Invité à se produire dans le programme A/Visions2 présenté ce samedi au Théâtre Maisonneuve, le Montréalais Alexis Langevin-Tétrault est un artiste interdisciplinaire  très respecté dans son réseau international : compositeur et commissaire d’œuvres.  Son travail repose sur concept de « corporalité » c’est-à-dire une recherche esthétique s’inspirant du corps en tant que tel  et ses mouvements dans  l’espace. On lui doit notamment les œuvres Aubes, Interférences, Hypercube et Pharmacologie

Il s’applique ainsi  à imaginer le design de dispositifs audiovisuels très sophistiqués, ce qui lui permet d’exploiter la performance physique devant public  à travers une scénographie et une théâtralité singulières. Son travail a été applaudi  dans plus de 110 événements internationaux , revoici notre tour, mutékiennes et mutékiens, de nous nourrir de son œuvre inédite: Replikas

PAN M 360 : Est-ce le résultat d’une commande de MUTEK  ou bien tu fais ton propre nouveau set? Comment ça marche? ?

Alexis Langevin-Tétrault : Non, ce n’est pas une commande. C’est vraiment moi qui avais envie de faire ce projet-là. Je le faisais un peu en parallèle sans forcément savoir que j’allais le diffuser. Puis, il y a eu cette opportunité :  j’ai contacté MUTEK et ils m’ont ouvert la porte.  

PAN M 360 : Raconte-nous la genèse de ce projet, de quelle manière l’inspiration première est venue, puis après ça, le premier échafaudage, puis après ça, le développement plus charnu.

Alexis Langevin-Tétrault : C‘est un projet qui s’inscrit en continuité de ce que j’ai déjà fait précédemment, c’est-à-dire que je construis des dispositifs qui me permettent d’interagir physiquement pour générer du son, de la musique ou de la vidéo en temps réel et être capable d’interpréter avec une nuance, un peu comme on le ferait avec un instrument musical. Donc, j’étais dans cette réflexion-là, puis il y a eu la pandémie.

PAN M 360 : Et l’inspiration du projet?

Alexis Langevin-Tétrault : J’ai vécu des épreuve personnelles, différents deuils. Ces deuils peuvent être des choses dramatiques, mais des fois aussi, c’est juste des fins de cycle qui me  forcent à me réorienter et me laissent finalement m’ouvrir à autre chose. Mais oui, des deuils de tous niveaux. Au niveau des relations, des gens qui ont été malades ou qui sont morts.Des deuils à plusieurs niveaux.

PAN M 360 : Comment es-tu organisé pour créer?

Alexis Langevin-Tétrault : J’habite mon studio dans le Mile-Ex, donc je vis un peu à travers les décombres de mes anciens projets, mes anciennes performances. Pendant la pandémie, ça commençait à ressembler à un cimetière d’objets! Ce sont des dispositifs, des trucs physiques, ça prend de la place.  Ce sont des objets un peu industriels, un peu trash, mais je suis  libre d’en faire ce que je veux. 

PAN M 360 :  Alors on devine que tu as joué là-dedans. Comment?

Alexis Langevin-Tétreault : J’arrive à la mi-carrière, je vis comme tous les artiste la difficulté d’obtenir du financement, mais j’ai quand même la volonté de mener des nouveaux projets. Alors si je déconstruisais mes anciens dispositifs pour en récupérer non pas du contenu, mais des pièces techniques (morceaux de métal, vis, capteurs, etc), je pourrais mettre en  commun mes avancées précédentes.

PAN M 360 : C’est-à-dire?

Alexis Langevin-Tétrault : Je me suis créé un vocabulaire  technique au fil des dernières  années, je me suis dit que si je mettais  en commun les éléments de ce vocabulaire et reconstruire quelque chose de neuf à partir des vestiges de mes anciens projets. Ça, c’est un peu ça, l’intention de départ. Ça venait aussi avec une idée de rituel païen et technologique,    sorte de rituel funéraire.

PAN M 360 : Et de quelle façon le résultat se démarque-t-il des projets précédents ?

Alexis Langevin-Tétrault :  Avant, e show commençait et j’avais déjà un dispositif au miliieu de la scène,  un peu comme un instrument  avec lequel je jouais. Cette fois,  il n’y a pas de dispositif central; en fait, je le construis progressivement. C’est un peu ça la nature de ce show. Ce que ça me permet, en fait, c’est que ça change complètement la scénographie. Et aussi ça change mes déplacements sur scène.

PAN M 360 : Mais encore?

Alexis Langevin-Tétrault : Je peux utiliser tout l’espace sur scène. Je suis moins centré autour d’un objet, ce qui me permet de développer un nouveau vocabulaire,  une autre façon d’aborder la temporalité. C’est le nouveau terrain du show, qui est quand même, comme je l’ai mentionné, en continuité ave ce que j’ai déjà fait. C’est une nouvelle configuration, disons. 

PAN M 360 : Une configuration synthèse, dans tous les sens du terme, c’est-à-dire que c’est la synthèse de tes démarches antérieures, et aussi la synthèse de tes anciens dispositifs et objets.

Alexis Langevin-Tétreult : C’est exactement ça. J’ai 41 ans, je suis rendu là, à faire l’état des lieux. Ça correspondait vraiment où j’étais. Et je ne savais pas forcément qu’il allait y avoir une diffusion. 

PAN M 360 : Et cemment cela s’est-il concrétisé? 

Alexis Langevin-Tétrault : J’ai commencé à travailler chez moi, et j’ai eu l’intuition de pousser plus loin l’affaire. Puis, il y a eu le centre Perte de Signal, à Montréal, duquel je suis membre, qui a donné l’occasion d’y faire des mini-résidences pour y faire notamment un film d’art sur un projet de notre choix. J’ai profité de cette occasion pour y concevoir un prototype de répliqueur de ce projet-. J’ai travaillé avec Andréanne Roussel, qui a fait un vidéo d’art sur le processus, ce qui m’a permis d’en jeter les bases techniques et esthétiques. Ce n’était pas très long au début, j’avais fait 4 minutes en  décembre dernier.

Mais ça m’a permis de confirmer que j’avais un filon, un projet à travailler.À partir de là, j’ai travaillé en parallèle dans ma tête et dans mon studio. C’est surtout au cours des trois dern  Ça s’est conclu il y a à peu près une semaine, j’ai terminé à la Serre Art Vivant, sur le boulevard Gouin, qui dispose d’un très grand studio. Cet espace est plus utilisé côté du théâtre et performance. Ça m’a permis de reproduire les dimensions similaires à ce que je vais avoir sur la scène du Théâtre Maisonneuve.

PAN M 360 : Et quelles seront les nouvelles avancées? 

Alexis Langevin-Tétrault : Les technologies des deux décennies ont propulsé cet art ailleurs. C’est-à-dire que  nous sommes capables d’interagir beaucoup mieux en temps réel ou différé, de créer des nouveaux instruments de musique beaucoup plus rapidement, exploiter de nouvelles possibilités au niveau du 3D.

À l’échelle de ma petite carrière, j’ai vu l’évolution des technologies. Ce que je faisais il y a 20 ans, c’était très difficile de générer ça sur scène. Ce sont des trucs qui étaient généralement en fix et qui ont été pris dans une certaine temporalité. Il n’y avait pas beaucoup de flexibilité. Tandis que maintenant, la matière devient très plastique et on peut, en temps réel, vraiment changer de direction, improviser, changer de durée et manipuler plusieurs mesures en même temps. 

PAN M 360 :  Peut-on ici parler également d’installation ?

Alexis Langevin-Tétrault : Oui, il y a ce côté installatif. À la limite, ça ne serait pas très difficile d’en créer une version muséale. Il y aurait quelque chose à faire, ça pourrait être intéressant.

PAN M 360 : Comment peut-on visualiser sommairement le résultat sur scène?

Alexis Langevin-Tétrault : Par exemple, je dispose d’un  d’un système d’éclairage LED que j’ai construit avec un collègue, qui est Lucas Pally; la lumière qui est générée en temps réel et est déduite du processus sonore qui lui aussi est créé en temps réel. L’essentiel de tout ça est d’en étudier mes mouvements. Pource, j’ai des capteurs de mouvements, des accéléromètres qui sont capables de déduire ma position ou l’inclinaison. J’ai aussi des capteurs qui utilisent aussi des micros. Tout ça ensemble, ça permet de créer du son, de créer de la lumière. J’ai aussi un système de lumière robotisé. Ça, c’est une nouveauté. Ça vient créer des silhouettes derrière moi,  comme s’il y avait des entités relativement autonomes et d’autres  vraiment contrôlées par moi. Tout le mouvement de ces lumières robotisées-là est dérivé de mes propres mouvements en temps réel. Ce genre de choses-là, il y a une dizaine d’années, je ne pensais pas que ça aurait été possible. Ça n’aurait jamais été aussi fluide.

PAN M 360 : Ça modifie donc ta manière de travailler devant public, donc.

Alexis Langevin-Tétrault : Oui. Maintenant, je peux complètement improviser. Et sans prtendre être danseur, j’ai travaillé sur des chorégraphie. Je peux vraiment bouger, être libre,  improviser. Ça donne une totale fluidité et une totale confiance aussi que le système va me suivre. Ce terrain de jeu a de moins de moins en moins de limites.

PAN M 360 : Et te motiver à poursuivre l’aventure!

Alexis Langevin-Tétrault : Oui! J’ai  encore envie de continuer,  de progresser, de créer.

La création sur scène de Replikas est prévue ce samedi 23 août, 19h, au Théâtre Maisonneuve, dans le cadre de A/Visions2

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Voyages, rencontres et solidarité : Gayance transforme son intense parcours de vie en une performance musicale vibrante et sans frontières. Avec Roaming, qu’elle présente dans le cadre Nocturne 3 ce vendredi,  elle invite le public à partager un récit sonore éclectique et profondément humain.

Pour cette édition de MUTEK, Aïsha Vertus, mieux connue sous son alias Gayance, présente une performance qui sert à la fois d’avant-première à son nouvel album et d’expérience immersive sur scène. Inspirée par ses années de voyage à travers l’Europe et l’Amérique latine, la productrice et DJ montréalaise aujourd’hui établie au Portugal raconte l’impact humain de ces parcours.

Son spectacle, qu’elle décrit comme un « statement » direct et sans artifice, combine ses morceaux originaux avec des improvisations et des extraits de son court-métrage Mascarade: Origin Story. Chaque pièce est pensée comme une histoire à raconter, une émotion à partager.

Entourée de sept musiciens et de collaborateurs proches, elle fera vivre au public un set éclectique où se mêlent house « beurrée », liquid drum & bass, grooves caribéens et touches jazzy. 

Pour Aïsha, la musique est un moyen de dépasser les barrières sociales et de connecter le public à des expériences humaines intenses et universelles. Roaming promet ainsi une immersion totale, où l’énergie, le groove et la narration se mélangent pour offrir au public une aventure musicale et émotionnelle unique, surprenante et profondément vivante.

PAN M 360 : Tu présentes Roaming in Chaos cette année. C’est une performance qui sort en quelque sorte d’avant-première à ton nouvel album  Roaming.

Aïsha : Oui, j’avais appelé le truc Roaming in Chaos avant, mais là, j’ai juste décidé de l’appeler Roaming tout simplement. En gros, c’est ça, c’est genre un mix des chansons du projet Mascarade, mais des nouvelles chansons aussi de ce projet-là. C’est un peu comme ça parle du voyage, comment ça m’a impacté en tant que personne, en ayant des contacts humains, en parlant avec des gens. Tu vois autant les contrastes et les similarités entre les gens. 

PAN M 360 : Quand tu fais référence au voyage, fais-tu allusion à un voyage en particulier? 

Aïsha : Non, on va raconter l’épopée. Imagine, tu fais 8 ans de ta vie, je pourrais compter les fois où j’avais carrément des cartes d’immigration. J’ai immigré en Belgique, j’ai émigré aux Pays-Bas et j’ai habité là pendant 2 ans à Amsterdam, de 2022 à 2024. Puis, j’ai habité à Bruxelles de 2017 à 2019. J’habitais là et j’ai pu voyager avec la musique.

C’était fou, c’est fou. Dans cet album-là, je raconte l’histoire, mais pas nécessairement une histoire, genre un textbook, mais de l’aspect philosophiquement parlant, l’impact que ça a eu à travers moi. C’est sûr que la solidarité, ça a toujours été important pour moi. Tout ça dans ma musique.

PAN M 360 : En regardant ton court-métrage Maskarade, j’ai trouvé que l’usine, la musique, le montage et la narration mettaient vraiment en valeur la solidarité, l’entraide et l’émancipation. Quand tu m’as dit que tu allais intégrer des extraits du film à ton show, j’ai eu l’impression que tu voulais recréer cette idée de communauté sur scène. Est-ce que c’est le cas? Et puis, avec ton parcours et tes voyages, tu offres une perspective que des gens comme moi, qui n’ont pas vécu autant d’expériences à l’étranger, n’ont pas forcément.

Aïsha : Le voyage, c’est vu comme un truc de riche. Quand tu grandis working class, on te dit de rester là pour aider ta famille, de rester dans les mêmes patterns. Partir, c’est perçu comme marginal, ou sinon comme un privilège réservé aux autres. Mais pour moi, voyager a été crucial. Ce n’est pas juste googler une ville, c’est vivre l’expérience, rencontrer les gens face à face. C’est là que tu comprends vraiment le monde.

Et je vois qu’avec la montée des mouvements de droite, il y a une peur de l’autre, un repli. En Europe, j’ai vu des camps de réfugiés, des bidonvilles… des gens qui ont tout perdu mais qui recréent quand même une communauté. Ça m’a marquée.

Il y a un segment du show qui est un statement. Genre pas de flaflas, pas de métaphores. Ça va être très in your face. Puis même si les gens veulent bien comprendre les mots, ils vont même voir des slogans sans que ça soit dit. Ça va juste être un son que tu vas savoir ce que ça veut dire. 

De s’approprier un petit peu les causes et de crier fort. Ce n’est même plus s’approprier le truc, parce qu’au final, tout est un peu entremêlé. Tu vois ce que je veux dire? J’ai toujours eu cette compréhension-là, puis en voyageant, ça a toujours solidifié ça.

PAN M 360 : Est-ce que c’est ce qui t’a guidée à faire Roaming in Chaos?  Est-ce que c’est l’instinct initial qui t’a poussée à te lancer dans le projet et à concocter la performance? 

Aïsha : Les trucs se sont faits comme ça. Par exemple, j’étais en voyage à Rio avec des gens que je venais de rencontrer, mais j’étais tellement triste que je n’arrivais même pas à chanter. On a commencé une chanson juste pour tuner, sans but précis. Puis à un moment donné, tu ne t’en rends pas compte, mais tu finis par faire  faire de la musique de nouveau.

PAN M 360 : Toi qui habites désormais Lisbonne tout en collaborant avec des artistes de Montréal, comment as-tu réussi à faire converger toutes ces énergies pour la scène? Comment ça s’est-il orchestré? 

Aïsha : Ça faisait déjà un moment que j’en avais parlé avec eux. Je leur ai dit, bon, je vais appliquer pour faire MUTEK. S’ils nous prennent, vous êtes down. Tout le monde s’est booké. Parce que c’est quand même beaucoup du monde, des musiciens qui sont super bons. Déjà là, as a unit, chaque individu. C’est cool aussi parce que ce sont mes amis proches. On a vraiment cette espèce de chemistry, de faire des choses ensemble. 

PAN M 360 : Est-ce la première fois que vous vous êtes vus, c’était dans le contexte de la pratique, justement? 

Aïsha : Oui, oui, oui. 

PAN M 360 : Ça a été comment cette rencontre à la fois humaine et musicale ? 

Aïsha : Le fun. C’est sûr que tu vois des amis que tu n’as pas vus depuis longtemps. Tu veux catch-up avec tes amis. En même temps, tu veux faire quelque chose de nice. C’est une bonne ambiance. C’est cool. On a chillé entre potos.

PAN M 360 : D’ailleurs, je suis curieux d’en apprendre un peu sur ton album qui va paraître prochainement. En quoi la création de ce nouvel album s’est-elle distinguée de ton précédent projet Mascarade, dans ton processus ou dans ton état d’esprit? 

Aïsha : Je suis plus en mode chill. Je suis dans un moment où j’essaie de vivre des choses pour pouvoir raconter des choses. Je prends mon temps. En faisant un projet tout seul. Je vais jouer des tracks. Pendant le show, combien de chansons on joue? Je pense qu’on en joue 4 ou 5 du nouveau projet. Je pense qu’il y a juste 3 chansons du premier album qui vont être là. Je vais jouer Clout Chaser’s Anthem, Moon Rising, Nunca…Mais le reste, ça va être des nouvelles affaires.

Les pratiques sont un peu intenses. Le band ne connaît pas les trucs. Tout le monde doit apprendre des keys. Parce qu’ils ne connaissent pas les chansons. C’est pour ça que c’est un peu plus de travail. On réarrange ça avec Funky Watt.

PAN M 360: Est-ce que pour toi, il y a des moments durant les répétitions où tu as vu tes morceaux prendre une nouvelle dimension, une fois que tout le monde les a partagés ? 

Aïsha: Oui, c’est sûr. On a refait des mixes, ajouté des morceaux. J’ai une MPC que je contrôle live avec les drums, les voix, les effets. J’avais envie de rajouter ça sur l’album parce que je faisais des effets avec pour le show. J’étais comme… Why not?

Préparez-vous à être surpris : ça va être éclectique, évidemment, sinon ce n’est pas moi. Une house très beurrée, du gros glaçage! Pour moi, l’essence de la musique électronique, ça reste la danse — comme à ses débuts à Detroit et Chicago.

Après, ça s’étend dans tout l’arbre généalogique de la dance music. Même si mes racines sont Chicago-Detroit, mes références viennent plus de la branche UK. Alors ça peut aller vers du liquid drum & bass, sonorités jazzy, des sons caribéens, un petit boogie en français… même du liquid drum & bass en arabe.

PAN M 360 : Il ne semble pas avoir de limite à ce que tu veux nous partager. Tu touches un peu à toutes tes sensibilités musicales, et invites amis et musiciens à share this moment with you, and all.

Aïsha : Ouais, c’est tout ce que je fais. Malgré le mélange, tout marche ensemble –  it’s really together. Même si ça passe du coq à l’âne, c’est le bon moment au bon temps, et je pense que c’est ça qui fait un bon set.

Je raconte des histoires, des tunes. Il y a quand même de l’improvisation, mais il faut que tu sélectionnes la musique. Tu peux jouer tes trucs originaux, oui, mais il y a un storyline. Dans la même soirée, je peux jouer un truc des 70’s, puis un truc vraiment deep, genre, je sais pas, Broken Beat ou UK Garage. Il faut que tu conduises le son sans aller dans le trou tout de suite.

PAN M 360 : On te fait confiance à 100% pour nous mener à bon port. J’ai vraiment hâte!

Aïsha : Les gens vont être surpris. J’ai une bonne gang avec moi. J’ai Funky Watt à la direction musicale et à la basse. Il y a Evan Shay au saxophone. J’ai les services de Peggy Hogan au keys. Après ça, j’ai Judith Little-D aux percussions et à la voix. Puis, j’ai Janet King, Yassin « Narcy » Asalman et Magi Merlin à la voix. Mais ça ne sera pas tout le monde sur la scène en même temps, on s’entend. 

PAN M 360 : As-tu l’intention de présenter Roaming dans d’autres événements, festivals cette année? 

Aïsha : Ce n’est pas que je ne veux pas… La réalité est qu’il y a des coupures dans la culture partout dans le monde. Même si le show est malade, quelqu’un qui va acheter le show complet, c’est beaucoup de gens. Reste que l’intention, c’est de pouvoir jouer ça. Mon rêve, ça serait évidemment, j’aimerais trop faire une tournée en Asie. Je n’y suis jamais allée, j’aimerais bien.

PAN M 360 : Où pourra-t-on te retrouver après MUTEK?

Aïsha : Je ne sais pas si j’ai le droit de le dire. Je peux dire quand même, ils vont être contents. Parce que c’est quand même le fun. Je vais jouer le 13 septembre au pied du musée des Beaux-Arts. Ça va être de 15h à 20h je crois.

PAN M 360 : Génial ! Avec autant de temps à combler, tu auras une grosse setlist à préparer.

Aïsha : Non, ça va. C’est le fun. C’est comme conduire un avion : il ne faut pas que ça crashe. Il faut toujours y aller doucement, doucement, doucement, peut-être tourner, mais toujours doucement. Vraiment, je trouve que l’art du DJing se perd. Au-delà de la sélection, de la technique et de la compréhension de son audience, parfois ça commence à se perdre.

PAN M 360: C’est une sensibilité et un attention très chère selon moi, une sensibilité à déjouer les attentes. Les gens ne savent pas nécessairement ce qu’ils veulent entendre, mais tu leur donnes.

Aïsha : Exact, ça c’est sûr. Je suis vraiment comme ça. Tu ne vas pas t’attendre à ce que ça transitionne de cette façon-là. Pour moi, ce n’est pas seulement un truc axé sur le rythme – à la manière des snare rolls et des risers qui viennent augmenter l’énergie. Je préfère aller dans un autre rythme, dans quelque chose d’autre, qui blend vraiment bien avec la track précédente. Bref, je suis un peu geek quand il s’agit de musique dans le party, c’est toute une philosophie pour moi. Mais il y a plein de gens qui ont écrit des livres vraiment intéressants là-dessus.

Aïsha enflammera la scène de l’Espace SAT pour y présenter « Roaming » ce vendredi 22 août, Nocturne 3, à partir de 00h15. 

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Il y a des premières fois qui déterminent  un avant et un après. Pour SLIBERIUM, alias Tristan Sendji et Prince Amani Kouame, ce moment arrive le 22 août à MUTEK, lorsqu’ils dévoileront enfin leur univers au grand jour. Après des années passées à créer dans leur cocon, entre essais, erreurs et expérimentations sans filet, les deux artistes s’apprêtent à transformer leur intimité musicale en expérience collective.

Car SLIBERIUM n’est pas seulement un projet sonore : c’est un monde. Un territoire où se croisent rêves hallucinés et quotidien brut, beats numériques et sensibilité pop, chaos visuel et humanité vibrante. Né de l’amitié adolescente, nourri par la débrouillardise, le duo a forgé une identité hybride – à la fois camerounaise, ivoirienne, montréalaise et française. Leur musique, qu’ils qualifient eux-mêmes de « raw, digitale et émotionnelle », est une tentative de capter l’essence de ce qu’ils sont, sans filtre ni concession.

Avec The Infinity Door, SLIBERIUM promet une « hallucination collective » où le public sera invité à perdre ses repères pour en découvrir de nouveaux. Une invitation à franchir la porte, pour voir et entendre autrement.

PAN M 360 : Bonjour à vous, SLIBERIUM, vous qui m’avez chaleureusement accueilli à LaSalle, endroit que je n’avais jamais visité avant aujourd’hui. J’étais curieux de visiter votre petit lieu de création, où votre collaboration a pris forme. Pour commencer, allons-y avec une question à l’apparence simple. Comment vous décririez SLIBERIUM? 

Prince : Je dirais que c’est un univers constamment en évolution. C’est un univers digital, mais humain. Et il y a une partie de notre âme dedans. Ça c’est très important puisque c’est très personnel comme projet. Mais Tristan lui, il a une autre façon de le voir aussi. C’est deux cerveaux. 

PAN M 360 : SLIBERIUM devient la forme de votre entité commune, tout en étant l’amalgame de deux artistes.

Tristan : Bien sûr. SLIBERIUM, je le décrirais comme de l’audio ecstasy. D’abord, je dois dire que c’est un mode de vie très émotionnel, très créatif. Au niveau sonore, c’est digital, raw et très mélodique. Donc ça c’est SLIBERIUM. On pousse toujours les limites. Et ça crée cet univers-là parce que… on ne fait que mélanger l’essence, la plus pure, la plus naïve de moi et Junior [surnom qu’à donner Tristan à Prince]. Et ce, depuis très longtemps. Je dirais officiellement depuis 2020. Unofficially depuis 2007.

Marc-Antoine : Votre projet à commencer durant vos premières années d’amitié, c’est bien ça? 

Tristan : Minimum, ouais. Je te sors une photo là. Il y avait moi et Junior. Tout petit, crâne rasé. Devant un ordinateur. L’écran n’est même pas plat. Bien bombé. Et je sais qu’on regardait du Kesha. Tu vois? On était là. 

PAN M 360 : Ah je vois, vous devez votre carrière à Kesha.

Tristan : Non, zéro haha. Kesha c’était… C’était la vibe. C’était l’époque.

PAN M 360: Un des termes utilisés dans votre profil MUTEK précise que vous transformez les rêves en sons. Qu’est-ce que cela signifie exactement pour vous ?

Tristan: Je te fais une confidence. Je ne sais même pas si c’est un problème, mais je rêve chaque jour. 

PAN M 360:  Ce n’est pas un problème, je te rassure !

Tristan: Chaque jour. Minimum trois rêves en une nuit. Il y a des rêves où tu es bien et tout. Là ce sont des rêves où c’est surréel. Bien que ça reste toujours ancré dans la réalité. Je ne suis pas là comme dans un anime, en fait, je suis toujours à l’intersection du rêve et de la réalité. Ça a toujours un rapport. Mais tu ne le comprends pas parce que ça vient de ton inconscient. Et on met ça dans la musique. On aime vraiment créer un univers. Et tu ne peux pas créer un univers sans mettre du tiens dedans. C’est ça qu’on a fait dans la musique. 

Au début, je ne faisais pas de musique. C’est lui [Prince] qui faisait de la musique. J’étais plutôt dans un truc complètement différent… Je faisais de la science, j’étais un étudiant. Pourtant, je faisais de l’art, mais d’une autre manière. J’étais encore plus passif. Et là, il y a eu la pandémie. On s’emmerdait. On s’est retrouvés parce qu’on s’était perdus de vue. Il m’a fait écouter des trucs qu’il faisait sur son téléphone au début. Tu imagines, il sort un téléphone. Une paire d’écouteurs Apple que tout le monde a, puis il te revient avec un banger. Moi j’étais juste, comment tu fais ça ? Ensuite on a évolué. On est passé de là à l’ordinateur. 

PAN M 360 : C’est donc à partir de ce moment que l’idée de collaborer a germé. 

Prince : Je pense que c’est aussi parce que je faisais de la musique sur mon téléphone. Parce que c’est tout ce que j’avais à ce moment-là. C’était avec une paire d’écouteurs, puis je mettais ça sur l’ordi. J’avais un système qui me donnait l’impression que je savais faire de la musique. Et ça a intéressé Tristan.

Tristan : Non il savait, il est humble là. Ensuite, ça a vraiment donné quelque chose d’assez spécial. On s’emmerdait durant le Covid, vraiment! Puis là je vois lui, il fait des trucs de malade. Mais c’était vraiment plus dans le rap. Donc là je lui ai dit, ok viens on fait quelque chose. On est parti en France. C’est là que ça a vraiment commencé… on s’est rapprochés de ouf en France. Et moi je savais zéro comment faire de la musique. Et à partir de là, on a eu d’autres résidences notamment avec Phi. Et là, notre son a commencé à changer. Ensuite il y a eu MUTEK. Moi j’ai commencé à apprendre parce que je baignais dedans. Sans lui, je faisais de la musique de merde au début. 

PAN M 360 : La musique ne s’apprend pas facilement, c’est normal de ne pas arriver à faire le meilleur. 

Tristan : Oui mais la force de Junior [Prince] c’est vraiment de toujours trouver de la beauté dans quelque chose. Et de le faire savoir. Et assez pour que ça te pousse à continuer.

PAN M 360 : C’est une belle qualité à posséder. 

Prince : Il y a de la beauté partout.

Tristan : Même moi, s’il m’avait envoyé la même chose, j’aurais été, oui mais non. Sincèrement, on reste dans le hood. 

Prince : Il faut voir au-delà. Parce que parfois, quand tu vois quelque chose qui n’est pas achevé, il y a tout de même l’essence qui est là. Après c’est à toi de voir jusqu’où ça peut aller. Et je me permets toujours de voir jusqu’où ça peut aller. Donc, je finis par trouver de la beauté. Ça dépend des états d’esprit, j’imagine. 

PAN M 360 : Parlant de votre pratique musicale, si l’on revient légèrement dans le passé, à l’hiver dernier vous avez fait paraître votre premier EP 7REGIMENT, c’est bien ça? 

Tristan : 7REGIMENT. Tu l’as sorti? 

Prince : En fait, c’était… C’était une erreur. En fait, c’est parce qu’on a beaucoup de choses à venir, beaucoup. Et puis, ce projet-là, il n’est pas finalisé. Donc c’était vraiment une erreur. Je n’ai pas réussi à le sortir. 

PAN M 360 : Néanmoins, vous avez un album à paraître bientôt aussi, n’est-ce pas? 

Tristan : On a des millions d’albums. Millions d’albums. Ah mais fuck, on n’a plus l’ordi. 

Prince : Non, mais je les ai.

Tristan : Je les ai encore. En fait, nous avons un défaut. On fait beaucoup, mais on ne partage pas beaucoup. Tu vois, on a commencé avec un téléphone et des écouteurs. Et maintenant, on doit se démerder à… Si on fast-forward vraiment, vraiment, on est rendu à MUTEK, ok, on a un show et on joue un live. Tu comprends, à un festival incroyable. Merci beaucoup MUTEK. Ensuite, il y a la partie réseau social, promotionnelle de la business, tu vois. Puis il faut aussi équilibrer avec la vie personnelle et avec l’école. Moi, je fais de la musique tout le temps. C’est pour ça que j’adore l’été. Donc oui, trouver une stratégie pour que ça ne passe pas incognito  parce qu’on a vraiment beaucoup de trucs qui sont incroyables. 

PAN M 360 : Vous êtes des artistes avant tout. C’est ce qui guide votre vie avant vos autres occupations.

Tristan : Ce n’est même pas moi qui décide. C’est l’énergie créative. Oui, on a 7REGIMENT

PAN M 360: J’ai tenté de trouver des trucs sur vous. Je suis allé sur votre Soundcloud. Puis là, j’y vois 7REGIMENT paru quelques mois plus tôt. Je n’ai pas hésité à écouter cet EP pour entendre votre son, y identifier votre identité sonore.

Tristan : Qu’est-ce que tu en as pensé? 

PAN M 360 : Globalement, j’ai aimé le mélange des genres. Votre musique est drivée par des synths denses et vibrants, une bass puissante. Une esthétique qui évoque le sous-genre RAGE popularisé par des artistes comme Playboi Carti, Bladee et d’autres. En mêlant à la fois, une sensibilité pour la pop… expérimentale bien sûr. Tu vois, en ce moment je porte un t-shirt de JPEGMAFIA…

Prince : Lorsque je t’ai vu, je t’ai respecté. 

Marc-Antoine : Oui, haha! Ça m’a fait penser à toutes ces choses-là. Évidemment, c’est très overdriven, très énergique, bouncy, presque chaotique. Mais il y a toujours une sensibilité pop qui vient unifier le tout, évoquant chez moi la witch house. Je pense aussi que vous êtes une voix intéressante pour le Québec avec ce style de rap-là. Il ne faut pas oublier, tout l’aspect audiovisuel qui est affilié à SLIBERIUM dont on pourra reparler. Bref, j’ai trouvé ça très excitant et j’avais déjà hâte d’en entendre plus. Je vous avoue que ça m’a surpris d’entendre que c’était une erreur. Je ne l’ai pas abordé avec cette perspective en tête. Je l’ai abordé comme un produit fini, et je l’ai beaucoup apprécié.

Prince : Je suis vraiment content que tu aies pu l’entendre. C’est vraiment cool. 

Tristan : Je suis vraiment content que tu aies apprécié. 

Prince : Au bout du compte, c’est un projet parmi tant d’autres. Justement, tous ces mélanges que tu as entendus, c’est pour ce projet-là spécifiquement. Chaque projet est un univers. Chaque chanson a son propre univers aussi. Donc, c’est cool que tu sois rentré dedans.

PAN M 360 : Si l’on revient vers MUTEK avec The Infinity Door.

Tristan : Ça aussi, c’est une autre erreur. 

PAN M 360 : Quoi, une autre erreur haha! 

Tristan : Quand je te dis, honnêtement, nous, on est très humain. Je ne vais pas te mentir. Tu nous vois sur les photos. Tu vois, tout ça, les demandes et tout. Rien ne te prépare vraiment à ça. On a tout appris par nous-mêmes. Tout ce qu’on fait, c’est vraiment… Rock. On se démerde et on trouve. Et on fait ce qu’on aime. Et ensuite, on trouve des solutions aux problèmes. Et là, dans la chose, on avait tout un méga concept. Mais là, c’est la première fois qu’on va faire une performance live ensemble. Donc, ce n’est pas du playback.  Et comme tu as vu, on a beaucoup d’éléments, beaucoup.

PAN M 360 : Oui, on peut lire que vous allez utiliser des instrument plus traditionnels avec le Ableton Push. Il y a aussi des gauche avec une manette de PS4 et un looper granulaire.

Tristan : Alors nous, c’est vraiment, on est digital, tu vois. Vraiment, un côté… mécanique. Digital, c’est le mot. Mais bref, pour revenir à The Infinity Door, on avait une installation qu’on allait faire. Mais ensuite, avec les soucis d’ordinateur et tout, on va faire encore mieux. Donc, c’est plus SLIBERIUM’s The Infinity Door particulièrement, mais c’est SLIBERIUM. 

Prince : The Infinity Door, ça existe toujours, c’est là.

Tristan : C’est un vrai projet. On s’adapte, là. On a perdu la moitié de projets puisque Prince c’est fait voler son ordinateur. 

Prince : Tous les sons que tu as entendus de 7REGIMENT n’existent plus. 

PAN M 360 : Oh non !

Tristan : Mais ce qu’on a, c’est vraiment incroyable. Là, on a vraiment poussé pour MUTEK et il nous ont poussé à aller plus loin. Et le process du show nous a transformés. Vraiment, c’est un process. Je suis vraiment heureux de pouvoir me réveiller à chaque jour et d’être inspiré par des choses qui sont oubliées ou anodines pour certains.

PAN M 360: Quand tu dis que cela t’a changé, c’est dans le sens où, pour la première fois, vous aviez un projet à présenter avec une échéance, et c’est le travail réalisé en vue de la performance à MUTEK qui a quelque peu modifié ta perspective sur ton approche artistique.

Tristan : Là, c’est une performance avec un public. Il faut que tu leur donnes des repères. Il faut aussi que tu leur enlèves ces repères parce que toi, tu as d’autres repères. C’est ça que tu veux mettre de l’avant. C’est ça ton intention. Et puis, tout ce processus-là pour MUTEK, qui est un festival électronique incroyable! Avant, on faisait la musique seulement avec notre clavier, on se basait uniquement sur l’ordinateur. Donc là, on a dû acheter un Push. On voulait aller plus loin, on n’a décidé d’utiliser une manette de PS4. Tout ce processus pour créer cette performance-là, pour ramener les gens, pour faire oublier les gens, ou même juste leur faire dire what the fuck. Ça nous a changés.

PAN M 360 : Le 22 août, vous présentez votre performance à l’Esplanade Tranquille, je me demande ce que ça représente pour vous de présenter pour la première fois SLIBERIUM à MUTEK?

Prince : Le fait d’y avoir assisté auparavant et maintenant d’y participer. Incroyable. Déjà, je suis très fier. Vraiment fier parce que quelque chose qu’on faisait de nous-mêmes, dans nos chambres, qui s’exporte à une scène extérieure, devant d’autres personnes. C’est une grosse avancée. Il y a aussi beaucoup de fierté. D’autant plus que c’est une révélation qu’on est capable de faire ce genre de choses-là. Et que… Tant que tu mets le travail, tant que tu y vas d’un état d’esprit qui est pour le meilleur, tout va être bien. 

PAN M 360 : Que votre travail puisse enfin être vu, entendu et apprécié est une reconnaissance.

Tristan : Cette opportunité-là est un moyen de partager la maturité qu’on a acquise à travers tous nos périples… Où est-ce qu’on en est aujourd’hui ? On travaille énormément depuis longtemps. Nos proches savent ce qu’on fait, mais même eux ne voient pas tout. C’est pour ça que je remercie beaucoup MUTEK, et particulièrement Marie-Laure (Saidani), qui a su reconnaître notre démarche et voir au-delà. Oui, on est parti loin dans notre monde et on est revenu de ce voyage-là. Et maintenant, on vous ramène un petit peu de cette énergie. On vous redonne ce voyage-là parce que quand les gens reviennent d’un voyage, tu sais, tu changes un peu et tu redonnes ça un petit peu à ton entourage. C’est un peu ça intérieurement, émotionnellement ou whatever.

PAN M 360 : Pour tirer parti de l’opportunité de développer le concept d’influence et de partage, Prince étant originaire de Côte d’Ivoire et Tristan ayant des racines camerounaises et françaises, vous disiez souhaiter mettre en avant vos cultures dans votre projet. Comment cela se traduit-il dans SLIBERIUM ?

Prince

Ça se traduit beaucoup au niveau de l’ambiance. Ça se traduit dans les percussion, dans le son. Ça se traduit aussi au travers de nous. 

Tristan

Exact! Tu me vois, t’as entendu la musique que je fais. Voilà. C’est ça que je veux dire par ça. C’est que… C’est nous qui ramenons cette touche africaine dans ce digital.

PAN M 360 : En étant simplement vous-même, vous mélangez naturellement ces influences dans votre musique. 

Tristan : Oui, parce que c’est vraiment ça. C’est un petit peu comme… Peu importe ce que je vais faire, ça appartient à notre identité. Même si… Si on le voit d’une certaine manière ou d’une autre… la musique qu’on fait, c’est de la musique québécoise montréalaise. Je suis tous ces éléments-là. C’est sûr qu’il y a des références. Il y a des rythmes. Mais… On est activement ce que nous créons. Donc, tout ce qui en ressort, en fait partie. C’est notre tour d’être là et de faire ça sur scène. 

PAN M 360 : Je trouve ça intéressant parce que même moi, quand j’ai écouté votre EP qui n’est maintenant plus disponible… haha! Je me doutais que c’était votre attitude par rapport à ce sujet-là. Je sens que vous reflétez tout ça simplement à travers qui vous êtes et dans votre performance. C’est une approche vraiment intéressante, parce qu’elle ouvre sur un rayonnement naturel. Et ce qui me frappe, c’est que ça apporte une vision nouvelle : on sort un peu des codes habituels qu’on entend souvent, qui sont précieux bien sûr, mais vous amenez quelque chose de différent, qui enrichit le paysage.

Tristan : Je ne suis pas juste camerounais. Je suis français, je suis québécois, je suis montréalais et je suis canadien. Je suis tout ça. Ensuite, c’est sûr que les gens vont me poser des questions à ce sujet. Mais tout ça, j’y réfléchis, parce qu’on me les pose. Mais en soi, avant tout ça, il n’y a pas de questions qui se posent. Donc, ça illustre toutes les cultures en même temps. 

PAN M 360 : SLIBERIUM est aussi un monde visuel, comme vous travaillez autant l’audio que le visuel. Je pense qu’en regardant votre Instagram, ça fait forte impression. Plus précisément, vous avez une esthétique qui pourrait se caractériser par des couleurs néon, des textures lo-fi et un flux chaotique généré par le montage. Est-ce que vous concevez SLIBERIUM d’abord comme une expérience musicale, visuelle… ou les deux indissociables ?

Tristan : On part des inspirations et on s’inspire de tout. Donc bien sûr que c’est au-delà de la musique. On ne fait pas que de la musique. Junior, il fait de l’editing de la vidéo, de la capture d’images. On fait ce qu’on aime. J’aime les couleurs fortes, j’aime les couleurs bright. J’adore les couleurs tout court. Tu vois ça à travers l’esthétique. Donc, c’est ça qu’on fait. Sinon, quoi d’autre? Les films, le cinéma, l’écriture, j’adore écrire. J’aime écouter Junior chanté, il rappe, et là, toi, tu es en arrière. OK, non, moi, j’ai un meilleur texte. Non, non, non, non, non, non. 

Prince : Mais définitivement, je pense que SLIBERIUM, ce n’est pas juste de la musique, c’est vraiment le visuel. C’est ça qui complète.

PAN M 360: En fait, je me demande si je parle de quelqu’un de SLIBERIUM et que je lui fais écouter votre musique, est-ce que la dimension musicale de votre projet suffit à incarner votre pratique pour quelqu’un cherchant à vous découvrir? Si je comprends bien, votre pratique visuelle ne sert pas seulement à appuyer votre musique. 

Prince : Le visuel lui-même est aussi son propre monde. Comme j’aime beaucoup les logiciels pour créer, donc chaque logiciel, c’est un sandbox que tu peux utiliser pour créer ce que tu veux. Et les logiciels de vidéo, ce n’est pas la même chose que pour la musique, mais il y a des éléments qui sont similaires. Le simple fait d’être sur ce logiciel m’inspire, et c’est un autre monde, tu crées des visuels, j’aime la distorsion visuelle, la saturation très excessive, parce que je trouve que les gens aiment trop que ce soit clean, c’est toujours propre, non, la vie, c’est raw, la vie, il y a des choses qui sont sales. Il y a des choses qui sont pas forcément belles, et avec du visuel qui n’est pas forcément poli, je trouve que ça rajoute quelque chose de très humain, très raw

Marc-Antoine : En guise d’avant-dernière question, en lisant la description de The Infinity Door, vous parlez d’une hallucination collective, puis qu’est-ce que vous aimeriez que le public garde de cette performance-là? 

Tristan : Honnêtement… c’est la question de tout à l’heure…

Prince : Ouais, c’est une bonne question… Je pense que je veux qu’ils repartent avec du SLIBERIUM, c’est hors de notre contrôle bien sûr, mais qu’il y ait des gens qui puissent être inspirés par ça. Je voudrais que les gens repartent avec de l’inspiration et du questionnement, de raviver l’envie de découvrir, parce que ça va être la première fois qu’on va montrer ce qu’on fait, ça peut être nouveau pour plusieurs, donc qu’on ait envie d’aller découvrir des choses. Explore! 

PAN M 360: Voyez-vous cette première comme un test… ou comme le vrai départ de SLIBERIUM ? 

Prince : Un checkpoint.

Tristan : C’est vraiment juste le début, parce qu’on vous ouvre la porte à notre monde. Par rapport à la question que tu m’as posée tout à l’heure, qu’est-ce que j’aimerais qu’ils en tirent, la musique m’a vraiment eu, je ne vais pas te mentir, il y a une intimité inexplicable avec la création, avec tout ce processus-là, qui est incroyable, et il y a une beauté, un aspect indescriptible, mais qui est beau. Je veux au moins que les gens se questionnent, s’ils n’arrivent pas à voir de la beauté, et qui poussent leurs limites, à se dire ok shit, pour lui ça c’est de la musique, pour lui c’est incroyable. Comment je pourrais vraiment transcender, sublimer nos propres attentes et notre sensibilité, et passer de l’autre côté. Je veux qu’ils en tirent quelque chose, je veux qu’eux viennent me dire ensuite, qu’est-ce que c’est pour eux. J’aimerais savoir ce qu’ils ont pensé de la balade. 

PAN M 360 : Tristan, Prince, merci beaucoup de m’avoir accueilli à LaSalle, c’était vraiment divertissant et sympathique de vous avoir rencontrer dans votre nid créatif. Je suis très excité de voir la continuité de SLIBERIUM, dont votre performance à MUTEK. Toute l’équipe de Pan M 360 vous souhaite le meilleur pour ce premier grand saut sur scène. On peut donc vous voir ce vendredi 22 août à 17h à l’Esplanade Tranquille, n’est-ce pas?
Tristan & Prince : Oui, 17h, c’est à Expérience 4. Merci à toi!

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Sans contredit, Valentina Magaletti est devenue un personnage sur les continents exploratoires, ceci incluant la communauté MUTEK qui lui consacre une grande visibilité cette année.  Italienne originaire des Pouilles (Apulia) dans le sud de la botte, elle vit à Londres depuis nombre d’années, elle y mène une foule de projets dont ceux ici présentés cette semaine. Entre test de sons et autres obligations professionnelles, elle a accepté de nous parler de son parcours, ses collaborations actuelles ou de sa manière d’aborder la percussion dans tous les contextes qui la branchent: acoustique, électrique, électronique.  Alain Brunet a rencontré cette musicienne extrêmement dynamique et qui a visiblement le don d’ubiquité.

PAN M 360 : Ce que vous faites est très intéressant : vous explorez de nombreux types de musique et vous jouez dans un contexte très différent de celui de la plupart des percussionnistes de haut niveau. 

Valentina Magaletti : Effectivement, j’ai eu une formation académique.

PAN M 360 : Classique ou jazz ?

Valentina Magaletti : J’ai étudié les deux. J’ai étudié beaucoup de jazz  quand j’étais plus jeune et puis j’ai étudié les timbales classiques et autres percussions orchestrales, comme le marimba/vibraphone que j’utilise dans mes concerts. Mais disons que l’approche et l’objectif principal de ma pratique sont de de déconstruire tous ces différentes formations. J’ai réalisé au fil du temps que la force de la musique ne vient pas de l’entraînement classique ou du jazz, mais d’une énergie  continue à laquelle il faut se nourrir. Et surtout avec la percussion, c’est primordial à mon sens. Donc, je m’éloigne assez librement de tout académisme et je m’inspire de mes expériences, de mes écoutes et de mes intérêts pour telle ou telle musique.  

PAN M 360 : Pouvez-vous nous expliquer, en tant que joueuse,comment vous déconstruisez ?

Valentina Magaletti : C’est un processus un peu abstrait et sans prétention. Mon idée de déconstruction repose sur celle de combattre les conventions en tenant compte de mon environnement de jeu. Par exemple, quand je donne un concert, j’essaie d’aller ailleurs  qu’où l’auditoire pense que je vais.  Et puis je les emmène dans une autre direction, complètement différente que celle présumée. En essayant d’éviter d’être un produit dérivé, conventionnel ou prévisible,  je fais dans la déconstruction.

PAN M 360 :  Cela dit, vous utilisez des référents musicaux du jazz, de la lignée classique de la musique contemporaine ou des percussions modernes, sans compter le rock et les rythmes mis de l’avant par les musiques électroniques transposés à la percussion instrumentale. Vous explorez aussi le vibraphone autres petites percussions. C’est là que vous nous emmenez.

Valentina Magaletti : Oui. J’aime m’exprimer sur le sol pour de vrai ou sur la scène, il me faut être organiquement connectée au lieu où je vais me produire. J’ai aussi la première intention de capter quelque chose qui appartient à tout le monde d’emblée.

PAN M 360 : Un désir de communication et d’accessibilité sans négliger l’exploration, en quelque sorte.

Valentina Magaletti : Et c’est ce que j’aime à propos des percussions. Il n’y a pas de filtre entre moi et mon background académique ou mon talent présumé. Avec les tambours, on peut changer l’énergie sur scène!

PAN M 360 : On peut comprendre que vous cherchez à innover par les stratégies de votre jeu, alors que la majortié des percussionnistes virtuoses innovent par les prouesses techniques dans un contexte plus convenu.  Ainsi, vous êtes mise en valeur dans des contextes différents comme ceux de vos sets donnés à Mutek, un contexte où les gens n’ont pas a priori des connaissances sur le drumming. Ce qui est très cool pour vous, n’est-ce pas ?

Valentina Magaletti :  Oui! J’ai eu la chance de partir le bal mardi, j’ai été très honorée d’être la première à jouer dans cette édition de MUTEK. J’applaudis la décision des organisateurs, et je l’apprécie vraiment. Je suis très satisfaite de la réaction de l’audience et de la façon dont ça s’est passé.

PAN M 360 : Lorsque vous travaillez seule comment travaillez-vous avec tous les outils dont  vous disposez? 

Valentina Magaletti :  Quand j’ai commencé à faire du solo, c’était une sorte de voyage acoustique. Puis d’autres éléments sonores et des musiciens se sont intégrés à mes compositions. Plutôt que de m’évaluer exclusivement comme instrumentiste, on a commencé à m’évaluer en tant que compositrice et productrice. On me disait « ah, j’aime vraiment cette chanson, j’aime vraiment ce rythme », alors j’ai pensé : pourquoi ne pas créer une sorte de collage entre ce que j’avais pré-enregistré et ce que je jouais en direct, ce qui me semblait plus complet. J’ai alors enregistré mes concerts, j’ai pensé que ce serait plus complet d’ajouter autre chose.  D’autant plus que je suis une multi-instrumentiste, ce qui me permet  de proposer tout un paquet de musiques que je suis capable de jouer ou de produire.

PAN M 360 : Vous êtes revenue sur le premier concert donné à Montréal. Qu’en est-il des deux autres?

Valentina Magaletti : Je joue assez tard ce soir mercredi, je pense que c’est minuit, aux côtés de la fantastique productrice hollandaise Upsammy. Nous faisons ensemble un album qui sortira cet automne. C’est très excitant, donc nous présentons cette matière à la SAT, une sorte de pré-enregistrement de l’album. Avec Upsammy, je travaille à la batterie et au vibraphone, elle s’occupe de l’électronique.

PAN M 360 : Votre collègue vous suggère des sons, mais pouvez-vous nous dire un peu plus sur sa propre création et votre relation avec Upsammy ? Comment vous interrogez-vous mutuellement?

Valentina Magaletti : C’est juste très simple, c’est un dialogue. Nous avons différentes maîtrises, la mienne est acoustique, la sienne est électronique, nous essayons d’établir une une communication, un dialogue entre nous. 

PAN M 360 : Valorisez-vous des types de percussionnistes, des styles, des critères de virtuosité?

Valentina Magaletti : Pas vraiment. Il y en a tant!  Comprenez-moi bien, je suis une auditrice insatiable,  j’apprécie et admire tant de musiciens. Mon écoute est toujours en progression,  enregistrements et concerts, c’est un processus évolutif et constant. Il n’y a rien d’intéressant à installer des habitudes.

PAN M 360 : Tout à fait. Nos goûts ne cessent d’évoluer à travers nos découvertes et apprentissages. 

Valentina Magaletti : Et c’est pourquoi je suis également collectionneuse de disques. Je n’ai pas toujours le temps de fouiller dans les magasins mais je vois qu’à Montréal, il y a plein de disco, funk et dance music. Je suis allée dans quelques boutiques, j’ai trouvé des choses très intéressantes, du dancehall par exemple.  Je suis aussi une grande fan de jazz, et j’entends beaucoup de jazz à Montréal. 

PAN M 360 : Oui effectivement, les Européens connaissent la réputation disco de Montréal, qui remonte aux années 70. Les clubs de nuit et discothèques de Montréal ont été propices au Djisme, ce qui est plus proche de l’Europe que de l’Amérique du Nord. Enfin… beaucoup moins maintenant.

Valentina Magaletti : Oui! J’ai visité quelques boutiques de disques, j’ai trouvés des trucs très intéressants et très variés, dont un 7 pouces de dub.

PAN M 360 : Parlant de dub, vous allez aussi  jouer avec Holy Tongue, avec vos collègues Al Wotton et Songamin Sorte de power trio londonien ? 

Valentina Magaletti :  C’est ça! C’est plus conventionnel, plus facile à comprendre, parce que je dirais que c’est une sorte de live dub. Si vous êtes familier avec le dub, vous vous observerez plein d’éléments qui  rappellent façon dub de produire les sons, de l’amplifier ou d’y ajouter de la réverbération. C’est aussi dans cette vibe post-punk anglaise d’autrefois, qui faisait bon ménage avec le dub. Et ça se danse très bien!

PAN M 360 : Votre The Tumbling Psychic of Joy Now, qui accueille aussi Sam Shackleton  est aussi jazz dans l’esprit.

Valentian Magaletti : Cette collaboration avec Shackleton nous a beaucoup habités. Il s’est joint quelques fois au trio sur scène. Nous venons  juste de terminer la composition du nouvel album qui, j’ai très très hâte parce que je pense que c’est absolument magnifique.  

Nous en  jouerons quelques-unes à la SAT.

PAN M 360 : Et parlons de votre relation avec Susumu Munkai alias Zongamin et Al Wootton, parlez-nous de la façon dont cette relation artistique a été construite et a évolué.

Valentia Magaletti : Je connais ces gars depuis longtemps et je suis et je suis très difficile lorsqu’il s’agit de choisir mes collaborateurs. Susumu Munkai est l’un de mes joueurs de basse préférés, c’est beaucoup de plaisir à jouer avec lui – aussi avec notre duo VZ (Valentina et Zongamin), nous avons fait un album ensemble. Il est aussi un producteur incroyable et c’est pareil pour Al avec qui  j’ai toujours jouer lorsque nous partagions les mêmes programmes autrefois. Et puis nous avons lancé projet Holy Tongue en duo, aprè quoi  j’ai contacté Zongamin pour qu’il nous rejoigne.

Je travaille beaucoup avec eux, nous partageons des valeurs similaires quand nous sommes en studio. C’est toujours un plaisir de travailler avec eux.

PAN M 360 : Jouez-vous encore beaucoup dans des contextes strictement instrumentaux?  Valentina Magaletti : Absolument, oui, chaque fois que je peux. Solo, duo avec violoncelle ou trombone, ensembles avec guitare, tout est possible! Je suis impliquée dans tellement de beaux projets. Et donc, quand je ne tourne pas, je fais de la musique seule ou avec d’autres. Je reste toujours ouverte aux collaborations, surtout avec d’autres femmes dans la période actuelle. C’est ma priorité en ce moment. 

PAN M 360 :  Pour certains, c’est peut-être devenu un cliché de parler de la sororité en musique. Pourtant, c’est loin d’être un sujet obsolète!

Valentina Magaletti : Oui! Je comprends  cette perception de cliché. Inquiétant… Nous vivons actuellement dans un monde où il est vraiment difficile de parler de tout sans sans être jugé ou dénigré. Et c’est très décevant. Sur la question femme et musique,  il y a encore aujourd’hui beaucoup de préjugés et beaucoup de sexisme. Nous devons le reconnaître. 

PAN M 360 : Vous êtes vraiment une battante!

Valentina Magaletti : Merci, j’apprécie! Je fais de mon mieux. Il y a toujours des forces qui essaient de contenir tes pulsions artistiques et diminuer ce que tu fais. Et on doit juste ne pas laisser cette énergie nous envahir.

Ce jeudi Nocturne 2, Holy Tongue se produit à 00:15

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Le 24 août aura lieu à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières le spectacle-expérience À coucher dehors, réunissant une brochette d’artistes de tous horizons pour donner une voie au phénomène grandissant de l’itinérance et participer à conscientiser le public sur cette réalité. Imaginé et dirigé par Jeannot Bournival, la deuxième édition verra Guylaine Tanguay, Lynda Lemay, Koriass, Tire Le Coyote et Stéphan Archambault fouler ses planches en plus de présenter des témoignages, des projections et des photographies pour rendre la soirée plus immersive et sensorielle. On a attrapé Jeannot entre deux répétitions pour lui poser quelques questions sur ce projet plus que pertinent.

PAN M 360: Le spectacle À coucher dehors en est à sa deuxième édition, d’où t’est venue l’idée de donner une voix à l’itinérance sur scène?

Jeannot Bournival : C’est une idée collective et évolutive. C’est parti au départ d’un projet de poésie, porté par Point de Rue, pour lequel plusieurs artistes avaient produit des textes (Philippe Brach, Gaudreault, moi, etc) qui allaient être mélangés à ceux des personnes en situation d’itinérance dans un recueil. Et ce projet-là a vraiment aidé à sensibiliser et à rapprocher les gens, avec des thématiques qui étaient en lien avec cette réalité. Et ça ça m’a marqué parce que moi j’ai pas grandi dans une famille riche, on mangeait ce qu’on nous donnait, et ça m’a laissé cette envie-là de prendre soin si on veut. Ensuite, quelques années plus tard, j’aidais un ami à organiser « Noël dans l’parc » et il mouillait cette soirée-là quelque chose de terrible alors tout le monde était détrempé et le parc s’était vidé….sauf pour les gens en situation d’itinérance qui eux étaient restés. Et j’ai passé la soirée avec eux, j’étais dans une passe un peu difficile, et ça a été une soirée merveilleuse vraiment inclusive et quand je suis rentré à l’hôtel, j’avais envie d’en emmener avec moi tsé alors c’est là que j’me suis dit que je voulais aider, participer à améliorer cette situation. Donc c’est à partir de ce moment-là que j’ai contacté mon ami chez Point de Rue pour m’asseoir avec lui et proposer quelques pistes pour aider (reportage-photo, documentaire, etc) et c’est là qu’il m’a confié qu’il y a une dizaine d’Années, ils avaient organisé un petit show pour venir en aide et ça avait quand même bien marché. J’ai décidé de reprendre ce concept-là en y ajoutant les autres médiums artistiques et en invitant d’autres artistes à se joindre à la cause. C’est là qu’est né À coucher dehors.

PAN M 360 : Il y a d’ailleurs des personnes en situation d’itinérance qui sont employés dans le cadre du spectacle ?

Jeannot Bournival : Oui complètement! J’ai de gens qui viennent à moi, qui me contactent, pour me dire qu’ils ont envie de s’impliquer. Par exemple, j’ai tenu une émission de radio qui s‘appelait « Les nouvelles de la rue » où j’apportais leurs mots, et aussi parfois des extraits de conversations à l’auditoire et un matin j’arrive et il y avait quelqu’un qui m’attendait à Radio-Canada pour me parler. L’itinérance c’est large, c’est tentaculaire. Y’a le suicide, la dépression, les dépendances, les maladies mentales, toutes les ruptures sociales…et c’est là que l’organisme aussi devient un beau soutien pour aider à les intégrer de la bonne manière ou d’un façon qui leur convient. Et en plus, les gens ont la possibilité d’acheter un billet pour faire passer une soirée VIP à une personne vulnérable et on est rendus à 545 billets en ce moment juste pour eux alors ça c’est merveilleux.

PAN M 360 : Est-ce que, par le biais du projet, vous avez pu apporter des améliorations et/ou des changements positifs dans la qualité de vie de certaines personnes au prise avec des défis d’intégration sociale?

Jeannot Bournival : Oui complètement! Ce projet-là les valorise au bout et pour certains d’entre eux, c’est la première fois qu’ils ont le sentiment d’être valides. Je me suis fait beaucoup d’amis dans le cadre de cette initiative et il y en a beaucoup qui gardent contact avec moi, qui m’écrivent, me disent qu’ils ont arrêté de consommer ou qui me font des promesses et les tiennent. Et même pas seulement des gens de la rue, il y a une intervenante sociale qui est venue voir le spectacle avec ses parents qui n’avait jamais cautionné son choix de  carrière et quand ils sont ressortis de la salle, ils avaient compris le travail de leur fille et en était fiers. Il y a des dirigeants qui sont sortis du spectacle en disant « Je pourrai plus diriger de la même façon ». C’est à tous les niveaux que ce spectacle-là permet de se rapprocher les uns des autres.


PAN M 360 : Vous proposez plus que des performances musicales : musique, poésie, photographie et témoignages sont également au rendez-vous, rendant le spectacle plus immersif et sensoriel. J’imagine que les différents médiums aident à rendre palpable cette réalité qui ne leur est pas toujours connu/familière?

Jeannot Bournival : Complètement, c’est tous des médiums de valorisation. Avec la photographie on fige une émotion ou un contexte de manière graphique, ensuite les extraits vidéos et les témoignages viennent expliquer et sensibiliser sur leurs réalités, les poèmes écrits par eux qui se retrouvent dans la bouche d’artistes reconnus leur donnent une voie ans les exposer au stress de la performance…c’est un tout qui agit comme catalyseur de conscientisation et de valorisation.

PAN M 360 : Il est rare de pouvoir apprécier autant d’artistes québécois aux styles différents lors d’un même évènement : Guylaine Tanguay, Tire Le Coyote, Lynda Lemay, Koriass et Stéphane Archambault. Comment as-tu élaboré ce pot-pourri diversifié?

Jeannot Bournival : Je fonctionne par collage comme ça depuis la création de l’évènement, en essayant d’être le plus inclusif possible. Comme ça fait longtemps que je fais de la musique, j’ai été artiste de soutien beaucoup et ça m’A fait rencontrer beaucoup de monde donc ensuite quand vient le temps de penser à des gens pour rejoindre cette belle cause-là, ça se fait un peu naturellement. Guylaine je la connaissais déjà avec son grand cœur, Koriass est un excellent porteur de parole qui ne l’a pas eu facile non plus, Stéphane Archambault j’avais travaillé avec lui par le biais de Mes Aieux, Lynda je l’avais rencontré il y a 15-20 ans en Suisse à parler d’humanisme et Tire Le Coyote je le voulais pas vraiment (rires) mais c’est un bon ami alors j’avais pas le choix de l’inviter haha! En plus ça fait un soirée qui peut rejoindre n’importe quelle génération, n’importe quel style : on passe du folk-country au rap keb donc tout le monde y trouve son compte! Et ça nous donne l’opportunité de créer de belles rencontres artistiques qui nous surprennent! (Cette année on a un duo improbable magnifique entre Guylaine Tanguay et Koriass par exemple)


PAN M 360 : Qui sont les artistes visuels photos et/ou de projections qui sont impliqués dans le spectacle?

Jeannot Bournival : Au niveau des projections, c’est un graphiste-dessinateur de Québec qui s’appelle Simon Giguère qui s‘est occupé des animations. Pour les vidéos des gens de la rue, ça a été capté par Yoan Robert et les photographies sont de moi.

PAN M 360 : Est-ce qu’on peut s‘attendre à une troisième édition en 2026? À voir le concept se promener au Québec?

Jeannot Bournival : Il y aura définitivement une troisième édition et on aimerait ça commencer peut-être à bouger le spectacle chaque année. Peut-être que l’an prochain ce serait dans une autre ville que Trois-Rivières mais ça prend quand même une grosse année de concevoir le show, de parler et de connecter avec tous les gens donc on s’en tient à un show annuel, mais qui bougera dans un futur proche!

https://www.amphitheatrecogeco.com/spectacles/a-coucher-dehors-2025

Cette fois invitée à accompagner visuellement des artistes de la musique plutôt que de générer la sienne à travers ses objets et installations de réputation internationale, la Montréalaise Myriam Boucher porte une légèreté profonde à son travail. Sensibilité accrue et laisser-aller. Sa description d’une performance ressemble plutôt à une pratique méditative de pleine conscience où l’improvisation et l’écoute précèdent toute préparation. Elle attribue cette approche en partie à sa pratique en écologie sonore, et qu’après toutes ces années de pratique, l’adaptation et la collaboration restent au cœur de son art. 

Dans cette interview, Myriam Boucher nous parle de ses différentes pratiques artistiques et comment celles-ci s’influencent les unes les autres, mais surtout nous dévoile-t-elle une philosophie de l’art vivant et un guide sur la collaboration entre artistes musiciens et visuels.

En parlant des performances à venir, elle nous prépare à une rupture de nos attentes. C’est la magie de l’improvisation qu’évoque Myriam Boucher: en ne sachant pas ce qui va se produire, on l’attend en piaffant d’une impatience accrue ! Une raison de plus d’assister à ce premier Nocturne. Car bien que ce ne soit que le début de la série, cela ne se produira qu’une seule fois.

PAN M 360: Comment te sens-tu de revenir jouer à Mutek cette année?

Myriam Boucher: Cette scène-là, pour moi, c’est un peu comme jouer en famille. Ce sont des gens qu’on revoit d’année en année et qui travaillent vraiment pour la communauté en respectant le travail des artistes. C’est un contexte qui se veut très accueillant.

PAN M 360: L’an dernier, tu y as participé trois fois en tant que VJ et artiste. Cette année encore, tu travailles avec trois artistes de styles variés, dans deux espaces différents. Que retiens-tu de tes expériences et comment te prépares-tu aux prochaines?

Myriam Boucher: J’apprends tout le temps. Ça fait quand même plusieurs fois que je joue dans ces espaces-là, mais chaque fois, la musique est différente. Ma façon de jouer et d’utiliser l’espace est elle aussi totalement différente.

Ce qu’on apprend, c’est qu’il faut toujours s’adapter, faire comme si c’était la première fois qu’on jouait. Parce qu’on peut devenir aussi un petit peu trop à l’aise de jouer dans des espaces plusieurs fois. On peut perdre l’écoute.

Chaque année, Mutek propose une nouvelle scénographie assez impressionnante, donc je m’adapte. Par exemple au Théâtre Maisonneuve pour le A/Visions, c’est une scène à l’italienne. Je trouve que ces salles-là ont beaucoup de vide, la scène est grande, l’écran est loin, les gens sont assis, il y a beaucoup d’espace. Ça va être intéressant de travailler avec l’éclairagiste, autant sur les couleurs que sur le style pour comprendre comment remplir cet espace.

Puis je joue avec trois sets de musiciens  exceptionnels dont la présence va être très forte – Yu Su dans Nocturne 1, Shackleton+Waclaw Zimpel+ Siddartha Belmannu dans A/Visions 2 et Kyle Hall dans Nocturne3.  Donc l’idée c’est de ne pas faire une tapisserie sur un écran derrière, mais vraiment d’envelopper leur présence.

PAN M 360:  Dans ta pratique, l’écoute semble donc centrale. En amont, pour discuter avec les éclairagistes et comprendre l’espace, et sur scène, pour écouter la musique des artistes invités. Tu as aussi une pratique en écologie sonore axée sur l’écoute. Y a-t-il des liens entre ces deux pratiques qui t’aident à mieux t’adapter à l’espace et aux artistes qui l’occupent?

Myriam Boucher: J’adore ce lien que tu soulignes parce que c’est vraiment au cœur de ce que je fais. Dans l’écologie sonore, souvent la première chose à laquelle on va penser, c’est de travailler avec des enregistrements de terrain et des paysages. C’est une partie des artistes qui font ça mais ce n’est pas seulement ça. Personnellement, j’aborde vraiment plus l’écologie sonore comme une écoute, mais  aussi comme un espace relationnel.

La pratique de VJ est quand même très axée sur l’improvisation et dans l’improvisation il faut être très à l’écoute; non seulement l’écoute de la musique mais aussi de tout ce qui se passe autour de nous: l’ambiance, l’énergie du public, l’éclairage. On pourrait dire qu’il y a beaucoup de parallèles à faire avec l’écologie du son en ce sens. C’est quelque chose que j’aime parce que je suis dans le moment présent pendant toute la performance, tout le temps en train de réagir.

PAN M 360: Tu joues dans des festivals un peu partout dans le monde. J’imagine que le contexte du public et de l’ambiance varie beaucoup de scène en scène. Est-ce qu’il y a une préparation à ce niveau pour apprivoiser l’espace?

Myriam Boucher: Quand je suis en train de composer, que ce soit des visuels ou de la musique, je pense pas du tout à ces choses-là. Même si on compose quand même en disant qu’on va le partager un moment avec du monde, je vais  suivre mon intuition en premier lieu.

Une fois sur place, quand on va dans des festivals, surtout à l’étranger, on sait un petit peu moins à quoi s’attendre. C’est peut être la première fois qu’on va aller jouer là. Dans ces cas-là je vais m’imprégner de tout. Je vais faire des séances d’immersion du lieu, de la ville et de ses gens et de l’énergie globale. Je vais aller voir plein de shows pour vraiment me laisser imprégner puis intégrer tous ces éléments-là que j’ai vécus du lieu, dans mon set. Ça m’influence énormément.

PAN M 360: Dans ta préparation, comment abordes-tu la collaboration? As-tu développé un vocabulaire ou un rythme de travail qui facilite ces échanges?

Myriam Boucher : Je vais toujours demander quelle est  l’essence de la musique, qu’est-ce que ça signifie pour la personne qui la fait. J’ai fait beaucoup de collaborations avec des gens qui chantent, sans nécessairement en comprendre les paroles, donc je me demande “qu’est-ce que la musique signifie pour la personne? Quelles sont les émotions, quelle est l’ambiance?”

Parfois, la musique peut être super intense mais les émotions qui la portent sont vraiment méditatives ou contemplatives, même si c’est de la techno par exemple. Ça c’est vraiment un échange que je vais toujours avoir avec les artistes. Habituellement, il y a une confiance qui s’installe, j’ai pas mal carte blanche. Mais les couleurs, textures, émotions, le flow, c’est vraiment des mots-clés qui guident mon processus créatif.

PAN M 360: Quelle liberté t’accordes-tu en montant sur scène pour y improviser? 

Myriam Boucher:  100%. Je prépare des visuels, mais cinq minutes avant je peux décider d’utiliser autre chose. J’ai toujours un disque dur avec plein de matériel. Je peux me dire « Cette vidéo est bonne, celle-là finalement non », et aller piger dans ma banque selon le moment.

J’ai ma banque toujours pas loin pour plus de visuels. Je peux changer beaucoup de choses en live, mais il y a quand même une grande préparation en amont, comme je te l’ai mentionné. Je me réserve la possibilité de changer de direction si je le ressens pas. C’est vraiment intuitif, dans le moment présent. Rendu là, il y a comme une espèce de lâcher-prise, en tout cas, que j’ai décidé d’avoir dans ma pratique. Je me dis qu’il est trop tard pour me stresser avec ça, il faut juste que j’en profite.

PAN M 360: Dans ta pratique personnelle en tant que musicienne et artiste audiovisuelle, je me demande comment cette approche intuitive se manifeste. Par exemple, une de tes œuvres, Littoral, combine musique et technologie dans un concept assez robuste. Comment trouves-tu le juste milieu entre une expérience sensible et un discours plus intellectuel ou plus politique ?

Myriam Boucher: C’est une super bonne question, parce que j’ai une approche pas mal 100% sensible. En cela je veux dire que ma démarche n’est pas du tout intellectuelle ou réfléchie ou conceptuelle. Je ne vais jamais penser à ce que je vais faire avant une performance. Je ne sais jamais ce que je vais faire. Mais une fois que je me laisse aller dans le son, dans l’image je vais devenir souvent obsédée par quelque chose qui était sûrement là avant, depuis longtemps, mais qui n’était pas nécessairement assumé ou réfléchi.

Récemment, je me suis acheté un nouveau module de synthétiseur et je me suis rendue jusqu’à à produire des sons de cigales. Tout de suite, ça a déclenché plein de souvenirs de paysages parce que je viens de la campagne. J’ai commencé à être obsédée par ces sons-là, ça a duré des années! Et, finalement, j’ai fait une performance avec ça. Mais tout ça pour dire qu’aux débuts c’est assez intuitif.

Cette année marque la dixième année depuis que Myriam Boucher a présenté pour la première fois à MUTEK en 2015. Elle y présentera à 3 différentes occasions en tant que VJ au Nocturnes pour Yu Su, Kyle Hall et pour la collaboration bien attendue entre Shackleton & Waclaw Zimpel et Siddhartha Belmannu au A/VISIONS 2. Vous pouvez voir plus de ses oeuvres sur son site web: https://www.myriamboucher.com

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Clarinettiste enclin au jazz et aux musiques de création, multi-instrumentiste et compositeur numérique, le Polonais Waclaw Zimpel se produit à deux reprises dans le contexte de MUTEK, soit aux côtés des très respectés producteurs britanniques Sam Shackleton et James Holden avec qui il a enregistré des projets communs et dont les relectures sur scène sont très attendues à Montréal. Improvisation libre, inclusion de musiques classiques indiennes et jeu d’instruments acoustiques (surtout la clarinette) s’invitent dans la créativité numérique que valorise MUTEK comme on le sait. Alain Brunet l’a joint virtuellement en Pologne, soit dans son studio à la veille de son départ pour MTL. Écoutez attentivement les musiques de ces projets et, bien sûr, cette conversation vidéo (en anglais)avant de vous rendre l’entendre à MUTEK.

CE MARDI À NOCTURNE 1 AVEC JAMES HOLDEN

CE SAMEDI À A/VISIONS2 AVEC SAM SHACKLETON ET SIDDARTHA BELMANNU

On n’ira pas par quatre chemins, passons aux choses sérieuses, c’est-à-dire tirer les vers des oreilles de Vincent Lemieux, qui a partagé la tâche de la programmation du 26e MUTEK avec Marie-Laure Saidani et Alain Mongeau.

Valentina Magaletti, Kevin Saunderson, Sam Shackleton, Nicola Cruz et autres Topdown Dialectic sont parmi les archi musts ! On ne fera pas toute la liste d’épicerie de l’événement prévu du mardi 19 août au dimanche 24, mais la liste ici dressée peut aisément vous nourrir pour une semaine de musique et de créativité numérique. À lire attentivement !

PAN M 360 : Ton combientième MUTEK ?

Vincent Lemieux : Mon vingt-cinquième! En fait, la première année, j’y vendais des billets. J’avais alors rencontré Alain (Mongeau), et j’ai commencé à travailler à la programmation la deuxième année.

PAN M 360: Y a-t-il un angle de programmation cette année ?

Vincent Lemieux : Après un 25e anniversaire, nous essayons simplement de bien faire notre travail. On touche du bois car nos statistiques nous disent qu’on aura autant d’affluence que l’année précédente. Nous essayons de rester sur le même élan que l’an dernier, donc.

PAN M 360 : Et ça continue! Alors ne nous perdons pas en conjectures! Essayons de dégager les must absolus de cette programmation. On t’écoute!

Vincent Lemieux : Parmi les artistes phares cette année, Valentina Magaletti fera trois performances cette année. Elle fait le set d’ouverture, elle fait aussi le projet Holy Tongue avec le producteur Al Wootton (anciennement connu sous le nom de Deadboy), le groupe et le bassiste et producteur japonais  Zongamin (Susumu Mukai). Valentina Magaletti travaille énormément, elle est très sollicitée, elle a plein de projets. Elle vit à Londres, elle a sorti l’album Estradas avec Nidia, une artiste portugaise. Et puis elle fait un show  mercredi avec Upsammy, une artiste hollandaise, dans Nocturne 2. Nous avons essayé de tirer le maximum de ses propositions car nous voulions l’avoir à MUTEK depuis quelques années déjà.

Nicola Cruz est un artiste qu’on invite régulièrement. Il donne aussi 3 performances dont une première mardi dehors sur L’Esplanade dans Expérience 1,  il joue ce mardi, donne une performance solo samedi dans Metropolis 2 et se retrouve plus tard en duo avec l’artiste coréenne Machina, ce dimanche à la SAT dans Nocturne 5. ils viennent de commencer à travailler ensemble, ils sont à leurs premiers sets.

Nous sommes très heureux d’avoir le projet e-Dancer de Kevin Saunderson, vendredi prochain en performance live à Metropolis 1, qui fera DJ en son nom jeudi à l’Esplanade tranquille pour Expérience 3, et qui se produira avec son fils Dantiez Saunderson pour le projet e-Dancer qu’il présente dans le monde depuis des années.  Nous avions contacté son agent, on a offert ce qu’on pouvait et l’agent a accepté car il trouvait que le contexte était très bon pour présenter ce spectacle précis, on en est extrêmement contents.

L’artiste montréalaise Gayance (Aïsha Vertus), qui vit actuellement au Portugal, présentera un premier set avec une formation complète à Mutek Montréal, ce vendredi à la SAT dans Nocturne 3. On en parlait depuis un moment avec elle, elle est maintenant prête à le faire pour une première année avec sept musiciens.nes.

Dans les incontournables, le Britannique Sam Shackleton donne deux performances cette année. Il fait d’abord une performance avec le clarinettiste et producteur polonais Waclaw Zimpel (qui joue aussi avec James Holden), et le chanteur indien Siddartha Belmannu, dans le contexte de la série A/Visions 2, idéal dans le contexte d’écoute est très bon au Théâtre Maisonneuve. Et Shackleton donnera son set solo dimanche soir à la SAT, dans le contexte de Nocturne 5.

Le plateau de A/Visions 2 samedi invite la Montréalaise Myriam Boucher pour étoffer la dimension visuelle de cette performance précise. Myriam Boucher aura le même mandat pour accompagner Yu Su à la SAT mercredi, dans le cadre de Nocturne 1 et montera sur scène dans Nocturne 3, jeudi également à la SAT.

Pour la soirée de clôture (Nocturne 5 à la SAT) , il y a aussi l’Américain Topdown Dialectic que j’attendais depuis longtemps.  L’album sorti en 2018 est assez spécial, tous les morceaux sont de cinq minutes. Je suis vraiment curieux d’entendre ça, l’artiste n’accorde aucune interview et ne dévoile pas son identité réelle,  il  offre plusieurs projets fascinants.

Le duo canadien Tush, (Kamilah Apong et Jamie Kidd) auquel se joindra une chanteuse, fait de la house assez mélodique, c’est très beau, et même Matthew Herbert a remixé un de leurs morceaux. Parmi les projets inconnus soumis à MUTEK, on l’a retenu.

À travers les soumissions, nous avons repéré Cleo Leigh, qui vient de Nouvelle-Écosse et qui s’est inscrite dans l’Incubateur, programme de mentorat de MUTEK, que notre collègue programmatrice Marie-Laure Saidani a initié.

De Vancouver, on a sélectionné  E + EO, Ensemble, ephemeral objects et IHA, un duo audiovisuel.

Dans le contexte d’Expérience 6, soit dimanche à l’Esplanade, nous avons invité notre chère amie montréalaise Salima Bouaraour (Shadya) et son collègue Samuel Ricciuti (Dog Bless You) qui forment le duo Safia Nihil et assurent la direction du label Kito.Kat.

Il y a aussi NikNak, une artiste afro britannique invitée à Nocturne 4, qui m’intrigue énormément. C’est Alain qui l’a vue dans un festival. C’est une artiste qui fait du platinisme et donc du scratching. Mais elle n’est pas hip-hop, elle est plutôt techno. Elle sera samedi à la SAT, dans le cadre de Nocturne 4.

Je pourrais en dire bien plus long mais je m’arrête avec ROLROLROL c’est le projet « naive computer jazz » du produceur hollandais Jameszoo, qui a enregistré sous le label Brainfeeder. C’est un mélange de house, avec de très bons claviers. Un coup de coeur!  

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Clarinette basse et saxophone solo de l’OSM, André Moisan se joint à des collègues improvisateurs pour un match d’improvisation musicale! Dans le contexte de la Virée classique, il se joint à la tromboniste Hélène Lemay, au guitariste Jimmy Lahaie ainsi qu’aux comédiens Emmanuelle Fadin, Marie-Lune Falardeau-Drolet, Julien Normand, William Bernaquez et (l’arbitre) Martin Racine. Ce dimanche midi, gratuit à la Virée!

Ce dimanche midi à l’Espace culturel George-Émile-Lapalme (GEL) de la Place des Arts

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L’année 2025 marque le 50ème anniversaire de l’Alliance chorale du Québec (ACQ). Pour l’occasion et dans l’esprit des grands rassemblements de chœurs, l’ACQ se joint à la programmation de la Virée classique de l’OSM pour faire vibrer de leurs voix multiples la passion du chant choral qui a été semé par l’alliance depuis un demi-siècle. Un projet d’envergure réunissant plus d’une centaine de choristes qui se retrouveront le 17 août pour deux prestations en après-midi où tant des œuvres du répertoire folklorique et populaire du Québec, de même que des incontournables du répertoire choral seront présentées et dirigées par le chef Simon Rivard accompagné de la pianiste Amélie Fortin. Pour parler de cet évènement et de cette célébration, Alexandre Villemaire s’est entretenu avec la directrice générale de l’ACQ, Roxanne Croteau.

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Encensée par la critique pour sa forte présence scénique, la profondeur de ses interprétations et son agilité vocale, la jeune mezzo-soprano écossaise Beth Taylor est de retour à Montréal pour présenter un programme double lors de l’édition 2025 de la Virée classique de l’OSM. Présente en janvier 2025 où elle avait interprété avec l’OSM des lieder d’Alma Mahler dans un concert où elle était mise à l’honneur aux côtés de la Symphonie nᵒ 6 de son mari Gustav, cette fois, suivant la thématique de la nature qui jalonne cette saison de la Virée classique, Beth Taylor propose deux programmes contrastants. En premier lieu, le samedi 16 août avec l’OSM et Rafael Payare, le cycle Sea Pictures d’Edward Elgar ; une poésie musicale mettant de l’avant les différentes natures de l’océan qui peut être aussi belle que dangereuse. Et puis le lendemain, le 17 août à la Cinquième salle de la Place des Arts, un récital de chant où, accompagnée au piano par Esther Gonthier, elle présentera un programme éclaté allant des mélodies françaises de Reynaldo Hahn aux lieder de Clara Schumann et Johannes Brahms en passant par les chants folkloriques de Benjamin Britten explorant à la fois les thèmes de l’amour et de la nature.

Avant ce mini marathon de concert, elle s’est entretue avec le collaborateur de PAN M 360 Alexandre Villemaire autour de ces programmes et de ce qu’ils représentent.

Crédits photo : Olivia Da Costa

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Lauréat du Concours de l’OSM en 2022, le pianiste canadien Godwin Friesen était venu d’abord des Praires à Montréal pour y faire sa maîtrise en interptétation (à l’UdeM), avec le succès qu’on lui connaît maintenant, bien qu’il soit encore considéré par le public comme un artiste émergent. Cette perception pourrait changer cette semaine, puisque le pianiste de concert se retrouve bien en vue dans trois programmes distincts de la Virée classique depuis mercredi. Deux œuvres symphoniques de Míkis Theodorákis, une de Dmitri Chostakovitch et une composition originale de son cru pour petit ensemble sont jouées à La Virée, soit au programme gratuit exécuté au pied du Stade olympique et deux autres en salle ce samedi 16 août, soit à 14h (programme intitulé Quatuor de Smetana: une vie en 4 mouvements) et à 20h30 (programme La Symphonie Pastorale de Beethoven). Pour PAN M 360, Alain Brunet a eu une charmante conversation avec Godwin Friesen.

Programme de 14h30, samedi, Cinquième Salle de le PdA

Artistes

Godwin Friesen, piano

Justin Saulnier, violon

Sydney Adedamola, violon

Sebastian Gonzalez Mora, alto

Sophie van der Sloot, violoncelle

Œuvres

Godwin FriesenPsaume 19 pour quatuor avec piano (11 m)

Dmitri Chostakovitch, Trio no 1, pour piano, violon et violoncelle (12 min)

Bedřich Smetana, Quatuor no 1 en mi mineur « de ma vie » (30 min)

Programme de 20h30, samedi, Maison symphonique

Artistes

Rafael Payare, chef d’orchestre

Timothy Hutchins, flûte

Godwin Friesen, piano

Œuvres

Míkis Theodorakis, Sinfonietta pour flûte, piano et orchestre à cordes (22 min)

Ludwig van Beethoven, Symphonie no 6 « Pastorale » (38 min)

photo: Antoine Saito pour l’OSM

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