Laura Krieg et Renonce prouvent que la Darkwave francophone est bien vivante

par Max Seaton

Jeudi soir dernier, un événement plutôt rare a eu lieu au Bar Le Ritz : Un concert darkwave presque 100 % francophone. Les deux têtes d’affiche, la reine locale du genre, Laura Krieg, et le nouveau groupe post-punk/industriel Renonce, qui lançait son premier album, Ombre, étant deux projets qui privilégient le langage surréaliste et sombre de Rimbaud et Baudelaire dans leur musique. J’étais donc très heureux de me rendre au Ritz (une salle que je n’aime pas particulièrement d’habitude) après un délicieux dîner avec de bons amis dans un excellent petit restaurant indien près de la salle à Parc-Extension. Je suis arrivé vers 20h30, heureux de me réchauffer les fesses après avoir marché un moment dans le vent froid de cette soirée de printemps encore froide, juste à temps pour saluer quelques uns de mes amis dans la foule grandissante, se déplaçant vers l’avant, quelques instants avant que le spectacle ne commence.

Visages maquillés, cheveux exagérément laqués, vêtements new-wave/glam androgynes rappelant le style de la marque emblématique du début des années 80 Parachute, Laura Krieg et son acolyte musical habituel, le vétéran de la scène post-punk Johny Couteau, sont arrivés sur scène sous une vague d’applaudissements enthousiastes de la part des spectateurs curieux qui se sont rapidement rassemblés devant le duo. La performance commence fort avec une boîte à rythmes et des synthés extrêmement accrocheurs sur lesquels Johny joue des lignes de basse minimales, mécaniques et très efficaces, ainsi que des percussions épiques sur un drum pad, tandis que Laura chante de manière décontractée, mais toujours enivrante, et joue de temps en temps de la guitare. Les fans du groupe, comme moi, auront reconnu plusieurs morceaux de leur répertoire tels que « Tout s’effondre, tout va bien », « Angst », et « Fin du travail, vie magique ».

Laura Krieg Shredding / Stephan Boissonneault, PAN M 360

« Fin du travail, vie magique » / Laura Krieg

Pendant près d’une demi-heure, le duo de Laura Krieg a réussi à faire bouger un public qui semblait un peu figé au début, grâce à de nouveaux morceaux que je n’avais jamais entendus auparavant et qui avaient une influence plus italo-disco, voire presque euro-pop, que j’espère entendre sur un nouvel album très prochainement.

Après un petit entracte d’une vingtaine de minutes, c’est au tour de Renonce de prendre d’assaut les oreilles du public avec ses sonorités darkwave à saveur industrielle. Fondé en 2021, le projet solo de Frédéric Nogarede, qui a notamment joué avec le groupe Adam Strangler il y a quelques années, célébrait la sortie de son premier album, Ombre. Comme c’était la première fois que je voyais Renonce en concert, je ne savais pas à quoi m’attendre. A ma grande surprise, le musicien est monté sur scène accompagné de deux autres musiciens, un guitariste et un batteur, ce qui m’a énormément plu car on voit de plus en plus de musiciens solos qui se contentent de chanter sur des backing tracks joués sur un laptop.

Renonce @ Bar Le Ritz

Le groupe a pu livrer une prestation très énergique, enchaînant des chansons industrielles lourdes de manière quasi-continue, entrecoupées d’impressionnants paysages sonores instrumentaux construits sur un ensemble de synthétiseurs analogiques étalés sur une table devant le chanteur. La batterie, très puissante et serrée, sonnait presque comme une machine et la guitare utilisait, entre autres, le feedback de manière très habile. Le chant, quant à lui, passait parfois de la douceur et de l’introspection à un cri aigu rappelant Nivek Ogre du groupe industriel classique Skinny Puppy. Un autre aspect sympathique était l’utilisation de projections sur le mur derrière le trio, ce qui a grandement contribué à l’ambiance de la performance.

Une belle soirée qui m’a conforté dans l’idée que la scène alternative francophone montréalaise est en plein essor et qu’elle s’est très bien remise de ses malheurs pandémiques des dernières années.

Photos by Stephan Boissonneault

Tout le contenu 360

Francisca Valenzuela – Maldita

Francisca Valenzuela – Maldita

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

FME 2026 I Moiré, c’est du « slowcore » pour les esprits fatigués

Fête de la musique | Lumineux Moneka Arabic Jazz

Fête de la musique | Lumineux Moneka Arabic Jazz

GA, la série de shows | Vers le GAMIQ, Smoke Spell ouvre le bal

GA, la série de shows | Vers le GAMIQ, Smoke Spell ouvre le bal

Fête de la musique | Le saxophone en voyage avec le Duo Aster

Fête de la musique | Le saxophone en voyage avec le Duo Aster

Fête de la musique 2026 | Timothy Chooi et son violon envoûtent Tremblant

Fête de la musique 2026 | Timothy Chooi et son violon envoûtent Tremblant

FME 2026 I Double Truck, double violence

FME 2026 I Double Truck, double violence

FME 2026 I Mek’Dr’Dr apporte des pelles et du post-punk décalé à Rouyn-Noranda

FME 2026 I Mek’Dr’Dr apporte des pelles et du post-punk décalé à Rouyn-Noranda

FME 2026 I Hologramme transforme le Petit Théâtre en discothèque torride

FME 2026 I Hologramme transforme le Petit Théâtre en discothèque torride

FME 2026 I Lou-Adriane Cassidy transforme la scène principale en son propre couronnement disco-funk

FME 2026 I Lou-Adriane Cassidy transforme la scène principale en son propre couronnement disco-funk

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné