Pour Igloofest 2026, Mathieu Constance est de nouveau à la barre de la programmation des 4 week-ends consécutifs à vivre au Quai Jacques-Cartier jusqu’au 7 février. Partenaire médiatique d’Igloofest, PAN M 360 présente chaque semaine de l’événement les recommandations artistiques de son architecte principal, soit un choix prioritaire par programme: Madeon, Misstress Barbara en B2B avec Nicole Moudaber, Shadow Wizard Money Gang. Suivez le guide!

PAN M 360: Allons-y pour le deuxième week-end ! D’abord la soirée du jeudi 22 janvier.

Mathieu Constance: Le jeudi  22, c’est une soirée spéciale pour nous, vu que c’est en mode concert: on produit le live de Madeon pour la première fois. Il vient y présenter son nouvel album, c’est sûr que ça va être spécial. On a visionné beaucoup de vidéos de son show donné l’automne dernier à Red Rocks, au Colorado. Lorsqu’on en a observé  les éléments, on s’est dit tout de suite qu’on voulait le faire à notre tour. Car ce show est  vraiment spécial et notre public doit aussi en profiter. 

PAN M 360:  Comment décrire la proposition de Madeon ? 

Mathieu Constance:  C’est proche de la french touch, mais il y a aussi là-dedans des saveurs vocales pop et il y a même de l’électro clash  par moments. Vraiment cool ! Ça sera une des seules vraies productions live de cette édition 2026, , et c’est toujours spécial de faire un show avec une configuration différente d’un DJ set.  

PAN M 360: Le vendredi 23 janvier, un choix s’impose: Misstress Barbara

Mathieu Constance: Pour cette date,  ça reste pour moi  Misstress  Barbara qui fêtera ses 30 ans de carrière. Ça tombe à point, car c’était la fin de semaine qu’on était capable d’inviter  Nicole Moudaber, qui fera un set B2B avec Misstress après son propre set. Elle et Nicole sont en relation depuis  longtemps, et c’’est toujours spécial de la voir à l’œuvre  et de réaliser que cette artiste a pu durer aussi longtemps et  rester pertinente jusqu’à ce jour. Ce closing avec Nicole,  c’est pour nous lui rendre hommage et lui manifester notre respect. Sa carrière continue,  elle vient d’atteindre la cinquantaine, c’est impressionnant.  Pas tout le monde de l’électro peut se rendre avec une présence  aussi importante. 

PAN M 360: Quelques mots sur la Nicole Moudaber, réputée productrice et DJ d’origine libanaise ?

Mathieu Constance:  Écoute, c’est une légende de la techno ! C’est la première fois  que je la programme personnellement.  C’’est sûr que ça va être une grosse soirée en énergi e et çai va vraiment plaire aux technoheads. On a une très belle soirée au programme !

PAN M 360:  Passons au samedi 24 janvier.

Mathieu Constance: . Mon choix est  définitivement la crew de Shadow Wizard Money Gang,  sur la deuxième scène (Vidéotron). C’est un collectif  basé à Montréal, qui a beaucoup d’énergie et dont les sonorités réunissent le dubstep et la bass music, mais aussi la trance et même le hardcore. Ce collectif a été repéré par Skrillex qui a invité ses membres à collaborer  sur son dernier album et qui ont même conçu  du merch pour lui aussi afin d’accompagner le projet. Ces kids sont très très très spéciaux !   Je crois qu’ils occuperont bientôt une position de choix sur scène montréalaise et dans la musique électronique en général.

PAN M 360: C’est quand même étonnant qu’ils aient plus à Skrillex, ou encore ce dernier se montre-t-il moins grand public que ces dernières années.
Mathieu Constance:  Sans dire qu’il retourne à ses racines, on dirait que Skrillex s’est  libéré de la pression de tout ce qui était mainstream. En tout cas on voit qu’il a encore de l’intérêt  pour des trucs un peu plus obscurs ou moins faciles de trouver et de prendre des risques, et de travailler avec des nouvelles personnes comme Shadow Wizard Money. C’est tout à l’honneur de ces kids qui font un travail incroyable.

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Enfant montréalaise, elle a grandi aux abords de la scène électronique, fréquentant l’Igloofest depuis qu’elle a 17 ans, pour maintenant s’y produire une deuxième fois avec son collectif TITS. Dans cette entrevue, No Police, de son vrai nom Virginie Belliveau, nous parle de ses débuts dans le DJing, de ses collaborations avec les collectifs montréalais OCTOV et TITS, ainsi que de ses revendications féministes/Flinta. Nous offrant ainsi un point de vue en tant que DJ et Productrice d’événements Flinta, elle nous dresse un tableau nuancé et personnel de l’industrie musicale montréalaise, parfois ponctué de moments insolites et négatifs, mais aussi remplis d’amour et de connexions positives. Cette interview de TITS s’inscrit dans la 2e soirée d’Igloofest (vendredi 16 janvier) où les représentantes du collectif occuperont la scène Vidéotron la soirée durant.

No Police appartient à la catégorie des « DJ Covid », comme on les surnomme dans le milieu : bien qu’elle ait toujours été celle qui maîtrisait les enceintes portables et autres outils lors des soirées house entre amis, c’est pendant la pandémie qu’elle a acheté ses premières tables de mixage et qu’elle a commencé à cultiver son art. Raveuse fréquentant les soirées trance et techno montréalaises, son amour pour la musique, et son obsession pour “faire danser les autres” lui ont fait franchir le pas.

« J’ai toujours été celle qui voulait prendre les devants, créer des listes de lecture, classer les chansons. Depuis que j’organisais des soirées à la maison au lycée. Et petit à petit, c’est devenu une habitude : je sortais beaucoup en rave au début de la vingtaine.

Puis la pandémie a commencé et je me suis dit : “C’est le moment idéal pour commencer à apprendre.” Alors voilà, la première semaine de confinement, j’ai acheté des platines et c’est comme ça que tout a commencé (…) Ça faisait tellement longtemps que j’y pensais, à chaque fois que j’allais en rave, je me disais : «J’adorerais pouvoir transmettre ce que moi je ressens quand je suis face à un DJ, et faire la même chose. » Je voulais pouvoir faire monter la tension, créer des drops, et faire planer la foule, je me suis toujours imaginée de l’autre côté des platines. Pour moi, c’était vraiment un rêve, et c’est devenu réalité.»

Une année confinée qui lui a permis d’apprendre, d’affiner ses préférences musicales, de se pratiquer de son côté, et de développer tout un réseau de contacts et d’ami.es tous déterminés par le même objectif: Faire danser Montréal. Au sein de cette scène électronique montréalaise qui ressemble à un« village », il a trouvé une communauté respectueuse et soudée, ce qui lui a permis de décrocher ses premiers contrats.

« Très vite, l’impatience de la fin du confinement s’est fait sentir. Après un an d’apprentissage, je me disais : « Les clubs et les bars sont toujours fermés, mais dès la réouverture, je veux pouvoir faire mon premier concert lors d’un événement. » J’ai donc commencé à en parler sur les réseaux sociaux. La première DJ avec qui j’ai pris contact était Bittercaress, qui réside maintenant en Europe. C’est une DJ qui se produisait à Montréal depuis longtemps, et je l’ai rencontrée par l’intermédiaire d’une amie. Et grâce à elle, j’ai rencontré plein d’autres personnes.

« Quand les événements ont repris, je suis sortie beaucoup pour rencontrer des gens de la scène techno marginale montréalaise. Et ça s’est fait assez vite. J’ai rencontré Corine, et d’autres ami.es (…) J’ai l’impression qu’à Montréal, la scène est tellement restreinte qu’on n’a pas vraiment le choix de collaborer avec les autres, c’est un peu comme un petit village. Tout le monde se connaît, et c’est assez familier entre les DJ et les promoteurs. Il y a un peu de concurrence, mais l’ambiance est très conviviale. Et je trouve que la communauté est formidable. Ce serait super qu’elle continue à évoluer. Ces individus qui planifient, m’encouragent, me stimulent et m’offrent même des occasions de m’exprimer artistiquement me donnent une raison de persévérer. »

Inspirée par les genres techno, trance, acid et break, No Police a développé son propre style musical en fonction de ses propres goûts, mais aussi grâce aux groupes qu’elle a côtoyés au fil des ans, comme OCTOV, pour lequel elle a travaillé comme directrice marketing pendant plusieurs années.

«  Au début, quand j’ai commencé à sortir, ce n’était pas un collectif, mais plutôt des événements comme : avec Courage, Multicolore, ce genre de chose. J’allais voir des artistes de la maison de disques Anjuna Beats, Above & Beyond, Ben Balmer, Andrew Bayer, un peu plus commerciaux. Je n’avais pas encore vraiment mis les pieds dans la scène marginale à cette époque. Mais dès que j’ai commencé à mixer, j’ai rapidement trouvé mes repères. Le premier collectif que j’ai repéré, c’était OCTOV. Ils sont bien établis sur la scène montréalaise depuis presque 11 ans.

« Donc, à partir de 2021, si je ne me trompe pas, j’ai fait partie de l’équipe OCTOV. J’étais responsable du marketing, en tant que bénévole. Cela m’a permis d’approfondir mes connaissances en matière de production événementielle et de tout ce que cela implique : l’organisation, la promotion, etc. Je pense qu’en tant que DJ, c’est une information inestimable. Si l’on souhaite se professionnaliser dans ce domaine, connaître les coulisses permet d’apprécier encore davantage les moments passés sur scène, car on réalise tout le travail accompli pour en arriver là.»

Son expérience chez OCTOV lui a laissé beaucoup de bons souvenirs et de belles compétences professionnelles. Elle a toutefois décidé de quitter cette entreprise l’année dernière pour se joindre à un autre collectif montréalais émergent, TITS, dont les valeurs militantes correspondaient mieux à ses désirs.

« Je ne fais plus partie de l’équipe OCTOV, mais depuis un peu plus d’un an, j’ai rejoint le collectif TITS. Je souhaitais rejoindre Tits principalement pour sa mission de mettre en lumière des artistes Flinta. C’est une cause qui me tient particulièrement à cœur. Je fais partie de cette communauté. Pour moi, c’était un changement d’air dont j’avais besoin, pour rejoindre un groupe d’amis qui partagent les mêmes valeurs politiques et militantes que moi. (…) Chez Tits, nous sommes assez spontanés dans l’organisation de notre calendrier d’événements. C’est un peu plus en accord avec mes projets de vie. Et j’ai rencontré tellement de nouveaux artistes grâce à ce projet. Et des organisateurs aussi.»

Corine Pinel-Forgues, alias Cori (anciennement connue sous le nom de Corinita), a fondé le collectif TITS pendant la pandémie de COVID-19. Collectif techno engagé dans la promotion de la visibilité des individus s’identifiant comme FLINTA (acronyme allemand utilisé dans les milieux féministes et LGBTQ+ pour inclure les femmes, lesbiennes, intersexes, non-binaires, transgenres et agenres) dans la sphère musicale électronique montréalaise.

TITS se démarque par ses convictions politiques. Mais aussi par ses événements finement organisés, et son empreinte visuelle reconnaissable. Qui sont ces jeunes femmes qui dirigent l’entreprise Run by girls in Montreal , comme l’indique leur description sur Instagram ? Cori, No Police, Meen Moreen, et anciennement XIA. Un groupe de personnes FLINTA fort, à la réputation florissante.

« On commence vraiment à se faire une réputation à Montréal, et l’équipe a évolué à travers les années. En quelques mots, TITS est un groupe d’amies qui partagent des objectifs et des valeurs communs : mettre en évidence les jeunes artistes talentueux de la communauté flinta. Quel que soit le projet que nous entreprenons, nous gardons toujours à l’esprit l’objectif principal. Historiquement, les artistes flinta n’ont pas toujours eu la même place que les artistes masculins.

« Ce n’est pas un phénomène nouveau. La situation s’améliore, mais pas aussi vite qu’on le souhaiterait. On a de bons exemples à suivre, comme tous les événements de Multicolore. Il y a un vrai travail de sélection dans la programmation. Si je prends l’exemple de Piknic Electronik, cela fait quelques années qu’ils ont atteint la parité hommes-femmes, ce qui est incroyable, surtout pour un groupe ou un événement d’une telle envergure. Mais il reste encore beaucoup à faire au sein de la scène musicale.

 » Pour moi, les gens Flinta ont tellement de belles choses à dire. Et avec TITS, nous n’hésitons pas à prendre position sur les reseaux sociaux, à supporter la cause féministe durant la journée des femmes, mais aussi durant les périodes électorales, par exemple. Ce sujet nous enthousiasme tous, et nous sommes ravis de pouvoir faire bouger les choses. On se dit : « Ah ! On partage les mêmes frustrations. » On est tous dans le même bateau.»

Si le public semble réceptif à leur cause -notamment aux vues de leur popularité grandissante- il reste pourtant quelques cas isolés au sein de l’industrie musicale, apparemment attachés à des valeurs du siècle dernier, qui semblent remettre en question les valeurs du collectif.

« Récemment, j’ai reçu un message privé sur les réseaux sociaux. Nous avions un poste à offrir, et nous avons demandé aux personnes intéressées de nous envoyer quelques informations: nom, description, liens vers les réseaux sociaux et portfolio. J’ai alors reçu un message d’une personne que je connaissais, un homme, bien évidemment, qui nous disait que le terme « flinta » était discriminatoire, et exclut les hommes… Il nous a reproché le fait qu’on œuvre pour l’égalité, mais qu’on “discriminait un groupe”. Honnêtement, je n’ai pas vraiment répondu, ça m’a un peu choqué de lire ça. Je me suis dit que nous ne parlions pas la même langue. Pour moi, ce genre de réaction est très masculin. Notre objectif est de mettre en lumière les artistes Flinta et de leur offrir des occasions de se faire remarquer, plutôt que d’accroître la représentation des hommes, qui sont déjà surreprésentés.»

Bien que l’on puisse noter quelques remarques négatives, qui relèvent davantage d’une forme cachée de misogynie que d’une analyse objective, TITS et No Police poursuivent leur développement, tant sur le plan collectif qu’individuel, en nourrissant des ambitions toujours plus grandes et plus lointaines.

« Il n’y a jamais de mauvaises idées, il n’y a jamais de mauvaises opportunités. On prend le temps de s’écouter et de collaborer. Récemment, on a commencé à être employé par d’autres collectifs ou soirées pour organiser leurs programmations. On ne fait plus toute la logistique, tout le montage, le démontage, etc. Notre force, c’est vraiment plus dans la curation et c’est vers ça, vers quoi on s’en va. On a malheureusement déjà perdu de l’argent durant l’organisation d’événements avec TITS, et on ne veut plus vraiment prendre ces risques, on préfère faire de la curation, ou d’autres choses… Ça peut être difficile, des fois, à Montréal, de produire des événements, les prix des salles sont souvent énormes pour des petits collectifs. Mais on a des ambitions, même si elles sont plus lointaines. On a parlé de créer un label, par exemple, et de former une mini-agence de talents.

« Mais tout ça, ça prendra d’autres gens dans l’équipe. (…) Et moi, c’est sûr que j’aimerais me professionnaliser en tant que DJ et productrice. Donc, éventuellement, ne plus avoir de neuf à cinq en dehors de la musique. Je me vois aussi comme potentiellement prendre le lead sur l’agence, aider à faire évoluer les artistes que j’ai appris à connaître à travers les années.»

Bien qu’elle soit occupée par son travail en marketing, sa carrière de DJ et son implication dans TITS, No Police reste avant tout une mélomane passionnée de musique électronique.

« Je sors souvent dans des raves, comme celles organisées par OCTOV, bien sûr, Exposé noir, No Reiner, Virtualis. Je les apprécie beaucoup. Mais aussi dans des soirées un peu plus institutionnalisées, comme à la SAT, au Stereo, au MTelus (pour Mutek, plus précisément) ou anciennement au nouvel établissement, qui a malheureusement fermé ses portes en 2024…»

Grâce à son talent et à sa détermination, No Police s’est fait un nom dans la scène musicale électronique locale, réalisant ainsi l’un de ses rêves. À travers le djing, elle s’est créé des ami.es, a cristallisé ses convictions, s’est embarquée dans des projets collectifs à différentes portées, mais s’est aussi heurtée à des situations insolites, maintenant devenues souvenirs, parfois un peu choquant, mais aussi, pas mal hilarant.

« Cette histoire, elle rejoint pas mal notre discussion sur la place des hommes dans l’industrie… Donc, j’avais un gig à Paris. C’était ma première fois là-bas. C’était dans un after, donc, j’ai joué genre de 8h le matin jusqu’à 9h30…. Et bref, il y avait quelques problèmes techniques, mais, à part ça, tout se passait bien. Sauf qu’à un moment, un des organisateurs, probablement en état d’ébriété, il vient à mes côtés dans le booth, et il met sa clé USB dans mes platines… Moi, naïvement, je me demande s’il vient faire un test, ou je ne sais pas, quelque chose par rapport aux problèmes techniques… Et là, genre, je ne sais pas qu’est-ce qui lui prend, mais le gars, il a commencé à mixer… Il a lancé une track. Il m’a totalement “bypass” (soit prendre le contrôle) . Et étant donné que c’était l’organisateur, je me sentais tellement mal de lui dire, genre, « back off? » Pars ? Qu’est-ce que tu fais ?” Ça ne m’était jamais arrivé. J’ai dû demander à mon vidéaste de lui parler. J’étais juste hors de moi, et en même temps en incompréhension totale… Genre, what the fuck?»

Retrouvez No Police, aux côtés de son collectif TITS, ce vendredi 16 janvier 2026 sur la petite scène de l’Igloofest.

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Présenté ce mardi 20 janvier à la superbe salle Art déco Le 9e, le programme Caprice: BAROQUE se veut « une aventure musicale éblouissante, où l’interaction avec le public crée une expérience vivante et immersive ». Plus précisément, la musique française baroque de la cour de Louis XIV constitue le répertoire au programme, les compositeurs les plus réputés et d’autres moins connus ou carrément anonymes y seront interprétés, Marin Marais, Jean-Philippe Rameau, Jean-Marie Léclair , sans compter la partition d’un compositeur non identifié. En petite formation, flûtes, violoncelle baroque, guitare baroque et percussions, Caprice opte ici pour la configuration d’un petit ensemble de musique de chambre. Qui plus est, le chocolat est aussi au programme de ce 5 à 6 au 9e ! Intrigant ? Matthias Maute nous en explique le lien et l’approche générale de ce concert.

BILLETS ET INFOS

Programme

  • Les Folies d’espagne – Marin Marais
  • Danses d’opéra – Jean-Philippe Rameau
  • Chaconne – Jean-Marie Léclair
  • Vertigo – Royer-Pancrace
  • « Mississippi »: Danses à la cour de Stuttgart – Anonyme (1700)


Artistes

  • Matthias Maute, directeur artistique Ensemble Caprice, gagnant de deux Prix JUNO 
  • Sophie Lariviere, flûtes, gagnante de deux Prix JUNO 
  • Jean-Christophe Lizotte, violoncelle baroque
  • David Jacques, guitare baroque, gagnant de trois Prix OPUS
  • Ziya Tabassian, percussion, directeur artistique Festival Accès Asie 


Pour son 60e anniversaire, l’a-t-on déjà souligné en septembre dernier, la Société de musique contemporaine du Québec évite l’autocongratulation et la rétrospective et privilégie plutôt le dialogue intergénérationnel en faisant dialoguer les époques de la musique contemporaine et leurs protagonistes québécois. Jusqu’en mai prochain, la SMCQ propose ainsi 6 programmes ambitieux et créatifs, les générations de compositeurs.trices y sont entrelardées: Fougue concertante le 30 janvier, Carte blanche à la relève le 20 février, Des classiques aux créations le 21 mars, Jeux de couleurs le 17 avril, Dialogues intergénérationnels – Carte blanche à Cristian Gort le 21 mai. Directeur artistique de la SMCQ, le compositeur Simon Bertrand dresse la table pour la portion hiver-printemps de ce 60e anniversaire. Alain Brunet l’a rencontré.

INFOS & BILLETS ICI

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Pour le 19eIgloofest, Mathieu Constance est de nouveau à la barre de la programmation des 4 week-ends consécutifs à vivre au Quai Jacques-Cartier jusqu’au 7 février. Partenaire médiatique d’Igloofest, PAN M 360 présente chaque semaine de l’événement les recommandations artistiques de son architecte principal, soit un choix prioritaire par programme.

PAN M 360 : D’abord, Mathieu, quelques mots sur l’orientation générale d’Igloofest 2026.

Mathieu Constance : Pour nous d’Igloofest, il est toujours très important d’offrir une diversité de styles électroniques. Notre programmation se veut diversifiée, elle doit plaire à tous les mélomanes. Les astres sont alignés cette année, car les artistes sont issus de plusieurs scènes. Ce fut vraiment plaisant de pouvoir bâtir une telle grille de concert, on y trouve de la bass house, autant qu’il y a de la French Touch, de l’électro mélodique, de la techno et de la hard techno. Je suis vraiment excité de commencer ce jeudi avec Disco Lines!  Ça donne le ton pour une programmation qui m’apparaît très forte. 

PAN M 360 : Comment évolue le public?  On a souvent souligné que l’expérience d’Igloofest l’emportait sur la spécificité de ses artistes invités. Cela dit, on a aussi maintes fois affirmé que la diversité de la proposition était bien réelle et pourrait aussi s’adresser à des clientèles plus mélomanes. Les fans plus pointus s’y rendent-ils pour de vrai?

Mathieu Constance : Je pense que oui, ça a toujours été dans l’ADN du festival. Ça a toujours été très important de mettre de l’avant une scène diversifiée ou émergente. Dans cette optique, on avait bonifié l’expérience l’an dernier avec la configuration 360 de la deuxième scène. On y donne la place à des collectifs de Montréal et même  quelques invités internationaux. Cet espace leur est consacré, et on le voit que que cet espace presque toujours plein de monde, donc il y a définitivement un bassin de fans qui viennent pour la découverte en plus de se promener sur le site et apprécier les têtes d’affiche, peut-être verront-ils DJ Snake à l’œuvre pour une première fois.

PAN M 360 : Chaque semaine d’Igloofest, PAN M 360 mettra en ligne tes suggestions, question de préciser ta direction artistique et mettre en relief ce que tu valorises le plus. Un choix par soir, donc et on commence le jeudi 15 janvier. Notre plateforme PAN M 360 étant ce qu’elle est, on ne veut pas absolument de têtes d’affiche. On veut ton must, soir après soir!

Le jeudi 15, donc on accueille sur la 2e scène Cult Member et LIV K et, sur la scène principale, Disco Lines et Gudfella.

Mathieu Constance : Pour l’ouverture, ce n’est pas très difficile è choisir, c’est Disco Lines. C’est l’explosion d’un météore avec le tube No Broke Boys qui met en relief la chanteuse Tinashe, immense succès sur TikTok l’été dernier. Disco Lines est l’un des noms les plus attendus sur cette programmation. C’est un beau et très gros show, avec  quelques belles surprises côté  production.  C’est incontournable jeudi, mais je ferais quand même une mention spéciale à Cult Member, un artiste de Montréal (techno, acid, ambient )dont la réputation monte en flèche à Montréal. De la trance au lo-fi, on en aura vraiment pour tous les goûts ce soir-là.

PAN M 360 :  Le vendredi 16 janvier, les têtes d’affiche sont Sofi Tukker, Aluna et Sertin mais…

Mathieu Constance :  De Montréal, le collectif féminin T.I.T.S. prend d’assaut le B stage, avec Cori, No Police, précédées d’un B2B de CHAR.L.N et Inside Blur. Moi, pour moi, c’est un programme très excitant pour la découverte!  Il y aura de la techno, de la trancs. Les  événements de T.I.T.S. sont toujours perçus comme de gros partys, très forts en énergie.

PAN M 360 : Le samedi 17 janvier, gros programme : du collectif Music Me Luv, on a Dick Lee, Nad et Pleurire sur la scène Vidéotron (la 2e) et la scène Sapporo (la 1ere) accueille le tandem français The Blaze, la Péruvienne (basée à Berlin) Sofia Kourtesis et le Montréalais Kris Guilty.  Alors?

Mathieu Constance : Je serais déçu à ne pas mentionner le line-up complet prévu sur la scène principale. C’est super cohérent, je crois. The Blaze en formule DJ, c’est peut-être un classique pour nous, mais ça marche tout le temps et c’est tout le temps très fort en émotions. Sofia Kourtesis , pour nous, est une artiste très spéciale qui fusionne beaucoup d’éléments latins, autant côté production originale que DJ, c’est tout le temps quelqu’un de vraiment excitant à voir. Et avoir Kris Guilty au début de la soirée, c’est très important. C’est une des meilleures progressions au programme d’Igloofest et je conseille au public d’être là du début à la fin. 

PAN M 360 : Quels sont les liens stylistiques entre ces trois artistes? 

Mathieu Constance :  Kris, je pense, est quelqu’un vraiment très capable de s’adapter et sans restrictions. Ça va commencer peut-être doucement, puis un peu plus jazzy house, pour ensuite aller vers quelque chose d’un tout petit peu plus énergique avec Sofia, infusé avec des vocals latins, puis des rythmes un peu plus tribaux, sans être trop rapides. Puis ensuite on conclut avec une proposition plus mélodique et un peu plus upbeat peut-être avec The Blaze pour finir tout ça.

PAN M 360 : Excellent. Bon premier week-end!

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Emanuel Ax, huit fois lauréat d’un Grammy Award, est de retour à Montréal avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Cette fois-ci, il interprétera le Concerto pour piano n° 3 de Beethoven, considéré comme le plus exigeant concerto de Beethoven pour piano et orchestre, techniquement parlant. Cette oeuvre est également perçue comme une transition entre l’esthétique classique et le romantisme. Joint par Alain Brunet chez lui quelques jours avant son arrivée à Montréal, Emanuel Ax se révèle être un authentique amoureux de Montréal, très respectueux de la culture québécoise, mais aussi un fan de football et de tennis ! Depuis ses débuts dans les années 70, Emanuel Ax joue à Montréal, où il a travaillé avec plusieurs maestros. Il fait maintenant équipe avec Rafael Payare et l’OSM. Et bien sûr, ses commentaires sur le Concerto n° 3 et sa façon d’aborder Beethoven sont très enrichissants. Lisez ce qui suit pour vous en rendre compte vous-même!

BILLETS & INFOS POUR LES CONCERTS DES 15 ET 17 JANVIER, MAISON SYMPHONIQUE

PAN M 360 : Je suis très heureux de m’entretenir avec vous au sujet du Concerto n° 3 de Beethoven!

Emanuel Ax: Plaisir partagé !

PAN M 360: Quelle est votre approche de ce concerto en particulier, quelle est votre relation historique avec lui et où en êtes-vous aujourd’hui ?

Emanuel Ax : C’est un magnifique concerto. Eh bien, cela fait maintenant environ 40 ans que je le joue. 

Mon point de vue à ce sujet a changé, mais seulement légèrement. C’est une œuvre très dramatique, et cela s’entend immédiatement. Donc, rien ne changera à cet égard.

PAN M 360 : Mais certains détails ont changé au fil des ans. Pouvez-vous nous donner quelques indices ? Votre interprétation a en quelque sorte évolué au cours des décennies.

Emanuel Ax : Je ne sais pas si c’est une question de temps. L’interprétation évolue notamment en fonction des chefs d’orchestre et des orchestres avec lesquels vous jouez. J’ai enregistré cette pièce, je crois, dans les années 90 avec André Prévin et le Royal Philharmonic. Puis je l’ai réenregistrée environ 25 ou 30 ans plus tard avec Michael Tilson Thomas et le San Francisco Symphony. Et je l’ai interprétée avec presque tous les orchestres avec lesquels j’ai joué dans ma vie. Je viens de le faire avec l’Orchestre de Philadelphie et Yannick Nézet-Séguin il y a environ deux mois et demi. Et je l’ai déjà fait auparavant avec Yannick, un chef d’orchestre très dramatique, énergique et inspirant. 

PAN M 360 : La relation entre vous et le chef d’orchestre est donc cruciale pour la prestation elle-même. 

Emanuel Ax : Absolument. C’est différent, surtout dans des œuvres comme les concertos pour piano de Beethoven ou de Mozart. Vous faites vraiment partie intégrante de la performance globale et vous n’êtes pas séparé de l’orchestre et du chef d’orchestre. Par conséquent, votre approche de l’œuvre change chaque semaine.

PAN M 360: Cette relation entre vous, le chef d’orchestre et l’orchestre est-elle plus importante que votre propre façon d’évoluer à travers cette œuvre ?

Emanuel Ax: Je dirais les deux, car dans un monde idéal, ce que vous apportez à l’œuvre sera également absorbé par le chef d’orchestre et l’orchestre. Ainsi, lors des répétitions, nous nous écoutons les uns les autres et nous parvenons, je l’espère, à une interprétation unifiée, ce qui nécessite une bonne collaboration et une écoute attentive de part et d’autre.

PAN M 360 : Cette fois-ci, à Montréal, vous serez accompagné de Rafael Payare et de l’Orchestre symphonique de Montréal.  PAN M 360 : So, this time in MTL you will be coupled with Rafael Payare and the Montreal Symphony Orchestra.  

Emanuel Ax :  Oui.  J’ai joué avec Rafael il y a seulement un mois, j’ai interprété Mozart avec lui au Japon, avec l’Orchestre symphonique NHK à Tokyo. J’ai également joué avec lui lors de ses débuts avec l’Orchestre philharmonique de New York il y a quelques années. Nous nous connaissons donc assez bien maintenant.

PAN M 360 : Pouvez-vous nous donner quelques indications sur la manière dont vous abordez ce troisième concerto de Beethoven avec lui ? Et maintenant, y aura-t-il une nouvelle relation entre lui et l’Orchestre symphonique de Montréal ?

Emanuel Ax :  Je n’ai pas encore joué le troisième concerto de Beethoven avec lui. Mais je suis sûr qu’il rendra le premier mouvement très, très dramatique. Et il sera très amusant dans le dernier mouvement. 

PAN M 360 : La musique est toujours un formidable point de rencontre  pour les artistes issus de cultures différentes. Vous êtes Américain depuis longtemps et vous avez des origines galiciennes/ukrainiennes/polonaises/juives, tandis que Rafael a des origines afro-descendantes et métisses  vénézuéliennes… et vous partagez Beethoven ! De nos jours, nous avons tellement besoin de ces expériences paisibles et enrichissantes que nous procure la musique. 

Emanuel Ax :  Oui, pour moi, la musique est avant tout une sorte de religion, car je ne suis pas croyant. Mais surtout dans le monde fou dans lequel nous vivons aujourd’hui, j’ai beaucoup de chance de pouvoir me concentrer sur quelque chose que j’aime et que je considère comme une bonne chose. Vous savez, j’ai beaucoup de mal à regarder les informations ces derniers temps. Je regarde les sports à la télévision. 

PAN M 360 : Vraiment ?! Alors, quel sport regardez-vous?

Emanuel Ax : Eh bien, ma femme et moi sommes de grands fans de tennis. Nous suivons donc ce sport, mais aussi le football américain. Je connais la NFL, mais aussi la LCF, car je suis arrivé à Winnipeg à l’âge de 10 ans. Je connaissais donc les Blue Bombers et je suivais également les Alouettes de Montréal. Nous en savons donc un peu sur ce sport, comme le fait que le terrain de la LCF est plus grand. Mais votre terrain est plus long que le nôtre.

PAN M 360 : Trop cool !  Bon, tu sais, je pense que le niveau est encore nettement inférieur à celui de la NFL.

Emanuel Ax : Mais de grands joueurs ont joué dans la CFL !

PAN M 360 : Bien sûr ! Warren Moon a joué pour les Eskimos d’Edmonton avant de jouer à Houston, Joe Theisman a joué avec les Argonauts de Toronto avant les Redskins de Washington, Doug Flutie a connu une brillante carrière à Vancouver, Calgary et Toronto avant de connaître le succès à Buffalo, San Diego et en Nouvelle-Angleterre. Quoi qu’il en soit, nous sommes tous les deux fans de football américain !

Emanuel Ax : Oui !

PAN M 360 : Pour en revenir à Beethoven, ce concerto n° 3 est très différent des deux premiers. Les deux premiers étaient très proches,  certains diront  plus proches de l’esthétique mozartienne.

Emanuel Ax : Je pense que chacune des cinq sonates est une œuvre très différente et unique. Vous savez, ce qui est remarquable chez Beethoven, c’est que presque toute sa musique, tout est très individuel. Et il est difficile de dire, vous savez, que les sonates sont comme ceci ou que les concertos sont comme cela. Il y a toujours des expérimentations. Il y a toujours quelque chose de spécial dans chaque pièce. Et le troisième concerto, bien sûr, est tout d’abord le plus virtuose jusqu’à cette époque.

Probablement le plus dramatique, comparé, d’une certaine manière, au n° 1 et au n° 2, il est plus, pourrait-on dire, plus romantique dans son sentiment. Pas dans le sens de la période romantique, mais plutôt dans le sens où l’individu explose parfois un peu plus que l’orchestre. Et, bien sûr, le deuxième mouvement est incroyablement introverti, là encore, très romantique dans son sentiment, je trouve. C’est quand même différent de la période romantique. Enfin, le dernier mouvement est tout simplement une incroyable étude de brillance, avec un niveau de difficulté que personne n’avait jamais imaginé auparavant. Il a d’abord été célèbre en tant que grand pianiste, et non en tant que grand compositeur. Cela est venu plus tard. 

PAN M 360 : Oui, c’était un excellent pianiste et un excellent improvisateur.

Emanuel Ax : Exactement. Toutes les cadences des concertos sont bien sûr incroyablement inspirées et brillantes. Et probablement une sorte d’improvisation qu’il a ensuite un peu retravaillée, vous voyez. C’est tout simplement époustouflant, en fait.

PAN M 360 : Oui, c’est vrai. C’était un véritable révolutionnaire à cette époque. 

Emanuel Ax : Oui. Il a tout changé ce qui était derrière lui. C’est donc toujours un plaisir de répéter et de jouer n’importe laquelle de ces pièces. Je pense, bien sûr, que je ne m’en lasserai jamais. Mais je pense aussi que le public ne s’en lasse jamais. Non. Le public aime Beethoven autant qu’il est présent.

PAN M 360 : Comment décririez-vous votre relation avec Beethoven parmi toutes les œuvres que vous avez interprétées ? 

Emanuel Ax : Je ne pense pas qu’il y ait de hiérarchie. Mais je pense qu’aucun musicien ne peut faire de la musique sans être d’une manière ou d’une autre lié à Beethoven. Certains le détestaient. D’autres l’adoraient. Mais après Beethoven, tout le monde l’a pris en considération. Vous savez, il n’y a pas… Ravel détestait Beethoven, mais il le connaissait. Donc, vous voyez, il suscite toujours une réaction. Mais la plupart des gens l’aiment. 

PAN M 360 : D’un autre côté, certains le préfèrent clairement à Mozart au chapitre des comparaisons faciles…

Emanuel Ax :  Oui, mais Mozart est, d’une certaine manière, moins controversé. Je pense toutefois que Mozart était l’un des plus grands génies de tous les temps, car tout lui venait si librement et si facilement.  Il travaillait dur, mais ses capacités étaient tout simplement illimitées. Et je pense que nous pouvons peut-être mieux comprendre Beethoven, même s’il était un tel génie, car il a vraiment changé les choses et travaillé sur elles. Et, vous savez, on peut voir dans les croquis et les autographes qu’il a changé ceci ou cela. Et c’était mieux après. Avec Mozart, tout était dans son cerveau, car lorsqu’il le couchait sur papier, il ne changeait rien. 

PAN M 360 : Oui, cela me rappelle la différence entre Bob Dylan et Leonard Cohen. Lorsque j’ai interviewé Cohen il y a longtemps, il m’a raconté qu’il avait rencontré Dylan et lui avait dit qu’il travaillait sur une nouvelle chanson depuis des semaines, et Dylan lui avait répondu qu’il y avait passé quelques heures. Quoi qu’il en soit, seul le résultat compte… Et pour tous les pianistes, d’une certaine manière, Beethoven occupe une place centrale dans leur vie.

Emanuel Ax :  Bien sûr.  

PAN M 360 :  C’est donc un nouveau départ à Montréal, où vous vous êtes produit à plusieurs reprises. Je crois comprendre que vous entretenez des relations très chaleureuses avec le Québec et Montréal. 

Emanuel Ax : Eh bien, je pense que c’est l’une des plus belles villes du monde ! J’adore la langue, mais  je dois avouer que mon français est plutôt orienté vers le français parlé en France. L’accent québécois me pose beaucoup de difficultés. C’est un son différent et parfois, j’ai du mal à comprendre. C’est une sorte de… Ce n’est pas la faute des Québécois. C’est ma faute. Quoi qu’il en soit, j’adore la cuisine montréalaise. J’aime tout ce qui la concerne. Et bien sûr, j’adore les orchestres. Je viens voir les orchestres depuis près de 40 ans maintenant. Avec tous les maestros. Avec les maestros Charles Dutoit, Yannick Nézet-Séguin, Kent Nagano ou Rafael Payare. Je me souviens encore de ma première fois avec le MSO avec le regretté chef d’orchestre (invité) Emil Tchakarov !

PAN M 360 : Il y a longtemps !

Emanuel Ax : Je suis probablement à la troisième génération de l’orchestre depuis mes débuts à Montréal. Oui, eh bien, vous savez, le piano et la longévité vont de pair. Je l’espère. Eh bien, vous savez… J’ai 76 ans maintenant. Et c’est assez vieux.

PAN M 360 : Mais nous savons aussi que les pianistes peuvent durer longtemps !  Vous en êtes l’un des brillants exemples !  

Emanuel Ax : Merci . Et j’espère que les gens me pardonneront toutes les fausses notes que je joue maintenant que je suis vieux (haha). J’espère donc que ce sera amusant et agréable pour les gens.

Artistes

Rafael Payare, chef d’orchestre

Emanuel Ax, piano

Programme

Isabella GellisInvitations – Premiere – commande de l’OSM 🍁

Ludwig Van Beethoven, Concerto pour piano n° 3, op. 37 (34 min)

Intermission (20 min)

Sergueï Prokofiev, Symphonie n° 5, op. 100 (46 min)


Flûte passion est la bannière par excellence de la flûtiste Nadia Labrie, qui labelise ainsi ses enregistrements depuis nombre d’années, tant chez Analekta que chez ATMA Classique, étiquette qui l’a encouragée à réunir cet automne des oeuvres du pianiste et compositeur français Claude Bolling (1930-2020) dans un coffret de 3 CD, intitulé Flûte Passion : Hommage à Claude Bolling, Accompagnée de Jonathan Turgeon, Dominic Girard, Bernard Riche et Hugo Larenas, la musicienne reprend ainsi des œuvres emblématiques du jazzman français Claude Bolling, résultant d’une commande de Jean-Pierre Rampal, alors un des plus éminents flûtistes classiques sur cette petite planète. Voilà une autre occasion de contempler la fusion entre la musique classique occidentale et le jazz moderne… et d’en causer avec Nadia Labrie. Alain Brunet l’a rencontrée.

Il n’est pas Ivoirien mais il a tout de même voulu rendre hommage à cette icône du football africain Didier Drogba dans son deuxième single en tant qu’artiste solo. En effet, Mahakwe est Franco-Nigérian, basé à Lyon et a choisi la période de la Coupe d’Afrique des Nations pour sortir le morceau « Drogba ». Coup de marketing ou simple coïncidence ? Un peu des deux. Ce qui est sûr, c’est que ce morceau risque de devenir un hymne au football africain et son rythme dansant ne laissera personne de marbre. Après une carrière dans le football et une blessure qui l’a obligé à quitter ce milieu, il s’est tourné vers la musique et n’en est jamais sorti. Notre journaliste Sandra Gasana s’est entretenue avec Mahakwe en direct de Lyon, en plein milieu du match Nigéria – Algérie.






Walla P vit et respire le groove. Son amour pour le funk, la soul et le disco est pur, éternel et particulièrement contagieux lorsqu’il en parle. Par un froid après-midi de janvier, sa voix résonne d’enthousiasme, ses gestes remplissant le petit cadre de l’écran. Alors qu’il dévoile les secrets d’une vie de mélomane professionnel, on comprend pourquoi son projet, Voyage Funktastique, a suscité tant d’éloges. Soigneusement organisés, cette série d’événements, ce label et cette émission de radio ne cessent de dégager une énergie bouillonnante, une échappatoire bienvenue aux hivers montréalais où Voyage Funktastique a vu le jour. À l’approche de son concert au Dômesicle dans la nuit du 17 au 18 janvier, Walla P revient sur l’influence des lieux, sa philosophie hip-hop et partage certains des secrets qui ont fait de lui une figure incontournable de la scène nocturne.

BILLETS & INFOS ICI

PAN M 360 : Tu es le fondateur de Voyage Funktastique, une soirée mensuelle bien ancrée à Montréal depuis plus de dix ans. Peux-tu nous parler du projet et de ce qui t’amène aujourd’hui à participer à Dômesicle ?

Walla P : Voyage Funktastique existe depuis le 8 novembre 2013. À la base, c’était une soirée mensuelle à Montréal, et ça l’est encore aujourd’hui. L’idée a toujours été de faire jouer une musique qui groove, qui funk, qui fait danser, mais qui reste aussi très recherchée. Des morceaux qu’on ne trouve pas forcément facilement, mais qui restent très physiques, très corporels.

Avec le temps, le projet a pris différentes formes : la soirée, l’émission de radio et le label, toujours sous le même nom. Le label existe depuis 2015. Tout ça fait partie d’un même univers.

Pour moi, c’est un contexte intéressant, parce que le dôme de la SAT est un espace particulier, immersif, qui demande une attention différente, autant sur le plan sonore que sur le plan visuel.

PAN M 360 : Prépares-tu tes sets à l’avance ou est-ce que tu travailles plutôt dans l’improvisation ?

Walla P : Pour être franc, je ne prépare jamais rien. C’est toujours au feeling. Je n’aime pas me mettre dans une boîte, comme dans le sport, avec une stratégie fixe. Parce que si ça ne marche pas, tu te retrouves sans solution.

Que ce soit un set digital ou vinyle, je fonctionne toujours de la même manière. Bien sûr, j’ai une base mentale de ce que j’aimerais jouer, mais je ne fais jamais de liste figée du genre « chanson 1, 2, 3, 4 ». Je découvre souvent les transitions sur le moment, parfois même juste avant de les jouer devant le public.

Pour Dômesicle, ce sera probablement en digital sur CDJ, même si je préfère jouer avec des disques. Je joue aussi avec Alina de Ferias, donc je vais me nourrir de ce qu’elle propose. C’est un échange. J’aime découvrir ce qui sonne bien à mon oreille et le tester presque immédiatement dans la salle. C’est ce qui garde les choses vivantes, autant pour moi que pour le public.

PAN M 360 : Tu parles souvent d’enchaînements et de contexte. Comment cela  influence-t-il ta manière de jouer ?

Walla P : Il y a certains enchaînements que je sais qui fonctionnent presque toujours, mais je n’aime pas trop les répéter. J’essaie d’éviter de faire la même chose soir après soir.

Il y a aussi des chansons que les gens aiment et que tu sais qu’ils attendent, mais souvent, je ne les joue pas au moment où ils s’y attendent. J’aime décaler un peu ça, garder une surprise.

Tout est très situationnel. Comme le vin. Tu peux boire la même bouteille chez toi et la trouver incroyable, puis la boire ailleurs avec d’autres personnes et vivre quelque chose de complètement différent. Pour moi, la musique, c’est exactement pareil.

PAN M 360 : Tu es reconnu pour ton travail de recherche musicale. Comment abordes-tu le crate digging et le choix des disques ?

Walla P : J’achetais des disques avant même de DJ, à l’époque où je faisais surtout du hip-hop et du sampling, autour de 2004–2005. Au début, c’était beaucoup les pochettes qui m’attiraient. Avec le temps, tu développes d’autres réflexes : les labels, les musiciens, les studios, les crédits dans les notes de pochette d’album. Tu vois, par exemple, un bassiste comme Ron Carter qui a joué sur un disque en 1972, puis tu le retrouves sur un autre projet en 1979 ou 1982 sur un autre label. Tu te dis que si ses lignes de basse étaient bonnes à une époque, elles le seront probablement ailleurs aussi.

Je m’intéresse beaucoup aux labels, aux années, surtout entre 1979 et 1987, et aux connexions entre les disques. J’ai toujours dit que j’achète des disques pour les jouer avec d’autres disques. C’est rare que j’achète un disque complètement isolé, un ovni, parce que sinon il faut en acheter plusieurs autres pour pouvoir le contextualiser.

Avec les 45 tours, c’est encore plus instinctif, parce qu’il y a peu d’informations. Tu développes un flair : une couleur de label, une typographie, un détail visuel. Souvent, tu ne peux même pas écouter le disque sur place. Tu prends un risque et la surprise arrive à la maison.

PAN M 360 : Tu parles souvent de maturité et de temps dans le rapport à la musique. Peux-tu expliquer ça ?

Walla P : J’essaie souvent d’expliquer aux plus jeunes que ça se peut que tu écoutes un disque aujourd’hui et que tu le trouves correct, sans plus. Mais peut-être que dans cinq ans, tu vas l’adorer.

Ça vient avec l’expérience. J’ai acheté des disques de hip-hop que je ne comprenais pas à l’époque, et cinq ou dix ans plus tard, je les redécouvre et je me demande pourquoi je ne les ai pas écoutés plus tôt.

Quand j’étais adolescent, j’écoutais presque exclusivement du hip-hop. Tout ce qui était jazz ou soul ne m’intéressait pas. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse. Ça m’a appris une forme d’humilité : ce n’est pas parce que tu n’aimes pas quelque chose maintenant que tu ne l’aimeras jamais.

PAN M 360 : Est-ce que ton rapport à un disque change quand tu le joues devant un public ?

Walla P : Complètement. Il y a des disques que j’écoute depuis dix ans et dont je découvre encore des détails en les jouant en public, selon le système de son, la salle ou l’environnement.

Il y a aussi des aspects très techniques : certains disques sont bien pressés, d’autres très mal. Les 45 tours en styrène, surtout ceux produits aux États-Unis entre 1979 et 1983, s’usent extrêmement vite. Après quelques lectures, certaines fréquences disparaissent. Tu dois adapter ta façon de les jouer.

Mais au-delà de ça, il y a surtout le contexte. Certains disques fonctionnent très bien dans un lieu précis et pas du tout dans un autre. Plus les plafonds sont hauts, plus il y a des disques que je trouve difficiles à jouer. Certains morceaux demandent de l’intimité, un petit public, une écoute attentive.

Un morceau peut fonctionner devant 2000 personnes à l’Igloofest, mais perdre complètement son impact devant 50 personnes dans un lieu plus intime. J’ai testé ces choses-là. Ce n’est pas théorique.

PAN M 360 : Le dôme est un espace immersif très particulier. Comment l’abordes-tu ?

Walla P : J’ai eu la chance d’y jouer plusieurs fois, autant quand c’était plein à craquer que durant la COVID, avec une capacité très réduite. Chaque fois, j’abordais le set de manière complètement différente.

Ce que j’aime du dôme, c’est l’immersion visuelle. Pour moi, la musique doit être en phase avec ce qui se passe au plafond, avec les projections. Tout doit aller de pair. C’est un défi, mais un défi stimulant.

Je vais rester fidèle à ce que je fais. Je ne vais pas essayer de jouer quelque chose qui n’est pas moi, même si je joue aussi de la house. Si moi, je m’amuse, le public va s’amuser. Si je ne m’amuse pas, je ne peux pas être ce vecteur qui transmet la musique.

C’est peut-être un peu égoïste, mais ça a toujours fonctionné comme ça pour moi.

PAN M 360 : Tu as une vision très forte du rôle du DJ et de l’éthique. Comment la définirais-tu ?

Walla P : Pour moi, je ne suis pas l’auteur. Je suis le messager. La musique est populaire, pas moi. Ce n’est pas moi qui ai créé l’art.

Un DJ qui devient populaire grâce à l’art de quelqu’un d’autre sans reconnaître cette personne-là, je trouve que c’est un rapport étrange. C’est comme prendre un livre écrit par quelqu’un d’autre et dire que c’est ton histoire.

Je viens d’une éthique hip-hop des années 90, où le respect des anciens est fondamental. Tu ne te mets pas avant l’art. Tu reconnais ceux et celles qui ont créé avant toi.

Il y a quelques DJs avec qui je partage cette vision, comme Aerosol, Chris Guilty ou Lexis. On est sur la même longueur d’onde. L’art ne m’appartient pas parce que je l’ai acheté. Je n’ai pas créé cette musique. Je la transmets, c’est tout.

PAN M 360 : Pour conclure, y a-t-il des projets à venir qui t’enthousiasment particulièrement ?

Walla P : J’essaie de moins me projeter qu’avant. J’ai longtemps fonctionné avec des plans à court, moyen et long terme, mais aujourd’hui, je suis plus dans le moment. Il y a quand même des sorties à venir sur le label, dont un album avec Bes Kept et Teddy Bryant. La soirée Voyage Funktastique continue au Belmont. La radio est sur pause pour l’instant, peut-être en attente d’une nouvelle plateforme.

Il y a aussi des voyages, des tournées en Europe, possiblement le Japon et le Brésil, toujours avec Dr. Mad, qui est cofondateur de Voyage Funktastique avec moi depuis 2013. Et puis, il y a la vie autour : un restaurant à gérer, d’autres responsabilités. Tout va bien, tranquillement.

En février 2024, l’Orchestre symphonique de Drummondville sous la direction de Julien Proulx avait lancé le premier chantier symphonique destiné au répertoire de Benoit Pinette, alias Tire le coyote. Deux années se sont écoulées depuis l’expérience reprise par l’OSD et TLC, cette fois dans le contexte de la Maison symphonique, ce vendredi 9 janvier à 20h. À noter que l’excellente soprano innue Elizabeth St-Gelais est invitée à interpréter quelques titres avec Tire le coyote. Julien Proulx sera en outre au pupitre de l’Orchestre symphonique de Québec pour le même programme présenté le 4 mars au Grand Théâtre de Québec. À la veille des répétitions, Benoit Pinette a accepté courtoisement l’entretien que voici, piloté par Alain Brunet.

BILLETS ET INFOS ICI

Artistes:

  • Tire le coyote
  • Élisabeth St-Gelais, soprano
  • Orchestre symphonique de Drummondville
  • Chef d’orchestre: Julien Proulx
  • Arrangements Gabriel Desjardins

Pour débuter l’année 2026, quoi de mieux qu’un concert de jazz où l’improvisation tient une place centrale. C’est justement ce que nous propose Damián Birbrier, ce saxophoniste moitié argentin, moitié brésilien dans son projet « Aguas: Time and Memories ». Pour l’occasion, il sera accompagné par Vovô Saramanda aux percussions, Manoel Vieira au piano et à l’accordéon et Antoine Rocherfort à la contrebasse. Damián a un rapport particulier avec l’eau puisqu’à travers les nombreux déplacements des membres de sa famille au fil des générations, l’eau a été le dénominateur commun. À cela, il rajoute le concept du temps et de la mémoire pour retracer ses identités multiples à travers la musique improvisée. D’ailleurs, un album de son dernier concert live en formule trio avec Vovô et Antoine est en préparation et paraitra bientôt. Notre journaliste Sandra Gasana s’est entretenue avec lui à quelques jours du concert qui se tiendra le jeudi 8 janvier à Casa del Popolo à partir de 20h.






Le 10 janvier, SAT donnera le coup d’envoi de la série hivernale Dômesicle avec un programme de « techno hypnotique » mettant en vedette Fahad Ahmad, alias Measure Divide, fondateur du collectif de musique électronique FORMAT de Toronto, aux côtés des DJ montréalais Mike Larry et Xia.

Pilier de la scène underground torontoise depuis plus d’une décennie et fondateur du collectif FORMAT, Measure Divide proposera une techno complexe et percutante aux arrangements non conventionnels. Les DJ montréalais Mike Larry et Xia captiveront la piste de danse : Mike avec son set marathon mêlant rythmes frénétiques et trance, Xia avec son approche éclectique, éthérée et psychédélique.

Une nuit de techno pure qui promet de vous transporter dans une autre dimension.

Alain Brunet, rédacteur en chef de PAN M 360, a pu interviewer Measure Divide avant son arrivée à Montréal. Voici la conversation !

*Passez nos portes avant 23 h et bénéficiez de tarifs préférentiels (quantité limitée).
Le scan des billets à l’entrée du SAT doit être effectué avant l’heure limite indiquée sur votre billet
Veuillez anticiper l’attente éventuelle à l’entrée et les temps de scan associés
Notre personnel ne sera pas tenu responsable des retards éventuels
Les retardataires devront payer la différence avec le tarif Last Chance

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