Nadine Altounji n’est pas nouvelle à MUZ. Elle a déjà participé à une édition précédente mais cette fois-ci, elle sera accompagnée entre autres par Assane Seck pour nous partager des chansons de ses précédents EP. Après avoir été guitariste pour d’autres pendant plusieurs années, elle s’est mise à apprendre le oud et à composer ses propres chansons. Elle chante en français, anglais, espagnol et arabe et sera en performance le jeudi 2 octobre au Studio TD. Keithy Antoine s’est entretenue avec elle pour PAN M 360.
Interviews
Originaire de São Luís de Maranhão au Brésil, aussi connue comme la capitale du reggae, Rommel est arrivé au Québec il y a 20 ans. Depuis lors, il a fait des rencontres avec d’autres artistes, notamment Vox Sambou avec qui il prépare un projet d’album qui devrait paraitre l’année prochaine. En attendant, il nous prépare un concert avec des musiciens qui l’accompagnent depuis plusieurs années et ensemble, ils vont nous faire groover avec de la musique populaire brésilienne (MPB) mixée avec d’autres influences telles que le reggae, l’afro-beat, le funk et le jazz. Keithy Antoine s’est entretenue avec lui pour en savoir plus sur son parcours et ce à quoi nous pouvons nous attendre le 2 octobre au Studio TD.
On pourrait penser qu’il n’en est pas à sa première participation à MUZ, mais c’est pourtant le cas. Et pour l’occasion, Boogát sera accompagné de deux musiciens, dont l’un est presqu’un membre de sa famille. Il nous proposera un mélange de musique latino-américaine mixée avec de l’afrobeat, du dancehall et bien d’autres inspirations. Un habitué de la scène artistique, il reste humble et se considère comme un éternel élève. Il a partagé ses nombreuses passions avec notre collaboratrice Keithy Antoine, à quelques jours de son spectacle prévu le jeudi 2 octobre au Studio TD.
Yvern s’inspire du déclin dramatique de l’hiver québécois dans sa partie méridionale. Gabo Champagne, sa conceptrice, est une artiste œuvrant dans les milieux de la musique contemporaine et des arts vivants. Compositrice de formation, elle a aussi étudié le théâtre, la danse et l’art performance. Son profil multidisciplinaire l’a menée à concevoir diverses productions et nous voilà bientôt au cœur de l’Yvern.
Les œuvres récentes de Gabo sont proches de l’opéra et/ou du théâtre musical expérimental. Elle vise la “dissipation des séparations entre le scénique et l’audible”, c’est-à-dire une propension aux distinctions de moins en moins perceptibles dans les œuvres transdisciplinaires.
Cette fois, cependant, Gabo travaille surtout avec des instrumentistes qui sont partie prenantes de cette œuvre créée ce jeudi 2 octobre au Théâtre La Chapelle, dans le contexte du festival Flux en partenariat avec Le Vivier et Québec Musiques Parallèles.
PAN M 360 : Racontez-nous la genèse de cette œuvre :
Gabo Champagne : On a d’abord fait une résidence à la maison de la culture Pointe-aux-Trembles en 2024, puis on a filmé notre sortie de résidence pour nos dossiers. Ça n’a jamais été rendu public
PAN M 360 : Ce travail évoque ta perception des mutations malheureuses de l’hiver québécois, dans le contexte des changements climatiques.
Gabo Champagne : Oui, exactement. Je vois l’hiver se transformer, je vois de moins en moins de neige et de plus en plus de pluie. On a maintenant des températures exceptionnellement hautes en janvier et en février. Une perspective que je trouve vraiment alarmante. J’ai donc essayé une façon différente ou alternative de parler de ces catastrophes environnementales. Dans le cas de l’hiver, c’est plus proche du cœur et de la culture. Pour moi, la culture québécoise tourne d’abord et avant tout autour de l’hiver, autour de notre rapport à notre nordicité, au froid, à notre résilience au froid. Je suis né un 15 novembre, c’est la période des premières neiges. C’est toujours un moment très fort pour moi. Je me suis rendu compte que ça m’affecte d’une façon singulière.
PAN M 360 : On est rendu dans un climat qui prévalait à plusieurs centaines de kilomètres au sud de chez nous.
Gabo Champagne : Exactement. Des prévisions climatiques nous révèlent qu’il n’y aura plus vraiment de neige dans le sud du Québec vers la fin de ma propre vie. C’est extrêmement alarmant pour moi. Ça me peine énormément. J’avais envie de l’exprimer, parce que je trouve qu’aussi l’hiver est une saison mal aimée.
On dit souvent qu’on est des faux nordiques au Québec et tout ça. J’avais envie de faire une œuvre qui nous permette de reconnecter ou en tout cas de connecter plus, de manière plus profonde peut-être avec cette saison-là, puis de se rendre compte que même si ce n’est pas toujours facile, puis même si on n’a pas toujours un amour léger pour cette saison-là, mais qu’elle est à chérir parce qu’elle n’est pas durable puis qu’elle va être appelée à éventuellement disparaître. Et donc cette œuvre-là est concentrée sur ce constat-là et cette déception, enfin ce bouleversement intérieur.
PAN M 360 : Voyons voir comment cela s’articule. Vous travaillerez avec le théâtre, avec l’audiovisuel, avec la musique, avec le son, etc. Plusieurs pratiques sont présentées en surimpression. Alors expliquez-nous comment vous avez construit Yvern.
Gabo Champagne : Moi, j’ai une maîtrise en composition musicale, fait que j’ai vraiment comme ce parcours-là pour décrire des partitions, puis etc.Puis je me suis intéressé au théâtre musical dans le style de Kagel, notamment.
Dans ce projet, je travaille cette fois avec une équipe d’instrumentistes. Mon théâtre musical va peut-être un peu plus loin avec cette proposition. En fait, il y a des moments qui sont composés avec partitions mais il y a aussi beaucoup de moments où on a travaillé ensemble en studio. On a passé près de 80 heures ensemble à élaborer le matériel de l’œuvre. Tous les instrumentistes sont invités à se déplacer, à agir, donc à faire partie du théâtre par leur performance qui s’enchevêtre, se mélange à la trame théâtrale.
PAN M 360 : Et quel est votre posture dans ce programme? Votre implication sur scène?
Gabo Champagne : J’agis davantage à titre d’actrice performeuse. Je prends la parole, je peux aussi générer un peu de son, je suis le cœur théâtral. L’ensemble instrumental m’accompagne, on peut parler d’une façon de jouer qui s’approche de la musique actuelle : improvisations dirigées, « comprovisation » , mais aussi respect d’une structure préalablement établie ensemble en studio.
PAN M 360 : Avant la création sur scène, Yvern n’a pas été enregistré en audiovisuel?
Gabo Champagne : Non, ce sera la première sur scène. Il n’y a aucun élément audiovisuel de l’œuvre achevée pour l’instant.
PAN M 360 : Vous avez, non, ça résulte de la résidence que vous avez terminé au Vivier (église St.Hilda) une semaine avant la première?
Gabo Champagne : L’année passée, on a eu une semaine de résidence à la Maison de la culture Pointe-aux-Trembles et on a filmé le tout. Après ça, j’ai continué à retravailler, à développer des idées, à voir qu’est-ce qui ne fonctionnait pas dans la captation, puis à réécrire. Puis nous venons de passer près de 80 heures au Vivier, nous sommes partis de ce que nous avions élaboré dans la résidence précédente.
PAN M 360 : Vous avez eu vos dernières répétitions le vendredi 26 septembre.
Gabo Champagne: Après ça, on entre en salle directement. Donc, il y a Jenn Mong au piano, Yan Cheng aux percussions, An Laurence Higgins guitare, Thomas Gauthier Lang saxophone, Émilie Fortin trompette, Audrey-Anne Fillion violoncelle. De plus, il y a une conseillère à la mise en scène, JJ Houle, et Darah Miah aux éclairages.
PAN M 360 : Et vous, vous circulez sur scène, vous faites partie de l’œuvre, vous intervenez en tant que Gabo Champagne, qui arrive dans l’œuvre qui, d’après ce que je comprends, est beaucoup plus musicale et sonore que audiovisuelle, n’est-ce pas?
Gabo Champagne : Oui, exactement. Cette fois , c’est vraiment construit autour des instruments de musique.
PAN M 360 : Aucune musique préenregistrée?
Gabo Champagne : Aucune, non.
PAN M 360 : C’est complètement live, la musique est exécutée selon tes consignes ou bien improvisée, c’est ça?
Gabo Champagne : Oui. L’œuvre est structurée en trois parties, ce qui n’est pas toujours si évident à percevoir. Il y a une partie, disons, qui n’est pas transparente pour le public, mais pour nous, elle est centrée sur l’enfance autour de l’hiver, puis une partie sur l’âge adulte qui peut évoquer l’adversité face à l’hiver, et une dernière partie qui illustre ma mort coïncidant avec la disparition de l’hiver.
PAN M 360 : Eh oui… Le climat du sud québécois sera alors devenu ce qu’est actuellement le climat du Delaware ou du Maryland.
Gabo Champagne : Une part du texte est d’ailleurs une conversation entre l’hiver et moi, sorte de relation épistolaire.
PAN M 360 : OK! Un entretien en continu avec l’hiver, de l’enfance jusqu’à la mort.
Gabo Champagne : Exactement. Aussi à travers cette trame, je peux manipuler des objets, me déplacer dans l’espace, me retrouver proches des instrumentistes et jouer avec eux. Je navigue dans ces eaux.
PAN M 360 : En somme, le visuel c’est toi!
Gabo Champagne : Oui, c’est ça, je m’imagine un peu comme le cœur, l’élément visuel, théâtral, performatif de l’œuvre. Mais il y a aussi des moments où l’attention se trouve sur certain.e.s instrumentistes qui peuvent aussi se déplacer dans l’espace, produire des sons avec leur voix et autres. Tout ce monde participe à cet environnement, mais on peut dire que le cœur théâtral se trouve à être moi qui agis, moi qui dis du texte, moi qui fais des actions.
PAN M 360 : Quelle est la durée de l’œuvre?
Gabo Champagne : 40 minutes.
PAN M 360 : Comment avez-vous travaillé pour indiquer à qui jouer quoi ?
Gabo Champagne : Quelques bouts sont vraiment écrits, des moments solistes, etc. De mon côté, j’élabore les grandes sections, ce qui va se passer de manière générale. Après quoi on y va de manière de plus en plus précise.
En résidence, je vais décrire les actions qui allaient se passer, l’environnement sonore souhaité. Il y a un moment de découverte, puis de plongeon et de partage, de collaboration avec l’ensemble.
PAN M 360 : Les instrumentistes apportent-ils quelque chose dans la conception?
Gabo Champagne : Je n’ai pas une idée si précise de ce que je veux entendre. J’aime beaucoup demander à mes instrumentistes ce qu’ils pourraient suggérer, j’aime me laisser surprendre par ce qu’ils vont m’offrir. Puis on essaie ceci ou cela. Une fois qu’une scène est apparemment finie, les gens continuent à jouer de la musique, ce qui m’incite à créer autre chose de mon côté. De nouvelles scènes naissent de fil en aiguille. Donc une large part de l’œuvre est le résultat d’une collaboration, d’une communauté qui se rassemble autour d’un projet centre.
PAN M 360 : Jusqu’à quel point chacun ou chacune est libre d’y ajouter sa part de création? On imagine que ça commence en improvisation, en atelier, puis ça finit par se sceller jusqu’à un certain point, de plus au fur et à mesure que le travail évolue, c’est ça?
Gabo Champagne : Oui, c’est ça. Puis il y a des moments, tu sais aussi, je vais les écouter jouer, puis là, je vais faire du sound painting, sur le volume ou l’instrumentation, je vais lever la main pour dire ce que je veux. On va essayer des choses comme ça ensemble.
PAN M 360 : Et au bout de quelques dizaines d’heures, ça finit par prendre forme.
Gabo Champagne : Oui. On est rendu à faire des enchaînements, puis après ça, on a trois jours d’entrée en salle.Fait qu’on va vraiment continuer à répéter, à peaufiner, à faire des enchaînements.
PAN M 360 : Ferez-vous un document audiovisuel avec la création au théâtre La Chapelle?
Gabo Champagne : Oui, on espère que la captation sera incroyable. Normalement, tout est arrangé pour qu’on y parvienne.
Programme
- Elijah Daniel Smith: Perihelion , 2025 (12′)
- Gemma Peacocke: Dwalm , 2018
- Roshanne Etezady: Keen , 2004
- Antonin Bourgault: Quand je ne dis mot je parle encore , 2025 (7′) pour quatuor de saxophones – création
- Gabo Champagne: Yvern , 2025 (40′) – création
Artistes
- Gabo Champagne (performance, composition, co-mise en scène)
- Yang Chen (percussions)
- Jenn Mong (piano)
- An Laurence 安媛 (guitare)
- Émilie Fortin (trompette)
- Audréanne Filion (violoncelle)
- Treffpunkt Saxophone QuartetGuy Lavoie (saxophone soprano)Thomas Gauthier-Lang (saxophone alto)Antonin Bourgault (saxophone tenor)Edmond Forest (saxophone baryton)
Originaire de Colombie, Ramon Chicharron a déjà participé à une édition de MUZ il y a près de dix ans. Depuis lors, la carrière de l’artiste n’a pas cessé d’évoluer, alors qu’il parcourt le monde en partageant sa musique des « Caraïbes » de la Colombie, ce à quoi il rajoute une touche électro. Il va clôturer la 15ème édition le dimanche 5 octobre, le même soir que Kizaba et Lavanya, et il en a profité pour échanger avec Keithy Antoine pour PAN M 360 à quelques jours du spectacle.
Le jeune rappeur Muhoza, grand vainqueur des Francouvertes 2025 présentera son spectacle lors de POP Montréal le 27 septembre au Piccolo Rialto dans une soirée qui inclut aussi DAM et Narcy.
PAN M 360: J’ai eu le plaisir de découvrir ton projet musical lors des dernières Francouvertes que vous avez remporté avec brio toi et ta troupe. Je dois dire que ton aisance sur scène était remarquable.
Muhoza: Merci beaucoup c’est super gentil! On est super fiers de notre parcours. C’est une tranche de vie qu’on oubliera jamais.
PAN M 360: Quel est ton background a culturel? Où as-tu grandi et comment est-ce que cela impacte ta musique?
Muhoza : Mes parents sont des immigrants africains qui sont établies à Montréal depuis plus de 2 décennies maintenant. Ma mère est rwansaise et mon père est camerounais. Je suis enfant unique. J’ai toujours grandi à Ahuntsic dans un HLM. Il y avait toujours de la musique qui jouait dans la maison et encore aujourd’hui. Je pense que ça m’a beaucoup accompagné lors de mon enfance sans frère et soeur. Cette situation impacte ma musique dans une approche crue et une identité assez claire car j’ai du grandir assez rapidement.
PAN M 360: Quelles sont tes influences et tes références au niveau du rap, autant musicalement qu’au niveau des textes?
Muhoza : Mon artiste préféré c’est J DILLA. Donc tout ce qui touche de près ou de loin à son héritage musicalement me rejoint beaucoup. De Slum Village à The Roots en passant par Erykah Badu, c’est exactement le genre de musique qui m’a bercé et qui me définit encore aujourd’hui.
PAN M 360: Ton album Bijou est décliné en deux versions, l’une studio et l’autre Live, mais avec plus de différences entre les deux que la norme. Comment et pourquoi faire ce choix créatif?
Muhoza: En gros, l’idée d’adapter Bijou en version live vient de la première que je suis allé voir Groowve MTL au Turbo Haüs un mercredi soir avec mon ami Liam. Puisque c’est un Open mic, je n’ai pas hésité à monter sur scène avec ces musiciens super talentueux. La sensation d’osmose et de ne pas être seul m’a convaincu de monter un band. Je tiens aussi à remercier mes musiciens qui ont changé ma vie. Parce que c’est essentiellement les mêmes musiciens depuis le début et ils n’ont jamais douté du projet et c’est important pour moi.
PAN M 360: Finalement, qu’est-ce qui t’attend pour l’année 2025-2026? Que pouvons-nous te souhaiter pour la prochaine phase de ton parcours en tant qu’artiste?
Muhoza : Un projet avec Carson, la meilleure voix de Montréal, et les musiciens. Souhaitez nous du fun et de la santé. One love
PAN M 360: Merci, j’ai bien hâte de vous voir au Piccolo Rialto ce samedi 27 septembre aux côtés de DAM et Narcy.
Muhoza: Merci beaucoup on a vraiment hâte de performer dans ce « venue » légendaire. Peace.
Depuis l’an dernier le Festival FLUX soumet sa proposition artistique dans le paysage montréalais des musiques expérimentales. Jusqu’au au 11 octobre 2025, Flux souhaite offrir un mélange unique de concerts, d’ateliers, de tables rondes, de présentations, de causeries et de lancements, le tout axé sur la performance, le paysage et la politique.
Plusieurs artistes locaux et internationaux feront vivre cette programmation et ça commence vraiment le 2 octobre avec Gabo Champagne, et ce sera un feu roulant jusqu’au 11, avec l’artiste Navajos Raven Chacon, le percussionniste afro-américain Andrew Cyrille, la compositrice thaïlandaise Liew Niyomkarn, la saxophoniste argentine Camilla Nebbia et plus encore.
L’organisme Arts in the Margins chapeaute FLUX, un événement fondé sur des partenariats avec d’autres joueurs du milieu : daphne, EAF, Innovations en Concert, Institut international pour les études critiques en improvisation, Interzone, Laboratoire de culture urbaine, Le Vivier, Mardi Spaghetti, No Hay Banda, Québec Musiques Parallèles, Réseau canadien pour les musiques nouvelles , Small Scale Music.
INFOS ET BILLETS / INFOS & TICKETS HERE
Since last year, the FLUX Festival has been presenting its artistic program on the Montreal experimental music scene. Until October 11, 2025, Flux offers a unique mix of concerts, workshops, round tables, presentations, conferences, and launches, all focused on performance, landscape, and politics.
Several local and international artists will bring this program to life, kicking off on October 2 with Gabo Champagne, followed by a rapid-fire lineup until the 11th, featuring Navajo artist Raven Chacon, African-American percussionist Andrew Cyrille, Thai composer Liew Niyomkarn, Argentine saxophonist Camilla Nebbia, and more.
Arts in the Margins oversees FLUX, an event based on partnerships with other players in the field: daphne, EAF, Innovations en Concert, International Institute forCritical Studies in Improvisation, Interzone, Urban Culture Laboratory, Le Vivier, Mardi Spaghetti, No Hay Banda, Québec Musiques Parallèles, Canadian Network for New Music , Small Scale Music.
Originaire de la République démocratique du Congo, Kizaba est sur toutes les scènes nationales et internationales. Révélation Radio-Canada 2024-2025, il a eu un été très occupé et s’apprête déjà à reprendre la route direction WOMEX. Justement, le spectacle qu’il présentera au Studio TD sera un aperçu de ce qu’il fera au WOMEX, on aura donc une exclusivité d’une certaine manière. Celui qu’on nomme « pionnier la musique électro-congolaise » s’est entretenu avec Keithy Antoine de PAN M 360 pour parler de son évolution de carrière vertigineuse.
Lavanya est une artiste qu’on ne présente plus. On la voit souvent dans des événements de Vision Diversité mais également ailleurs dans la ville et dans la province. Elle est accompagnée par des musiciens venant du Brésil, du Mali, du Bangladesh, de Haïti et sa musique intègre toutes ces influences. Avec son baggage en chant classique indien enseigné par son père, elle a su y rajouter la musique québécoise et nord-américaine avec sa touche bien particulière. Keithy Antoine a pu s’entretenir avec elle pour en savoir plus sur son parcours et elle sera au Studio TD le dimanche 5 octobre pour clôturer la 15ème édition.
Dan Seligman est fondateur et toujours directeur créatif de Pop Montréal, le principal hapenning automnal présenté à Montréal. Il dirige l’équipe ayant recruté les artistes et groupes prévus du mercredi 24 au dimanche 28 septembre. Comme c’est le cas chaque année, PAN M 360 lui a demandé d’identifier les 5 must quotidiens de sa direction artistique. Voilà les choix prioritaires de la 5e et dernière journée de POP MTL 2025!
Do Make Say Think est selon moi le premier choix de dimanche, la plus grosse affaire. Je suis un grand fan de ce band sous étiquette Constellation depuis 1997, la dernière fois que j’ai essayé de les invités, le concert avait dû malheureusement être annulé. Expérimental, post-jazz, improvisation, à la fois jammy et construit, défie toutes catégories. Je ne les ai pas vus depuis longtemps, ils travaillent depuis 1995. La bio de POP nous indique que Do Make Say Think s’est imposé comme l’un des pionniers du post-rock pour ensuite migrer vers d’autres hybridations.

« Mellonella est le band de Neptune Lightburn, fille de Natalia et Murray des Dears. C’est un des très bons groupes émergents de Montréal, très proggy, punk aussi. Il y a actuellement toute une scène émergente d’artistes en début de vingtaine. Ma fille de 16 ans me tient au courant parce qu’elle est très impliquée dans cette scène. La programmation du P’tit Ours aujourd’hui en témoigne. »
Aussi peut-on lire dans la bio de Mellonella : « Nous sommes inspirés par King Crimson, ELP, Genesis ou Yes, mais aussi par des expérimentaux modernes comme Black Midi et Geordie Greep. Notre musique comporte de nombreuses signatures temporelles impaires, des chansons aux structures compliquées et des compositions de longue durée. »

« La parade démarre du Club social à 13 heures. Parmi les artistes, il y a la fanfare de Josh Dolgin (Socalled). Fanfargenign est le nom d’un projet de musique folklorique yiddish, une expérience de fanfare klezmer ancrée dans les traditions yiddish. Avec Josh comme maître de piste, c’est le groupe principal de la Parade du Mile-End, aussi avec avec Hawt Dawg, Avery Jane, Fraud Perry et invités. »

Dimanche PM, le Sound Bath (bain sonore) est dirigé par Lisa Iwanycki (Creature), Robbie Kuster (Pat Watson, René Lussier, etc.), Laurel Sprengelmeyer (Little Scream), qui s’annonce comme un événement de calme et de guérison. On enlève ses chaussures, on ferme les yeux…

Unessential Oils est le nouveau projet de Warren Spicer, chanteur du groupe montréalais Plants and Animals. Le projet est inspiré par le jazz, le folk, le Tropicália, Jorge Ben, Daniel Lanois, Miles Davis et plus encore. D’une certaine façon, il arrive à recréer la magie originelle de Plants and Animals, ce côté ouvert, expérimental, folkie aussi enclin à l’improvisation.

Avant leur concert au Théâtre Fairmount pour l’ouverture du festival POP Montréal, mercredi dernier, Siggi m’a invité à m’entretenir avec deux des membres fondateurs de múm, Gunnar Örn Tynes et Sigurlaug Gísladóttir.
Ils m’ont accueilli chaleureusement et ont répondu généreusement à mes questions sur leur pratique créative. Leur album History of Silence, sorti quelques jours auparavant, apporte une touche unique à leur instrumentation hybride mêlant cordes et électronique.
À la manière d’un orchestre, les deux univers se rencontrent dans de longues vagues qui rappellent la collaboration entre Floating Points et le London Symphony Orchestra, une vague apaisante qui calme l’esprit.
Dans cette interview, Gunnar et Sigurlaug discutent de la production de l’album, du rôle de l’électronique live et de leur approche de la performance.
PAN M 360 : Je pense que nous pourrions commencer par l’annonce la plus évidente de múm, à savoir que vous avez sorti un album le 19 septembre, il y a quelques jours à peine. Tout d’abord, parlons du titre, History of Silence. Il est très évocateur. Comment avez-vous trouvé ce titre ?
Gunnar : Eh bien, nous aimons donner à nos chansons et à nos albums des titres qui suscitent des réflexions chez l’auditeur ou chez ceux qui les perçoivent. Nous préférons donc ne pas avoir de définition stricte des choses. C’est plutôt à l’auditeur de décider. Mais bon, plusieurs titres étaient en lice, et celui-ci l’a emporté. Je veux dire, il est intrigant. L’album comporte également des moments de silence. Et bien sûr, nous n’avons pas sorti d’album depuis 13 ans environ. Peut-être fait-il également référence à ce silence.
Sigurlaug : Il existe clairement un lien entre l’espace négatif en musique, où l’on laisse le silence faire partie intégrante de la composition, comme l’absence de quelque chose. Le titre y fait allusion, mais rien n’est littéral dans notre façon de faire les choses. Il y a plusieurs façons d’interpréter le titre. Et le plus amusant, c’est d’entendre ce que les autres en retirent. Si quelqu’un écoute, puis fait le lien, et trouve un contexte qui pourrait être nouveau pour nous, cela fait toujours partie du processus de création artistique. Ce n’est jamais complet tant qu’il n’y a pas quelqu’un d’autre impliqué, un public.
Gunnar : Notre deuxième album s’intitule Finally We’re No One, ce qui est également très difficile à expliquer. Mais d’une manière ou d’une autre, les gens comprennent. Il a un sens, mais ce sens est un peu abstrait et ouvert à l’interprétation. Et une fois qu’il est interprété, je pense que chacun y associe ses propres émotions.
PAN M 360 : Vous avez mentionné les espaces négatifs. J’aimerais développer un peu ce point, car je pense que l’une des particularités de votre groupe est qu’il compte beaucoup de membres. Je suppose donc que pour que cela fonctionne, tout le monde doit être très conscient de ces espaces négatifs. On pourrait penser qu’avec autant de personnes, il y aurait toujours du bruit. Mais dans votre musique, il y a en fait une sensibilité très calme. Comment cela s’est-il produit ? Est-ce dû aux personnes que vous choisissez ? Y a-t-il une orchestration lorsque vous jouez ?
Gunnar : Non, nous sommes très démocratiques et libéraux.
Sigurlaug : Je dois dire qu’il y a un avantage à avoir deux compositeurs principaux. Il y a deux personnes pour qui c’est votre projet, et les gens viennent collaborer. Il n’y a pas trop de cuisiniers dans la cuisine, pour ainsi dire. Il n’y a pas trop de cuisiniers. Il y a deux cuisiniers dans la cuisine, puis une équipe de sous-chefs. Cela aide aussi beaucoup pour la direction. Ce serait beaucoup trop si nous devions être démocratiques pour chaque décision dans les moindres détails.
Et pour nous, les autres, c’est tellement amusant de participer à ce projet dirigé par eux. Je dirais qu’il y a deux personnes qui ont le pouvoir de faire des coupes pour que vous ayez de l’espace. C’est donc très utile dans ce processus spécifique. Mais quand nous jouons en live, c’est différent, car on se sent plus comme un groupe et nous contribuons tous. Ce n’est pas comme s’ils étaient vraiment les patrons quand nous jouons en live. Nous avons alors une meilleure démocratie. Mais dans le processus d’enregistrement, c’est vraiment utile d’avoir des gens autour.
PAN M 360 : En parlant de live, nous allons assister à votre concert ce soir, donc cela tombe plutôt bien. C’est une question qui revient régulièrement : lorsque vous sortez un album et que vous avez consacré beaucoup de temps à la production – qui peut être précise, très contrastée sur le plan dynamique –, lorsque vous vous apprêtez à jouer en live, comme vous le disiez, maintenant que tout le monde contribue un peu plus, cherchez-vous à reproduire le plus fidèlement possible ce qui se trouve sur l’album ? Ou avez-vous plutôt une approche improvisée ?
Gunnar : Nous laissons généralement nos chansons vivre leur propre vie. Elles renaissent en quelque sorte lorsque nous commençons à les jouer en live. Et très souvent, elles changent beaucoup après avoir été jouées en live ; surtout au fil des années, certaines chansons changent radicalement. Elles ont donc une seconde vie quand nous les jouons en live. Ça peut paraître bizarre, mais… Il y a évidemment certaines parties auxquelles nous voulons rester fidèles, mais maintenant, nous sommes plus libres, je pense. Nous les laissons en quelque sorte naviguer dans la direction qu’elles veulent.
Sigurlaug : Cela dépend aussi de la composition du groupe, car elle a beaucoup changé au fil des ans. Certaines personnes sont plus enclines à l’improvisation, comme Róberta, notre incroyable guitariste actuelle. Elle ne joue presque jamais deux fois la même chose, ce qui fait le bonheur de tout le monde sur scène, car elle est vraiment incroyable.
PAN M 360 : J’avais une question à propos des instruments de musique électroniques. Vous jouez avec des instruments électroniques depuis plus de dix ans. Quelle est votre relation avec les progrès technologiques dans ce domaine ? Comment gérez-vous les technologies « obsolètes » ?
Gunnar : Il y a quelques équipements auxquels il faut renoncer parce qu’ils ne sont tout simplement plus utilisables. Mais oui, principalement les échantillonneurs. Je veux dire, les équipements analogiques sont tout aussi pertinents. Je pense que, comme pour tout autre instrument, c’est toujours amusant d’acquérir un jouet qui vous enthousiasme et vous inspire. Parfois, il s’agit d’une nouvelle technologie. Parfois, il s’agit simplement d’une ancienne technologie que je n’ai jamais expérimentée auparavant.
Malheureusement, beaucoup de nouveaux instruments électroniques sont destinés à un type de musique très spécifique. Beaucoup d’instruments électroniques sont conçus pour créer un certain type de musique, souvent orientée vers la musique dance ou clubbing. Nous, on va plutôt dans l’autre sens. On fait des trucs plus bizarres. Si nous sommes le groupe que nous sommes aujourd’hui, du moins en live, c’est parce que nous avons commencé avec beaucoup d’équipements électroniques et que nous avions des séquenceurs MIDI sur scène, et c’est ce que nous faisons.
Mais nous avons fini par trouver un peu ennuyeux de rester derrière des instruments électroniques et d’appuyer sur des boutons. C’est pourquoi nous avons commencé à jouer des instruments avec l’électronique, car le séquençage est quelque chose que l’on fait de toute façon chez soi. On vit dans le mensonge si on prétend le faire en live. Je veux dire, on pourrait, mais c’est du séquençage. C’est un motif que l’on prédéfinit.
Sigurlaug : C’est aussi une passion folle que d’avoir ces énormes tables de synthétiseurs. Si vous êtes en tournée comme ça, c’est un peu dingue. Et c’est aussi tellement plus vivant quand vous avez surtout ces instruments à cordes. Et il y a des dynamiques. Nous nous écoutons les uns les autres d’une manière très différente. C’est une autre façon de communiquer à travers les instruments. Et c’est ce qui nous plaît dans ce contexte. Parce que ce n’est pas comme si les éléments électroniques n’étaient pas présents ; les instruments physiques n’ont simplement pas besoin d’être sur scène.
PAN M 360 : En parlant de la manière dont la technologie peut influencer le processus, cet album a été en grande partie réalisé à distance. Est-ce exact ?
Gunnar : Nous avons tout commencé ensemble dans une seule pièce. Puis nous avons peaufiné le tout à distance. Nous avons passé du temps à éditer et à façonner un peu les chansons, puis à enregistrer les voix.
Sigurlaug : Ce que j’ai préféré, c’est qu’à la fin, nous étions un peu pressés par le temps, et je faisais les chœurs à Athènes tandis que Gyða était à Reykjavik, et nous essayions de le faire en même temps et de nous l’envoyer en quelques heures. Je lui envoyais, elle faisait sa partie là-bas, me la renvoyait, et ainsi de suite. C’était un ping-pong très rapide. Normalement, on enregistre ses parties vocales, on les envoie, et on reçoit la réponse après un certain temps. Mais cette soirée a été assez excitante, avec ces échanges vocaux à travers l’océan.
PAN M 360 : Une question pour le chef : En parlant de ce processus d’échange de morceaux et de cette longue gestation de près de 13 ans pour trouver ces chansons et ces idées, comment décidez-vous quand éteindre le feu ? Quand décidez-vous qu’une chanson est terminée ?
Gunnar : Très souvent, il suffit de réserver un studio de matriçage. C’est le jour où tout doit être prêt. C’est la même chose pour les artistes visuels. Ils réservent simplement une exposition, puis il faut accrocher les œuvres au mur à un moment donné. Sinon, on peut laisser les choses mijoter indéfiniment. Parfois, vous savez, c’est différent. Pour certaines chansons, on se dit simplement : « C’est bon, c’est fini. Vous n’avez besoin de rien d’autre. Mais d’autres, vous les retravaillez jusqu’à la dernière minute. C’est difficile. Surtout avec vos propres compositions. J’ai beaucoup produit et enregistré pour d’autres groupes. Dans ce cas, vous avez une vision claire et vous pouvez les aider à y arriver. Mais avec vos propres compositions, vous devenez un peu fou.
Sigurlaug : Tu es perdu dans la sauce.
PAN M 360 : En parlant de l’évolution de vos sets live, quelle énergie apportez-vous ? Y a-t-il un message que vous essayez de faire passer à travers vos sets live ?
Gunnar : Je pense que par défaut, nous ne sommes pas cool. Nous ne faisons pas partie de ces groupes qui essaient d’être cool. Si nous sommes cool, c’est par hasard. Nous jouons, nous nous amusons, nous faisons simplement notre truc. Nous n’essayons pas de monter un spectacle. Je ne sais pas, ça n’a pas de sens. On n’essaie pas de prétendre être autre chose que ce qu’on est. Parfois, on donne l’impression d’être… enjoués, peut-être. Je ne sais pas. C’est difficile à dire.
Sigurlaug : Je suis très reconnaissante de faire partie de ce groupe dont tu fais partie. Je suis très heureuse de passer du temps avec toi. C’est tout simplement très agréable.
PAN M 360 : Je pense que c’est une bonne conclusion. Votre musique est enjouée, vous vous amusez, vous ne prétendez pas être autre chose que ce que vous êtes. Cela se voit clairement : rien qu’en étant ici, on sent que les membres du groupe sont très proches, comme si vous étiez amis depuis toujours.
Dan Seligman est fondateur et toujours directeur créatif de Pop Montréal, le principal hapenning automnal présenté à Montréal. Il dirige l’équipe ayant recruté les artistes et groupes prévus du mercredi 24 au dimanche 29 septembre. Comme c’est le cas chaque année, PAN M 360 lui a demandé d’identifier les 5 must quotidiens de sa direction artistique. Voilà les musts du samedi 27 septembre!
« Ribbon Skirt est l’un de mes groupes préférés de Montréal, je le suis depuis 3 ou 4 ans. Chaque fois que je les entends et les regarde de nouveau, ce groupe est devenu encore meilleur. C’est une très bonne formule, rock post-punk et autochtone. Dirigé par la musicienne anishinaabe Tashiina Buswa a sorti Bite Down, sur Mint Records en avril 2025, sur fond de rock, la chanteuse soulève les thèmes de la mémoire, de l’identité indigène et de ses enjeux historiques. »

« J’ai vu Dilettante à South by Southwest et j’ai adoré. Elle me confia qu’elle avait appliqué à Pop MTL. C’était vraiment cool. Je ne sais pas si elle vient seule ou avec son très bon groupe, mais je sais qu’elle joue du saxophone, qu’elle utilise aussi en boucle. C’est de pop, mais il s’agit d’une forme étrange, amusante, arty, très rythmée. Dilettante est le pseudo de la multi-instrumentiste Francesca Pidgeon, basée à Manchester au Royaume-Uni. »

« Je pense que son nouvel album, Black Space, est l’un des meilleurs de l’année, mais je pense qu’Elle Barbara est l’une des très artistes les plus spéciales de Montréal. Elle a son truc , son propre univers. Je la soutiens depuis ses débuts professionnels, elle est parmi les artistes qui repoussent les limites de la pop. On y trouve aussi des éléments classiques, du punk, du R&B, disco, synth-pop, glam rock et autres mélanges insoupçonnés. Le Polaris en 2026? Peut-être! Elle Barbara est une artiste transgenre, elle excelle dans l’art-pop, elle s’intéresse au théâtre expérimental, a fait dans le travail communautaire et demeure une figure centrale de l’underground montréalais. »

« DAM est sans doute un must pour la soirée de samedi. Ce groupe rap palestinien, un de mes choix préférés à POP cette année, ce fut l’un des premiers groupes hip-hop de Palestine et du monde arabe, ils font de l’excellent hip-hop. Aujourd’hui, la perspective de citoyens palestiniens d’Israël repose sur une identité lourde de sens, du plus haut intérê. Et leur musique est vraiment cool.DAM, signifie « éternel » en arabe Formé à la fin des années 1990, Tamer Nafar, Suhell Nafar et Mahmood Jrere ont voulu raconter leur histoire par le hip-hop. »

» Soltera, de Los Angeles, jouera gratuitement ce samedi PM. J’ai vu ce groupe pour la première fois au festival Slut Island de Montréal (qui se tient en octobre). Très cool, latino, électronique et punk. Soltera est constitué d’outsiders de la musique pour synthés. Soltera fut d’abord le projet de l’artiste américano-colombienne Tania Ordoñez. Soltera est devenu duo de choc avec Pacoima Techno à la coproduction et au chant. »
