expérimental / opéra contemporain

Le Vivier : Chants Libres – Oper’Actuel à la salle Paul-Buissonneau

par Rédaction PAN M 360

Oper’Actuel est un événement phare de Chants Libres, compagnie lyrique de création. Cette 9e édition rassemble publics, artistes et professionnel·le·s du milieu autour de spectacles, ateliers, discussions et vitrines professionnelles mettant en lumière les nouvelles pratiques lyriques d’aujourd’hui. Point culminant du festival, le spectacle Oper’Actuel propose une carte blanche à la soprano Sarah Albu, accompagnée de l’Ensemble Paramirabo sous la direction de Stephen Mulligan. Au cours de la semaine, le festival présentera également Come Closer, une création de la compagnie torontoise Opera 5 dirigée par Rachel Krehm; askîwan, une œuvre du créateur cri-métis Tyson Houseman ; ainsi qu’une première présentation de Akasha : Le souffle de l’univers, un opéra-danse interculturel proposé par Hamsa créations lyriques sous la direction de la soprano Kripa Nageshwar.

Oper’Actuel is a flagship event of Chants Libres, a company dedicated to the creation of new opera. This ninth edition brings together audiences, artists, and industry professionals through performances, workshops, discussions, and professional showcases highlighting today’s emerging operatic practices. The festival’s centerpiece, the Oper’Actuel performance, offers a carte blanche to soprano Sarah Albu, accompanied by the Paramirabo Ensemble under the direction of Stephen Mulligan. Throughout the week, the festival will also present Come Closer, a new work by Toronto-based Opera 5, directed by Rachel Krehm; askîwan, a work by Cree-Métis creator Tyson Houseman; as well as the premiere presentation of Akasha: The Breath of the Universe, an intercultural opera-dance work by Hamsa créations lyriques, led by soprano Kripa Nageshwar.

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Ce contenu provient de Le Vivier et est adapté par PAN M 360

classique indien / musique contemporaine

Opér’actuel 2026 : Akasha, opéra masala

par Frédéric Cardin

En ce moment a lieu la première édition d’Opér’actuel, dans sa mouture festival biennal. Fidèle à la vision portée par la directrice artistique Marie-Annick Béliveau (LIRE L’ENTREVUE AVEC ELLE À PROPOS DU FESTIVAL), le premier événement invitait le public à une rencontre interculturelle entre l’Inde spirituelle et l’Occident artistique. 

Akasha, le souffle de l’univers est une production de la soprano Kripa Nageshwar et de sa compagnie Hamsa Créations Lyriques, basées à Longueuil. Une formation de chambre composée d’un piano, d’une clarinette, d’un violon carnatique (tradition du Sud de l’Inde), d’un sarod et d’un santour accompagne la soprano qui chante et récite des poèmes indiens (de Tagore, entre autres) mis en musique par Colin Eatock, et des pièces lyriques inspirée de la culture indienne. Parmi celles-ci, un extrait des Pêcheurs de perles de Bizet (Ô Dieu Brahma), des Poèmes hindous et Ragamalika de Maurice Delage et un extrait d’un ‘’Messie’’ composé par le Canadien Amirthan Sothivannan. 

INFOS ET BILLETS POUR LE FESTIVAL OPÉR’ACTUEL 2026

La musique d’Eatock agit comme un liant entre toutes ces musiques qui, exception faite de Bizet, fusionnent assez bien dans le langage tonal moderne, teinté de reflets évoquant la musique classique indienne. Le résultat musical évoque quelque chose que Britten aurait pu pondre s’il avait eu la fibre sud-asiatique. C’est donc assez accessible et les arrangements pour le petit orchestre de chambre aux combinaisons inusitées fonctionnent bien. On réussit surtout à éviter l’impression d’exotisme New Age un peu gna-gna qui finit souvent par colorer les projets occidentaux, surtout grand public, qui souhaitent plonger dans la spiritualité indienne. 

Car Akasha est surtout un portrait de l’un des aspects fondamentaux de la religion hindoue. « Akasha » (en sanskrit) désigne l’élément éther ou espace qui, dans la culture sud-asiatique, est associé au cinquième chakra (la gorge), d’où jaillit la voix. C’est également le champ primordial d’où émerge toute la création et la force invisible qui relie tous les êtres. 

C’est un espace où transitent les âmes des défunts dans leur voyage vers l’ultime connexion avec le Tout universel. Dans le cycle des naissances-renaissances, l’âme qui n’a pas atteint le détachement suffisant des choses superficielles passe par cet espace avant de renaître dans le Monde terrestre, et recommencer le voyage. Celles, plus rares, qui ont atteint le niveau requis passeront par Akasha pour atteindre l’unité universelle et ne plus revenir.

Akasha, l’opéra, permet donc au public de rencontrer l’un de ces âmes (incarnée par Kripa Nageshwar), qui raconte ses premières extases émotionnelles devant la beauté de la vie terrestre, ses attraits, ses joies, toutes les découvertes à faire. Puis viennent les déceptions, les aléas de la vie, les angoisses. L’un des textes cités disait, bellement : les joies sont des durées (trop courtes) entre les souffrances. Le parcours de cette âme dans le samsara (l’errance) est exprimé en sanskrit, anglais et français.

Il est à noter que ce qui a été donné hier soir à la salle Paul-Buissonneau du Centre Calixa-Lavallée (en plein cœur du Parc Lafontaine à Montréal) est une partie seulement de l’opéra final qui sera créé au complet en 2027 à Toronto. J’imagine qu’avec une mise en scène plus élaborée et des décors conçus pour la cause, l’œuvre prendra encore plus d’étoffe. 

S’il est vrai que j’aurais aimé que le matériel musical soit plus exigeant, il reste que Akasha, le souffle de l’univers est une création contemporaine pleine de bonnes intentions et franchement plaisante, qui sait étonner sans recourir strictement aux techniques expérimentales afin de justifier sa modernité. 

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