Osheaga, jour 3: Kendrick Lamar, Fred Again.., Milk & Bone, Julia Jacklin, Beabadoobee, Preston Pablo, Central Cee, Japanese Breakfast, FOALS, Tom Odell, Saint Levant

par Rédaction PAN M 360

Il y avait peut-être plus de 92 spectacles différents à Osheaga cette année, mais nos rédacteurs ont sauté d’un spectacle à l’autre pour donner un compte rendu concis et créatif de notre expérience. Sans plus tarder, voici ce que nous avons vu et entendu lors de la dernière journée d’Osheaga…

En prime, nous vous suggérons 3 perceptions du spectacle de Kendrick Lamar par nos 3 rédacteurs issus de 3 générations distinctes.

Kendrick Lamar: grande autorité et… quelques réserves

Est-ce possible d’obtenir mieux qu’un des artisans les plus populaires de la scène hip-hop au cours de la dernière décennie pour clôturer l’édition 2023 d’Osheaga? Je crois fermement que non. 

Juste après Fred Again.., le moment tant attendu est arrivé et Kendrick Lamar a fait son entrée sur la scène principale sur les premières notes de N95, un des excellents titres de son plus récent album, Mr. Morale & The Big Steppers. Après son premier morceau, le rappeur californien se tenait debout en silence tel un roi sous les imposants « Olé!, Olé!, Olé! » de la foule. Derrière lui se dévoile une toile d’art sur rideau qui sera remplacée à trois reprises lors de sa prestation. Pendant son concert, il était seulement accompagné de danseurs qui s’ajoutent au fil du concert. Sur scène, Kendrick Lamar n’est pas le plus énergique, mais ses habiletés et sa prestance font de lui un artiste captivant.

Pendant son passage d’environ une heure et quart, le MC de Compton a livré une sélection de plusieurs pièces de son dernier projet ainsi que ses plus grands succès de sa discographie, remontant même en 2011 pour A.D.H.D et en 2012 pour certains titres de good kid, m.A.A.d city. L’un des plus beaux moments de la soirée a été lorsque l’artiste de 36 ans a demandé aux festivaliers d’ouvrir leur lampe de poche pour LOVE. Pour presque tous les morceaux, la foule répondait présente et accompagnait le rappeur. À mes côtés, on retrouve des personnes de tout âge, preuve que K.Dot fait l’unanimité à travers les différentes générations. 

« Vous auriez pu choisir d’être à n’importe quel endroit ce soir, mais vous avez décidé d’être ici, merci », a soutenu le vétéran du rap à la fin de son concert. Les gens présents au festival ont eu droit à un moment d’anthologie et une offre quasi parfaite de Mr. Duckworth pour conclure le festival. 

– Jacob Langlois-Pelletier

Photo by Tim Snow

Comme beaucoup dans la foule, c’était la première fois que je voyais le dieu du rap californien, Kendrick Lamar, alors c’est sûr que juste après que Fred Again… ait terminé son set à côté, l’attente était réelle. Le piano instrumental et la guitare funk ont occupé la scène jusqu’à ce que Kendrick sorte de l’obscurité, plongeant dans N95 puis ELEMENT. Il portait des lunettes de soleil, un pantalon de survêtement rose et un sweat à capuche noir, derrière une toile de fond peinte qui se déplaçait entre les morceaux. Nous avons également eu droit à quelques anciens titres comme A.D.H.D et à l’un des préférés du public, King Kunta, tiré de l’excellent To Pimp A Butterfly.

Le flow de Kendrick est inégalable, mais la foule près de moi a tenté de rapper chaque ligne pendant une chanson comme Swimming Pool (Drank). Un autre moment marquant est celui où il freestyle pendant quelques minutes avant de tromper la foule et de se lancer dans Money Trees, suivi de Bitch, Don’t Kill My Vibe. Kendrick a un charisme général sur scène, mais il a semblé un peu moins énergique que ce à quoi je m’attendais. Cependant, ses choristes, qui avaient une présence menaçante, ont ajouté à l’histoire narrative du spectacle. Kendrick a également décidé de terminer son set 15 minutes plus tôt, avec Savior, mais je veux dire, c’est Kendrick goddamn Lamar, alors il peut faire ce qu’il veut.

– Stephan Boissonneault

Photo : Tim Snow

Dans sa réflexion critique et autocritique, dans sa forme poétique, dans la teneur de son message brillant et subtil, aux antipodes du manichéisme, Kendrick Lamar a voulu élever sur scène sa proposition récente, incarnée par le récent album Mr Morale & the Big Stepper

Littérairement plus dense et magnifié par son flow exemplaire, Kendrick Lamar a poussé plus loin cet état de création en choisissant un minimalisme scénique pour ainsi présenter un spectacle de clôture trop bref, conclu près d’un quart d’heure avant le couvre-feu.

Cette fin de programme à Osheaga s’avère certes valable artistiquement mais peu appropriée pour un événement de masse où les propositions  trop conceptuelles atteignent rapidement les limites d’un spectacle de masse. 

Certains y verront un coup de génie, brillante contre-proposition pour l’ultime tête d’affiche d’un festival de cette taille. Dimanche soir au Parc Jean-Drapeau devant une foule immense. Le rappeur visionnaire de Compton, le plus marquant de la dernière décennie, n’a donc pas fait l’unanimité cette fois, même s’il a possiblement ravi la majorité.

Voyons voir : 

Chacune des pièces au programme était entrecoupée de pauses étonnamment longues, comme si on présentait les tableaux d’un opéra total, mis en scène à l’ère romantique, avant la modernité. D’immenses fresques peintes sur tissu occupaient le fond de la scène, évoquant les thèmes soulevés dans cette performance – retours sur la trajectoire de l’artiste, réflexions sur son milieu d’origine, sur sa famille, son quartier violent, sur l’état de son identité, sur l’avenir de cette identité, sur ses inquiétudes existentielles malgré la gloire acquise.

Une troupe de danseurs mâles avec barbes et verres fumés à l’instar de leur employeur, vêtus de bleus de travail et de tabliers d’ateliers stylisés (Louis Vuitton, sors de ce corps), chorégraphiaient les états poétiques du maître  Kendrick, lui-même affublé de chaussures Nike, d’un ample pantalon 3/4 de couleur rose, d’un blouson de tissu noir, d’une casquette des Dodgers de LA et d’un foulard lui ceinturant le crâne sauf le visage. 

Les écrans géants latéraux témoignaient exclusivement de l’activité sur scène, soit le rappeur lui-même et le mouvement de ses danseurs circulant autour d’objets scéniques.  

L’interprétation de classiques tirés de ses albums précédents au dernier ont certes fait plaisir à tout le monde, les nouveaux titres n’ont certes pas déçu, et les reprises furent pertinentes (Nosetalgia de Pusha T, Sidewalks de The Weeknd, Never Catch Me de Flying Lotus). En tout, 21 titres inspirés pour la plupart et…

Musicalement, on a préféré de nouveau activer des séquences préenregistrées et moduler le tout en temps réel.  Un choix défendable, il faut dire, à la manière des plus éminents producteurs électroniques de ce monde. Mais… une performance instrumentale en temps réel peut aussi faire partie de l’expérience en 2023, le choix de son retrait doit alors être compensé par une immersion de taille. Ce qui ne fut peut-être pas le cas à Osheaga.

Ce choix artistique peut certes séduire totalement dans un amphithéâtre propice à ce type d’immersion, on imagine des perceptions fort différentes de la version complète de ce Big Steppers Tour mais… dehors, devant une mer de fans? C’est autre chose. Sans effets spéciaux en 3D, sans éclairages nouveau genre, sans projections multimédias, une telle frugalité esthétique dans un tel contexte festivalier, aussi brillante soit-elle,  peut décevoir les attentes de plusieurs. 

Ce qui fut  le cas, force est d’observer. Au bout de 60 minutes, on a vu pas mal de monde se déplacer vers d’autres scènes en action sur le site d’Osheaga. Majoritaires, les fans sont restés sur place, plusieurs d’entre eux ont quitté songeurs même si tous ont célébré chaudement les grands crus hip hop d’un Kendrick Lamar en verve, en pleine possession de ses moyens, impérial malgré nos réserves.

– Alain Brunet

Le prodige électro Fred Again… un véritable aimant

Photo : Tim Snow

Au cours des dernières années, le nom de Fred Again.. a été sur toutes les lèvres des adeptes de musique électro. Avant son concert à Osheaga dimanche soir, je me considérais indifférent face à son art, peinant parfois à comprendre l’engouement monstre l’entourant. Ainsi, je me suis dirigé près de la scène d’une oreille curieuse, et force est d’admettre que j’en suis reparti franchement épaté par le génie du producteur, DJ et auteur-compositeur-interprète londonien.

Tout au long, Frederick John Philip Gibson alterne entre son clavier et son MPC. La base de sa musique est de courts échantillons sonores provenant de chansons ou de dialogues d’artistes ou de personnes totalement inconnues avec lesquels il crée des loops. D’ailleurs, les vidéos des extraits utilisés sont diffusées sur les écrans géants pendant le concert. Ensuite, le Britannique y ajoute sa propre voix ainsi que de nombreuses couches et textures à l’aide de ses différents instruments. Ainsi, la majorité des titres qu’ils jouent en concert sont générés en temps réel et le public assiste à leur création. Les avenues de Fred Again..sont multiples et sa musique explore la house, le garage, la pop et même le R&B. 

Sur scène, l’artiste de 30 ans donne tout et se retrouve complètement en sueur. Du début à la fin, la foule s’est montrée extrêmement bruyante et captivée par les faits et gestes de la vedette. Les festivaliers ont été régalés par les meilleures compositions de l’artiste comme Delilah (pull me out of this) et Angie (I’ve Been Lost). À Osheaga dimanche, Fred Again.. a transformé le Parc Jean-Drapeau en véritable piste de danse et a réussi à créer un moment inoubliable. 

– Jacob Langlois-Pelletier

Central Cee, star britannique en développement

Photo : Tim Snow

Vers 18h20, c’était au tour de la jeune vedette britannique Central Cee de prendre d’assaut la Scène de la Montagne. Au cours de la dernière année, le rappeur a connu une ascension sans précédent et est maintenant une des étoiles de la montée en popularité de la UK drill à l’international. À en juger par l’imposante masse de festivaliers agglutinés pour sa prestation, son arrivée était très attendue. 

Avant sa montée, un DJ s’est occupé de réchauffer le tout avec de nombreux succès hip-hop. Une quinzaine de minutes plus tard et après la présentation d’une vidéo de présentation, le Londonien afait son entrée sous les cris et les applaudissements de la foule. Vêtu d’un habit bourgogne et chaîne en diamant au cou, l’artiste de 25 ans a débuté avec Loading. Sur scène, Central Cee déploie une assurance déstabilisante, découpe habilement chacun de ses mots et enchaîne de longs couplets avec un rythme effréné. Nul besoin de piste vocale pour le soutenir, le Britannique enfile les différents morceaux et ça semble si facile. Dans le dernier droit, la jeune vedette a offert ses meilleurs morceaux tels Sprinter et Doja, sans oublier sa version de LET HER GO de Passenger. 

Les gens présents connaissaient les titres de l’artiste par cœur et s’époumonaient sur ses différents titres. Nul doute, il s’agissait probablement de l’une des meilleures foules du festival. 

– Jacob Langlois-Pelletier

Le culte de Beabadoobee

Photo by Tim Snow

Beabadoobee, une jeune superstar de la pop indie alternative, a finalement eu la chance de jouer sur la scène principale d’Osheaga, puisqu’elle a annulé sa date à la dernière minute pour Osheaga 2022. Cette année, les fans avaient envie d’ancien et de nouveau, et nous avons été accueillis principalement par des chansons de son album 2022, Beatopia. La musique de Bebadoobee est plutôt poppy, mais il y a quelques touches de grunge et de shoegaze dans sa musique, et sa voix est aussi apaisante que le miel lors d’une chaude journée d’été.

La chaleur était un peu insupportable, car de nombreux fans et moi-même essayions de nous abriter, et Beabadoobee elle-même a mentionné le soleil étouffant une ou deux fois. Tous les couples présents dans la foule se sont serrés l’un contre l’autre pendant la chanson The perfect pair et ont chanté à l’unisson avec Beabadoobee, de son vrai nom Beatrice Kristi Ilejay Laus. Deux fans ont demandé Bea en mariage sur leur téléphone, alors que la caméra tournait entre eux, mais Beabadoobee a balayé l’idée en riant : « C’est tout à fait cool, mais non »

– Stephan Boissonneault

FOALS, pas si typique après tout…

D’Oxford, Angleterre, là même où l’on élève les têtes de radio, FOALS est un groupe de culture rock et électro, typique de sa génération. Yannis Philippakis, son frontman, est un chanteur de qualité, ce quartette offre des accroches mélodiques inspirées, des arrangements imaginatifs et des passages multi-référentiels témoignant d’un goût certain. Les récentes expériences en studio de FOALS intègrent les basses synthétiques et autres éléments stylistiques de type dub et house, sans pour autant dénaturer la proposition originelle, plus proche de la pop/rock indie. Rien de mémorable sur la scène de la Vallée, néanmoins un groupe de belle tenue. – Alain Brunet

Japanese Breakfast: cette femme qui vous aime

Photo : Frédérique Ménard-Aubin

Je dois admettre que Soft Sounds From Another Planet, paru en 2017, est le dernier album de Japanese Breakfast que j’ai écouté en entier, mais après avoir assisté à la moitié de son set à Osheaga, je sais maintenant qu’il faut que j’écoute le dernier, Jubilee. La chanteuse Michelle Zauner s’est présentée dans une jupe et un haut rose vif à l’effigie de Barbie avant de frapper le gong de la scène pour signaler le début du spectacle d’indie pop psychédélique. Ce n’est pas la seule fois qu’elle a frappé le gong, en fait, elle l’a fait plusieurs fois entre les chansons pour plus d’ambiance.

La présence de Zauner sur scène a quelque chose d’hypnotique. Elle entre presque en transe, hypnotisant le public, mais s’interrompt de temps à autre pour faire preuve d’un peu de légèreté. C’est au début de son set qu’elle a fait preuve de la plus grande énergie en interprétant deux anciens succès, The Woman That Loves You et In Heaven, tirés de son premier album, Psychopomp, qui l’a fait connaître sur la scène indie.

– Stephan Boissonneault

Preston Pablo, un vent d’air frais sur la scène pop/R&B canadienne

Photo: Benoit Rousseau

Vous êtes-vous déjà demandé qui était la voix derrière le succès Flowers Need Rain? Si oui, vous n’êtes assurément pas seul, car le titre de Preston Pablo a atteint en 2022 le premier rang des chansons les plus cherchées au Canada sur la plateforme Shazam. En pleine ascension sur la scène pop et R&B, le canadien avait la tâche de donner le coup d’envoi de la dernière journée de concert sur la Scène Verte. 

Supporté vocalement par ses propres pistes, l’auteur-compositeur-interprète était débordant d’énergie et a livré du soleil aux festivaliers présents. Les pistes romantiques et chaleureuses de Preston Pablo ont été très bien accueillies par la foule. L’artiste de 21 a offert ses meilleurs morceaux tels que For Keeps ainsi qu’une reprise de Sorry de Justin Bieber. « Montréal, je t’aime! », a-t-il lancé à plusieurs reprises, sourire aux lèvres. 

Après un peu plus d’une trentaine de minutes sur scène, Preston Pablo a voulu conclure sa prestation en beauté avec sa chanson la plus populaire à ce jour, Flowers Need Rain. En raison d’un problème avec le système de son, le jeune homme demanda dans un premier temps au public de chanter avec lui avant de proposer une version acoustique du morceau. Lorsque l’ennui technique a été réglé, il a pu refaire son titre adéquatement. Ainsi, les gens présents ont eu droit à trois versions différentes de son plus grand succès, et personne n’a semblé s’en plaindre!

– Jacob Langlois-Pelletier

Tom Odell: pure réincarnation du pur romantisme

Le chanteur hypersensible au piano, le mélodiste doué de formation classique, l’interprète vulnérable et passionné… voilà un profil connu depuis un demi-siècle au moins: Nina Simone, Barbara, Elton John, Billie Joel, Carole King, Tori Amos, Fiona Apple, Patrick Watson… Il y en a tant et en voilà un autre sur la scène de la Rivière, relativement peu connu en Amérique du Nord quoique… en fin PM dimanche, il s’en trouvait plusieurs centaines à connaître par coeur les chansons de l’Anglais Tom Odell, pure réincarnation du romantisme extrême mais comportant des signes actualisés de la pop culture. Cet auteur, compositeur et interprète contre-ténor de 32 ans frappe pour son magnétisme et son expressivité. Il a tôt fait rapidement oublier son usage de tous les clichés compositionnels de la chanson avec piano et groupe pop, clichés qu’il enrobe d’un lustre créatif qui le distingue très clairement. Moins banal qu’il n’y paraît!

– Alain Brunet

Julia Jacklin n’ignore pas la tendresse

Photo by Frédérique Ménard-Aubin

Juste après un set électrique du duo de rap fraternel Armani White, la Green Stage a accueilli la présence de l’Australienne Julia Jacklin, un show que je m’attendais à voir plein, mais qui a été gracieusement surpris par l’espace vide sur les planchers herbeux. Peut-être est-ce dû au fait qu’une grande partie du public d’Armani White recherchait quelque chose de plus dansant (ce que les programmateurs auraient pu anticiper) et n’était pas préparée au rock indé mélancolique de Jacklin. Néanmoins, ceux d’entre nous qui sont restés et qui sont arrivés lentement ont eu droit à un plaisir magnifique, mais triste.

La plupart des chansons de Julia parlent d’amour perdu ou d’angoisse existentielle, ce qui est très différent de ce que l’on peut attendre d’un festival où la plupart des gens ont le moral dans les chaussettes. Il était difficile de ne pas se sentir brisé lorsque sa voix puissante chantonnait pendant la chanson Pool Party ou même Lydia Wears a Cross. J’étais malheureusement seule et j’avais l’impression d’avoir besoin d’un câlin d’une amie lointaine. Il est bon, mais rare, de ressentir quelque chose de réel lors d’un spectacle et le set de Julia Jacklin, bien que court, était entièrement consacré aux sentiments réels qui nous rendent humains.

– Stephan Boissonneault

Milk & Bone maîtrisent leur artisanat à Osheaga

Photo : Benoit Rousseau

Après que le rappeur canadien TOBi ait quitté la scène voisine pendant que la foule scandait son nom, la barre était haute pour Milk & Bone. Disons tout simplement que le duo électro-pop a relevé le défi avec brio! 

Les deux autrices-compositrices-interprètes font leur arrivée sur scène pour leur troisième présence en carrière à Osheaga (déjà!). Laurence Lafond-Beaulne est complètement vêtue de blanc alors que Camille Poliquin, elle, est en noir. À plusieurs moments durant le concert, elles se retrouvent face à face et se regardent tout en interprètant leurs morceaux. Pendant que l’une chantait, l’autre ajoutait différents sons et textures à l’aide d’une boîte à rythmes. La chimie entre les deux femmes est réelle et splendide sur scène. 

Dimanche, la foule a pu danser sur de nombreux extraits issus de Chrysalism, le dernier opus du duo paru l’an dernier. Milk & Bone a aussi fait plaisir à ses fans avec leurs plus grands succès. C’est d’ailleurs lors de Daydream que la foule s’est faite la plus bruyante. Le duo a offert une excellente prestation et les festivaliers ont semblé obtenir tout ce qu’ils attendaient de lui. – Jacob Langlois Pelletier

Saint Levant: le pouvoir attractif du Levant… et aussi de l’Occident

Photo: Frédérique Ménard-Aubin

Marwan Abdelhamid alias Saint Levant est le fils d’une Franco-Algérienne et d’un Serbo-Palestinien. Natif de Jérusalem, il vit aux US, ayant complété bachelor en relations internationales de l’université de Californie à Santa Barbara. Le chanteur et rappeur parle couramment l’arabe, l’anglais et le français, son pouvoir attractif apparaît évident dès les premières mesures. Sa proposition inclut le violon oriental (avec quarts de ton) la derbouka et le saxophone, ses chants d’inspiration arabe intègrent aussi des saveurs occidentales, soit soul-pop, hip-hop et EDM. À la fois engagé, divertissant et sensuel, Saint Levant s’est rapidement imposé sur les médias sociaux, au point d’obtenir une affiche importante dans les festivals internationaux, scène Verte d’Osheaga dans le cas qui nous occupe. Quelques milliers de fans récemment conquis, très majoritairement issus de la communauté arabo-maghrébine, étaient là pour l’acclamer et aussi applaudir l’invitée Zeina qui a grandi à Montréal et dont la carrière décolle également.

– Alain Brunet

Osheaga, jour 2 :  Billie Eilish, Lil Yachty, The National, Adekunle Gold, L Teez, Pelch, Baby Keem, Cults…

par Rédaction PAN M 360

Il y a plus de 92 spectacles différents à Osheaga cette année, mais nos rédacteurs ont sauté d’un spectacle à l’autre pour donner un compte-rendu concis et créatif de notre expérience. Sans plus tarder, voici ce que nous avons vu et entendu le deuxième jour d’Osheaga.

Billie Eilish, impériale, remarquable, mémorable

crédit photo: Tim Snow

Billie Eilish était en tête d’affiche de la journée de samedi, et pour cause ! Il semblait pour son public en liesse que chaque instant de sa performance grandement attendue avait été conçu pour rester à jamais gravé dans la mémoire des festivaliers, qui peuvent se considérer bénis d’avoir pu assister à une performance de ce niveau, pour le moins mémorable pour ne pas dire admissible à la légende.

Pour ainsi dire, les moments d’anthologie s’enchaînaient les uns après les autres ! La chanteuse faisait tout en son pouvoir pour offrir des interprétations aussi puissantes les unes que les autres, puissance fournie par son énergie complétement démente sur scène ou par ses émotions profondément ressenties et des mots d’une réelle profondeur. Un des moments particulièrement marquants fût lorsqu’elle s’est assise sur le bord de la scène pour interpréter What was I made for?, et qu’elle a versé quelques larmes devant nous. L’intensité a remonté d’un cran après alors qu’elle n’a non pas demandé, mais ordonné à la foule de chanter Oxytocin avec elle.

La plus grosse surprise du spectacle fût sans doute lorsqu’elle a sondé le public à propos de leur connaissance de la chanson Billie Eilish d’Armani White, et que celui-ci est apparu sur scène avant même que la foule puisse répondre, interprétant le titre. Ébahissement total !

Le titre Happier than Ever a clôturé le spectacle, lors duquel Billie a mis à profit toute l’énergie qui lui restait. Feux d’artifice, jets de flammes, tout était en place pour que personne n’oublie le passage de Billie Eilish à Osheaga en août 2023. – Arielle Caron

La sensibilité et l’authenticité de Pelch

A group of people on stage playing instruments
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Crédit photo : Benoit Rousseau

En début d’après-midi samedi, une bonne foule de curieux s’était agglutinée devant la Scène verte pour la prestation de l’auteur-compositeur-interprète Guillaume Pelchat alias Pelch. Pour ceux qui ne le connaissent pas, le Québécois de 23 ans propose des ballades pop interprétées en anglais et possède une voix rugueuse rappelant par moment Lewis Capaldi ou même Dermot Kennedy. En avril 2022, Pelch a rendu public Looking around, un premier EP de six chansons où l’on relève une de ses forces : faire voyager ses auditeurs à travers différentes émotions. 

À Osheaga, le jeune homme a interprété ses chansons les plus populaires telles que How Many Kids? et celle qui l’a fait connaître sur les réseaux sociaux, la poignante Yellow Shirt. Au grand plaisir de la foule, l’artiste en a aussi profité pour jouer de nombreux morceaux inédits qui se retrouveront sur son prochain projet, dont Hometown, une pièce à travers laquelle il exprime son amour pour sa petite ville natale, Sainte-Julie. L’un des moments forts du spectacle est assurément lorsque Pelch a fait monter sur scène son petit frère Gabriel afin qu’ils chantent Last Night, son plus récent titre lui étant dédié. La foule a ainsi pu découvrir que Pelch n’est pas le seul de sa famille à être doté d’une superbe voix ! – Jacob Langlois-Pelletier

Matt Maltese, un nom qui sonne (finalement) une cloche

crédit photo: Tim Snow

Matt Maltese, originaire de l’Angleterre, est un nom qui ne sonne pas nécessairement de cloche de prime abord. Cependant, ceux qui sont familiers de l’application TikTok connaissent sans doute très bien sa chanson As the world caves in, qui a obtenu beaucoup de popularité sur l’application. Ce n’est qu’à la fin du spectacle que nous avons pu entendre ce titre, laissant la chance aux festivaliers de découvrir l’artiste au-delà de celui-ci. L’ambiance mélancolique de son œuvre, combinée à une puissance vocale à donner des frissons nous donnait l’impression d’être dans la scène finale d’un film coming-of-age. – Arielle Caron

L.Teez, rap-jazz montréalais de grande qualité 

A group of men on stage
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Crédit photo : Osheaga 

Vers 16h, c’était au tour de l’artiste montréalais L.Teez de monter sur la petite scène des sessions Sirius XM. Pour la petite histoire, Lee Terki est né en France d’une mère montréalaise afro-chinoise d’origine jamaïcaine et d’un père parisien de souche kabyle algérienne. Tout petit, il emménage avec sa famille au Québec. En octobre 2022, soit deux décennies plus tard, L.Teez a dévoilé Studio Blue, un excellent premier album mélangeant rap, jazz et soul. 

Accompagné de la chanteuse Lea Keeley, d’un bassiste, d’un batteur et de deux claviéristes, L.Teez a offert une interprétation quasi parfaite de son dernier projet. Sur une trame jazz franchement bien exécutée, l’artiste fait preuve d’un flow efficace, d’autant plus qu’il slalome en toute aisance entre chant et rap. Plus la prestation décolle, plus les gens se dirigent prêt de la scène, signe que sa musique est franchement intéressante et attractive. À mi-chemin de son set, L.Teez a pris le temps d’exprimer son plaisir de pouvoir se retrouver sur une scène du festival. « Ça fait plusieurs années que je viens au festival, j’y ai vu mes meilleurs spectacles. Je suis entièrement reconnaissant de me retrouver de l’autre côté pour vous offrir ce spectacle », a-t-il dit. 

L.Teez est un trésor bien caché de la scène montréalaise et vaut la peine d’être découvert! – Jacob Langlois-Pelletier

Peach Pit nous tient en haleine jusqu’à la fin

crédit photo: Frédérique Ménard-Aubin

Vu la nature de la musique du groupe indie-rock Peach Pit, on peut dire qu’on ne s’attendait pas à ce que le groupe commence son concert avec une séquence instrumentale complétement rock’n’roll et que le chanteur se lance dans la foule – malgré les pancartes qui interdisent le crowdsurfing. Doté d’une présence scénique marquante, le groupe a maintenu une énergie incroyable tout au long de la performance. Si on s’attend à un petit spectacle tranquille en écoutant leur musique, Peach Pit s’assure de nous garder en haleine du début à la fin. – Arielle Caron

Adekunle Gold à la conquête de l’Amérique du Nord

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Crédit photo : Frédérique Ménard-Aubin

En début de soirée, une foule assez importante attend avec impatience l’arrivée sur scène de la vedette nigériane Adekunle Gold. À ma droite, une festivalière porte avec fierté un chandail du pays natal de l’artiste, alors qu’à ma gauche une autre arbore les couleurs du Brésil. On le savait déjà, mais voici une énième preuve que la musique afrobeats de celui qu’on surnomme AG Baby rallie les différentes communautés. Malheureusement pour les fans présents, il fallut attendre jusqu’à 17h05 afin de le voir apparaître sur scène en raison de problèmes techniques, son arrivée étant prévue une vingtaine de minutes plus tôt. 

À son entrée sur scène, les applaudissements et les cris majoritairement féminins se sont déchaînés. 

L’homme de 36 a offert plusieurs titres issus de Tequila Ever After, son nouvel album qu’il a offert à son public  il y a un peu plus d’une semaine. « C’est l’album de l’année, allez l’écouter! », a-t-il affirmé. Signé chez Def Jam Recordings, l’artiste a la dégaine d’une véritable rock star sur scène, déployant une aisance remarquable. Il possède une voix douce & décontractée et sa musique est teintée d’influences pop, R&B, highlife, afrobeats. La conquête de l’Amérique du Nord est lancée pour Adekunle Gold et il sera de retour à Montréal en octobre prochain. – Jacob Langlois-Pelletier

Sur scène, les multiples facettes de Lil Yachty

A person holding a microphone and a microphone with other people behind him
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Crédit photo : Tim Snow

En début d’année, le rappeur Lil Yachty en a surpris plusieurs avec son album Let’s Start Here. un récit alternatif psychédélique auquel on ne se serait jamais attendu de sa part. Dès la parution de ce projet, ses fans ont immédiatement adhéré à son nouveau style. Samedi soir, on pouvait s’attendre à une prestation différente de ce que l’artiste originaire d’Atlanta a su nous habituer, et c’est exactement ce qu’il nous a servi. 

Avec un band complet et deux chanteuses à l’appui, la première moitié de son 60 minutes était dédiée à son dernier opus. Devant des visuels envoûtants et avec sa voix teintée d’autotune, l’artiste de 25 ans a transporté les montréalais dans un tourbillon d’émotions. La foule a répondu présente, entonnant plusieurs des couplets. Mais c’est plutôt dans le dernier droit de sa prestation que les gens présents se sont fait entendre, alors que le rappeur a interprété ses titres les plus populaires tels que One Night, Get Dripped ainsi que sa collaboration ISpy avec KYLE. Peu avant la fin, Lil Yachty a même chanté Poland, son titre qui avait enflammé les réseaux sociaux en octobre 2022. Somme toute, les festivaliers ont eu droit à une prestation aussi diversifiée que passionnée d’un pilier de la « génération SoundCloud ». – Jacob Langlois-Pelletier

Baby Keem, tranchant et sans merci

A crowd of people on a stage
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Crédit photo : Tim Snow

Avant l’arrivée de Billie Eilish sur la scène principale, le rappeur californien Baby Keem s’amenait sur le plateau voisin. En 2018, il a fait paraître son premier album The Sound of Bad Habit, suivi de DIE FOR MY BITCH en 2019 et de l’excellent The Melodic Blue. Au fil du temps, l’artiste de 22 ans a su prouver qu’il était bien plus que le simple cousin de la méga-vedette Kendrick Lamar, celui qui sera la tête d’affiche de la troisième et dernière journée du festival. 

À son entrée, l’artiste a débuté en force avec son titre hooligan. « C’est la première fois que je suis à Montréal », a-t-il indiqué. Seul sur scène, Baby Keem était  simplement accompagné de séquences  instrumentales et d’effets visuels efficaces. Le rappeur a offert une prestation honnête et sans éclats qui a assurément su plaire à ses fans. Dans plusieurs de ses morceaux, il effectue de nombreuses inflexions vocales et s’amuse à modifier son intonation, et on a noté qu’il était  aussi capable de faire tout ça sur scène. Les gens près de la scène se régalaient visiblement,  ces fans finis  connaissaient par cœur tous les titres de l’artiste, alors que ceux plus éloignés qui attendaient l’arrivée de la vedette de la pop semblaient plus hésitants. Cependant, ses succès ORANGE SODA et lost souls ont su faire bouger la grande majorité des festivaliers présents. 

Avant de quitter, Baby Keem a mentionné que ce concert était le dernier de l’ère The Melodic Blue et que la sortie d’un nouveau projet était imminente. Nul doute, nous serons à l’écoute!   – Jacob Langlois-Pelletier

The National, intérêt… national !

crédit photo: Tim Snow

Malheureusement, j’ai manqué une partie du spectacle de The National – le principal inconvénient du festival étant la distance entre certaines scènes. Dès mon arrivée, j’ai tout de suite voulu me joindre à la foule qui était en train de vivre un moment exceptionnel. Les yeux étaient rivés sur le chanteur, qui offrait une performance théâtrale, nous donnant presque l’impression qu’il se produisait dans une comédie musicale et non à Osheaga. Si la musique de The National provoque des émotions profondes lorsqu’on l’écoute dans des écouteurs, l’effet est grandement amplifié lorsque les chansons sont jouées devant nos yeux, et que nous sommes entourés de milliers de gens tous autant affectés par l’effet que le groupe nous procure. Il s’agit d’un sentiment difficile à décrire, que l’on vit que de rares fois dans une vie et que The National a réussi à créer. – Arielle Caron

Cults… en route vers le magistral sur des chemins rocailleux

crédit photo: Tim Snow

Cults est également un groupe dont les chansons ont explosé sur TikTok. Certaines étaient donc connues, mais leur passage, tout comme celui de Matt Maltese, était l’occasion pour les festivaliers d’Osheaga de découvrir ce groupe. Le groupe offre une musique captivante, dans laquelle les sons nombreux s’empilent les uns par-dessus les autres, créant une ambiance frisant le magistral. Malheureusement, il semblait par moments que le son n’était pas adapté à cela, ce qui rendait leur cet aspect habituellement appréciable quelque peu désagréable. Les festivaliers ont tout de même semblé aimer la performance, tout comme le groupe qui a souligné qu’il s’agissait du meilleur festival auquel ils avaient joué. – Arielle Caron

Osheaga, jour 1: Altın Gün, BBNO$, Rina Sawayama, The Flaming Lips, Soccer Mommy, JPEGMAFIA , Joey Bada$$

par Rédaction PAN M 360

Il y a plus de 92 spectacles différents à Osheaga cette année, mais nos rédacteurs ont sauté d’un spectacle à l’autre pour donner un compte-rendu concis et créatif de notre expérience. Sans plus tarder, voici ce que nous avons vu et entendu le premier jour d’Osheaga…

Altın Gün

Photo : Benoit Rousseau

L’un des premiers concerts de la journée a été donné par le groupe psychédélique turc Altın Gün, qui a joué une grande partie de son nouvel album, intitulé Aşk et qui s’est avéré être beaucoup plus synthétique que ce à quoi le public s’attendait. Néanmoins, il y avait suffisamment de wah-wah, de déphsage et de tambours tablas pour vous faire tourner la tête, et les voix de Merve Daşdemi et Erdinç Ecevit Yıldız étaient drôles et agréables.

Le bağlama, ou guitare turque à cordes pincées, a résonné à travers les vents et a fait se balancer et bouger la foule en rythme. Bien que nous nous trouvions dans un grand parc de Montréal, Altın Gün nous a donné l’impression de pénétrer dans un bazar turc pendant une bonne partie de son spectacle. Je pense qu’Altın Gün aurait mieux fait de faire la première partie d’un groupe comme The Flaming Lips, mais leur concert était tout de même très agréable.

– Stephan Boissonneault

BBNO$

Photo: Frederique Menard Aubin

Dès l’instant où BBNO$ est monté sur scène à Osheaga, son charisme, son caractère unique, son culot et son talent n’auraient pu être plus évidents. (Initialement) vêtu d’un ensemble blanc transparent qui lui permettait d’offrir ses textes excentriques de la côte ouest en caleçon et avec une tuque, BBNO$ était à la fois un spectacle d’humour et un concert de rap jeune et léger. À un moment donné, il a sorti un livre de cuisine et a annoncé qu’il le donnerait à celui ou celle qui irait le plus loin dans la foule – non sans avoir lu une recette de salade de courgettes au parmesan – avant de plonger dans un tube, après un autre tube, après un autre tube. 

Après un interlude audiovisuel montrant Justin Trudeau en train de dévoiler un titre inédit, BBNO$ est revenu triomphalement sur scène pour le livrer, maintenant vêtu d’un bonnet blanc à froufrous et d’une couche-culotte, le tout agrémenté d’une épingle à nourrice surdimensionnée. Malgré (ou peut-être à cause de) cet accoutrement, il s’est pavané sur scène avec l’assurance et l’aisance qui sont devenues sa marque de commerce. Un autre moment fort a été celui où il a fait remonter un jeune spectateur nommé Zachary, qui était en train d’épier quelque chose et avait déjà perdu sa voix. Malgré tout, il s’est engagé à interpréter non pas une, mais deux chansons aux côtés de BBNO$, s’épuisant complètement dans le processus. À la fin, BBNO$ a donné le livre de cuisine à son premier agent immobilier – je suppose que cela vaut la peine de connaître les gens.

– Lyle Hendriks

Soccer Mommy

Photo : Tim Snow

Soccer Mommy, groupe indie rock basé à Nashville, n’est rien d’autre que consistant. La voix déchirante et l’interprétation de Sophia Allison constituent la part la plus captivante de ce groupe. Et elle n’a pas déçu en concert. Qu’il s’agisse de l’hymne déchirant Shotgun, tiré du nouvel album Sometimes, Forever, de vieux classiques comme Your Dog, ou même de leur dernier album, une reprise de l’emblématique chanson estivale de Sheryl Crow Soak Up The Sun, Soccer Mommy exhale un pathos unique qui vous donne des frissons lorsque vous le regardez se dérouler devant vous.

Bien qu’Allison n’ait pas toujours grand-chose à dire entre les chansons, on ne se sent jamais perdu dans son esprit lorsque le morceau suivant commence. Même si des mélodies grinçantes s’entrechoquent parfois, chaque moment semble raffiné et répété à la perfection, ce qui est rare dans le style grinçant et DIY dans lequel Soccer Mommy est si fermement ancré. Avec une guitare rythmique qui chevauche parfaitement la ligne entre le grunge et le glamour, des lignes filmiques et shoegaze en accentuent la thématique de chaque piste. Vulnérable et authentique dans chacune de ses chanson, Soccer Mommy nous a donné tout ce que nous pouvions désirer et plus encore.

– Lyle Hendriks

Rina Sawayama

Photo : Tim Snow

Je n’avais aucune idée de qui était Rina Sawayama, mais je peux dire que je suis maintenant fan après avoir assisté à son concert sur la scène principale – Mountain. C’était de la pop alternative mélangée à du R&B contemporain, ressemblant parfois aux Destiny’s Child ou même à Lady Gaga. Rina est une chanteuse très puissante, mais le véritable point fort du spectacle a été la chorégraphie et la mise en place générale du spectacle. Rina a changé trois fois de costume (dont un corset rouge et un fouet pendant la chanson This Hell) et s’est montrée impitoyable avec le public en disant constamment qu’elle ne reviendrait pas pour un rappel parce que l’énergie du public n’était pas au rendez-vous. Elle l’a bien sûr fait et a ramené les danseurs après s’être encore moquée du public.

Ses danseuses de soutien (seulement deux) transpiraient abondamment à force d’être poussées, jetées, enchaînées à un mur et caressées par Rina. L’histoire de la danse ressemblait à une relation abusive entre trois personnes et était tout aussi captivante que la musique. Son guitariste est également un virtuose, qui n’a pris le devant de la scène qu’à quelques reprises avec un solo à faire fondre le visage. Assurément un spectacle digne de la grande scène.

– Stephan Boissonneault

The Flaming Lips

Photo : Tim Snow

Les Flaming Lips ont plus de 15 albums à leur actif, mais la nostalgie était au rendez-vous lorsqu’ils ont joué l’intégralité de leur album à succès de 2002, Yoshimi Battles the Pink Robots, lors de leur concert à Osheaga. Dès la chanson d’ouverture Fight Test, qui ressemble à une chanson de Cat Steven puisqu’il y figure, quatre robots roses géants et gonflables ont pris le centre de la scène pendant que le groupe jouait les chansons. Ce fut un set fantastique et bruyant, tandis que le chanteur Wayne Coyne, aux cheveux longs et épuisés, chantait dans sa bulle tel un pilote d’avion grillé sous LSD.

Reste à savoir s’il était ou non sous influence de drogues psychédéliques pendant ce concert, mais il s’est lancé dans de nombreuses tangentes pour raconter l’histoire de Yoshimi… Il pourrait, en fait, s’agir d’une nouvelle rockstar qui doit faire face à sa mortalité et qui n’a plus d’humour en live. C’était bien pendant les cinq premières chansons, mais il a eu tendance à se répéter un peu partout, car le public était avide du tube Do You Realize. Néanmoins, les Flaming Lips ont prouvé une fois de plus qu’ils sont l’un des grands groupes contemporains du psychédélisme.

– Stephan Boissonneault

JPEGMAFIA

Photo : Frédérique Menard Aubin

JPEGMAFIA est l’un des groupes les plus intrigants, les plus excitants et les plus étranges du hip-hop actuel, si ce n’est le plus intrigant de tous. Il n’y avait pas besoin de chercher bien loin pour sentir l’excitation de la foule avant le concert de Peggy. Qu’il s’agisse des gens derrière moi en train de vapopter du DMT à la chaîne ou de la foule de spectateurs encourageant JPEG entre les chansons de Bicep, qui jouait juste à côté, il était clair que ça allait être la folie. Et, très rapidement, ce fut le cas.

Lorsque l’homme est apparu, il était drapé d’ombre et d’un durag, dramatiquement rétroéclairé par son logo rétro inspiré de la PlayStation. Et puis… moshpits, moshpits, moshpits. Ouvrez la fosse ! Puis ouvrez-la ailleurs. Combinez les deux – attendez la chute, et chargez. Se débattre au cœur du chaos, c’est un peu comme être une feuille d’épinard dans une mixette, mais aucun d’entre nous n’a eu peur d’être macéré dans le processus. Au cours de l’heure qui a suivi, Peggy a couvert pratiquement toutes les époques de son catalogue, qu’il s’agisse de son premier titre (une reprise a cappella de Call Me Maybe de Carley Rae Jepsen), de l’incroyablement agressif 1539 N. Calvert de Veteran, ou encore des nouveaux morceaux de son dernier projet, Scaring the Hoes with Danny Brown. Malgré sa prestation violemment agressive, chassant inlassablement les démons à chaque chanson, Peggy s’est montré plutôt gentil et sincère entre les chansons, remerciant tout le monde d’être fan et se laissant aller à de petites blagues qui nous donnent un aperçu de l’une des figures les plus énigmatiques du genre.

– Stephan Boissonneault

Joey Bada$$

Photo: Frédérique Menard Aubin

Il était difficile de suivre l’intensité de JPEGMAFIA, dont le groupe avec lequel je me trouvais se remettait encore des moshpits vicieux, juste au moment où Joey Bada$$ prenait place sur la scène voisine. « Vous avez des fucking fans de Joey Bada$$ ici ce soir ou quoi ? Jo-Vaughn Virginie Scott a hurlé dans le micro avant d’entamer Temptation, extrait de l’album ALL-AMERIKKKAN BADA$$. Nous avons surtout regardé depuis les gradins à droite de la scène, épuisés, et je ne ressentais pas trop l’auto-tune, mais les morceaux de rap directs de Joey Bada$$ étaient électriques comme l’enfer. A en juger par la foule, Joey Bada$$ a joué tout ce qu’ils voulaient et plus encore.

– Stephan Boissonneault

Opening photo by Tim Snow

L’OM au pied du Mont-Royal : soirée de musique, de partage et de danse

par Elena Mandolini

Deux heures avant le début du concert, les meilleures places étaient déjà prises, devant la scène installée au pied du Mont-Royal. L’ambiance était festive et familiale : des petits groupes se rassemblaient autour d’un pique-nique en cette merveilleuse soirée de début août. Un groupe de percussionnistes composé de jeunes du secondaire et de leur professeur assuraient l’animation préconcert, se déplaçant dans la foule pour offrir des rythmes brésiliens enlevants.

L’humoriste et animatrice Katherine Levac était la présentatrice de la soirée. Elle s’est donné le rôle de la personne peu habituée au concert, annonçant qu’elle ne savait pas vraiment ce qui allait se passer. Elle apparaissait après chaque pièce interprétée par l’orchestre, ce qui brisait quelque peu le rythme du concert, mais ses interventions étaient drôles et rythmées, gardant le public attentif. Il faut dire que ce concert au pied du Mont-Royal vise à briser le moule traditionnel du concert classique. Yannick Nézet-Séguin a même invité la foule à sortir son téléphone cellulaire pour filmer et partager le 3e mouvement de la 7e symphonie de Dvorak (un clin d’œil manifeste à sa sortie au mois de mai dernier, alors qu’une sonnerie de téléphone a interrompu le concert de l’Orchestre symphonique de Philadelphie qu’il dirigeait).

Nézet-Séguin est entré en scène avec « Mambo » de Bernstein (tiré de West Side Story). Le répertoire choisi pour la soirée restait loin des clichés, tournant autour du thème de la danse et de la nature. Kalamalka de Jean Coulthard illustrait musicalement la beauté des lacs et grands espaces canadiens. Par ce choix, l’OM a continué sa tradition de mettre au programme de chaque concert une pièce composée par une femme. Ensuite, les deux derniers mouvements de la 7e symphonie de Dvorak étaient dansants, mais étaient également empreints d’une certaine nostalgie. La très belle Rhapsodie romantique d’André Mathieu a ensuite été interprétée avec Alain Lefèvre au piano. Lefèvre est un spécialiste de l’œuvre de Mathieu, et a interprété cette pièce avec force, puissance, et parfois théâtralité. Enfin, l’OM a invité la foule à danser sur les airs de la Danzon no. 2 de Marquez. Le public a finalement été gâté par l’arrivée surprise sur scène d’Ariane Moffatt, qui a interprété La vie en rose en rappel.

L’OM a offert un concert dans lequel autant les habitués de la musique classique que les nouveaux venus pouvaient trouver leur compte. La soirée s’est déroulée dans la bonne humeur, où chaque personne avait le sourire aux lèvres.

Un 23 juillet au FINA : Kandy Guira, Andy Rubal, Meiway…

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

S’ouvrir aux autres avec Kandy Guira

En entrant sur scène, Kandy Guira a été accueillie par une foule enthousiaste. Rapidement, l’énergie a atteint des sommets. La chanteuse était accompagnée d’un guitariste et d’un musicien à la platine. Il s’agissait d’un concert d’une esthétique épurée, voire sobre. En fait, Kandy Guira veut ouvrir, avec ses prestations, un espace dans lequel il n’y a pas de barrières, et où les différences n’existent pas. De sa voix magnifique, puissante et aux couleurs musicales variées, la chanteuse transmet son message d’ouverture aux autres, tout cela sur un fond musical envoutant. On se sent happé par la musique de Kandy Guira : des basses percutantes, des rythmes entraînants et des solos de guitare fascinants. Sans oublier bien sûr la voix de la chanteuse, qui semble flotter sur les mélodies instrumentales.

Au cœur de ce moment musical Kandy Guira partage un message social fort, se faisant une mission personnelle d’ouvrir des espaces d’éducation et de dialogue entre toutes les personnes. Elle nous incite à tendre la main vers les autres, peu importe leurs différences, et d’apprendre à les connaître.

Elena Mandolini

Andy Rubal chante son amour pour Montréal

Andy Rubal et son groupe avaient de l’énergie à revendre hier soir sur la scène TD – Radio-Canada. Dès son entrée en scène, Andy Rubal ouvre le bal avec une introduction au clavier. Ce qui ressemblait à un medley d’œuvres pour piano de Chopin s’est transformé petit à petit en une pièce au rythme syncopé. Puis, le groupe a commencé à jouer à son tour, et la foule était ravie. Doté d’une voix puissante et d’une présence scénique sans pareil, Andy Rubal a séduit et fait danser la foule toute la soirée. On entendait de part et d’autre des spectateurs chanter les paroles avec les musiciens. Le batteur également a chanté une des chansons de la setlist, tout en continuant à jouer. C’était là un beau moment de la soirée.

Andy Rubal a également une forte connexion avec Montréal. Il nous a chanté certaines de ses compositions qui avaient été écrites dans cette ville, en plus d’exprimer à plusieurs reprises à quel point il était heureux d’être aux Nuits d’Afrique. Il a terminé sa prestation avec la première chanson qu’il a composée en français, au grand bonheur de la foule.

Elena Mandolini

Meiway clôture la 37e édition du Festival international Nuits d’Afrique

La 37e édition du Festival International Nuits d’Afrique a atteint un point culminant tonitruant et cérémonieux avec l’Ivoirien Zoblazo et la légende de l’Afropop, Meiway, sur la scène de TD-Radio Canada. Le point culminant du festival a attiré des mélomanes de partout pour voir ce vétéran de la sensation pop à l’œuvre, certains avec certainement le souvenir de sa dernière performance ici il y a près de six ans, créant une atmosphère débordante d’attente.

Quelques instants seulement après l’arrivée de Meiway sur scène avec son groupe et sa troupe de danse – qui étaient aussi nombreux que le groupe qui l’accompagnait – les rythmes zoblazo ont enflammé les spectateurs d’une énergie euphorique, laquelle s’est propagée comme une traînée de poudre dans la foule. Performant hit après hit, Meiway avait une foule absolument énorme dans la paume de sa main, avec une légion dévouée de fans armés de mouchoirs harmonisant chacune de ses chansons.

Dans notre entretien avec Meiway, nous lui avons demandé ce qui le faisait continuer de performer, même après trente ans et il a répondu que c’était simplement l’amour de son métier. Cet amour était facile à ressentir et Meiway a interprété le set avec un émerveillement enfantin dans les yeux, complètement absorbé par son métier. À soixante ans, l’interprète ne montre aucun signe de ralentissement, chantant et dansant pendant près de deux heures. Vers la fin du spectacle, un grand nombre de danseurs, tous vêtus de blanc, ont rempli la scène en faisant le zoblazo, un hommage approprié à l’artiste et une finale appropriée à un festival consacré à ce que le meilleur de la musique a à offrir, l’amour, la joie, l’harmonie.

Varun Swarup

Un 22 juillet au FINA : Guynard & New Formule, Valérie Ékoumè…

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

Guynard l’ambianceur

Apportant avec brio un paysage de rumba congolaise libératrice qui s’étend au-delà de l’horizon, Guynard et son groupe ont aisément charmé le public devant la scène Loto-Québec hier.

Lorsqu’il y a huit personnes sur scène, dont une dont le seul rôle est de danser à l’avant-scène, on atteint vite l’ambiance festive recherchée. Il semblerait que la musique de Guynard & New Formule carbure aux degrés celsius et aux gouttes de sueur, et dans ce cas-ci, leur réservoir était plein.

La longue introduction instrumentale a parfaitement donné le ton : nous aurions droit à des chansons chaudes et étendues comme un désert où il est bien facile de se perdre. Mais ici, pas besoin d’attendre un mirage: la voix voltigeante de Guynard nous guide habilement et inlassablement à travers les morceaux, au grand bonheur de tous. Il nous mène à bon port au bout des rythmes envoûtants et des tons clairs qui durent huit, dix, douze minutes… qui sait combien de temps passe, et qui s’en soucie? Poser la question est y répondre.

Qui plus est, le concert est bien connu de toutes les personnes y participant. Les grooves sont donc serrés au quart de tour, justement pour que le public, lui, ne le soit pas. C’est bien pensé, non?

Bref, Guynard cherche peut-être à nous emmener au Congo, mais avant tout, il nous emmène à gauche, à droite, en avant, en arrière… et ça continue!

Théo Reinhardt

Valérie Ékoumè nous fait visiter le Cameroun en musique

La chanteuse camerounaise Valérie Ékoumè terminait sa plus récente tournée internationale à Montréal, aux Nuits d’Afrique. La musicienne a offert à la foule un répertoire varié de tous styles, naviguant à travers makossa, rumba, bikutsi et afropop. Elle était accompagnée de trois excellents musiciens (batterie, guitare, basse) qui étaient vêtus de masques d’éléphants. On ne pouvait voir que leurs yeux et leur bouche. Valérie Ékoumè a expliqué à la foule qu’il s’agit d’une tradition camerounaise, où seuls les initiés savent qui se cachent derrière les masques. Même sans voir leurs visages, ces musiciens ont marqué le public par leurs rythmes dansants et leurs solos virtuoses, descendant même dans la foule pour danser.

La voix de Valérie Ékoumè est puissante et mélodieuse. Elle a demandé à plusieurs reprises aux spectateurs de chanter et danser avec elle, ce que la foule a fait avec grand plaisir, tant l’énergie était contagieuse et la chanteuse sympathique. En effet, il règne une ambiance de fête, mais aussi de complicité entre musiciens et festivaliers. En quelques minutes à peine, Valérie Ékoumè a réussi à tisser un lien avec la foule, et même avec l’équipe technique en coulisses, que l’on pouvait voir danser et s’amuser au rythme de la musique. La soirée commençait bien, dans la joie, la bonne humeur, et l’excellente musique.

Elena Mandolini

Un 21 juillet au FINA : Chipo Nyambiya, AfirkA, Sidi Wacho

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

Chipo Nyambiya fait danser la foule

La prestation de Chipo Nyambiya faisait partie de la série Femmes du monde du Festival international Nuits d’Afrique. La chanteuse, originaire du Zimbabwe, maîtrise également parfaitement le mbira, un piano à pouces dont la pratique est passée au patrimoine immatériel de l’UNESCO. On aurait donc voulu entendre plus de cet instrument au son envoutant, mais il n’aura fait son apparition que dans deux chansons.

Malgré cela, la performance de Chipo Nyambiya était remarquable. Son amplitude vocale est étonnante, et elle nous a fait la démonstration de sa grande maîtrise vocale tout au long de son set. Les musiciens qui l’accompagnaient étaient également de grande qualité. Une saxophoniste prenait des solos avec assurance, emplissant les oreilles de la foule d’un son riche et puissant. Un percussionniste venait parfois rejoindre Chipo Nyambiya au centre de la scène pour danser avec elle. Non seulement danser, mais également sauter et tournoyer dans les airs, dans l’espace restreint de la scène Loto-Québec. Le public aura eu droit à concert énergique, d’une grande qualité musicale.

Elena Mandolini

AfirkA, ou la fête qui ne s’arrête jamais

Il régnait une énergie fébrile devant la scène TD – Radio-Canada, à quelques minutes de l’entrée en scène d’AfrikA. Ce groupe a par ailleurs reçu cette année le prix Afropop lors du concours Syli d’or de la musique du monde, une initiative des Productions Nuits d’Afrique. Les fans, de tous les âges, étaient prêts à accueillir les musiciens, certains ayant apporté des drapeaux de l’Algérie pour l’occasion. Comme morceau d’ouverture, le groupe a offert une version rock de la musique du film Pirates des Caraïbes. C’est à la fin de cette introduction que le chanteur est entré sur scène, au plus grand plaisir de la foule. Il nous a promis une soirée inoubliable, et cette promesse a été tenue.

AfirkA interprète des chansons en arabe, que le public connaissait très bien. Les spectateurs chantaient, dansaient, sautaient sans relâche durant toute la durée de la prestation, accompagnés par la voix chaude du chanteur. Ce dernier a fait preuve d’une technique vocale impeccable, nous impressionnant par des mélismes de durées impressionnantes, tout d’un seul souffle. Les musiciens étaient également en pleine forme, se lançant des sourires entre eux et à la foule. Tous ont livré une performance de haut calibre, qui justifie pleinement leur prix reçu cette année.   

Elena Mandolini

L’énergie rock de Sidi Wacho

L’équipe de programmation du Festival International Nuits d’Afrique a eu la bonne idée d’offrir à Sidi Wacho le créneau du vendredi soir en tête d’affiche. Avec des attentes élevées, ce groupe franco-chilien-algérien unique a fait sensation devant une foule absolument comble sur la scène TD-Radio Canada.

Le groupe a joué à travers un ensemble électrique de compositions originales qui fusionnent le hip-hop français avec des styles latins traditionnels comme la salsa et la cumbia et quelques saveurs maghrébines et balkaniques pour faire bonne mesure. Mais ce qui est particulièrement remarquable dans ce groupe, c’est l’énergie rock du stade qu’ils apportent depuis le début des années 2000.

Les chanteurs principaux, le franco-algérien Saïdou et le chilien Juanito Ayala, ont dominé la scène avec leur présence dynamique et leur prestation vocale convaincante. Ils ont basculé sans effort entre le rap et le chant, en maintenant un haut niveau d’énergie et en faisant ressentir la foule tout au long du set. En fait, c’était la première fois pendant mon séjour au festival que j’ai vu quelque chose proche d’un mosh pit émerger! Pourtant, tout n’était pas une fête, pour Sidi Wacho, la musique est tout autant un moyen de sensibiliser et de dire la vérité au pouvoir, mais ils montrent que tu peux passer un sacré bon moment en le faisant.

Varun Swarup

Un 20 juillet au FINA : La Tribu Salsa Band, Thainara Perí, Bejuco, Paulo Ramos et amis, Rebecca Jean, Sona Jobarteh…

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

La recette du bonheur de La Tribu Salsa Band

Crédit photo : André Rival

La Tribu Salsa Band est le groupe lauréat des Syli d’or de la musique du monde 2023. Cette initiative des productions Nuits d’Afrique était cette année à sa 16e édition. La Tribu Salsa Band a défendu avec brio son titre et démonté pourquoi le groupe était le favori du public. Les membres du groupe sont entrés en scène en arborant tous la même chemise noire ornée de notes de musique multicolores sur les épaules. Le morceau d’ouverture a mis la table pour une heure de musique énergique et dansante. L’avant-scène était occupée par quatre chanteurs, qui ont régalé la foule de leurs harmonies vocales complexes et de leurs pas de danse rythmés. La setlist de La Tribu Salsa Band combinait des morceaux classiques du répertoire salsa et samba, entrecoupés de compositions originales. Les mélodies étaient tenues avec assurance par les quatre cuivres (deux trompettes, deux trombones) qui alternaient solos et accords clairs et rythmés.

On se sera amusé du début à la fin de la prestation. Après le dernier morceau, alors que les membres du groupe recevaient officiellement leur trophée, la foule scandait « Otra, otra, otra! » pour réclamer un dernier morceau, ce qui n’a malheureusement pas eu lieu. La Tribu Salsa Band a offert une performance digne d’un groupe tout juste récompensé par un Syli d’or.  

Elena Mandolini

La pureté et l’élégance de Thaynara Perí

Dans le cadre de la série de spectacles Femmes du monde, l’auteur-compositrice-interprète brésilienne Thaynara Perí se produisait à Nuit d’Afrique. Maracas à la main, elle fait son entrée sur scène et salue l’importante foule amassée près de la Scène Loto-Québec. Native du Minas Gerais, l’artiste jouit d’une grande assurance et d’une prestance scénique remarquable. Accompagnée sur scène à la basse, guitare, batterie et la flûte traversière, Thaynara Perí explore la bossa nova et la samba tout en ayant une structure jazz décontractée.

Tout au long du concert, les gens présents ont dansé et se sont laissés emportés par sa voix à la fois puissante et élégante. Durant sa prestation, Thaynara Perí a laissé place à ses musiciens à divers moments, donnant vie à d’excellents solos de guitare. À plusieurs reprises, la Brésilienne s’est adressée au public en français, mentionnant être extrêmement heureuse de pouvoir chanter pour eux. L’ambiance était aussi chaleureuse que festive et il était difficile de demander mieux pour débuter cette soirée en beauté!

Jacob Langlois-Pelletier

Bejuco : inspirations diverses et essence colombienne

Vers 20h, c’était au tour de la formation colombienne Bejuco de fouler la scène Radio-Canada. L’arrivée de cet orchestre de dix membres était très attendue à en juger la masse de festivaliers présents à leur prestation. Actif depuis 2015, la formation est grandement influencée par l’afrobeat et propose une rythmique afro-colombienne teintée de chants ancestraux, tout en incorporant aussi des éléments pop, hip-hop et reggae à leur art. Chaque membre du groupe ajoute une couche musicale jusqu’à en arriver à un résultat qui rappelle la force et la ténacité de la mer océanique. 

Sur scène, on retrouve différents instruments dont la guitare, de nombreuses percussions et le marimba, ce xylophone latino-américain. D’ailleurs, ce dernier est au cœur des mélodies de Bejuco. La répétition fait partie intégrale de la trame sonore du groupe, donnant l’impression que les dix membres n’arrêtent jamais lors de leur prestation. Pendant leur spectacle, Bejuco a proposé différents morceaux issus de Batea, leur premier album paru en 2021. L’énergie que dégagent les membres de Bejuco est contagieuse et ils ont complètement charmé la foule du FINA!

Jacob Langlois-Pelletier

Paulo Ramos et ses amis au Théâtre Fairmount : le charme et l’élégance opèrent toujours

Un public déjà convaincu était rassemblé au Théâtre Fairmount hier soir pour apprécier le charme et l’élégance d’un musicien de grande classe : Paulo Ramos, guitariste, chanteur, auteur, interprète et Québécois d’origine brésilienne aimé de tous et toutes. Sur scène, avec lui, des ami.e.s : Monica Freire (de retour au Québec pendant la pandémie après plusieurs années au Brésil – on est content de la revoir!), Bia, Daniel Bellegarde aux percussions, Rodrigo Simoes à la guitare et mandoline, Diogo Ramos, chant et guitare, Dan Gigon à la basse, Sasha Daoud à la batterie et l’ex-Chic Gamine Annick Brémault, qui révèle une belle affinité pour la sensualité de la langue portugaise. La voix de Paulo a toujours cette brumeuse qualité qui le caractérise, même si quelques fragilités apparaissent ici et là. Eh oui, les années passent. Mais qu’importe puisque la chaleur humaniste du personnage transcende la physicalité du son lui-même pour imbiber l’espace et le temps qui lui est imparti quand on l’invite sur scène. Tout le monde était au diapason de l’ambiance chill de la soirée, mais Bia a quand même volé la vedette en fin de parcours dans une version énergique de Carnaval, une poussée de tempo qui faisait du bien. Le public, en bonne partie autour de la cinquantaine et plus, était attentif et dodelinait constamment de la tête. Une partie, plus jeune, a dansé. L’équilibre était en symbiose avec l’énergie qui se dégageait de la scène. Un beau moment empreint de chaleur et de nostalgie.

Frédéric Cardin

Rebecca Jean, Haïbécoise

Crédit photo : André Rival

Voir Rebecca Jean se produire au Club Balattou, c’était comme retrouver une amie, même si la soirée commençait un peu mystérieusement. Après que Rebecca ait été invitée sur scène, son groupe s’est mis en place, mais elle était introuvable. Après un silence gêné, le guitariste a commencé à gratter un accord ouvert et de la foule a émergé une voix, et Rebecca a commencé à se frayer un chemin à travers le public assis en chantant et en jouant son didgeridoo. Nous avons apprécié la théâtralité, et dès qu’elle est montée sur scène, elle est devenue moins une énigme et plutôt une interprète chaleureuse avec beaucoup de musique et d’histoires à partager.

En tant que Haïbécoise, sa musique est clairement une manière d’explorer sa double identité, chantant en créole et en français, mais elle ne donnait pas l’air d’une personne sûre d’elle alors que sa voix puissante résonnait dans le salon. Interprétant principalement des chansons de son album « Antidote », la soirée a été une affaire intime avec son groupe de trio et Rebecca occasionnellement au piano. Parfois, ses chansons étaient anthémiques, parfois douces et lyriques. Son groupe était bien sûr en pleine forme, le percussionniste a pris des solos exaltants sur son set, et le guitariste s’est également amusé alors que ses chansons s’ouvraient pour une performance live.

Varun Swarup

Sona Jobarteh fascine son public

Crédit photo : André Rival

La foule était impatiente de voir Sona Jobarteh se produire pour la première fois à Montréal. La prestation, qui avait lieu sur la grande Scène TD – Radio-Canada, était finement scénographiée. Pour commencer, la scène était pleine d’une fumée opaque. À travers de cette ambiance mystérieuse, un musicien invisible a commencé un solo de percussions, celui-ci montant petit à petit en intensité. Puis, un à un, les instruments (batterie, guitare, basse) se sont joints aux percussions. L’anticipation était à son comble, et c’est à ce moment que Sona Jobarteh est entrée en scène, au plus grand plaisir des spectateurs. Les écrans géants, placés de chaque côté de la scène, laissaient voir parfois des plans rapprochés des mains de la musicienne, nous laissant apprécier la technique raffinée et la virtuosité nécessaire pour jouer de la kora.

La voix claire et magnifique de Sona Jobarteh a accompagné le public tout au long de la soirée. Le style de jeu de la musicienne rend hommage à la tradition musicale plusieurs fois centenaire de l’Afrique de l’Ouest, mais ses pièces apportent également un élément de modernité. Des solos enlevants de kora, puis de guitare (un autre instrument que Sona Jobarteh maîtrise) ont fait danser la foule et crier son appréciation en battant des mains en rythme. Le rappel était une pièce principalement instrumentale, qui s’est terminée en apothéose digne d’un concert de rock. Une performance à couper le souffle!

Elena Mandolini

Un 19 juillet au FINA : Senaya, Sophie Lukacs, Team Salsa Sextet, Yemi Alade…

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

L’énergie contagieuse de Senaya

Crédit photo : Peter Graham

Avant l’entrée sur scène de Senaya, la présentatrice de la soirée avait comparé la voix de la chanteuse guadeloupéenne à celle de Billie Holiday ou encore Nina Simone. Rien de moins. La barre était donc haute, et Senaya a été amplement à la hauteur des attentes.  Tout au long de sa prestation, le public a été gâté par une sélection musicale laissant apprécier l’étendue de la maîtrise musicale de Senaya. Jazz, blues et soul côtoyaient des rythmes typiquement guadeloupéens, tels que le zouk ou le gwoka.

Durant toute sa prestation, Senaya a dansé au rythme de la musique, même lorsqu’elle prenait sa guitare joliment décorée. Les musiciens qui l’accompagnaient faisaient également partie de la fête. Ils ont eux aussi pu démontrer leur virtuosité en prenant des solos à différents moments de la soirée. L’énergie de Senaya était contagieuse et s’est rapidement répandue dans la foule. La chanteuse s’adressait fréquemment aux spectateurs, se disant touchée de voir les gens s’amuser. Malheureusement, le temps est passé trop vite, et il fallait déjà laisser la place à d’autres artistes. Senaya semblait vouloir continuer à chanter toute la soirée, et le public l’aurait assurément suivie avec plaisir dans ce voyage à travers les styles et les continents.

Elena Mandolini

Sophie Lukacs : Un bain de beauté et de douceur au Balattou

Crédit photo : Jeszika Paulusz

Si la première partie du concert de Sophie Lukacs a été plombée par des pépins de micro et de fils qui ne fonctionnaient pas hier soir au Balattou, la beauté de sa musique , elle, n’a pas été entamée un seul instant. On a vu la jeune musicienne faire preuve de résilience et de patience pendant que le technicien de son essayait de son mieux de régler les problèmes persistants. Ajoutez à cela le fait que la jeune musicienne ne jouait pas sur sa kora habituelle : cette dernière ayant été gravement endommagée lors d’un transport, eh oui, en avion… Bref, on a bien senti la korafola (joueuse de kora) un peu déçue par ce faux départ, mais le plaisir est revenu au fil du concert et surtout en deuxième partie. La musique de Lukacs, en majorité des compos tirées de son album Bamako, est toute en teintes délicates, même dans les passages plus énergiques. Une douce mélancolie s’en dégage et trempe les mélomanes dans un bain d’impressions souvent contemplatives. Une soirée à contre-courant de ce que l’on entend au Balattou d’habitude, et qui fait beaucoup de bien! Sophie était accompagnée de musiciens de superbe talent : Noel Mpiaza à la calebasse, Laszlo Koos au violoncelle et Elijah Mansevani à la guitare. Ce qui m’amène à une aimable suggestion : avec de tels interprètes improvisateurs à ses côtés, il faut absolument leur laisser plus de place et de temps pour s’envoler!

Frédéric Cardin

Team Salsa Sextet aux origines de la salsa

C’est un voyage vers la source même de la salsa que Team Salsa Sextet propose à la grande foule amassée au pied de la scène TD – Radio-Canada. Ce style musical, originaire de New York, doit son essor aux immigrés principalement cubains et portoricains. Les musiciens étaient manifestement impatients de jouer, encouragés par les cris de la foule qui réclamait plus de musique. L’on vient pour la salsa, on reste pour les musiciens. Les rythmes entraînants du groupe faisaient danser même les fans les plus éloignés de la scène.

En effet, on ne se lasse pas de la voix puissante du chanteur, des harmonies savoureuses des autres membres du sextuor, et on reste accroché, fasciné, hypnotisé, par les solos de clavier. Le chanteur a une présence formidable sur scène, celui-ci s’adressant souvent à la foule en espagnol pour demander si tout le monde s’amuse bien. La fête battait son plein!

Elena Mandolini

Yemi Alade comble ses fans et les nouveaux venus

Crédit photo : Luna Choquette Loranger

En cette belle soirée de juillet, le Festival International Nuits d’Afrique a accueilli l’une des plus brillantes stars d’Afrique, Yemi Alade. La foule amassée devant la scène TD – Radio-Canada bourdonnait d’impatience alors qu’une véritable légion de fans se rassemblait de tous les horizons pour assister à la performance du chanteur et compositeur nigérian à ciel ouvert. Vêtue d’un superbe justaucorps argenté, Yemi avait une présence scénique tout à fait magnétique, et sa grâce et sa maîtrise de la scène en tant qu’interprète étaient évidentes tout au long de la soirée. Elle a engagé sans effort le public entre et même pendant ses chansons, établissant une connexion qui transcende toutes les barrières linguistiques. Aux côtés de ses deux danseurs et d’un groupe de soutien très compétent, Alade a interprété un set qui plaira aux fans et aux nouveaux venus, avec des tubes comme « Oh My Gosh » et « Come and See My Moda » faisant chanter la foule en un rien de temps.

Un moment particulièrement agréable s’est produit lors de l’un de ses numéros les plus lents, lorsque la foule s’est tue en regardant Alade afficher ses acrobaties vocales en acapella, devant une mer de téléphones portables qui se balancent et brillent comme des bougies dans la nuit. Les deux danseurs ont eu leur temps sous les projecteurs avec des routines de danse vraiment électriques tout au long du set. C’est vers la fin de son set qu’Alade a interprété l’un de ses plus grands succès, « Johnny » et il va sans dire qu’elle a quitté la scène sous un tonnerre d’applaudissements et pour moi, cette soirée a confirmé son statut de superstar mondiale.

Varun Swarup

Un 18 juillet au FINA : Abondance, Kobo Town, Waahli, Only the Righteous, Ayrad…

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

Abondance

Sur la scène Loto-Québec s’offrait hier un merveilleux mariage des cultures musicales guadeloupéennes et martiniquaises. Formé de deux chanteuses, deux percussionnistes (un à la caisse et un aux tambours), un claviériste, une saxophoniste-flûtiste et un bassiste, Abondance n’a pas perdu de temps à démontrer la justesse de leur nom. 

Les musiciens, tous aussi talentueux, faisaient circuler les solos sur les rythmes rapides des percussionnistes. Les chanteuses s’échangeaient l’avant-scène, prenant souvent le temps d’interagir avec le public. Et il faisait bien partie du concert, ce public! On nous a demandé de chanter quelques mélodies à répondre, et même de recréer vocalement le rythme du tambour ka, instrument traditionnel de la Guadeloupe, pour appuyer une chanson bien spéciale.

Abondance est décidément une dose irrésistible de plaisir. Passages vocaux synchronisés, harmonies, lignes de basse agitées, rythmes complexes mais on ne peut plus entraînants, soupçon de jazz, tout cela avec des petites chorégraphies de groupe… l’esprit du relâchement se mêlait à la démonstration de talent si persuasivement offerte. Ne restait plus qu’à se mettre à danser. Tâche assez facile dans les circonstances. Surtout qu’à la fin du spectacle, Abondance a invité un autre groupe de personnes sur scène pour un morceau en mode carnaval. Alors là, ce n’est plus l’abondance, mais bien le comble.

Théo Reinhardt

Kobo Town

Sous la direction du chanteur Drew Gonsalves, le public de l’Esplanade Tranquile a été traité avec un voyage rapide à Kobo Town et retour – le quartier historique de Port-of-Spain, Trinidad, où le calypso est né. Jouant devant le public de five o’ clock, le temps était également tropical, mais heureusement, le groupe a joué une série de numéros venteux qui nous ont fait oublier la chaleur.

Mais bien sûr, le groupe a fini par cuisiner, et avec leur mélange signature de calypso, de reggae et de soca, les sept musiciens ont créé une atmosphère vibrante et dynamique. Même s’ils auraient pu bénéficier d’un meilleur créneau horaire, une foule assez importante s’est finalement formée et le public montréalais, lui-même un mélange de cultures et d’horizons divers, a répondu avec enthousiasme à la performance de Kobo Town. Les corps se balançaient, les hanches bougeaient et les sourires ornaient les visages de la foule tout autour.

Ce qui était évident tout au long du set, c’est à quel point ce groupe signifie pour le leader Drew Gonsalves, une façon de se réconcilier avec son identité, il était clair que la musique pour Drew est un moyen d’atteindre une fin, un véhicule de changement pour le monde dans lequel nous voulons vivre. Et pendant un moment, nous étions tous là.

Varun Swarup

La poésie trilingue de Waahli

Waahli a offert à la foule assemblée devant la Scène TD – Radio-Canada un programme très personnel. En effet, l’artiste montréalais a fait hommage à ses origines, familiales et musicales, en enchaînant ses chansons les plus connues. Il n’a pas fallu beaucoup de temps avant que les spectatrices et spectateurs se mettent à danser au rythme du hip-hop trilingue (français, anglais, créole haïtien) de l’artiste. L’énergie de Waahli était contagieuse. À plusieurs reprises, il a incité la foule à chanter avec lui et à se rapprocher de la scène pour mieux faire la fête.

Le succès de la soirée est également dû au solide trio de musiciens qui accompagnait le membre fondateur du groupe Nomadic Massive. Un clavier aux sonorités multiples, une batterie enflammée et un groove soutenu à la basse ont parfaitement souligné la fine poésie de Waahli. Ce dernier troquait parfois le micro pour sa guitare. Assurément, la foule aurait été prête à passer toute la soirée en compagnie de l’artiste.

Elena Mandolini

Only the Righteous : La retro vibe enlevante du funk montréalais

Crédit photo : André Rival

Le groupe funk/soul montréalais Only the Righteous se produisait sur la scène du Balattou hier dans le cadre de la série Les incontournables présentée par ICI Musique. Un premier set retro-chill feel-good genre Philly Sound 1970 nous a donné plusieurs reprises de Marvin (Gaye), Curtis (Mayfield) ou même Michael (Jackson). Un bon cover band, où le leader, Clerel, manie le falsetto avec autant d’aisance que ses illustres prédécesseurs. C’est au deuxième set de la soirée que l’ensemble formé en 2017 a fait monter les enchères. Est arrivé sur scène Shem G, habile emcee, aux rimes et aux sonorités langagières percutantes et redoutablement efficaces. Son style extravagant a fait décoller une soirée qui s’annonçait somme toute agréable, mais pépère. Une Battle Rap a été menée percus battantes avec un autre emcee, Markus Dillon, plus classique en terme de démarche. Puis on a ensuite propulsé un Funk véloce et incisif, mâtiné de Soul et (trop) occasionnellement d’éléments stylistiques traditionnelle africaine. La foule, au départ assez tranquille, s’est retrouvée debout, popotins remuants et visages souriants dans une finale qui nous a laissé une impression que ce groupe sera de retour dans l’actualité, particulièrement le jour où il sortira un premier album (ce qui ne manquera pas d’arriver).

Frédéric Cardin

Ayrad, l’art de faire danser la foule

Crédit photo : André Rival

Avec son mélange intéressant de musique marocaine et de rock, le groupe Ayrad a mis le feu à la scène TD-Radio-Canada, au grand plaisir des festivaliers qui étaient nombreux pour la première soirée des spectacles gratuits offerts par Nuits d’Afrique. L’énergie contagieuse des six musiciens sur scène a rapidement fait lever debout ceux qui s’étaient confortablement assis sur la pelouse, ne s’attendant certainement pas à une performance aussi puissante. En peu de temps, la foule tranquille s’est métamorphosée, et dansait de toutes les façons possibles — on pouvait même en apercevoir quelques-uns faire du headbang.

Le rock a pris le dessus alors que la flûtiste a troqué cet instrument pour une basse, et que le chanteur s’est mis à jouer de la guitare tout en dansant de manière parfaitement synchronisée avec ses musiciens. Le spectacle a toutefois atteint le sommet alors que, par surprise, Brad Barr des Barr Brothers a fait son apparition sur scène, nous offrant un solo de guitare enflammé alors que le batteur jouait en répondant au rythme que le chanteur tapait avec son tam-tam. De quoi commencer la semaine en force!

Arielle Caron

Un 17 juillet au FINA : Lavanya Narasiah

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

Lavanya Narasiah : amour et lumière

Crédit photo : André Rival

Après avoir vu Lavanya Narasiah jouer, vous ne croiriez peut-être pas qu’elle est médecin de profession. En effet, elle et son groupe éclectique se sont produits avec la grâce et la finesse d’un groupe chevronné. Mais ils sont aguerris, jouant ensemble depuis de nombreuses années, depuis que Lavanya a conçu ce projet unique il y a près de dix ans maintenant. Leur chimie musicale et leur appréciation pour ce répertoire étaient évidentes, tout sourire pendant qu’ils jouaient.

Dès le moment où Lavanya est montée sur scène au Club Balattou, alors que le groupe installait ses instruments, elle s’est liée avec public, l’invitant à allumer les «diyas» à leur table, nous souhaitant amour et lumière. C’est dans la chaude lueur ambrée de ces bougies que la musique s’est déployée comme une fleur épanouie – le premier set a commencé par des notes de kora alors que le duo Subhir Dev aux tablas et Daniel Bellegarde aux percussions nous a emmenés à bord d’un train serpentant doucement entre les collines de l’Inde du Sud et de l’Afrique de l’Ouest. Narasiah elle-même était en pleine forme, sa voix glissant joyeusement à travers les nuances de chaque composition. On pouvait dire qu’elle savourait chaque minute sur scène, et que son public appréciait pleinement le moment présent.

Varun Swarup

Crédit photo à la une : Peter Graham

Un 16 juillet au FINA : Romain Malagnoux, Yordan Martinez

par Rédaction PAN M 360

L’équipe de PAN M 360 est très présente au Festival international Nuits d’Afrique (FINA), nos contributeurs.trices rapportent quotidiennement ce qu’ils.elles ont vu et entendu aux concerts présentés à Montréal jusqu’au 23 juillet.

Le carnet de voyage musical de Romain Malagnoux

Crédit photo : André Rival

Romain Malagnoux, l’auteur-compositeur-interprète folk français qui habite maintenant le Québec, est monté sur scène au Club Balattou et a donné une performance émouvante qui a emmené les auditeurs dans un voyage au-delà de l’Atlantique, jusqu’en Afrique de l’Ouest. Le cadre intime du club s’est avéré être le cadre idéal pour Malagnoux pour montrer ses horizons mondiaux et partager ses talents musicaux.

La musique de Malagnoux défie toute catégorisation facile, mélangeant harmonieusement des éléments de folk, de « musique du monde » et de musique québécoise, dans ses chansons émouvantes – parfois mélancoliques, parfois joyeuses. Son affinité pour la musique ouest-africaine était certainement claire et profonde, après tout, elle l’a conduit au Mali à plusieurs reprises. La voix de ténor râpeuse de Malagnoux montre des inflexions allant du blues du désert des touaregs à la délicate qualité folklorique de la kora du Mali. Sa technique de fingerpicking et son style de jeu de guitare percussif étaient particulièrement cool à voir en direct.

S’il partageait quelques compositions de son album Nos frontières imaginaires, qu’il a enregistré après une rencontre avec le joueur de djeli n’goni Moustafa Kouyaté, il a tenu à présenter aussi des morceaux plus récents, et le public a eu droit à un accueil chaleureux et vitrine personnelle de l’artiste.

Varun Swarup

Yordan Martinez amène la fête au Club Balattou

Crédit photo : André Rival

Le tromboniste Yordan Martinez a apporté les sons alléchants des rues de La Havane au salon du Club Balattou, déclenchant une nuit ardente et passionnée de musique et de danse. Le concert était une célébration palpitante de la salsa et de la cumbia, le groupe de Martinez livrant une performance serrée et énergique avec l’apport de la chanteuse colombienne Stephanie Osorio. Ce sont les deux percussionnistes sur scène qui ont fait avancer la soirée avec leurs claves syncopées et hypnotiques, complétant la voix mélodieuse d’Osorio avec des contrepoints riches et vivants.

Plus la soirée avançait, la piste de danse a commencé à se remplir de clients enthousiastes désireux de bouger leur corps sur des rythmes enivrants. Certes, ce n’était pas le dimanche soir le plus chargé, mais le groupe a quand même tout donné, incitant la plupart des spectateurs à se joindre aux festivités. Le groupe a interagi avec le public, encourageant les applaudissements, les chants et même les danses impromptues. L’énergie contagieuse de Martinez s’est répandue dans toute la salle, créant une atmosphère de pure fête. Hautement recommandé.

Varun Swarup

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