A l’occasion des Suoni de cette année, le tout nouveau collectif Sick of Fun nous a proposé une soirée musicale sauvage et viscérale. La programmation met en avant les talents émergents du punk de la côte est avec des groupes comme White Knuckle, Zeal, Purity Culture, et Puffer, promettant une conclusion brute et bruyante à l’offre éclectique du festival. Alex Apostolidis en explique les tenants et aboutissants.

PAN M 360 : Merci d’avoir pris le temps. Vous avez organisé un sacré spectacle pour le 23 ! Pouvez-vous nous en dire plus sur Sick of Fun et sur votre relation avec Suoni ?  

Alex Apostolidis : Sick of Fun est un groupe de booking de spectacles à Montréal composé de membres de Sitting On The Outside (Ottawa), Positive Distortion (Maritimes) et IWant2BeOnTV (Montréal). En mars de cette année, nous avons organisé un spectacle-bénéfice pour certains de nos amis qui ont été arrêtés et qui font face à des frais juridiques. J’ai commencé à travailler pour Suoni à la fin de mon diplôme en 2021, et depuis lors, mon implication dans le festival s’est étendue aux communications, à la gestion de la production, au design et à la documentation. Cette année, on m’a proposé d’organiser deux soirées avec Sick of Fun et nous avons mis en place un Punk Show/Magic Trick Competition qui s’est déroulé vendredi dernier et cet Epic Rock Line Up le dimanche 23 – avec un DJ set pour clôturer le festival. 

PAN M 360 : Pourriez-vous décrire le processus de sélection de la programmation de cet événement ? Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces groupes en particulier ?

Alex Apostolidis : Les compositions ont beaucoup évolué au fil du temps, mais je pense que nous avons fini par obtenir une sélection vraiment excitante. J’ai l’impression que nous atteignons des notes amusantes, scandaleuses, effrayantes et diaboliques. Et si on s’embrassait à l’intersection des vibrations de Egg et de Chain ?

Résumé de l’histoire du sonic :

White Knuckle porte la torche à jaune de CanCon, rapide et zippée. 

Zeal est rapide, dur et approprié, dans votre visage avec une touche scandinave.

Purity Culture est bruyant, déchirant et en colère, préparant quelque chose de sombre.

Puffer, c’est du rock n roll accrocheur qui rencontre le hardcore – l’un des meilleurs de Montréal. 

PAN M 360 : Comment pensez-vous que la scène punk montréalaise a évolué au fil des ans ?

Alex Apostolidis : J’ai l’impression que c’est une période très excitante pour la scène punk à Montréal. Même s’il n’y a pas beaucoup d’espaces DIY, ce qui est vraiment dommage, les gens veulent vraiment faire bouger les choses et il y a beaucoup d’excellents nouveaux groupes. En fait, la scène semble plus inclusive et plus animée que ce que j’ai connu. Il est agréable de voir des promoteurs comme IFO amener des groupes sauvages et Be About It revitaliser la scène pour tous les âges.

PAN M 360 :  Quel rôle pensez-vous que Sick of Fun joue dans la communauté punk locale et plus large ?

Alex Apostolidis : Nous sommes assez nouveaux, mais nous finirons par nous installer dans notre propre espace. 

PAN M 360 : Quels sont vos projets pour Sick of Fun ? Y a-t-il des événements ou des projets à venir en dehors de Suoni qui vous enthousiasment particulièrement ?

Alex Apostolidis : Cell Deth (de PEI) et Hormone (de Baltimore) viendront le 5 juillet (plus de détails à venir), il y aura une collecte de fonds DULF à La Sotterenea  ; le 27 juillet. Gardez un oeil sur askapunk.net pour plus de détails – ou vous pouvez consulter notre page mastodon.

PAN M 360 : Comment voyez-vous l’état actuel de la musique punk au Canada, et vers quoi pensez-vous qu’elle se dirige ?

Alex Apostolidis : La scène montréalaise est en pleine effervescence, les provinces Maritimes sont chaudes, Ottawa est amusante – il semble que Toronto et Vancouver dorment un peu… probablement parce qu’il est impossible d’y vivre économiquement. Je pense que toutes nos scènes musicales sont menacées, quel que soit le genre, compte tenu de la crise du logement et de l’état de l’économie, mais les gens sont vraiment passionnés, s’amusent et font de la bonne musique. La scène punk canadienne n’est pas à négliger. 

PAN M 360 : Tout à fait, la musique est là pour ça.

Mi-quarantaine, Dombrance se présente sur scène en costard cravate, moustache fournie sous le pif, sorte de dandy clownesque prêt à faire exploser le plancher de danse. Bertand Lacombe de son vrai nom, performer, compositeur et beatmaker d’origine bordelaise, notre interviewé a créé un personnage haut en couleur au service des nuitards venus faire la fête mais désireux de vivre une expérience plus subtile qu’elle n’en a l’air d’entrée de jeu.

Pour une première fois à Montréal, Dombrance s’amène à la Satosphère avec sa musique multiréférencielle (house, techno, euro-disco, funk, pop française, rock, etc) et ses projections à 360 degrés. Ce concert immersif est prévu ce vendredi 21 juin, le soir même du solstice d’été, dans le cadre d’un Dômesicle spécial dans le contexte des Francos de MTL incluant aussi les sets d’Arielle Roberge et Dylan Dylan. Et c’est évidemment pourquoi Alain Brunet a joint Dombrance avant qu’il ne s’amène à Montréal. Voici la conversation vidéo sur PAN M 360 !

Crédit photo: @frederiquema pour les Francos

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Prévu à la 5e Salle de la Place des Arts ce mercredi 19 juin, 19h30, le concert de cet ensemble néoclassique se consacrant à la chanson française, est intitulé Hymnes à l’amour – évocation directe à la chanson d’Édith Piaf, évidemment au programme. Bohème est constitué de quatre musiciens de formation classique: Marc-Antoine d’Aragon (voix, guitare), Nadia Monczak (violon), Steven Massicotte (piano) et Denis Chabot (contrebasse). Ces artistes de haute tenue relisent à leur manière un répertoire d’incontournables, on pense à La Bohème de Charles Aznavour, Amsterdam de Jacques Brel, Tout va changer de Michel Fugain, L’hymne au printemps de Félix Leclerc, Emmène-moi au bout du monde de Claude Léveillée, Le temps des cathédrales de Luc Plamondon, Une chance qu’on s’a de Jean-Pierre Ferland et plus encore. Soliste de la soirée et leader de Bohème, Marc-Antoine d’Aragon s’entretient avec Alain Brunet des ajustements nécessaires pour les musiciens classiques lorsqu’il s’agit d’aborder le répertoire chansonnier.

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Irreversible Entanglements (IE) est un quintette de jazz à l’énergie incendiaire et aux propos brûlants d’engagement sociopolitique. Formé en 2015, à la suite d’une rencontre déterminante lors d’un concert dénonçant la brutalité policière, le bassiste Luke Stewart, le saxophoniste Keir Neuringer, le trompettiste Aquiles Navarro, le batteur Tcheser Holmes et, présence fondamentale du groupe, la vocaliste Camae Ayema (Spoken word plutôt que chant à proprement parler) font le tour du monde depuis en utilisant leur très personnelle vision du free jazz pour porter la parole de la ‘’libération noire’’. En fait de free jazz, cela dit, le décor reste bien cadré par une irrésistible décharge de pulsation rythmique traversée par des mélodies hymniques et les scansions stentoriales de Ayewa, alias Moor Mother. Les exclamations spontanées de Navarro et Neuringer (principalement), si elles sont totalement libérées d’un quelconque carcan tonal, demeurent étroitement attachées à l’émotion brute (brutale?) du propos. Ça donne une expérience sonore foudroyante d’intensité que les Montréalais pourront apprécier les 17 et 18 juin lors du festival Suoni per il popolo. 

Luke Stewart m’annonce, lors de l’entrevue que lui et Camae Ayema m’ont accordée, que la soirée du 17 fait partie d’une série de ‘’Speakeasies’’ que le groupe donne régulièrement dans différentes villes, s’adjoignant pour l’occasion les services de musiciens locaux. Un gros jam de décharge incantatoire. Puis, LE show IE du 18 comprendra, me dit Stewart, ‘’une nouvelle pièce exclusive spécialement écrite pour cette rencontre montréalaise’’. On a hâte!

Le groupe étant fréquemment associé au mouvement afro futuriste (et certains titres de chansons y faisant référence), je demande si cette étiquette correspond bien à une certaine démarche de l’ensemble et, si oui, ce que ce terme signifie pour ses membres. 

On reconnait bien ce mouvement et, oui, nous nous en réclamons en partie. Appelez ça Afro futurisme si vous le voulez, mais ce n’est pas une philosophie stricte, encore moins une étiquette. Ça représente plutôt un mouvement holistique qui a beaucoup à offrir et qui implique une exploration en profondeur de certains thèmes reliés à la réalité noire. Notre musique devient en réalité un portail nous permettant de pénétrer dans ce processus intellectuel, qui parle en vérité de Libération noire. C’est une invitation, un défi posé afin de créer un meilleur monde.

Il faut dire que Ayewa, Moor Mother, est une poète/activiste bien connue ailleurs pour son engagement en ce sens. Elle fait partie du Black Quantum Collective, binôme Black/Queer qui a déjà investi le champs de la recherche en proposant un cadre référentiel et méthodologique pour appréhender le concept d’Afro futurisme.

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT DU 17 JUIN

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT DU 18 JUIN

Moor Mother apporte une vision presque cosmogonique à la musique de IE, mais, même si la comparaison a été faite, ne lui donne pas une tendance Sun Ra-esque. Loin du psychédélisme un peu tripatif de l’aîné, IE propose une vision militante mais entièrement réaliste d’un avenir libéré des vieilles disparités/discriminations. D’où, probablement, la nature sacrément plus rugueuse des propos tenus dans les premiers albums du groupe. Une chanson comme Blues Ideology, parue sur l’album Who Sent You? de 2020, est véritable exutoire d’une rare puissance contre la manipulation d’idéologies religieuses afin de subjuguer les masses. J’en profite pour demander ce que pensent mes interlocuteurs de cette place de la religion dans la société étatsunienne? Je sens que je marche sur des œufs. Luke s’en remet à Camae. Celle-ci avoue s’intéresser à toutes les religions du monde et aux apprentissages qu’elles rendent possibles, mais ne suivre aucune d’entre elle de manière rituelle. 

Je préfère le concept de spiritualité, mais pas dans une perspective de consumérisme. C’est ce que nous tentons de faire avec notre musique, avec une démarche plus alchimique, moins exclusiviste. 

J’en reste là, mais je tente une autre approche, question sociopolitique, à partir d’une affirmation faite ailleurs par le groupe, selon laquelle la démarche IE est celle d’une conversation à propos de la vie Noire aux États-Unis. En vue du climat politique actuel au sud de notre frontière et de la crispation sociale, voire raciale, qui se manifeste, je demande si cette conversation est un échec?

Je ne sens pas que ma question porte. Les réponses sont prudentes, diplomatiques. 

Nous constatons le succès de notre message, au niveau des gens, me dit Stewart. Ce message a été porté pendant un certain temps. Maintenant, nous entrons dans une autre phase. En ce qui nous concerne, nous demeurerons consistant dans notre invitation au dialogue et dans nos explorations sonores et textuelles. 

Moor Mother : Nous n’avons pas de cape, comme les superhéros, mais nous voyons le changement. Nous souhaitons être des piliers de ce changement.

Mais, j’insiste, la possibilité d’un retour à la présidence de Donald Trump (je ne l’ai pas nommé) n’indique-t-elle pas un recul de la portée de ce message?

Pour Moor Mother, ça n’a aucune importance. Ça ne change rien. Elle fait la comparaison avec Justin Trudeau, comme quoi c’est du pareil au même. Trump, Trudeau. J’en connais un sacré paquet pour qui il n’y a probablement rien de plus antinomique que ces deux personnages, autant dans les valeurs, dans les actions entreprises et même la symbolique les entourant. Mais je ne poursuis pas. Ce n’est pas une entrevue politique après tout. Peut-être n’ai-je pas réussi à gagner suffisamment la confiance pour que la langue se délie plus chirurgicalement? Vous demeurez confiante? demande-je à Moor Mother. Toujours positive!

Je reviens à la musique, car après tout, c’est notre pain et notre beurre. 

J’ai écouté les quatre albums du groupe. Le premier, éponyme, le 2e Who Sent You?, le 3e Open the Gates, et le plus récent Protect Your Light paru en 2023 (deux albums live sont aussi dispos : un en Allemagne et l’autre en Italie) et j’ai constaté une évolution assez limpide, surtout évidente dans Protect Your Light, vers une intériorisation, peut-être même un adoucissement, du propos des textes. Moins de jaillissements accusatoires, plus de regard intériorisé. Protect Your Light ose parler d’amour, et de lumière intérieure (entre autres). Moins de politique.

On me confirme. Il y a eu évolution. 

Les premiers albums sont des documents forts des débuts de notre association (je rappelle : après un concert contre la brutalité policière – NDLR). Ensuite, nous avons beaucoup tourné, avons pris de la maturité. Puis, la pandémie est arrivée et Open the Gates a été une sorte de catharsis libératrice. Après ça, nous sommes plus apaisés, et ça donne Protect Your Light.

Autre remarque évolutive : on fait maintenant plus de place à l’électronique. Pourquoi?

Une tendance naturelle me dit-on. Moor Mother montre encore son influence car elle est, ailleurs dans la vie, une artiste électronique portée sur l’innovation. Alors, introduire cet élément dans la fabrique instinctive du groupe, ça devait arriver, de toute évidence.

Finalement, le fait que Protect Your Light opus soit sur Impulse!, grand label presque légendaire (Coltrane, Lateef, Oliver Nelson, Archie Shepp, Sun Ra), ça fait quoi?

Entrer dans ce studio, d’une qualité parfaite, c’est savoir qu’on entre dans les pas de Coltrane, Etta James, et tant d’autres légendes. Ça nous incite à viser l’excellence.

Je reste un peu sur ma faim, j’avoue. Mais je sais que le feu musical Irreversible Entanglements, à moins d’une catastrophe, sera brûlant les 17 et 18 juin à la Casa del popolo et la Sala Rossa et que, à moins d’être un pavé uni fixé à mort dans une entrée de banlieue, vous ne devriez même pas considérer manquer une seule minute de ces concerts.

JAKŌ est le nouveau surnom du projet musical de Shota Nakamura, un artiste basé à Montréal, originaire de Tokyo. Sa décennie au Canada, après avoir déménagé du Japon, l’a vu activement impliqué dans les scènes musicales locales, en tant que membre de divers groupes (comme le bassiste pour Sundays et la tournée européenne de Cybele en 2017) & ; performances solo avec différents instruments & ; configurations en direct ; affichant une gamme diversifiée de sensibilités musicales & ; inspirations, de l’ambient & noise à plus de reggae & ; écriture influencée par la pop, & ; style psychédélique-rock & ; improvisation.

Yopo, sous le nom de Molio Holi en 2021, et prévoit de le faire suivre d’un autre album de paysages sonores cette année. Il jouera avec Chris Brokaw (Codeine) et le génie du slowcore, Picastro, au Suoni Per Il Popolo de cette année.

PAN M 360 : Tout d’abord, pouvez-vous nous dire comment vous avez commencé à créer des paysages sonores de guitare expérimentale psychédélique ?

Shota Nakamura : J’avais l’habitude de fréquenter la communauté psych-rock japonaise. À l’époque, j’ai toujours été attiré par le son des guitares. J’aimais particulièrement leur puissance expressive, avec des sons qui vous donnaient l’impression d’être dans une grotte, sous l’eau, dans l’obscurité de la nuit, ou sous un ciel clair, etc. Puis, venant de nulle part, il y avait des solos de guitare féroces et bruyants qui semblaient presque repousser les limites. C’était une progression naturelle pour moi de vouloir exprimer cela à ma façon.

PAN M 360: Vous vous appeliez Molio Holi et maintenant vous êtes JAKŌ. Pourquoi ce changement de nom et quelle est la signification de JAKŌ ?

Shota Nakamura: Ce nom précédent n’était à l’origine qu’un nom temporaire, mais avant que je m’en rende compte, il était devenu mon projet principal. « Jakō » en japonais « 麝香 », signifie musc. Simplement, j’aime la sonorité de ce mot, et j’ai pensé que sa signification orientale, froide, mais presque trop parfumée, s’apparentait à ma musique.

PAN M 360 : Vous portez également le nom de ShoSho ? Y a-t-il une différence distincte entre ces projets pour vous ?

Shota Nakamura : ShoSho est mon nom de DJ. Jakō est mon projet musical. 

PAN M 360 : Il y a des moments où les guitares sont luxuriantes et jazzy, et d’autres où elles sont frénétiques, comment construisez-vous vos chansons ?PAN M 360 : Vous portez également le nom de ShoSho ? Y a-t-il une différence distincte entre ces projets pour vous ?

Shota Nakamura : ShoSho est mon nom de DJ. Jakō est mon projet musical. 

PAN M 360 : Il y a des moments où les guitares sont luxuriantes et jazzy, et d’autres où elles sont frénétiques, comment construisez-vous vos chansons ?

Shota Nakamura: Je compose essentiellement de manière intuitive. Je crée une progression d’accords approximative avec une guitare ou en fredonnant, mais certaines chansons commencent par une ligne de basse, tandis que d’autres sont inspirées par un motif de batterie échantillonné. Les lignes principales sont jouées exactement comme elles me viennent à l’esprit pendant le processus de composition. J’aime concevoir des chansons qui favorisent la catharsis en illustrant le contraste entre les moments calmes et les moments intenses.

PAN M 360 : Que savez-vous de Suoni et de son lien avec la scène musicale montréalaise ?

Shota Nakamura: J’ai joué à Suoni plusieurs fois avec quelques groupes dont je faisais partie auparavant. C’est un festival que la plupart des musiciens locaux, en particulier ceux qui font de la musique d’avant-garde, passent au moins une fois. Ils occupent une position très importante dans la communauté locale. Gratitude et respect.

PAN M 360 : En quoi la scène musicale japonaise diffère-t-elle de celle de Montréal? Quand avez-vous déménagé ici et pourquoi ?

Shota Nakamura: Plutôt que le Japon, je viens de Tokyo, et il y a d’innombrables groupes. Il n’y avait pas beaucoup d’interaction entre les différentes scènes et les différents genres. À Montréal, peu importe la notoriété, le genre ou l’âge, vous rencontrez tous les gens cool par le biais de la « scène locale ». J’ai déménagé à Toronto en 2012 et je suis venu à Montréal en 2014. Trop long à dire pourquoi, de multiples raisons. Des avantages et des inconvénients ici et là. Mais je préfère être ici jusqu’à présent.

PAN M 360 : Le dernier album, yopo, est sorti en 2021. Une suite est-elle prévue ?

Shota Nakamura:En espérant que ce soit cette année.

PAN M 360 : Que savez-vous des artistes avec lesquels vous allez jouer ?

Shota Nakamura: J’ai vu Chris Brokaw en tant que batteur de Codeine. Mes amis m’ont recommandé Picastro et j’aime leur musique. C’est un honneur de faire la première partie de si grands musiciens.

PAN M 360 : Que pouvez-vous nous dire sur l’expérience du spectacle en direct JAKŌ? 

Shota Nakamura: Écouter un enregistrement à la maison et sentir les vibrations dans l’air sont des expériences vraiment différentes. Lors de mes concerts, cette différence devient évidente.


PAN M 360 : Quelque chose à ajouter ?

Shota Nakamura: J’aimerais remercier mes amis et ma famille ici et là. En particulier, les membres de mon groupe, Daniel et Ryan. J’ai la chance d’avoir des amis aussi talentueux. Joni Void, un autre de mes amis, m’a proposé de sortir ma musique sur son label. Et mon mentor Doronco des Rallizes Dénudés. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce qu’il a gentiment masterisé mon album Yopo.

CHRIS BROKAW + PICASTRO + JAKŌ – 16 juin – TICKETS

Au cours de toutes mes années de journalisme musical, j’ai eu des interviews bizarres, mais ce petit entretien par e-mail avec Ishi Tishi, un trio pop/surf bizarre composé des artistes Ingrid Wissink, Jackie Gallant et Chantal Allard, n’est pas des moindres.

Il arrive que l’on soit à court de mots pour décrire sa propre musique ou ses débuts, ou que l’on veuille remuer le couteau dans la plaie. Quoi qu’il en soit, Ishi Tishi présente un opéra rock intitulé An Evening With Animals All The Animals à Suoni Per Il Popolo. Lorsque nous leur avons posé la question, ils ont répondu par des emojis. Emojis bien conçus ou emojis curatés ? Qui peut le dire ?

PAN M 360: Qu’est-ce que Ishi Tishi, comment a-t-il vu le jour et comment a-t-il évolué depuis sa création ?

Ishi Tishi: 💥 🔥 🎼🪇🎻🥁🎸🥃🚫😇

PAN M 360 : Qu’en est-il du nom Ishi Tishi ? Y a-t-il une histoire là-dedans ?

Ishi Tishi: 🤫

PAN M 360 : Est-ce que le spectacle en direct comporte une grande part d’improvisation ?


Ishi Tishi:
👹🤡🐙🤹‍♀️🕜

PAN M 360 : Pour l’instant, nous n’avons que l’enregistrement de « Natures Pill Bottle ». Est-ce un indicateur du son d’Ishi Tishi ? Du surf psychique lo-fi avec quelques bruits expérimentaux ?

Ishi Tishi : 🙅‍♀️🤲

PAN M 360 : Que pouvez-vous me dire sur l’opéra rock An Evening With All The Animals ?

Ishi Tishi: 🐻🍄🦟🐸🪰

PAN M 360 : S’agit-il d’un EP ou d’un album à venir ?

Ishi Tishi: 🤔🤷‍♀️

PAN M 360 : Y aura-t-il du théâtre ou des performances artistiques sur scène ?

Ishi Tishi: 🤪🎭

PAN M 360 : Comment Ishi Tishi écrit-il ses chansons ensemble ? .

Ishi Tishi:

🏕️

🌳🐟❤️‍🔥

PAN M 360: Y aura-t-il du théâtre ou des performances artistiques sur scène ?



Ishi Tishi: 🤪🎭

PAN M 360 : Quel est votre lien avec Suoni en dehors du fait d’y jouer. Que représente Suoni pour la scène musicale montréalaise ?

Ishi Tishi : ❤️🪴🧺🍲

PAN M 360 : Quelque chose à ajouter ?

Ishi Tishi : 🪐🛸👾👻


18 juin, mardi – Ishi Tishi – Une soirée avec tous les animaux avec Trendy Mum




Pour la toute première fois, le compositeur britannique Howard Skempton, l’un des minimalistes les plus appréciés à la fois par les spécialistes et le grand public, est à Montréal. C’est à l’occasion du festival Suoni per il popolo que le vétéran compositeur nous visite. Skempton est un spécialiste des petits formats, mais surtout d’une trompeuse simplicité et d’une valorisation de la mélodie et de la tonalité (on a dit de sa musique qu’elle est ‘’l’émancipation de la consonance’’, ce qui était une forme d’avant-gardisme dans les années 1960, alors que régnaient les démarches très exigeantes et dissonantes de Stockhausen et compagnie). Il sera avec le Quatuor Bozzini dans un concert à ne pas rater qui présentera sa musique économe et très accessible, mais sous laquelle se cache une riche complexité. Voici l’occasion de découvrir (si ce n’est déjà fait) un créateur contemporain d’importance et surtout très attachant.

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE CONCERT DE LA MUSIQUE DE HOWARD SKEMPTON INTERPRÉTÉE PAR LE QUATUOR BOZZINI

L’entrevue se déroule en anglais

Tali Rose est DJ et productrice de Montréal. Cette artiste très housy s’intéresse, en fait, à plusieurs variantes de musiques électroniques puisées dans différentes époques. Artiste visuel au départ, elle s’est mise sérieusement au mixage pendant la pandémie, pendant laquelle elle a mis au point son propre DJisme. Force est de déduire que sa carrière vient de démarrer, bien qu’elle soit très active sur la scène locale depuis au moins deux ans. Notre collaboratrice Keithy Antoine lui a décroché plusieurs sourires et propos inspirants, peu avant la tenue de son set au Piknic Electronik , soit le dimanche 16 juin, scène Fizz, 16h.

BILLETS ET INFOS ICI

« Simone s’ennuie; sa mère lui a confisqué sa tablette. Elle n’est vraiment pas contente! Mais tout à coup, les sons qui viennent de sa fenêtre semblent prendre vie. Grâce à son imagination débordante, des mondes musicaux inspirés de délicieux biscuits, de décoiffantes tempêtes et de célestes mélodies se déploieront sous ses yeux et dans ses oreilles!« 

Destiné aux 5 à 9 ans et aussi à leurs parents qui nourrissent leur esprit d’enfant, Biscuits, tempêtes et mélodies se veut « une ode à l’imaginaire et au merveilleux pouvoir de la musique grâce à laquelle nous ne sommes jamais seuls. »

Julie Daoust en a signé la trame narrative et la mise en scène pendant que la musique a été composée par Denis Gougeon et que la production a été prise en charge par la harpiste Valérie Milot. Peu avant le spectacle du samedi matin 15 juin, 10h, présenté à Salle La Chapelle du Foyer Saint-Antoine à Longueuil, les deux artistes reviennent ici sur les fondements de cette œuvre et sur son processus de création. Alain Brunet les a rencontrés en visio.

INFOS ET BILLETS ICI

Artistes sur scène

Aurélie Fortin, comédienne

Étienne Béland, comédien

Juliette Duguay-Patenaude, harpe 

Conception et production

Création : Anémone 47 (Valérie Milot)

Texte et mise en scène : Julie Daoust

Musique : Denis Gougeon

Direction artistique : Valérie Milot

Conseiller dramaturgique : Hugo Turgeon

Décors, costumes, accessoires : Pierrick Fréchette

Conception et programmation sonores : François Thibault

Conception d’éclairages : Nat Descôteaux

Confection d’éléments scéniques : Jacinthe Beauregard et Cécile Provencher

Conseil en production : François Lahaye

Illustration : Baptiste Amsallem

Sous la direction artistique magistrale et inspirée de Michel Brousseau, réputé pour ses interprétations vibrantes et intenses, les solistes, choristes et musiciens du Choeur et de l’Orchestre philharmonique du Nouveau Monde se réuniront pour offrir une expérience musicale inoubliable le samedi 15 juin à l’église Saint-Jean-Baptiste. Ce programme soigneusement conçu par le Festival Classica comprend la Messe solennelle de saint Remi de Théodore Dubois, une œuvre évocatrice qui met en valeur le mélange magistral de l’harmonie traditionnelle et de la solennité liturgique de Dubois. Pour compléter ce programme, nous avons le Requiem de Gabriel Fauré, un chef-d’œuvre intemporel du XIXe siècle, connu pour sa beauté sereine et éthérée, offrant une réflexion méditative sur la vie et la mort. De plus, le programme inclut le Cantique de Jean Racine de Fauré, une composition profondément émouvante et lyrique qui illustre le talent du compositeur pour mettre en musique des textes sacrés.

PAN M 360: Merci beaucoup de nous accorder cette interview, Michel.

Michel Brousseau: Oui, avec plaisir.

PAN M 360: Ce programme est très intéressant. Il y a des pièces très populaires, n’est-ce pas ?

Michel Brousseau: Oui, le Requiem de Fauré est particulièrement populaire. C’est l’un des plus beaux Requiem du XIXe siècle, très connu et apprécié. Mais nous avons aussi une œuvre moins connue, la Messe solennelle de saint Remi de Théodore Dubois, un contemporain de Fauré. Dubois et Fauré sont tous deux décédés en 1924, mais ils représentent deux écoles de musique très différentes. Dubois était plus conservateur, tandis que Fauré était plus avant-gardiste.

PAN M 360: Pouvez-vous nous en dire plus sur votre choix de ces œuvres pour ce concert in memoriam ?

Michel Brousseau: Bien sûr. Le Requiem de Fauré est une œuvre très lumineuse et paisible, malgré son thème. C’est une œuvre sereine qui apaise, même dans le contexte d’une messe pour les morts. Dubois, avec sa Messe solennelle de saint Remi, offre un contraste intéressant avec son style plus traditionnel et conservateur. Les deux œuvres se complètent bien et offrent une riche expérience musicale.

PAN M 360: Quelle est votre approche pour interpréter et diriger ces œuvres ?

Michel Brousseau: Pour Fauré, c’est surtout une question de pureté des voix et de sonorité. Il faut capturer la lumière et la sérénité de l’œuvre. C’est essentiel de transmettre le message du compositeur. Pour Dubois, il s’agit de rendre justice à son écriture plus riche et harmonique, tout en respectant le style plus traditionnel de son époque.

PAN M 360: Le côté lumineux du Requiem de Fauré est très notable. Comment le mettez-vous en valeur dans votre interprétation ?

Michel Brousseau: Absolument. Par exemple, dans le « In Paradisum », nous cherchons à atteindre une sonorité angélique et apaisante. C’est une partie très belle avec une orchestration simple, mais très efficace mettant en avant l’orgue et les voix. C’est ce genre de moments qui apportent une lumière particulière au Requiem.

PAN M 360: Pouvez-vous nous parler de votre expérience personnelle avec ces œuvres ?

Michel Brousseau: J’ai une grande affection pour ces pièces. J’ai découvert la richesse de Dubois lors d’un séjour chez son arrière-petit-fils en France. J’ai pu explorer de nombreuses œuvres inédites, et cela m’a permis de mieux comprendre et apprécier son travail. En ce qui concerne Fauré, c’est toujours un plaisir de diriger une œuvre aussi majestueuse et bien-aimée du public.

PAN M 360: Quels défis présente un programme comme celui-ci ?

Michel Brousseau: Chaque concert a ses défis. Avec ces œuvres, il s’agit souvent de trouver l’équilibre entre les différentes voix et l’orchestre, surtout dans les passages délicats où les voix doivent être mises en avant sans être dominées par l’orchestre. C’est un travail minutieux, mais le résultat en vaut toujours la peine.

PAN M 360: Est-ce que vous avez des moments mémorables des répétitions ou des performances passées de ces œuvres ?

Michel Brousseau: Oui, chaque répétition est une découverte. Lors de notre dernier concert à Ottawa, l’alchimie entre les choristes et les musiciens était palpable. C’est ce genre de moments qui rendent la préparation et l’exécution de ces œuvres si gratifiantes.

PAN M 360: Vous avez mentionné que vous dirigez trois chœurs. Comment parvenez-vous à maintenir la cohésion entre eux ?

Michel Brousseau: C’est un défi logistique, mais aussi une source de grande satisfaction. Chaque chœur apporte ses forces et ses caractéristiques uniques. Les regrouper pour les concerts crée une dynamique exceptionnelle. Le mélange des voix et des personnalités enrichit chaque performance.

PAN M 360: Quels autres compositeurs ou œuvres aimeriez-vous explorer à l’avenir ?

Michel Brousseau: J’aimerais continuer à explorer des œuvres moins connues de compositeurs classiques et contemporains. Chaque découverte est une opportunité d’apporter quelque chose de nouveau au public et de renouveler l’expérience musicale des choristes et des musiciens.

PAN M 360: Merci beaucoup pour cette discussion enrichissante, Michel. Nous avons hâte d’assister au concert.

Michel Brousseau: Avec plaisir, à bientôt.

Fauré et Dubois au siècle dernier

Samedi, 15 juin à 20 h à l’église Saint-Jean-Baptiste

Pour infos et billets, c’est ici

Retrouver le plaisir de l’écoute active, s’installer dans une pièce tout à fait propice à l’écoute immersive. Au Centre Phi, on a construit Habitat Sonore, soit une pièce de 16 haut-parleurs et un système de mixage en Dolby Atmos permettant l’écoute active et optimale de pièces musicales. Plusieurs programmes d’écoute sont mis de l’avant, on a eu droit récemment à un documentaire sonore sur Random Access Memory de Daft Punk, d’une relecture expérimentale de l’album Born To Leave du groupe Wake Island, très bientôt de l’album MOOD RING de la chanteuse KALLITECHNIS, sans compter le sujet principal de cette conversation, soit une liste d’écoute estivale de 15 chansons d’artistes montréalais, superbement remixées pour les besoins de l’exercice. Pour PAN M 360, notre collègue Salima Bouaraour s’entretient avec le superviseur sonore créatif du Centre Phi, Philippe Rochefort, et avec la directrice de la programmation au Centre Phi, Renelle Desjardins.

HABITAT SONORE: INFOS ET BILLETS ICI

LISTE DES CHANSONS: 

Jean-Michel Blais –  passepied  

The Bionic Harpist –  In Stillness  

Dominique Fils-Aimé – Cheers to New Beginnings  

Patrick Watson – Better in the Shade 

Klô Pelgag  Mélamine  

Daniel Bélanger  J’entends tout ce qui joue 

Bibi Club –  Le feu  

Karkwa  Gravité 

Waahli  Te revoir  

Malika Tirolien – A Love That Will Last  

KALLITECHNIS – WOUND UP  

Gayance – Lord Have Mercy 

En Stéréo – Clair Obscur  

Narcy – Journey  

Cosmic Cosmic –  Jupiter 

Pretty Privilege, alias Audrey Kaye, est une DJ montréalaise et la fondatrice de microrave, une série de mixes et de soirées FLINTA. Cette artiste est également DJ en résidence de LATEX, la première rave kink en ville. Reconnue comme une artiste transgenre et profondément impliquée dans la scène électronique LBGTQ+, elle vise simplement la joie et l’insolence pour son prochain set au Piknic Electronik le 16 juin. Keithy Antoine s’est entretenue avec elle (en anglais) pour PAN M 360.

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