Le guitariste et oudiste canadien Gordon Grdina présentera son spectacle RU’YA – رؤيا (clairvoyance ou vision en arabe) le 2 novembre 2025 à la Sala Rossa à Montréal. Le spectacle est une coproduction de Traquen’art et du festival Suoni per il popolo, et présentera en première partie également la création Epigraphs de l’excellent percussionniste et compositeur montréalais John Hollenbeck pour deux voix (Jeanne Laforest  et Sarah Rossy), guitare (Roman Munoz) et percussion (Hollenbeck lui-même)

Pour RU’YA, Grdina, guitariste, aguerri à la musique d’avant-garde depuis longtemps, mais tombé amoureux du oud par la suite, à fait appel à la voix envoûtante, parfois déroutante, de Ghalia Benali, dans un parcours au croisement de l’abstraction et du lyrisme vocal. Pour ce faire, il recourt autant à l’écriture atonale contemporaine qu’à l’avant-garde jazz, les maqams arabes et la musique classique persane. En plus de Benali et de lui-même, Grdina réunit dans ce projet les musiciens Elias Stemeseder au piano, Eylem Basaldi au violon, Hamin Honari aux percussions persanes et Christian Lillinger à la batterie.

Tout cela étant maintenant posé, qu’est-ce que RU’YA? À quoi s’attendre? J’en ai parlé avec l’initiateur du projet, Gordon Grdina.

INFOS ET BILLETS

No Hay Banda, fondé en 2016, est un ensemble à géométrie variable qui apporte une bouffée d’air frais et d’innovation sur la scène de la musique d’avant-garde à Montréal. Le groupe dont on vous a ici-même souvent vanté les mérites vient d’être reconnu au niveau international. En effet, la Fondation Ernst von Siemens pour la musique, basée en Suisse, a annoncé la nouvelle il y a deux semaines. No Hay Banda partage l’honneur avec un orchestre estonien, le Ensemble for New Music Tallinn. Chacun recevra la somme conséquente de 75 000 euros, l’équivalent de 120 000 $ canadiens. Mais qu’est-ce que ce prix, et qu’est-ce qu’il signifie dans la vie d’un groupe comme No Hay Banda? J’en ai parlé avec le percussionniste et cofondateur de No Hay Banda, Noam Bierstone.

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PANM360 : Qu’est-ce que la Fondation Ernst von Siemens pour la musique et en aviez-vous connaissance avant de recevoir cette distinction ?

Noam Bierstone (No Hay Banda) : La Fondation EvS Music est une fondation européenne qui soutient la musique contemporaine par des subventions et des prix. Nous connaissions la fondation auparavant, nous avons déjà fait des demandes de subventions pour des commandes de compositions, y compris une que nous avons reçue pour notre commande de Steven Takasugi pour notre projet Il Teatro Rosso.

PANM360 : Comment avez-vous réagi à l’annonce?

Noam Bierstone (No Hay Banda) : On était abasourdis! On ne s’attendait pas du tout à recevoir le prix et même si on a toujours un petit espoir quand on fait ce genre de demande, on ne réalise pas vraiment l’importance que ça a avant que la nouvelle arrive. Aussi, c’était difficile de ne pas partager la nouvelle – nous l’avons apprise quelques mois avant l’annonce officielle, mais nous devions garder le secret jusqu’à la mi-octobre.

PANM360 : Qu’est-ce que cela représente pour vous?

Noam Bierstone (No Hay Banda) : C’est un grand honneur et un privilège, avant tout. C’est incroyable de recevoir une telle reconnaissance, non seulement de la part d’une fondation qui existe depuis plus de 50 ans, et qui a été – et est encore – si importante dans le soutien à la musique contemporaine, mais aussi de nos pairs, de nos collègues, de la communauté. La banda s’est formée de façon assez naturelle à partir de projets que nous avons développés dans le cadre de notre série de concerts, ce qui n’est peut-être pas une façon courante de créer un ensemble, alors cela signifie vraiment beaucoup de voir que des façons alternatives de travailler et de créer sont reconnues et célébrées par ce prix.

PANM360 : Quelles conséquences cela aura-t-il pour vous?

Noam Bierstone (No Hay Banda) : Il y a des conséquences très directes, comme une invitation à se produire au festival Warsaw Autumn en 2026, ainsi que d’autres apparitions dans des festivals internationaux en préparation pour les années à venir. Mais cela nous permet de développer davantage et de soutenir les activités de l’ensemble, grâce à des projets passionnants à venir, au développement structurel et, espérons-le, à la recherche d’un espace permanent pour le groupe (si quelqu’un qui lit ceci connaît un studio de répétition qui se libère, veuillez nous le faire savoir !). C’est une opportunité incroyable pour le groupe et nous espérons en tirer le meilleur parti.

PANM360 : Utiliserez-vous l’argent pour faire une nouvelle création? Avez-vous une idée de ce que ce sera ?

Noam Bierstone (No Hay Banda) : Oui! Nous avons de beaux projets en développement cette année : une nouvelle collaboration avec la compositrice colombienne et artiste sonore interdisciplinaire Ana Maria Romano, que nous présenterons en mars à Rimouski et Montréal, un projet avec Sarah Pagé en mai, une grande œuvre d’Alvin Lucier pour orgue et ensemble en juin, et une nouvelle commande au compositeur britannique-jordanien Sam Salem que nous créerons et présenterons en tournée à l’automne 2026. Nous enregistrons aussi Three Unisons for Four Voices, une œuvre de 70 minutes que nous avons commandée à Sarah Davachi, pour une sortie en 2026. Ensuite, il y a des projets à plus long terme que nous développerons à partir de cela dans les années à venir, mais nous ne pouvons pas vraiment en parler pour le moment !

PANM360 : Quels sont vos prochains concerts et événements ?

Noam Bierstone (No Hay Banda) : Notre album avec le compositeur Zihua Tan sort le 7 novembre : https://zihuatan.bandcamp.com/album/what-came-before-me-is-going-after-me 

Le 3 décembre, nous présentons un concert à La Sala Rossa avec David Rosenboom et Arya Deva Suryanegara & Srayamurtikanti. Nos concerts de 2026 seront annoncés prochainement, et les gens pourront en savoir plus en s’inscrivant à notre newsletter, via notre site web et les réseaux sociaux.

Infolettre No Hay Banda

Pour la 26ème édition, le Festival du monde arabe a choisi Olé Persia pour lancer les festivités. En effet, Olé Persia, comme son nom l’indique, est à l’intersection des musiques iraniennes, espagnoles et arabes. Son directeur musical Saeed Kamjoo est un habitué de ce rendez-vous annuel très prisé par les mélomanes mais cette fois-ci, il essaye quelque chose de nouveau. Il a pris le temps d’échanger avec Michel Labrecque à quelques jours du spectacle prévu au National le 31 octobre.

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Première artiste à présenter jeudi une œuvre, Sonic Memories of Fleeting Times, au festival Akousm, et ce malgré son absence physique, Vivian Li est aussi la récipiendaire du concours Jeu de temps / Times Play de la Communauté électroacoustique canadienne (CEC). Cette compétition met en valeur de nouvelles œuvres électroacoustiques produites par des compositeurs, compositrices et artistes sonores, jeunes ou émergent.e.s, du ou vivant au Canada.

Récemment diplômée de l’Université de Montréal,Vivian Li est une artiste sonore et compositrice dont le travail explore l’interaction entre la mémoire, la présence et la nature éphémère de l’expérience vécue. Notre collaboratrice Léa Dieghi l’a jointe à Beijing. Son récit, fort bien ficelé, invite à la lecture !

Dehors, il y a un saule pleureur, dont les branches se meuvent au rythme du vent. Il contraste avec l’architecture, qu’elle qualifie de “cage ».

Beijing s’éveille, Vivian Li, aussi.

 « Qu’est-ce qui est proche de toi? Qui est-ce que tu rencontres ? Qu’est-ce que tu vis ? Qu’est-ce que tu vois le matin quand tu ouvres les yeux? »

 À Montréal, il était dix heures du soir. Dans la lumière tamisée de mon appartement, j’attends son appel, sur l’application WeChat, meilleur canal de communication pour rejoindre et communiquer avec la Chine depuis le Canada. J’ai le regard porté vers l’extérieur, rue Ontario, en attente d’une réponse. 

Après quelques secondes, elle décroche, la voix enrouée par le sommeil. En voyage en Chine, pays d’où elle est originaire, Vivian Li vient de se réveiller. Il est huit heures du matin, et dans sa chambre d’hôtel situé à Beijing, elle me parle de son voyage, de son identité, de sa musique, et de toutes ces choses qui font d’elle et de son art une entité homogène, qu’elle dévoile avec vulnérabilité au monde.

Récemment diplômée de l’Université de Montréal, Vivian Li est une artiste interdisciplinaire en son et musique, basée à Tiohtià:ke / Montréal. À travers des mélodies hypnotiques accompagnées de synthétiseurs et rythmées par des enregistrements sonores de sa vie quotidienne, son œuvre tente d’ouvrir une brèche au sein de sa propre intimité. Un pont entre son monde et le nôtre.

« In a way, dit-elle en anglais avant de passer au français,  I’m trying to create a connection between me and the other people… Même si les gens qui écoutent ma musique ne vivent pas nécessairement des expériences identiques aux miennes, certaines choses semblent universelles, comme la tonalité d’une voix, un rire, des pleurs… Toutes ces expressions, et ces émotions, c’est ce qui nous rapproche en tant qu’humain, mais c’est aussi la singularité de mes enregistrements sonores qui dévoilent mon identité dans mes pièces. Je suis chinoise et canadienne. Pour moi, ce n’est pas seulement l’utilisation d’instruments traditionnels qui dévoilent mon identité, tout le monde peut les utiliser. Ce sont mes enregistrements de discussions entre amis et familles, mes mémos vocaux intimes, ce que j’entends dans la rue quand je me balade. »

Par l’ajout d’enregistrements qu’elle capte sur le terrain, de sa technique radiophonique et de sa composition spatiale, elle construit des environnements sonores immersifs qui oscillent entre documentaire et romantisme, laissant place à la mélancolie des souvenirs.

Cette approche documentaliste se fond, dans un sens, avec un certain collectionnisme d’instants passés.

« Je me sens comme une collectionneuse… opine-t-elle. Depuis que j’ai huit ans, j’écris des journaux intimes que je relis à travers les années, et dans mon processus créatif, c’est un peu la même chose…. Je collecte des sons, des bruits, des bribes de souvenirs et de ressentis, que j’assemble plus tard, pour que, dans cet instant, ils prennent de nouveaux sens… J’écoute mes anciennes prises de son, mes projets inachevés, je regarde les photos de moi, des gens qui m’entourent… Je suis très attachée à la mélancolie. »

Dans une de ses plus récentes pièces ( acousmatique, multiphonique et spatialisée) , Sonic Memories of Fleeting Times | 流声逝忆 qu’elle présente ce mercredi au festival Akousma, elle y explore ces thèmes d’intimité, de la mémoire et du temps. Nous partageant des moments banaux de sa vie, mais pourtant profondément intimes, pour nous transporter dans son propre espace-temps.

Cette construction de son univers s’est faite à travers le temps, par elle-même, mais aussi par l’expérience de la collaboration, notamment avec Coralie Gauthier, dans leur projet Echonymphia.

« Coralie, confie-t-elle, est une personne que je respecte beaucoup dans la vie, I feel so grateful to have meet them… C’est mon premier projet sérieux, et elle m’a beaucoup appris… Grâce à elle, j’ai été capable de beaucoup plus lâcher prise dans ma musique, j’écoute et crée plus intentionnellement. »

Coralie joue de la harpe, et Vivian le piano. Dans leur collaboration, c’est l’échange actif entre leurs instruments qui se démarque. Une sorte de dialogue sans mot, où l’une joue, et l’autre répond. Pourtant, l’importance accordée à l’esthétique visuelle semble également contribuer à cette expérience onirique. Assises à même le sol, tout comme le public. Des draps sont tendus contre les murs, des visuels rêveurs aux couleurs claires sont projetés. Parfois, des fleurs mortes et des vapeurs d’huiles essentielles s’immiscent dans la pièce. Et leurs corps, mouvant tranquillement au rythme qu’elles jouent de leurs instruments,

« Que ce soit avec Coralie ou au sein de mes projets personnels, soulève Vivian, ce que j’essaye vraiment de créer, c’est la sensation d’intimité, de douceur et d’introspection (…) Le décor joue aussi une grande partie dans cette expérience… On veut que le public puisse avoir l’opportunité de ralentir, de se laisser complètement aller, dans une intention d’écoute, mais aussi de connexion. Avec nous, avec les autres, mais aussi avec eux-mêmes. »

Naviguant entre les projets solos et en groupe (avec Coralie, mais aussi avec des membres de sa cohorte à l’université de Montréal.), Vivian li est actuellement en pleine création d’un nouvel album, qui « regroupe différentes pièces créées ces dernières années. »

Et, bien que le voyage, les collaborations, les shows, ou encore la conception de son nouvel album lui prennent la majeure partie de son temps, elle continue de rêver, en silence, à de nouvelles collaborations.

« Une de mes collaborations de rêve, en ce moment ? Quelqu’un doué en percussion, je dirai… Mais aussi, sûrement RAMZi. »

Et on lui souhaite que son rêve se réalise.

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Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C.

Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente chaque artiste invité dans autant de segments réalisés par PAN M 360. Voici la présentation sommaire !

– interview d’Alain Brunet et montage de Keithy Antoine.

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Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C.

Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente chaque artiste invité dans autant de segments réalisés par PAN M 360. Voici la présentation de Vivian Li,

– interview d’Alain Brunet et montage de Keithy Antoine.

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Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente chaque artiste invité dans autant de segments réalisés par PAN M 360. Voici la présentation de Bruno Belardi. – interview d’Alain Brunet et montage de Keithy Antoine.

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Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Philippe Macnab-Séguin.

– Interview Alain Brunet, montage Keithy Antoine.

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Interview Alain Brunet, montage, Keithy Antoine.

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Interview d’Alain Brunet, montage de Keithy Antoine.

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Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente Joseph Sannicandro.

– Interview d’Alain Brunet, montage de Keithy Antoine.

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Rendez-vous électroacoustique par excellence des mélomanes montréalais.es, le 21e festival Akousma se tient les 29, 30 et 31 octobre prochains à l’Usine C. Louis Dufort, son directeur artistique et coordonnateur de l’équipe à qui l’on doit cette programmation 2025, présente la pionnière Daphne Oram (1925-2003 ).

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