça permet donc à tout le monde de comprendre la beauté de ces textes. Les gens ne sont pas pris dans un programme en papier en train de lire et de trouver les voix qui sont rendues. Ils ont ça en direct devant eux au-dessus du chanteur. C’est important de le dire. On donne même des cours d’allemand parfois dans les concerts avec le Goethe-Institut. On explique les leçons des mots, l’origine des mots qu’on va entendre dans le programme.

Et il y a les très belles conférences de Jean Portugais, qui illuminent l’écoute. 

PanM360 : On pourrait continuer longtemps. Il y a le jazz qui revient (Baptiste Trottignon!), Charles Richard-Hamelin et Andrew Wan, l’Orchestre de l’Agora, etc., etc…

Caroline Louis : En effet, il faut consulter attentivement le programme qui est maintenant disponible. Et en plus, l’avenir est prometteur car nous avons surpassé en moyenne les niveaux de fréquentation d’avant la pandémie. C’est un très bon signe et nous en sommes très heureux. 
Olivier Godin : Nous avons le plus beau job du monde!

The Beatles se sont séparés il y a un demi-siècle, et leur legs exerce encore la plus grande fascination auprès des mélomanes, tous genres confondus. Le chant choral n’y fait pas exception, on s’en doute bien, et ce corpus génial sera à l’honneur ce dimanche après-midi à la Maison symphonique de Montréal. Plus d’une vingtaine de classiques des Beatles au programme, pour la plupart interprétés a cappella, avec parfois un soutien instrumental plutôt minimaliste. Qui plus est, des choristes aguerris seront dans la salle pour augmenter la force de frappe de l’ensemble Art Choral sur scène… sans compter les mélomanes fervents du Fab Four, dont la musique les accompagne depuis les presque débuts de leur existence. Matthias Maute, directeur artistique des ensembles Art Choral et Caprice, explique son choix de faire une fête de la voix aux Beatles.

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À l’approche de Palomosa, alors que la ville se prépare à enfiler ses plus belles tenues alternatives, scrute nerveusement les prévisions météo à la recherche d’un rayon de soleil au milieu de la pluie et s’interroge sur ce que pourrait bien réserver un set DJ de MGMT, PAN M 360 s’entretient avec Mathieu Constance. Selon notre chroniqueur Lyle Hendriks, Mathieu est le programmateur de festivals le mieux branché de Montréal.

Organisateur hors pair l’année durant, notamment pour Igloofest et Piknic Electronik, il s’est surpassé avec la programmation de Palomosa 2026. Et bien qu’il ait attrapé un rhume cette semaine, sans doute à cause de la pression extraordinaire liée au maintien de la série de succès exceptionnels du festival, il est plus enthousiaste que jamais à l’idée d’accueillir les clubbers montréalais au Parc Jean-Drapeau ce week-end, qu’il pleuve ou qu’il fasse beau.

Ainsi, Lyle a rencontré Mathieu pour connaître son avis sur la façon dont Palomosa se positionne par rapport à des festivals plus établis, ses coups de cœur à ne pas manquer ce week-end, ses réflexions sur les controverses des années précédentes, et les sacrifices rituels à accomplir pour que vos groupes préférés puissent être à l’affiche.

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PAN M 360 : Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre parcours dans le monde des festivals et de la programmation ?

Mathieu Constance : Je suis actuellement directeur de la programmation chez Multicolore ; je m’occupe donc désormais de toutes les programmations pour Piknic Électronik, Igloofest et Palomosa. Nous organisons également de nombreux concerts et soirées en club tout au long de l’année, entre nos saisons de festivals, sous la marque (Avec) Courage! Plus d’un millier de spectacles par an.

PAN M 360 : En quoi le travail sur Palomosa diffère-t-il de celui que vous effectuez pour les autres festivals auxquels vous participez ?

Mathieu Constance : Palomosa, c’est un peu notre incursion dans le côté plus « live » et les sons plus alternatifs. On n’avait jamais eu de festival où présenter ces artistes. Historiquement, Piknic et Igloofest ont toujours été très axés sur les DJ et très électroniques. Et même si ça fait toujours partie de notre ADN, on propose de plus en plus de musique alternative, de cloud rap, d’indie et de punk, et un peu de tout. Et on se rend compte qu’il n’y avait pas vraiment d’endroit où ces artistes pouvaient se produire sur une scène de festival à Montréal. C’est donc de là que tout est parti, et l’accueil qu’on a reçu depuis la première année a été très encourageant : il y a clairement des gens qui veulent voir ça, donc je suis très impatient de revenir cette semaine.

PAN M 360 : Quels sont les artistes à ne pas manquer cette année selon toi ?

Mathieu Constance : Il y a quelques noms moins connus qui m’enthousiasment vraiment. L’un d’entre eux est Ear, qui cartonne vraiment en ce moment. On a eu la chance de les avoir sur la scène Yung Lean qu’on a organisée au MTelus en octobre dernier. C’est vraiment l’un des nouveaux groupes sympas à suivre de près.

Et puis Poison Girl Friend — une légende du trip hop qui continue de tourner et de se produire sur scène. Je pense que ça va créer une ambiance vraiment cool et relaxante au milieu de cette journée sur la scène principale vendredi, ce qui va être génial. Et samedi aussi. J’ai très hâte de voir un artiste local appelé kinji00, qui est en quelque sorte notre incarnation du son de Bladee et Yung Lean dans un cadre français et québécois, ce qui est vraiment intéressant. Et voir cette influence et constater à quel point il est devenu célèbre ici a été vraiment spécial. Nous sommes donc ravis de l’accueillir au festival pour la première fois. Voilà mes choix de révélations pour cette année.

PAN M 360 : Comment découvrez-vous certains de ces artistes en ligne plus confidentiels, et comment parvenez-vous à trouver un équilibre avec des artistes plus grand public ?

Mathieu Constance : En général, nous essayons toujours de trouver un équilibre. Notre programmation comprend des noms bien établis, qui étaient évidemment déjà très connus avant l’émergence de toute cette culture Internet.

Mais je trouve intéressant d’observer la façon dont la musique est consommée aujourd’hui. Ça a radicalement changé ces deux dernières années. Et le fait que des artistes émergent et explosent sur les réseaux sociaux en l’espace d’un mois pour devenir des superstars du jour au lendemain a clairement eu un impact sur la façon dont la musique est consommée et sur le succès des concerts en général. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre rester attentif à cela et observer comment les jeunes réagissent aux différentes tendances. Nous avons exploité cela, et avec Palomosa en particulier, nous organisons la programmation en fonction de ce public. Nous devons donc être conscients de ce qui les intéresse et nous assurer qu’il y a une place pour eux.

PAN M 360 : Le festival a toujours su s’appuyer sur ces grands noms pour s’imposer. Ce qui nous amène à nous demander : quel genre de rituel sanglant avez-vous dû accomplir pour faire venir MGMT à l’affiche cette année ?

Mathieu Constance : Parfois, c’est juste une question d’influence. Parfois, c’est simplement de la chance. Nous avons eu la chance qu’Andrew (VanWyngarden) de MGMT vienne jouer un DJ set en solo lors de l’un des tout premiers concerts en club que nous avons organisés pour Palomosa, il y a un peu plus d’un an. Ça s’était très bien passé, et nous avions l’intention de continuer sur cette lancée. Cette année, les étoiles se sont alignées, le rituel sanglant a fonctionné. Nous y sommes parvenus, et je pense que ça va être vraiment passionnant de voir ce qu’ils vont sortir de leur sac de DJ.

PAN M 360 : Y a-t-il un artiste de rêve que tu aimerais un jour faire venir au Palomosa, même si tu ne sais pas si cela se concrétisera un jour ?

Mathieu Constance : Je pense qu’il serait vraiment intéressant d’organiser une journée entière de programmation autour d’un artiste comme Skrillex, en explorant pleinement les différentes influences de son univers musical, qu’il s’agisse de ses morceaux plus pop, de certains sons plus latins ou encore de ses morceaux dubstep plus « old school ». Je pense que ce serait un projet vraiment cool à monter, qui parlerait à plusieurs générations de fans. C’est donc toujours une option, l’une des premières choses que nous aimons envisager, mais ça n’a pas été très facile à concrétiser.

PAN M 360 : En parlant d’artistes de renom, avez-vous eu l’impression que votre vie défilait devant vos yeux lorsque MIA s’est lancée dans sa diatribe contre Trump sur scène à Palomosa l’année dernière ? Cela a-t-il eu une incidence sur la programmation de cette année ?

Mathieu Constance : … Eh bien, je veux dire, c’était assez évident qu’on n’allait pas la programmer en tête d’affiche pour la deuxième année d’affilée. Et ce n’est pas quelque chose dans quoi on voudrait se retrouver à l’avenir. Il semble qu’il y ait eu récemment un incident lors de la tournée de Kid Cudi qui a conduit à son retrait. Donc, honnêtement, oui. C’était assez stressant.

PAN M 360 : Pour finir, qu’espères-tu que les gens retiennent du Palomosa de cette année ? Peut-être un week-end sans pluie, pour changer ?
Mathieu Constance : Oui, un Palomosa sans pluie, ce serait une petite première, ça nous ferait vraiment plaisir. Mais pour ma part, venez le plus tôt possible. Je sais que beaucoup de gens viennent pour voir Fakemink et MGMT. Mais notre programmation est conçue pour toucher ce public. Et j’espère que quelques centaines, voire quelques milliers de personnes repartiront en se disant : « J’ai vraiment adoré Ear ou Sophia Stel », alors qu’elles ne les connaissaient pas, mais qu’elles en gardent désormais un souvenir précieux. Car nous sommes convaincus que la plupart d’entre eux vont bientôt exploser, si ce n’est déjà fait. Pour nous, ce serait une mission accomplie.

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Makaya, le 7e album de Wesli Louissaint sorti fin 2025, se veut « un voyage musical au cœur des racines, de la mémoire et de l’âme haïtiennes ».

Depuis ses débuts professionnels et la reconnaissance de son talent sur l’Île Magique ainsi qu’à Montréal, le musicien, chanteur, multi-instrumentiste, compositeur et chef d’orchestre n’a cessé de mêler les fruits de sa culture d’origine à ceux de la diversité culturelle montréalaise et de l’Afrique tout entière. « Profondément ancré dans l’histoire et la spiritualité du peuple haïtien, ce projet est à la fois un hommage aux ancêtres, un cri d’espoir et une célébration de la vie. »

Non seulement les rythmes folkloriques (rara) et sacrés (vaudou) d’Haïti y constituent les fondements mizik rasin de son expression, mais l’afrobeat nigérian, les musiques subsahariennes, d’Afrique de l’Ouest ou d’Afrique centrale, les musiques caribéennes ou latino-américaines ou même celles de l’Océan Indien (maloya) se fondent également dans la vaste culture musicale de Wesli.

Créé en collaboration avec des artistes de renom tels qu’AfrotroniX, Ilam, Meryem Saci, Tamara Suffren, BIC Tizon Dife et Sika Valmé, l’album Makaya est un phare dans la pénombre socio-politique qui accable Haïti, l’Afrique, la diaspora afro-descendante et… l’humanité entière qui ne traverse (vraiment) pas une époque formidable en 2026. Sorti l’automne dernier, l’album Makaya sera célébré ce vendredi 15 mai au Théâtre Plaza, de 20 h à 23 h.


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Il y a de ces entrevues qui vous marquent. Non seulement parce que l’artiste vous partage son parcours inspirant mais également parce qu’on a l’impression qu’on aurait répondu exactement de la même manière si les questions nous avaient été posées. Après une riche carrière comme coach, animatrice, conférencière, interprète, comédienne et écrivaine depuis presque 20 ans, KLO, de son vrai nom Claudyne Hilaire, est enfin prête à embrasser sa carrière de chanteuse. Alors que ce projet avait d’abord vu le jour il y a presque 30 ans, c’est aujourd’hui que KLO se sent enfin prête à assumer entièrement cette passion qui existe en elle depuis toujours. Et le timing ne pouvait pas être meilleur: alors que les projecteurs sont rivés vers le konpa depuis quelques années maintenant, le single « Benito » fait déjà beaucoup de vagues surtout auprès des nostalgiques du konpa, comme on en faisait dans le temps. Notre journaliste Sandra Gasana a eu un très bel échange avec KLO pour PAN M 360, quelques jours après la sortie de « Benito ».


Eric Chenaux est une créature humaine absolument unique. Sa voix de contre-ténor porte des mélodies suaves inspirées du jazz moderne, de la soul, de la pop raffinée. Ses tempos sont généralement lents, immanquablement délicieux, nourrissants, lumineux. De chanteur rompu au post-punk, il a découvert jadis le jazz contemporain et l’improvisation libre pour s’y consacrer entièrement jusqu’à ce qu’on lui demande des chansons plus cadrées. Très rarement goûte-t-on à des ballades de ce type, chansons simples, poignantes et sensuelles en apparence, via lesquelles s’expriment des instruments très libres, fort différents de la pop ou de la soul… ou même du jazz. La direction artistique du FIMAV, nous a suggéré de parler à cet Ontarien tranplanté en France méridionale, soit avant son passage imminent à Victoriaville aux côtés du claviériste Ryan Driver, le dimanche 17 mai, 22h, au Cabaret Guy-Aubert. Excellente suggestion !

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L’album Voda (« eau » en russe) fut lancé en juin 2023 par la harpiste et compositrice Sarah Pagé dont il est ici question. Cette œuvre ambient, éminemment fluide, submersible au sens figuré et immersive pour de vrai, impliquait harpe, koto, dulcimer, contrebasse, percussions, violon, violoncelle, électronique, voix humaine. Sa relecture sur scène se produit enfin, soit au Festival international de musique actuelle de Victoriaville. Sarah Pagé implique des artistes de No Hay Banda, un collectif montréalais enclin à des expériences sonores exploratoires et diversifiées.

Voda «  est un voyage dynamique qui emmène l’auditeur à la dérive à travers des nœuds inextricables et des tourbillons fluides. Composé de neuf mouvements de longue durée, Voda accumule, fait grandir puis libère les tensions, révélant des profondeurs troubles et une tendresse phénoménale. »

Ce travail prit sa source en 2014 alors que Sarah Pagé a collaboré à un œuvre de la danseuse et chorégraphe russo-ukrainienne Nika Stein, explorant la dynamique entre les manifestations de la vie et celles de la mort à travers le thème de l’eau dans la mythologie et la poésie russes.

Un poème du poète Mikhaïl Lermontov, La Sirène, fut un socle pour la chorégraphie de Nika Stein et sa musique d’accompagnement, revisitée quelques années plus tard par Sarah Pagé avec de nouveaux procédés, matériaux, outils compositionnels et instrumentation.

Nous voilà donc 12 ans plus tard, avec une œuvre transformée en musique de chambre contemporaine et immersive, mettant en lumière une autre instrumentation et d’autres collègues – sauf Nika Stein qui incarne vocalement Voda.

Avant de se rendre au FIMAV, Sarah Pagé a été jointe à son domicile de Morin Heights pour nous en dire davantage.

crédit photo: Shannon Harris

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Sarah Pagé, harpe, koto
Ben Grossman, vielle à roue
Jonah Fortune, contrebasse
Daniel Áñez, ondes Martenot
Noam Bierstone, percussion
Nika Stein, voix

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Originaire de l’Ouest du Cameroun, Nda Chi, aussi connu sous le nom de Le Menshi, propose une musique profondément enracinée dans les traditions initiatiques bamiléké. Auteur-compositeur et interprète à la voix androgyne et expressive, il développe un univers où spiritualité, mémoire et identité se rencontrent dans des performances immersives à mi-chemin entre le rituel et le concert. Créateur du LessaGroove, il fusionne rythmes ancestraux, funk, reggae, rock et gospel pour bâtir un langage musical contemporain, libre et habité.

Présenté dans le cadre de la 12e édition du Festival Afropolitain Nomade, sous le thème Traces et Héritages – DIASPORIK, Nda Chi s’inscrit dans une programmation qui célèbre les trajectoires africaines et afrodescendantes à travers la musique, les récits et la création. Entre héritage et modernité, son œuvre invite à une expérience de reconnexion collective, où l’intime rejoint l’universel et où les cultures en mouvement deviennent espaces de transmission et de résonance. Keithy Antoine a pu échanger avec Nda Chi pour PAN M 360.

Originaire de Dakar et installé à Montréal depuis 2014, le musicien ILAM dévoile Kololo, son nouvel album disponible dès maintenant. Après HOPE (2016) et Néné (2020), deux projets qui l’ont mené des scènes canadiennes à l’international, ILAM poursuit son exploration musicale avec une œuvre à la fois intime et engagée.

À travers Kololo, il célèbre la richesse des couleurs humaines, sociales et musicales, tout en portant un regard sensible sur les blessures liées au racisme et aux divisions. Puisant dans ses racines peulh, ILAM fusionne blues du Sahel, afro-pop rock, reggae et soul dans un univers chanté en wolof, peulh, français et anglais.

Révélation Radio-Canada 2016-2017 et véritable bête de scène, ILAM a marqué des événements majeurs comme les Francos de Montréal, le Festival International de Jazz de Montréal et les Nuits d’Afrique. Avec Kololo, il affirme une fois de plus une signature musicale profondément humaine et sans frontières. Notre collaboratrice Keithy Antoine a rencontré ILAM pour PAN M 360.

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