Du 5 au 6 juin, la SAT (Société des Arts Technologiques) célèbre son 30e anniversaire avec l’ambitieux événement « Futurs Antérieurs », au cours duquel 30 artistes investiront l’ensemble du bâtiment pendant deux jours. PAURRO (Paulina Rodriguez) fait partie de ces artistes et sera chargée de la clôture de la soirée Satosphère le soir du 5. Forte de plus d’une décennie d’expérience dans l’industrie musicale et ayant joué dans des lieux célèbres tels que le Tresor à Berlin et The Boiler Room, cette DJ, productrice, propriétaire d’un label indépendant et animatrice radio, née au Mexique et basée à Barcelone, apportera une touche éclectique sur la piste de danse. On peut s’attendre à des breakbeats, de la musique latine, des grooves puissants, de la techno, des influences dance des années 90 et de nombreuses surprises tout au long de son prochain DJ set.

Dans cette interview, elle nous offre un aperçu de son approche du DJing et de la production, de ce qui nous attend le soir du 5 et de l’étape où elle se trouve actuellement dans son parcours créatif.

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PAN M 360 : Bon, commençons par te présenter au lecteur. Qui es-tu, d’où viens-tu, quel est ton parcours et quel genre de musique composes-tu ?

PAURRO : Je m’appelle Paulina. Je suis originaire de Mexico, où je suis née et où j’ai grandi. Je vis actuellement à Barcelone.

Je suis DJ et productrice. Je me considère d’abord comme DJ, puis comme productrice. Le genre de musique que j’aime jouer et composer est dansant, entraînant, un peu rave, avec beaucoup de références aux années 90.

Oh, et je suis aussi propriétaire d’un label et animatrice d’une émission de radio. Je suis multitâche.

PAN M 360 – En regardant ce que tu fais aujourd’hui et en le comparant à tes débuts, quel serait le cœur de ta pratique créative telle qu’elle se présente aujourd’hui, à la fois en tant que DJ et en tant que productrice ?

PAURRO : J’ai vraiment l’impression que ce que je produis vient de ce que j’aime jouer, car j’ai d’abord commencé par le DJing. Quand j’ai commencé à produire, j’essayais simplement de reproduire les morceaux que j’aimais vraiment jouer. C’était un peu l’un après l’autre, tu vois, le premier a aidé l’autre à prendre vie. J’ai l’impression que ma musique a clairement évolué, car elle est un peu plus… raffinée ? Je la fais avec plus d’intention et j’ai des intentions plus claires. Quand j’ai commencé, il s’agissait surtout d’expérimenter et de voir si la musique sonnait bien. C’était plus brut.

Au début, je cherchais surtout à cerner la structure des morceaux, mais aujourd’hui, je me concentre davantage sur le son et les détails musicaux, sur les textures. Je pense vraiment que ça vient du fait d’avoir joué de la musique dance. C’est comme si je voulais reproduire tous ces morceaux que j’adore. Dans chaque morceau que je compose, j’essaie de reproduire un ou deux morceaux que j’apprécie particulièrement.

PAN M 360 : Pour rebondir sur ce que tu viens de dire, quelle importance revêt la texture à tes yeux ? On dirait que c’est un élément vraiment central dans ton travail.

PAURRO : C’est tout le parcours de la production ; ça élargit vraiment tes horizons. Plus tu te plonges dans les textures, plus l’univers s’élargit, plus tu en apprends à leur sujet, et plus les possibilités créatives s’ouvrent à toi. J’aime beaucoup quand la musique recèle des sons et des textures cachés. Ces derniers temps, c’est ce sur quoi je me concentre le plus, car j’ai en quelque sorte déjà trouvé une structure qui me convient, avec des éléments sonores qui sont toujours présents dans ma musique. Je connais déjà la base de ma, je ne sais pas, ma pizza musicale (rires).

J’aime vraiment quand des textures et des sons étranges viennent ponctuer le tout de temps en temps. J’adore ça. Donc oui, je pense que ce sont les textures qui m’intéressent le plus en ce moment.

PAN M 360 : J’écoutais ta musique en préparant cette interview. J’ai beaucoup aimé la façon dont tu utilises les samples vocaux, en particulier comme éléments rythmiques. C’est quelque chose qui m’a semblé assez récurrent dans ton travail.

PAURRO : Oui. Oui ! J’adore découper les voix.

Tout a commencé parce que, lorsque j’ajoutais une voix à un morceau, disons à partir d’un échantillon, j’avais du mal à synchroniser correctement le timing. C’est pourquoi j’ai commencé à découper les voix pour les synchroniser comme je le souhaitais. C’était juste une façon pour moi de trouver la solution. Ce n’était pas vraiment réfléchi.

Mon sens de la mélodie n’est pas encore très développé, mais mon ami Matias, avec qui je vais jouer au SAT et qui est en quelque sorte un mentor pour moi, m’a dit de ne pas me soucier des mélodies. Il m’a conseillé de considérer les éléments musicaux, comme le piano ou le chant, comme des rythmes. C’est donc ce que j’essaie de faire, d’une manière qui colle aux morceaux, en utilisant différents motifs, en créant différents motifs, même à partir d’un seul échantillon vocal. J’aime bien le résultat sonore.

PAN M 360 : Tu aimes mélanger les genres ; tu as même déclaré dans des interviews précédentes que tu n’y prêtais tout simplement pas attention. C’est quelque chose qui ressort quand on écoute certaines de tes compositions : tu es en effet très éclectique. Alors, à quel genre de sons peut-on s’attendre lors de ton prochain concert au SAT ? Peut-être pas un son précis, mais plutôt une ambiance, une émotion, que tu souhaites créer ?

PAURRO : Je veux dire, je passerai juste après Matias, qui est lui aussi super éclectique. Il y a toujours quelque chose d’inattendu dans son set. Je veux m’inspirer de ce qu’il fait.

Je sais que ce sera très percussif. Je vais donc intégrer beaucoup de percussions dans mes sets.

J’aime les voix au son des années 90, donc ça sera là, mais je veux aussi un côté rave. Beaucoup de breaks aussi, c’est l’une des choses que j’aime le plus. En termes d’ambiance, je veux viser quelque chose de, hum, sexy, toujours rave, mais pas trop rapide, plus lent, un peu plus rythmé.

PAN M 360- Je suis un peu curieux : quand tu fais un set de DJ, quelle part prépares-tu à l’avance ? Quelle est la partie que tu présélectionnes avant l’événement, et quelle est celle que tu improvises sur le moment ?

PAN M 360 : Tu aimes mélanger les genres ; tu as même déclaré dans des interviews précédentes que tu n’y prêtais tout simplement pas attention. C’est quelque chose qui ressort quand on écoute certaines de tes compositions : tu es en effet très éclectique. Alors, à quel genre de sons peut-on s’attendre lors de ton prochain concert au SAT ? Peut-être pas un son précis, mais plutôt une ambiance, une émotion, que tu souhaites créer ?

PAURRO : Je veux dire, je passerai juste après Matias, qui est lui aussi super éclectique. Il y a toujours quelque chose d’inattendu dans son set. Je veux m’inspirer de ce qu’il fait.

Je sais que ce sera très percussif. Je vais donc intégrer beaucoup de percussions dans mes sets.

J’aime les voix au son des années 90, donc ça sera là, mais je veux aussi un côté rave. Beaucoup de breaks aussi, c’est l’une des choses que j’aime le plus. En termes d’ambiance, je veux viser quelque chose de, hum, sexy, toujours rave, mais pas trop rapide, plus lent, un peu plus rythmé.

PAN M 360- Je suis un peu curieux : quand tu fais un set de DJ, quelle part prépares-tu à l’avance ? Quelle est la partie que tu présélectionnes avant l’événement, et quelle est celle que tu improvises sur le moment ?

PAURRO : Ce que j’aime faire, c’est choisir à l’avance les trois ou quatre premiers morceaux et planifier également les deux ou trois premières transitions. J’aime savoir où j’en suis au début, ça me permet de prendre confiance, de sentir l’ambiance et de décider ensuite de la direction à prendre. Ça me laisse aussi le temps de me familiariser avec le matériel et de vérifier que le retour son est bon. Ça me donne l’espace nécessaire pour vraiment me plonger dedans et être présent. Il s’agit de prendre confiance, puis d’improviser. J’ai une playlist, mais je la suis rarement.

J’ai parfois aussi un morceau final en tête, vers lequel j’essaie de monter en puissance quand j’arrive à la dernière heure de mon set. Pour créer une belle impression de conclusion.

PAN M 360 : Chez PANM, on s’intéresse aussi à ce qui se passe sur et sous la table de mixage. Avec quel type de matériel travailles-tu ? En quoi influence-t-il ton style de DJing et de production ?

PAURRO : Je n’ai pas vraiment de matériel de production ; j’utilise mon ordinateur. J’utilise beaucoup de plugins, mais pour être honnête, j’ai l’impression de à peine savoir me servir d’Ableton. C’est comme s’il y avait toujours quelque chose de nouveau à apprendre, donc pour l’instant, je me concentre vraiment là-dessus.

Mais j’ai aussi envie d’explorer le jeu avec du matériel. C’est une autre étape dans ce parcours. Ce serait comme passer à la vitesse supérieure, je suppose ; la conception sonore avec du matériel, c’est un autre niveau sur lequel se concentrer. Le son serait tellement différent, avec bien plus de texture, et ça a tout simplement plus de saveur. Mais je n’en suis pas encore là. Je commence vraiment à me sentir à l’aise avec Ableton, et c’est ce qui me convient pour l’instant.

Pour le DJing, j’aime jouer à la fois avec le numérique et les vinyles. Chaque fois que je peux faire les deux, je fais les deux. Je n’ai pas fait de set entièrement sur vinyle depuis un moment, ce que j’ai vraiment envie de faire. Mais la musique que je joue en ce moment, je ne pense pas l’avoir en vinyle. Je dois me procurer plus de disques qui reflètent ce que je suis aujourd’hui. Mais je ne veux jamais arrêter de jouer des vinyles, car c’est comme ça que j’ai appris à mixer.

PAN M 360 : Ton set au SAT sera-t-il entièrement mixé en numérique ?

PAURRO : Oui. Je suis encore en train de déménager du Mexique, donc c’était trop compliqué pour moi d’emporter des vinyles pour cette tournée, mais j’espère pouvoir en apporter la prochaine fois. J’ai l’impression que beaucoup de gens ont arrêté de le faire parce que c’est difficile de voyager avec. C’est cher maintenant, car il faut payer des frais de bagages supplémentaires, et c’est un objet physique dont il faut s’occuper. Mais bon, il faut juste s’y habituer.

PAN M 360 : Pour le concert au SAT, quel type de matériel emmènes-tu avec toi ?

PAURRO : Je joue avec quatre C-DJ et un B10. Ouais, j’adore le B10. On peut faire tellement de choses avec. J’aime faire des coupures nettes. Ça dépend des morceaux, mais disons que ce que je vais jouer a une grosse ligne de basse, une ligne de basse puissante, je veux qu’elle arrive, pas comme un choc, mais pour la rendre soudainement très présente.

PAN M 360 : Comment planifies-tu ton set ? Partes-tu d’un morceau, d’une ambiance, d’un son particulier, d’un lieu, d’une époque, etc. ? Et comment assembles-tu les éléments ? Travailles-tu par association libre, par collage, en recherchant le contraste ou la continuité, avec une structure par chapitres ? Plus simplement, comment construis-tu tes sets sur le plan sonore et comment construis-tu la trame narrative ?

PAURRO : Je me fais donc une idée de ce à quoi ressemble le concert. Je regarde qui d’autre joue avec moi et à quoi ressemble le lieu. Est-ce un entrepôt ou un club ? Je m’imprègne de l’ambiance de l’événement et je l’interprète à ma façon. Tout dépend de l’ambiance que je perçois. Est-ce que mon son devrait être plus latino ? Peut-être plus axé sur la basse ? Ou plutôt plus house ? Je crée quelque chose à partir de ce dont la salle a besoin. Le premier morceau que je passe donne vraiment le ton de ce que je veux faire.

Je tiens vraiment à ce que l’ensemble soit harmonieux, que tout ait un sens. Je veux que mon set soit aussi cohérent que possible. Mais j’adore aussi les éléments de surprise. Je ne suis pas un DJ qui aime que les choses montent en puissance lentement. J’aime quand il y a des hauts et des bas soudains. Je recherche les moments « waouh », plutôt que de simplement rendre le tout agréable et cohérent. Mais en général, j’essaie de mélanger les deux. Je me sens vraiment satisfait quand j’ai l’impression qu’un fil conducteur relie mes sets. Je veux que ça « grandisse » bien.

PAN M 360 : Vous allez vous produire dans la Satosphère, le dôme de projection à 360 degrés du SAT, qui permet une immersion totale, tant sonore que visuelle. Quel impact cela aura-t-il sur votre set ? Avez-vous échangé avec les VJs (Visual Jockeys) qui se produiront avec vous, ou non ? À quoi pouvons-nous nous attendre de la rencontre entre votre univers sonore et leur univers visuel ?

PAURRO : C’est vraiment drôle, parce que c’est Bunbun qui s’occupe des visuels pour moi et pour Alex. Et Alex s’était déjà occupé des visuels pour moi au Mutek Japan. Malheureusement, nous avons tous les deux rencontré des problèmes techniques avec nos sets là-bas. Nous étions tous les deux en difficulté en même temps. Nous avons donc demandé au SAT de nous laisser retravailler ensemble, pour que cette fois-ci, nous puissions le faire correctement. D’après ce qu’il a fait pour moi au Mutek, je sais ce qu’il va faire. Je présenterai un univers similaire à celui que j’ai présenté au Mutek, mais adapté à un espace comme le SAT, qui est plus petit, plus intime.

PAN M 360 : Pourrais-tu décrire un peu ce que tu as fait au Mutek Japan, pour nous donner une idée de ce à quoi ça pourrait ressembler le 5 ?

PAURRO : C’était un peu fou parce que c’était au Japon. J’avais l’impression de devoir montrer un côté fou, quelque chose de plus risqué. Comme des voix déjantées, des cris, des sons aléatoires, quelque chose de plus techno, un peu plus rapide, avec beaucoup de variations de genres parce que je voulais montrer toute ma palette. Je pense que ce sera pareil au SAT.

PAN M 360 : Qu’espères-tu que le public retienne de ta performance au SAT ? Quelle serait l’expérience idéale ?

PAURRO : C’est le set de clôture, alors j’espère qu’ils rentreront chez eux vraiment satisfaits de tout ça, qu’ils repartiront avec un bon souvenir. Je veux qu’ils voient tout le travail que j’ai mis dans la préparation de mon set. Pour leur montrer que je suis une pro (rires). Je veux juste qu’ils dansent beaucoup et qu’ils rentrent chez eux après avoir dépensé toute leur énergie, en se disant : « Je suis crevé, je suis prêt à aller me coucher. C’était une super soirée. Elle était géniale ».

PAN M 360 : Dernière question, ouverte : y a-t-il quelque chose dans cette conversation que nous n’avons pas abordé et qui te semble important dans ta pratique artistique ?

PAURRO : Quelque chose que je n’ai pas mentionné, et qui a été vraiment important dans mon parcours en tant que personne, DJ et productrice, c’est mon label. Ça m’a donné beaucoup de recul. Avoir un label te donne une idée de la réalité de la situation dans l’industrie musicale. Ça peut paraître un peu cliché, mais ça me rend reconnaissante de pouvoir faire ce que je fais, car l’industrie musicale est vraiment difficile en ce moment pour les artistes indépendants. De plus, écouter toute cette excellente musique qui nous parvient et que nous allons sortir m’inspire énormément. Cela me donne davantage d’idées sur la manière dont je souhaite aborder la production et les ambiances que je veux explorer. Et aussi, les collaborations. Maintenant, j’ai envie de faire des collaborations. J’ai toujours été très réticent à l’idée de collaborer, mais maintenant que j’ai le label, je veux simplement que cela se concrétise. Cela ouvre une nouvelle porte.

PAN M 360 : Merci beaucoup pour cette interview. Un dernier mot sur ton set prévu le 5 et sur l’événement Futurs Antérieurs en général ?

PAURRO : Ça va être vraiment très sympa, alors les gens devraient y aller ! Tous vos sens seront en éveil et vous verrez des choses qui sortent un peu des sentiers battus. Et je ne parle pas seulement de moi ; je parle de tous les autres artistes. Ils sont incroyables. J’ai hâte de vivre cette soirée. Je resterai dans les parages ; je veux tout voir.

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Les projections dans des futurs spéculatifs nous protègent en ouvrant un espace à l’imagination là où le présent semble de plus en plus contraignant. Dans l’œuvre de Matias Aguayo, nous voici dans cet espace, un espace où la danse devient plus qu’une simple célébration ; elle fonctionne comme une forme de résistance et de survie collective. Dans les clubs, les espaces publics et des contextes inattendus, le rythme devient un moyen de réorganiser la façon dont les gens se rencontrent et s’écoutent les uns les autres. Dans cette conversation, il réfléchit à la liberté, à la contre-culture et à la nécessité de maintenir le mouvement vivant en réponse à un monde façonné par l’accélération et le contrôle.

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PAN M 360 : Avant de commencer l’enregistrement, tu disais que tu étais à Porto en ce moment ?

Matias Aguayo : Oui, je suis à Porto où j’ai donné un concert avec des danseurs et d’autres musiciens pour présenter l’album (Anenao), qui est sorti vendredi.

Mon emploi du temps a été extrêmement chargé, mais je suis aussi très heureux de pouvoir enfin partager cette musique et de la faire vivre sur scène. Sortir un album, c’est en quelque sorte la moitié du projet ; l’autre moitié consiste à donner vie à la musique, à la faire voyager, à la faire découvrir au public, à vendre le disque, etc. Je suis donc très enthousiaste.

PAN M 360 : C’est génial. Comme tu l’as dit, incarner la musique à travers la scène fait sans aucun doute partie du processus. Je pense aussi à ton prochain set pour le 30e anniversaire du SAT. Le SAT est un espace situé à la croisée de l’art, de la technologie et de la communauté. Tu viens de mentionner que tu travailles avec des danseurs, des voix et d’autres formes de performance au-delà de la musique électronique. Comment vois-tu ton travail s’inscrire dans cette démarche ?

Matias Aguayo : Je trouve cela tout à fait pertinent, surtout parce que c’est un espace extrêmement diversifié dans ses expressions. Je viens de la musique électronique de danse, mais pour moi, il a toujours été important d’avoir ces points de rencontre avec d’autres entités de la société et de ne pas rester enfermé dans cet environnement plutôt conservateur qu’est la musique de danse. Qu’il s’agisse de fêtes de rue à Mexico, d’événements impliquant des danseurs et des communautés locales, de musique pour des pièces de théâtre ou de travail avec des détenus, c’est dans ces points de rencontre où l’on abandonne le format qu’on attend de nous que je trouve le plus d’inspiration.

C’est aussi l’occasion pour moi de revenir et d’interagir avec le public montréalais, une relation qui s’étend désormais sur plusieurs décennies. Je n’y suis pas allé depuis un moment, donc pour moi, c’est une redécouverte d’une ville et d’un environnement que j’apprécie beaucoup.

PAN M 360 : Tu as évoqué la scène de la musique électronique de danse « conventionnelle ». Qu’entends-tu par « conventionnelle », et comment sors-tu de ce cadre ?

Matias Aguayo : Je pense que c’est assez naturel dans le sens où je recherche l’inspiration et des moments passionnants, et je ne les trouve pas vraiment dans des formats où l’on sait déjà clairement ce qu’on attend de toi. Quitter la cabine, prendre le micro, aller dans le public et interagir est très important pour moi. Je trouve que les contextes qui ne sont pas cantonnés à une seule direction, ou où le micro-discours d’une scène n’est pas si important, vous obligent à vous ouvrir à d’autres perceptions de ce que vous faites. C’est toujours inspirant. C’est aussi plus stimulant, et c’est plus amusant pour moi.

Parfois, il s’agit simplement de créer des conditions dans lesquelles l’effet de surprise est pratiquement inévitable. De nos jours, la musique électronique est devenue très prévisible et très centrée sur des genres et des étiquettes spécifiques. Les réseaux sociaux des grandes entreprises, les services de streaming et les algorithmes vous poussent dans cette direction. Ce n’est pas un environnement qui encourage vraiment l’intersectionnel, l’étrange ou les choses qui ne sont pas si faciles à définir.

PAN M 360 : En lisant des articles sur les soirées BoomBox, j’ai été frappée par la façon dont elles semblaient créer un espace propice aux rencontres inattendues et à de nouvelles orientations musicales. Pourrais-tu m’en dire un peu plus sur cette expérience ?

Matias Aguayo : BoomBox remonte à bien longtemps maintenant. C’étaient des soirées que nous organisions surtout en Argentine et au Chili, puis à un moment donné en Colombie, où nous passions toutes sortes de musiques. La musique qui en est ressortie était très orientée groove, très vocale et directe.

Aujourd’hui, à Mexico, je m’implique beaucoup dans La Nueva Red de Bailadores, un collectif qui organise des soirées gratuites dans des espaces publics. Ces soirées comptent parmi les plus éclectiques que j’ai jamais vues. Les DJ viennent d’horizons très divers, souvent des quartiers où nous nous rendons. On y entend toutes sortes de styles musicaux. On n’annonce pas non plus qui passe, donc personne ne sait vraiment qui est derrière les platines.

Pour moi, ça crée des situations très spéciales. C’est inspirant parce que ça t’encourage à essayer des choses différentes. Quand je fais de la musique, y compris celle de cet album, j’aime tester les morceaux avant qu’ils ne soient finis. J’aime les jouer en public, voir les réactions et entrer en dialogue avec les lieux où je joue.

Le studio peut être un lieu très introspectif, mais il entretient toujours un dialogue avec l’extérieur. C’est très important pour moi. Il ne s’agit pas tant de l’image du poète solitaire qui se livre dans ses écrits, mais plutôt de la personne qui évolue et fait face à différentes situations. Pour moi, c’est aussi un peu l’essence même du DJ. Être dans un contexte, savoir quoi passer, savoir comment réagir, capter l’ambiance du public et établir un dialogue.

PAN M 360 : Tu as mentionné La Nueva Red de Bailadores. Quand on regarde la musique électronique d’aujourd’hui, qui est devenue de plus en plus mondialisée et numérisée, on a l’impression qu’il existe encore ces espaces underground qui laissent place à d’autres façons de se rassembler et d’écouter. Selon toi, quels sont les aspects de cette culture qu’il est le plus important de préserver ?

Matias Aguayo : Je pense qu’il est très difficile de répondre à cette question, car les temps changent si rapidement, et surtout parce que les évolutions qui nous attendent dans les années à venir nous sont totalement imprévisibles.

Si quelqu’un m’avait dit il y a dix ans à quoi ressembleraient aujourd’hui le paysage musical, la politique et la société, j’aurais été stupéfait. Nous ne savons donc pas vraiment ce qui nous attend. Ce que nous pouvons faire, et ce qui me semble important, c’est de préserver l’esprit de la contre-culture. De nous concentrer sur l’imagination de meilleures formes possibles de communauté et de communautarisme, ainsi que sur l’imagination d’un avenir meilleur. Si toutes les dystopies dont on parlait autrefois se sont réalisées, peut-être que des récits positifs sur l’avenir peuvent eux aussi se réaliser si nous les imaginons.

La musique électronique n’est que le reflet de ce qui se passe dans la société dans son ensemble. Si nous constatons que la scène underground est en difficulté, ou que les artistes issus de la classe moyenne et l’industrie musicale indépendante sont en train de disparaître, ce n’est pas très différent de voir le petit magasin du coin remplacé par un Starbucks. L’interconnexion entre ces choses est extrêmement importante. Nous ne devrions pas oublier que ce qui se passe dans notre scène est lié à ce qui se passe dans la société.

Pour moi, cela signifie essentiellement la résistance contre le fascisme.

PAN M 360 : J’ai remarqué que tu as collaboré avec des artistes issus d’horizons musicaux et culturels très variés tout au long de ta carrière. J’imagine qu’il y a certainement des enseignements à tirer de ces rencontres, non seulement en tant que musicien, mais aussi en tant qu’auditeur. Y a-t-il des collaborations ou des moments qui ont particulièrement changé ta façon d’écouter les autres ?

Matias Aguayo : D’un côté, si je choisis de travailler avec des gens, c’est généralement parce que je pense que nous partageons des valeurs similaires, parce qu’ils sont doués dans ce qu’ils font, et parce que c’est agréable de travailler ensemble. Mais quand je pense à l’écoute et à l’ouverture aux autres, une expérience me vient à l’esprit.

Cela s’est passé au Centre pénitentiaire de Meaux pendant la pandémie. Nous faisions la fête après une répétition et j’avais vraiment envie de mettre de la musique et de faire danser les gens, car il y avait une ambiance de fête dans la salle. Beaucoup de détenus étaient d’origine algérienne, et j’avais de la musique raï des années 1980 sur mon ordinateur. Nous en avons discuté ensemble, nous nous sommes demandé si ce serait cool de passer cette chanson, et tout le monde était d’accord. Alors je l’ai mise.

Tout à coup, tout le monde s’est mis à danser. Tout le monde connaissait les paroles. Même depuis les cellules, on entendait des gens se joindre à nous, car une petite fête s’était soudainement installée dans un endroit qui n’est pourtant pas du tout festif. L’un des détenus est venu me voir et m’a dit : « C’est la première fois que je danse avec des amis depuis dix ans. » C’était très émouvant.

Mais cela m’a aussi fait prendre conscience d’une chose. Je me suis dit : « Bon, c’est ça, en fait, le travail. Proposer une chanson au bon moment et au bon endroit. Dans ce cas précis, apporter une touche de fête dans un lieu qui n’est pas vraiment festif. Ce genre de moments m’inspire énormément.

Des chansons comme « Sentimientos Encontrados » sur Anénoa, ou « El Internet », s’inspirent aussi des conversations que j’ai eues avec des gens sur la piste de danse lors de ces fêtes dans des espaces publics au Mexique. L’idée de parler par-dessus le morceau et de transmettre un message de manière poétique mais concrète vient directement du fait d’être à l’écoute de la piste de danse et de la période que nous traversons.

PAN M 360 : C’est magnifique. J’ai regardé le clip d’« El Internet », et ce qui m’a frappé, c’est le rôle central de la voix, non seulement en tant qu’élément musical, mais aussi presque comme une présence théâtrale. En écoutant « Anenoa », on a vraiment l’impression que la voix devient l’instrument principal.

En pensant à ce nouvel album par rapport à Support Alien Invasion, comment penses-tu avoir évolué entre ces deux albums ?

Matias Aguayo : Je pense qu’ils reflètent vraiment des moments différents.

Support Alien Invasion était en quelque sorte un album désespéré. C’était en 2019, et j’avais le sentiment que beaucoup de choses pas très cool étaient sur le point d’arriver. C’était presque un appel : « OK, s’il vous plaît, que quelqu’un de l’extérieur vienne nous aider. Essayons une nouvelle forme de communication. » C’est aussi pour ça que l’album est instrumental, même s’il y a des éléments qui rappellent le chant d’un point de vue communicatif ou mélodique.

C’était une déclaration importante pour moi à ce moment-là.

Anenoa est différent. J’ai pris mon temps pour le réaliser. Il s’inscrit dans son propre temps et son propre espace. Alors que Support Alien Invasion était presque un avertissement, Anénoa semble plus ouvert. Je ne veux pas dire que l’album précédent était dystopique, mais il était certainement plus sombre et plus « alien ». Et il est vrai que dans Anénoa, il y a un fort sentiment de joie et de liberté.

PAN M 360 : Il y a un réel sentiment de joie tout au long de l’album, et dans le climat culturel actuel, cela ressemble presque à un geste politique en soi.

Matias Aguayo : Oui, tout à fait. La liberté est un mot qui a été largement récupéré par la droite politique et dépouillé d’une grande partie de son sens. Mais j’essaie de vivre la liberté musicale. Si vous me demandez ce que j’aimerais préserver, c’est sans aucun doute cela : un sens plus profond de la liberté.

Et la danse en fait partie. La joie que procure la danse est une source d’énergie régénératrice dont on a besoin dans tout processus de résistance. C’est une réponse à ces temps dystopiques. Beaucoup de musique aujourd’hui est très dure et très sombre. Pour moi, cela ressemble souvent à une amplification de ce que nous vivons déjà plutôt qu’à une réponse à ces réalités. Je pense au minimalisme de la fin des années 1990 et du début des années 2000. Ce n’était pas une amplification de la surcharge d’informations ; c’était une réponse à celle-ci. Répondre à l’anxiété par davantage d’anxiété ne fonctionne pas vraiment pour moi.

PAN M 360 : Cela fait un bon moment que tu n’as pas joué à Montréal. À quoi le public peut-il s’attendre pour ton set à l’anniversaire du SAT ?

Matias Aguayo : Ça fait un bon moment, je crois que c’était en 2018 ou quelque chose comme ça, il y a presque dix ans.

J’essaie toujours d’arriver tôt aux concerts, de capter un peu l’ambiance, de voir ce à quoi les gens semblent ouverts, et ce qui ne l’est pas. Ensuite, je décide vraiment à la dernière minute de ce que je vais jouer.

Je jouerai évidemment des morceaux de l’album, mais aussi d’autres choses. Je ne peux vraiment me décider qu’au moment même. Je suppose donc que ce sera une surprise.

PAN M 360 : Et ma dernière question… As-tu des rituels avant de monter sur scène ? Quelque chose qui t’aide à te mettre dans le bon état d’esprit ?

Matias Aguayo : Je m’étire un peu et je me change juste avant de jouer. J’aime ce moment où je change de tenue, car j’ai l’impression d’entrer dans l’ambiance du concert.

C’est plutôt quelque chose d’intérieur. Je n’ai pas vraiment de rituel fixe que je suis à chaque fois, mais c’est peut-être ça. Juste me recentrer un peu, puis me lancer.

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« La musique de chambre est une forme d’art musical intime – une sorte de langage qui commence là où les mots s’arrêtent – qui rapproche les gens de leur quotidien et apaise l’âme. »

Tenu une 31e fois à Montréal sous la direction du violoncelliste Denis Brott, membre d’une grande famille de musiciens montréalais comme on le sait, le Festival de Musique de Chambre de Montréal fait la part belle aux répertoires classiques mais aussi au jazz.

Fondateur du festival et toujours son directeur artistique, le violoncelliste Denis Brott constitue une communauté nationale et internationale d’excellents interprètes chambristes de toutes générations et réputations, une soixantaine en tout, autour de laquelle il construit sa programmation.

Du 9 juin au 21 juin, principalement à la Salle Bourgie sauf une configuration très spéciale à la Maison symphonique, le Festival de musique de chambre de Montréal offre 16 programmes faits maison.

Pour arriver à ses fins, Denis Brott y réunit  singulièrement un aréopage de musiciens de choix qu’il décline dans plusieurs de ses programmes, tout en y prenant souvent part lui-même en tant que joueur. Le Festival de musique de chambre y présente des programmes variés, à la hauteur de la vaste culture dont fait état la direction artistique. 

Parmi les nombreux concerts à l’agenda on retient les suivants: à compter du 9 juin, la violoniste Sirena Huang, lauréate de prestigieux concours internationaux, exécutera intégrale des Sonates et Partitas pour violon seul de Bach en une série de trois concerts; Pour l’amour de Brahms, le 9 juin; dirigé par Denis Brott, Cellobration rend hommage au légendaire violoncelliste russe Gregor Piatigorsky, le 11 juin. Sous la direction du pianiste Matt Catingub, un programme jazz aborde 3 mondes distincts en mode big band : Sinatra, Ellington et Gershwin, le 12 juin. La fameuse Symphonie n° 9 en ré, op. 125  de Beethoven est exécutée selon un arrangement pour 8 instruments et 4 voix par Francis Malka, point culminant du programme Ode à la joie, le 16 juin. Le programme Une Soirée à Vienne est prévu au crépuscule du festival, avec au programme Schubert avec le Barbican Quartet et le violoncelliste Denis Brott ou Fritz Kreisler, avec le violoniste virtuose Kevin Zhu, pour ne citer que ceux-là.

En amont du FMCM, rien de tel que de causer à Denis Brott pour nous donner envie de plonger dans sa programmation.

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Il y de ces rencontres dont on ne soupçonne pas la force émotionnelle qui en ressortira. Ma discussion avec la soprano Karina Gauvin en vue de son récital du 3 juin 2026 au Festival Classica est de celles-là. L’artiste québécoise y interprétera pour la première fois de sa vie les Quatre derniers lieder de Richard Strauss, une œuvre poignante et d’une exquise subtilité d’émotions. C’est dans une version avec orchestre de chambre, réalisée par Olivier Larue, que sera donnée le chef-d’œuvre. Également au programme, une version également de chambre de la Première symphonie de Mahler, ‘’Titan’’, un arrangement de Klaus Simon.  Écoutez avec moi Karina livrer des réflexions très intimes et surtout profondément touchantes sur sa relation personnelle avec cette musique de fin de vie (Strauss l’a écrite dans sa dernière année avant de mourir). 

INFOS ET BILLETS POUR LE CONCERT DU 3 JUIN

Le Concours musical international de Montréal bat actuellement son plein avec son édition 2026 consacrée au violon. Durant les deux semaines intenses que dure cet événement majeur de la vie musicale montréalaise aux allures de marathon violonistique, les différents concurrents qui ont été invités à Montréal pour s’illustrer dans leur art ont foulé les planches de la Salle Bourgie, enchaînant prestation de sonates, œuvres contemporaines et pièce de virtuosité.

À cette étape-ci de l’aventure qu’est le concours, la ligne d’arrivée est proche et le carré d’as se précise alors que cinq finalistes ont déjà ont été retenus. Quelques jours avant le début du concours, le collaborateur pour PAN M 360, Alexandre Villemaire, s’est entretenu avec Chantal Poulin, directrice générale du Concours, qui pilote avec son équipe depuis un an la réalisation de cette édition.

Voici donc un retour sur ce qui anime cette édition et une vue sur qui sont les acteurs en jeu pour les dernières étapes.

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PAN M 360 : Que pouvez-vous nous dire des 24 concurrent.e.s qui sont arrivés à Montréal pour cette compétition ?

Chantal Poulin : Comme vous le savez, on travaille avec trois disciplines, piano, violon, voix.  Chaque groupe a un profil comme concurrent.  Quand on travaille avec le violon, la tranche d’âge est beaucoup plus large. Cette année, par exemple, on a deux jeunes de 17 ans et on en a d’autres qui ont passé la trentaine.  Mais ils ont tous un point en commun : ils sont tous issus des grandes écoles de musique de par le monde. Ce sont des gens qui se distinguent. Aujourd’hui, le milieu de la musique est tellement compétitif que si un jeune artiste de la nouvelle génération veut percer, il ne peut qu’être excellent. Les 24 candidats ont été choisis parmi 250 candidats et viennent de 17 pays différents. On est assez fiers de cet aspect. Dans un contexte où les frontières sont souvent de plus en plus hermétiques, pouvoir créer par la musique un tel rassemblement est exceptionnel.

Oui, c’est une compétition, mais c’est un rassemblement fraternel qui va au-delà pour permettre à la musique et à l’homme de triompher par ça. Le Concours est, avant tout, une belle aventure humaine. Quand on les voit arriver avec tout leur bagage, leur culture personnelle, c’est très riche comme rencontre.

PAN M 360 : Quelles sont les nouveautés, les éléments qui sont peut-être nouveaux que vous avez voulu implanter cette année dans cette édition de Violon 2026?

Chantal Poulin : Il y a des choses qui restent stables. Nous avons une formule qui est gagnante, qu’on tient à maintenir et à reproduire et qui nous a distingués comme concours montréalais.

Nous sommes aussi attentifs à l’évolution du milieu parce qu’on veut surtout s’assurer que les concurrents qui sont choisis lauréats chez nous soient des gens qui sont vraiment prêts à une carrière internationale. On souhaite toujours donner aux membres du jury toute l’expérience nécessaire pour être capables d’évaluer l’artiste dans toute sa plénitude. Chacune des étapes du concours renvoie et permet aux membres du jury d’examiner puis de juger certains aspects complémentaires. Évidemment, en demi-finale, on retrouve toujours les grandes sonates pour violon.

Mais ce qui est nouveau cette année, c’est qu’on a mis deux épreuves à la finale. On aura cinq concurrents qui seront à la première épreuve, cinq finalistes qui seront à la première épreuve de la finale, et trois grands finalistes qui seront le lendemain, le 4 juin, à la Maison symphonique. Tout ça pour permettre aux membres du jury d’entendre les plus forts de la cohorte dans deux types de concertos.

Il y a quelque chose qui est très fort au concours aussi, c’est le travail avec des présidents de jury qui sont issus de la discipline.

Cette année, la présence de Lucie Robert aux côtés de ma collègue directrice artistique, Shira Gilbert, a permis de revoir la façon de sélectionner, la façon d’écouter, de juger, de choisir les 24 qui viennent à Montréal. Et ce, tant dans les œuvres qui ont été demandées que dans la sélection du programme.

Sinon, il y a toujours ce désir de bien s’ancrer à Montréal. On est très fiers de notre ancrage international qui est sans contredit reconnu dans le milieu musical, mais on est très fiers aussi quand notre concours montréalais peut bien s’ancrer dans l’écosystème montréalais. D’où l’importance pour nous d’avoir ces contacts avec les institutions et avec les autres diffuseurs de musique classique. Le jury de la relève est également de retour.

PAN M 360 : Cette année les Mini Violini sont de retour. Qu’est-ce volet du Concours et à qui s’adresse-t-il ?

Chantal Poulin : C’est une activité qui est complémentaire au concours et qui ne s’inscrit pas dans le cadre de la compétition. Les jeunes qui y participent ne sont pas dans une dynamique de concurrence les uns avec les autres. On ne veut pas ça. C’est une occasion pour le public de voir ces jeunes qui sont au début de leur formation ainsi que leur potentiel. Cette année, ils joueront en alternance des extraits des Quatre Saisons de Vivaldi. Ce sont des jeunes que nous sommes forcément amenés à revoir. Il y a une Australienne, deux Canadiens et une jeune fille qui a la double nationalité américaine et sud-coréenne. Tous étudient dans de grandes écoles. Nous avons, par ailleurs, parmi les concurrent.e.s de l’édition 2026 du Concours, Hannah Tam, qui est une ancienne du Mini Violini de 2017.

PAN M 360 : À quoi ressemble une journée typique d’un concurrent du concours musical international de Montréal ?

Chantal Poulin : C’est très intéressant, parce que, au violon, c’est d’abord une performance physique. Les jeunes qui nous arrivent, ce sont des jeunes qui ont une conscience de ce besoin physique, et qui prennent habituellement soin de leur corps. Évidemment, tous les cas d’espèce existent. Les jeunes vont souvent bien manger pour déjeuner, ils vont sortir s’oxygéner, certains font du yoga, certains font de la course, certains font de la méditation, mais tous ont un moment où ils rentrent dans leur bulle où physiquement, ils vont prendre soin d’eux.

Il y en a qui pratiquent beaucoup, puis il y en a d’autres qui ont pratiqué beaucoup avant d’arriver, et quand ils arrivent, ils sont plutôt posés, ils vont retravailler un peu, revoir certains passages, travailler avec leur pianiste officiel qui leur est affecté, mais pour la plupart, le travail est déjà accompli avant d’arriver, donc ça va être moins dans la répétition. Et, ils vont aussi faire attention pour ne pas se blesser dans les dernières heures. Ce serait bête après avoir travaillé autant de se blesser à une main. Donc c’est un petit peu un mélange de tout ça qui rejoint avant tout une discipline, une rigueur, mais qui rejoint aussi beaucoup la personnalité de chacun. Et après ça, il y a le niveau de stress, et la façon dont chacun le gère. C’est beau de voir comment chacun embrasse ce stress nécessaire dans la performance, mais comment on le dose, on l’apprivoise.

PAN M 360 :  Que diriez-vous à quelqu’un qui verrait les publicités de ce concours pour le convaincre de venir ?

Chantal Poulin : Une chose est certaine, c’est que le défi est commun à tous les organismes de musique classique à Montréal. Qu’on en parle à nos collègues, nos amis de la Salle Bourgie ou qu’on en parle avec l’Orchestre symphonique de Montréal, qui est notre orchestre officiel. C’est vraiment beaucoup de travail pour emmener les gens en salle, mais à force de conviction et de détermination, on y arrive. Au concours, il y a un défi supplémentaire où les gens ont l’impression que ça peut être un peu élitiste, mais au contraire, ce n’est pas du tout ça.

Assister à une compétition de musique classique, c’est souvent plus accessible qu’un concert plus formel puisqu’on voit sur une même scène, défiler les uns après les autres, des musiciens distincts, qui ont leur propre couleur et qui viennent nous montrer le meilleur d’eux-mêmes. Indépendamment qu’on soit musicien de formation professionnelle, ou qu’on n’ait pas du tout de notions en musique, il n’en demeure pas moins qu’à la fin de chacune des séances, tous les gens ont une opinion.

Tous les gens vont dire : « Moi, ce soir, le deuxième concurrent m’a particulièrement touché. » Ou alors d’autres vont dire : « Moi, le troisième, je n’ai pas aimé son répertoire. » Une chose est certaine, tout le monde peut se laisser toucher par la musique. C’est un peu comme les Olympiques ! Je ne m’assois pas dans une estrade pour regarder les coureurs autour d’une piste, habituellement. Mais, quand arrive aux 4 ans le moment du 100 mètres, j’aime bien ouvrir le téléviseur pour les 10 secondes afin de voir courir ces supers athlètes les uns contre les autres. C’est spectaculaire, mais pourquoi c’est aussi tant spectaculaire ? C’est parce qu’ils sont stimulés les uns par les autres. C’est un peu ça le CMIM.

Dévoilement des finalistes

Des 24 concurrents sur la ligne de départ au début de la semaine dernière, ils ne sont maintenant plus que cinq ! Après une demi-finale relevée disputée jusqu’à tard le dimanche 31 mai à la Salle Bourgie, le jury international sous la présidence de la violoniste Lucie Robert a fait avancer Laurel Gagnon (États-Unis), Koshiro Takeuchi (Japon), Sara Watanabe (Japon), Aozhe Zhang (Chine) et Bade Dastan (Belgique /Turquie) la pénultième étape de la finale.

Ces cinq violonistes se produiront le 3 juin à la Maison symphonique avec l’Orchestre symphonique de Montréal où ils interpréteront chacun un concerto de Mozart. La phalange montréalaise sera dirigée pour l’occasion par le chef autrichien Sascha Goetzel. À l’issue de cette épreuve, trois seront retenus pour présenter un grand concerto du répertoire violonistique le lendemain 4 juin pour la grande finale.

Pour consulter le programme des finalistes, pour revoir les différentes performances des concurrents de l’édition Violon 2026, ou enore pour vos procurez des billets pour les épreuves de finale, rendez-vous sur le site du Concours.

crédits photo : Tam Photography

Pour la troisième année consécutive, le Concours musical international de Montréal a de nouveau fait appel à un jury de la relève. En parallèle au travail du grand jury international, le jury de la relève est chargé d’évaluer les prestations des violonistes avec, au bout de l’exercice, l’attribution de leur prix en ayant évalué les 24 concurrents de la première épreuve selon ses propres critères d’évaluation. Quels sont justement ces critères, quelle expérience cela représente pour ces jeunes violonistes? Cela fait partie des questions qui ont été posées à la présidente de ce jury, la violoniste canado-serbe et professeure Ana Drobac par le collaborateur de PAN M 360 Alexandre Villemaire.

PAN M 360 : Pour ceux qui ne connaîtraient pas, qu’est-ce que le jury de la relève au concours musical international de Montréal qui est dans sa troisième année. Est-ce que vous pouvez en dire quelques mots sur ce que c’est, sur ce que ça implique pour les jeunes dans la compétition?

Ana Drobac : Le jury de la relève c’est une occasion pour des étudiants de niveau universitaire, donc baccalauréat et maîtrise, d’avoir la chance d’être assis avec le jury international, juste en arrière d’eux au balcon de la Salle Bourgie, et d’écouter tous les candidats de la première épreuve. Ils ont comme mandat de donner un prix au violoniste, qui, pour eux, représente le gagnant. Ce prix accompagné d’une bourse en argent sera remis après une délibération le vendredi 29 mai en après-midi. C’est aussi une occasion pour eux d’échanger avec les membres du jury international, non pas sur les candidats, mais simplement de parler un peu de la musique ou de leur futur, peut-être même de créer des contacts. C’est vraiment une très belle opportunité que le Concours offre aux jeunes artistes que d’être en contact avec de grands maîtres et de voir comment ils approchent un concours, parce que qui sait, peut-être parmi ces jeunes il y aura peut-être de futurs candidats au concours.

PAN M 360 : En tant que présidente du jury de la relève, quel est le rôle que vous êtes amenée à jouer dans cette fonction auprès de ces jeunes musiciens et musiciennes?

Ana Drobac : C’est surtout de bien les guider dans leur écoute, de les amener à s’interroger sur quels sont les éléments importants, quels sont les caractéristiques qu’on recherche chez un gagnant; est-ce que c’est quelqu’un qui a une technique parfaite, ou quelqu’un qui nous touche par sa personnalité et dont on va se souvenir de sa performance, le billet pour l’entendre une autre fois, ou un artiste qu’on aimerait suivre dans le futur,  quelqu’un qui a une forte personnalité qui  peut transmettre  le message du compositeur, les émotions des œuvres, peut-être quelqu’un qui nous met les larmes aux yeux, ou qui nous fait sentir notre cœur battre plus fort, vous savez, comme de réveiller toutes les émotions.

Donc, je pense que mon rôle, ce serait vraiment de les diriger et d’enrichir les conversations qu’on va avoir après chaque trois, quatre candidats, mais aussi de les recentrer et de leur dire : « c’est quoi le but du jury, qu’est-ce qu’on cherche. » Mais à ce niveau, c’est un peu aussi personnel ce qu’on aime. Parfois, on aime les artistes qui nous ressemblent. Donc, si on est passionné, on va chercher quelqu’un comme ça, mais si on est plus réservé, peut-être quelqu’un qui est comme nous va nous rejoindre plus. Des fois, on aime les choses comme on joue nous aussi comme violonistes, on le sent, mais des fois aussi, ça peut être contraire, on est vraiment attiré ou on aime les choses qu’on n’a pas. 

PAN M 360 : Quel est l’équilibre qu’il doit y avoir, selon ce que vous venez d’énoncer, entre l’émotion et la part peut-être un plus rationnelle, qui comprend la technique instrumentale?

Ana Drobac :  Vous savez, chaque membre du jury est humain. Parfois, ça va peut-être dépendre de l’état dans lequel on est cette journée-là. On est plus émotif parce que quelque chose dans notre vie personnelle nous arrive, alors on est peut-être un peu plus sensible des phrases dans les mouvements plus lents, ou si on est tellement heureux parce qu’il fait beau à Montréal, après six mois d’hiver peut-être qu’on va accrocher avec quelqu’un qui est plus virtuose. On va donc vraiment voir la personnalité de chaque candidat aussi avec les œuvres qu’ils ont choisi. C’est ça qui est le plus difficile parce qu’on a juste une chance! Si cette personne joue la journée avant, puis avec un autre jury, peut-être que le résultat sera différent. C’est vraiment une perception dans le moment, ce qu’on ressent. 

Quand je suis allée écouter Christian Tetzlaff interpréter les sonates de Bach, c’était parmi ce que j’ai entendu de plus beau de ma vie. C’est vraiment comme un modèle quand j’enseigne le Bach à mes élèves. C’est comme une référence de comment ça devrait sonner. C’est cela qu’on recherche : le moment où le candidat nous laisse l’impression la plus forte qu’on ne peut pas l’oublier.

PAN M 360 : Comment la sélection de ce jury de la relève s’est faite ?

Ana Drobac :  Chaque institution a choisi ses candidats. Au Conservatoire, nous nous sommes réunis avec les professeurs de violon Anne Robert, Alexandre Read et Andrée Azar, pour décider du profil que nous recherchions.

 Nos trois candidats sont vraiment des violonistes exceptionnels qui pourront possiblement bénéficier de cette expérience et peut-être même, éventuellement, se retrouver un jour parmi les candidats dans le concours. Ça leur donne une autre perspective étant donné que la plupart du temps, on est toujours de l’autre côté de la médaille.  C’est vraiment rare, qu’on commence à être membre de jury dans le cadre d’une compétition aussi important que le Concours musical international de Montréal. 

PAN M 360 : Quels sont les défis auxquels ils vont être confrontés, d’après vous, notamment sur le fait d’évaluer des pairs qui ont à peu près leur âge?

Ana Drobac : Honnêtement, je ne pense pas que c’est quelque chose qu’ils font assez. Je pense que le défi, c’est de garder un équilibre, de vraiment regarder le tout avec un angle très global. Quand on a une grande connaissance du répertoire, on peut souvent mieux juger les choses qu’on connaît ou qu’on a déjà jouées plutôt qu’une œuvre qu’on découvre sur place. C’est le défi du jury de la relève. Ça demande une grande intelligence et de bonnes réflexions pour choisir et trouver le bon résultat, à la limite s’approcher du choix du jury officiel. 

Même si ce sont des élèves exceptionnels, dont certains ont presque le même âge que les concurrents, peut-être qu’ils auront l’impression de pas avoir le même calibre de jeux, mais j’espère que cela les motivera et qu’ils vont le prendre de façon constructive et de leur donner le goût de se dépasser encore et d’aller plus loin. Ultimement, je pense que le défi sera qu’à la fin de ce processus, ils soient tous contents du choix qu’ils ont fait. S’il arrive qu’on doive voter si on ne parvient pas à s’entendre. Il ne faudrait donc pas avoir de frustrations quand notre candidat n’est pas choisi. C’est ça, aussi le défi. !

Le choix de la relève 

Le défi que représentait l’évaluation des 24 concurrents de la première épreuve par le jury de la relève a permis de dégager une candidate du lot pour les 10 étudiants et étudiantes en violon issu respectivement de l’Université de Montréal, de l’Université McGill, du Conservatoire de musique de Montréal et du Royal Conservatory of Music. Avec son interprétation engagée de l’Étude no 3 de Jörg Widmann, de la Suite pour violon solo en la majeur de Johann Paul von Westhoff et la Rhapsodie de concert (Tzigane) de Maurice Ravel a été, c’est la Néerlandaise Charlotte Spruitt qui s’est mérité le Prix Richard-Trempe du Jury de la relève. Remis en partenariat avec Richard Tremblay et est accompagnée d’une bourse de 1 500 $.

crédits photo : Tam Photography

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Flore est l’une des incontournables de Futurs Antérieurs, qui célèbre trois décennies de musique électronique à la SAT et qui dresse la nappe pour les années à venir. En amont de cet événement d’envergure tenu les 5 et 6 juins prochains, Flore se produit sur scène le samedi 6 juin et offre une classe de maître en production et Djing dans le même contexte. PAN M 360 l’a jointe à Lyon où elle vit et où elle mène ses activités de création, pédagogie et production, puisqu’elle mène les destinées du label Polaar.

INFOS ET BILLETS ICI

PAN M 360 : Flore, vous venez à la SAT dans le concept du super marathon Futurs Antérieurs, au moins deux douzaines de performances les 5 et 6 juin prochains. Et vous donnez aussi une classe de maître en DJisme ou production. On sait que vous êtes certifiée formatrice Ableton. Alors donc, vous avez une expertise pédagogique et bien sûr, vous êtes avant tout une créatrice, une DJ productrice, compositrice. Est-ce bien résumé?

Flore : Absolument. Ça s’annonce être un week-end chargé. J’ai hâte!

PAN M 360 : Alors commençons par votre propre performance.  On vous associe à la scène bass music française et lorsqu’on lit vos profils biographiques et lorsqu’on vous écoute aussi, on observe que votre approche est très variée, bien au-delà de cette étiquette bass. On a  au moins circonscrit chez vous acid house, techno, musique afro-caribéenne, donc un mélange de tout ça. Bien sûr, aujourd’hui, faire de la musique électronique, c’est très rare maintenant qu’on est associé à une lignée très précise. On a toujours son mélange de prédilection, alors maintenant, c’est à vous de vous décrire!

Flore :   Quelqu’un me demande qu’est ce que j’écoute comme musique? Et ma réponse est êtes vous vraiment prête pour la réponse? En fait, je pense qu’il y a le fil conducteur qui fait le lien entre toute la musique que j’aime et que je joue. C’est quand même qu’elle tire son ADN des musiques noires au sens large.

C’est à dire qu’en fait,  j’étais vraiment très marquée par le hip-hop quand j’étais plus jeune, par la funk aussi. Et puis après, j’ai commencé à écouter vraiment de la musique sénégalaise, congolaise. Et puis, bien sûr, après tous les dérivés de musique électronique.

Moi, je suis arrivée à la musique électronique par le trip-hop et la drum’n’bass qui sont vraiment des courants, qui tirent leur ADN de la musique jamaïcaine et des sound systems. Donc, en fait, je dirais que la notion de BPM, pour moi, n’est pas très importante. Mais par contre, il y a toujours cette obsession pour le rythme et la basse. Voilà, c’est l’ADN, on va dire, de toutes les musiques qui m’obsèdent. 

PAN M 360 : Alors, vous avez mentionné, évidemment, toute la dimension jamaïcaine, jungle, dubstep, etc. Bass music, vous parliez du drum’n’bass, donc Ronnie Size et compagnie, il y a 25-30 ans. Toute cette lignée vous a marquée, sans compter les musiques afro-descendantes liées de près ou de loin à la francophonie.

Flore : Mais qui, au final, est arrivée tardivement, je trouve. À l’époque où j’ai commencé à mixer, à la fin des années 90, et pendant bien une bonne dizaine d’années, voire plus, quand j’ai commencé à faire ma carrière, les styles de musique électronique qui étaient vraiment les plus populaires étaient la techno et la house. Et qui, même si, quand on regarde l’histoire, étaient faits par des personnes noires  issues de Détroit et Chicago.

Mais au final, je trouve qu’en France, la découverte, en tout cas, de sonorités plus hybrides, et peu importe, on va dire, d’où elles tirent leurs inspirations, est arrivée au final assez tardivement, je trouve. Mais par contre, je m’en réjouis, parce que c’est vrai qu’aujourd’hui, je suis encore parfois surprise de voir à quel point, aujourd’hui, c’est plus du tout une surprise pour les gens sur un dancefloor d’écouter de la drum’n’bass.

Alors qu’il y a 15 ans, des fois, il m’arrivait de jouer dans des soirées qui n’étaient pas forcément des soirées hyper pointues, et où il y avait encore vraiment cette guerre de chapelle entre les gens qui écoutaient de la techno et les gens qui écoutaient de la drum’n’bass. Vous voyez, c’est pareil pour le dubstep et tout ça. Mais je m’en réjouis, parce que je trouve qu’aujourd’hui, il se passe plein de choses très intéressantes, et qu’en effet, j’ai du mal, des fois, à comprendre pourquoi il y a des artistes qui restent vraiment coincés que sur une thématique musicale quand on voit la quantité pharaonique de musiques de qualité qui sort de partout sur la planète et qu’on arrive à découvrir aujourd’hui grâce à Internet. C’est une sacrée chance qu’on a !

PAN M 360 : En même temps, c’est impossible de tout absorber. Chaque personne créative a son propre parcours et sa relecture de ce qu’elle a entendu et ce qu’elle est capable de digérer et finalement de transformer à ses propres fins. 

Flore : Absolument.

PAN M 360 : Vous avez défini les axes de votre style, mais en même temps, c’est absolument impossible à décrire complètement à la mesure… Enfin, ce que j’ai écouté de vous, c’est extrêmement varié. Alors des fois, ça va vers des trucs extrêmement mélodiques, des fois extrêmement techno, complètement portés sur une espèce de travail à partir des rythmes eux-mêmes et avec peu d’ajouts musicaux. Donc, vous avez vraiment… Votre spectre est très vaste et très large.

Flore : Oui, c’est vrai. Je pense que j’ai du mal des fois à me… J’ai du mal à reproduire deux fois la même chose. Ça ne m’intéresse pas, en fait. Donc, du coup, c’est vrai que pour quelqu’un qui ne me connaît pas, des fois, il peut écouter une sortie et une autre et se dire « Ah, mais c’est la même personne qui a fait ça ». Mais en fait, même moi, j’ai envie d’être stimulée intellectuellement dans ma pratique aussi de mon instrument qui est Ableton Live, mais qui vient aussi, à mon avis, même de la façon dont j’écoute de la musique. C’est-à-dire qu’en fait, dans une même journée, j’écoute plein de choses différentes et du coup, je pense que j’ai cette même approche aussi quand je me mets à composer. 

PAN M 360 : Oui, mais si on essaie de circonscrire quelques éléments de votre propre diversité artistique et  conceptuelle, quels sont les éléments les plus importants?  

Flore : Alors, je dirais que les… Il y a toujours, à mon avis, cette recherche de la question, enfin comment dire, l’assemblage ou le jeu de questions-réponses entre les percussions et la rythmique et les éléments mélodiques, mais surtout la basse, j’ai envie de dire. Et donc en fait, tant que je n’ai pas… Quand je suis en train de composer un morceau, le premier élément, on va dire qu’il faut vraiment que j’arrive à identifier rapidement, c’est le groove et aussi le timbre du groove, c’est-à-dire qu’en fait, j’aime vraiment quand les choses, elles sont très imbriquées les unes avec les autres. Et à partir du moment où ces éléments-là, donc rythmique et basse, commencent à trouver un espace commun, les autres éléments s’imposent à moi. La question suit:  comment ai-je envie d’enrober tout ça et aussi ce qui va m’aider à la construction du morceau pour que le morceau fasse 4, 5, 6 minutes et que du coup, il y ait un début, un milieu, une fin ? Mais c’est vrai que le travail sur la rythmique et la basse sont vraiment fondamentaux dans mon travail. 

PAN M 360: Collaborez-vous avec des musicien.ne.s, soit acoustiques ou électriques ?

Flore:  J’ai collaboré avec des chanteurs et des chanteuses, mais par contre, en termes d’instrumentistes, je dirais non. Je n’ai pas côtoyé beaucoup de musiciens dans ma vie, je n’ai pas fait le conservatoire, je n’ai pas fait d’école de musique qui, du coup, aurait pu me permettre de m’inscrire dans un réseau, on va dire de… Et au final, le réseau que je me suis constitué avec le temps, c’est plus un réseau de DJs, de producteurs, productrices de musique électronique.  C’est ça qui est l’intérêt de la musique électronique, tu n’as pas besoin nécessairement d’avoir une formation, ce qui est important, c’est de maîtriser des outils et d’avoir une très bonne écoute et d’être capable de bien marier les référents.

PAN  M 360 : Les bons producteurs, productrices ou DJs ou compositeurs électroniques, compositrices, ce sont leurs qualités premières. Ce n’est évidemment pas la virtuosité en tant que telle, c’est beaucoup plus le concept et la capacité de faire une synthèse personnelle de ce qu’on a écouté. 

Flore : Absolument, je vous rejoins complètement là-dessus.

PAN M 360 : Vous avez évolué comme ça, et pourquoi avoir choisi essentiellement, je ne dirais pas exclusivement, mais on voit bien que le Ableton Live, c’est votre outil de prédilection. Expliquez-moi pourquoi, comment en êtes-vous venu à faire ce choix et à développer cette expertise ? 

Flore : J’ai commencé à faire de la musique, à composer de la musique électronique à la fin des années 90. Et à l’époque, la première chose à laquelle j’ai eu accès, c’était un Atari 1040 ST avec Cubase à l’époque, qui ne faisait que du MIDI. Du coup, je ne pouvais rien enregistrer dans l’ordinateur. Dès que j’ai pu gagner un peu d’argent, je me suis acheté un synthétiseur. J’ai été utilisatrice de Cubase pendant très longtemps. En fait, ce qui m’a vraiment poussée à utiliser Ableton Live,  au début des années 2010,, j’ai eu envie de me mettre à travailler en live.

 Et le seul logiciel qui permettait et qui permet toujours de faire ça, c’est Ableton Live. Puisque, comme son nom l’indique, c’est vraiment un logiciel qui a été pensé pour interagir en temps réel avec le contenu qu’on met à l’intérieur, que ce soit des enregistrements audio, des synthétiseurs virtuels, ou même des synthétiseurs hardware, mais qu’on peut commander en interne dans le logiciel. Et donc, en fait, c’est ça qui m’a vraiment donné envie de creuser le logiciel. 

Et donc, après avoir creusé le truc pendant pas mal de temps, par un concours de circonstances, en fait, on m’a proposé de proposer ma candidature à la certification de la marque Ableton. Je donnais un petit peu des cours, déjà, mais je n’avais pas, on va dire, le tampon de la marque. Mais bon, j’avais déjà 8 ans d’expérience sur Ableton Live et 15 sur l’utilisation d’un ordinateur pour faire ça. Et donc, j’ai fait la certification. Du coup, j’ai réalisé que la semaine prochaine, ça fera 10 ans que j’ai ma certification.  

PAN M 360 : À Lyon, vous avez créé le label Polar que vous dirigez toujours

Flore : J’ai créé ce label il y a 12 ans maintenant avec  Marc Weistroff,  mon meilleur ami . Le nom Polaar, en fait, vient du mot pôle, un point qui définit un territoire. Et en fait, pour moi, le label, c’est un peu ça. C’est un territoire qui est affilié, on va dire, aux esthétiques bass music au sens large. Mais du coup, sur lequel on peut retrouver à la fois, je ne sais pas, un artiste comme Only Now, qui vient de San Francisco et qui fait, qui est d’origine indienne et qui, du coup, fait de la musique très noise avec des tablas et des percussions. Mais en même temps, on peut aussi retrouver Pretty Boy, qui est un artiste de Tokyo, qui, lui, vient plus du grime et qui a toute cette culture aussi très synth-pop, on pourrait dire. Et qui, du coup, fait des choses beaucoup plus léchées, un peu plus froides aussi. Ou encore un artiste comme SNKLS, qui vient de Clermont-Ferrand et qui, lui, est un dingue de footwork.

Et donc, en fait, le label, c’est un peu cette espèce de terrain d’expérimentation où, du coup, j’essaie de trouver des artistes qui, vraiment, ont un son qui leur appartient à eux exclusivement. Et là, dernièrement, j’ai sorti l’album d’un artiste anglais qui s’appelle SoRehab. Et c’est vrai que je suis très fière et même honorée que tous ces artistes me confient leur musique parce que je trouve qu’ils ont tous une façon hyper singulière de dire ce qu’ils ont à dire. 

PAN M 360 : Ce n’est pas votre première fois à Montréal, n’est-ce pas?

Flore : Je suis venue déjà deux fois auparavant. Je suis venue à la SAT à chaque fois. Et en fait, là, c’est la première fois que je viens pour un DJ set, parce que les deux fois précédentes, je suis venue pour jouer en live j’étais invitée par un promoteur parisien qui organise des soirées qui sont assez géniales, Les Yeux Fermés. Donc, en fait, c’était des concerts dans le noir, dans le Dôme de la SAT.

Et donc, j’avais fait un live avec le son spécialisé du Dôme pendant 25 minutes. Et après, je suis revenue pour jouer, en fait, à un film Dôme qu’on a créé avec Yannick Moreto, qui s’appelle Sensitive Abstraction, et qu’on a joué sous le Dôme de la SAT dans le cadre de Cinémania, il y a deux ans, si je ne me trompe pas. 

PAN M 360 : Et là, c’est votre troisième passage à Montréal.

Flore : Voilà. Et je suis très contente de venir en DJ set parce que, voilà, ça, c’est encore jamais produit. Ça va être deux heures.

PAN M 360 : Et puis vous allez donner un master class  dans l’après-midi du samedi 6, c’est ça? 

Flore : C’est ça, exactement. Quand je donne habituellement des cours à Lyon, c’est plus sur des formations qui durent deux semaines. Et donc, du coup, on va très loin dans l’utilisation du logiciel. Et il y a soit une thématique vraiment de composition, composition arrangée, mixée, et une autre formation qui est sur l’utilisation de live pour la scène et la performance.

Et là, vu que c’est un atelier d’une heure et demie, là, j’avais envie d’animer un atelier comme j’ai déjà fait et qui plaît bien. En fait, je vais déconstruire un morceau à moi. Et donc, en fait, le truc qui est intéressant, c’est que ça permet d’expliquer, en fait… Déjà, de montrer à quoi ça ressemble un morceau, en fait, quand il est… À quoi ça ressemble en Ableton Live, en fait.

Parce qu’en fait, j’ai constaté avec mon expérience que beaucoup de personnes font de la musique isolée chez elles. Et en fait, des fois, elles ont l’impression d’avoir de mauvaises pratiques, alors qu’en fait, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise. Il y a juste plein de façons différentes de faire les choses.

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Comme chaque année, l’équipe de PAN M 360 se prépare à couvrir le Festival International Nuits d’Afrique, l’un des temps forts de notre été. Mais cette année sera particulière puisqu’il s’agit de la 40ème édition et les organisateurs semblent vouloir marquer le coup. Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec Suzanne Rousseau, directrice générale des Productions Nuits d’Afrique et co-fondatrice du Festival International Nuits d’Afrique. Elle est donc très bien placée pour nous dresser un bilan des 40 dernières années en nous partageant les moments forts, les années marquantes, l’évolution du festival mais également le choix derrière la programmation de cette année. Une primeur cette année: l’hymne conçu spécialement pour les 40 ans, dont la musique a été composée par Meiway et sur laquelle plusieurs artistes ont collaboré, un genre de « We are the World » pour souligner cet anniversaire. Avec Oumou Sangaré en ouverture et Tiken Jah Fakoly en clôture, qui ont tous les deux eu leur première scène à Montréal avec Nuits d’Afrique, cela reflète la richesse de cette programmation spéciale. Notre journaliste Sandra Gasana a échangé avec Suzanne Rousseau pour PAN M 360.







Dans le cadre du festival Classica,  la pianiste Élisabeth Pion interprète les trois premiers concertos pour piano de Beethoven,  première collaboration autour d’intégrale d’œuvres. Pour cette occasion, PAN M 360 s’est entretenu avec Élisabeth pour discuter du concert qui se déroulera à la Paroisse Catholique de Saint-Lambert.

BILLETS ET INFOS ICI

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PANM360 :  Tu présentes dimanche un premier concert portant sur l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven, qu’est-ce qui  t’intéresse dans l’idée de faire des intégrales d’œuvres?

Élisabeth Pion : Je n’ai pas fait vraiment d’intégrale dans ma vie. C’est donc assez nouveau pour moi. La seule chose à laquelle je peux penser, c’est l’intégrale des études op.25 de Chopin récemment. Je dirais que c’est un nouveau désir qui a émergé peut-être avec l’âge, mais j’avais surtout très envie de me plonger dans le langage d’un compositeur.

Puis, je crois qu’en jouant plusieurs pièces d’un compositeur, on comprend mieux sa façon de créer, de fonctionner, mais aussi, d’une manière générale, sa vision de la musique et la manière dont chaque œuvre émerge l’une de l’autre. C’est vraiment fascinant de voir l’évolution à travers les concertos.

Je pense aussi que je fonctionne bien quand je suis en immersion. Donc de pouvoir jouer tous les concertos, je trouve que ça me donne vraiment une relation intime à ceux-ci, et donc, une compréhension en profondeur de chacun.

PAN M 360 : Comment trouves-tu qu’en tant qu’interprète, quand on fait des intégrales, on a une approche différente qu’à l’habitude face aux œuvres?

Élisabeth Pion : Oui, l’approche est différente parce qu’on fait plus de liens. Il y a des thèmes ou des traits que je suis comme « ah, mais ça, c’est comme l’empereur avant l’empereur ». Il y a des bouts dans le premier concerto ou même dans le deuxième qui préfigurent ça. Donc, même dans ses œuvres de jeunesse, on a déjà dû Beethoven mature à l’intérieur aussi. C’est vraiment fascinant de voir comment chaque œuvre le révèle à lui-même.

Puis je te dirais que dans l’approche, je pense que c’est juste plus intensif. C’est plus de recherche, plus d’investissement. Mais en même temps, je dois dire que même quand je joue seulement une œuvre de quelqu’un, je fais autant de recherche. J’aime beaucoup écouter le reste du répertoire qu’ils ont écrit pour m’imprégner du style du compositeur.

PAN M 360 : Pour ce concert, tu joues les trois premiers concertos. Y a-t-il une raison particulière dans le choix de cette division des concertos?

Élisabeth Pion : Je pense que c’est logique si on veut montrer le développement organique du style de Beethoven. De plus, les deux derniers concertos ont vraiment un univers et un style propre à eux qu’on ne retrouve pas dans les trois premiers.

Dans les deux premiers, on est vraiment encore dans le style classique. On entend beaucoup Haydn et Mozart, le troisième, on entend vraiment Beethoven, au même titre que son premier trio en do mineur, c’est vraiment sa propre voix qui émerge davantage.

Mais le quatrième, on entre dans un univers qui est beaucoup plus mystique, surréel. Donc, je trouve qu’il y a vraiment une division claire, quand même, entre l’univers des deux premiers et du reste des concertos qui ont un univers propre à chacun.

PAN M 360 : Selon toiu, qu’est-ce qui ressort d’intéressant dans chacun des trois premiers concertos?

Élisabeth Pion : Au niveau de la forme, c’est très semblable. Je dirais que c’est le style de chacun et ce qu’il représente individuellement qui changent au fil des concertos.

Le deuxième concerto est plus espiègle, c’est très frais, très joueur. Le premier est comme une marche, mais glorieuse. Il y a déjà quelque chose de plus triomphant, je trouve. Déjà là, on se rapproche un peu plus de Beethoven, parce que le côté triomphant, ça se retrouve, dans pas mal toute son œuvre, par exemple l’Ode à la joie. On a donc quelque chose de solaire et de très déclamatoire.

Le troisième concerto, on est dans le drame, le pathos. C’est plus sombre, désespéré ou encore tragique. On a quelque chose qui commence à être mystique dans la recherche aussi. Puis après ça, ça commence à s’approfondir dans le quatre et le cinq, mais le cinq, c’est comme le couronnement de la gloire.

Donc ouais, je les aime tous. Puis, vraiment, c’est une chance de pouvoir tous les côtoyer.

PAN M 360 : Comment ça s’est déroulé, cette collaboration avec Arion?

Élisabeth Pion : Ça fait longtemps qu’on se connaît. En fait, c’est grâce à Marc Boucher, il nous avait jumelés pour un concert à Classica en 2021 où on avait fait deux concertos de Mozart et, tout de suite, il y a eu vraiment une très bonne chimie.

Après ce concert-là, j’avais joué en rappel une étude de Mongeroult. Puis, Mathieu (Lussier), il était vraiment touché par cette musique-là. Il m’avait demandé si elle avait écrit des concertos.

J’ai commencé à faire de la recherche en collaboration avec la bibliothèque à Paris, qui a eu les partitions, et j’ai découvert qu’elle avait en effet des concertos et qu’ils n’avaient jamais été enregistrés. On a donc enregistré un concerto de Mozart et le premier concerto de Mongeroult en 2023 sous l’étiquette Atma classique dans un album nommé Amadeus et l’Impératrice, en plus de les jouer à la salle Bourgie.

 Après ça, Marc Boucher a entendu mon enregistrement Amadeus et l’Impératrice, puis il était comme « Ok, là, il faudrait que vous fassiez une intégrale des concertos de Mozart. »

Je trouvais qu’il en avait trop, que ça me prendrait énormément de temps, mais il a ensuite mentionné Beethoven, qui, n’en a que cinq et j’ai trouvé cela très intéressant.

Je me pose souvent la question, « Est-ce qu’Élisabeth, 80 ans, serait contente d’avoir pris cette décision-là? » Et je me suis dit que oui, elle serait contente d’avoir appris tous les concertos de Beethoven quand même assez jeunes parce qu’après ça, je peux évoluer avec eux toute ma vie. C’est vraiment un investissement de temps et d’énergie artistique qui en vaut la peine et que j’ai envie de faire. Surtout avec Mathieu, puis Arion. C’est tellement une superbe collaboration. C’est une joie de les retrouver dans un nouveau répertoire. Il y a vraiment un sentiment de communauté où tout le monde s’écoute.

Des artistes qui s’inventent un projet porteur pendant la pandémie, il y en a eu, et c’est très heureux car c’est le meilleur exemple de la force transcendante de l’Art : faire du pire un tremplin pour le meilleur. Les pianistes du duo BoMi, pour les Québécois Michel-Alexandre Broekaert et Boran Zaza (d’origine kurde), sont de cette espèce. C’est pendant le confinement que le couple a eu l’idée de jouer la musique de compositeurs d’Asie de l’Ouest (ce qu’on appelle communément Moyen-Orient), Liban, Kurdistan, Iran, etc. et d’en faire le coeur d’un programme de concert qui rassemble également Ravel, Fazil Say, Khachaturian, Massenet, etc. La pandémie terminée, les premiers concerts ont été donnés et le succès aidant, se poursuivent encore. Puis, pour avoir un petit quelque chose à offrir aux spectateurs-trices, le duo vient de sortir un album court, un EP, nommé Du Liban au Kurdistan, qui réunit des compositions du Libanais Maurice Ghanem et du Kurde Brahim Shexo. Un album de jolies mélodies, peu connues ici, et dont j’ai fait la recension ailleurs sur le site. 

CONSULTEZ LA CRITIQUE DE L’ALBUM DU LIBAN AU KURDISTAN

Afin de jeter un peu de lumière sur la démarche entamée, sur les œuvres de ces compositeurs peu connus et sur leur amour du piano en couple, j’ai rencontré Michel-Alexandre et Boran. Voici cette entrevue : 

L’ensemble Caprice sous la direction de Matthias Maute s’apprête à offrir les six Concertos brandebourgeois de Bach en une seule soirée de concert, le 2 juin 2026 à l’église Sainte-Famille de Boucherville. Une soirée excitante pour n’importe quel musicophile qui se respecte, tellement ces exemples du génie de Bach sont colorés, éclatants, riches et complexes en idées stimulantes. Ils sont aussi extrêmement différents les uns des autres, ce qui impose aux interprètes, en plus des lignes de virtuosité redoutables, des ajustements constants en termes de jeu dynamique, d’articulation et de d’expression. Les six bijoux de construction baroque n’ont d’ailleurs jamais vraiment été conçus pour être joués d’un seul trait. En préparation de ce concert, je vous invite à plonger dans ces oeuvres avec le chef lui-même, Matthias Maute. 

INFOS ET BILLETS POUR LE CONCERT DES CONCERTOS BRANDEBOURGEOIS, LE 2 JUIN 2026

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