Gamers, mélomanes curieux, c’est ce samedi, 19h, que vous aurez la chance d’entendre les airs les plus connus tout droit sortis de vos consoles, alors que l’Orchestre de Jeux Vidéo (OJV) présentera, à l’esplanade Tranquille, son spectacle Une odyssée musicale avec Zelda & Mario. Le chef d’orchestre de l’ensemble à vents, Jonathan Dagenais, grand passionné de l’univers vidéoludique, s’est entretenu avec Sami Rixhon afin de nous mettre l’eau à la bouche, tout en détaillant l’immense évolution qu’a connue la musique de jeux vidéo ces 20 dernières années.

PAN M 360 : Pourriez-vous me parler du programme qui attend les auditeurs, samedi prochain?

Jonathan Dagenais : « Chaque année, la Virée classique demande aux ensembles participants de, si possible, faire tourner leur répertoire autour d’une thématique précise. Cette année, la thématique, c’est la nature. On s’entend que, dans les jeux vidéo, c’est quand même un concept très large. Donc, on a une sélection de six, ou peut-être sept pièces, avec un petit rappel si le temps nous permet, de jeux qui sont en lien direct ou un petit peu plus éloigné avec la nature. »

Le spectacle de l’OJV évoquera autant la nature sacrée et mystique de l’opus de Zelda Twilight Princess que les grottes, forêts et rivières fragiles d’Undertale, tout en faisant voyager les oreilles du public dans les contrées en ruines d’Hollow Knight ou dans l’arbre-monde de Faxanadu.

Bref, la nature dans tous ses états, un pixel, une note à la fois.

PAN M 360 : Mettons tout de suite quelque chose au clair, ce n’est pas un spectacle uniquement adressé aux gamers, c’est ça?

J. D. : « Non, mais c’est sûr que les gamers, un petit peu comme dans nos concerts habituels, qu’on autoproduit, s’y retrouvent beaucoup, parce qu’on va directement appuyer sur le bouton nostalgie. Mais ce sont aussi souvent des personnes “non-gamers” qui viennent à nos concerts et qui adorent cette musique. Parce que c’est un petit peu comme la musique de film, c’est-à-dire que c’est une musique qui est hyper évocatrice, qui fait appel à une grande, grande variété d’émotions, et qui vient vraiment nous chercher dans les couleurs, les textures et l’expressivité directe. Donc oui, ça s’adresse à tout le monde. Même à l’intérieur de l’orchestre, dans nos musiciens, on a des gens qui sont des “non-gamers”, et cette musique-là les touche profondément. »

PAN M 360 : Tout le monde connaît le thème de Mario Bros ou de Tetris, mais peu de gens sauraient dire qui sont les compositeurs derrière ces airs. Le phénomène n’est pas le même avec la musique de film, tout le monde connaît le nom de John Williams, Hans Zimmer ou même Danny Elfman. Comment expliqueriez-vous cette différence?

J.D. : « En fait, je crois que cette différence est de moins en moins vraie. Il y a 25-30 ans, souvent, les gens associaient beaucoup la musique de jeux vidéo à des bips-bips, à des airs de synthétiseurs très basiques. Et maintenant, cette musique-là est jouée par des orchestres dans des salles prestigieuses à travers le monde. Quand on pense aux tournées de Zelda Symphony, Final Fantasy : Distance Worlds ou The Game Awards Orchestra, les compositeurs derrière, il y a 25 ans, étaient des compositeurs nichés qui utilisaient des médiums très limités. Maintenant, ils sont appelés à composer pour orchestres symphoniques et autres. On entend de plus en plus parler de Yoko Shimomura, Austin Wintory ou encore Kōji Kondō, des noms qui vont encore émerger avec le temps qui passe, avec la grande démocratisation de la musique de jeux vidéo. »

PAN M 360 : Pensez-vous que Montréal soit un bon terreau pour un orchestre comme le vôtre?

J.D. : « Oui! Ça fait plus de 15 ans qu’on existe, et on a tout le temps jouit d’une grande popularité. On était l’un des premiers orchestres de jeux vidéo, je crois, à exister à travers le monde. Il y en a de plus en plus maintenant, que ce soit au niveau professionnel ou amateur, mais c’était très précurseur à l’époque. »

PAN M 360 : Décrivez-moi à quoi doit-on s’attendre en allant voir un spectacle de l’OJV.

J.D. : « On est très loin des concerts traditionnels, classiques et, si je pourrais dire, occidentaux. Souvent, on retrouve plus une ambiance de show de rock [rires]. Quand on fait une pièce, le public peut devenir très émotionnel et vocal, il nous témoigne son affection parce que ça vient le chercher. Je trouve qu’une des grandes forces d’un orchestre comme le nôtre, aussi, c’est qu’on contribue à la démocratisation de la musique en salle. Il y a parfois des gens qui viennent voir nos concerts qui n’ont jamais mis le pied dans une salle de spectacles auparavant. »

Le programme de l’OJV pour son spectacle Une odyssée musicale avec Zelda & Mario

Toru Minegishi, Asuka Ota, Koji Kondo, The Legend of Zelda: Twilight Princess (arr. Camille Frappier-Fortin)

Toby Fox, Undertale (arr. Alexandre Choinière)

Christopher James Larkin, Hollow Knight (arr. Jérémie Desaulnier)

Jun Chikuma, Faxanadu (arr. Jonathan Dagenais)

Gareth Coker, Ori and the Blind Forest (arr. Camille Frappier-Fortin)

Mahito Yokota, Koji Kondo, Super Mario Galaxy (arr. Laura Intravia)

Crédits photo : Vincent Mesure

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La 12e Virée classique de l’OSM bat son plein jusqu’à dimanche, le tout suivi de trois concerts donnés dans les parcs de Montréal. Voilà pourquoi La Vitrine culturelle a demandé à PAN M 360 de mettre en ligne ce survol de la programmation avec notre guide Marianne Perron, directrice principale du secteur artistique pour le grand orchestre montréalais.

LA VIRÉE CLASSIQUE SUR LE SITE DE LA VITRINE, C’EST ICI !

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PAN M 360 : La nature en musique est le thème porteur cette année. Expliquez-nous!

Marianne Perron: La musique s’inspirait de la nature au départ, c’est ça, on a eu envie de plonger dans cet élément-là pour plein de raisons. D’abord parce que les artistes s’inspirent de la nature, évidemment, puis parce que la nature est une occasion de se recentrer, de se ressourcer. 

Parce que c’est lié à la beauté, à l’espace. Et quand je parle de l’espace, je parle de tous les types d’espace. Notre espace intérieur, notre espace mental, ce qui nous entoure. Et puis, je pense que dans la période que nous traversons actuellement dans le monde, je crois qu’on peut ressentir le besoin de se retrouver en nature. Oui, de s’inspirer de sa beauté.  

PAN M 360 : Effectivement, la nature nous précède et nous succède. 

Marianne Perron : Oui, tout à fait. Puis, de nous rappeler qu’on en fait partie et qu’on doit bien la traiter. La nature nous a habités quand on a pensé à la programmation.  

PAN M 360 : Le concert d’ouverture au Stade olympique était moins marqué par des pièces atypiques que par les années précédentes sous la direction de Rafael Payare.

Marianne Perron : En fait, c’est la thématique qui nous a portés. Quand on fait un programme comme ça pour des milliers de personnes à l’extérieur, on propose des œuvres avec des couleurs différentes, des rythmes différents. Et c’était encore le cas.

Du jeune compositeur québécois Maxime Goulet, l’extrait Chaleur de sa Symphonie de la tempête du vergas s’inscrit complètement dans notre thématique de la nature, puisqu’il s’agit d’un événement lié au climat, et donc de la nature,  et qui a marqué des générations québécoises.

Et puis, c’est vrai que je pense que ce n’est pas une surprise pour personne de l’importance qu’on accorde à la musique d’aujourd’hui, aux compositeurs, à leur voix, à leur vision du monde d’aujourd’hui. C’est quelque chose qui est important pour l’OSM  comme pour Rafael Payare.

PAN M 360 : Le soutien à la relève et l’accessibilité des propositions font partie de l’ADN de l’OSM, n’est-cepas?

Marianne Perron : Oui et nous faisons confiance à notre public en ce sens. Pour notre public, nous essayons de faire des choix au mieux de nos connaissances, de notre expérience, mais on sait qu’on a un public curieux, ouvert, qui a envie de découvrir de nouvelles œuvres, de nouveaux compositeurs. 

PAN M 360 : Parlons de vos must et aussi des solistes invités.  

Marianne Perron : Prenons le compositeur Godwin Friesen, un lauréat du Concours de l’OSM. Nous tenons à soutenir les lauréats de nos concours et les artistes canadiens émergents de manière générale. Alors, on croit beaucoup en Godwin, qui se produit à quelques reprises dans la Virée classique. Il a joué au concert du Stade, il jouera samedi, 13h30, une 2e œuvre du compositeur Míkis Theodorákis et plus encore. Et ce que je trouve très beau dans ce programme-là, ce sera la rencontre de l’OSM avec le flûtiste (solo) Timothy Hutchins, un vétéran de l’OSM, et avec notre jeune Godwin Friesen qui est un artiste émergent.  

On a eu envie de mettre de l’avant ces jeunes artistes, jeunes lauréats du concours et jeunes musiciens de l’OSM. Depuis l’arrivée de Rafael, on a fait beaucoup d’auditions et on a eu le bonheur d’accueillir plusieurs nouveaux jeunes musiciens. Et donc, on a formé un ensemble avec Godwin Friesen et ses jeunes collègues.

Quant à la soprano écossaise Beth Taylor, elle avait chanté du Mahler, et ça a été un véritable coup de foudre pour nous. Alors, elle va chanter cette fois du Edward Elgar (Sea Pictures  ) ce samedi, 18h30. Lors du même programme,  le pianiste allemand Martin Helmchen  interprétera du Mozart ( Concerto pour piano no 24, K. 491  ).  On aura donc dans ce programme deux artistes qu’on aime vraiment beaucoup, alors je crois que ça devrait être intéressant comme rencontre.

PAN M 360 : Quel est votre historique encore avec l’excellent pianiste Martin Helmchen?

Marianne Perron :  Il avait joué à l’OSM il y a quelques années sous la direction de Kent Nagano. Par la suite, je l’avais entendu en concert  avec sa conjointe violoncelliste, Marie-Elisabeth Hecker, soit au Wigmore Hall à Londres. J’avais alors vraiment senti cette chimie entre les deux. Quand Martin a accepté de venir jouer pour nous et avec sa femme, j’étais vraiment très heureuse : avoir déjà Martin avec l’orchestre, c’est formidable, mais avoir ce duo-là en musique de chambre, c’est encore mieux et je crois que les gens vont vraiment beaucoup aimer.

Je dois évidemment mentionner l’œuvre très connue qui sera jouée deux fois par l’OSM et Rafael Payare : Les Planètes de Gustav Holst. Ça revient sporadiquement à l’OSM, bien sûr. Pendant la saison estivale, c’est une œuvre qui plaît, on le sait, et puis on a le grand orchestre sur scène, donc si quelqu’un n’a jamais entendu Les Planètes de Holst, on sait que les John Williams de ce monde s’en sont beaucoup inspirés.

Nous sommes très heureux aussi de poursuivre la collaboration avec l’Ensemble Obiora.  Dès leur constitution, nous avons cru en cet ensemble qui regroupent des musiciens engagés, très professionnels, talentueux, avec une vision et une mission. Une fois de plus ils seront dirigés par Rafael, dans un programme différent, cette fois destiné aux familles avec le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns (samedi, 14h30). Ce ne sera pas juste pour les enfants,  mais vraiment pour tous les âges. Nous croyons beaucoup à Obiora.

Il y a également ce retour sur l’OSM dans le Grand Nord (samedi 16h), nous avions Take the Dog Sled  de la compositrice inuite Alexina Louie, une commande donnée en 2008 pour la tournée de l’OSM et Kent Nagano au Nunavik. Tu as sept musiciens et tu as un chef qui sera cette fois  Dina Gilbert et deux chanteuses de gorge.

PAN M 360 : Dégageons quelques musts côté activités gratuites, puisqu’il s’agit d’un grand week-end de vulgarisation!

Marianne Perron : Le format de la virée classique a évolué avec les année, on a réduit un peu le nombre de concerts en salle mais on a augmenté significativement les activités gratuites. Les concerts impliquent souvent des musiciens amateurs, des musiciens en formation ou des musiciens émergents, mais aussi des musiciens professionnels. 

C’est vraiment une programmation conçue en collaboration avec la communauté de la musique. Par exemple, on célèbre le 50e anniversaire de l‘Alliance Chorale du Québec, un regroupement de chœurs amateurs (dimanche 15h30). Leur programme sera donné sous la direction de Simon Rivard. Ce qui est formidable ici, c’est qu’il y a des chœurs ayant répété le programme, qui viendront le chanter avec nous. Et le public peut aussi avoir accès au programme et joindre le chœur ! C’est vraiment un événement participatif.

Il y a aussi les Saisons d’Astor Piazzolla, avec de jeunes musiciens professionnels, sous la direction d’Andrew Wan, premier violon de l’OSM (samedi, 17h). Sans compter l’ensemble de cuivres de l’OSM qui présenteront un répertoire formidable (dimanche, 14h30). 

 Comme de raison, la Symphonie de la Virée sera de retour, le chef Adam Johnson dirigera et Rafael viendra diriger une pièce comme il l’a fait au cours d’éditions précédentes. C’est vraiment une rencontre de musiciens amateurs, jeunes et moins jeunes, qui répètent ensemble sous la direction d’Adam Johnson (samedi, 16h15)

Plusieurs autres ensembles sont invités, l’ensemble de cuivres Griffon (vendredi, 17h et samedi, 14h15), l’Harmonie des jeunes de la Virée résulte d’une collaboration de différentes écoles secondaires, notamment Collège Notre-Dame et Joseph-François-Perrault. Alors tu as des ensembles sont formés spécialement pour la Virée classique,  on a des musiciens de différents profils. 

À côté de ça, il y a beaucoup d’autres types d’activités très inclusives, par exemple l’art-thérapie, le yoga, des séances de musique et littérature, plusieurs façons de découvrir la musique.

Alors voilà, c’est un petit aperçu, je pourrais  évidemment en dire plus long! 

Pour quiconque aime la musique, le chant ou le rap, Présence autochtone est l’occasion de faire le point sur l’actualité musicale telle que ressentie par sa direction artistique. PAN M 360 profite de cette transhumance Côte-Nord/Montréal  pour en apprendre davantage sur ses artistes confirmés ou émergents. Dans le cas qui nous occupe, Native Mafia Family est un groupe pionnier du hip-hop innu, ayant germé et fleuri à Maliotenam, près de Sept-Îles. On connaît NMF depuis 2023, deux enregistrements illustrent leur belle progression (The 27As et Utshu), un autre est en gestation.

Au terme de leur concert donné samedi sur la place des Festivals, les trois rappeurs innus ont accordé cette interview de fin de soirée à Alain Brunet, qui est ensuite allé dormir un peu moins ignorant.

PAN M 360 : Comme tous les kids de votre génération, vous avez grandi dans le hip-hop et aussi dans votre culture innue, c’est bien ça?

ImKoma YJ$  : Oui, c’est ça. Quand on était petits, on écoutait plus de l’innu, des tounes en innu, folk, rock ou country. En grandissant, je pense qu’on a trouvé notre style.  1224K (Joshua) nous a rapproché du rap, je dirais. C’es lui qui a amorcé la première étape pour qu’on prenne le chemin du rap. 

Lildeuce24K :  Moi, j’ai toujours été dans la musique. Depuis tout petit, j’ai grandi en écoutant de la musique, peu importe le genre. Et j’ai voulu partager le hip-hop avec mes amis. Le rap, c’était le bon véhicule pour nous représenter. 

PAN M 360 : L’expérience hip-hop est vécue depuis nombre d’années . Mais dans votre patelin, c’est beaucoup plus récent n’est-ce pas ? 

Lildeuce24K : Shauit, c’est lui le premier rappeur autochtone dans le coin. Et je  pense qu’on est des pionniers avec lui.

PAN M 360 : Shauit est plus vieux que vous, il vous a certainement influencés même s’il rappe souvent sur des riddims reggae/dancehall.

Lildeuce24K  : J’ai grandi en écoutant ses tounes. C’est un peu plus trash que nous mais c’est bon! Ce n’est pas pareil.

PAN M 360 : Vous, vous êtes plus proche du trap et du rap français ou du rap keb.

Lildeuce24K : Aussi beaucoup de new wave, une tendance qui monte. Oui, un nouveau genre de rap qui sort aux États-Unis.  On écoute beaucoup de rap français aussi. 

PAN M 360 : Plusieurs artistes innus font du hip-hop sur la Côte-Nord?  

Ismael: On été les premiers à faire un groupe de rap. Puis on a donné la force  aux plus jeunes. Aujourd’hui, on écoute beaucoup de jeunes groupes émergents, des rappeurs qui veulent s’essayer avec raison : ils sont aussi talentueux que tant d’autres.Ils ont beaucoup de potentiel aussi. J’aimerais ça dire que c’est grâce à nous aussi, à nous autres, qu’on aide et qu’on donne la chance aux autres de s’essayer. Parce qu’il n’y a pas à avoir peur.

PAN M 360 : On est vraiment dus pour vivre l’expérience hip-hop sur la Côte-Nord. C’est vraiment important que vous le fassiez. Normal, c’est partout. C’est la musique de votre génération. C’est votre culture mondiale qui s’ajoute à votre culture innue. 

ImKoma YJ$ : De zéro à  4-5 ans, on parle tout le temps innu. Quand tu rentres à l’école, tu apprends le français. Au primaire, tu n’as qu’un cours d’innu par semaine. On  perd notre langue. Ils ont réussi! Mais le vent tourne. Aujourd’hui, on essaie de se rattraper . On voit beaucoup plus d’autochtones qui chantent dans leur langue et qui sont diffusés massivement. On en voit jusqu’aux Grammys.

PAN M 360 : Dans votre coin de pays, avant votre arrivés, c’était surtout folk, country, rock chanté en innu.

ImKoma YJ$ : Avec des inflexions différentes. Mais oui on écoutait toujours ça.

Mais le hip-hop, c’est ce qui est venu nous chercher. Et le message, la livraison du message, c’est venu nous chercher plus qu’autre chose.

PAN M 360 : Avez-vous des artistes préférés dans le hip-hop? 

Ismael: Moi, j’écoute beaucoup de Ice Cube. Ice Cube? Oui, beaucoup d’Ice Cube. Il parle de vraies choses.

Pan m 360 : Ça fait longtemps Ice Cube! 

Ismael: C’est bon. C’est un classique.

Lildeuce24K: Moi, pour ma part, j’écoute beaucoup de rap français. Oui? Et c’est quoi que tu écoutes en ce moment? Parce qu’il y en a beaucoup, beaucoup de rap français ou belge. Damso, là. Damso?  Je l’ai vu, incroyable

PAN M 360 : Vous êtes aussi francophones depuis l’enfance, en plus d’être « innuophones ».

Lildeuce24K: On mélange les trois langues.  En innu , il y a différents accents d’une commaunauté à l’autre sur le territoire.

PAN M 360 : Et vous êtes dans le circuit autochtone? 

Lildeuce24K: Oui et nous pouvons aller partout dans les Amériques avec notre passeport autochtone. 

Ismael : On aimerait faire le tour des nations aux États-Unis, une tournée road trip.

PAN M 360 : Vous avez sorti l’EP Utshu en avril avec Macky Lavender, Yung Blues et DJ Unpier. Quels sont vos prochains projets?

Lildeuce24K : On est en train de préparer un album. Ça va sortir quand? Quelques sons déjà prêts mais cet album-là, on veut vraiment prendre notre temps. On va bien faire ça.

ImKoma YJ$: La qualité avant la quantité. 

PAN M 360 : Vous faites des beats? C’est vous qui produisez? 

ImKoma YJ$: Moi, récemment, il y a un mois, j’ai commencé à faire des beats.  Il faut commencer, mais c’est long avant d’être bon.J usqu’à maintenant on achète des beats et on travaille avec des amis de Montréal 

PAN M 360 : Et vous pourrez développer votre propre fabrique de beats, acheter de l’équipement, monter un studio. 

ImKoma YJ$: On vient d’ailleurs de se procurer un MacBook, avec une  interface pour faire de la musique. Il faut investir tout le temps. On travaille avec plusieurs DJ dans le réseau régional. Par exemple, on a un ami, DJ Mike, qui a une compagnie de sonorisation et avec qui on collabore.

PAN M 360 : Comment vous sentez-vous lorsque vous venez jouer à Montréal?

ImKoma YJ$:  Ce que j’aime ici, c’est… quand tu marches dans la rue, tout le monde s’en fout de tes origines. Personne ne va te regarder.

PAN M 360 : Tandis que sur la Côte-Nord  vous êtes distincts, on vous regarde différemment des Blancs, j’imagine. 

ImKoma YJ$: C’est ça.  

PAN M 360: Et c’est pourquoi le hip-hop autochtone doit dire les choses telles qu’elles sont.

ImKoma YJ$: Oui, il faut plus de rap autochtone.

L’ensemble Obiora donnera un concert pour la famille, le samedi 16 août à la Maison symphonique. Sous la direction très appréciée de Rafael Payare, l’orchestre montréalais formé de musiciens de la diversité, le seul du genre au Canada, jouera le fameux Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns en plus de la création canadienne de Irish Dance Suite de l’Afro-États-unien Quinn Mason. S’ajouteront aux notes colorées et suggestives la chorégraphie du danseur Charles Brecard (sur le Carnaval des animaux), et les illustrations de l’artiste Onkwehonwe/québécoise pour la suite de Mason. De la musique animée et emballante, accessible à tous et toutes, de tous âges, magnifiée par des artistes d’autres disciplines dans un festin qu’on souhaite emballant pour les familles. J’ai parlé de tout cela avec la co-fondatrice et directrice générale de l’ensemble Obiora. 

DÉTAILS ET BILLETS

Non, non, pas ceux que l’on entend dans les radios populistes. Il s’agit plutôt des défenseurs et des militants de toutes les époques de la musique qui ont brisé le silence de leurs sociétés pour faire avancer des causes et des idées progressistes. Les Beethoven, Bowie, Piazzolla, Lennon, Nina Simone qui, à travers leur art, ont brisé les tabous, défié l’ignorance et rompu le silence.

Le duo Stick&Bow, composé d’un marimba et d’un violoncelle, dirigé par les excellents Juan Sebastian Delgado et Krystina Marcoux, lauréats des prix Interprète de l’année et Rayonnement international lors du Gala Opus 2024, présentera un tout nouveau spectacle incluant narration et musique.

Ensemble, ils nous parlent (en français) de ce spectacle, magnifiquement intitulé « Briser le silence », qui sera présenté à Orford Musique le 15 août 2025.

DETAILS AND TICKETS FOR THE DISRUPTING THE SILENCE CONCERT

L’ensemble Forestare présentera le 10 août 2025 sur la scène Québécor à la Place des Festivals, à l’occasion de Présences autochtones 2025, un tout nouveau spectacle mêlant musique, chant et poésie appelé Passeurs de plume. À l’honneur, la culture autochtone dans sa richesse millénaire, mais aussi d’autres cultures (musique d’Arvo Pärt), dans un dialogue ouvert, respectueux et plein d‘amour, comme le dit Alexandre Ethier, fondateur et directeur artistique de l’ensemble. 

DÉTAILS DU CONCERT (GRATUIT)

À PAN M 360, nous voilà en compagnie de la Québécoise Katia Makdissi-Warren, leader, fondatrice, compositrice et directrice artistique de la formation Oktoecho  et l’Australienne Corrina Bonchek, dont la démarche de lier musiques de création contemporaine aux musiques traditionnelle s indigènes se compare à celle de sa collègue. Réunies à Montréal pour mener à bien une création d’Oktoecho dans le contexte du Festival international Présence autochtone, Corrina et Katia expliquent leur projet dont l’objectif est d’impliquer les artistes indigènes sur le thème de la baleine, puissant symbole animal pour moult peuples autochtones et aussi un  exemple idéal de la précarité des écosystèmes marins: Song to the whales / Chant des baleine. Ce projet  s’annonce comme un spectacle immersif, incluant musique, conte et sons issus de milieux naturels. 

Présentée les 6 et 7 août, 20h30, sur la Place des festivals à Montréal, cette création précède une tournée nord-américaine, dans le sillon du 35e Festival international Présence autochtone. Voyons voir ce qu’il en retourne !

PAN M 360: Ce programme s’annonce très intéressant parce que, à la fois, c’est un hymne et une complainte environnementale. Katia, peux-tu élaborer davantage sur les fondements de ce concept ?

Katia Makdissi-Warren: En fait, on a d’abord rencontré Greta Kelly, une artiste du collectif de Corrina ayant assisté à un concert d’Oktoetcho dans le cadre de Cinars. « Mon Dieu, ça ressemble à ce que nous faisons  chez nous », nous avait-elle dit alors. Puis elle nous a mis en relation, souhaitant une collaboration. 

« Ça serait vraiment bien qu’on puisse faire une collaboration ». Nous avons fait des visioconférences avec Corrina et avec la chanteuse maorie Wahia Sonic Weaver, sans compter les chanteuses inuites Nina Segalowitz et Lydia Etok qui sont collaboratrices d’Oktoecho. 

Le sujet de la baleine s’est imposé parce que c’est un esprit fort dans toutes les communautés autochtones du monde. Les Inuits ont pu survivre pendant des millénaires en Arctique notamment grâce aux baleines.

Alors on comprendra que la baleine est un animal sacré, un symbole extrêmement puissant. Et dans ce cadre-là, qu’on a choisi tout le monde ensemble, donc la thématique de la baleine, c’est pourquoi on a décidé d’inviter Oncle Bunna Lawrie. Connexion assez spéciale!

Corrina Bonshek: J’avais d’abord rencontré Whaia, qui avait déjà tourné avec l’artiste aborigène il y a une dizaine d’années, soit en tant que membre des Whaledreamers. Les baleines sont super importantes pour Bunna et son peuple qui vivent à l’extrémité sud de l’Australie.  

 De son grand-père, Bunna a appris  à chanter aux baleines, à les appeler même. 

Ainsi, Whaia a entrepris un merveilleux voyage avec Bunna, en partageant sa culture, sa musique et en assimilant davantage la relation des peuples avec les baleines.

Ce projet est donc très spécial depuis que nous nous sommes tous rencontrés, cela nous a permis d’établir à long terme une très solide connexion artistique. Au-delà des peuples autochtones, la baleine questionne notre relation à l’environnement et nous mène à réfléchir à nos pratiques présentes et passées. 

PAN M 360: Vivez-vous toustes à proximité ?

Corrina Bonsheck: En fait, dans différentes régions. Il  faut rappeler que l’Australie compte plus de 350 communautés autochtones qui parlent différentes langues. La musique est en grande partie responsable de notre rencontre et de cette connexion, et non la proximité géographique. Nos rencontres se produisent dans différents lieux  en Australie et aussi ailleurs comme à Montréal dans le monde entier, ici à Montréal, et nous partageons toutes les différentes musiques que nous avons apprises à travers nos enseignements respectifs, ce qui inclut notamment la musique classique occidentale, des musiques du Myanmar ou de la Chine, et plus encore. Bien que nous ayons différents backgrounds, nous sommes très engagés à élever les voix indigènes et à créer ensemble ce troisième espace où nous pouvons apporter des sons et des cultures différentes et mieux vivre ensemble.

PAN M 360:  Si nous essayons d’être plus précis sur la construction de cette nouvelle œuvre, quels sont les outils impliqués dans cette pièce et de quelle façon fusionnez-vous les voix traditionnelles  et pratiques de ces deux régions du monde ? 

Katia Makdissi-Warren: Des styles très différents de musique traditionnelle sont  impliqués dans le projet. Bunna est un conteur et un grand défenseur des baleines à l’échelle internationale. Il chante mais il chante dans un style qui est peut-être un peu plus folk, mais dans sa musique folk, il introduit des éléments aborigènes aussi. On est vraiment de types différents et on veut pouvoir construire ensemble. Comme on n’a pas beaucoup de temps, on a une semaine de résidence. Ça fait déjà trois jours qu’on travaille, ça avance très bien. 

PAN M 360: Qui compose quoi ? Comment se partage la création ?

Katia Makdissi-Warren: On est parti quand même de pièces de Corrina qu’elle avait déjà composées pour son ensemble qui sont au programme, quelques pièces d’Oktoecho aussi. Après ça on a créé de nouvelles choses ensemble pour être sûr de pouvoir avoir quelque chose qui représente tout le monde.Alors on a adapté les pièces de Corrina, on a adapté les miennes. Tout ça pour essayer de créer un langage qui se tient et en incluant aussi deux compositions de Bunna – parce que c’est son sujet, c’était important. Donc c’est en partant de pièces existantes, en les adaptant et en créant quelque chose de nouvelles pièces.C’est comme ça qu’on a créé la première étape de rencontre.

PAN M 360: Corrina, comment avez-vous construit les pièces de votre côté au départ ? 

Corrina Bonsheck: Je pense que ça marche parce que les deux ensembles permettent la coexistence de plusieurs langues musicales élaborées par chacun. En s’unissant, la sélection de nos musiques respectives est devenue extrêmement complémentaire. 

De mon côté, je travaille sur des éléments  très dynamiques, intenses, et aussi sur des choses plus gentilles mais assez abstraites. Alors que la musique de Katia est rythmique, multicouche, groovy. La combinaison de tous ces éléments est absolument merveilleuse ! Ajoutez les chansons de Bana dans le mix et avons cet incroyable voyage musical à proposer.

De plus, il y a beaucoup d’espace pour les voix individuelles des interprètes , dans les compositions. C’est en fait la continuité de leurs propres voix créatives qui font que cela finit par fonctionner comme une seule entité.

PAN M 360: Vous êtes deux compositrices occidentales et vous travaillez avec des artistes indigènes. Sont-ils mis à contribution exclusivement pour leurs cultures traditionnelles ? Quel est leur rôle créatif au-delà de leur intégration par vous ? Danger de relation coloniale ?

Corrina Bonsheck : Pour ma part, je n’écris pas de notes pour les solistes. Je propose plutôt une sorte de paysage, c’est une offre de co-création, ce qui fait aussi partie d’un processus général de décolonisation. Et c’est la façon pour nous d’avoir toutes les voix créatives dans le mix. Je ne compose pas pour eux/elles comme je ferais pour un musicien de formation classique occidentale.

Katia Makdissi-Warren: C’est une co-création, oui. Et je pense que c’est vraiment important. Chacun doit aimer ce que j’offre suffisamment pour obtenir une offre en retour. Si on ne veut pas faire ce que je propose, on me dit juste non, pas de cette façon. Donc il doit y avoir suffisamment d’espace de création pour tout le monde impliqué.  

PAN M 360: Y aura-t-il une suite à cette résidence et création ?

Katia Makdissi-Warren: Pour moi, c’est un processus à long terme. On espère poursuivre en Australie l’année prochaine. Pour l’instant, on vit cette première étape de belles rencontres, d’abord en modifiant chacune de nos pièces, puis en composant de nouvelles pièces pour que chaque artiste présent y trouve sa voie, y soit accueilli dans chaque pièce. Que Nina, Lydia et les chanteuses de gorge sont accueillies dans les pièces de Gong de Corrina, et pareil à l’inverse. C’est ce qui importe.

On a vraiment modifié pour que tout le monde se sente à l’aise d’un monde à l’autre et ça crée déjà une certaine unité.

PAN M 360: Une première étape, donc.

Katia Makdissi-Warren: Comme je disais, on n’a pas beaucoup de temps de préparation, il n’y a pas beaucoup de nouvelles compositions, mais on va continuer à travailler. Très certainement, l’étape suivante sera certainement encore plus cohésive. C’est vraiment une étape, je pense qu’en tout cas, on verra avec Corrina mais je pense que c’est un travail en progrès et qu’on peut continuer à développer quelque chose ensemble pour avoir toujours plus d’unité dans la musique.

Co-dirigé et composé par Corrina Bonshek (Australie) et Katia Makdissi-Warren (Canada), en étroite collaboration avec des artistes de renom :

  • Whaia Sonic Weaver – chanteuse maorie
  • Oncle Bunna Lawrie – chanteur, conteur et activiste aborigène
  • Nina Segalowitz & Lydia Etok – chanteuses de gorge inuites et codirectrices artistiques d’Oktoecho
  • Et les musiciens : Greta Kelly, Étienne Lafrance, Bertil Schulrabe, Michael Askill et Jason Lee Scott

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Depuis 2001, l’Orchestre de la Francophonie agit comme un incubateur pour perfectionner les jeunes musiciens et musiciennes à l’aube de leur carrière musicale. Après plus de 20 ans à la barre de cet orchestre qu’il a cofondé et après avoir accompagné d’instrumentistes dans leur parcours, Jean-Philippe Tremblay passera officiellement le flambeau à la suite d’un dernier concert sous sa direction le 3 août à la Maison symphonique. Pour lui succéder, l’administration de l’orchestre a opté pour un processus de sélection, sous la forme de concours où, fait plutôt rare en la matière, le public a été amené à se prononcer et à participer au choix de la personne qui présidera la destinée de l’orchestre. Trois finalistes ont défilé devant les musiciens et présenté des concerts avec eux dans les derniers mois : Emmanuelle Lambert-Lemoine, actuellement en poste avec l’Orchestre symphonique des jeunes d’Ottawa, l’Orchestre de chambre d’Ottawa, l’Orchestre Divertimento et de l’Orchestre du Conservatoire de Gatineau; Léa Moisan-Perrier, directrice artistique et cheffe de l’Orchestre symphonique de l’Estuaire et Julien Proulx, chef de l’Orchestre symphonique de Drummondville depuis 2014.

Dans la foulée de ce concert, qui s’annonce fort en émotion, Alexandre Villemaire s’est entretenu avec la directrice générale de l’Orchestre de la Francophonie, et collaboratrice à PAN M 360, Hélène Archambault, pour parler de ce concours et de l’avenir de l’orchestre sous cette nouvelle future direction.

Programme

Sergei Rachmaninov – Concerto pour piano no 2 en do mineur, op. 18

Nadia Azzi, piano

Piotr Ilyich Tchaikovsky – Symphonie no 6 en si mineur « Pathétique », op. 74

Jean-Philippe Tremblay, direction

Maison symphonique, 3 août, 14h30

BILLETS ET INFOS

Le festival Présence Autochtone 2025 marquera la 35e édition de ce rendez-vous annuel qui a vu le jour en 1990, juste après, on s’en souvient, la crise d’Oka au Québec. Un contexte difficile pour mettre sur pied un tout nouveau festival axé sur les peuples autochtones ! Et pourtant, André Dudemaine, infatigable porte-parole de la cause et directeur artistique du festival, n’a jamais cessé d’être convaincu de sa pertinence. Il avait raison, bien sûr. Aujourd’hui, le festival est plus pertinent et plus populaire que jamais.

Il nous présente des artistes issus des cultures autochtones du monde entier, dont beaucoup sont d’ici, dans les domaines de la musique, du cinéma et des arts visuels. Cette édition du festival, annonce-t-il lui-même sans hésitation, a pour toile de fond la montée d’un « mouvement néo-fasciste » en Amérique du Nord, principalement porté par le véhicule MAGA (Make America Great Again) de Donald Trump aux États-Unis.

À cet égard, M. Dudemaine rappelle les racines de Montréal dans la résistance à ce type de pensée.

De la Grande Paix de 1701, premier traité « international » de cette envergure signé sur l’île de la Tortue (Amérique du Nord) entre 39 nations indigènes et les premiers colons, aux ovations accordées à Sitting Bull, chef Lakota méprisé par les Américains, et à Jackie Robinson, joueur de baseball noir adulé à Montréal mais maltraité dans le Sud, Montréal semble avoir dans son ADN même une propension au rassemblement et à la coexistence bienveillante.

Ce qui fait dire à André Dudemaine, sans hésitation : Montréal est la ville la plus anti-MAGA d’Amérique. J’ai parlé de toutes sortes de choses comme ça, et bien sûr de la programmation musicale de Présences autochtones 2025, avec André Dudemaine.

  • Cette interview est divisée en quatre parties, dont la dernière contient le tout.

Cette interview consacrée au Festival Présence Autochtone s’inscrit dans le cadre d’un partenariat de contenus PAN M 360 avec La Vitrine, soit le plus important site web consacré quotidiennement aux sorties culturelles à travers le Québec.

POUR ACCÉDER AU LIEN DE LA VITRINE SUR LE FESTIVAL PRÉSENCE AUTOCHTONE, C’EST ICI

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Partie 1 : Programmation

Partie 2 : Montréal – Ville anti-MAGA

Partie 3 : Hommage à la chanson innue et à Florent Vollant

Partie 4 : On revient sur les débuts du festival à l’époque de la Crise d’Oka

Version complète

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L’Ensemble Obiora de Montréal est un orchestre classique dont le mandat est de faire découvrir la musique savante de style européen écrite par des artistes de la diversité. Dans le cas du classique, ça veut dire à peu près toute personne qui n’est pas blanche et de sexe masculin. L’orchestre est aussi composé de musiciens et musiciennes de la diversité, qu’on ne voit pas très souvent dans les orchestres bien établis. Bien entendu, l’ensemble joue aussi les piliers du répertoire ‘’Blanc’’, mais dans des programmes ou ceux-ci côtoient des pièces de compositrices, blanches ou non, de compositeurs ‘’anciens’’ (baroques, classiques, romantiques) noirs, ou bien sûr d’artistes contemporains de tous les horizons. Bref, c’est un ensemble qui renvoie, finalement, une image plus juste des possibilités d’écoute et d’interprétation de la musique classique, une image qui correspond aussi pas mal plus précisément à la population d’une ville archi cosmopolite comme Montréal. Les 2 et 3 août 2025, l’Ensemble Obiora donnera deux concerts gratuits dans autant de parcs montréalais, le parc Notre-Dame-de-Grâce à 19h (2 août) et le parc Ahuntsic à 14h (3 août). Ces concerts sont rendus possibles en faisant partie de la série des Concerts Campbell. Le programme, pour l’occasion, sera constitué d’œuvres d’artistes afro descendants : Valerie Coleman (Tzigane pour quintette), Samuel Coleridge-Taylor (Nonet en Fa mineur op.2), et William Grant-Still (Danzas De Panama). J’ai parlé de ces concerts avec la co-fondatrice et directrice générale de l’orchestre, Allison Migeon.

Vous avez sûrement vu son nom passer en bas des articles ou entrevues de PAN M 360. En effet, notre collègue Vitta Morales n’est pas que journaliste. Il est également batteur et chanteur et a fondé le groupe King Lobster Krew, un mélange particulier de surf rock de jazz, et de musiques de plages. Molt est le second album en studio du groupe. Michel Labrecque a profité de sa sortie pour interviewer Vitta Morales.

Le travail acharné des stagiaires en chant classique de l’Institut canadien d’art vocal (ICAV) qui est effectué depuis les quatre dernières semaines arrivera à son point culminant le dimanche 27 juillet en après-midi à la salle Claude-Champagne. Les douze chanteurs et chanteuses de cette 21e édition du Festival d’art vocal de Montréal y présenteront La Flûte enchantée de Mozart dans une mise en espace de Nathalie Deschamps. Dernier opéra du compositeur salzbourgeois, classique parmi les classiques du répertoire, cette œuvre ou symbolique maçonnique et éternel combat de l’ombre contre la lumière se mêle à la complexité vocale et instrumentale de la musique de Mozart dans un tableau énergique, formateur autant pour les jeunes artistes lyriques que pour les jeunes musiciens de l’Orchestre de la Francophie, orchestre qui accompagnera cette production. Dans la foulée de ce concert final, Alexandre Villemaire s’est entretenu avec le chef Christopher Gaudreault qui sera sur le podium pour diriger cet ensemble de musiciens.

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