atelier / chaâbi

Festival du monde Arabe : Atelier d’initiation au chant chaâbi marocain au Centre des musiciens du monde

par Rédaction PAN M 360

Envie de chanter, de voyager, de découvrir une musique populaire vibrante et festive ? Cet atelier est fait pour vous !
Depuis plusieurs années, la chanteuse Laïla Amezian propose des ateliers ouverts à tous, sans prérequis, pour s’initier au chant chaabi marocain. Le chaâbi, c’est la voix du peuple : une musique transmise de générations en générations, ancrée dans le quotidien, rythmée, chaleureuse, porteuse de joie mais aussi de récits profonds et parfois engagés.
L’atelier ne se limite pas à une simple pratique vocale, c’est une véritable plongée sensorielle dans l’univers musical du chaabi à travers la voix et le rythme. Vous serez en effet invités à ressentir la musique de l’intérieur, à découvrir des textes aux accents poétiques, et les histoires qu’ils racontent, les émotions qu’ils transmettent.
Ce moment collectif est aussi une occasion de s’immerger dans une culture vivante, d’en comprendre les codes, les symboles, et la richesse souvent méconnue. Une attention particulière est portée à la diversité des styles chaabi de la partie nord du pays, et au rôle essentiel des femmes dans cette tradition musicale.
Aucune expérience musicale n’est requise : seulement l’envie de découvrir, de partager et de laisser sa voix résonner avec celle du groupe. À la fin de l’atelier, vous repartirez avec en tête quelques extraits de chansons et leurs traductions en français, ainsi qu’avec des repères rythmiques simples et des éléments pour prolonger l’expérience chez vous ou avec d’autres.
Un atelier chaleureux et accessible, à vivre comme un moment de plaisir, d’échange et d’ouverture.

Want to sing, travel, and discover a vibrant, festive popular music? This workshop is for you!
For several years, singer Laïla Amezian has been offering open workshops, with no prerequisites, to introduce participants to Moroccan chaabi singing. Chaâbi is the people’s voice: a music passed down through generations, rooted in daily life, rhythmic, warm, joyful, yet also carrying profound and sometimes engaged stories.
This workshop goes far beyond simple vocal practice: it’s a true sensory immersion into the musical universe of chaabi through voice and rhythm. You’ll be invited to feel the music from within, to explore texts rich with poetry, the stories they tell, and the emotions they convey.
It’s also a collective experience, an opportunity to dive into a living culture, to understand its codes, its symbols, and its often-overlooked richness. Special attention will be given to the diversity of chaabi styles from the northern regions of Morocco and to the essential role women play in this musical tradition.
No prior musical experience is required, only the desire to discover, to share, and to let your voice resonate with the group. By the end of the workshop, you’ll take away fragments of songs and their French translations, along with simple rhythmic patterns and tools to continue the experience on your own or with others.
A warm and welcoming workshop, to be lived as a moment of pleasure, exchange, and openness.

POUR ACHETER VOTRE BILLET, C’EST ICI!

Ce contenu provient du Festival du monde Arabe et est adapté par PAN M 360

chanson / classique / musique traditionnelle juive

L’âme yiddish de Montréal au Centre des musiciens du monde

par Frédéric Cardin

Le Centre des musiciens du monde lançait hier soir sa nouvelle saison de Concerts intimes. Une saison allongée, avec plus de concerts et de découvertes à la clé. Si le concert d’hier est un bon indicateur, ce sera une riche année. Mélodiquement parlant, ce sont certaines des plus belles chansons que j’ai entendues dans les dernières années qui ont été interprétées lors du concert Tur Malka (la montagne du roi) – nouvelles chansons Yiddish du Canada . Plusieurs d’entre elles étaient flambant neuves, jamais données encore sur scène. S’il y a bien quelques détails à fignoler et un rendement scénique à accorder, la beauté touchante du matériel offert par l’ensemble est un gage de succès assuré dans le cœur de ceux et celles qui les écouteront. 

Le quatuor est formé de Henri Oppenheim au piano, à la guitare, aux percussions, aux compos et aux arrangements, Mael Oudin à la contrebasse et aux arrangements, Elvira Misbakhova à l’alto et Sheila Hannigan au violoncelle. Oppenheim est l’idéateur du projet, Français d’origine juive installé à Montréal depuis presque 30 ans. Les chansons en yiddish, la langue des Juifs d’Europe de l’est, piochent dans le style mélodique ultra poignant, émotionnellement puissant même, de la tradition est-européenne. Celle-ci, lourdement décimée par l’Allemagne nazie, est heureusement encore bien vivante à Montréal, un des principaux bastions mondiaux de cette culture historique. Oppenheim puise ses textes dans la poésie en yiddish, dont celle de plusieurs poètes montréalais comme Chava Rosenfarb ou Jacob-Isaac Segal.

Les arrangements, empreints de tendresse et de mélancolie, sont portés avec un grand soin par les interprètes hors pair que sont Sheila Hannigan, une habituée de toutes les musiques, et Elvira Misbakhova, excellente altiste de l’Orchestre métropolitain en plus d’avoir joué très souvent dans des ensembles klezmer de la métropole. Mael Oudin à la contrebasse se fait plus discret mais sa présence demeure néanmoins essentielle. Oppenheim anime les enchaînements de manière sobre, et avec une discrète pointe d’humour. 

En fin de compte, ce fut un moment de communion humaine extrêmement touchant, trempé dans la richesse culturelle du Montréal juif, sans lequel l’âme de la métropole ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

DÉTAILS ET BILLETS POUR LA SÉRIE CONCERTS INTIMES

Prochains concerts de la série : 

  • 17 décembre 2025 – Didem Basar, kanun – Sous la lune de Topkapi
  • 23 janvier 2026 – Ori Shalva, choeur – Échos de Sakartvelo, polyphonies georgiennes
  • 11 février 2026 – Guillaume Martineau, piano et Gabriel Paquin-Buki, clarinette – Une nuit dans le jardin d’Éden
  • 18 mars 2026 – Sadaf Amiri, santour – Scintillement de cordes intérieures
  • 15 avril 2026 – Duo Perse-Inca – Federico Tarazona (charango) et Showan Tavakol (kamancheh) – La vallée des rêves

Balkans / chant choral

Envoûtante Croatie chorale au Centre des musiciens du monde

par Frédéric Cardin

Je fréquente assidûment les Concerts intimes du Centre des musiciens du monde (CMM), depuis le tout premier en janvier dernier. Ils sont tous excellents, présentant chaque fois des artistes de grande qualité, installés à Montréal pour sa vitalité culturelle et, ce faisant, enrichissant cette dernière de manière exceptionnelle, grâce aux sonorités traditionnelles et raffinées venues du Rwanda, de la Syrie, de la Mongolie, de l’Iran, du Pérou, etc. Si je connais assez bien tous les artistes jusqu’ici présentés (et à venir) dans la série, une exception était sur scène hier soir : l’ensemble vocal Sava, dont je ne supposais pas l’existence jusqu’à tout récemment. J’ai été tellement séduit que je devais vous en parler.

Sava est un quatuor vocal entièrement féminin consacré aux chants polyphoniques traditionnels des Balkans. Pour ce concert, Sava a traversé une partie du répertoire issu spécifiquement de la Croatie, avec des chants profanes et religieux. Cette performance, derrière l’autel de l’église Saint-Enfant Jésus (dans une jauge hyper intime, donc) m’a totalement bouleversé. La faute à l’effet de surprise, de un, mais aussi à l’exceptionnelle qualité vocale des quatre interprètes, Antonia Branković, Dina Cindrić, Sara Rousseau et Sarah Albu (cette dernière également l’une des plus excitantes voix récentes en musique contemporaine et avant-gardiste de la métropole). Dans l’acoustique parfaite de l’endroit, les séduisants frottements de tierces, de quartes et de quintes des quatre voix ont produit un effet vibratoire bienfaisant sur le public réuni, et sur votre humble chroniqueur, comme transporté dans le temps et l’espace, dans une Dalmatie ancienne et parfaitement authentique. 

Je ne sais pas si les dames se produisent souvent en concert, mais elles ont intérêt à le faire! Et si jamais la chose vous intéresse, sachez que l’ensemble est issu des cours de musique de toutes sortes disponibles au CMM! 

ÉCOLE DE MUSIQUE DU CENTRE DES MUSICIENS DU MONDE

classique persan

Au Centre des musiciens du monde : ravissement persan avec Kayhan Kalhor

par Frédéric Cardin

Hier soir au Centre des musiciens du monde de Montréal, ce sont près de 90 minutes ininterrompues de musique sublime que nous avons entendues, interprétées par l’un des plus grands musiciens au monde, Kayhan Kalhor, maître du kamancheh. Je ne parle pas ici uniquement de son statut au sein de la musique classique persane, pour laquelle il est certainement LE musicien de son époque, et peut-être même de toutes les époques, mais bien de son génie comme artiste musical, tous genres confondus. Kalhor est un virtuose et interprète dans une classe à part.

Hier, il était sur scène pour donner le dernier concert d’une vaste tournée internationale pour le programme intitulé Chants d’espoir. Il était entouré des Montréalais Kiya Tabassian au setar et Hamin Honari au tombak ainsi que de son compatriote Hadi Hosseini au chant. 

Concert de Paris (sans Hadi Hosseini) : 

Un tour de force artistique ou l’improvisation instrumentale côtoie naturellement la poésie classique persane (celle de Saadi, qui a vécu au 13e siècle) rendue avec brio par Hosseini, l’une des voix les plus affirmées et accomplies du chant classique persan. De longues mélopées savamment ornementées ont échangé avec les commentaires des instrumentistes, enchaînant épisodes contemplatifs et introspectifs, avec d’autres plus énergiques et mouvementés. Les airs qui se sont imbriqués les uns dans les autres sans aucune pause, provenaient en partie du répertoire savant mais surtout de la spontanéité des musiciens sur scènes, tous remarquables improvisateurs. Un concert qui affichait complet, investi en grande partie par de nombreux membres de la communauté iranienne, mais pas que. Un public très attentif et respectueux duquel je n’ai entendu aucune sonnerie inopinée de téléphone! Le public de l’OSM et de l’OM devrait en tirer quelques leçons…

Concert au centre des musiciens du Monde à Montréal : 

 

Montréal se doit d’être fière de ce genre d’événement car c’est un peu grâce à elle qu’il peut exister. Kiya Tabassian, de l’ensemble Constantinople, est un ancien élève de Kalhor, qui a lui-même vécu un temps tout près de la métropole (il a d’ailleurs un passeport canadien en plus de l’iranien), et Hamin Honari est déménagé de Vancouver pour pouvoir profiter des opportunités artistiques offertes ici. Et au milieu de tout cela, le Centre des musiciens du monde, qui continue d’impressionner par la qualité de ses projets et l’influence grandissante qu’il exerce sur la scène des musiques savantes non-occidentales, participant activement à construire la réputation de Montréal comme l’une des meilleures villes pour les musiques du monde en Occident, peut-être la meilleure en Amérique. 

DÈS JANVIER AU CENTRE DES MUSICIENS DU MONDE : UNE NOUVELLE SÉRIE DE CONCERTS TRÈS INTIMES, UN MERCREDI PAR MOIS. DÉTAILS À VENIR SUR LE SITE DE L’ORGANISME.

Inscrivez-vous à l'infolettre