Pour la 24e édition des Suoni Per Il Popolo, la direction artistique du festival montréalais présente 44 concerts du 12 au 23 juin. Événement multigenre et multigénérationnel, les Suoni sont très à gauche. Cette année, Yoo Doo Right, Anthony Braxton and Wolf Eyes, Erika Angell, Sarah Davachi et même Benjamin Patterson, membre fondateur du célèbre collectif Fluxus, sont à l’affiche. C’est pourquoi Alain Brunet est allé à la rencontre de Kiva Stimac, cofondatrice, directrice générale et artistique de Suoni Per Il Popolo. L’interview a été réalisée en anglais.

VOICI LE CALENDRIER COMPLET DES SUONI 2024

DJ chevronné, disquaire de haute tenue, fin programmateur à MUTEK, co-fondateur du label Musique Risquée, producteur, Vincent Lemieux est un incontournable de l’électro à MTL. On connaît ses sorties CCCLTD .CA en solo, aussi le duo Flabbergast qu’il forme avec Guillaume Coutu-Dumont ,et bientôt également sous le pseudo Brandy Snifter avec Stephen Beaupré. Polyvalent, éclectique et raffiné, pratiquant le DJisme partout dans le monde, Vincent Lemieux a aménagé son univers d’abord autour de la techno et la house, puis traversé par la disco, le funk, la soul, le hip-hop, le groove. Au Piknic Electronik du dimanche 26 mai, il a fait gazon comble (!). Le set fut d’abord ensoleillé, lumineux, puis soigneusement coiffé par la brunante. Après quoi Salima Bouaraour a réalisé cette interview fort sympa.

À l’âge vénérable de 80 ans, François Dompierre coule des jours heureux en Italie, ce qui ne l’empêche aucunement de voir son œuvre célébrée au Québec. Hormis son Requiem qui sera bientôt joué à la Maison symphonique, la matière de l’album Hommage à François Dompierre, paru en 2023 sous étiquette ATMA Classique, sera exécutée par ses ses mêmes interprète: la pianiste Louise Bessette, qui a initié ce projet et le jeune octogénaire lui-même qui se produira quelques fois à 4 mains avec elle. Rappelons que les 16 pièces de cet album reprennent des airs gravés dans l’imaginaire québécois, dont L’âme à la tendresse, Un bonheur d’occasion ou La saisie, en plus des transcriptions de plusieurs œuvres instrumentales souvent composées pour le cinéma. Avant qu’il ne traverse la grande flaque, Alain Brunet l’a joint aux côtés de Louise Bessette afin de nous causer de ce concert pianistique très attendu, présenté par le Festival Classica le vendredi 31 mai, 19h30, à l’Église St.Andrews de Saint-Lambert.

Le jeudi 30 mai, 19 h, au Centre Phi, la productrice, compositrice et interprète montréalaise Kee Avil présente le matériel de son deuxième album studio sous étiquette Constellation Records, Spine. À sa manière, elle combine guitare, voix et production électronique pour ainsi assembler des chansons ou des morceaux que l’on pourrait qualifier de déconstruits. Ses influences sont multiples: post-industriel, avant-pop, glitch, minimaliste, folk, free jazz ou noise, et ce qu’elle fait avec tous ces genres ou sous-genres est tout simplement unique. Rappelons que son premier EP est sorti en 2018 (Black Bough Records), après quoi elle a décroché ce contrat d’enregistrement chez la prestigieuse étiquette Constellation où elle a sorti 2 albums en 2 ans : Crease en 2022 et maintenant Spine, suite cohérente et inspirée de son premier opus. Quelques jours avant son premier concert à Montréal dans le contexte de ce nouveau cycle, elle discute avec Alain Brunet de sa quête, de son évolution récente et de ses réalisations.

Plus d’informations sur ses enregistrements sur Constellation ICI

Plus d’infos et de billets pour ce spectacle au Centre Phi.

Arts visuels et musique se rencontreront le 2 juin au Théâtre de la Ville à Longueuil où sera présenté dans le cadre du Festival Classica le concert Camille Claudel : dans l’ombre du géant. Le géant susmentionné, c’est le sculpteur Auguste Rodin, figure imposante du monde de l’art, dont elle a été la muse et avec qui l’œuvre a souvent été jugée, comparée et, pendant un certain temps, invisibilisée. Imaginé par la mezzo-soprano Stéphanie Pothier en collaboration avec le vidéaste Julien-Robert, l’éclairagiste Jean-François Patoine et le Quatuor Molinari, ce concert immersif fait dialoguer œuvres musicales des XXe et XXIe siècles avec le catalogue de Camille Claudel pour raconter son histoire et mettre sa vie en lumière.

Alexandre Villemaire a discuté avec la conceptrice de ce concert multimédia pour en apprendre davantage sur la genèse de ce projet.

Camille Claudel : dans l’ombre du géant

Dimanche, 2 juin à 15h à la Salle Jean-Louis-Millette du Théâtre de la Ville

Pour vous procurez des billets, c’est ici

Pour la programmation complète du Festival Classica , c’est ici

Maneige célèbre cette année le cinquantième anniversaire de son premier album. Très actif entre 1974 et 1984, le mythique groupe instrumental québécois reprend du service, occasionnellement, depuis deux ans. Influencé autant par la musique classique que par le jazz et Frank Zappa, donnera le 30 mai un concert spécial au Théâtre Outremont, qui réunira sur scène une dizaine de musiciens. Parallèlement, paraît un album en concert, enregistré à l’Outremont, en 1979. Pendant quelques décennies, la musique de Maneige était introuvable. Maintenant, on peut l’écouter sur toutes les plateformes musicales. Une occasion pour les plus jeunes de découvrir une musique des années 70 qui a beaucoup mieux vieilli que d’autres. C’est pourquoi Michel Labrecque a interviewé Alain Bergeron et Gilles Schetagne, deux membres fondateurs de Maneige.

Billets et infos ICI

As de l’acid house, de la trance, du ghetto house, du R&B, du hip-hop ou du grime, Jason Voltaire alias Martyn Bootyspoon est un artiste montréalais de plus en plus respectré hors de la scène électro locale. Il a fait ses premières apparitions publiques avec une intervention remarquée sur le premier LP de Sijin Hawke, First Opus, et depuis, il ne cesse de multiplier les projets sur différents labels. L’énergie est là, les références sont souvent connues et sont propices à d’autres ouvertures frénétiques sur le flanc gauche de la musique électronique. Par un soir parfait au Piknic Electronik, soit un dimanche 26 mai 2024, Salima Bouaraour est allée à la rencontre de Jason pour recueillir ses impressions de la soirée ou causer de ses projets présents et futurs.

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Le jeudi 30 mai à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal seront présentés pour la première fois des extraits de trois nouveaux opéras écrits et composés par des femmes. En collaboration avec Le Vivier, Musique 3 Femmes et Sixtrum, Fables et légendes : Opéra d’aujourd’hui (c’est le titre de la soirée de création) présentera le résultat de trois commandes passées à trois duos compositrices/librettistes. Le premier est formé d’Analía Llugdar et d’Emné Nasereddine (prix Émile Nelligan 2022) et s’intitule Je suis fille de la fille. Le deuxième est formé de Rebecca et Rachel Gray est une comédie noire intitulée Raccoon Opera qui met en scène un raton laveur particulièrement charismatique (!!). Le troisième duo musique/livret est formé d’Alejandra Odgers et Nicole O’Bomsawin. Cet opéra s’intitule Nanatasis et met en scène des marionnettes qui donnent vie à des légendes traditionnelles abénaquises.

Plusieurs artistes seront sur scène dont Andréanne Brisson-Paquin (soprano), Krystina Marcoux (percussions), Nicole O’Bomsawin (narration contée) et Sixtrum (ensemble de percussions).

J’ai eu la chance de m’entretenir avec Kristin Hoff, Directrice générale et artistique de Musique 3 Femmes, qui nous explique entre autre comment ces opéras sont étroitement connectés avec notre réalité contemporaine, avec des thèmes comme l’immigration, l’exil, le renouveau des cultures autochtones et la crise du logement!

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT À LA SALLE BOURGIE ICI

  • Il y a une causerie avec les créatrices à 18h30 avant le concert

La Messe des morts est une grande œuvre de François Joseph Gossec. Composée en 1760 par cet artiste encore peu connu des mélomanes d’aujourd’hui, cette très novatrice, comporte des passages de style baroque, mais la plus plus large part de son travail est comparable à celui de Haydn, Mozart et préfigure même certaines formes de Beethoven. Or, François Joseph Gossec était l’aîné des trois, on présume aujourd’hui qu’il fut un pionnier de la période classique. Composée 31 ans avant célèbre Requiem de Mozart duquel plusieurs éléments sont étonnamment proches, la Grande messe des morts de Gosse aurait redéfini le requiem, à la fois messe et oratorio, puissant et théâtral.

Cette œuvre sera présentée pour une rare fois en Amérique du Nord par Arion Orchestre Baroque, le Studio de musique ancienne de Montréal et 5 solistes sous la direction de Mathieu Lussier, directeur artistique et chef principal d’Arion. Qui plus est, un authentique prospecteur de cette musique méconnue! Et c’est pourquoi PAN M 360 l’a joint pour nous en expliquer davantage au sujet de cette Grande messe des morts.

MARDI 28 MAI, 19H30, SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE.

INFOS ET BILLETS ICI

ARTISTES

Mathieu Lussier, chef d’orchestre
Arion Orchestre Baroque
Studio de musique ancienne de Montréal (SMAM)
Magali Simard-Galdès, soprano
Myriam Leblanc, soprano
Philippe Gagné, ténor
Haitham Haidar, ténor
Geoffroy Salvas, baryton

Programme

François-Joseph Gossec
Grande messe des morts

Le Vancouver Turning Point Ensemble (TPE) célèbre son 20e anniversaire à Montréal avec RASAS du compositeur montréalais Sandeep Bhagwati, et deux pièces de Farangis Nurulla-Khoja et Jocelyn Morlock. Ce concert est présenté par la SMCQ dans le cadre de sa série Hommage, dédiée cette année à Sandeep Bhagwati.

La SMCQ décrit RAZAS comme une « grande composition épique modulaire ». Selon Bhagwati, « les Rasas consistent en un système de classification des émotions qui constituent les composantes de base de toutes les manifestations artistiques.

Plus précisément, 64 sections progressent à l’intérieur d’une matrice qui peut être arrangée selon différentes combinaisons. Avant le concert, les interprètes choisissent une combinaison spécifique et, grâce à leur arrangement créé en temps réel, offrent une version unique de l’œuvre.

De plus, des œuvres des excellents compositeurs Jocelyn Morlock et Farangis Nurulla-Khoja, ainsi qu’une œuvre d’Owen Underhill, également directeur artistique du TPE. Le Turning Point Ensemble est un grand ensemble de chambre qui joue de la musique « dans des contextes innovants, à travers les genres et en croisant de multiples formes d’art ».

L’ensemble se concentre sur la musique moderne et contemporaine, du début du XXe siècle à nos jours. Vu son passage imminent à Montréal Owen Underhill, répond (en anglais) aux questions de PAN M 360 avant de traverser le Canada.

Ce concert aura lieu le mardi 28 mai à la SALLE PIERRE-MERCURE. BILLETS ET INFOS ICI.

Participant·es

Programme

Un an après l’incendie qui a ravagé une partie de  la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal, l’avenir de la noble institution demeure incertain. Les promesses de reconstruction ont fusé aux lendemains de la tragédie mais, à ce jour, aucun détail, encore moins d’échéancier, n’a été évoqué. Une lettre publiée ce matin dans La Presse et cosignée par 206 intervenants de tout ce qui se fait de mieux et de plus pertinent en musique et en culture au Québec réclame des réponses. En parallèle à cette situation, un grand élan de solidarité entre institutions culturelles a permis à l’équipe de la Chapelle et aux musiciens qui en profitaient de trouver refuge au Centre canadien d’architecture. Si tous et toutes sont reconnaissants de la générosité du CCA et de Phyllis Lambert, il demeure que plusieurs aspects de la mission de la Chapelle ne peuvent être remplis dans ces nouveaux espaces.

J’en ai parlé avec Simon Blanchet, Agent culturel et Directeur de la programmation de la Chapelle

Regardez également l’entrevue réalisée avec Dominic Trudel du Conseil québécois de la musique, qui nous parle plus spécifiquement de l’état de la situation du projet de reconstruction de la chapelle, et de la lettre publiée ce matin dans les médias.

Le 23 mars 2023, un incendie majeur détruisait une partie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal. Une tragédie humaine avant tout car de nombreux résidents âgés vivant dans les appartements attenants ont été jetés à la rue. Mais aussi une tragédie culturelle, tellement l’institution était devenue fondamentale dans l’accessibilité du public à la musique classique et le soutien aux jeunes artistes. Au lendemain de l’incendie, la mairesse de Montréal et le Ministre de la culture du Québec ont promis de rebâtir et de redonner aux mélomanes cet accès privilégié à une musique de qualité.

En ce jour anniversaire, une lettre publiée ce matin dans La Presse et cosignée par 206 intervenants de tout ce qui se fait de mieux et de plus pertinent en musique et en culture au Québec réclame des nouvelles. Car, des nouvelles, il n’y en a point. Combien de temps prendra la reconstruction? À quels coûts? Y aura-t-il possibilité d’apporter des améliorations aux lieux tels qu’ils étaient déployés avant l’incendie? Etc. C’est un peu pour éviter à tout prix que le dossier ne sombre dans l’oubli que Dominic Trudel, Directeur général du Conseil québécois de la musique et co-initiateur de cette lettre, manifeste son intention de demeurer vigilant et d’exiger des réponses.

J’ai eu l’occasion de discuter de tout cela avec lui.

Regardez également l’entrevue réalisée avec Simon Blanchet, Agent culturel et Directeur de la programmation de la Chapelle qui fait un bilan d’une année en exil et de sa vision pour l’avenir de l’institution.

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