Sunken Cages est le projet solo du batteur et producteur de musique électronique d’origine indienne Ravish Momin ; ce projet est présenté ce vendredi 19 juin ax Suoni Per Il Popolo.

« Inspiré par les groupes de percussion de rue de Mumbai et les rythmes du monde entier, raconte sa bio, il crée des morceaux dansants à partir d’arrangements de percussions en boucle en direct et de mélodies précomposées. Par le passé, il a travaillé en tant que musicien d’accompagnement avec un large éventail d’artistes, notamment la légende du jazz américain Kalaparush Maurice McIntyre (AACM/Chicago) et la pop star Shakira. Il a dirigé le Trio Tarana, un groupe de jazz mondial aux multiples facettes, sur les scènes internationales et nationales pendant les 14 dernières années. »

PAN M 360 a pu s’entretenir avec Ravish Momin quelques heures avant son concert.

PAN M 360 : « Sunken Cages » est-il déjà venu à Montréal ?

Ravish Momin : Non, c’est une première pour moi, c’est la première fois que je viens à Montréal avec mon projet solaire.

PAN M 360 : Vous êtes donc basé à New York ? Parce que le numéro que j’ai appelé est un numéro new-yorkais.

Ravish Momin : Oui, bien vu ! Tout à fait. Je vis à New York, mais mon associé habite à Philadelphie. Comme ce n’est qu’à deux heures de route, je fais la navette. Parfois je suis à New York, parfois je profite de la vie en ville. Je vis à New York depuis environ 25 ans, ça fait longtemps.

PAN M 360 : Ah oui, eh bien, ça fait un moment qu’on connaît Sunken Cages. Vous avez une discographie impressionnante. Merci. C’est un super mélange d’IDM, de global groove, d’afrobeat, de jazz, etc.… il y a beaucoup d’éléments différents.

Ravish Momin : Oui, tout à fait. Pour moi, Sunken Cages, c’est vraiment une combinaison d’improvisation et de rythmes du monde, ainsi qu’une envie de faire de la musique pour danser.

Et pour moi, il s’agissait de tout rassembler. Donc ce que je fais maintenant, c’est beaucoup de boucles en direct, et j’improvise mes arrangements rythmiques sur le vif. Mais je suis aussi compositeur, j’ai donc composé des mélodies électroniques que j’ai enregistrées dans mon logiciel. J’utilise Ableton pour mes performances en direct, et je fais pratiquement tout en temps réel.

Il y a donc des mélodies, il y a des rythmes. Mais pour moi, l’essentiel était de créer une musique qui intègre tous ces rythmes du monde tout en conservant une touche de musique de danse improvisée – tu vois ce que je veux dire ? C’est ce que je présente à Montréal. Et oui, mon objectif est vraiment que les gens ne restent pas simplement assis sur leurs chaises, mais qu’ils se lèvent et dansent.

PAN M 360 : Et c’est quoi, ton installation ? Tu viens avec quel équipement ?

Ravish Momin : C’est juste moi, c’est juste moi. Et toi, quel est ton matériel ? Ouais, mon matériel, en gros, c’est une batterie MIDI toute neuve fabriquée par une entreprise à Berlin, en Allemagne. Et puis un pad de batterie et quelques contrôleurs MIDI avec Ableton. Et c’est tout. C’est donc très léger. C’est très compact. Du coup, c’est très facile de voyager avec cette configuration, tu vois ?

PAN M 360 : Et ce genre de set live, ça change beaucoup d’un concert à l’autre, même au cours d’une même tournée ? Tu varies la formule ?

Ravish Momin : Non, mais… Pour répondre à ta question, oui, ça a changé par le passé. Par exemple, j’ai commencé en installant des déclencheurs de batterie sur une vraie batterie. Parce que je jouais aussi de la vraie batterie, tu vois ? Puis ça a évolué petit à petit. Et maintenant, j’ai cette configuration sur pied que je viens de te décrire. En gros, je l’ai déjà emportée avec moi dans l’avion. Je ne peux donc pas vraiment la changer pendant la tournée, tu vois ? Donc, en général, une fois que je suis en tournée, ça reste pareil pour Ottawa, Montréal et Toronto.PAN M 360 : C’est donc une sorte de tournée canadienne que tu fais ?

Ravish Momin : Cinq dates, oui.

PAN M 360 : D’accord, super ! Pourrais-tu nous décrire ton parcours au cours des trois dernières années ? Juste pour avoir une idée de la façon dont ça a évolué.

Ravish Momin : C’est une excellente question. Bien sûr, je vais être bref. Imagine, par exemple, que tu aies écouté ma discographie. Ce n’est pas vraiment de la musique du monde. Je ne joue pas d’instruments.

Je ne fais pas non plus de musique entièrement improvisée. Et je ne suis plus vraiment un musicien de jazz non plus – j’ai été batteur de free jazz, ça a été un très grand changement. Un très grand changement entre jouer du free jazz et faire de la musique électronique… Mais c’est un mélange à parts égales de tout, n’est-ce pas ?

Donc ce qui s’est passé pendant longtemps, ces trois dernières années, c’est que j’ai vraiment dû me heurter à beaucoup d’obstacles. Par exemple, tu vas dans un lieu dédié à la musique du monde. Et on me dit : « Non, non, non, non, non, ce n’est pas vraiment de la musique du monde. » Bon, alors je vais dans un lieu dédié à la musique électronique et à la culture DJ. Et là, on me dit : « Non, non, non, non, tu n’es pas vraiment un DJ. » Et là, tu vois le problème ?

PAN M 360 : C’est un bon problème !

Ravish Momin : C’est un bon problème, ouais. Mais on voit bien à quel point ça a été difficile l’année dernière. Tu cherches, tu sais, un endroit, un moyen, en quelque sorte, de faire avancer ma carrière et de jouer la musique de Sunken Cages, parce qu’à chaque fois, on te répond : « non, non, non ». Et là, tu te dis vraiment : « Mais qu’est-ce que je fais ? » À New York, ça devrait être très facile de jouer la musique de Sunken Cages, mais en réalité, ça n’a pas été facile du tout. Parce que tu vas dans des lieux dédiés à la musique électronique et ils te disent non. Les lieux de jazz te disent non. Les lieux d’improvisation disent non. Les lieux de musique du monde disent non. Du coup, j’ai surtout été en tournée. Ces trois dernières années, mon parcours – puisque tu m’as demandé de te donner une réponse simple – a vraiment consisté à essayer de trouver mes communautés dans d’autres pays et d’autres endroits. Je vais souvent en Europe. Je vais souvent au Mexique. Partout où l’on accueille favorablement ce que je fais.

PAN M 360 : Je comprends que ce changement soit définitif dans ta musique. Tu pourrais faire des trucs complètement différents l’année prochaine !

Ravish Momin : Ouais, exactement. Ouais, exactement, ouais. J’aime garder les possibilités ouvertes, tu vois, parce que j’ai l’impression que, pour moi, c’est le défi d’essayer de nouvelles choses qui compte. C’est toujours pareil, tu sais ce qui se passe : la plupart des gens, quand ils deviennent célèbres, ont peur de changer, tu vois ? Et moi, je me dis : « Et alors ? On s’en fiche ! Ce n’est pas une question de célébrité. Je veux juste faire de la musique bizarre et intéressante. Je me fiche de la façon dont c’est fait. »

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Alejandro Motta est un contrebassiste de formation classique qui se consacre principalement à la musique contemporaine instrumentale dans la lignée classique, mais il s’intéresse également de près à l’expérimentation sonore et à l’improvisation, étant le cofondateur de l’ensemble d’improvisation libre Algo Cruje. Il a également joué au sein d’ensembles et d’orchestres nationaux, notamment l’Orchestre philharmonique de l’Université nationale autonome du Mexique (OFUNAM). Il est principalement impliqué dans l’ensemble CEPROMUSIC, dédié à la musique contemporaine. Parmi ses autres collaborations aux Suoni Per Il Popolo, Alex Motta jouera dans la programme Dahl, soit avec Jairus Sharif, Adrian Avendaño, Adriana Camacho et Eli Piña, le 24 juin à la Casa del Popolo. PAN M 360 l’a joint au Mexique avant son départ pour Montréal.

PAN M 360 : Tu es donc bassiste de musique contemporaine et tu es à Montréal pour quelques concerts. Tu viens de Mexico ?

Alejandro Motta : C’est exact. Ici, j’habite à Mexico, à Narvarte, un peu près du centre, mais pas tout à fait. Oui, je prends l’avion pour Montréal le 20 juin, tôt le matin. Et je rentre au Mexique le 29.

PAN M 360 : Super ! C’est ta première fois à Montréal ?

Alejandro Motta : Non, c’est la deuxième. Comme d’autres musiciens de Mexico, j’ai été invité par Lisa Harris. Ouais, je suis ravi de jouer là-bas avec tous ces gens. Et puis, tu sais, franchement, j’aime bien me surprendre moi-même avec les morceaux qu’on a prévus pour moi, tu vois ? Ça me fait dégager une énergie différente, tu vois ?

PAN M 360 : Et avec qui joues-tu à Mexico, en tant que musicien ?

Alejandro Motta : Mon activité principale à Mexico, c’est l’ensemble CEPROMUSIC. C’est un ensemble dédié exclusivement à la musique contemporaine, le seul de ce type financé par le gouvernement. Nous sommes donc des musiciens professionnels issus du milieu universitaire. Et toutes les deux semaines, nous jouons des œuvres récentes de compositeurs d’ici et du monde entier, des années 1950 à nos jours. Par exemple, nous jouons actuellement des œuvres de Xenakis. Oui, c’est mon activité principale.

PAN M 360 : Tu as donc une formation classique.

Alejandro Motta : Oui, en effet. Je joue donc généralement avec des orchestres et d’autres ensembles, dans des comédies musicales par exemple. Je collabore également avec l’UNAM à Mexico. Mais je suis aussi très actif sur la scène de l’improvisation ici au Mexique. Cela a changé ma vie et ma vision de la musique. J’ai également joué du jazz et donné quelques concerts aux États-Unis. Je ne joue pas souvent de jazz, mais je souhaite m’y consacrer sérieusement. C’est ma prochaine étape.

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On présente Romane Santarelli comme l’une des figures montantes de la scène électronique française:  » Productrice, compositrice et performeuse, elle trace depuis 2019 une trajectoire singulière, mêlant techno onirique et électronica organique, toujours portée par une forte exigence artistique et scénique. »
Après le prometteur EP Zéro (2020 ) et l’acclamé Cosmo Safari (2022), Romane lançait en 2025 son deuxième album: OK:KO, pas moins de 14 titres témoignant de ses inspirations récentes à travers ses référents parfaitement assumés. Peu avant le live set qu’elle présente ce vendredi 19 juin à la SAT, PAN M 360 vous sert cet entretien de la musicienne avec Alain Brunet.

BILLETS ET INFOS ICI


PAN M 360 : Vous êtes à Montréal ? Depuis quand?
Romane Santarelli : Hé, je suis arrivée lundi soir. Un peu jetlag mais on a commencé le rythme des concerts, donc toute la semaine dernière on n’a pas beaucoup dormi, on rattrape nos nuits aux heures qu’il faut.
PAN M 360 : Vous vous produisez à la SAT, vous allez partager le programme avec Léonie Pernet et aussi Odile Myrtil, n’est-ce pas?
Romane Santarelli :Exactement, c’est ça, vendredi 19 juin!
PAN M 360 : Alors parlez-nous de ce que vous allez présenter. On connaît vos albums Zéro, Cosmo Safari et OK:KO.
Romane Santarelli : Depuis l’été dernier, nous sommes en pleine tournée qui suit la sortie du dernier album OK:KO (2025). D’habitude, quand je me produis, il y a toute une scénographie maison et il y a un duo de danseurs walking. Et donc, du coup, on est en format avion, donc on a pu prendre qu’un danseur. Et pas de scénographie. Mais la nature du lieu qu’est la SAT peut créer quelque chose de magique. Donc on a prévu une heure et quart, une heure vingt de show. C’est plutôt dans des esthétiques techno, assez émotionnelles, assez oniriques et joyeuses, je dirais. Notre danseur fait dans le walkin, une danse est née dans les années 70 dans les clubs gays, afro ou latino de Los Angeles. C’était vraiment une danse est née dans un contexte de communautés qui voulaient s’émanciper et sortir de l’oppression. C’est une communauté assez forte à Lyon, où j’habite que j’ai découverte pendant l’écriture de cet album OK :KO. Ça a été hyper inspirant pour moi, j’ai été vraiment fascinée par cette communauté queer.
Ça a pas mal nourri l’écriture de cet album, à une période où j’étais un épuisée par mon travail en musique électronique, alors que je venais de finir la tournée de mon premier album.Ça m’a fait un bien fou, j’en avais besoin. Et il y a eu beaucoup de mois qui se sont passés où vraiment, je n’écoutais écoutais plus de musique électronique. Donc ça a pas mal nourri le dernier album.
PAN M 360 : De quelle manière?
Romane Santarelli : Sur l’album, par exemple, j’ai essayé de faire des citations, notamment sur les titres Baseline, No Way Out, où il y a vraiment des grosses cassures en plein milieu, avec des bridges particuliers. C’était vraiment un gros clin d’œil à tous ces moments-là, passés à découvrir cette danse et sa communauté.
PAN M 360 : OK:KO est vraiment basé là-dessus. Parlez-nous du projet de manière générale. Qu’est-ce que vous y avez accompli ? Comment avez-vous travaillé? Le socle de votre travail est la techno, mais il y a quand même beaucoup d’autres référents qui entrent en ligne de compte.
Romane Santarelli : Oui, complètement. J’ai commencé la musique quand j’avais 12 ans. J’ai vraiment appris par la guitare au départ. J’étais vraiment plutôt orientée rock, plutôt pop, indie pop. J’ai énormément écouté Gorillaz, Arctic Monkeys, etc. J’ai monté des petits groupes quand j’étais au lycée, on faisait des reprises. Et du coup, à la fin du lycée, j’ai découvert la musique avec les machines, les ordinateurs et tout. Ça c’était il y a dix ans. Ça fait dix ans que j’ai commencé à produire.
PAN M 360 : Et au fil du temps…
Romane Santarelli : Le projet Romane Santarelli est né juste avant la Covid. Au départ, c’était une musique électronique plus introspective, à écouter au casque… C’était comme ça que je consommais moi-même cette musique, on va dire. Et en fait, à partir du moment où il y a eu le contexte de la Covid et tout, moi, je venais tout juste de sortir pour la première fois dans des clubs électroniques. Et du coup, d’un coup, à la fois je découvrais ça et d’un coup, j’étais privée, on ne pouvait plus sortir, etc. C’était inconscient, je le comprends maintenant, mais c’est à partir de ce moment-là que ma musique a pris une dimension plus club, plus dansante. Et c’est à partir de là que ça s’est dirigé vers la techno. En tout cas, il y en a toujours. Et il y a toujours cette énergie rock.
PAN M 360 : Oui, il y a ce côté big beat d’esprit rock.
Romane Santarelli : Oui, c’est ça. Parce que j’ai écouté énormément Les Chemical Brothers (UK), aussi Vitalic (de France) je ne sais pas si ça te parle, un artiste français. En fait, ça a été vraiment mes premières claques électroniques, parce que c’était des artistes qui faisaient vraiment le pont entre l’énergie rock et les sonorités électroniques. Il y a un peu tout ça, je pense, qui transpire dans ma musique.
PAN M 360 : C’est donc un live set que vous allez offrir. Pas un DJ set.
Romane Santarelli : Je ne fais que du live. Je fais peut-être deux fois par an, mais je trouve vraiment mon plaisir dans la musique live.
PANM 360 : Vous faites la relecture de OK :KO d’une autre façon, bien sûr, avec le gear du set live, mais vous faites autre chose, vous inventez des nouvelles chansons, comment ça se passe?
Romane Santarelli : Là pour vendredi? Oui. Il y a des morceaux de OK :KO majoritairement, vu que c’est la tournée de cet album. Et il y en a de Cosmo Safari aussi.
PAN M 360 : Qu’est-ce que vous changez en live? Qu’est-ce que vous ajoutez? Quelles sont les valeurs ajoutées au set live par rapport à ce que vous avez fait en studio?
Romane Santarelli: Je suis obligée de réarranger un peu certains morceaux. Il y a des morceaux qui sont tels quels, parce que je les ai tellement écoutés, que j’ai un peu ce côté control freak, où je veux vraiment les restituer de la même manière que je les ai composés.

Et il y a d’autres morceaux qui sont complètement réarrangés pour le live. Aussi, toutes les transitions d’un morceau à l’autre sont des morceaux à part entière. Par exemple, le fait qu’il y ait de la danse, la manière dont j’ai pensé la direction artistique, ça a été vraiment une espèce d’objet hybride entre le concert, le spectacle de danse. Où, par exemple, quand on est vraiment dans nos conditions, avec notre technicien lumière, il y a vraiment des moments où dans la création où vraiment le focus est sur les danseurs, et moi je disparais.

J’avais vraiment envie de faire quelque chose de vraiment hybride et fusionné, pour pas que ce soit juste des backup dancers, et que ce soit vraiment, qu’on soit tous les trois. Pour le concert de vendredi, ça va être spécial. Du coup, j’ai emmené un peu moins de matériel, donc j’ai essayé de réarranger différemment certains morceaux, mais on va essayer de faire tout comme on a l’habitude de faire, comme il y a tout le monde.

PAN M 360 : Léonie Pernet avec qui vous partagez le programme, vous la connaissez n’est-ce pas ?
Romane Santarelli : On ne s’est jamais rencontrées personnellement, mais moi j’écoute bien, j’ai pas mal écouté sa musique. Il y a un morceau de Léonie qui s’appelle Les chants de Maldoror , je l’ai énormément écouté, celui-là par exemple.

PAN M 360 : Et Odile Myrtil est très cool, très douée. Une habituée de la SAT.

Romane Santarelli : Ok! Pour le coup, ça va être vraiment une découverte.

PAN M 360 : D’aucuns le soulignent, il y a un côté cinématographique dans votre affaire, certains extraits s’apparentent à des bandes originales.
Romane Santarelli : J’essaye de faire ça, oui et non, je pense que c’est un peu spontané mais j’en ai toujours besoin, quand je compose. Si j’ai des images qui me viennent, ça veut dire que je suis dans la bonne direction, on va dire. Si il n’y a pas d’images qui me viennent, je recommence à zéro. C’est un peu comme ça que je pense.

PAN M 360 : Parfait, on a bien compris! On sera là vendredi, merci beaucoup!

Romane Santarelli: Merci! Trop bien ! À vendredi.

Ce vendredi soir 19 juin à la SAT, trois artistes redessinent à leur manière les contours de la musique électronique à leur manière. Portée par Poèmes Pulvérisés, dévoilé en juin 2025, Léonie Pernet livre une pop française déconstruite, entre mélancolie cinématographique et élans électroniques. Figure montante de la scène française, Romane Santarelli déploie un live nourri de techno onirique et d’electronica organique, prolongement scénique de son album OK:KO. En ouverture, la DJ montréalaise Odile Myrtil installe l’ambiance avec son mélange signature de rythmes diasporiques, bass music et expérimentations électroniques.

Ils viennent des Pays-Bas et sont issus de la mouvance anarcho-punk des années 80. Ils sont quatre : trois gars aux guits, Terrie, Andy et Arnold, et une fille, Katherine, à la batterie. Pas de basse. Leur musique est aussi déjantée qu’explosive et leurs concerts épiques. Ce sont des amis du festival, mais ça fait un petit moment qu’ils ne sont pas venus. C’est donc l’occasion d’aller danser, lâcher notre fou et nous éclater, un exutoire particulièrement salutaire en ces temps vilains que nous traversons, comme le rappelle Andy, qui a bien voulu se prêter au jeu de l’interview et répondre aux questions de PAN M 360. 

PAN M 360 :  Bonsoir Andy, la journée a été bonne ? (Il était alors 20 heures aux Pays-Bas)

Andy Moor : J’ai passé une bonne journée, oui. J’ai été plutôt occupé. En fait, je travaille sur un projet avec Kaja Draksler, une pianiste slovène. Nous allons sortir un album et nous devions y apporter quelques retouches. Nous avons donc travaillé un peu sur l’album par téléphone.

Elle est en Slovénie, je suis à Amsterdam, mais nous prenons des décisions et faisons les retouches ensemble. 

PAN M 360 :  Est-ce que ça sortira sur Unsounds [l’étiquette qu’il a cofondée] ou sur un autre label ? 

Andy Moor :  Non, ce sera sur un label hongrois. Il s’appelle Budapest Music ou quelque chose comme ça [Budapest Music Center Records]. C’est un label sympa qui nous apporte beaucoup de soutien. Il y a aussi la fille de Terrie qui y chante.

PAN M 360 :  Oh, c’est en quelque sorte un projet familial.

Andy Moor :  J’ai l’impression de faire partie de The Ex depuis assez longtemps pour me retrouver aujourd’hui à jouer avec la fille de l’autre guitariste.

PAN M 360 :  Tu t’es joint au groupe en 1990, peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ? 

Andy Moor :  Avant ça, je faisais partie d’un groupe appelé Dog Faced Hermans et on jouait surtout en Écosse et en Angleterre. On était basés en Écosse et on connaissait The Ex, on avait entendu parler d’eux. En fait, le chanteur de Chumbawamba à l’époque travaillait comme chauffeur pour des groupes. Il nous a donc conduits pendant une tournée et nous a demandé : « Avez-vous déjà vu The Ex ? » Et nous avons répondu : « Non, nous ne les avons jamais vus en concert. Nous connaissons leurs disques. »  Et il a dit : « Eh bien, vous avez une énergie et une façon de jouer très similaires. »

Alors quand on a vu The Ex pour la première fois, on s’est vraiment dit : « Wow ! C’est vrai ! » On avait vraiment l’impression qu’ils étaient nos frères et sœurs de l’autre côté de l’océan – enfin, plutôt de l’autre côté de la Manche –, et c’était génial parce qu’ensuite on a fait quelques tournées ensemble. Puis Marion, la chanteuse de Dog Faced Hermans, a voulu prendre une année sabbatique pour travailler en Pologne.

Je suis donc venu aux Pays-Bas pour jouer avec The Ex pendant un an, en pensant que ce serait temporaire. Mais ça ne l’a pas été. C’est devenu permanent. Les Dog Faced Hermans se sont également installés à Amsterdam. J’ai donc joué dans les deux groupes pendant quelques années, ce qui a failli me tuer.

PAN M 360 : Ç’a failli te tuer ? 

Andy Moor : Ç’a été pas mal intense. Les deux groupes voulaient beaucoup jouer, ils étaient tous les deux très exigeants et je faisais double emploi. Mais j’étais assez jeune pour tenir le coup. Je me souviens toutefois m’être rendu compte que je donnais environ 250 concerts par an. Je ne me reposais vraiment pas du tout, je commençais à être brûlé. Puis, Dog Faced Hermans s’est séparé en 94 et j’ai continué avec The Ex.

PAN M 360 :  Qu’est-ce qu’il y a chez les Néerlandais qui te plaît autant ? Tu n’es pas retourné en Angleterre et ça fait maintenant plus de 35 ans que tu y vis. Qu’est-ce qu’il y a aux Pays-Bas ou chez les Néerlandais qui fait que tu t’y sentes si bien ?

Andy Moor : Eh bien, c’était parce que je jouais. 

Quand je suis venu m’installer, Terry vivait à la campagne dans une immense villa qu’ils squattaient et il m’a proposé de m’y installer. J’avais donc un endroit où loger. J’avais un groupe dans lequel jouer, mon groupe préféré, je n’avais vraiment pas de quoi me plaindre. Et ç’a simplement continué comme ça.

Je suis resté dans cette maison pendant environ neuf ans et j’y ai joué avec The Ex. Puis j’ai déménagé à Amsterdam. J’ai suivi la musique là où elle me menait.

Certains suivent l’argent. D’autres suivent leur art. D’autres suivent encore la personne dont ils sont amoureux. Mais moi, je suivais vraiment la musique. Et la vie que j’avais ici était tout simplement meilleure que celle que je menais en Écosse. 

Financièrement, c’était pareil. On vit très simplement. On n’a pas beaucoup d’argent ni rien de tout ça, mais c’était plutôt lié au fait qu’il y avait ici une approche très pragmatique, axée sur le travail acharné. Et ça marchait. Ça marchait vraiment bien. On jouait beaucoup. 

PAN M 360 :  Et quelle était l’ambiance, l’atmosphère à Amsterdam, aux Pays-Bas, au début des années 90 ? Comment c’était ? 

Andy Moor :  C’était en quelque sorte la fin de l’époque des squats. Ç’a été un mouvement important dans les années 80. Quand j’ai emménagé ici, il y avait encore beaucoup de squats, mais les choses s’étaient calmées et il y en avait un peu partout dans le pays. Et lorsqu’on faisait partie de cette scène, on disposait de tout un réseau d’endroits où aller manger, boire un verre et vivre.

Il y avait aussi beaucoup de jeunes qui voulaient faire de la musique et qui n’avaient pas beaucoup d’argent. Et il y avait suffisamment de squats dans les environs pour que les gens puissent vivre avec un loyer très bas, voire gratuitement. Ce n’est vraiment plus le cas aujourd’hui.

La ville a beaucoup changé. Comme c’est le cas dans de nombreuses villes, notamment européennes, le coût de la vie y est désormais extrêmement élevé. C’est donc très difficile pour les jeunes qui débutent dans la vie. Mais à l’époque, il existait véritablement un réseau, et je vis toujours dans un immeuble issu de cette scène des squats du milieu des années 80. Et ç’a été légalisé. Cette ambiance était donc encore présente quand je suis arrivé, puis, petit à petit, elle a été érodée par des gouvernements soi-disant progressistes qui sont devenus de plus en plus de droite et de moins en moins tolérants envers ce genre de choses, au point qu’il ne reste aujourd’hui qu’un très petit nombre de squats dans la ville et une scène underground très réduite.

Mais ça continue d’exister et les gens continuent de faire des choses formidables. Et puis, beaucoup de gens s’y investissent. Donc, d’une certaine manière, on en fait toujours partie, et c’est super. 

PAN M 360 :  Si l’on revient à tes débuts, quelles ont été les premières révélations musicales que tu as vécues enfant ou adolescent, celles qui t’ont en quelque sorte mis sur la voie de la musique ?

Andy Moor : Ma mère était chanteuse d’opéra. Elle chantait à Londres. Elle suivait une formation avec l’Orchestre symphonique de Londres, sous la direction de Leonard Bernstein. Elle se rendait en ville deux ou trois fois par semaine, puis revenait à la maison. Et elle était toujours pleine d’énergie et très heureuse quand elle rentrait de ces répétitions.

Et j’ai toujours été conscient de ça. Je me disais que c’était ce qu’elle avait réellement envie de faire. Elle adorait ça. C’est donc sans doute l’une des premières choses. Elle chantait tout le temps à la maison, elle répétait et jouait du piano. Et il y avait donc toujours de la musique à la maison. Je crois qu’il s’agit de l’une des premières influences que j’ai eues, c’était quelque chose de très normal, une présence naturelle dans mon environnement familial.

Que s’est-il passé ensuite ? Il y avait un piano à la maison et je passais mon temps à en jouer. Je ne me contentais pas de taper sur les notes. Je ne savais pas lire la musique. Je n’ai jamais pris la peine d’apprendre à lire la musique. Quand j’ai été un peu plus vieux, elle jouait aussi de la guitare. Puis, elle a décidé de devenir acupunctrice. Or, il faut avoir les doigts très, très sensibles pour pratiquer l’acupuncture. Elle a donc dû arrêter, car il faut pouvoir prendre le pouls des gens. Elle m’a donc donné sa guitare et j’ai commencé à en jouer. Pendant environ deux ans, j’ai joué de la guitare assis au bout de mon lit, en grattant des accords, en suivant les disques de Led Zeppelin, par exemple. C’est parti de là et ça s’est développé.

Je me suis alors rendu compte que c’était ça que je voulais faire. Mais je suis quand même allé à l’université pour étudier. Dès que j’y suis entré, j’ai cherché un groupe avec lequel jouer. C’était clair que je voulais m’engager dans cette voie. Je n’ai même pas terminé mes études. J’ai arrêté au bout de deux ans et j’ai commencé à jouer avec le groupe Dog Faced Hermans, ce qui a été une véritable révélation, car j’ai beaucoup appris des musiciens de ce groupe. Ils m’ont fait découvrir plein de musiques africaines, mais aussi du jazz, du free jazz et toutes sortes de choses.

PAN M 360 :  Te souviens-tu du premier concert auquel tu as assisté ?

Andy Moor :  Je crois que c’était Thin Lizzy (il rigole). Oui. Je ne me souviens pas exactement quand, mais je me souviens avoir vu Thin Lizzy.

PAN M 360 :  Autre chose? 

Andy Moor : Eh bien, à une époque, il existait à Édimbourg une salle appelée The Queen’s Hall. De nombreux musiciens de jazz venus du monde entier s’y produisaient. C’était un endroit assez petit et plutôt discret.

Mais j’y ai vu Don Cherry, j’y ai vu l’Art Ensemble of Chicago. J’y ai découvert du free jazz incroyable de cette époque. C’était au début des années 80. Et c’était un univers que je ne connaissais absolument pas. Au début, je me suis vraiment demandé : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? » Mais j’ai vraiment senti qu’il y avait quelque chose là. Et c’était plutôt de ma faute si je ne comprenais pas vraiment. Plus j’en écoutais, plus j’aimais ça. J’écoutais aussi beaucoup les groupes de rock qui venaient jouer, mais pas vraiment du punk, plutôt des trucs de style post-punk influencés par Gang of Four et Captain Beefheart.

Il y avait beaucoup de jeunes groupes venus d’Angleterre qui jouaient dans tous les pubs d’Édimbourg, puisque j’habitais là-bas. C’est comme ça que j’ai découvert la scène des groupes de Manchester, mais des groupes vraiment inconnus, pas du genre à jouer de la musique avec des sons de guitare acérés et anguleux. Il y avait un groupe qui s’appelait Big Flame et un autre du nom de Bog-Shed. Ces groupes ont vraiment eu un impact sur moi et sur le reste du groupe. Nous avons été fortement influencés par eux. 

Et puis nous avons vu The Ex, qui a également eu un impact énorme sur moi ; ça a été une véritable révélation de voir The Ex pour la première fois, avant même de les connaître personnellement, car j’ai vraiment adoré leur détermination. Je voyais bien qu’ils n’étaient pas des virtuoses, mais ils jouaient avec une telle conviction et une telle énergie que ça fonctionnait. Et sur le plan rythmique, c’était tout simplement fantastique.

Il y a aussi Sonic Youth. Sonic Youth et The Ex m’ont beaucoup marqué la première fois que je les ai vus. 

PAN M 360 :  Alors, comment t’es-tu intégré au groupe au cours des tout premiers mois ? Ça t’a pris du temps ou ça s’est fait tout naturellement ?

Andy Moor : Ça m’a semblé très naturel, car la façon que The Ex avait de répéter était exactement la même que celle de Dog Faced Hermans à l’époque. On se rendait au local de répète sans que personne n’ait écrit quoi que ce soit. On jouait en improvisant beaucoup, en se lançant des idées, en s’inspirant les uns les autres et on enregistrait le tout sur un magnétophone à cassettes, avant de passer au mini-disque.

Ensuite, on réécoutait tout ça, on gardait les bons passages et on jetait le reste. C’est une façon très simple de faire de la musique, mais ça marche. Et The Ex procédait exactement de la même façon. Je me suis donc tout de suite senti très à l’aise quand j’ai commencé.

PAN M 360 :  J’imagine que votre façon de travailler n’a pas beaucoup changé au fil des ans, que vous fonctionnez toujours de la même manière. 

Andy Moor :  Oui, on fait exactement la même chose. Personne ne sait vraiment ce que ça va donner.

PAN M 360 :  Comme Terrie et toi avez une approche très peu conventionnelle de la guitare, comment construisez-vous vos chansons ?

Andy Moor : Exactement comme je viens de l’expliquer. En général, ça part soit d’un rythme, soit d’un motif à la guitare, et on se met à lancer des idées.

Parfois, ce n’est qu’en concert qu’on comprend vraiment ce qu’on tente de faire. Dès qu’on se rend compte qu’une chose ne fonctionne pas, on la laisse tomber. C’est donc très important qu’après avoir répété – on répète pendant deux ou trois mois –, on fasse des concerts.

On retourne ensuite au local de répète et on peaufine les détails. Cette deuxième phase de répétition est vraiment importante, car c’est à ce moment-là qu’on apprend véritablement à jouer les morceaux. On élimine aussi le superflu et on comprend comment la dynamique fonctionne.

On se souvient aussi de la réaction du public à certains éléments, ce qui est aussi très important. On construit chaque morceau, puis on le peaufine et on fait des ajustements encore deux ou trois fois. On se retrouve alors avec tout un ensemble de pièces, que l’on joue pendant environ un an, avant de les enregistrer. On enregistre toujours après.

PAN M 360 :  C’est ce que vous avez fait pour l’album sorti l’année dernière ? Vous vivez vraiment avec une chanson pendant une année entière avant de l’enregistrer ? 

Andy Moore : Au moins.

Cet album a un an, mais en réalité, la musique date de deux ans et quelques mois. On est donc presque prêts à se lancer dans un autre cycle de création, car ça fait un bon moment déjà qu’on joue celui-là. Le public a ainsi toujours l’impression d’entendre des choses qu’il n’a jamais entendues auparavant. Il est un peu en retard sur nous, mais ça nous convient très bien. C’est donc un sacré défi pour les spectateurs aussi, parce qu’on ne joue pas les morceaux qu’ils connaissent.

On a tendance à jouer nos nouvelles pièces et c’est très bien ainsi. On ne peut quand même pas les enregistrer avant de savoir les jouer.

Je pense qu’il faut vraiment… Il ne s’agit pas de la dimension technique de la façon dont on joue, mais du son lui-même. Il faut un certain temps pour que tous les sons se placent, se synchronisent, pour savoir où laisser de l’espace et où ajouter de la puissance. Et ça prend du temps.

On ne peut y parvenir qu’après avoir joué en concert. C’est comme si les concerts constituaient le vrai processus d’apprentissage grâce auquel on peut comprendre ce qui se passe réellement.

PAN M 360 : C’est le rappel à la réalité.

Andy Moore : Oui.

PAN M 360 : Quel emploi du temps le groupe a-t-il ces temps-ci ? Est-ce que vous jouez surtout en été, dans des festivals et ce genre de choses, et avez un peu plus de temps libre en hiver ? Comment ça se passe ?

Andy Moore : Non, en fait, à l’exception de ces concerts au Canada [Montréal, Toronto et Vancouver, les 24, 25 et 26 juin], on ne joue pas tant que ça en été et on ne participe pas beaucoup aux festivals à cette période. On n’est pas vraiment un groupe de festivals d’été. On a tendance à jouer davantage en automne, au printemps et en hiver, et on joue beaucoup. On donne environ 35 concerts par an actuellement. Avant, on en donnait 70 ou 80, parfois 90, mais maintenant, certains d’entre nous ont des enfants et on prend un peu d’âge, alors on a réduit ce nombre à 30 ou 35 par an.

On joue surtout en Europe, et avant on allait assez souvent aux États-Unis, mais je ne pense pas qu’on y retournera dans un avenir prochain. En revanche, on aime beaucoup aller au Canada. On adore ce festival à Montréal. On y est déjà allés plusieurs fois, notamment avec d’autres projets.

Nous y sommes également venus avec notre projet éthiopien en collaboration avec Getachew Mekuria. C’était fantastique. C’est vraiment un festival formidable.

PAN M 360 : Vous y êtes déjà venus plusieurs fois. 

Andy Moore : Oui, et c’est vraiment sympa. Tout se passe dans la même rue, donc on fait juste des allers-retours entre les deux salles. 

Getachew Mekuria, qui devait avoir environ 80 ans à l’époque, était tellement content d’avoir trouvé un fauteuil à la Casa del Popolo qu’il y est resté assis pendant cinq jours. On faisait des allers-retours entre les deux salles et lui, il restait assis là, un peu comme s’il tenait salon. C’était vraiment chouette.

PAN M 360 : Tu t’es également mis à la photographie. Ces dernières années, on a vu de plus en plus de tes photos orner diverses pochettes d’albums, même pour des disques qui ne sont pas édités par Unsounds. Alors, consacres-tu de plus en plus de temps à la photographie ? 

Andy Moore : Je m’y consacrais jusqu’à il y a environ deux ou trois ans. Puis j’ai traversé une période creuse. Je suis surtout très pris à cause de mes garçons – j’ai un fils de huit ans et un autre de douze ans –, je passe tout mon temps avec eux. Je joue de la musique, je répète, et je passe le reste de mon temps avec eux. Je n’ai tout simplement pas de temps à consacrer à la photographie en ce moment, mais l’intérêt est toujours là et j’adore ça.

J’ai aussi fait un concert en solo où je projetais des photos pendant que je jouais. J’ai toujours ces photos, donc je peux refaire ça de temps en temps, mais il faut que je m’y remette. Ces trois ou quatre dernières années, les garçons sont vraiment à un âge où je veux simplement passer le plus de temps possible avec eux, car je sais que très bientôt, l’un d’eux va devenir adolescent. Il est déjà presque adolescent. L’autre a huit ans, c’est donc une période vraiment cruciale. J’ai dû faire des choix et mettre la photographie de côté. Mais peut-être que plus tard, quand j’aurai complètement perdu l’ouïe, je pourrai m’y remettre.

PAN M 360 : Tu as vraiment un bon œil, ce serait bien de pouvoir voir davantage de tes photos.

Pour conclure, as-tu un message à adresser aux fans qui assisteront au concert la semaine prochaine ? 

Andy Moore : Eh bien, j’espère qu’ils danseront. Parce que ce qu’on joue, c’est essentiellement de la musique pour danser. C’est bruyant, mais c’est très rythmé et très dansant. J’espère donc que les gens auront envie de danser, surtout en cette période vraiment, vraiment difficile, probablement moins au Canada qu’aux États-Unis. Et on ne peut pas aller aux États-Unis pour le moment. C’est tout simplement impossible.

Et on veut le faire parce qu’on a un public là-bas et j’ai l’impression qu’on devrait y aller et jouer pour eux, car je pense que plus que jamais, ils ont besoin de libérer ce genre d’énergie cathartique, vu que la situation y est vraiment exécrable. Et donc je suis vraiment content quand les gens… 

Récemment, on a joué dans un festival en Angleterre appelé Acid Horse et le public dansait comme des fous. Ç’a été une soirée vraiment extraordinaire grâce à la foule. On ne les a pas poussés à le faire ni rien de ce genre. Ils étaient là en quelque sorte juste pour se défouler, et c’est ce qu’ils ont fait. C’était fantastique. Ça me fait vraiment plaisir quand le public réagit comme ça. Ça permet vraiment de… Et j’ai l’impression qu’ils sont plus connectés à nous quand ils font ça, et on peut jouer les morceaux un peu plus longtemps, d’autant que leur danse nous énergise à notre tour.. 

C’est assez étrange de jouer avec énergie quand le public est assis sur des chaises à nous regarder. Ça ne fonctionne pas…

PAN M 360 : C’est plutôt difficile de rester sans bouger à un concert de The Ex. Je me souviens que la Sala Rossa était sur le point d’entrer en éruption les dernières fois. C’était tout simplement incroyable, on avait l’impression que le toit allait sauter. Souhaitons que vous serez dans les mêmes dispositions la semaine prochaine. 

Andy Moore :  Bien sûr ! Et on adore cet endroit, la Sala Rossa. Et aussi le 

restaurant espagnol. Je ne sais pas s’il existe toujours, mais on l’adore.

PAN M 360 : Celui de l’étage en dessous ? Il est toujours là. 

Andy Moore : Et ça va être super de retrouver Kiva. Elle est formidable. Elle nous a vraiment aidés pour tout… parce qu’à cause de la Coupe du monde de foot, ç’a été assez compliqué pour ce qui est des vols, de l’hébergement et tout ça. Mais elle nous a été d’une aide précieuse. Elle était aux petits oignons avec nous.

PAN M 360 : Eh bien, nous avons vraiment hâte de te revoir avec The Ex, mais aussi avec Yannis Kyriakides et le quatuor Bozzini la veille. Nous aurons donc l’occasion de te voir et de t’entendre deux fois.

Andy Moore :  Oui. Ça va être génial avec le Quatuor Bozzini. Ils sont fantastiques eux aussi. Leur niveau de jeu est tout simplement remarquable. Je me sens toujours dépassé quand je joue avec eux. Mais nos parcours sont tellement différents… Nous abordons la musique sous des angles tellement différents que ça fonctionne. C’est comme si je faisais ce que je fais et qu’ils faisaient ce qu’ils font. Et d’une manière ou d’une autre, Yannis arrive à tout harmoniser. Et ça fonctionne à merveille. C’est vraiment un plaisir de jouer avec eux.

PAN M 360 : Ça converge. C’est parfait. 

Andy Moore : Oui, ça converge. C’est le mot juste.

PAN M 360 : Eh bien, sur ce mot, merci beaucoup, Andy, d’avoir pris le temps de nous parler et à la semaine prochaine ! 

Au revoir et passe une bonne soirée.

Andy Moore :  Au revoir !

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NA$-T (Nourrie d’Art et de Son Tremblay) vit un gros été. Après la parution de son EP intitulé Esprit Indomptable en 2025, elle semble rencontrer pas mal de succès. Elle participe à de nombreux festivals en plus des Francos de Montréal le 18 juin, le tout en étant enceinte! Simon Gervais est allé à la rencontre de la rappeuse saguenéenne pour comprendre qui se cache derrière ces lunettes fumées fort stylées.

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Adrian Avendaño est un percussionniste, improvisateur et compositeur originaire de la région de Vancouver ; il passe actuellement quelques jours au festival Suoni Per Il Popolo en tant qu’artiste en résidence. Il participe à de nombreux programmes organisés par Suoni cette semaine, et PAN M 360 a pu s’entretenir avec lui avant le début de son voyage. À propos de ce parcours « Trading Places », voici ce qu’en disent les Suoni :

« Oubliez tout ce que vous savez des résidences artistiques rigides. Un Échange : Trading Places : Trueque est une aventure musicale transfrontalière électrisante qui bouscule les scènes de Montréal et de Vancouver depuis 2016. Imaginez les communautés d’improvisation et de musique expérimentale les plus déjantées de Montréal, de Vancouver et, pour la première fois cette année, du paradis sonore qu’est Mexico, décidant de faire leurs valises, d’échanger leurs villes et de créer ensemble de magnifiques sons. Les esprits à l’origine de cette magie, la NOW Society, Suoni Per Il Popolo et une équipe de programmateurs visionnaires de CDMX, s’associent pour créer le terrain de jeu ultime pour les musiciens aventureux. L’objectif est de tisser de nouveaux liens profonds, d’échanger des idées à travers le son et de prouver que le langage de la musique expérimentale est le dialecte le plus amusant et le plus actuel que vous apprendrez jamais. Un Échange : Trading Places : Trueque, c’est ça. »

TRADING PLACES: INFOS ET BILLETS ICI

PAN M 360 : Tu es cette fois-ci artiste en résidence à Montréal ; tu vas donc venir très bientôt pour donner quelques concerts et participer à différents programmes. Pourrais-tu nous décrire ton rôle en tant qu’artiste en résidence au Suonio Per Il Popolo ?

Adrian Avendaño : Oui, bien sûr. En effet, cette année, j’ai été invité à faire partie des artistes venus de Vancouver pour le projet « Trading Places ». « Trading Places » est le fruit d’une collaboration entre Suoni et Now Society, ici à Vancouver. Now Society est une association à but non lucratif de Vancouver qui se consacre à la musique improvisée. Now Society existe depuis plus de 30 ans. Cela fait donc très longtemps, et cette association a joué un rôle vraiment important à Vancouver dans la promotion de la musique improvisée et expérimentale. Mon rôle au sein de Suoni consiste donc plus ou moins à collaborer dans le domaine de la musique improvisée.

Je jouerai donc lors de tous les concerts, qui seront consacrés à la musique improvisée, avec des musiciens avec lesquels j’ai collaboré dans différents contextes au fil des ans. Mais aussi avec certains que je vais rencontrer pour la toute première fois et avec lesquels je vais collaborer, vous voyez. C’est donc quelque chose de vraiment passionnant pour moi, car en tant qu’improvisateur, apprendre à connaître des gens sur scène, pour ainsi dire, est, je pense, l’un des aspects les plus enrichissants de cette forme d’art.

Je ne sais pas s’il existe d’autres occasions où les gens se réunissent de cette manière, du moins, vous savez, surtout quand on travaille avec des personnes qui ont un parcours aussi important dans leur domaine musical, qu’il s’agisse d’improvisation ou, disons, d’autres styles. Je pense donc que le fait de pouvoir rencontrer ces gens et de faire de la musique avec eux, en utilisant le vocabulaire musical que nous partageons tous et en créant sur le vif, est quelque chose de vraiment spécial à mes yeux. Je suis donc vraiment honoré d’avoir l’occasion de faire la connaissance de ces personnes et de retrouver celles avec lesquelles j’ai déjà collaboré par le passé.

PAN M 360 : Oui ! Et quand tu parles d’improvisation libre, pourrais-tu être un peu plus précis sur les programmes ou les événements auxquels tu participeras à Montréal ?

Adrian Avendaño : Le 18 juin prochain, je jouerai aux côtés de Roxanne Nesbitt, qui a d’ailleurs vécu à Vancouver pendant de nombreuses années avant de s’installer à Montréal. Oui. C’est une artiste incroyable, compositrice à part entière, mais une grande partie de sa pratique consiste aujourd’hui à fabriquer ses propres instruments de percussion à partir de céramique et de métal. C’est aussi une contrebassiste. Elle représentera donc un tiers du trio ; la deuxième personne est une artiste montréalaise que je n’ai pas encore rencontrée. Je suis donc vraiment impatient de collaborer avec elles dans le cadre de ce trio.

PAN M 360 : Le prochain programme auquel vous participerez aura lieu le 20 juin. Passons maintenant au programme suivant…

Adrian Avendaño : Oui, je ferai partie de l’une des « constellations », comme ils les appellent, dans le cadre d’un événement organisé par Black Door, une série consacrée à la musique improvisée dirigée par Jason, qui vit à Montréal et qui est d’ailleurs l’un des autres invités de la résidence Trading Places cette année. Il s’agit donc d’une série qu’il organise et qui met en avant des artistes de la région de Montréal, qui se réunissent pour se mettre en valeur les uns les autres à travers l’improvisation. Et donc, oui, je jouerai dans la première « constellation » ce soir-là avec plusieurs musiciens de Montréal, dont, je crois, James Goddard et Fahmid Nibesh, avec qui j’ai eu le plaisir de collaborer à Mexico.

Fahmid faisait d’ailleurs partie des artistes en résidence de Trading Places l’année dernière. Il était donc ici pour jouer aux côtés d’Allison Burik (saxophone et clarinette), qui, je suppose, jouera avec elle – ou plutôt avec eux – lors du concert suivant, le 23. Ça va donc être un événement vraiment passionnant, car il y aura beaucoup de musiciens exceptionnels à l’affiche.

Et donc, pour la suite, comme je viens de le mentionner, le 23, je jouerai lors de la soirée Get Free! Improv Night. C’est un événement qui m’enthousiasme vraiment, vraiment, vraiment beaucoup, car je vais collaborer avec Allison Burik, comme je l’ai déjà mentionné, ainsi qu’avec Jared Sharif, un saxophoniste incroyable basé à Calgary, ici sur la côte ouest. Et nous serons rejoints par l’incroyable Luke Stewart, de Philadelphie, et, je crois, originaire de New York…

PAN M 360 : Parlons maintenant de ton parcours en tant que percussionniste, improvisateur et compositeur.

Adrian Avendaño : En fait, j’ai commencé à jouer de la batterie un peu par hasard, pour être honnête. Mais c’était un très heureux hasard. Et j’en suis vraiment reconnaissant. Je dois évidemment remercier mes parents, en particulier ma mère, qui m’a beaucoup encouragé quand j’étais jeune à essayer différentes choses.

Et l’une de ces choses consistait à essayer d’apprendre la musique. Du coup, quand j’avais environ 12 ans, elle m’a dit : « Hé, Adrian, tu veux aller voir cette école de musique qui se trouve près de chez nous ? Je sais que ça pourrait t’intéresser. » Et je me suis dit : « Oh, oui, bien sûr. » J’avais l’esprit assez ouvert. On y est donc allés. Et tout en bas de la liste des cours proposés, il y avait la batterie.

Et je me suis dit : « Oh, je ne sais pas pourquoi, mais ça m’a en quelque sorte interpellé. » Du coup, j’ai choisi la batterie et j’ai pris quelques cours avec mon prof. Et c’est à peu près tout.

Tu sais, j’ai juste continué comme ça. J’ai commencé à jouer à l’école primaire et dans tous les groupes. Et quand j’étais au lycée, c’était pareil. Je faisais partie de l’orchestre. Je faisais aussi partie des groupes de jazz au lycée. Et j’ai eu un peu de chance, je suppose, au collège ; je ne sais pas trop comment ça se passe à Montréal, mais ici, il y a en quelque sorte la 10e.

C’était un peu comme, tu vois, la dernière année avant d’entrer en terminale. Et à cette époque-là, il n’y avait pas d’autres batteurs dans les classes supérieures. Du coup, en gros, je faisais double emploi.

Je jouais donc avec les groupes des plus jeunes : l’orchestre et le groupe de jazz. Et je faisais la même chose avec les élèves de terminale, dans le groupe de jazz et l’orchestre. Du coup, je jouais pratiquement tous les jours à l’école, ce qui a été une expérience incroyable pour moi, car j’apprenais énormément et je découvrais la musique de différentes époques et dans différents contextes.

Puis j’ai fini par obtenir mon baccalauréat et, en fait, je n’ai plus étudié la musique après le lycée avant de nombreuses années. J’ai en quelque sorte pris un chemin différent, mais j’y suis revenu vers 2017. J’ai commencé à étudier au Vancouver Community College, ici, ce qui a joué un rôle déterminant dans mon parcours actuel, car c’est là que j’ai pu m’immerger plus profondément dans la musique expérimentale, la musique contemporaine et un peu de jazz.

Je ne dirais pas que j’ai étudié ces disciplines de manière aussi approfondie que d’autres musiciens l’ont peut-être fait. Cela fait sans aucun doute partie de mon parcours, mais je ne dirais pas que c’est le fondement, si vous voyez ce que je veux dire. Mais ça a été une période vraiment enrichissante pour moi, car j’ai été exposé aux différentes méthodologies de la musique expérimentale, de la musique contemporaine et, plus particulièrement, de la musique improvisée.

Et pour cela, je dois un immense merci à mes mentors là-bas. L’un d’entre eux en particulier, Giorgio Manganelli , qui est un artiste incroyable, toujours très actif aujourd’hui, et qui, oui, nous a vraiment ouvert l’esprit au sein de l’ensemble de musique contemporaine qu’il dirigeait. Et, ce qui est également important pour moi en tant que percussionniste, cela m’a ouvert les oreilles à la musique gamelan.

Voilà donc un aperçu de mon parcours là-bas, en termes de formation et d’éléments à retenir, ce qui est assez récent. En 2024, j’ai eu la chance de recevoir une bourse de perfectionnement professionnel du Conseil des Arts du Canada, ce qui m’a permis d’étudier avec l’un de mes héros actuels de la musique de percussion. Il s’agit d’un batteur nommé Pedro Ojeda, originaire de Bogotá, en Colombie. Il est en quelque sorte à l’avant-garde de la nouvelle scène de la cumbia et de la musique expérimentale dans sa ville, Bogotá, en Colombie. J’ai donc eu l’immense honneur d’aller étudier avec lui en personne pendant environ un mois. J’étudie avec lui depuis de nombreuses années via Internet et j’essaie simplement de me reconnecter autant que possible avec mon héritage latino-américain.

Et j’ai eu beaucoup de chance parce que, tu sais, à Vancouver, même si c’est, disons, une ville peut-être plus petite, il y a quand même plein de gens vraiment géniaux qui font de la musique ici. Et honnêtement, c’est assez incroyable, surtout ces six dernières années, de voir le nombre de personnes qui passent par Vancouver, venues des quatre coins du monde, tu sais, des musiciens de haut niveau qui viennent présenter leurs projets ou leurs œuvres en solo. J’ai donc eu beaucoup de chance d’être ici au moment où ces gens passaient par là, ce qui m’a permis de les rencontrer et de nouer des liens avec eux.

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L’album Les horribles, le septième de Fuudge, fut lancé le 15 mai sous étiquette Folivora. Ce répertoire flambant neuf est exécuté ce 18 juin aux Foufounes Électriques dans le contexte des Francos. Furieux mélange de stoner rock, de grunge ou de psych rock, Fuudge poursuit en toute cohérence sa route, amorcée une décennie plus tôt. Renommé pour ce talent de souffler le chaud et le froid, les clavier ambient et les riffs hardcore, les voix douces, les voix sombres, les graves, les aiguës ou  les cris d’outre-tombe, Fuudge est une authentique signature rock. Avant de vous suggérer la lecture de l’entretien réalisé par Florence Cantin, laissons à David Bujold, frontman de Fuudge, le soin de l’introduction: 

« On ne peut pas parler d’un album concept, mais je peux dire qu’il y a deux thèmes qui se dégagent de cet album : le changement et la monstruosité. Ce sont des thèmes qui peuvent être assez vagues, ou être carrément ultra d’actualité quand on y pense un peu. »   

PAN M 360 : Qu’est-ce qui a le plus changé et qu’est-ce qui est resté immuable  dans votre processus créatif en une décennie ?

David Bujold : Il y a plusieurs éléments qui font que cet album se démarque des autres. Le plus important est probablement l’aspect collaboratif. Sur les EP et les albums il y avait plusieurs chansons où je jouais tous les instruments, en invitant les autres membres du groupe seulement sur quelques pièces. Pour la première fois, sur Les horribles, tous les membres de Fuudge jouent sur toutes les pièces. Un autre élément, c’est l’écriture des textes qui est plus soignée, plus recherchée et qui à travers les chansons développe des thèmes tels que la quête identitaire et la métamorphose sociale et individuelle.

PAN M 360 : Avec Mentor, on sent vraiment les prémices d’une nouvelle ère. Le son se détache de ce que vous avez fait par le passé. La recette était-elle la même pour ce titre que pour le reste de l’album, ou encore avez-vous pigé dans d’autres influences pour celui-là ?

David Bujold : Ce riff-là est dans mon “sac à riffs” depuis longtemps. Quand vient le temps de faire un album, j’ouvre ce réservoir d’idées et j’ai senti que même si j’avais depuis longtemps considéré ce riff-là comme étant loin de l’univers de Fuudge, je pouvais enfin me permettre de me l’approprier pour le projet. Ça été dur parce que je voyais cette toune comme New wave et ça je ne voulais pas aller là. Je trouve que même si je peux pousser le groupe dans de nouvelles zones stylistiques, il y a certaines limites qui demeurent importantes à ne pas franchir. Pour “fuudgiser” Le mentor, j’ai mis les ingrédients qui caractérisent le groupe : un peu de fuzz, des harmonies vocales et du Mellotron. Et voilà!

PAN M 360 : Peu importe vos explorations, la signature de Fuudge reste indéniable, portée par un équilibre entre des claviers planants et des riffs très lourds. Comment gères-tu les nouvelles idées qui se différencient de votre son habituel ? Y a-t-il un travail conscient pour les adapter et s’assurer qu’elles deviennent du Fuudge ?

David Bujold : À part Le mentor je crois que le reste de l’album est en phase avec ce que nous avons fait avant. Par contre ce sont les côtés sludge et stoner lent desquels j’ai voulu m’éloigner, ce qui donne des chansons plus entraînantes. Il n’y a qu’une seule chanson qui est lente, c’est Je sais pas c’que j’fais icitte, et même celle-là j’ai réussi à y injecter de la nouveauté, avec des éléments new metal. Il y a certainement un travail pour “rendre” une toune “Fuudge” mais je crois que ça s’opère naturellement.

PAN M 360 : Entre le dernier album et celui-ci, il s’est écoulé trois ans. Est-ce qu’on aborde la sortie de nouvelles chansons avec plus d’appréhension après une absence prolongée, ou est-ce que ça permet plutôt de revenir l’esprit plus clair ?

David Bujold : Je me demande toujours si les gens vont aimer les nouveaux albums quand ils sortent et dans le cas de Les horribles, c’est encore pire. C’est un sentiment de peur qui est mélangé avec de la fierté et une certaine confiance, alors ça devrait s’équilibrer. Heureusement la réponse des fans est bonne!

PAN M 360: Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour votre lancement aux Foufs ?

David Bujold: Une salle comble? Haha! La vente des billets va bien et on sait déjà qu’il va y avoir beaucoup de monde, alors la balle est dans notre camp pour donner le meilleur de nous. On a cassé plusieurs nouvelles tounes à Limoilou le 6 juin dernier, mais il y en a encore qu’on va jouer pour la première fois ce jeudi… et c’est pas d’la p’tite bière! Souhaitez-nous bonne chance !

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Dans le cadre des Francos 2026, Alice Bro se produira au MTelus en première partie du Québec Redneck Bluegrass Project, à 19h30, le 19 juin. Alice Bro a fait paraître récemment son premier album, au titre étonnant de 100 filtres. Provocatrice, elle fabrique un country urbain qui flirte avec le punk et la musique de la Nouvelle Orléans. Michel Labrecque l’a interviewée pour PAN M 360 à quelques jours de son spectacle tant attendu.


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Artiste en résidence au festival Suoni 2026, où elle participera à cinq événements différents à partir du 16 juin. Installée à Vancouver, Anju Singh est compositrice, artiste sonore et multi-instrumentiste. Le violon, l’orgue à tuyaux et l’électronique font partie de ses outils d’improvisation et de composition ; elle mêle également la musique occidentale, ancienne ou contemporaine, à ses racines sud-asiatiques.
« Elle explore les dynamiques, les textures et le son pur dans ses compositions et ses improvisations. En tant que musicienne, elle s’intéresse aux techniques étendues et expérimentales, ainsi qu’à la réutilisation d’instruments traditionnels dans de nouveaux contextes. Cela l’amène parfois à concevoir et à fabriquer ses propres instruments, en s’inspirant de ceux qui existent déjà. Ses matériaux de prédilection comprennent les instruments de musique, les synthétiseurs, la voix, l’électronique, des objets trouvés ou fabriqués sur mesure, des échantillons et des enregistrements sur le terrain. Anju a présenté son travail au Canada et à l’international, notamment aux États-Unis, au Brésil, au Mexique, en Europe et au Japon. Outre sa pratique musicale et sonore dans les domaines de l’improvisation, de la musique expérimentale et de l’art sonore, Anju se produit également sous le nom de The Nausea et est batteuse et guitariste dans divers projets de metal. Elle est la commissaire et directrice du Vancouver Noise Fest, un festival indépendant et autofinancé dédié à la musique noise, qui en est désormais à sa 11e édition. »

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Kiva Stimac est la cofondatrice de Suoni per il Popolo et en est actuellement la directrice artistique. Suoni nous propose une grande diversité d’artistes expérimentaux, allant de figures de longue date comme The Ex à des artistes émergents comme JamBient. Les conseils de Kiva sont incontournables pour tous ceux qui prévoient d’assister à Suoni du 16 au 28 juin !

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À l’occasion de la 37e édition des Francos de Montréal, présentées par Rogers en collaboration avec Loto-Québec, Keithy Antoine a rencontré Rymz quelques jours avant son spectacle du 18 juin sur la scène Desjardins. Figure incontournable du rap montréalais, il s’est imposé au fil des ans grâce à sa plume introspective, son sens du récit et une présence scénique forgée à travers plus de 500 spectacles au Québec et en Europe.

L’entretien revient sur son plus récent album, « Vivre à mourir », ainsi que sur sa version deluxe, qui élargit encore davantage son univers musical. Entre collaborations issues du rap québécois, notamment avec Souldia, GreenWoodz, White-B et Statzz, et rencontres plus inattendues avec des artistes comme Ingrid St-Pierre, Rymz dévoile un projet aux influences multiples.

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Le Festival Montréal Baroque 2026 annonce encore une fois l’été avec son édition qui se tient du 18 au 21 juin. Comme d’habitude, des découvertes, des valeurs sûres, des artistes de renom locaux, nationaux et internationaux. Le point de départ de cette édition est un opéra-ballet présenté pour la première fois en Amérique du Nord : Le Triomphe des Sens, de Jean-Joseph Mouret (1682-1738), compositeur oublié mais doté d’une popularité certaine à son époque. À partir de là, on a concocté une programmation qui joindra à plein de belle et bonne musique, des expériences gustatives, visuelles et mêmes tactiles. On en jase avec le Co-Directeur artistique et général, Vincent Lauzer. 

INFOS ET BILLETS

https://youtu.be/yV6kF1NDzSw
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