Une Vie de héros fut l’occasion pour Richard Strauss de créer un autoportrait héroïque sous la forme d’un conte symphonique: l’artiste amoureux, le créateur héroïque, le génie aux prises avec le monde. Il ne se prenait pas pour la moitié d’une orange mais il était généralement à la hauteur de ses prétentions. Richar Strauss réfléchissait du coup à la notion même de héros au tournant de la modernité. Le conte symphonique sera précédé d’un autre plat de choix, cette fois romantique, servi par la mezzo soprano et aussi contralto Marie-Nicole Lemieux, voire la plus grande chanteuse lyrique québécoise de la période actuelle; on parle ici des Nuits d’été d’Hector Berlioz. En amont de ce concert prévu le 31 juillet prochain, Rafael Payare a été joint par PAN M 360, cette interview est le second fragment d’une même conversation avec Alain Brunet.

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW CI-DESSOUS !

INFOS ET BILLETS ICI

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Artistes

Orchestre symphonique de Montréal

Rafael Payare
direction

Marie-Nicole Lemieux
mezzo-soprano

Œuvres

Debussy
L’Isle joyeuse – 
7 min.

Berlioz
Les Nuits d’été, 
op. 7 – 30 min.

Entracte

Strauss
Ein Heldenleben, 
op. 40 – 43 min.

Au Festival de Lanaudière le 18 juillet prochain, Rafael Payare et l’Orchestre symphonique de Montréal jouent la 10e symphonie du Russe Dmitri Chostakovitch, révélée après la mort de Joseph Staline dont il s’est senti menacé sa vie durant . En première partie, l’épouse supravirtuose de Rafel, Alisa Weilerstein, exécute le concerto pour violoncelle de la compositrice mexicaine Gabriela Ortiz, une commande de Gustavo Dudamel à l’origine, écrite pour elle et créée par le Los Angeles Philharmonic. Quelques années plus tard, nous voilà en Lanaudière et Rafael Payare est invité par PAN M 360 à commenter les programmes qu’il dirige cet été à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay. Voici la première partie de cet entretien réalisé par Alain Brunet

PS: Le puissant séisme ayant frappé le Venezuela interpelle Rafael Payare, qui y a vu le jour et y a grandi. Le maestro et l’OSM souhaitent rendre hommage aux victimes et témoigner leur solidarité à la communauté vénézuélienne d’ici. Pour ce, ils ajoutent au programme la pièce Mediodía en el Llano du compositeur vénézuélien Antonio Estévez au programme. Une minute de silence suivra son interprétation, en mémoire des victimes.

Mais d’abord, visionnez cette interview de Rafael Payare par Alain Brunet !

INFOS ET BILLETS ICI

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Artistes
Orchestre symphonique de Montréal

Rafael Payare
direction

Alisa Weilerstein
violoncelle

Œuvres
Antonio Estévez
Mediodía en el Llano – 8 min.

Beethoven
Ouverture extraite de Egmont, op. 84 – 9 min.

Gabriela Ortiz
Dzonot – 32 min.

Entracte

Chostakovitch
Symphonie n° 10 en mi mineur, op. 93 – 57 min.

Le chanteur et compositeur Fernando Gallego Torres est arrivé à Montréal en 2016. Il a rapidement formé l’ensemble Azara, en compagnie du pianiste Gabriel Evangelista. Se sont ajoutés ensuite Henry Craft (guitare), Diego Parrot (Basse) et Hanser Santos (Percussion). Fernando amène avec lui toute la tradition du flamenco classique, qu’il maîtrise depuis sa jeunesse en Espagne. À Montréal avec Azara, il prend plaisir à fusionner cet héritage avec d’autres couleurs musicales comme le jazz, la cumbia, le boléro, la rumba flamenca et bien d’autres encore. 

La construction avant le flamenco

L’arrivée de Fernando au Canada s’est faite en 2009 à Toronto. Pas pour chanter, mais plus prosaiquement pour travailler dans le domaine de la construction. Cela dit, il a commencé à s’offrir en spectacle sur scène et a été amené éventuellement à venir chanter à Montréal. Il a déménagé ses pénates dans la ville en 2016, où il œuvre toujours en musique, et même plus que jamais. Même s’il continue de travailler en construction, ‘’pour garder les pieds sur terre’’ dit-il, ses horaires de spectacles sont réguliers et s’apprêtent à probablement se multiplier grâce à la prestation qu’il donnera au Festival international Nuits d’Afrique, le 16 juillet 2026 à 15h30, sur la scène Loto-Québec de l’Esplanade Tranquille. 

INFOS

Il avait neuf ans quand il a donné son premier concert à San Fernando, dans la région de Cadix (c’est dans la sud de l’Espagne, près du détroit de Gibraltar). Il a toujours pratiqué son art par la suite, mais réussir à en vivre tenait plus du rêve que de la réalité lors de son arrivée à Toronto. Le projet est désormais moins fou, et s’est enrichi de nouveaux habits. Car si la pratique de Fernando est enracinée dans le classicisme flamenca (dont il maîtrise les codes et l’énergie, la posture, la voix, etc. en plus d’avoir comme référence les génies classiques du genre, comme Camaron de la Isla, El Chocolate, Enrique Morente), sa recherche créative est imprégnée d’une soif de découverte et de fusion.

‘’J’écoute beaucoup de choses, pas seulement du flamenco. Avec Azara, j’aime ajouter à cette base le jazz, les rythmes latinos, la rumba flamenca, et d’autres encore. En formant le groupe en 2017, avec Gabriel Evangelista, je souhaitais avant tout faire quelques chose de différent.’’

Les Sylis d’or à pied levé

J’ai été moi-même témoin du résultat quand j’ai officié à titre de membre du jury aux Sylis d’or 2026 tenus le printemps dernier. Azara était le premier groupe que j’ai entendu lors des demi-finales. Une prestation énergique et impressionnante, que je notais alors comme un vent de fraîcheur pour la scène musicale montréalaise. Il n’y a en effet que très peu (ou pas du tout) d’artistes flamenco pur jus, trempés dans la tradition classique du genre, dans notre métropole. Et, qui plus est, quelqu’un qui sait et souhaite faire dialoguer ce richissime patrimoine avec d’autres musiques. Bref, j’avais beaucoup aimé le spectacle de Azara. D’autant plus que l’ensemble avait su à la dernière minute (en fait la journée même) qu’il pouvait participer aux demi-finales!

‘’On a eu zéro temps pour répéter’’, ce qui rendait la qualité du résultat observé encore plus impressionnante. Finalement, le jeu en a valu la chandelle : Azara a attiré l’attention, assez pour se mériter une place dans la programmation gratuite du Festival, ce qui attirera encore l’attention. Tant mieux. 

Un rêve simple et accessible

Sur scène, Fernando reprend quelques classiques du genre, bien sûr, mais ce sont surtout des compositions originales qui meublent ses concerts. Puisque Azara fait plutôt dans la fusion, on comprend bien pourquoi. Et qui s’occupe de toutes l’écriture? ‘’Je suis celui qui écrit les textes, et qui trace les mélodies. Gabriel s’occupe des arrangements. Et ensuite, on travaille le tout de façon collective avec, bien entendu, une bonne dose d’improvisation.’’

Un résultat, je l’ai dit, impressionnant de qualité et de force expressive. À expérimenter, donc, le 16 juillet à 15h30. 

En terminant, je demande au principal intéressé ce dont il rêve pour son groupe? ‘’Enregistrer un premier album, avec nos compositions originales’’. Un projet tout simple, éminemment accessible, à l’image d’un artiste à la fois engagé et passionné, mais bien groundé dans la réalité. 

Merci à Rosanne Dion, femme de Fernando Gallego Torres, pour la facilitation de cette entrevue. Mme Dion est également directrice de la compagnie Flamenco Rosanne Dion

Depuis les années 90, Chris Combette combine reggae, biguine, zouk, konpa, calypso, bossa nova ou jazz, ses chansons sont finement ciselées, élégantes et posées comme le ton de sa voix. Sa présence récurrente aux Nuits d’Afrique remonte à 2004, ses chroniques d’humanité mises en rimes et la grande maturité de son esthétique devraient faire leur effet une fois de plus à Montréal. Aussitôt débarqué, il accorde une interview à Alain Brunet pour PAN M 360 et nous en apprend davantage sur la Guyane française et sa culture d’où il tire son inspiration.

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW

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Le 25 juillet prochain en Lanaudière, Stéphane Denève dirige l’OSM pour un magnifique programme, « invitation au voyage de Carmen à Gershwin ». Pour Carmen, il s’agit de la suite orchestral de l’opéra de Georges Bizet, et un autre George, cette fois Gershwin, dont on exécutera le sublime conte symphonique An American in Paris. Le tout assorti d’un important volet Saint-Saëns, soit le fameux cinquième concerto pour piano et orchestre dit « L’Égyptien », interprété par Jean-Yves Thibaudet, compatriote et grand ami du maestro français, à la direction musicale du World Symphony Orchestra et du St.Louis Symphony Orchestra. Le programme s’amorcera par une oeuvre du compositeur français Jacques Ibert, récit de voyage symphonique pour dresser la nappe thématique de ce concert prévu à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, dans le contexte du Festival de Lanaudière.

VISIONNEZ CETTE INTERVIEW DE STÉPHANE DENÈVE PAR ALAIN BRUNET

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Artistes

Orchestre symphonique de Montréal

Stéphane Denève
direction

Jean-Yves Thibaudet
piano

Œuvres

Ibert
Escales – 
15 min.

Saint-Saëns
Concerto pour piano nº 5 en fa majeur, op. 103 – 28 min.

Entracte

Bizet
Carmen
, suite orchestrale – 22 min.

Gershwin
An American in Paris – 
19 min.

Le leader du Kanazoé Orkestra s’appelle Seydou Diabaté. Si vous connaissez un tantinet la structure sociale des peuples d’Afrique de l’Ouest, vous savez probablement que le nom Diabaté est étroitement associé à l’art des Griots, des passeurs de savoir, d’histoire et de culture indispensables au bon fonctionnement de la société. Des dynasties familiales sont consacrées à cet art (principalement celui de la musique), et ce depuis des siècles, dans certains cas. Comme celui des Diabaté. Du coup, le petit Seydou, alors que ses copains allaient jouer au ballon, devait se lever tôt et pratiquer son instrument (le balafon, un xylophone traditionnel) et aller en jouer un peu partout dans les villages avoisinants. Résultat: Seydou est un virtuose, qui se rappelle des moments précieux passés avec son père, même parfois il aurait préféré aller jouer avec ses amis. Arrivé à Toulouse il y a quelques années, il a rapidement formé un ensemble de musiciens originaires d’Afrique et de France, pour explorer la fusion de styles traditionnels, certes, mais aussi de jazz, d’Afrobeat, de groove et d’électro. Les personnes qui seront au Festival international Nuits d’Afrique pourront apprécier le mélange dansant et chaleureux du Kanazoé Orkestra le 14 juillet, gratuitement, sur la scène TD. À la veille de cette première visite du groupe à Montréal, j’ai parlé avec Seydou et le batteur (et gérant) du groupe, Laurent Planells. 

INFOS ET BILLETS

Elles se sont fait connaitre durant les Syli d’Or cette année et depuis lors, elles se déploient sur plusieurs scènes à travers la ville et ailleurs. Ce collectif de femmes aux racines multiples, du Québec à l’Amérique latine, seront sur la Scène Loto-Québec ce jeudi 16 juillet dans le cadre de la Série Femmes du monde du Festival international Nuits d’Afrique. Née d’une sororité presque organique, ce femmes n’aspirent pas à la perfection mais se concentrent surtout sur le processus de co-création, chacune arrivant avec ses forces. Elles ont eu le temps de s’entretenir avec notre collaboratrice Juliana Cortes pour parler de l’origine du collectif et comment ce dernier évolue, tout en incluant de nouvelles membres en son sein.


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Jeune et nouvel ensemble de musique de chambre, La Bella Incognita évolue depuis deux ans dans le milieu musical en proposant une démarche artistique originale.

Formé à l’Université McGill en interprétation de la musique ancienne, le trio de musiciens composé d’Alex Miron-Perreault, Alice Boissinot-Guastavino et Seth Dempsey propose un programme musical qui fait tomber les barrières entre les styles et les époques en combinant notamment les lignes lyriques et les effets colorés de la musique romantique et moderne à l’esthétique feutrée qu’apportent les instruments baroques. Dans l’atmosphère intime et enveloppante de l’église de Saint-Irénée le 12 juillet, les œuvres de Reynaldo Hahn, Cécile Chaminade, François Couperin, Élisabeth Jacquet de la Guerre et Michel Lambert, pour n’en nommer que quelques-uns, résonneront dans un écrin qui appelle à la découverte. Alexandre Villemaire, collaborateur de PAN M 360, s’est entretenu avec les membres de La Bella Incognita pour faire le point sur leur programme et leur approche artistique et musicale.

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Ce samedi 11 juillet au MTELUS, Sia Tolno, Degg J, AK, Manamba Kanté, Soul Bang’s, Habib Fatako, fiers représentants de l’élite de la pop guinéenne, rendent hommage à Lamine Touré. 

On qualifie affectueusement notre homme de « baobab de nuit » , sans qui le Balattou, les Productions Nuits d’Afrique et le Festival international Nuits d’Afrique n’auraient pas vu le jour à Montréal. Quatre décennies plus tard, la grande famille des Nuits d’Afrique tient toujours le flambeau et Touré monte toujours la garde dans le portail du Balattou, à l’angle de Saint-Laurent et Marie-Anne. Clope au bec, il y exprime immanquablement sa verdeur et sa posture au sommet de l’organisation qu’il a fondée et fait évoluer avec sa complice Suzanne Rousseau.

Il est toujours là, notre « papa » de la culture africaine, pour reprendre une formule guinéenne destinée aux respectables aînés, il est  tellement là qu’on l’honore ce samedi, une initiative menée de concert avec le gouvernement guinéen. Mise de l’avant de concert avec le Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat de Guinée, et le Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FODAC), cette soirée hommage réunit l’élite de la pop guinéenne. L’État de Guinée sera représenté par Thierno Hamidou Bah, chef de cabinet du du Ministre  Moussa Moise Sylla.

On sait que ce grand pays d’Afrique de l’Ouest est la patrie d’origine de Touré, devenu citoyen du monde alors qu’il était danseur et chorégraphe du Ballet National de Guinée. Établi  au Québec après un premier cycle migratoire en France, Lamine Touré est finalement devenu promoteur de concerts et festivals, tenancier de club, producteur d’enregistrements et plus encore.  

Quatre décennies après la fondation du festival, on salue son indéfectible fidélité à la culture musicale de la Guinée, parmi ses efforts de faire rayonner les cultures africaines et afro-descendantes du monde entier. 

Puisque qu’il s’agit ici d’un hommage officiel doublé d’un important plateau d’artistes réunis au MTELUS, PAN M 360 a réuni  avec Touré des professionnels de hautes fonctions en Guinée :  Malick Kébé, directeur général du Fond de Développement des Arts et de la Culture (FODAC), ainsi que  Moussa Mbaye, artiste et producteur qui gère un espace culturel important à Konakry, mais aussi très proche des Productions Nuits d’Afrique puisqu’il vit partiellement à Montréal.

Photo (Alain Brunet) de gauche à droite: Malick Kébé, Lamine Touré, Moussa Mbaye

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PAN M 360 : Je connais Lamine Touré depuis les années 80,  l’époque  du Café Créole. Mais j’ai vraiment fait sa rencontre lors d’une semaine africaine à la SRC que j’avais pilotée en tant que recherchiste  pour une émission de la regrettée Chantal Jolis, L’Oreille musclée.  Alors côté PAN M 360, vous comprendrez que nous connaissons le rôle essentiel de Touré dans la promotion de la culture afro en général  et nous connaissons sa fidélité par rapport à la culture guinéenne et c’est ce qui est intéressant avec cette soirée.  Nous  sommes heureux de réunir des gens de Guinée autour de Lamine Touré, dans le contexte de son hommage.

Malick Kébé: Je suis directeur général du Fonds de développement des arts et de la culture.  Je suis venu avec le chef de cabinet de notre département pour venir représenter la République de Guinée. Alors, déjà pour votre information, le Fonds de développement des arts et de la culture, que j’ai la haute responsabilité de gérer, existe depuis 2017. Et ce fonds a pour mission de financer des projets pour la promotion et le développement de tout le secteur culturel.

PAN M 360 : Et de quelle manière le Fonds a pu se garnir progressivement?  

Malick Kébé : Ça a commencé d’abord par la dotation  du budget national. Aujourd’hui, nous essayons également de mobiliser des institutions internationales dans nos opérations de financement. Et là, nous sommes en train de finaliser un accompagnement, dont le financement est réalisé avec l’Organisation internationale de la Francophonie. Ce projet concerne l’identification universelle de tous nos produits culturels afin d’en observer la circulation ou la valeur. Nous voulons aussi mettre en place une formation très structurante en ingénierie du son, en technique d’éclairage  ou en régie générale. Pourquoi ? Parce que nous avons au pays un manque criant à ce niveau de l’industrie culturelle. Et donc, c’est pour vous dire que le FODAC a un agenda chargé pour le développement et la valorisation de notre culture.

PAN M 360: On rapporte que votre gouvernement a manifesté récemment un intérêt renouvelé dans le financement de la culture, et ce pour les meilleures raisons.

Malick Kébé:  Et dans toute cette activité, nous sommes très heureux de nous retrouver ici au Balattou et au Festival International des Nuits d’Afrique.  Je vous remercie d’ailleurspour cette opportunité que vous nous offrez, c’est-à-dire pouvoir parler de monsieur Lamine Touré. Parce qu’il a consacré pratiquement toute sa vie à la valorisation de la culture africaine en général.Et, particulièrement, de la culture guinéenne. 

Lamine Touré est un pur produit des Ballets de Guinée qui l’a fait d’abord rayonner. Aujourd’hui, nous savons tous ce que le ballet, la percussion, la danse représentent pour la République de Guinée. Le tout premier ballet de l’Afrique francophone, de l’Afrique noire, je dirais ainsi, était guinéen. Créé par le Guinéen Keïta Fodéba, paix à son âme, le Ballet portait son nom au départ. Avant même l’avènement de notre indépendance, Keïta Fodéba avait offert son Ballet à la République de Guinée, l’appellation avait alors changé : Ballets africains de la République de Guinée.  C’était en 1954, je crois.

PAN M 360: Pur produit des Ballets de Guinée comme vous le dites, Lamine Touré a continué dans la musique, avec les résultats que l’on sait.

Malick Kébé:  Et donc il est extrêmement important aujourd’hui pour moi, d’être venu jusqu’ici à Montréal pour célébrer, honorer monsieur Touré, c’est parce qu’il a été pour nous l’un des plus grands ambassadeurs de notre culture. Et à ici faire en sorte que pendant 40 ans, un festival l’un des plus gros au monde, qui est le Festival Nuit d’Afrique, puisse s’imposer ici et donner un rayonnement sans précédent à la culture africaine. Donc 40 ans, ce n’est pas 40 jours, ni 40 semaines, ni 40 mois. C’est quand même 40 bâtons !

Alors pendant tout ce temps, il a tenu, contre vent et marée, avec toutes les difficultés possibles que vous pouvez imaginer, pour faire de ce festival, pour faire de la culture africaine une réalité. Sur les murs de ces bureaux des Nuits d’Afrique où nous sommes, vous voyez combien d’artistes y sont passés. Chaque édition, des dizaines d’artistes viennent de partout pour mettre de l’avant la culture africaine. Mettre de l’avant cette expression riche et diversifiée. 

PAN M 360:  Pour un pays comme la Guinée, cette aide est précieuse !

Malick Kébé: Aujourd’hui, nous sommes venus au nom du peuple de Guinée. Nous avons été mandatés par les plus hautes autorités de notre pays , en l’occurrence, monsieur  Moussa Moise Sylla, Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, qui devait d’ailleurs être là, mais qui, compte tenu de son calendrier assez chargé, il n’a pas pu trouver un créneau horaire.

PAN M 360 : Vous êtes aussi installé à Conakry, j’imagine.

Malick Kébé :  Oui, absolument. 

PAN M 360 :  Vous y êtes déjà venu, j’imagine, parce que vous avez une longue relation. L’État guinéen, enfin sa branche culturelle, est  venu assister aux Nuits d’Afrique au fil du temps, j’imagine.

Malick Kébé : Oui, effectivement. Et même à travers cette participation des artistes guinéens, 2003 a pu aboutir à la création, à la rencontre, la résidence pour la création.

PAN M 360 : Et vous, Moussa Mbaye, vous faites aussi partie de la délégation guinéenne. En quel honneur ?

Moussa Mbaye :  Je suis artiste chanteur et je suis opérateur culturel. À un moment donné, j’ai vécu ici, j’ai de la famille  à Montréal.  J’ai aussi travaillé pour les Nuits d’Afrique, à la programmation. Et donc je suis là en tant qu’artiste pour cette soirée, et puisque je fais le va-et-vient entre Conakry et Montréal, je suis une sorte de pont entre les Nuits d’Afrique et l’État de Guinée.

PAN M 360 : Et donc, maintenant, Touré, racontez-nous des liens toujours fidèles à ta patrie d’origine.  

Lamine Touré : J’étais en France depuis un moment, après avoir voyagé dans les pays d’Europe. Un ami, Tony, m’a parlé d’un endroit en Amérique où on parlait français. Je suis allé m’informer à l’ambassade du Canada, et je suis venu d’abord un mois pour voir. J’ai pris un billet aller-retour, je suis venu ici pour voir comment ça se passe, regarder comment ça marche. J’ai  alors trouvé qu’il manquait quelque chose ici : la mode. J’ai alors appelé deux amis là-bas, on a démarré une petite entreprise de jeans, rue Mont-Royal, au troisième étage d’un building.

À cette époque, j’ai connu Alex Boicel, le fils de Doudou Boicel. J’étais danser avec lui un soir, et je souhaitais trouver  un bar tropical. Alex me dit qu’il n’y en avait pas, et c’est à ce moment que nous avions créé le Café Créole au début des années 80. Le Balattou vint plus tard, deux ans aprés avoir quitté le Café Créole qui était devenu selon moi un centre d’accueil plutôt qu’un espace cultruel. Deux ans plus tard, il y avait déjà  des lieux tropicaux à Montréal et nous avons alors lancé le Balattou pour aussi y faire émerger la relève.  Car nous avons toujours besoin de relève.   

PAN M 360 : De fil en aiguille, les choses ont progressé et voilà le monument que vous êtes devenu aujourd’hui, Lamine Touré! Et donc, ce samedi, ce sera une soirée où des artistes guinéens pourront commémorer cette formidable trajectoire .

Lamine Touré : Comme on dit, c’est une fois dans ta vie. Le bonheur que ça me procurera, je ne l’oublierai jamais.

L’arrivée du mandoliniste Avi Avital sur la scène musicale ces dernières années a créé un véritable engouement à travers le monde. Premier soliste de mandoline à avoir été mis en nomination pour un Grammy dans la catégorie musique classique, Avi Avital a été comparé à Andrés Segovia pour sa maîtrise instrumentale et à Jascha Heifitz pour son incroyable virtuosité.

C’est dans un concert allant de la musique baroque en passant par les musiques inspirées des traditions populaires qu’il s’arrêtera sur la scène de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsey le dimanche 12 juillet aux côtés de l’orchestre de chambre I Musici de Montréal qui l’accompagnera dans ces voyages musicaux. Alexandre Villemaire s’est entretenu avec Julie Triquet, violon solo d’I Musici pour discuter de cette collaboration ainsi que pour aborder les nouvelles destinées de cet ensemble qui entamera une deuxième année, une saison où la direction artistique est assurée par l’ensemble des musiciens et musiciennes.

crédits photo : Harold Hoffmann

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Les mots qui reviennent sans cesse lors de mon entretien avec Soul of Zoo, sont « rencontres naturelles », « spontanées », « collaborations », et bien entendu « Connection », le nom qu’il a choisi de donner à son premier album. DJ et producteur français installé au Canada depuis 2016, son univers mêle textures organiques et sonorités électroniques, avec une approche sensible et immersive qui dépasse le cadre du dancefloor. Alors qu’il a sorti officiellement son album le 6 mai, avec notamment Matéo et Djely Tapa, chacun ayant trois morceaux dans l’album, ainsi que Zal Sissokho, Walid Ben Selim et Snow Owl. Notre journaliste Sandra Gasana a pu échanger avec Soul of Zoo à quelques jours du lancement ce printemps dernier. Et nous avons cru bon de ramener cette interview en amont du concert de Soul of Zoo aux Nuits d’Afrique 2026, ce vendredi 10 juillet au Ministère.



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Sia Tolno, Degg J, AK, Manamba Kanté, Soul Bang’s, Habib Fatako rendent hommage à Lamine Touré, sans qui le Balattou, les Productions Nuits d’Afrique et le Festival international Nuits d’Afrique n’auraient pas vu le jour à Montréal. Quatre décennies plus tard, la grande famille des Nuits d’Afrique tient toujours le flambeau et Touré y exprime toute sa verdeur au sommet de l’organisation. Encore actif, notre « baobab  » ou notre « papa » de la culture africaine est honoré ce samedi par le gouvernement de Guinée, sa patrie d’origine d’où il est parti lorsqu’il était danseur et chorégraphe du Ballet National de Guinée pour finalement devenir promoteur de concerts et festivals, tenancier de club, producteur d’enregistrements et plus encore.

Mise de l’avant sous l’auspice du Ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat de Guinée, via le Fonds de Développement des Arts et de la Culture, cette soirée réunit l’élite de la pop guinéenne, artistes de renommée internationale.

Parmi les artistes au programme, donc Manamba Kanté est chanteuse et griote extrêmement populaire en Afrique de l’Ouest, elle est de surcroît la fille du célébrissime Mory Kanté qui avait jadis popularisé à l’échelle mondiale l’hymne traditonnel mandingue Yèké Yèké. Elle est mariée depuis 2016 à Soul Bang’s, superstar de Guinée avec qui elle partage régulièrement les programmes, dont celui qui nous occupe. À peine débarqué à Montréal, le couple a offert cette généreuse interview à PAN M 360.

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