Grande finale du Concours OSM – Édition 2026 – Piano
par Rédaction PAN M 360
Depuis 1940, le Concours OSM a révélé des talents exceptionnels qui ont marqué durablement la scène musicale. Parmi ses lauréats figurent des pianistes aujourd’hui reconnus sur la scène internationale, tels que Bruce Liu, Jan Lisiecki et Angela Hewitt, dont les carrières illustrent le rôle déterminant du concours comme tremplin artistique. Pour cette 87e édition, le piano est à l’honneur, avec un programme riche et contrasté où les finalistes, accompagnés par l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction d’Antony Hermus, proposeront une interprétation à la fois virtuose et d’une grande intensité expressive.
Since 1940, the OSM Competition has brought to light exceptional talents who have left a lasting mark on the musical landscape. Among its laureates are pianists now acclaimed on the international stage, such as Bruce Liu, Jan Lisiecki, and Angela Hewitt, whose careers exemplify the competition’s pivotal role as an artistic springboard. For its 87th edition, the spotlight is on the piano, with a rich and contrasting program in which the finalists—performing with the Montreal Symphony Orchestra under the direction of Antony Hermus—will offer interpretations that are both virtuosic and deeply expressive.
Les finalistes et leur programme seront dévoilés à l’issue des épreuves de demi-finale du Concours OSM 2026, le 11 novembre 2026.
The finalists and their programme will be announced following the semifinal rounds of the 2026 OSM Competition, on November 11, 2026.
OSM : Les mille et une notes de Shéhérazade – Express
par Rédaction PAN M 360
Dans ce programme condensé, la force des individualités de l’Orchestre se déploie comme rarement. Les Danses polovtsiennes de Borodine ouvrent la soirée dans une effervescence charnelle : chaque pupitre y brille, sollicité avec une virtuosité tantôt sauvage, tantôt caressante, comme si l’orchestre tout entier se muait en un ensemble de solistes. Puis surgit Shéhérazade, où la voix du violon – celle d’Andrew Wan – trace en filigrane le destin de l’héroïne des Mille et une nuits. Ses lignes souples et envoûtantes esquissent les stratégies, les doutes, la douceur et l’audace de cette femme qui apprivoise peu à peu le sultan et transforme sa propre histoire en salut. Deux œuvres qui magnifient la richesse expressive d’un orchestre en pleine incarnation.
In this condensed program, the orchestra’s individuality shines as rarely before. Borodin’s Polovtsian Dances open the evening in a sensual whirlwind: every section dazzles, summoned to a virtuosity that is at times wild, at times tender, as if the entire orchestra were transformed into a constellation of soloists. Then comes Sheherazade, where the violin—Andrew Wan’s voice—traces the destiny of the heroine from One Thousand and One Nights. Its supple, mesmerizing lines sketch her strategies, doubts, gentleness, and audacity as she gradually tames the sultan and turns her story into salvation. Two works that magnify the expressive richness of an orchestra in full incarnation.
Programme/program
Alexandre Borodine, Prince Igor : Danses Polovtsiennes/Polovtsian Dances (14 min) Nikolaï Rimski-Korsakov, Shéhérazade, op. 35 (42 min)
Le passé et le présent dialoguent à travers cette invitation au voyage dans les imaginaires et les sonorités de l’Orient. Avec Shéhérazade, Rimski-Korsakov déploie la légende de la conteuse dont la force, la finesse et l’ingéniosité triomphent de la peur : le violon d’Andrew Wan en incarne la voix profonde, souple et souveraine, tandis que la cheffe Dina Gilbert guide l’orchestre comme l’héroïne qui tisse son destin. En miroir, le compositeur français Thierry Pécou nous entraîne « à la manière de Bali » dans son Cara Bali Concerto, porté par le pianiste Alexandre Tharaud, dédicataire de l’œuvre. Inspiré par les cycles, les timbres et la poésie du gamelan, ce Concerto devient une passerelle vers un ailleurs vibrant, où percussions imaginaires et piano se mêlent en un ballet d’énergies entrelacées. Une traversée sensorielle entre légende, rythme et lumière.
Past and present converse in this journey through the sounds and imaginings of the Orient. With Sheherazade, Rimsky-Korsakov unfolds the legend of the storyteller whose strength, finesse, and ingenuity triumph over fear: Andrew Wan’s violin embodies her deep, supple, sovereign voice, while conductor Dina Gilbert leads the orchestra like the heroine weaving her destiny. In counterpoint, French composer Thierry Pécou draw us “in the manner of Bali” into his Cara Bali Concerto, performed by pianist Alexandre Tharaud, the work’s dedicatee. Inspired by the cycles, timbres, and poetry of the gamelan, this concerto becomes a bridge to a vibrant elsewhere, where imaginary percussion and piano intertwine in a ballet of interlaced energies. A sensory crossing between legend, rhythm, and light.
Programme/program
Thierry Pécou, Cara Bali Concerto (43 min) Nikolaï Rimski-Korsakov, Shéhérazade, op. 35 (42 min)
« C’est un oiseau? C’est un avion? Non, c’est l’Orchestre symphonique de Montréal! » Enfilez votre masque et votre cape, le devoir vous appelle pour un concert tout en costumes et super-pouvoirs! Venez écouter cette rétrospective ludique, épique et époustouflante des thèmes de super-héros et vilains (Batman, Superman, Spiderman), des versions iconiques des années 1960 aux orchestrations et compositions symphoniques dignes des plus grosses productions hollywoodiennes, en passant par des incontournables de la musique classique. Soirée festive! Enfilez vos costumes et restez après le concert pour profiter d’ambiances et d’animations diverses en lien avec la thématique du concert.
“It’s a bird! It’s a plane! No, it’s the Orchestre symphonique de Montréal!” Put on your mask and cape—the call of duty awaits for a concert filled with costumes and superpowers! Come and enjoy this playful, epic, and breathtaking retrospective of superhero and villain themes, from iconic versions of the 1960s to symphonic orchestrations and compositions worthy of the biggest Hollywood productions, with a few classical music essentials along the way. Late-Night concert! Put on your costumes and stay after the concert to enjoy various atmospheres and activities related to the concert’s theme.
Programme/program
Danny Elfman, Batman Suite (1989) (arr. Steve Bartek, Christopher Bankey) (3 min) John Ottman/John Williams, Superman Returns Suite (2006) (8 min) Danny Elfman, Spiderman 2 Suite (arr. John Wasson) (2004) (5 min) Hans Zimmer, The Dark Knight Suite (2008) (arr. James Newton Howard) (6 min)
Les Quatre Saisons, de Vivaldi à Dompierre à la Maison symphonique
par Rédaction PAN M 360
La flamboyante virtuose Isabella d’Éloize Perron ne manquera pas d’impressionner lors d’une nouvelle série de concerts passionnants. Interprété par l’Orchestre FILMharmonique sous la direction de Francis Choinière, Les Quatre Saisons de Vivaldi sera porté par un souffle de jeunesse, alors que Les Quatre Saisons de Buenos Aires, signé Astor Piazzolla, nous plongera dans l’univers sensuel du tango argentin. Aussi en primeur pour cette tournée sera la première mondiale de Les Quatre Saisons du Québec du célèbre compositeur François Dompierre.
The dazzling virtuoso Isabella d’Éloize Perron is sure to impress in a thrilling new series of concerts. Performed by the FILMharmonique Orchestra under the baton of Francis Choinière, Isabella’s rendition of Vivaldi’s The Four Seasons is a breath of fresh air, while her fiery take on Astor Piazzolla’s The Four Seasons of Buenos Aires is an immersive experience, plunging audiences into the sensual universe of Argentine tango. Also premiering on this tour is the world premiere of The Four Seasons of Quebec by renowned composer, François Dompierre.
Programme
-Les Quatre Saisons par Antonio Vivaldi (43 min) -Les Quatre Saisons de Buenos Aires par Astor Piazzolla (27 min) -Les Quatre Saisons du Québec par François Dompierre (25 min)
Program
-The Four Seasons by Antonio Vivaldi (43 min) -The Four Seasons of Buenos Aires by Astor Piazzolla (27 min) -The Four Seasons of Quebec by François Dompierre (25 min)
OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu
par Alexandre Villemaire
À la fois interprète acclamé et chef d’orchestre de renom, Leonídas Kavákos partageait la scène de la Maison symphonique de Montréal avec l’OSM et son chef Rafael Payare. Un concert qui a été placé sous le signe de la création et de la virtuosité aux accents sonores moderniste et romantique.
C’était aussi un des derniers concerts de l’OSM à Montréal avant de s’envoler vendredi pour une tournée américaine qui mènera ses musiciens en Californie, notamment à San Diego, Los Angeles et San Francisco. Une présence qui ne s’est pas produite dans ses deux dernières villes depuis 37 ans. En fin de tournée, l’OSM et l’Orchestre de San Diego, dont Payare a également la tutelle, fusionneront le 30 octobre pour un concert grandiose de près de 140 musiciens.
En attendant ce départ, l’orchestre a offert au public montréalais un concert riche en élan de virtuosité et de textures musicales. En ouverture, la création du Canadien Samy Moussa, Elysium, est construite selon une construction timbrales qui a mobilisé la masse orchestrale de manière ample et sonore. Après un démarrage sur de longs accords soutenus dans lesquels se développent des lignes chromatiques changeant la couleur des accords, l’œuvre évolue en mettant de l’avant différents agencements instrumentaux, notamment des cuivres sonores et brucknérien et des jeux de nuances contrastés. Il y a une profonde aura cinématographique qui se dégage de cette œuvre à la fois méditative et solennelle.
Interprétant le Concerto pour violon en ré majeur de Tchaïkovski, Leonídas Kavákos y insuffle de sa propre verve instrumentale. Dès qu’il entame les premières notes du thème instrumental principal accompagné par l’orchestre, il la joue avec un rubato qui vient quelque peu déstabiliser notre habitude d’écoute. D’ordinaire marqué Moderato assai, le rythme devient soudainement plus élastique, presque instable alors que Kavákos démontre son agilité d’orfèvres dans sa manière de donner un corps nouveau à ces lignes musicales. Il ne fait pas de doute que malgré le temps mis en répétition, Payare et ses musiciens étaient aux aguets et épousaient les contours que le soliste leur dessinait avec précision. À cela s’ajoutaient une maîtrise technique des plus naturelle et une facilité presque déconcertante, que ce soit pour naviguer dans les extrêmes sonorités de son instrument ou en poussant le tempo à un rythme effréné dans le dernier mouvement.Finalement, l’orchestre a conclu la soirée avec la version intégrale du ballet L’Oiseau de feu de Stravinski, un véritable tableau sonore vivant. Ce conte fantastique tiré de contes traditionnels russes relate les aventures du prince Ivan Tsarévitch qui, aidé par l’Oiseau de feu, triomphe du sorcier Kachtcheï. L’œuvre présente une virtuosité expressive et une inventivité au niveau du timbre qui caractérise le langage moderne de Stravinski. Payare mesure chaque intervention et nuance de l’orchestre tel un metteur en scène dirigeant des acteurs. Même sans voir l’action scénique et dansante devant nous, nous pouvions aisément saisir avec la musique l’essence de l’histoire, des affects, des dynamiques qui y étaient contenus. C’est ce même programme qui sera présenté en fin de parcours par l’OSM au public californien avant leur grand concert conjoint avec le San Diego Symphony. Un événement et une tournée qui, à l’image de ce concert, s’annonce flamboyante
Traversé par les mythes qui le nourrissent, ce programme irradie d’une énergie solaire. L’Oiseau de feu déploie ses ailes légendaires, figure flamboyante de renaissance et d’enchantement, dans une fresque où Stravinsky allume un brasier orchestral. Samy Moussa, avec Elysium, convoque la mythologie gréco-romaine afin de mieux questionner la beauté de la vie, sa fragilité, sa valeur éthique. Au centre du triptyque, Leonidas Kavakos s’empare du Concerto n° 2 de Prokofiev dont il révèle le lyrisme profond, la noblesse blessée, la poésie rythmique intime. Une soirée sous le signe des puissances imaginaires et des forces vitales qui éclairent notre monde intérieur.
Steeped in the myths that inspire it, this program radiates solar energy. The Firebird spreads its legendary wings—a blazing figure of rebirth and enchantment—in a sweeping orchestral fresco ignited by Stravinsky. With Elysium, Samy Moussa invokes Greco-Roman mythology to explore life’s beauty, fragility, and ethical meaning. At the heart of this triptych, Leonidas Kavakos takes on Prokofiev’s Violin Concerto no. 2, revealing its profound lyricism, wounded nobility, and intimate rhythmic poetry. An evening shaped by imaginary forces and vital energies that illuminate our inner world.
Programme
Samy Moussa, Elysium (12min) Piotr Ilich Tchaïkovski, Concerto pour violon op.35, TH59 en ré majeur (33 min) Igor Stravinsky, L’Oiseau de feu (ballet intégral) (45 min)
Program
Samy Moussa, Elysium (12min) Pyotr Ilyich Tchaikovsky, Concerto for violin op.35, TH59 in D major (33 min) Igor Stravinsky, The Firebird (full-length ballet) (45min)
Nous qui rêvons. Une expérience immersive célébrant la beauté de la nature canadienne. Symphonie du vivant est un hommage orchestral et cinématographique à la beauté de la vie. À l’occasion de la grande première du film projeté en concert, la musique évocatrice d’Anaïs Larocque, créée en étroite collaboration avec la cinéaste Marie-Julie Dallaire, sera interprétée par l’OM sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Idée originale de l’explorateur Mario Cyr, qui signe les magnifiques images sous-marines, cette immersion sensorielle et émouvante au cœur de la vie des animaux propose une vision égalitaire de la cohabitation sur Terre de tous les vivants.
We who dream. An immersive experience celebrating the beauty of Canadian nature. Symphony of Life is an orchestral and cinematic tribute to the beauty of the living world. For the film’s world premiere, presented in concert, Anaïs Larocque’s evocative music, created in close collaboration with filmmaker Marie-Julie Dallaire, will be performed by the OM under the baton of Yannick Nézet-Séguin. Imagined by explorer Mario Cyr, who brings the film’s magnificent underwater imagery to life, this sensory and moving immersion into the animal world presents an egalitarian vision of the coexistence of all living beings on Earth.
Programme
Musique d’Anaïs Larocque (Orchestration de François Vallières) – Première mondiale, commande de l’OM
Program
Music by AnaïsLarocque (Orchestration by François Vallières) – World premiere, commissioned by the OM
Le concert Gala des Prix Azrieli 2026 avait lieu hier soir à la Maison symphonique. L’un des plus importants ensembles de prix pour la composition contemporaine au monde, les Prix Azrieli récompensaient cette année quatre œuvres écrites pour orchestre symphonique, chœur et solistes (peu importe l’instrument ou le type de voix).
Dans le Temple musical montréalais qu’est devenu la Maison symphonique, la parole créative de quatre compositions de haute tenue a eu droit à une cérémonie menée rondement par les artistes sur scène. Quatre œuvres portant un héritage sonore assez semblable, celui de l’avant-garde moderniste, teintée ici et là de spectralisme et d’expressionnisme atonal. Trois d’entre elles sont des créations, et deux sont spécifiquement focalisées sur la culture juive.
Je résumerai succinctement mes impressions de chacune d’entre elles : De l’encra escafada (L’encre qui disparaît) de Adrian Mocanu est la plus aboutie; Letter From Across the River de Dalit Hadass Warshaw, la plus touchante; Height of Land de Nicholas Denton Protsack, la plus impressionniste; Riddle de Hana Ajiashvili, la plus viscérale.
Captation du concert Gala des Prix Azrieli 2026 :
Le Prix de la Commande Azrieli 2026 pour la musique internationale, De l’encra escafada de Adrian Mocanu, s’est avéré être une introduction judicieuse. Son univers de bruitisme moléculaire, initialement fourmillant de minuscules particules gravitant aléatoirement dans un espace sonore très délicat, révèle un discours progressif et intellectuellement brillant menant à une étoffe musicale qui gagne en amplitude et en coffre, mais avec quelques va-et-vient dynamiques. L’ensemble se conclut de façon très satisfaisante dans une plénitude finale rayonnante. Le sujet, la voix perdue des trobairitz (femmes troubadours médiévales) se manifeste tout du long de l’œuvre, à travers le frémissement de fragments motiviques fantomatiques, évoquant, on le devine, les spectres de ces artistes dont nous avons oublié les voix. Le chœur, plus souvent qu’autrement, utilise des techniques vocales étendues (murmures, glissandos), alors que l’orchestre est constamment atomisé en milliers de couleurs, de timbres, de textures. Devant, un consort de violes (Les Voix Humaines : Susie Napper, Elinor Frey, Felix Deak et Thomas Baeté) luttait parfois vainement pour se faire entendre. À noter pour une prochaine performance : il faudra retravailler l’équilibre entre ce quatuor et le reste de l’orchestre/chœur. C’est d’autant plus important que ces violes représentent l’esprit de Beatriz de Dia, dont la seule chanson qui nous soit parvenue constituait l’un des matériaux de la composition. Malgré tout, cette œuvre nous est apparue, à moi-même et mon collègue Alain Brunet, comme la plus savamment aboutie de la soirée.
Letter From Across the River de la New Yorkaise Dalit Hadass Warshaw, le Prix de la Commande Azrieli de musique juive, suivait avec une proposition éminemment touchante. Warshaw y raconte l’histoire de son arrière-grand-père, Juif polonais qui a traversé à la nage une rivière pour aller porter une lettre d’adieux à ses fils, réfugiés en territoire sécuritaire, avant de retourner partager le sort funeste de sa femme et du reste de sa famille, dans les Camps de la Mort. La construction de Letter s’articule sur un squelette discursif linéaire, facilement compréhensible, en grande partie à cause du texte chanté puissamment par le baryton Noam Heinz. Letter se déroule à la façon d’un drame cinématographique, ou encore d’un oratorio miniature. L’action est soulignée par une musique évocatrice, campée sur les activités racontées ou les émotions suggérées. Après un déversement torrentiel de l’orchestre, qui plonge le public dans la rivière tourbillonnante avec le protagoniste de l’histoire, qui manque aussi de s’y noyer à plusieurs reprises, une deuxième et dernière partie de la composition nous invite dans un moment de grâce lumineuse et spirituelle, portée par l’orchestre allégé et surtout l’apparition de la soprano Hila Plitmann. Sans être absolument sans faille, la performance de Baggio, sur une partition redoutable, exigeant des aigus aériens et lumineux, a offert l’expression angélique et l’illumination sacrée requise par la compositrice. Letter From Across the River est une pièce qui donne très envie de la réentendre.
Troisième au programme (et première au retour d’entracte), Height of Land de Nicholas Denton Protsack représentait le Prix de la Commande Azrieli pour la musique canadienne. Le Canadien Protsack, basé en Nouvelle-Zélande, recherche la façon de créer une véritable réciprocité entre la Nature et la musique classique d’aujourd’hui. Protsack affirme vouloir faire en sorte que les sons de la nature soit de la musique, et vice-versa. Ça a déjà été tenté plusieurs fois, sous forme de musique concrète, d’électro ambient, ou encore d’imitation instrumentale de bruits d’animaux, du vent, etc. Protsack souhaite proposer quelque chose de nouveau, une nouvelle façon de concevoir la relation entre les sons musicaux et l’esprit de la nature. Il affirme surtout ne pas offrir de véritable réponse, mais plutôt laisser les gens juger, et poursuivre ses propres recherches et questionnements. Y arrive-t-il, donc? Eh bien, Height of Land m’est apparue comme une construction contemporaine frétillante de textures qui évoquent souvent des sons d’oiseaux, des bruissements de feuilles, etc. Quelques idées esthétiquement stimulantes : la présence d’un chœur secondaire de huit chanteurs et d’un violoncelle parmi le public, ainsi qu’un épisode où les spectateurs sont appelés à frotter des mains. Rien dans tout ceci, cela dit, qui n’ait pas déjà été tenté (musiciens parmi le public, etc.), mais la réalisation de Protsack est belle et la partition brille de mille teintes et effets. La charpente générale est un peu difficile à saisir, et les idées semblent éparpillées, mais, en même temps, voilà probablement le principe à la base de l’oeuvre qui se manifeste : une musique qui souhaite être en relation symbiotique avec la Nature, ne peut pas non plus être construite avec un esprit trop cartésien. En fin de compte, Height of Land m’a grandement plu, esthétiquement, mais je sens que je devrai y retourner pour mieux en cerner les tenants et aboutissants.
La dernière œuvre au programme, le Prix Azrieli pour la musique juive (une musique déjà existante), était Riddle de Hana Ajiashvili. Au centre du propos, un texte du 12e siècle de Yehuda Halevi, en vérité une énigme qui mène à un commentaire politique : Qu’est-ce qui est fin, vide et lisse, mais dont le sang ‘coule de la bouche’ ? La réponse est puissante d’enseignement : la plume qui signe les ordres d’exécution. C’est sur cette réflexion aussi dramatique qui philosophique que Ajiashvili compose une trame puissante, viscérale, où l’orchestre éclate en tuttis saisissants, dans lesquels le choeur égrenne, graduellement, le texte de l’énigme en question, avant de terminer dans une décharge féroce. On en ressort un peu estomaqué.
Chapeau à l’Orchestre symphonique de Montréal et au Chœur de l’OSM, resplendissants, ainsi que les divers solistes. À la direction, Asher Fisch semblait tout à fait adéquat, sans se démarquer particulièrement.
Je disais plus haut que les quatre pièces procèdent d’une esthétique musicale contemporaine assez semblable. Même si chacune s’avère être un ajout significatif au répertoire de la musique savante, je me permettrai d’émettre le souhait que, lors des prochaines éditions, un soin particulier soit apporté à choisir des compositions qui représentent plus largement le monde de la nouvelle musique de concert. Parce que, en effet (et sans être exhaustif, de loin), quid du néotonalisme expressionniste (façon Anna Thorvaldsdottir), ou du post-minimalisme (façon Nico Muhly), ou du post-modernisme oecuménique fusionnant cultures pop et savantes (façon nicole Lizée)? En fait, des écoles de pensées nées et développées essentiellement dans les 25 dernières années, soit le 21e siècle.
Une idée comme ça, qui n’enlève absolument rien à l’accomplissement que représente l’édition 2026 des Prix Azrieli.
Décors déformés, ombres inquiétantes, créatures hors du réel : Nosferatu le vampire réunit tous les codes du chef-d’œuvre expressionniste allemand. Réalisé en 1922 par Friedrich Wilhelm Murnau, ce film muet – première grande adaptation de Dracula de Bram Stoker – n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Projeté avec une musique entièrement improvisée en direct au Grand Orgue Pierre-Béique, il révèle une nouvelle intensité dramatique. Jason Roberts déploie une palette sonore éclatante, capable de colorer chaque scène, de la tension sourde aux élans spectaculaires, notamment lors du célèbre et funeste voyage en bateau. Une expérience sensorielle où l’image et le son s’unissent pour faire naître un frisson toujours intact, plus d’un siècle après la sortie du film. Concert d’improvisation à l’orgue avec projection du film (sans orchestre)
Distorted sets, haunting shadows, creatures beyond the realm of reality—Nosferatu the Vampire brings together every hallmark of the German Expressionist masterpiece. Directed in 1922 by Friedrich Wilhelm Murnau, this silent film—the first major adaptation of Bram Stoker’s Dracula—has lost none of its hypnotic power. Presented with a fully improvised live score on the Grand Orgue Pierre-Béique, it reveals a heightened dramatic intensity. Jason Roberts unleashes a vivid sonic palette, capable of colouring each scene—from simmering tension to sweeping surges of sound—most notably during the film’s famous, fateful sea voyage. A sensory experience in which image and music merge to spark a shiver that endures more than a century after the film’s release. Organ improvisation concert with film screening (without orchestra)
Pour le plus grand plaisir du public montréalais et de la communauté portugaise, la grande fadiste Mariza fait son retour à la Maison symphonique pour un concert attendu depuis plus de huit ans. Icône de la musique lusophone du XXIᵉ siècle, elle s’est imposée comme l’une des voix les plus puissantes et les plus émouvantes de la scène internationale. Depuis Amália Rodrigues, peu d’artistes portugaises ont connu une carrière internationale aussi brillante. Mariza s’est illustrée sur les scènes les plus prestigieuses du monde, recevant les éloges de la critique et accumulant de nombreuses distinctions internationales. Née au Mozambique et élevée dans la Mouraria, quartier historique de Lisbonne intimement lié à la naissance du fado, Mariza grandit dans un univers où les voix, les guitares et les récits de vie façonnent l’âme de cette musique. Très tôt, elle s’approprie cet héritage et le projette dans une dimension universelle. Dotée d’une voix exceptionnelle et d’un charisme naturel, elle conquiert d’abord Lisbonne avant de devenir rapidement un phénomène international. Depuis plus de deux décennies, Mariza parcourt les grandes scènes du monde, de l’Amérique du Nord à l’Asie, de l’Europe à l’Amérique latine, emportant avec elle l’âme et la sensibilité du Portugal. Sa carrière remarquable compte plus de cinquante disques de platine, plusieurs nominations aux Grammy Awards et une reconnaissance critique qui la place parmi les grandes voix de la musique du monde. Héritière de la tradition du fado, tout en regardant vers l’avenir, Mariza incarne une vision vivante de ce patrimoine musical. Sur scène, sa présence et la profondeur de son interprétation transforment chaque concert en une expérience rare, où l’émotion du fado se partage dans toute sa vérité.
To the great delight of Montréal audiences and the Portuguese community, the celebrated fadista Mariza returns to the Maison Symphonique for a concert eagerly awaited for more than eight years. An icon of 21st-century Lusophone music, she has established herself as one of the most powerful and moving voices on the international stage. Since Amália Rodrigues, few Portuguese artists have enjoyed such a brilliant international career. Mariza has graced the world’s most prestigious stages, earning critical acclaim and receiving numerous international awards and distinctions. Born in Mozambique and raised in Mouraria, the historic Lisbon neighbourhood closely linked to the birth of fado, Mariza grew up in a world where voices, guitars, and stories of life shaped the soul of this music. From an early age, she embraced this heritage and carried it into a universal dimension. Gifted with an extraordinary voice and natural charisma, she first captivated Lisbon before quickly becoming an international phenomenon. For more than two decades, Mariza has performed on the great stages of the world, from North America to Asia, from Europe to Latin America, carrying with her the soul and sensibility of Portugal. Her remarkable career includes more than fifty platinum records, several Grammy Award nominations, and critical recognition that places her among the great voices of world music. Heir to the tradition of fado while resolutely looking toward the future, Mariza embodies a living vision of this musical heritage. On stage, her presence and the depth of her interpretation transform every performance into a rare experience, where the emotion of fado is shared in all its truth.
Ghostly Kisses et l’Orchestre FILMharmonique à la Maison symphonique
par Rédaction PAN M 360
Éthéré, intime et profondément émouvant : l’univers dream-pop de Ghostly Kisses prend une tout autre ampleur avec l’Orchestre FILMharmonique, sous la direction de Francis Choinière Issu d’un univers délicat où la sensibilité règne, Ghostly Kisses – projet musical de la chanteuse et violoniste québécoise Margaux Sauvé et du compositeur et réalisateur québécois Louis-Étienne Santais – s’est d’abord fait remarquer avec des EPs empreints d’onirisme, dont The City Holds My Heart et Alone Together. Avec leur premier album Heaven, Wait paru en 2022, puis Darkroom en 2024, le duo a su toucher un public international grâce à une écriture introspective et à une esthétique à la fois électro-pop et profondément organique. Un pont entre l’intime et l’immense – voici la musique de Ghostly Kisses comme vous ne l’avez jamais entendue : immersive, lumineuse et inoubliable.
Ethereal, intimate, and achingly beautiful: Ghostly Kisses’ dream-pop universe takes on a breathtaking new dimension with the FILMharmonique Orchestra, under the baton of Francis Choinière. Born from a world where sensitivity reigns, Ghostly Kisses – the musical project of Québec singer and violinist Margaux Sauvé and composer and producer Louis-Étienne Santais – first drew attention with a series of dreamy EPs, including The City Holds My Heart and Alone Together. With their debut album Heaven, Wait released in 2022, followed by Darkroom in 2024, the duo has reached an international audience thanks to introspective songwriting and an aesthetic that blends electro-pop textures with a deeply organic, emotional core. A bridge between the intimate and the immense – this is Ghostly Kisses as you’ve never heard them before: immersive, luminous, and utterly unforgettable.