bossa nova / Brésil / jazz

Journées brésiliennes | La Saudade selon Erivan GD

par Sandra Gasana

En cette deuxième journée brésilienne, nous avons eu droit à un sextette composé de musiciens de haut calibre sur l’avenue Duluth, pour lancer la programmation musicale. Sous la direction du bassiste Erivan GD, qui accompagne plusieurs artistes de la scène brésilienne à Montréal, et qui nous a concocté un set haut en couleurs et en émotions.

J’avais eu le plaisir de le voir à la Brassée il y a quelques mois, mais cette fois-ci il avait agrandi sa formation pour l’occasion. Nous avions donc Jean-Philippe Grégoire à la guitare, Santiago Ferrer, au piano, le saxophoniste Thiago Ferté, Olivier Bussières aux percussions de toutes sortes et le batteur Shayne Assouline. Ensemble, ils ont réussi à nous faire oublier le froid qui régnait en ce début de septembre.
Ce que j’aime dans les performances de ce type, sans voix, c’est la longueur des solos. Dès les premiers morceaux, nous avions droit à plusieurs solos, pas toujours dans le même ordre, qui alternaient. Nous avions le temps de nous plonger entièrement dans l’univers du musicien, dans les méandres de ses rythmes, avant de passer à un autre musicien. Le percussionniste variait ses instruments, utilisant parfois un pandeiro, ou d’autres instruments typiquement brésiliens, entre autres.
« Il fait froid alors je dois bouger. Si vous voulez, bougez avec moi », nous propose Erivan, après avoir débuté par le morceau Afternoons, de Milton Nascimento, qui vient de sortir un album avec Esperanza Spalding. (MILTON + ESPERANZA – PAN M 360)

Il enchaîne ensuite par trois de ses compositions, dont Déjà vu. Les instruments entre graduellement, donnant l’impression que les musiciens habillent le morceau, couche après couche. Même durant ses solos, Erivan parvient à garder le rythme et la structure du morceau, lui permettant de revenir avec l’ensemble de manière fluide. Dans son rôle de chef d’orchestre, il communique du regard avec ses musiciens qui savent quand entrer, quand sortir, le tout très subtilement. L’intensité était à son maximum lors du morceau Everything is sound, qui comportait parfois des arrêts brusques, avant de poursuivre avec des envolées rythmiques.

« La troisième pièce est très spéciale pour moi en cette journée et s’appelle Saudade, qui est un terme portugais difficile à traduire en français, un peu comme la nostalgie », nous explique Erivan, avant de nous jouer un jazz / bossa, mon coup de cœur du spectacle. La progression se faisait tout naturellement, avec des moments de solos mais aussi les instruments à l’unisson. C’est alors que le percussionniste ajoute son pandeiro pour accentuer la touche brésilienne de la formation, avant de terminer la pièce de la même manière qu’ils l’ont commencée.

On ne pouvait pas terminer le mini-concert sans y inclure un autre classique, celui de Tom Jobim, Samba de Verão, avec des solos de piano qui donnaient la chair de poule. Et pas seulement à cause du froid, mais surtout à cause des émotions intenses ressenties par les spectateurs, qui se faisaient de plus en plus nombreux durant le spectacle.

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