électronique / glitch / IDM

MUTEK : PLAY 2 au Studio-Théâtre des Grands Ballets

par Rédaction PAN M 360

Play 2 réunit trois performances audiovisuelles construites autour de dispositifs détournés et de systèmes fabriqués en direct.
Un piano devient poste de pilotage, des lasers produisent leur propre matière sonore, et des maquettes filmées en temps réel imaginent des paysages après l’humain. Entre IDM, glitch, expérimentations lumineuses et science-fiction low-tech, les performances jouent avec les relations entre image, son et interface.
Ce programme privilégie des approches accessibles, ludiques et immersives, où machines, lumière et objets mécaniques restent visibles et participent pleinement à la construction des environnements audiovisuels.
Jenn Mong & Trevor Van de Velde — COCKPIT
La pianiste Jenn Mong et l’artiste sonore Trevor Van de Velde unissent leurs pratiques dans COCKPIT, une performance audiovisuelle explorant les liens entre instrument et machine. Joysticks, contrôleurs MIDI et interfaces de simulation de vol transforment le piano en centre de commande sous tension, où passages virtuoses, musiques d’ascenseur des années 1990 déformées et noise glitchée évoquent les complexités de l’incarnation technologique et de la guerre mécanisée.
Paul Vivien — L’Harmonie De Notre Absence
Avec L’Harmonie De Notre Absence, Paul Vivien imagine des paysages terrestres après la disparition de l’activité humaine. S’appuyant sur des données scientifiques et climatologiques ainsi que sur des technologies détournées, il entraîne le public dans une traversée vidéo de ces futurs possibles à travers des dioramas en rotation, proposant une double lecture entre l’écran et la scène.
Super Galaxy Meow Meow — Reciprocity
Quel son produirait un laser s’il pouvait parler ? Avec Reciprocity, Super Galaxy Meow Meow renverse le schéma traditionnel où l’audio pilote l’image, en créant une interface entre son et visuel générés par laser. La lumière devient un instrument d’écoute ; le son agit en retour sur la lumière, tandis que public et artistes sont plongés dans un dialogue en temps réel impossible à reproduire, où aucun des deux médiums n’illustre strictement l’autre.

Play 2 brings together three audiovisual performances centered on repurposed devices and live-built systems.
A piano becomes a control cockpit, lasers generate their own sonic material, and moving dioramas filmed in real time imagine post-human landscapes. Between IDM, glitch, light experimentation, and low-tech science fiction, the performances explore the relationships between image, sound, and interface.
This program highlights accessible, playful, and immersive approaches, where machines, light, and mechanical objects remain visible and participate fully in the construction of audiovisual environments.
Jenn Mong & Trevor Van de Velde — COCKPIT
Pianist Jenn Mong and sound artist Trevor Van de Veld join forces in COCKPIT, an audiovisual performance exploring the link between instrument and machine. Joysticks, MIDI controllers, and flight simulation interfaces transform the piano into a high-stakes command center, where virtuosic piano passages, warped 90s elevator music, and glitch noise evoke the complexities of technological embodiment and mechanized warfare.
Paul Vivien — L’Harmonie De Notre Absence
Through L’Harmonie De Notre Absence, Paul Vivien imagines terrestrial landscapes after the end of human activity. Drawing on scientific and climatological data and hacked technology, he takes audiences on a video tour of these possible futures through rotating dioramas, offering a double reading between the screen and the stage.
Super Galaxy Meow Meow — Reciprocity
What sound would a laser make if it could speak? In Reciprocity, Super Galaxy Meow Meow flip the traditional audio-drives-visuals script, creating an interface between laser-generated sound and image. Light becomes an instrument for listening; sound influences light in response, and audience and artist are immersed in an unrepeatable, real-time dialogue where neither medium strictly illustrates the other.

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cinéma / électronique

MUTEK : PLAY 1 au Studio-Théâtre des Grands Ballets

par Rédaction PAN M 360

Play 1 réunit trois performances audiovisuelles qui explorent différentes manières de regarder, percevoir et se laisser absorber par l’image.
Entre vidéos manipulées en direct, systèmes de feedback, projections analogiques et lasers, ce programme passe d’états contemplatifs à des formes plus tendues et hypnotiques. Trains filmés puis transformés en paysages mouvants, œil pris dans une boucle de contrôle entre son et image, compositions noir et blanc jouant avec la lumière et la perception : chaque projet développe son propre rapport au temps, à l’attention et à l’immersion.
L’ensemble construit une progression entre dérive, fixation et suspension, dans une approche où le dispositif visuel reste toujours au centre de l’expérience.
Estelle Schorpp & charline dally — dreamachine
Née de la collaboration entre l’artiste sonore Estelle Schorpp et l’artiste vidéo charline dally, dreamachine simule la sensation flottante d’un regard perdu à travers la fenêtre d’un train. Construite à partir d’archives filmées sur cassettes DV à bord du Shinkansen et des réseaux ferroviaires de Hong Kong, l’œuvre entremêle paysages fluides de rétroaction vidéo analogique, enregistrements de terrain et nappes drones scintillantes modulées par des processus algorithmiques, plaçant le public dans un état suspendu entre mouvement et rêverie.
JS Baillat & Mateo Murphy — Dissemblance
JS Baillat et Mateo Murphy présentent Dissemblance, une performance audiovisuelle immersive façonnée par des forces opposées. La tension côtoie l’immobilité, l’harmonie glisse vers la dissonance, tandis que textures analogiques et formes numériques se rencontrent dans un panorama granuleux en noir et blanc composé d’étendues désertiques, de sable mouvant, de roches érodées et de géométries abstraites.
pliq — Fixate
Dans l’espace instable entre vulnérabilité et contrôle, Fixate de pliq explore le glissement cognitif qui mène de la fascination à l’obsession. Un œil projeté, pris dans une boucle de rétroaction entre son, geste et image, devient un terrain d’investigation : une ligne de crête où le regard risque de basculer vers une forme de domination et d’objectification.

Play 1 brings together three audiovisual performances that explore different ways of looking, perceiving, and letting oneself be absorbed by image.
Between live-manipulated video, feedback systems, analog projections, and lasers, this program moves from contemplative states to more tense and hypnotic forms. Trains filmed and transformed into shifting landscapes, an eye caught in a feedback loop of sound and image, black-and-white compositions that play with light and perception: each project develops its own relationship with time, attention, and immersion.
The whole program builds a progression between drift, fixation, and suspension, in an approach where the visual setup remains firmly at the center of the experience.
Estelle Schorpp & charline dally — dreamachine
Born from the collaboration between sound artist Estelle Schorpp and video artist charline dally, dreamachine simulates the drifting sensation of gazing out a train window. Built from archival footage recorded on DV cassettes aboard the Shinkansen and Hong Kong railways, the piece folds together fluid landscapes of analog video feedback, field recordings and shimmering drone textures modulated by algorithmic process, suspending audiences between motion and reverie.
JS Baillat & Mateo Murphy — Dissemblance
JS Baillat & Mateo Murphy premiere Dissemblance, an immersive audiovisual performance shaped by opposing forces. Tension brushes with stillness, harmony drifts into dissonance, and analog textures merge with digital forms within a grainy black-and-white panorama of desert expanses, shifting sand, weathered rock, and abstract geometries.
pliq — Fixate
In the uneasy space between vulnerability and control, pliq’s Fixate navigates the cognitive slide from fascination to obsession. A projected eye entangled in a feedback loop of sound, gesture, and image becomes an investigative site; a tightrope walk where the gaze risks corroding into something objectifying and dominating.

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opéra contemporain

Festival Classica : L’hiver attend beaucoup de moi au Studio-Théâtre des Grands Ballets

par Rédaction PAN M 360

L’hiver attend beaucoup de moi explore la vie dans les paysages magnifiques et cruels du nord du Québec. Alors qu’une tempête approche, Léa qui est enceinte tente de rejoindre un refuge sûr. Elle y sera guidée par Madeleine, une mystérieuse inconnue. Cet opéra évoque la force et la solidarité des femmes face à un chagrin et à une tragédie indicibles. « L’hiver attend beaucoup de moi est exactement ce dont l’opéra a besoin. Il est audacieux, contemporain, poétique, politique, féministe, théâtral, bien exécuté et ne craint pas les traditionalistes. » — Montreal Theatre Hub

L’hiver attend beaucoup de moi explores life in the magnificent yet unforgiving landscapes of northern Québec. Pregnant and seeking refuge as a storm closes in, Léa sets out to reach safety, guided by the enigmatic Madeleine. This powerful opera speaks to the strength and solidarity of women in the face of unspeakable grief and tragedy. “L’hiver attend beaucoup de moi is exactly what opera needs. It’s bold, contemporary, poetic, political, feminist, theatrical, well-executed, and not afraid of traditionalists.” – Montreal Theatre Hub

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musique contemporaine

M/NM | Musique à l’âme et à l’encre de Chine

par Frédéric Cardin

Le Festival Montréal Nouvelles Musiques présentait hier un programme inusité, Le son de l’encre, au centre duquel se manifestait la démarche à la fois mécanique et symbolique du trait, du dessin et de l’écriture. Cinq œuvres pour flûtes et diverses additions (vidéo, interface sonore animée par la gestuelle, calligraphie en direct) étaient jouées. L’esprit de la calligraphie asiatique est associé à l’élégance, à l’harmonie et à la minutie. C’est également dans cet état sonore, du moins en général, que la musique proposée s’est épanouie. Bien que ‘’contemporaines’’, les pièces au programme, pour la plupart, étaient enveloppées d’échos plus ou moins explicites de musiques asiatiques, grâce aux harmonies sur gammes pentatoniques. Signées par François Dery, Claire-Melanie Sinnhuber, Tao Yu, Gualtiero Dazzi et François Daudin Clavaud, les oeuvres aux titres évocateurs (Bambous, Fleurs de prunes tombantes, Le son de l’encre, Vent léger, etc.) ont dressé un décor à la fois moderne et intemporel, baigné dans une atmosphère souvent contemplative, voire ritualiste. Quelques pièces étaient plus poignantes que d’autres, comme par exemple La demeure du rêve de Gualtiero Dazzi, superbe construction sonore sur des dessins du Sud-Coréen Kim Yung Gi, l’un des grands illustrateurs de notre époque, décédé à 47 ans en 2022. Les dessins de Gi, quatre au total et admirables de naturel mais aussi de complexité symbolique, se déclinaient en une série de portraits familiaux mis en abîme les uns par rapport aux autres. Un moment profondément touchant. 

La présence du calligraphe de renommée Shanshan Sun était nécessaire pour accompagner quelques œuvres comme Feu, neige, cendres de François Déry. Je n’ai pas été aussi convaincu par la cohérence de la relation entre les gestes live de Sun et la musique. D’autant plus que dans la dernière pièce de la soirée, la coordination a semblé faire défaut, Sun terminant son écriture sur grand papier, pendant que les musiciens avaient fini de jouer. Je dirais que presque une minute s’est déroulée lors de laquelle un simple regard de l’un des flûtistes trahissait sn interrogation, à savoir s’il devait rester encore longtemps avec son instrument levé… 

Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup aimé la polyvalence du Trio d’argent, formé de Michel Boizot, Xavier Saint-Bonnet et François Daudin Clavaud. Trois flûtes ensemble, certains vous diront que c’est du suicide. Les Français ont démontré que cela pouvait très bien se faire, et en plus, sonner magnifiquement bien. La variété des types de flûtes utilisées y était aussi pour beaucoup. Occidentales, orientales, flûtes basses (j’adore!), etc., les couleurs déployées étaient nombreuses et bellement appliquées, dans une perspective contemporaine, certes, mais pas expérimentale. 

Une soirée parfois envoûtante, souvent apaisante, toujours agréable et surprenante. Une fort jolie proposition du Festival Montréal Nouvelles Musiques, dont ce n’est encore que le début. 

Entrevue d’Alain Brunet avec le flûtiste Michel Boizot :

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Asie de l'Est / hommage

Montréal/Nouvelles Musiques 2025 : Le son de l’encre

par Rédaction PAN M 360

Venez au Studio-Théâtre des Grands Ballets explorer les liens entre le geste musical et le geste calligraphique et le dessin. Au cours de ce concert mêlant vidéo, calligraphie et peinture en direct, le Trio d’argent (France) interprétera des compositions de François Dery, Claire-Melanie Sinnhuber, Tao Yu, Gualtiero Dazzi et François Daudin Clavaud.
Du trait musical au trait pictural, les musiciens vous invitent à un concert empreint de poésie, où la musique dialogue avec l’art graphique. Grâce à la calligraphie en direct de Shanshan Sun, aux mangas de Jirô Taniguchi et aux vidéos de dessin en direct de l’artiste Kim Jung-gi, les trois flûtistes plongent le public dans l’univers fascinant de «l’art du trait» asiatique. Chaque expression graphique, mise en lumière par le geste musical, révèle une nouvelle facette de cet univers subtil et harmonieux. Ce spectacle multimédia unique est également une opportunité rare de découvrir le riche répertoire dédié au trio de flûtes.

Come to the Studio-Théâtre des Grands Ballets and explore the links between musical gesture, calligraphic gesture and drawing. In a concert combining video, calligraphy and live painting, the Trio d’argent (France) will perform compositions by François Dery, Claire-Melanie Sinnhuber, Tao Yu, Gualtiero Dazzi and François Daudin Clavaud.
From musical line to pictorial line, the concert is imbued with poetry, where music dialogues with graphic art. With live calligraphy by Shanshan Sun, images from a manga by Jirô Taniguchi and live drawing videos by artist Kim Jung-gi, the three flautists immerse us in the fascinating world of Asian “line art”. Each graphic expression, highlighted by the musical gesture, reveals a new facet of a subtle and harmonious universe. This unique multimedia show is also a rare opportunity to discover the rich repertoire dedicated to the flute trio.

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Ce contenu provient de la Société de musique contemporaine du Québec et est adapté par PAN M 360

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