Initiée et toujours menée par Le Vent du Nord, la Veillée de l’avant-Veille est devenue une tradition montréalaise. La déclinaison 2025 implique bien sûr le VdN sur scène, mais aussi Le Diable à Cinq, la bénédiction maternelle de Marilyn Castonguay, et plus encore : trois heures de danse sous l’impulsion de la Famille Aucoin. De Lévis et du comté de Bellechasse, ce clan s’impose parmi les meilleures formations se consacrant aux veillées de danse trad. Pour leur grooves, pour leurs solistes Sabin Jacques (accordéon) et Martin Aucoin (violon) , pour le soutien harmonique de Rachel Aucoin (piano), pour la calleuse et violoniste Capucine Maldague et plus encore, la danse s’annonce endiablée au Club Soda, le mardi 30 décembre, à compter de 19h30 et ce jusqu’à 1h30 le lendemain!

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D’une pierre deux coups, c’est un peu le résultat de la récente parution d’un nouvel album de musique contemporaine québécoise, Chronos, Kaïros et Aiôn (LIRE LA CRITIQUE ICI). C’est un tout jeune quatuor à cordes (formé en 2024) qui interprète trois œuvres d’autant de compositeurs-trices montréalais, qui plus est sur un nouveau label créé pour l’occasion, Mnémosyne. Et puisque tout est dans tout, l’un des compositeurs à l’affiche du programme de l’album, Louis-Michel Tougas, est également le fondateur du label en question. En cette fin d’année 2025, il s’agit non seulement d’un beau cadeau pour la relève en musique de création, mais aussi une initiative porteuse d’avenir car les protagonistes nous annoncent de nombreux autres projets en 2026. PANM360 a voulu en savoir plus et a réuni le compositeur fondateur de label Louis-Michel Tougas, ainsi que la violoniste Meggie Lacombe, membre du Quatuor Mémoire, afin de parler de tout cela. 

LIRE LA CRITIQUE DE L’ALBUM CHRONOS, KAIROS ET AIÔN

PANM360 : Bonjour à vous deux. Commençons par le Quatuor. Qu’est-ce qui vous a inspiré pour former un quatuor à cordes, Meggie, et quelle est votre mission?

Meggie Lacombe : Notre mission, c’est la création de musique contemporaine. En fait, moi et Audréanne (Filion, violoncelle), on s’est rencontrées au Conservatoire de Musique de Montréal. On était assez intéressées par la musique contemporaine. Puis on s’était lancé l’idée, pendant notre maîtrise, de peut-être un jour avoir un quatuor de musique contemporaine. Ensuite, à McGill, j’ai rencontré Bailey (Wantush, violon) et qui est spécialisée aussi en musique contemporaine. Après, on a entendu parler de Marilou (Lepage, alto) et on a décidé de construire ce projet ensemble. 

PANM360 : C’est une musique qui vous interpelle depuis longtemps… Pourquoi?

Meggie Lacombe : Nous avons chacune nos raisons bien sûr. En ce qui me concerne, ce que j’aime beaucoup dans la musique contemporaine, c’est la recherche de différentes textures, de différents sons. La recherche aussi d’une musique qui sort de la tradition, qui est assez différente. Alors, c’est à la fois découvrir, mais aussi, je dirais, approfondir mes connaissances. C’est également une musique qui ouvre aussi la possibilité de faire des combinaisons avec d’autres médiums artistiques.

PANM360 : La musique contemporaine, c’est une étiquette très vaste. Prévoyez-vous aborder tous les genres, Avant-garde/expérimental, Minimalisme, Néo-romantisme, etc.

Meggie Lacombe : Pour le moment, je crois qu’on vise plutôt large. Et peut-être éventuellement, qui sait, on va vraiment découvrir un style dans lequel on veut vraiment et exclusivement aller. On aimerait aussi faire des projets de concerts plus expérimentaux, avec des éléments scéniques. On aime particulièrement travailler avec des compositeurs et compositrices de Montréal. Ça c’est un focus important. 

PANM360 : Et c’est un environnement hyper riche, avec une relève variée et pas mal nombreuse. Collectif9, No Hay Banda, Ensemble Éclat, Paramirabo…

Meggie Lacombe : Oui, on se connaît bien. Je sens qu’on se supporte bien aussi entre nous. No Hay Banda nous ont invitées le 19 janvier à faire un programme double avec eux. Audréanne joue souvent avec eux. Je crois qu’elle va jouer avec Paramirabo aussi. Cela dit, je dirais que notre différence, c’est qu’on est un quatuor à cordes. 

PANM360 : Il y a deux grands quatuors à cordes contemporains situés à Montréal, les Bozzini et les Molinari…

Meggie Lacombe : D’un point de vue personnel, quand j’étais jeune, c’était mon rêve d’avoir un quatuor comme le Molinari. L’altiste du Molinari, Frédéric Lambert, a été mon professeur à McGill. Il a été le professeur de Marilou aussi. Alors, ça nous est arrivé d’avoir des questions puis de leur demander des conseils. Ils ont été un très bon support pour nous. Puis, les Bozzini nous ont contactés pour participer à Québec musiques parallèles 2025 avec eux.

PANM360 : Parlons de l’album. Qu’est-ce qui vous a mené au choix de ces œuvres, dont une de Louis-Michel?

Meggie Lacombe : Le projet a débuté par Olivier Saint-Pierre, qui voulait enregistrer sa pièce. Il n’était pas encore question de l’album ou d’enregistrer d’autres pièces. Après, l’idée est venue d’enregistrer la pièce de Louis-Michel et la pièce de Florence qu’on apprenait déjà. L’idée du label, ça faisait partie des projets que nous avions. Finalement, on a tout combiné. Je ne m’attendais pas à ce que ça arrive aussi vite, ce qui est assez génial.

PANM360 : La pièce d’Olivier St-Pierre est substantielle, environ 35 minutes. Le thème est le Temps, selon les trois concepts en Grèce antique. Parlez-moi de Chronos, Kairos et Aiôn.

Meggie Lacombe : C’était un défi. Olivier y explore le rapport au temps, avec Chronos le temps linéaire, Kairos le temps opportun, genre ‘’le bon moment’’, et Aiôn le temps cyclique, le recommencement.  On doit jouer la pièce avec quatre métronomes, un pour chacune de nous, car nous sommes à des tempos différents tout au long de la pièce! À certains moments, même si on a des tempos différents, on se retrouve à jouer ensemble. Je pense qu’il y a quatre endroits dans la pièce où ça arrive. Après on se redécale. Ensuite, dans la pièce elle-même, il y a des parties où c’est extrêmement calculé, qu’on peut associer plus à Chronos, et des parties où on se met à improviser un peu en harmonique. Ce sont comme des espèces de boîtes d’improvisation. Et là, on associe ça à l’opportunité, Kairos. Pour Aiôn, le cycle, je le vois dans les canons qui reviennent et qui sont très chronométrés. 

Je dirais qu’un des grands défis de la pièce, c’est que même si on a quatre tempos différents, il faut quand même arriver à jouer ensemble et à créer des atmosphères ensemble. Puis c’est une pièce qui était très exigeante physiquement aussi, parce qu’il n’y avait pas d’arrêt. Il faut jouer très lentement. J’avais l’impression de tomber un peu dans une transe méditative. Je pense aux Louanges dans le Quatuor pour la fin du temps de Messiaen. C’est presque souffrant pour le corps tellement c’est lent. Il y avait un peu de ça, mais ça nous amène dans un espace aussi, je trouve vraiment intéressant en tant qu’interprète. 

PANM360 : C’est très intéressant ces lumières que vous apportez à la pièce. Ça bonifie grandement l’écoute, et vient étoffer ma recension de l’album. Louis-Michel, vous avez offert un Quatuor (le no 2) pour cet album. Que pouvez-vous nous dire à son propos?

Louis-Michel Tougas : Dans la pièce, j’ai essayé de développer des éléments que j’avais amorcés dans mon premier Quatuor qui a été écrit pour le Quatuor Bozzini, notamment la question de la polyrythmie. C’est un des aspects qui a fait rejoindre ma pièce à celle d’Olivier, le traitement polytemporel, si on veut, la stratification de plusieurs temporalités. Puis dans la pièce pour Bozzini, j’avais aussi utilisé des métronomes indépendants, puis c’était un peu un défi de reprendre cette idée de stratification rythmique, mais sans l’aspect technologique. C’est en fait une idée de la fin du Moyen-Âge avec l’Ars subtilia, les canons de corrélation, avoir un motif qui se présente à une certaine vitesse, puis avoir le même motif en motif apparenté qui se présente à une vitesse distincte, reliée par un ratio spécifique.

C’est un peu aussi une idée que Olivier a prise pour son Quatuor, de lier l’aspect harmonique puis l’aspect rythmique, c’est-à-dire d’avoir des intervalles de hauteur formulés par des ratios qui sont repris aussi dans le rythme. C’est le genre de technique qu’on partage dans nos manières de travailler. Ça, ça a été un aspect important, donc l’espèce de présentation constante de motifs étirés, contractés, puis toujours simultanément, un peu comme on retrouve dans certaines musiques de la Renaissance ou de la fin du Moyen-Âge, mais évidemment avec une esthétique différente.

C’est un premier aspect. Un autre aspect, ça a été, disons, d’avoir une accumulation de matériaux différents. On commence l’œuvre avec, mettons, un ou deux types de motifs, thèmes, si on veut, qui sont en interaction, puis à chaque section, il y en a un ou deux qui s’ajoutent et qui culminent. L’accumulation finit par créer ce genre de méandre de motifs qui sont en interaction, puis qui sont échangés entre les membres du quatuor. À certains moments de la pièce, les motifs sont présentés individuellement, puis à d’autres moments, ils se combinent et créent des motifs composites, si on veut, entre les instrumentistes. 

PANM360 : Dans ce quatuor, qu’est-ce qui vous est apparu le plus difficile à maîtriser, Meggie?

Meggie Lacombe : Je dirais le rythme. Les relations de tempos entre les sections, aussi. Il y a quelque chose de très mathématique et ça demande une grande précision. Si on se manque dans une des transitions, on va être un peu dans le trou pour le reste de la pièce. C’était aussi d’arriver à bien placer les rythmes qui peuvent sembler presque aléatoire, mais qui sont en vérité très très calculés. 

PANM360 : Sortir cet album sur un tout nouveau label, comme deux naissances simultanées, c’était prévu depuis le début? C’est quand même courageux…

Louis-Michel Tougas : Ça a été un moment de chance incroyable, si on veut. Ça faisait longtemps que j’avais en tête, pas nécessairement de fonder une maison de disques ou un label, mais d’avoir accès à des enregistrements de haute qualité d’œuvres que les compositrices et les compositeurs produisent, en particulier à Montréal. Un des enjeux dont on discute depuis des années avec les collègues, c’est qu’on compose des œuvres pendant six mois, huit mois, un an, puis l’œuvre est jouée une fois, dans une salle qui n’est pas nécessairement idéale, avec toutes sortes d’enjeux techniques, etc. C’est la fin de la vie de l’œuvre dans trop de cas, malheureusement.

L’idée de l’enregistrement est juste venue de ce constat. L’œuvre ne peut pas être reprise plein de fois, parce que ce sont des projets onéreux, ça prend beaucoup de temps, ça prend beaucoup de gens qui sont impliqués, surtout des pièces pour ensemble. Au moins, si on peut avoir un enregistrement de référence de ces œuvres-là, ça assure une pérennité.

À travers des conversations avec les compositeurs autour de moi, avec les ensembles aussi, on s’est dit, bon, ça serait bien si on mettait en place une sorte de plateforme où les gens pourraient proposer leurs œuvres, puis on pourrait enregistrer ça, puis leur donner une vie après la création. Idéalement, bien sûr, les œuvres seraient rejouées, mais au moins, il y aurait cette possibilité de mémoire. Puis aussi ce serait une opportunité pour les compositrices, les compositeurs, les ensembles, de présenter ce travail à l’international, sur Internet, d’avoir une forme de visibilité.

Quand Olivier Saint-Pierre m’a approché, il m’a dit, j’aimerais ça enregistrer ma pièce. Ça serait bien d’avoir un enregistrement de référence où ce n’est pas juste deux micros sur le devant de la scène, au concert de création. J’ai fait un travail, pas tout à fait comme un travail de production pop, mais quand même un peu inspiré de ça. Moi, j’ai un background comme batteur de musique jazz, pop, puis étudiant d’enregistrement aussi à McGill.

J’ai eu un peu d’expérience de production au-delà de juste enregistrer un concert comme un documentaire. Ça, c’est quelque chose qui m’intéressait, d’amener cette démarche-là dans la musique contemporaine et la musique classique, en produisant cet album un peu comme un album pop, c’est-à-dire qu’on a édité, il y a des sections, il y a des coupures, il y a du mixage, il y a huit micros sur le quatuor à cordes, il y a toutes sortes de traitements qui sont subtils. Ça ne sonne pas comme un album pop, évidemment.

Quand on écoute l’album, on se dit que c’est un enregistrement réaliste. On est tout à fait dans une esthétique réaliste, mais il y a quand même ce travail-là qui a été fait pour donner, disons, la meilleure version possible de la pièce ou une des meilleures versions possibles.

PANM360 : Pour le label Mnémosyne, c’est la même mission que le Quatuor Mémoire? Le répertoire montréalais/québécois?

Louis-Michel Tougas : Je ne dirais pas qu’on va se limiter à 100 % au répertoire québécois. Pour l’instant, ce sont, disons, les opportunités qui se présentent. Il y a des ensembles avec lesquels je discute qui veulent enregistrer aussi des pièces internationales.

PANM360 : Qu’est-ce qui s’en vient pour Mnémosyne?

Louis-Michel Tougas : Je ne sais pas jusqu’à quel point je peux donner des noms, parce que tout n’est pas signé dans les contrats. Mais je peux vous dire qu’il y a plusieurs jeunes ensembles en musique contemporaine, à Montréal, qui ont montré de l’intérêt à publier des albums. Également plusieurs compositrices et compositeurs. Donc, en 2026, il devrait y avoir plusieurs parutions, probablement avant l’été, dépendamment si les conditions le permettent. Mais on espère ça.  

PANM360 : Et pour le Quatuor Mémoire, Meggie?

Meggie Lacombe : Pour l’hiver et le printemps, nous avons trois concerts qui s’en viennent. Le 19 janvier, on a notre plateau double avec No Hay Banda. On va jouer une pièce de Hannah A. Barnes et Lily Koslow. On va explorer quelque chose d’un peu plus théâtral avec deux chanteuses. 

Le 20 février, on joue une autre œuvre d’Olivier St-Pierre. C’est un concerto pour quatuor et orchestre. Ça va être avec l’Ensemble Éclat. C’est organisé par la SMCQ.

Finalement, le 17 avril, on a un concert à la Chapelle du Bon-Pasteur (logée au Centre canadien d’architecture). Ce sera une pièce de Francis Battah. 

PANM360 : Merci à vous deux, d’avoir été présent, et surtout de créer de nouvelles opportunités pour la musique savante d’ici. Bon succès. 

CALENDRIER D’ACTIVITÉS DU QUATUOR MÉMOIRE


Tel un temple niché dans les hauteurs vertigineuses de l’Himalaya comme le suggère le programme Neige sur le gong, le studio Gamelan se trouve isolé de la ville, au dernier étage de la faculté de musique de l’UdeM. L’espace est rempli d’objets anciens, transmis de génération en génération, créant ainsi une atmosphère fantastique: représentations de divinités hindoues, lampes en papier, , bannières ornementales dorées.

C’est un monde à part entière, une porte d’entrée vers la culture balinaise maintenue vivante avec ferveur depuis près de 40 ans, non seulement par la faculté, mais aussi grâce au dévouement désintéressé de ses membres. Je pratique le gamelan depuis près d’un an maintenant, mais certains membres du groupe sont là depuis le tout début, à la fin des années 1980. Cela montre bien qu’il s’y passe quelque chose de magique.

Les concerts biannuels de gamelan sont parmi les plus fréquentés de la faculté. Il y a plusieurs raisons à cela.

Bien qu’il puisse sembler être une forme d’art marginale en Amérique du Nord, le gamelan est un phénomène culturel bien vivant à Bali qui continue de produire des compositeurs et des interprètes virtuoses. Entre les conservatoires et un vaste réseau de villages aux sonorités distinctes, il y a toujours quelque chose pour renouveler cet art, et les nombreux membres de Giri Kedaton qui se rendent régulièrement à Bali reviennent avec une richesse d’inspiration et de compétences.

Avant le concert du 20 décembre, j’ai rencontré Laurent Bellemare, afin de mieux comprendre les morceaux, les personnes et l’histoire derrière cette musique.

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Depuis dix ans, la série Dômesicle transforme la Satosphère, soit le dôme à 360° de la Société des arts technologiques, en un terrain de jeu dédié à la musique dance. La série rend hommage à la scène musicale dynamique de Montréal, créant une ambiance unique où l’espace, le son et la lumière se confondent avec la foule nocturne.
Pour marquer sa dixième année d’existence, la SAT insère les petits plats dans les grands cette année en invitant des têtes d’affiche venues du monde entier. Au-delà de cette perspective tournée vers l’extérieur, la programmation des prochains Dômesicle reflète également une immersion profonde dans les collectifs, les labels et les magasins de disques qui façonnent l’écosystème musical de Montréal.

De La Rama à Voyage Funktastique, en passant par le soutien de collectifs émergents tels que Cybercunt, chaque rituel du samedi devient un monde à part entière.
Derrière cette nouvelle orientation artistique se trouve Maxence Dorais. Après avoir organisé avec succès des événements pour Homegrown Harvest pendant plusieurs années pour ensuite joindre la SAT, l’arrivée de Dorais coïncide avec une nouvelle vague de programmation interne qui a encore renforcé le positionnement de la SAT et son fameux dôme dans le paysage culturel montréalais.
S’appuyant sur les informations précédemment révélées par l’EAF (voir interview), cette conversation explore la vision de Maxence Dorais en matière de programmation: équilibre entre les artistes internationaux et locaux, rôle des collectifs locaux, pouls actuel de la scène musicale électronique montréalaise.

Cette saison marque une décennie de nuits tardives où le son, la lumière et l’espace se rencontrent, réunissant des têtes d’affiche internationales et les collectifs qui façonnent la musique électronique montréalaise.

Présentant neuf événements distincts du 10 janvier au 21 mars, Dômesicle pourrait bien être cette lumière au bout du tunnel en attendant la fin de l’hiver nordique. Les artistes sont annoncés, les dates déjà inscrites à nos calendriers. Quant aux performances, un espace de liberté leur est accordé, mais entre les mains de Maxence Dorais et de l’équipe de la SAT, il ne fait aucun doute que l’ensemble sera un succès.

En attendant, voici de courtes présentations par la Société des arts technologiques des collectifs et des artistes de cette nouvelle saison de Dômesicle.

10 janvier: Dômesicle x FORMAT — Measure Divide (TO) • Mike Larry • Xia

Measure Divide, pilier de la scène underground de Toronto depuis plus d’une décennie et fondateur du collectif FORMAT, livrera une techno détaillée, percutante, aux arrangements non conventionnels. Les DJs montréalais.e.s Mike Larry et Xia captiveront le dancefloor, l’un avec ses un set marathonien mêlant beats frénétiques et trance, l’autre avec son approche éclectique, éthérée et psychédélique.

Une nuit de techno pure qui promet de vous transporter dans une autre dimension. “

 Source: S.A.T.

17 janvier: Dômesicle x Voyage Funktastique — Walla P • Alina

“Préparez-vous pour une nuit groove, funk, house et disco avec le collectif montréalais Voyage Funktastique, représenté par l’un de ses co-fondateurs, Walla P, et nul autre qu’Alina du collectif Ferias.   

Embarquez dans un voyage sonore sans frontières avec Walla P, l’une de deux têtes derrière Voyage Funktastique – à la fois émission de radio, label et soirée mensuelle. DJ montréalais actif depuis plus de 12 ans, il vous fera danser non-stop avec un set au mélange irrésistible de boogie, disco, jazz et modern funk. À ses côtés, Alina, co-organisatrice du collectif montréalais Ferias, vous fera vibrer sur un set éclectique entre funk, dub, afro-latin, breaks et house.

Deux univers, un dancefloor qui ne laissera personne de glace.”
Source: S.A.T.

24 janvier: Dômesicle x La Rama Records — Luca Lozano (UK) & Mr. Ho (HK) • badgalquirit b2b donotstealmyname

“Une soirée co-présentée par La Rama aux accents house, électro, techno et rave avec les cofondateurs du célèbre label Klasse Wrecks, Luca Lozano & Mr. Ho, et les DJs locales badgalquirit et donotstealmyname en b2b.

Place à un set légendaire quelque part entre le Royaume-Uni et Hong Kong avec un duo culte de la scène club internationale: Luca Lozano & Mr. Ho. Ils livreront un set entre house, breakbeat, techno décalée et influences rave des années 90, avec leur énergie toujours ludique et imprévisible. Les DJs montréalaises badgalquirit et donotstealmyname envoûteront le dancefloor avec un b2b fusionnant techno, house et trancKe.

Une chose est sûre: tu n’es pas prêt·e de t’en remettre.”

Source: S.A.T.

31 janvier: Dômesicle x HALTE — Pariah • J.rom • UME

Cofondateur du légendaire label Voam, Pariah offrira un set imprévisible, instinctif et puissant, libéré des contraintes de genres et dont l’impact sur le corps sera immédiat. À ses côtés, le fondateur du festival électro underground montréalais HALTE, J.rom, mêlera groove aux basses puissantes et designs sonores expérimentaux, tandis qu’UME transformera le dancefloor en espace sexy et ludique avec son mélange unique de breakbeat, acid et ghetto tech.

Une soirée pour ceux.celles qui aiment se laisser surprendre. “

Source: S.A.T.

7 février: Dômesicle — Wata Igarashi (JP/NL) • Marie Davidson (DJ set) • Asha

Producteur le jour et maître des atmosphères psychédéliques la nuit, WataIgarashi signera un set techno autant trippy que raffiné et d’une précision méticuleuse. Marie Davidson nous offrira son électro brute et élégante à l’énergie post-punk et où le dancefloor devient son exutoire – pour le plus grand plaisir de tous.tes. La cofondatrice du collectif Ether, Asha, s’imposera elle aussi avec ses sonorités bass, percussives et polyrythmiques.

Êtes-vous prêt.e.s pour cette soirée surréelle?”

Source: S.A.T.

14 février: Dômesicle x Chez.Kito.Kat Records — Dr. Rubinstein (DE) • Safia Nihil • AGUMA (live)

Basses percutantes. Synthés hypnotiques. Grooves solides. Dr. Rubinstein déploiera sa techno rave, mêlant lignes de basse acid, sélections éclectiques et énergie non-stop. Elle est rejointe par deux duos montréalais : Safia Nihil – projet de DBY et Shadya de Chez.Kito.Kat Records – qui vous fera planer sur un set entre downtempo lofi, jazz modal, acid et sonorités maghrébines; et AGUMA, qui offrira un performance live aux textures polyrythmiques et immersives, entre dub, jazz et fourth world. 

Une soirée pour se perdre dans le son, entre expérimentations sonores et moments de transe collective.”

Source: S.A.T.

7 Mars: Dômesicle x Homegrown Harvest — CCL (DE) • laced • Coussy

“CCL débarque à Montréal pour un set qui transcendera les genres, mêlant techno éclatée, steppers, synthés dignes des 80s, footwork et textures psychédéliques. Figure internationale de la scène électronique, iel a été salué.e pour sa vision audacieuse et ses sets captivants – autrement dit, ça promet. C’est sans compter les DJs montréalais.es laced (live) et Coussy qui pimenteront cette folle soirée avec des sets IDM et tech house, tout aussi chaotiques qu’envoûtants.

Un must-go, sans aucun doute.”

Source: S.A.T.

14 mars: Dômesicle x GABA collective — BRI b2b NAË • SCOTTIE b2b MARCOCCINO • DAMACADAM b2b CHAR.L.N

Place à une nouvelle génération d’artistes de la scène électro montréalaise, dont les sets énergiques vous aspireront sur le dancefloor. BRI b2b NAË ouvriront avec un mélange fougueux d’afro, de house et de UKG; SCOTTIE b2b MARCOCCINO prendront le relais avec une dose de techno et de dark disco qui frappent; et DAMACADAM b2b CHAR.L.N termineront avec un set entre groove latin, techno hypnotique et hardgroove incandescent. 

Une nuit 100 % Montréal, 100 % groove.”

Source: S.A.T.

21 mars: Dômesicle x CYBERCUNT — SALOME • Pyromane b2b Cori

Depuis Berlin, la DJ et productrice de haut calibre SALOME atterrit à la SAT pour nous offrir son électro, techno et acid qui a enflammé les clubs et festivals du monde entier. En b2b, nos local gems Pyromane (du collectif Cybercunt) et Cori (du collectif T.I.T.S.) serviront un set éclectique et maximaliste au tempo rapide, aux kicks puissants et aux structures percussives complexes. 

Aucune règle ici. Juste la nuit, le dancefloor et le son qui rentre au poste. “

Source: S.A.T.

Formations incontournables du renouveau baroque international, canadien ou québécois, l’Ensemble Caprice et l’Ensemble ArtChoral sont toujours dirigés par leur fondateur, soit le chef d’orchestre, chef de choeur, compositeur, flûtiste, Matthias Maute. Les réalisations discographiques de Caprice comptent une vingtaine d’albums chez Atma Classique et Analekta. Côté ArtChoral, on a lancé une dizaine d’enregistrements de haute volée, également sous étiquette Atma Classique.

Dans le cas qui nous occupe, l’inclination baroque de Caprice est honorée dans cet album consacré à Vivaldi. Cet enregistrement se veut  » à la fois historique et imaginatif : une reconstitution des concertos perdus d’Antonio Vivaldi évoquant quatre nations — La Francia, L’Inghilterra, La Spagna et Il Gran Mogol. Mentionnés dans un catalogue du XVIIIe siècle (1759), trois de ces concertos étaient tombés dans l’oubli, à l’exception de Il Gran Mogol, retrouvé en 2010. Fort de son expertise en recomposition baroque, Matthias Maute redonne vie à ces œuvres disparues, en respectant scrupuleusement le style du Prêtre roux. »

Quant à l’ensemble ArtChoral, le temps présent est privilégié dans le Vol.9 de la discographie de l’ensemble chez Atma Classique: 13 compositrices canadiennes sont ici interprétées:  Afarin Mansouri (née en 1974)Alice Ping Yee Ho (née en 1960)Amy Brandon (née en 1980)Beverley Mckiver (née en 1958)Carmen Braden (née en 1985)Fiona Ryan (née en 1980)Karen Sunabacka (née en 1975)Kati Agócs (née en 1975)Katya Pine (née en 1954)Leslie Uyeda (née en 1953)Mari Alice Conrad (née en 1981)Sandy Scofield (née en 1956)Sophie Dupuis (née en 1988).

L’INTERVIEW:

Le temps des Fêtes et ses multiples programmes musicaux de circonstance incluent cette années le concert Mère-Noël. La mezzo Kristin Hoff, la soprano Jacqueline Woodley et la harpiste Juliette Duguay proposent une sélection de chants de Noël, ceci incluant des compositions de femmes, ce mardi 16 décembre, 17h à la magnifique salle Art Déco Le 9e. Ce lieu reprend du service au grand bonheur des Montréalais.es , il fut autrefois cette mythique salle à manger du magasin Eaton au centre-ville. L’objectif étant d’accueillir les familles, parents et enfants, à des concerts de fin d’après-midi et donc adaptés aux réalités familiales, Mère-Noël est une excellente occasion de sa familiariser avec la formule.

Ainsi, Kristin Hoff répond ici aux questions de PAN M 360 concernant cet événement festif. Rappelons que notre interviewée est cofondatrice de Musique 3 Femmes (M3F), une compagnie d’opéra contemporain se consacrant  » à amplifier le travail des créatrices d’opéra », « à mettre l’accent sur la promotion des compositrices et librettistes féminines et non binaires émergentes » et par « le désir collectif d’imaginer l’opéra à travers une nouvelle lentille – une lentille où les créatrices ont la licence pour créer des histoires innovantes et définir de nouveaux mondes sur la scène lyrique. »

BILLETS ET INFOS ICI

Programme
Cantique de Noël – A. Adam
Noël Blanc/White Christmas – I. Berlin
O nuit de paix/Night of Silence – F. Gruber/D. Kantor
Trois anges sont venus ce soir – A. Holmès, arr. G. Patenaude
Do you hear what I hear? – G. Shayne
He shall feed his flock/Come unto Him, Messiah – G.F. Handel
A la nanita – J. Ramón Gomis
Interlude, A Ceremony of Carols – B. Britten
Nana – M. de Falla
Mariae Wiegenlied – M. Reger
Greensleeves – traditionnel, arr. G. Patenaude
Marie-Noël – R. Charlebois
Happy Christmas – J. Lennon, arr. J. Patenaude
Petit Papa Noël – H. Martin, arr. G. Patenaude
Noël, c’est l’amour – N. Glanzberg, arr. G. Patenaude

Artistes

  • Kristin Hoff, mezzo-soprano et directrice artistique d’OpéraM3F au 9e Grande Salle, possède « une clarté attrayante et un poids émotionnel. » – New York Times
  • Jacqueline Woodley, soprano, « Urgent et convaincant… un voyage émotionnel » – The Washington Post
  • Juliette Duguay, harpiste, Prix 2025 de la Catégorie Cordes du Prix d’Europe

Parmi les fleurons du chant choral, une des grandes spécialités de la musique anglaise dans le répertoire classique, The Tallis Scholars fait figure de formation pionnière. Voilà une véritable institution au Royaume-Uni, fondée en 1973 par Peter Phillips, notre interviewé joint aux USA au coeur d’une tournée qu’effectue ce magnifique ensemble vocal qui fait escale à Montréal le samedi 13 décembre à l’Église St.Andrew & St.Paul (3415, rue Redpath, coin Sherbrooke, Montréal, QC, Canada).

Alors pour un programme de Noël intime, spirituel, enveloppant, voilà une proposition qui ne peut décevoir quiconque aime la musique sacrée. Laissons à Peter Phillips le soin de nous expliquer courtoisement le tout !

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PAN M 360 : Vous y  avez consacré votre vie pour ainsi atteindre une grand maîtrise. Vous débarquez très bientôt à Montréal avec votre ensemble. Vous y présenterez un programme très intéressant de musique sacrée anglaise de plusieurs époques, de Benjamin Britten à John Taverner. 

Peter Phillips : Oui, le vieux John Taverner, puisqu’il y en a deux –  Il y a aussi le contemporain, sans r (John Tavener, 1944-2013). 

PAN M 360 : Quel est votre sentiment concernant votre position de directeur musical  aujourd’hui en 2025, soit après 52 ans de travail au sein de ce même ensemble qui a probablement changé beaucoup au cours des années. 

Peter Phillips : Nous avons, comme vous le dites, chanté cette musique depuis 52 ans et moi-même, je pense être devenu un véritable expert de la polyphonie à l’époque de la Renaissance. Je ne prétends pas être un chef d’orchestre, de solistes ou d’énormes chœurs. Je suis un spécialiste d’un corpus très précis, c’est-à-dire un ensemble vocal de chambre avec 10 chanteurs.  Dans la même optique, j’ai eu une carrière en tant que chef pour d’autres ensembles  nous l’avons, mais j’ai aussi une carrière en tant que conducteur d’autres ensembles vocaux de chambre, particulièrement en Europe.

PAN M 360 : Au cours de toutes ces années, comment avez-vous pu rendre cette approche plus parfaite et plus sensible ? 

Peter Phillips : Vous savez, il y a différentes étapes à franchir. Même si c’est de la musique ancienne ou baroque, nous avons atteint certains niveaux d’interprétation et de compréhension de ce répertoire. Nous y sommes parvenus en le faisant inlassablement,  en essayant de comprendre ce que les compositeurs de la musique ancienne avaient fait, plutôt que de tenter de le forcer à porter des vêtements modernes.

On a souvent essayé de faire ressembler ces musiques vocales à ces ensembles  romantiques du XIXe siècle, avec du vibrato, des intonations erronées, bref de mauvais mélanges. On a aussi mis en valeur des solistes alors qu’en fait, avec ce genre de musique, il n’y a pas de lumière  projetée sur une seule personne. C’est une activité collective comme l’est celle d’un quatuor à cordes.

Quand nous sommes sur scène, 10 chanteurs.euses se trouvent devant moi, et nous pouvons incarner un ensemble très sensible, très petit, qui s’adresse à vous. C’est fait à petite échelle, ce n’est pas de la musique énorme. 

PAN M 360 : C’est plus subtil, plus intime et plus spirituel.

Peter Phillips : Oui.

PAN M 360 :  Puisque The Tallis Scholars existent depuis 52 ans, on imagine une équipe multigénérationnelle. Comment la gérez-vous artistiquement?

Peter Phillips :  Je dirais que ma vision n’a pas changé foncièrement. Ce que j’ai voulu de ces chanteurs.euses depuis le début est ce que je désire aujourd’hui, bien que ce style soit beaucoup mieux connu. Alors les plus jeunes interprètes qui chantent avec nous débarquent avec une plus grande connaissance. Ils savent ce qu’ils veulent et ce à quoi on s’attend d’eux.

Quand nous avons commencé, nous étions partis de rien. Aujourd’hui, nos chanteurs les plus âgés sont maintenant très expérimentés et ils continuent. J’ose croire qu’ils sont heureux, qu’ils aiment sincèrement ce répertoire, sinon ils ne passeraient pas tout leur temps à s’y consacrer!

PAN M 360 : Alors, parlons du programme de cette tournée nord-américaine.D’abord,  Missa Puer natus est nobis  (Une messe : un enfant nous est né ) de Thomas Tallis (1505-1585).

Peter Phillips : Bien évidemment, nous avons choisi cette œuvre pour un concert de Noël. Et c’est aussi l’une des plus belles œuvres de Tallis. Écrite pour sept voix, cette musique est grandiose et conçue pour une occasion grandiose. Elle avait été d’ailleurs interprétée , lors du mariage du roi Philippe II d’Espagne et de Marie Tudor, reine d’Angleterre. C’était une occasion pour le compositeur et Tallis avait composé une musique aussi grande qu’il le pouvait. Parfois, d’ailleurs cette œuvre est accompagnée d’instruments, ce qui n’est pas notre cas.

PAN M 360 :  Oui. Maintenant, parlons de cette œuvre de  William Byrd (1540-1623), Messe votive de la Vierge, composée de 5 parties.

Peter Phillips :  C’est une liste un peu dépareillée car la première partie (Ave maris stella) ne fait pas partie de cette messe, en fait. Je l’ai intégrée à ce programme parce qu’elle est très belle et soutient le reste des œuvres. Ave maris stella est évidemment une référence à Marie, et tous les morceaux qui suivent , comme le titre le suggère,  sont des antiennes votives pour la Vierge.  Cette musique de Byrd, qui excellait dans la composition pour petits ensembles, s’installe comme un puzzle dont les petits motifs s’assemblent progressivement. Et si vous comprenez bien ce qui se passe pendant l’exécution, vous réalisez qu’il est très satisfaisant de chanter cela et aussi, bien sûr, d’écouter.

PAN M 360 :  Enchaînons avec l’œuvre contemporaine de Matthew Martin  (1976-), Salve Regina.

Peter Phillips :  C’est un projet excitant, une commande de  l’Université Columbia. C’est selon moi une grande œuvre de Matthew Martin, un jeune compositeur britannique qui nous connaît bien.  Ce qui est super chez lui, c’est qu’il connaît cette esthétique pour petit ensemble vocal. Et le truc avec lui, c’est qu’il sait comment écrire pour un tel ensemble mais ce n’est pas ordinaire ou normal.  Il fournit une partition inhabituelle, qui consiste en quatre  parties de soprano, et ensuite deux parties d’alto sous les sopranos, ce qui  génère une sonorité très spéciale. Un compositeur qui souhaite écrire pour nous doit comprendre cet usage des voix, et Matthew est capable de le faire.

PAN M 360 :  Comment inscrire cette œuvre dans le corpus contemporain?

Peter Phillips : Oui, c’est merveilleusement tonal mais cela peut aussi être très dissonant! L’idée ici n’est pas d’avoir l’air simplement intelligent et encore moins de proposer une œuvre qui n’a rien à voir avec les autres. 

PAN M 360 : La dissonance est ici un outil, un moyen et non une finalité.

Peter Phillips : Je crois que oui! Je trouve ce style contemporain très convaincant. J’aime l’entendre en tout temps. On ne veut pas exclure les morceaux difficiles et ne s’en tenir qu’aux harmonies « normales »  que nous aimons également. On aime aussi les contributions récentes et nous les mêlons au reste. Nous présentons ces musiques anciennes et contemporaines comme un tout.

PAN M 360 : Passons à la deuxième œuvre de Thomas Tallis au programme : Missa Puer natus est nobis – Sanctus et Agnus Dei. 

Peter Phillips :  À l’écoute de cette pièce, vous vous demanderez peut-être où est le credo. Eh bien, il n’y a pas de credo, parce qu’il a été perdu. Les autres mouvements ont été retrouvés mais la partition du crédo ne l’a jamais été. Nous n’y pouvons rien, j’en ai bien peur, à moins qu’un miracle se produise et que ce bout de partition soit bien caché dans d’autres manuscrits anciens qui n’ont pas été analysés en profondeur ou pas encore été retrouvés.  Donc, c’est un défi pour l’ensemble que de jouer cette œuvre sans le credo.

PAN M 360 : Très intéressant! Les spécialistes de la musique ancienne comme vous sont aussi des historiens, des archéologues, aussi des enquêteurs!

Peter Phillips : Oui, vous avez raison. C’est une sorte de merveilleux travail d’inspecteur! Quand vous faites de la musique ancienne ou baroque, si vous n’aimez pas l’Histoire, vous ne devriez pas travailler sur ce corpus. Mais la première des choses qui comptent, c’est l’amour de cette musique. 

PAN M 360 : Bien sûr. Mais la connaissance historique est une partie du plaisir et de la passion qui mène à une compréhension profonde de la période de laquelle cette musique a été composée. 

Peter Phillips : C’est tout à fait vrai. Aussi, un des aspects les plus excitants de cette œuvre est , en fait,  c’est que certaines parties comportent une structure de sept voix. C’est la manière dont la partition a été écrite, même s’il nous en manque un bout. Donc, c’est le travail d’une personne moderne comme vous ou moi, de compléter ces notes manquantes.

PAN M 360 : Absolument!  Maintenant Benjamin Britten(1913-1976), le second compositeur moderne au programme, et mon compositeur anglais préféré, dont vous jouerez l’œuvre  A Hymn to the Virgin .

Peter Phillips : C’est un thème central de ce programme.  Et aussi, c’est extrêmement beau. Apparemment, Britten avait écrit cette musique quand il avait 16 ans. Comme Mozart, il était déjà excellent à ce jeune âge! Vous savez, l’Angleterre  et le Royaume-Uni ne comptent pas tant de grands compositeurs.

PAN M 360 : En revanche, la période actuelle est très prolifique, et vous pouvez compter sur une tradition fantastique en musique chorale. Et The Tallis Scholars est au coeur de cette tradition.

Peter Phillips : Oui, c’est excitant, c’est vrai. 

PAN m 360 : Alors passons à John Taverner (1490–1545) et l’œuvre Mater Christi.

Peter Phillips : Eh bien, c’est une antiphonie et aussi une prière pour la Vierge. L’antiphonie est une technique musicale où deux sous-groupes vocaux se répondent en alternance et se retrouvent au chorus. Aussi, Mater Christi est un thème central du concert et une pièce inhabituelle pour l’Angleterre car l’œuvre  avait été amorcée lorsque le catholicisme était très présent. Cette œuvre sacrée est très élaborée, chargée, et Taverner était particulièrement bon dans ce style qu’il dut ensuite adapter à réformation protestante. C’est à mon sens l’un de ses morceaux les plus concis. Son génie y est très audible. Alors interprétons la partition d’avant la réforme protestante, que Taverner avait conservée. Autre aspect intéressant, cette pièce avait été composée pour de jeunes garçons ou castrats, avec des parties très aiguës, et aussi des parties basses. Cette technique de composition s’est perdue avec le temps mais nous parvenons à  la garder vivante d’une certaine façon. Pour les parties hautes, d’ailleurs, nous avons dû développer des techniques appropriées pour bien rendre la partition. Ce fut un défi difficile à relever.

PAN M 360 : Comme nous le disions précédemment, le retour en force du baroque remonte à un demi-siècle aujourd’hui. Il y a un grand savoir beaucoup plus profond, plus avancé, je dirais. C’est toute votre vie. Vous avez découvert des choses!

Peter Phillips : Oui. L’expertise est très différente de celle des années 70. Il y a plus de gens qui pratiquent cet art, plus de talent, plus d’intérêt. Au début, il y avait des gens passionnés par ça, mais pas nécessairement les meilleurs chanteurs. Maintenant cette passion s’ajoute à l’éducation, l’entraînement et le perfectionnement des techniques. Nous avons les deux : la passion et la virtuosité. Et les chanteurs.euses peuvent travailler davantage, au lieu de faire carrière dans l’opéra.

PAN M 360 : Concluons avec avec le Magnificat de John Nesbett (?- 1488)

Peter Phillips : C’est un morceau difficile à décrire, mais il est très plaisant à interpréter.  C’est pourquoi nous l’avons choisi! À noter que cette œuvre apparaît très tôt dans The Eton Choirbook, qui réunit un nombre important d’œuvres écrites à cette époque précise.  Je ne sais pas comment décrire cette œuvre sans que vous ne l’entendiez, mais elle porte ce genre de musique très proche des cuivres avec des coupures assez sèches. Vraiment amusant à chanter! C’est aussi une belle conclusion pour ce programme.

Si vous êtes à Québec en ce 11 décembre, il reste encore des places pour ce programme très spécial de Noël concocté par Bernard Labadie. Il s’agit d’une série de concertos baroques pour Noël  » tantôt champêtres, naïves ou spirituelles ». Ces œuvres avaient d’ailleurs été enregistrées en 1993 sur Simphonies des noëls, album ayant connu un franc succès au-delà de nos frontières, d’où sa réédition. Des œuvres baroques et pré-baroques de Charpentier, Torellli, Corrette , Pez et Corelli seront ainsi exécutées pour réchauffer les âmes en nous rappelant les Noëls d’un passé lointain. Directeur de l’administration artistique aux Violons du Roy, Laurent Patenaude nous explique ce programme d’exception.

Ce contenu a été réalisé par PAN M 360 en partenariat avec La Vitrine qui relaie ce programme des Violons du Roy

BILLETS ET INFOS ICI

Programme

M.-A. CHARPENTIER

• Noëls pour les instruments, H. 531, H. 534
• Nuit extrait de In Nativitatem Domini Canticum, H. 416

G. TORELLI

Concerto a 4 en sol mineur, op. 8 n° 6 In forma di Pastorale per il Santissimo Natale

M. CORRETTE

Sinfonia I sur des Noëls François et Etrangers

J.C. PEZ

Concerto pastorale en fa majeur

A. CORELLI

Concerto grosso en sol mineur, op. 6 n° 8 Fatto per la note di Natale

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Le Vent du Nord lançait cet automne Voisinages, un album de grande maturité où tous les axes de création sont respectés dans le vaisseau amiral du trad québécois: maîtrise du répertoire traditionnel, trouvailles chansonnières, actualisation du répertoire et de son exécution. Qui plus est, un nouveau membre brille au sein du quintette depuis le départ de Simon Beaudry: André « Dédé » Gagné a trouvé sa place et complète la formation constituée de Nicolas Boulerice, Olivier « Olo » Demers, André Brunet et Réjean Brunet. Ce samedi 13 décembre, Le Vent du Nord compte remplir à capacité le Grand Théâtre de Québec dans le contexte d’une tournée amorcée en octobre dernier et qui se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2026, le tout parsemé de concerts symphoniques dont celui du 18 décembre à Drummondville et le 21 décembre à Victoriaville, sans compter La Veillée de l’avant-veille, le 30 décembre au Club Soda à Montréal.

Diriger l’hommage à un album paru alors qu’elle n’était pas née, et ce trois fois plutôt qu’une le même week-end (celui des 13 et 14 décembre 2025) à la Maison symphonique, devant l’Orchestre métropolitain, voilà le défi que s’apprête à relever la jeune cheffe Léa Moisan-Perrier, formée sous la houlette de Yannick Nézet-Séguin, entre autres. Dans l’entrevue qu’elle m’a accordée, Léa nous raconte ses liens avec la musique d’André, le plaisir d’en diriger une partie aussi iconique que l’album Neiges, et nous parle aussi un peu du reste du programme de ces concerts, presque tous à guichets fermés. En effet, Neiges sera accompagné de plusieurs autres pièces, allant d’un concerto trad d’Antoine Gratton à la musique chorale de John Rutter et quelques titres de Noël de circonstance. 

INFOS ET BILLETS (S’IL EN RESTE!)

Ce contenu a été réalisé par PAN M 360 en partenariat avec La Vitrine, qui relaie également l’information sur ce programme de l’OM

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Certes parmi les meilleurs pianistes de concert au Canada, le Québécois David Jalbert complétait cet automne 2025 l’enregistrement du cycle complet des sonates pour piano du compositeur russe Sergueï Prokofiev. Pour le troisième et ultime enregistrement de ce cycle chez Atma Classique, David Jalbert réunit trois œuvres phares : les Sonates n° 8 et n° 9 ainsi que les Sarcasmes, op. 17. Depuis la préadolescence, David Jalbert s’applique à maîtriser les sonates de Prokofiev, il en explore toute la richesse pianistique et nous explique ici la nature de ces œuvres, leur construction, leurs défis techniques et leur ambitus expressif. PAN M 360 l’a joint chez lui dans la région de la capitale nationale où il est professeur titulaire en piano à l’Université d’Ottawa. David Jalbert incarne aussi ce répertoire sur scène: le premier de 3 programmes a été donné cet automne à la Salle Bourgie, deux autres sont prévus en mars et en juin 2026.

POUR ACHETER L’ALBUM CHEZ ATMA CLASSIQUE, ON CLIQUE ICI

POUR ASSISTER AU PROGRAMME 2 DU CYCLE PROKOFIEV À LA SALLE BOURGIE LE 5 MARS 2026, ON CLIQUE ICI

POUR ASSISTER AU PROGRAMME 3 DU CYCLE PROKOFIEV À LA SALLE BOURGIE, LE 3 JUIN 2026, ON CLIQUE ICI

La tradition annuelle du Messie de Haendel par l’Orchestre classique de Montréal se poursuit cette année. La crypte de l’Oratoire Saint-Joseph sera pour l’occasion occupée, le jeudi 11 décembre 2025, par l’ensemble sous la direction de son tout nouveau directeur musical, Andrei Feher, ainsi que par les solistes Jacqueline Woodley (soprano), Camila Montefusco (mezzo-soprano), Adam Luther (ténor) et Jamal Al Titi (baryton). S’ajouteront Les Filles de l’île et Les Chantres Musiciens, pour former le chœur. J’ai rencontré le jeune chef Andrei Feher afin de parler de ce Messie, son premier avec l’ensemble, mais aussi l’un de ses premiers car il a dirigé le chef-d’œuvre de Haendel pour la première fois il y a un an seulement. 

INFOS ET BILLETS POUR LE MESSIE DE L’ORCHESTRE CLASSIQUE DE MONTRÉAL À LA CRYPTE DE L’ORATOIRE SAINT-JOSEPH, LE 11 DÉCEMBRE 2025 À 19H30. 

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