Il y a 50 ans paraissait un album iconique de la pop québécoise, voire internationale. Neiges, d’André Gagnon, fracassait des records de ventes et restait collé au top 10 du Billboard pendant six mois! 25 musiciens et musiciennes étaient en studio (dont Jean Carignan), en plus des chœurs dont faisait partie une certaine Renée Claude. Alors que l’Orchestre métropolitain s’apprête à rendre hommage à ce petit chef-d’œuvre de pop instru (avec quelques parties chorales), pourquoi ne pas visiter la mémoire d’un des musiciens qui y était, Robert Leroux, percussionniste? Les fameux solos de congas dans Wow, c’est lui! À l’époque, Robert Leroux était un tout jeune musicien, plutôt associé à la musique classique et contemporaine (il l’a été majoritairement toute sa vie, d’ailleurs), mais les contrats et les gigs en pop ou en musiques de pubs n’étaient pas hors de son radar non plus. Voici donc une plongée dans les coulisses de l’album Neiges d’André Gagnon, avec un témoin privilégié, l’un des rares encore en vie pour en parler. 

Ce contenu a été réalisé par PAN M 360 en partenariat avec La Vitrine qui relaie aussi l’information sur ce programme de l’OM

INFOS ET BILLETS POUR LES CONCERTS DE L’ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN EN HOMMAGE À NEIGES D’ANDRÉ GAGNON

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PANM360 : Comment avez-vous été amené à participer à cet enregistrement?

Robert Leroux : Il manquait un percussionniste, on m’a appelé. C’était la première fois que je travaillais avec André. Je remplaçais celui qui travaillait avec lui avant. Ça me tentait parce que je savais qu’André écrivait des parties de timbales intéressantes. Par la suite, André m’a demandé de continuer pour faire les spectacles. Ça a été un tel succès! Honnêtement, nous, les musiciens qui étions là, on ne s’y attendait pas. C’est Wow qui a été la locomotive, et le plus drôle c’est que c’est la pièce qui était la moins prête quand on est entré en studio.

PANM360 : Comment ça s’est passé?

Robert Leroux : C’était la dernière pièce qu’André voulait ajouter, mais il n’était pas sûr de ce qu’il voulait. Il avait la mélodie dans sa tête, mais pas le reste. Il nous a demandé d’essayer des choses et on a ‘’gossé’’ pendant un temps. J’essayais des rythmes aux congas, mais ça ne fittait pas. Et puis, un moment donné, on a trouvé le bon équilibre entre mes congas, la basse de Jean-Guy (Chapados) et la ‘’drive’’ d’André au clavier. Là ça marchait!

PANM360 : Tellement! La ligne de basse est irrésistible, et les congas sont inoubliables! Et enregistrés avec une telle présence! Ils sont mis de l’avant de façon spectaculaire.

Robert Leroux : Oui. Le preneur de son, Pete (Pierre) Tessier, avait fait un très, très bon travail. Les timbales aussi étaient bien enregistrées. Moi, j’ai souvent travaillé avec lui et j’ai toujours apprécié ce qu’il faisait. Mais vous savez, ce solo n’est vraiment pas difficile. J’avais proposé d’autres rythmes plus compliqués, mais mes collègues n’aimaient pas ça. Alors on s’est entendu sur la formule maintenant connue, très simple. 

PANM360 : Aviez-vous été bien préparés en général, avec les partitions d’avance et tout?

Robert Leroux : Sauf pour Wow, tout était prêt, tout était bien organisé par André. Il était très bien préparé. On n’a pas eu les partitions d’avance, mais elles étaient sur les lutrins quand on est arrivés. C’était bien ordonné.

PANM360 : Vous avez pensé quoi, vous et les autres, quand vous avez vu ça pour la première fois? C’était quoi l’ambiance?

Robert Leroux : Je ne sais pas pour mes collègues, mais pour moi, c’était d’abord une job comme les autres. J’arrivais, je m’installais et je jouais. Mais avec André, l’ambiance était excellente. On avait beaucoup de fun. Par la suite, quand il me demandait si je pouvais jouer dans un des spectacles en tournée, si ça fittait dans mon horaire, j’y allais avec plaisir. Ce n’était pas mon univers, moi j’étais plutôt dans la musique contemporaine, même si je faisais quand même souvent des enregistrements de commerciaux (avec Dompierre ou François Cousineau). Mais, quand j’avais la chance d’y retourner avec Dédé, j’acceptais toujours, tellement c’était agréable.

PANM360 : Niveau difficulté, rien à signaler?

Robert Leroux : Non, c’était assez simple comme musique et, de plus, André avait tout préparé finement. La seule à nous avoir réclamé un peu plus de travail, c’était Wow, comme j’ai dit. Celle-là, il ne l’avait pas entièrement complétée dans son esprit. C’était encore un ‘’work-in-progress’’. Finalement, c’est devenu LE succès de l’album. 

PANM360 : Quel regard posez-vous là-dessus? Et sur le fait que 50 ans après, l’Orchestre métropolitain lui rend hommage?

Robert Leroux : On n’y pensait pas du tout à l’époque, au moment d’enregistrer. Mais, dans notre métier, il y a souvent des surprises comme ça. Je ne peux pas dire que je suis surpris, mais je ne m’attendais pas à tant de succès quand je jouais les partitions. Les astres se sont bien alignés à ce moment. Si j’avais su, j’aurais négocié différemment mon contrat! (Rires) En même temps, je ne me plains pas, nous avons tous été payés convenablement, selon les tarifs en vigueur de l’époque.

PANM360 : Une réflexion sur ce style musical?

Robert Leroux : C’était dans l’air du temps. Il y avait à cette époque ce mouvement de mix entre la classique et la musique populaire. Ça se manifestait à travers ce genre de sonorités. C’est peut-être l’équivalent actuel du néoclassicisme. Bien sûr, les deux styles sont assez différents, mais sur le principe de la musique classique qui trouve un langage spécifique pour atteindre un très vaste public, il y a des parallèles à faire. 

Cela dit, Neiges est un album assez spécial dans la production d’André. Lui, son vrai style, c’était les longues mélodies romantiques, et il y reviendra dans les années 1980, avec beaucoup de cordes, ou au piano seul, pour s’y concentrer jusqu’à la fin de sa carrière. Nelligan fait aussi partie de cette veine lyrique. Alors, Neiges reste une création très particulière. 

PANM360 : Vous avez souvent joué par la suite avec lui pour les spectacles?

Robert Leroux : Quelques fois, oui. Mais j’avais aussi une carrière en musique contemporaine et classique, ce qui fait qu’à un moment donné, j’ai été remplacé par Luc Boivin, qui est resté avec André plus longtemps. Mais, chaque fois que j’y suis allé, j’ai beaucoup aimé ça. André était super fin, et il donnait aussi un bon show devant le public. Il avait une âme d’entertainer. Il faisait même un numéro de claquettes à un moment dans le spectacle.

PANM360 : Je ne connaissais pas ce côté de lui… Cet hommage de l’Orchestre métropolitain, vous imaginez quoi?

Robert Leroux : Je ne sais pas trop, mais je suis très curieux de voir comment il vont transformer tout ça. 

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À la Faculté de musique de l’UdeM depuis 1973, Robert Leroux a été vice-doyen aux études de premier cycle, de 1985 à 1988, et doyen, de 1988 à 1997. En 2007, il participait à la fondation de l’Ensemble à percussion Sixtrum, dont nous avons souvent parlé ici chez PAN M 360. 

Crédits de l’album Neiges, selon le site Québec Info Musique : 

Musiciens – 

André Gagnon: piano, synthétiseur, piano électrique; 

Mauricio Fuks: violon; 

Michel Fauteux: batterie; 

Jean-Guy Chapados: basse; 

Gilles Pinard: guitare; 

Richard Ring: guitare; 

Marcel Rousseau: piano électrique; 

Jean-François Roch: timbales; 

Richard Beaudet: flûte; 

Robert Leroux: percussions, timbales; 

Jean-Carignan: violon.

Cordes – 

premiers violons: Mauricio Fuks, Adolfo Bornstein, Reynald L’Archevêque, Pierre Jean Ireneusz Bogajewicz; 

seconds violons: Mario Masella, Denise Sergent, Claude Hamel, Françine Bang, Ronald Taddeo; 

altos: Marc Bélanger, Lorraine Desmarais, Charles Meinen, Sylvie Laville; 

violoncelles: Jean-Luc Morin, Michael Kilburn, Kristina Melnyk.

Chœurs: Renée Claude, Chœur des étudiantes de l’École Normale de Musique.

Arrangements: André Gagnon

Réalisation: André Gagnon, Pierre Tessier

Prise de son: Pierre Tessier

Mixage: Pierre Tessier

Studio: studio Son Québec

Production: Les Disques Star inc.

Pochette et livret – 

Conception graphique: Marcel Cadieux; 

Photos: Jean-Guy Thibodeau

Établi au Studio Bell de Calgary, un espace qui gagne à être connu dans l’est du Canada, le Centre national de musique (National Music Centre) ouvrait à la mi-novembre un espace satellite dans le Quartier des spectacles de Montréal, jouxtant le nouveau quartier général de l’ADISQ. À l’occasion de l’ouverture officielle du pied-à-terre ce mercredi 19 novembre, une murale de l’artiste Mathieu Potvin, intitulée Merci Beau Dommage,y était dévoilée.  

Andrew Mosker, fondateur, président et directeur général du CNM, est un Montréalais d’origine et avait à cœur de bâtir dans sa ville natale un prolongement  pérenne de cette institution, et ce avec un souci particulier pour la culture francophone. Selon lui, l’arrivée du CNM dans le décor pourrait ainsi renforcer les relations du Centre avec les créateurs, les artistes, les entreprises, les partenaires de l’industrie et le public du Québec et de l’est canadien

Cette initiative repose sur des liens tissés au fil des ans entre le CNM et le milieu musical québécois, à commencer par l’ADISQ, sa voisine immédiate. Plus précisément, le local montréalais accueillera de nombreuses activités permettant de faire découvrir la capacité du CNM à présenter des événements musicaux, expositions thématiques et autres activités propres à une telle institution dont l’objet et de « stimuler l’amour, le partage et la compréhension de la musique, aussi préserver et célébrer l’histoire de la musique canadienne depuis ses locaux du Studio Bell, au cœur du East Village de Calgary.

Puisque Andrew Mosker était de passage à Montréal comme il l’est de nouveau ce samedi  6 décembre dans le contexte d’un plateau multigénérationnel présenté au chic 9e mettant en vedette notamment le vétéran montréalais Andy Kim afin de récolter des dons pour les enfants malades, Andrew Mosker accordait cette interview à PAN M 360.

Plus d’informations à propos de l’espace CNM

Andrew Mosker, Photo: Sylviane Robini

PAN M 360 : D’abord, faisons un peu de rattrapage :  comment tout cela a-t-il démarré?

Andrew Mosker : Au début des années 2000, j’ai vendu l’idée à des bienfaiteurs de Calgary. Des mécènes, donc des fonds privés.  Aujourd’hui, une dizaine de fondations privées, surtout établies dans l’Ouest, mais aussi des groupes importants comme TD, RBC ou Power Corporation financent notre projet.

PAN M 360 : Que faisiez-vous auparavant?

Andrew Mosker : J’étais et je suis toujours pianiste.  J’avais étudié la musique à l’université Grant MacEwan parce que le programme de musique avait une orientation pop, commerciale et jazz. Très bon programme.  Pour apprendre les arrangements, solo, improvisation, j’ai suivi ce programme.

Tout de suite après, j’ai commencé ma carrière en Alberta, je voulais être dans la performance. J’ai essayé ça pendant quelques années.  

Puis j’ai réalisé que je voulais rester dans le domaine de la musique, moins en tant que joueur mais plutôt en aidant l’écosystème à mieux se porter. J’ai alors rencontré des bienfaiteurs, aussi la ville de Calgary qui voulait relancer un quartier délabré, abandonné. S’y trouvait  aussi un vieil hôtel, le King Edward, dont le bar était un foyer du blues, Home of the Blues, un peu comme le Bistro à Jojo à Montréal. La ville a acheté l’édifice, et nous avons participé au  commencement du plan de relance de ce quartier. Ça fait 25 ans. À cette époque, je voyageais partout dans le monde et constatais que le Canada n’avait pas de musée national de la musique. Tant de Canadiens ne pouvaient pas découvrir les œuvres de Robert Charlebois, Leonard Cohen, Nickelback, Céline Dion, tous ces artistes intronisés dans un espace où il y avait des expositions, des collections, des studios d’enregistrement, etc.. Les Junos y avaient déjà pensé mais n’avaient pas réuni les conditions pour y parvenir.

PAN M 360 : C’est quand même spécial que ça s’est finalement produit à Calgary. C’était à cause de vous!

Andrew Mosker : Oui, à cause de moi mais aussi à cause des bienfaiteurs. On pouvait compter également sur l’appui de Stephen Harper qui venait de l’Alberta et qui voyait d’un bon œil la naissance d’un tel centre à Calgary. Dans son cercle restreint, Stephen Harper comptait plusieurs adeptes  conservateurs de la musique, d’ailleurs et qui souhaitaient un centre indépendant de l’État. Et le maire de l’époque David Bronconnier voulait relancer le quartier oublié, East Village. Ce  quartier où se trouvait l’hôtel. Pour nous, le timing était idéal. 

PAN M 360 : La structure d’un tel centre culturel est un peu à l’américaine, en fait. Plus financé par le privé, indépendant de l’État.

Andrew Mosker. Oui, exactement. Mais, il y a quand même des ressources gouvernementales- fédérales, municipales et provinciales. On a ainsi refait l’immeuble du King Eddy, puis nous avons construit autour, de 25 000 pieds carrés nous sommes passés à 160 000.

PAN M 360 : Et comment avez-vous fédéré l’écosystème de la musique canadienne pour donner vie au centre?

Andrew Mosker : J’ai convaincu les différentes organisations du pays comme l’ADISQ ou CARAS de se joindre à nous pour créer ce lieu consacré à la renommée de la musique canadienne. Nous avons conclu des ententes avec les associations. Aujourd’hui, on peut compter sur 5 espaces distincts au CNM /NMC. Nous pouvons compter sur une équipe de 37 personnes à temps complet et sur de nombreux bénévoles qui viennent de partout au Canada.

PAN M 360 : C’est aussi un musée.

Andrew Mosker : Vivant et interactif. Nos expositions permanentes comptent pour 30% et les expositions itinérantes pour 70%, soit de 5  à 8 nouvelles expositions chaque année. Les expos sont de tailles différentes et nous pouvons compter sur 22 galeries immersives pour ce faire. Par ailleurs, nous avons des studios d’enregistrement et on peut même y utiliser des instruments de notre collection historique, comme un synthé Moog de Keith Emerson ou encore un amplificateur de Randy Bachman. Les artistes viennent y faire des résidences et y enregistrent. Du Québec, sont venus nous visiter notamment Diane Dufresne, Émile Bilodeau, Klô Pelgag ou Louis-Jean Cormier.

PAN M 360 : L’approche est multi-genres, donc. 

Andrew Mosker : Oui ça va de la musique populaire nord-américaine au classique. L’esprit du centre s’inspire de centres américains ou européens, comme la Cité de la Musique à Paris.

PAN M 360 : Et maintenant, vous avez un prolongement du centre à Montréal. Ça prenait un anglophone montréalais pour bien comprendre l’enjeu!

Andrew Mosker : Exactement.J’avais vécu à Montréal une bonne partie de ma vie, la langue française a beaucoup influencé ma carrière dans la musique. Et je sais que la scène musicale de Montréal est encore très créative, innovante. Donc, quand j’ai parti en Alberta et j’ai eu l’opportunité de construire et d’améliorer l’écosystème de musique, j’ai amené avec moi mon expérience de Montréal. 

Maintenant, avec cet espace de 3000 pieds carrés, je veux participer à l’écosystème de musique du Québec et de l’est du Canada.  Je veux construire un pont pour que nos homologues québécois comprennent ce qu’on fait en Alberta et comment on peut amener tout ce qu’on fait, comme  la préservation de notre histoire musicale nationale.

Encore aujourd’hui, vous savez, il s’en trouve  beaucoup au Canada qui ne savent pas qu’Oscar Peterson, Joni Mitchell, Robbie Robertson, Leonard Cohen ou Glenn Gould sont des artistes canadiens. Il faut aussi rappeler aux amateurs de musique, la contribution des francophones, Beau Dommage, Charlebois, Dufresne, etc.

Ça aussi, c’est un défi.

Le compte à rebours est terminé pour MikeZup : il est temps d’accrocher le micro et de laisser place à la prochaine génération, a annoncé le rappeur dans une publication Instagram, en marge de la parution de son dernier projet.

Plutôt qu’un geste impulsif, cette décision découle d’une réflexion entamée il y a déjà plusieurs années. « En 2019, je m’étais promis que si je n’atteignais pas un certain niveau avant mes 30 ans, je devrais envisager de passer à autre chose », explique-t-il. Aujourd’hui, l’artiste choisit donc de concentrer son énergie sur l’accompagnement de la relève qu’il développe au sein de son label 630MG, un rôle dans lequel il se sent pleinement à sa place.

Pour ce dernier tour de piste, le trentenaire dévoile Compte à Rebours, un projet percutant — le plus raffiné et abouti de sa carrière. Entouré d’une brochette d’artistes marquants de son parcours musical, le natif de Saint-Michel brille dans un univers résolument drill et trap. Nouvelle réalité de vie oblige, MikeZup s’éloigne un peu de ce gangsta rap plus brut qui a longtemps défini son œuvre, et explore des sonorités plus légères, notamment sur l’excellente Cavale avec Souldia.

Avec cette dernière offrande, il ouvre une ultime fenêtre sur un vécu perturbé, mais bien réel. Fidèle à son habitude, les textes y sont percutants, vrais et sincères. Une quarantaine de minutes qui s’écoutent d’un trait et qui lui permettent de tirer sa révérence en grand.

Quelques heures avant la sortie, Pan M 360 a jasé avec lui de sa récente annonce sur les réseaux sociaux, la création de Compte à Rebours, ses ambitions futures et bien plus.

PAN M 360 : Avant toute chose, parlez-moi de votre publication sur les réseaux sociaux dans laquelle vous annoncez qu’il s’agit de votre dernier projet en carrière. Qu’en est-il de cette décision?

MIKEZUP : Ça faisait un bon moment que j’y pensais. J’ai eu 30 ans cette année, et quand j’ai sorti MAUVAISE HUMEUR en 2019, je m’étais promis que si je n’atteignais pas un certain niveau dans ma carrière avant mes 30 ans, je devrais envisager de passer à autre chose. Depuis, il s’est passé beaucoup de choses : j’ai ouvert un label, je m’occupe d’autres artistes… J’ai moins de temps pour moi, et je suis davantage concentré sur les carrières des autres. Et j’aime vraiment ça.

PAN M 360 : Et justement, quel était ce niveau que vous visiez à l’époque?

MIKEZUP : Moi, j’aurais voulu aller en Europe. Je me suis tout de même rendu à un point honorable, mais j’aurais souhaité quitter le Québec et vivre à 100 % de ma musique. Aujourd’hui, je dois faire davantage de collaborations avec d’autres artistes pour en vivre, et c’est correct aussi. Mais je pense que je vais me concentrer de plus en plus sur mes artistes. C’est gagnant-gagnant.

PAN M 360 : Dans votre publication, vous affirmez qu’il est temps de laisser la place à la prochaine génération. D’où provient cette réflexion? Votre rôle au sein du label y est-il pour beaucoup?

MIKEZUP : Exact. Les artistes que je gère sont tous plus jeunes, dans la vingtaine. Quand j’ai commencé à prendre la musique au sérieux, j’avais à peu près cet âge-là. Aujourd’hui, je sais quoi faire et quoi éviter. Je connais les erreurs que j’ai faites. Je pense être un bon leader pour la génération qui arrive.

PAN M 360 : Revenons-y un peu plus tard. Parlons d’abord de votre nouvelle offrande, Compte à Rebours. Quel est le fil narratif de ce projet?

MIKEZUP : Compte à Rebours, juste le titre annonce la thématique : c’est mon dernier album. Le compte à rebours est terminé. Comme je disais, je m’étais fixé une date butoir à 30 ans, et on y est. Les collaborations, ce sont surtout des gens avec qui j’ai travaillé par le passé et que j’apprécie. C’était une manière de boucler la boucle avec les artistes qui ont été importants dans mon parcours.

PAN M 360 : Qu’est-ce qui rendait ce projet-là si significatif pour en faire potentiellement votre dernier?

MIKEZUP : Contrairement à mes autres projets où j’étais très productif — je pouvais enregistrer trois ou quatre albums dans une année — celui-là a pris énormément de temps. On a commencé en décembre 2024 et on l’a terminé le mois dernier. Ça ne m’était jamais arrivé. Je me suis appliqué, j’y ai mis beaucoup de cœur. J’aime le résultat, ce sont des sonorités très récentes. Avant, je mettais parfois des morceaux plus vieux, issus de mes archives. Pas cette fois. Tout est récent. J’en suis fier.

PAN M 360 : Quel morceau avez-vous le plus hâte que votre public découvre?

MIKEZUP : J’en ai deux. D’abord, Pierre Tombale avec Izzy-S. Cette collaboration était très attendue. Tout au long de ma carrière, on me disait de faire une chanson avec lui, et ça n’avait jamais donné. C’est finalement la dernière chanson qu’on a enregistrée pour l’album. Le son est mortel, et Izzy-S a un parcours qui ressemble au mien. On a tous les deux traversé une grosse perte de poids, alors on s’est fait un beat pour le gym, quelque chose de solide.
Et il y a Cavale avec Souldia. J’adore l’univers de ce morceau. C’est une chanson qui peut s’écouter partout et par tout le monde. Je dirais ces deux-là.

PAN M 360 : Est-ce que cette collaboration avec Souldia reflète les nouvelles sonorités que vous explorez sur l’album?

MIKEZUP : Oui, exactement. Et même si je dis que c’est mon dernier album, je vais continuer à faire de la musique ici et là. J’ai envie de poursuivre dans ces sonorités plus grand public. Tout ce qui était plus dur, gangsta rap, hardcore… je laisse ça derrière.

PAN M 360 : Et pourquoi ressent-on un jour le besoin de tourner la page sur ce type de sonorité?

MIKEZUP : Mes enfants grandissent. C’est surtout ça. Mes anciennes chansons reflétaient un mode de vie que je n’ai plus. J’ai changé : je suis rendu à d’autres choses, plus tranquille dans ma vie. Je suis père de famille. Mes enfants écoutent mes chansons et commencent à comprendre ce que je dis. Ça amène une réflexion. J’aime faire de la musique, mais je veux faire une musique que tout le monde peut écouter.

PAN M 360 : Quel mot résume le mieux le processus de création de Compte à Rebours?

MIKEZUP : Émotions. Il y en a eu beaucoup. On s’est obstiné ici et là avec les producers — rien de grave — mais il y a eu beaucoup de logistique, beaucoup d’ajustements. On a parfois refait un mix 15 fois. On s’est appliqué. Des détails qu’on aurait laissés passer avant, on ne les a pas négligés cette fois.

PAN M 360 : Qu’est-ce que vous diriez au MikeZup qui débutait dans le métier?

MIKEZUP : Quand j’ai commencé, je n’avais aucune attente, et je pense que c’était la meilleure manière de faire de la musique. Quand tu commences à avoir des attentes, tu finis inévitablement par être déçu. Quand c’est devenu trop sérieux et que je devais vendre des albums pour payer mes affaires, ça a commencé à nuire à ma créativité. Si je pouvais me parler, je me dirais : continue, pense juste à faire de la musique. Et au pire, fais-toi un plan B à côté pour continuer de créer librement.

PAN M 360 : Votre meilleur souvenir de carrière, en tant qu’artiste?

MIKEZUP : Il y en a tellement. J’ai fait de grandes scènes, j’ai collaboré avec des figures importantes du rap québécois, des gens que j’écoutais quand j’étais petit. Mon featuring avec Sans Pression, par exemple, ça a été un moment marquant dans ma carrière d’artiste. C’est un artiste que j’écoute depuis toujours. C’était symbolique, presque magique. Je vais toujours m’en souvenir.

PAN M 360 : Après la musique, qui est MikeZup? Est-ce que ça vous effraie un peu?

MIKEZUP : Oui, un peu. Je suis inquiet, parce que je fais de la musique depuis que j’ai 11 ans. On m’a toujours connu comme MikeZup le rappeur. Là, c’est comme si j’enlevais cette étiquette pour passer à autre chose… que je ne connais pas encore. Mais je me dis que la vie est bien faite. Oui, ça crée du stress, mais c’est un stress positif.

Crédit photo: JRDN PHOTOGRAPHY

À 5 reprises du 17 au 20 décembre, Fred Pellerin et Kent Nagano se retrouvent pour une 7eoccasion à la Maison symphonique, un 7e conte conte symphonique se déploie en décembre, pratique devenue tradition au temps des fêtes. Le prochain conte de Fred s’annonce comme un nouveau chapitre d’une joyeuse mythification de Saint-Élie-de-Caxton, un village de Mauricie ayant acquis une notoriété comparable à Natashquan.

En voici l’amorce de la trame narrative: » L’histoire de l’origine et de la fondation de Saint-Élie-de-Caxton fut longtemps un mystère. Que s’est-il passé au premier jour d’existence de la municipalité? Comment devint-on un village? Les trois premières pages des archives municipales ayant été déchirées, la chose était toujours demeurée secrète et nébuleuse. Aujourd’hui, grâce aux nombreuses collectes jaseuses et recoupements d’approximations, la vérité est enfin inventée. Il y avait un monde, un clocher, un curé et une veuve… et, un jour, une enfant aux cheveux blancs. Et le village fut! »

Il sera aussi question de nativité, de l’inopinée conception d’un enfant sans père connu… et d’une interaction entre le conte et l’orchestre au service de Fred Pellerin mais aussi de Beethoven, Wagner, Hindemith, Berlioz, John Adams, Yuliya Zakharava ou même Jacques Michel ! Loin de son village devenu mythe grâce à lui, Fred Pellerin nous raconte ce chapitre de son aventure symphonique avec Maestro Nagano.

Ce contenu a été réalisé par PAN M 360 en partenariat avec La Vitrine, qui relaie l’information sur ce programme de L’OSM

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Pour son deuxième concert de sa saison, l’Orchestre de l’Université de Montréal (OUM) mettra l’emphase sur les familles instrumentales qui constituent un orchestre. Menés par le bassoniste et professeur agrégé à la Faculté de musique, les étudiant.es de l’orchestre, dont l’effectif des vents est favorisé cette année dans la composition de l’ensemble, répondront aux jeux intimes et dynamiques des cordes dans un concert où les différentes couleurs de l’orchestre se répondront dans des dialogues instrumentaux variés. Une occasion pour les jeunes musiciennes et musiciens de tendre l’oreille à des timbres et de prêter attention à des jeux où les conversations entre leurs instruments respectifs et les autres peuvent prendre une nouvelle perspective dans des œuvres allant de Dukas, en passant par Hindemith, Mendelssohn, Mozart et Brahms.

Avec Alexandre Villemaire de PAN M 360, Mathieu Lussier aborde ces éléments ainsi que son rôle de pédagogue à l’orchestre en tant que chef auprès des étudiant.es.

Mendelssohn, Brahms et Hindemith : dialogues en couleurs

Mathieu Lussier, chef 

Yukari Cousineau, alto (violon solo de l’Orchestre Métropolitain)

Programme musical

Wolfgang Amadeus Mozart 
Divertimento en ré majeur, K.136

Felix Mendelssohn 
Ouverture en do majeur pour instruments à vent, op. 24

Paul Hindemith
Der Schwanendreher (Concerto pour alto)

I. Zwischen Berg und tiefem Tal (Entre montagne et vallée profonde) 
II. Nun laube, Lindlein, laube ! (Maintenant couvre toi de feuilles, petit tilleul !) 
III. Variations : Seid ihr nicht der Schwanendreher ? (N’êtes-vous pas le cuisinier chargé de rôtir le cygne ?) 

Entracte

Paul Dukas
Fanfare pour précéder « La Péri »

Johannes Brahms
Sérénade no 2 en la majeur, op. 16 

I. Allegro molto 
II. Scherzo. Allegro non troppo – trio. Poco più moto 
III. Adagio non troppo 
IV. Menuetto I – Menuetto II 
V. Scherzo. Allegro – Trio 
VI. Rondo. Allegro 

BILLETS DISPONIBLE ICI

Le pianiste, compositeur, arrangeur, professeur et chef Julian Gutierrez Vinardell offre régulièrement des Soirées jazz et musiques du monde avec ses étudiants à la salle Claude-Champagne de l’Université de Montréal. L’une d’elle a fait l’objet d’une excellente entrevue avec mon collègue Michel Labrecque, au printemps dernier. Cette fois, une autre de ces attrayantes soirées latines servira d’antidote au froid et à la noirceur grandissante de ce mois de décembre sérieusement hivernal. Ça se passera le lundi 8 décembre 2025, toujours à la salle Claude-Champagne. J’ai rencontré Julian afin de parler de ce concert en particulier, et de ses choix de programme (dont la Valse des Lilas de Michel Legrand, en version latino, bien sûr!). À noter que, comme d’habitude, le concert est entièrement gratuit. 

INFOS

Alors que les temps froids et enneigés se font de plus en plus fréquents, Cruzito a récemment dévoilé le remède parfait : La Voix du Barrio, son premier projet où le français est à l’avant-plan.

Vétéran de la scène latine internationale, le maître du reggaeton s’est entouré de 13 grands noms d’ici — dont Rymz et Imposs — pour nous transporter là où il fait chaud et où tout devient possible.

Sortant de sa zone de confort, le Québécois originaire du Honduras n’avait qu’un seul objectif : offrir une fusion latine résolument multiculturelle et profondément montréalaise dans son essence. Et force est d’admettre que c’est plus que réussi. Le résultat donne vie à un projet mielleux, cohérent, vibrant, qui unit ses racines et son identité d’ici dans un même souffle. Nul doute, Cruzito a la recette du hit, peu importe la langue.

PAN M 360 s’est entretenu avec lui afin d’en apprendre davantage sur son processus créatif entre latino, pop, rap, R&B et afrobeat, ses motivations derrière La Voix du Barrio, la place de la musique latine au Québec et les projets qui l’attendent.

PAN M 360 : Une semaine après la sortie de La Voix du Barrio, comment vous sentez-vous et comment vivez-vous les premiers retours du public?

CRUZITO : Écoute, so far so good, je suis vraiment content de la réponse jusqu’à maintenant. J’ai reçu beaucoup de bons commentaires sur les réseaux, venant de tous les horizons et de différentes communautés. Même après 20 ans de carrière, je me considère encore comme un artiste émergent, parce que c’est mon premier projet entièrement francophone. D’habitude, je m’adresse surtout à un public latino et hispanophone. Là, je découvre une nouvelle ouverture de la part des gens, qui semblent étonnés – mais positivement – de cette facette de moi. Ça me touche beaucoup. La création est encore toute jeune, donc j’ai hâte de voir comment elle va évoluer dans les prochaines semaines et les prochains mois.

PAN M 360 : Qu’est-ce qui vous a motivé à sortir de vos habitudes et à tenter une démarche artistique comme celle-ci?

CRUZITO : J’ai toujours été un grand fan de musique francophone. J’habite au Québec depuis longtemps, et pour moi, c’était naturel de vouloir fusionner mes deux cultures. Oui, je suis latino et très attaché à mes racines, mais j’ai aussi grandi ici. Le Québec m’a accueilli, mes amis parlent français, j’écoute la télé en français… L’idée me trottait dans la tête depuis longtemps, mais je ne voulais pas décevoir mon public latino. Au final, c’était un défi important, mais nécessaire, pour montrer au Québec qui je suis vraiment comme artiste.

PAN M 360 : Comment décririez-vous l’identité sonore de ce disque?

CRUZITO : C’est clairement une fusion latine, parce que je veux toujours mettre de l’avant notre culture. Mais je parle aussi souvent du Montreal Sound, une identité qui vient du mélange des influences et des parcours des artistes d’ici. Ça crée un son authentique, propre à Montréal, et c’est exactement ce que je voulais mettre en avant. C’est un mélange entre mes racines et ce que je vis ici. Le titre La Voix du Barrio reflète ça : c’est à la fois latino, francophone, et très montréalais.

PAN M 360 : Le contraste entre la sortie en plein hiver et la chaleur dégagée par l’opus est frappant. Était-ce intentionnel?

CRUZITO : Oui, totalement. J’ai souvent voulu lancer mes projets en été, parce que c’est là que tout le monde sort, fait la fête, danse. Mais cette fois, je voulais apporter de la lumière pendant une période où beaucoup vivent une certaine lourdeur saisonnière. L’idée était d’offrir quelque chose qui réchauffe les soirées froides. Et malgré la sortie hivernale, je compte bien continuer à faire rayonner le disque l’été prochain.

PAN M 360 : Quelle a été la première pièce créée pour cette aventure, celle qui vous a donné envie de pousser plus loin La Voix du Barrio?

CRUZITO : C’est drôle, parce que la première chanson était entièrement en espagnol, très commerciale et très latino. Puis mon gérant m’a suggéré d’en faire une version francophone et d’inviter un artiste d’ici. On a contacté plusieurs personnes, et Adamo – qui est un ami – a tout de suite embarqué. Ça a vraiment été l’étincelle du projet. À partir de cette collaboration-là, j’ai commencé à imaginer une œuvre plus large, avec plusieurs artistes locaux. C’est ce moment-là, il y a environ un an et demi ou deux, qui a tout déclenché.

PAN M 360 : On retrouve treize collaborateurs sur votre réalisation. Qu’est-ce que cette diversité vous a apporté sur le plan créatif?

CRUZITO : Souvent, les artistes travaillent avec le même cercle et hésitent à partager la lumière. Pour moi, en tant qu’immigrant latino, c’était important de montrer que je suis ici pour collaborer et être un allié. Je voulais que ce soit un projet collectif. Et comme il s’agit de ma première création en français, je tenais à m’entourer de talents d’ici pour atteindre le résultat que je cherchais. Les commentaires des gens sur les collaborations sont vraiment positifs, et ça me rend fier.

PAN M 360 : Si vous deviez choisir une seule collaboration parmi toutes celles du projet, laquelle mettriez-vous de l’avant, et pourquoi?

CRUZITO : Je dirais le morceau introductif, LA VOZ. Il donne le ton à tout ce que les gens vont entendre. Je l’ai créé avec Gabriella Olivo, une artiste mexicano-québécoise qui a récemment été nommée à l’ADISQ. Je crois beaucoup en elle. Il était important pour moi que la première piste soit en espagnol, pour rendre hommage à notre métissage. J’ai une grande affection pour cette chanson.

PAN M 360 : Depuis 2020, vous dirigez Joy Ride Latino, division latine de Joy Ride Records. Quel est votre rôle et quelles sont vos ambitions?

CRUZITO : J’aide le label à trouver des artistes prometteurs et je les accompagne dans leur développement. Je suis aussi chargé de projet dans différents dossiers. Pour l’instant, on a peu d’artistes, mais on espère en signer un ou deux bientôt. On travaille notamment avec Mariana Gueza, une artiste mexicaine installée ici. Joy Ride Latino, c’est vraiment l’idée de mettre en lumière les talents hispanophones d’ici. Il y a énormément de potentiel à Montréal, mais nous n’avons pas toujours les ressources. Notre mission, c’est de d’améliorer ça.

PAN M 360 : Comment percevez-vous l’état actuel de la scène latino au Québec?

CRUZITO : Je suis satisfait des progrès. Il y a cinq ans, un festival comme Fuego Fuego n’aurait probablement pas pu voir le jour ici. Maintenant, on voit des artistes latinos remplir le Centre Bell ou performer dans les festivals. La scène latine explose à l’international, et on le ressent. Au Québec, on accuse un petit retard, mais le soutien grandit. Il faut continuer de travailler, de cogner aux portes. Des projets comme le mien contribuent à mettre nos artistes en lumière. Je suis convaincu que le Québec va rattraper les autres grandes villes nord-américaines.

PAN M 360 : Quelle est la prochaine étape pour vous?

CRUZITO : J’aimerais poursuivre dans cette direction et créer d’autres projets du même type. J’ai hâte de voir comment l’œuvre va vivre en festival, et j’espère recevoir le soutien des programmateurs et des diffuseurs. Je veux faire plus de scène, me faire connaître davantage. Je me croise les doigts pour multiplier les concerts au Québec et continuer de faire briller mon art.

Crédit photo: Le gars des archives

Ce vendredi 5 décembre au Conservatoire de musique de Montréal, le Quatuor Molinari présente un programme entièrement canadien, avec trois quatuors à cordes composés par trois artistes néanmoins forts différents, dont la nationalité, la musique de création et le quatuor à cordes sont les points communs :  Dark Energy de Kelly-Marie Murphy, le Quatuor # 4 du grand  R. Murray Schafer ainsi que la création de  Internesses, signée Blair Thomson. Premier violon, directrice artistique du Molinari, Olga Ranzenhofer est une fois de plus l’invitée de PAN M 360 afin de vulgariser courtoisement ce programme.

 “Le second concert de la saison intitulé  « Rythmes canadiens » , présente trois œuvres canadiennes dont les élans rythmiques sont entraînants”. 

PAN M 360 :Pouvez-vous nous en dire davantage sur ces « rythmes entraînants » qui seraient en quelque sorte le liant de ce programme?

Olga Ranzenhofer: Les 3 œuvres au programme sont pleines d’entrain et d’énergie. Ça nous sort de la grisaille du mois de novembre qui est une période où on a tous un déficit de lumière et d’énergie! 

Les quatuors de Murphy et de Schafer possèdent chacun de longues sections très rythmées qui sont très exigeantes pour les musiciens et que le public va sûrement beaucoup apprécier. Dans l’œuvre de Thomson, qui est faite de miniatures, il y a aussi plusieurs sections très rythmées et énergiques.  Ce sera un concert énergisant!

“De la compositrice Kelly-Marie Murphy vous entendrez « Dark Energy », œuvre commandée comme pièce imposée pour le Concours international de quatuors à cordes de Banff. La composition de Dark Energy remonte à 2007.”

PAN M 360: Quelle est la relation du Molinari avec cette œuvre? Aussi quelle est la relation de l’ensemble avec Kelly-Marie Murphy?

Olga Ranzenhofer:  Ce sera le troisième quatuor de Mme Murphy que nous jouons. Elle a écrit Living Metal, Continous Poses pour nous en 2003, et nous avons aussi joué Oblique Light (2016) il y a quatre ans. À ce jour, elle a déjà écrit huit quatuors à cordes. C’est assez rare qu’un compositeur contemporain écrive autant pour cette formation et on en est très heureux. Elle écrit vraiment très bien pour les cordes, c’est très idiomatique et surtout très efficace comme écriture.

Quand on joue plusieurs œuvres d’un même compositeur, on arrive à déceler les traits communs et les caractéristiques d’écriture du compositeur. Le Molinari a toujours beaucoup aimé plonger dans l’univers d’un compositeur à travers ses quatuors à cordes. En fait, c’est un peu notre marque de commerce, les intégrales. On n’en est pas encore là pour Kelly-Marie Murphy, mais avec trois quatuors sur huit dans notre répertoire on commence à bien la connaître et à l’apprécier.

PAN M 360 : Pouvez-vous nous indiquer sommairement la nature de l’œuvre?  Construction, référents stylistiques, évocations, enjeux de l’exécution, etc.

Olga Ranzenhofer: Dark Energy est en deux parties très distinctes : la première commence de façon un peu hésitante, avec des jeux de couleurs sur une même note avant qu’un thème émerge et se développe. La seconde partie est amenée par une cadence du second violon et est très agitée avec un feu roulant de doubles croches accentuées à travers des mesures irrégulières. Kelly-Marie Murphy utilise un langage classique qui est très efficace; il n’y a pas de rythmes de grande complexité ni de jeux ou techniques extrêmes dans cette œuvre. Une œuvre contemporaine n’a pas nécessairement besoin de toujours aller aux limites du possible!

PAN M 360  : Le Quatuor Molinari est un véhicule incontournable de l’œuvre de R. Murray Schafer, il est tout à fait légitime que votre ensemble revienne régulièrement à ce répertoire génial.  Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la construction du #4, c’est-à-dire poursuivre un tantinet le résumé ci-haut? Quel est votre historique avec ce 4e quatuor? De quelle manière votre interprétation de cette œuvre a-t-elle évolué?

Olga Ranzenhofer:  Nous avons joué le 4e quatuor de Schafer dès le premier concert du Quatuor Molinari en novembre 1997! Donc ça fait presque trente ans qu’on vit avec! C’est un de mes quatuors préférés de Schafer. Chaque fois que l’on reprend une œuvre, on trouve quelque chose de nouveau, un détail qui nous a échappé ou bien on décide même de jouer un passage autrement. Il y a toujours des sections plus libres dans les quatuors de Schafer, alors l’interprétation varie à chaque performance… Imaginez aussi cela sur 30 ans!

Une forme et une structure bien définies, un lyrisme chaleureux, une énergie débordante, et même la spatialisation sonore, voilà autant d’éléments si caractéristiques de l’écriture de Schafer que l’on retrouve dans cette œuvre de 1989. Le mystère s’installe dès le début de l’œuvre avec un trio sur scène et le premier violon qui entame un chant lyrique au loin. Le dialogue s’installe avec la voix lointaine, la tension monte et le compositeur présente de façon succincte avant la fin de la première partie, les éléments qui seront développés dans la seconde section de l’œuvre. Cette seconde partie est un vrai feu d’artifice, un tourbillon incessant de notes rapides. Tout s’arrête de façon brusque avec un agrégat (cluster) de notes, qui mène à la 3e section, un hommage poignant à son ami le poète bpNichol, dont il a appris la mort lorsqu’il composait ce 4e quatuor. À la toute fin, on entend du lointain, un violon et une voix qui nous mènent dans l’au-delà.

Ce 4e quatuor est aussi gravé dans le tout premier enregistrement CD du Molinari sous étiquette ATMA Classique, le coffret des sept premiers quatuors du compositeur R. Murray Schafer. C’était l’intégrale complète à l’époque où nous l’avons enregistré en 1999. Schafer en aura composé 13, dont cinq pour le Quatuor Molinari. 

 “Compositeur prolifique dans tous les genres, Blair Thomson est aussi reconnu pour ses grandes œuvres symphoniques et ses nombreux arrangements orchestraux de haut niveau, Blair Thompson écrit son premier quatuor à cordes Internesses pour le Molinari et il sera créé lors de ce concert.”

PAN M 360: Comment et pourquoi avez-vous choisi de créer une œuvre  de Blair Thomson, connu pour ses hybrides de symphonie moderne et de différentes formes de musiques populaires (I Am, Fiori, Harmonium, etc.) . Or, on connaît peu ou pas son travail pour les petits ensembles, alors expliquez-nous sa démarche!

Olga Ranzenhofer: Nous avons approché Blair Thomson il y a presque dix ans pour lui commander un quatuor. Les circonstances n’ont pas permis l’aboutissement de ce projet avant cette année. Ça valait la peine d’attendre! Il nous a écrit une œuvre phare, un quatuor dont le public se souviendra. 

Le compositeur a eu l’inspiration pour cette œuvre lors d’une course au bord de l’océan Pacifique. Il  a vu un cap rocheux et s’est arrêté pour le regarder, comme hypnotisé; cette pointe, qu’il a vu de nombreuses fois, l’interpelait ce jour-là. En anglais, ness veut dire promontoire; -ness, c’est aussi le suffixe que l’on utilise pour décrire un état, ou une qualité. Il a créé un mot, Internesses qui nous ramène à plusieurs états, au concept des intermezzi italiens des 17e et 18e siècles et à l’interaction des musiciens d’un quatuor. Voilà d’où part l’inspiration de ce quatuor.  

PAN M 360 : Encore une fois, on aimerait en savoir un peu sur la nature de l’œuvre Internesses  : construction, référents, exécution, etc.

Olga Ranzenhofer: L’œuvre de Blair est une suite de miniatures avec certains liens entre elles. Le travail sur les textures et les couleurs du quatuor à cordes est absolument fantastique. Dès l’ouverture du quatuor, on est dans un univers mystérieux et presque irréel. 

Blair Thomson nous a dit qu’il aimait pousser les musiciens à leur limite, les mettre en danger. C’est exactement ce qu’il fait dans Internesses, une œuvre pleine de pièges pour les musiciens. Mais quel résultat! 

Blair est bien sûr très connu pour ses nombreuses et magnifiques orchestrations (350!), ainsi que pour ses récentes œuvres orchestrales  «Riopelle symphonique» et «Les filles de Caleb symphonique», mais comme compositeur de musique contemporaine, il est moins connu et on souhaite vraiment que le public découvre cet aspect de ce grand musicien.

Je vous invite à écouter l’épisode «Dans l’atelier du compositeur Blair Thomson» de notre balado «Le studio du Quatuor Molinari» pour apprendre à mieux connaître Blair Thomson. Vous y entendrez même en primeur quelques extraits de sa nouvelle œuvre Internesses, écrite pour le Quatuor Molinari.

ÉCOUTEZ LE BALADO LE STUDIO DU QUATUOR MOLINARI ANIMÉ PAR JEAN PORTUGAIS: « DANS L’ATELIER DU COMPOSITEUR BLAIR THOMSON »

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Incontournables, Le Messie de Haendel et l’Oratorio de Noël de JS Bach sont partiellement interprétés par les ensembles Caprice et ArtChoral, tous deux dirigés par Matthias Maute, aussi virtuose de la flûte à bec. En collaboration avec le Festival Classica, Caprice et ArtChoral, prévoient un programme « lumineux » avec la cantate Jauchzet, frohlocket de Bach au toujours souhaité Hallelujah de Haendel, en passant par la Partie 1 (Nativité) également tirée du Messie, sans compter une composition originale de Matthias Maute, Hallelujah.

Programme :
Matthias Maute
, Hallelujah
Johann Sebastian Bach, Oratorio de Noël BWV 248, Cantate I Jauchzet, frohlocket
George Frideric Haendel, Le messie HWV 56, Partie I (Nativité)
George Frideric Haendel, Le messie HWV 56, Partie II: no. 44. Choeur: Hallelujah

BILLETS ET INFOS ICI

Leur amitié est née en Haïti, plus précisément à Pétion-Ville, il y a 11 ans. Aujourd’hui, ils sont tous les deux installés à Montréal et ont décidé de poursuivre leur collaboration artistique. Mais derrière Kwaliti, il y a Ronald Lebeau et Alain Jean Louis, mais également leur producteur en coulisses, Fridody Jean et c’est ensemble qu’ils ont réalisé l’album Caribbean Groove 7 Renaissance, un mélange de sonorités haïtiennes et de l’afropop à la sauce caribéenne. L’album est sorti le 14 novembre mais c’est le 18 novembre qu’il était disponible sur toutes les plateformes, date importante de la bataille de Vertières. Le choix du 5 décembre pour le concert au Balattou n’est pas anodin non plus puisque c’est une autre date marquant la découverte d’Haïti. Notre journaliste Sandra Gasana s’est entretenue avec le duo pour PAN M 360 à quelques jours de leur concert.





Klaus II n’est ni un monarque de l’Europe du Nord, ni un illustre descendant de guerriers ostrogoths, encore moins le petit-fils du Père Noël. Klaus II est le titre d’un second album de Klaus, trio fondé en 28 et devenu tandem pendant la longue gestation de ce deuxième chapitre du projet mené par François Lafontaine et Joe Grass. Le lancement officiel de cet opus sous étiquette Simone Records est prévu le 10 décembre prochain à l’Esco. Vu l’envergure de ses protagonistes, vu leur posture dans la galaxie indie-keb, il était impératif de causer avec Joe Grass et Frank Lafontaine, visiblement fiers du travail accompli.

PAN M 360 : Klaus s’inscrit entre vos projets personnels et autres collaborations. Depuis 2018, deux albums, dont le second vient de paraître. Projet parallèle du trio (autrefois avec Samuel Joly) au duo actuel, composé de François Lafontaine et Joe Grass.

François Lafontaine : Ce n’est vraiment pas un side project. En fait, on a commencé l’album en 2020. Puis, bon, il y a eu le changement de personnel…un membre de moins… divergences de plein d’affaires personnelles ou musicales… la vie… Et il y a eu la pandémie.

Depuis l’autre album, Joe a fait un album solo. Quand il a fini son album, on a recommencé à travailler tranquillement. Plein de choses sont arrivées ensuite, Karkwa a voulu recommencer, j’ai travaillé avec Marie-Pierre (Arthur) et aussi avec Galaxie. Puis Joe a aussi tourné avec son spectacle solo et d’autres projets.

PAN M 360 : Ça fait donc longtemps que vous faites ça. À bâtons rompus? Quand vous aviez du temps?  Et à un moment donné, ça s’est resserré, c’est ça? 

Joe Grass : Exactement. En janvier dernier, on a donné un gros coup. On avait assez de matériel, on a mis des dates limites.

François Lafontaine : Jusqu’à finir l’album !  On aimerait vraiment tourner avec ça, on est en train d’organiser ça avec notre équipe. 

PAN M 360 : Souhaitez-vous un cycle d’un an ou deux sur scène avec ça?

François Lafontaine : Oui, c’estle plan. C’est cool car on a vraiment du plaisir à jouer ensemble. On veut donner vie à cet album.

PAN M 360 :  De quelle façon avez-vous changé avec Klaus II

Joe Grass :  Le premier album, c’était plus collage. On essayait des affaires, ça faisait des contrastes plus abrupts. Mais cette fois, je pense qu’on a trouvé une vibe. On a essayé d’aller plus profondément dans un même feeling et écrire des  chansons qui proviennent de cette vibe, sans forcer les choses pour être intéressants. On a essayé d’être un peu plus subtils dans nos choix.

François Lafontaine : C’est plus homogène. C’est normal que ça le soit, on a appris à composer ensemble au premier. On ne s’est pas dit qu’il faudrait que le prochain soit plus ramassé, ça s’est fait naturellement. Des fois, tu avances dans le processus de création, tu travailles sur des bribes de chansons, et puis il y en a une qui finit par définir un peu ce que deviendra l’album. La forme devient plus claire, une trame narrative s’impose, et ça aide à faire le reste. Cet album est donc moins pizza que le premier qui était le fun pareil; on avait aimé faire ce collage et  forcer des trucs qui n’allaient pas nécessairement ensemble.

PAN M 360 : Une autre phase, donc.

François Lafontaine : Ce qui définit le mieux l’album, c’est l’homogénéité des chansons, ce qui n’a rien de péjoratif. Au contraire! De la première pièce à la dernière, il y a vraiment un arc, c’est cohérent.

PAN M 360 : La forme chanson est donc plus importante alors qu’au premier, la forme instrumentale était proéminente. Là, vous avez atteint un genre d’équilibre entre les deux, c’est ça?

François Lafontaine : Exactement. Le premier album était éclaté. Des fois, tu t’emportes. Tu veux essayer de mettre le plus d’idées possibles dans une chanson. Puis là, on a juste comme, OK, c’est cool. Comme ça, ça respire. On n’a pas besoin de rajouter pour rajouter.   Mais finalement, je pense que c’est mieux. Plus homogène et mieux ramassé.

PAN M 360 : La forme chanson peut mener à cette homogénéité. La musique instrumentale ou toute musique sans paroles mènent ailleurs.

François Lafontaine : Oui, absolument. Et si on faisait un autre album, je ne sais pas ce que ça donnerait. Je n’en ai aucune idée. Mais il y a un truc qui nous rejoint fondamentalement, Joe et moi c’est la mélodie. On est des trippeux de mélodies! Oui, il y a ensuite les accords, les arrangements, la sonorité des mots, ce que tu dis dans les chansons, etc. Mais…

PAN M 360 :  De quelle façon la création se passe?  

Joe Grass : Souvent, quelqu’un (de nous deux) amène une idée. A seed (une semence) que tu mets la table : « Regarde ça, moi, je trouve ça cool » et puis l’autre rebondit. Ça me fait penser que j’aimerais que ça fasse ça. Et toi, essaye d’amener ça. On a un gros beat ici, on va voir si ça marche. Des allers-retours, des essais, un processus continu. À la fin de la journée, tu écoutes ça. C’est cool, mais je ne sais pas. Je ne pense pas que ça en vaut la peine. Peut-être qu’on va garder cette petite section pour quelque chose d’autre. On a laissé ça ouvert, on a suivi  le courant. On a aussi beaucoup discuté du sens de ces chansons, du feeling de ces chansons. On a trouvé un chemin entre les chansons. Je pense que ça a bien marché!

François Lafontaine : Quand on arrivait à avoir une structure un peu aboutie, effectivement, on se demandait assez tôt de quoi ça parlerait. Moi, je n’écris pas de textes mais on se consultait sur cette question.  Très tôt dans le processus, le sens des chansons était déterminé.

Joe Grass : Souvent, on avait un couple de lignes, le travail consistait à trouver les autres couleurs, le vocabulaire… Les premiers résultats obtenus ont été une sorte d’étoile polaire qui nous a guidés.

PAN M 360 : Un processus très ouvert, en somme.

François Lafontaine :  C’est ce que j’aime le plus de Klaus : quand t’as une idée, une suite d’accords avec une mélodie ou n’importe quoi d”autre, ça vaut toujours la peine de l’essayer.  Il n’y a jamais de NON, on l’essaie tout de suite et on verra où ça va nous mener. Cette part d’inconnu, c’est absolument génial. On procédait donc à la manière d’ateliers, si tu veux. Parfois, on démarrait notre  journée avec absolument rien. D’autres fois, Joe arrivait avec quelque chose. D’autres fois, c’est moi. Ce fut un super bel exercice créatif et je pense que c’est ça qu’il faut garder.  

PAN M 360 : Peut-on faire une trame narrative de cet album? Quelle est la courbe?

François Lafontaine : Forcément, on a pensé à l’ordre des chansons. Pour chaque album sur lequel tu travailles, la question se pose à un certain stade de la création. 

Joe Grass : On savait clairement quand on avait nos premières tounes, c’était évident.  Et les choses ont commencé à se placer tranquillement. C’est comme un peu comme allumer la lumière dans une maison noire : tu vois ce recoin, tu vois cet autre recoin, voici une pièce ici, voici une pièce là… Ça commence à avoir du sens.

François Lafontaine : La première chanson, oui c’était clair et à un moment donné, c’était clair aussi clair pour celle qui conclut l’album. Sans s’en rendre compte au début, à un moment donné, il y a un chœur  à sur la première chanson, Wider Sky, et quand on arrive à la toute fin, cette chorale revient sur Coldest Cold. Des petits trucs qui ont l’air banal, mais au final, ça tombe sous le sens. 

PAN M 360 : Parlez-moi de l’instrumentation en studio, et puis viendra la transcription sur scène.

François Lafontaine :  Ben…comment je peux dire? C’est sûr que là, on est passé d’un trio à un duo, beaucoup de choses qui ont été faites avec des machines,  des beatbox, de la synth bass, etc.. On faisait pas mal tout, Joe et moi. On a pensé ajouter des instruments, mais souvent, ça fonctionnait bien avec ce qu’on avait utilisé au départ. 

Entre l’album et ce qui se passe live, cependant, c’est deux mondes: tu ne peux pas tout reproduire ce que tu as fait sur un album live, à moins de jouer avec des séquences.  À un moment donné, ça prend un bassiste et un drummer.

PAN M 360 : Plusieurs jouent des séquences maintenant. C’est moins suspect d’arriver avec une trame de fond avec une intervention en temps réel.

Joe Grass :  Oui mais nous autres, on aime ça que ça bouge autrement. Sur cet album, d’ailleurs il y a plus d’espace pour jouer et donc, ces pièces se prêtent bien à un spectacle où les joueurs peuvent jouer. Nous avons donné quelques concerts et, déjà, ces chansons se traduisent vraiment bien sur scène. Ça se passe instantanément! Tellement le fun, aussi de faire ça avec Jonathan Arseneau (basse) et Robbie Kuster (batterie). On est super contents de ce band.

PAN M 360 :  L’album sort le 28 novembre et quand commencerez-vous vraiment à le jouer? 

François Lafontaine : Le 10 décembre à l’Escogriffe, on tournera en 2026, les festivals et tout et tout…

PAN M 360 :  Rappelez-moi la signification de Klaus, j’ai oublié!

Joe Grass : Il n’y en a pas vraiment, haha! Ça nous faisait rire… je ne sais pas….Tu peux y donner une identité si ça te dit.François Lafontaine : Bah… c’est le fun que ce soit un prénom, sorte de personnage imaginaire. C’est parfait que la question se pose et qu’il n’y ait pas de réponse!

Diplômé du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 2010 et de l’École nationale de l’humour en 2014 Philippe-Audrey Larrue Saint-Jacques est un joueur de finesse dans les grandes ligues de l’humour francophone, tant en Amérique du Nord qu’en Europe. On l’avait d’abord repéré grâce à la série Like-moi ! Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour remportait le premier prix au Zoofest 2017. Enfant du siècle, son spectacle suivant, lui valut au Québec deux Olivier en 202, et en France une note de « 4 T » par le magazine de référence Télérama. Ses chroniques à la SRC et maintenant à RTL ont aussi fait mousser sa réputation et mis en valeur son indéniable talent de débusqueur du ridicule et de l’absurde de nos existences. Philippe-Audrey Larrue Saint-Jacques mène actuellement une carrière en France où sa carrière connaît une ascension fulgurante. Mélomane averti, il a été recruté par l’OSM pour animer des programmes où il se fait l’entremetteur de l’orchestre montréalais et du programme auquel il est associé. Ce mardi 2 décembre, l’humoriste anime un Apéro symphonique consacré à l’Autrichien Erich Wolfgang Korngold et le Hongrois Béla Bartók, deux compositeurs européens ayant fui le nazisme pour mener la deuxième tranche de leur carrière aux États-Unis et ainsi exercé une influence majeure sur la musique de film hollywoodienne. Cet apéro symphonique sera suivi le lendemain par un programme régulier de l’OSM avec ce même répertoire.

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Billets et infos

Premier volet de l’interview: que fait Philippe-Audrey Larrue Saint-Jacques à l’OSM ?

2e volet de l’interview : Un Apéro symphonique è l’OSM autour de Korngold et Bartók

PROGRAMME DU 2 DÉCEMBRE

Artistes

Rafael Payare, chef d’orchestre

Simone Lamsma, violon

Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques, présentateur

Œuvres

Erich Wolfgang Korngold, Concerto pour violon, op. 35 (24 min)

Béla Bartók, Concerto pour orchestre, Sz.116, BB 123 (36 min)

LE MÊME PROGRAMME SANS PHILIPPE EST PRÉSENTÉ LE 3 DÉCEMBRE À LA MAISON SYMPHONIQUE

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