C’est presque à une nouvelle Grande Paix (version 2024, en référence à la Grande Paix de Montréal de 1701, qui fut l’un des premiers traités ‘’internationaux’’ jamais signés en Amérique du Nord ) que nous convie la compositrice et directrice musicale Katia Makdissi-Warren le 7 août à la Place des Festivals à Montréal. Avec son ensemble culturellement oecuménique Oktoecho, Makdissi-Warren présentera Saimaniq Sivumut, un spectacle où se retrouveront chants de gorge inuit et avant-gardistes, polyrythmies arabes, flûtes japonaises, irlandaises, musique savante moderne, jazz, etc. Saimaniq Sivumut (qui signifie ‘’paix’’ et ‘’tourné vers l’avenir’’), fait suite au premier Saimaniq, qui a remporté un Prix Opus en 2018. J’ai parlé de tout cela avec l’artiste. Voici l’entrevue.

DÉTAILS SUR LE CONCERT

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Le nonette montréalais collectif9 invite le public à plonger dans l’univers musical coloré de l’estuaire du Saint-Laurent dans le cadre du Festival international du Domaine Forget. Accompagné par la compagnie de théâtre d’ombres Mere Phantoms, l’ensemble propose un programme évoquant les fonds sous-marins du fleuve par une trame narrative qui met de l’avant la musique de Claude Debussy avec l’univers sonore contemporain et engagé de Luna Pearl Woolf et Tom Morrison. Notre collaborateur Alexandre Villemaire s’est entretenu avec Thibault Bertin-Maghit, directeur artistique de collectif9, au sujet de ce concert ; une ode au monde aquatique qui nous entoure.

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Passage obligé pour n’importe quel artiste lyrique, une audition est un moment à la fois charnière et quotidien d’une carrière. Il s’agit aussi en temps normal d’un exercice intime et inaccessible au public. Dans ce concert de sa 20e année, l’Institut canadien d’art vocal (ICAV), en collaboration avec l’Orchestre de la Francophonie, propose de faire voir et entendre l’envers du décor de cet exercice. Dans un concert qui aura lieu le 2 août, les 24 jeunes artistes de l’ICAV se produiront sur la magnifique scène de la Salle Claude-Champagne pour « faire valoir tout leur talent auprès de décideurs influents du monde de l’opéra en personne et via un broadcast international destiné aux directeurs artistiques des maisons d’opéra. »

Le chef d’orchestre Julien Proulx, un des professeurs de direction de l’ICAV qui sera à la barre de l’orchestre, au côté de Simon Charette et des stagiaires en direction Daniel Black et Madeleine Krick, a discuté avec Alexandre Villemaire de cet évènement unique.

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Charles Richard-Hamelin est de retour cette année à Lanaudière, perpétuant ainsi une tradition et un rendez-vous établi depuis quelques années entre ce natif de la région et le festival. Dans le dernier concert de la série « En églises », le pianiste lanaudois convie le public à l’église de Mascouche pour un concert tout en intimité, mettant à l’honneur une sélection de valses de Chopin auxquelles vont faire écho les pièces des compositeurs Enrique Granados et Isaac Albéniz. Un programme chaleureux et poétique dont Charles Richard-Hamelin a discuté avec notre collaborateur Alexandre Villemaire.

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Reynaldo Hahn (1874-1947), compositeur vénézuélien naturalisé français et dont cette année marque le 150e anniversaire de naissance, a laissé sa marque avec notamment un important corpus de mélodies françaises. Parmi celles-ci, Quand je fus pris au pavillonÀ Chloris, Si mes vers avaient des ailesEn sourdine et L’heure exquise, pour n’en nommer que quelques-unes. C’est d’ailleurs sous ce titre éponyme d’heure exquise qu’Olivier Bergeron et Chloé Dumoulin, deux jeunes artistes de la nouvelle génération en musique classique, présenteront un récital de chambre avec, en plus de ses mélodies, des œuvres de Claude Debussy et Gabriel Fauré le 30 juillet à la Maison de la musique René-Charette à Joliette. Alexandre Villemaire a discuté avec eux de ce programme.

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Depuis 2004, le Festival d’art vocal de Montréal et ses programmes de perfectionnement de l’Institut canadien d’art vocal, accueil de jeunes artistes lyriques émergents canadiens et internationaux. Durant ce séjour intensif de près d’un mois, ils et elles se forment auprès de maîtres reconnus vocalement et musicalement que ce soit par l’entremise de classe de maîtres ou d’opportunités de concert. La soprano australienne d’origine polonaise Amelia Wawzron et la basse britannique Theodore McAlindon, font partie de la cohorte 2024 de l’ICAV et se produiront respectivement à l’occasion de deux concerts, l’un le 28 juillet avec la Symphonie no 9 de Beethoven présenté par l’Orchestre de la Francophonie et l’autre le 11 août dans la production de The Four-Note Opera du Festival d’art vocal. Nous avons discuté avec eux de ces concerts à venir. 

Cet entrevue a été réalisée en anglais.

Pour la programmation du Festival d’art vocal de Montréal, cliquez ici

Le Festival international Présence autochtone (FIPA) présente sa 34e édition du 6 au 15 août 2024 à Montréal. Pléthore de films, documentaires et de fiction (un record dans ce dernier cas), shows musicaux, expos, ateliers et un paquet de choses qui nous reconnectent un tant soit peu avec nos racines civilisationnelles, toutes, d’une manière ou d’une autre, imprégnées de l’âme des divers premiers peuples, partout dans le monde. On parle de tout ça avec André Dudemaine, Directeur artistique de Présence autochtone.

DÉTAILS, PROGRAMMATION ET BILLETS POUR LE FESTIVAL INTERNATIONAL PRÉSENCE AUTOCHTONE

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Le supravirtuose Marc-André Hamelin fait escale cet été au Québec, dans la continuité de ses proches relations artistiques avec l’Orchestre Métropolitain et son chef, Yannick Nézet-Séguin.

« C’est devenu une sorte de tradition lanaudoise : la réunion estivale de deux des plus grands musiciens du Québec, auxquels l’on doit certains des plus grands moments de notre Festival depuis quelques années », résume-t-on sur le site officiel de l’événement.

Ainsi, le pianiste et compositeur québécois (établi aux États-Unis depuis ses études supérieures), dont on sait l’immense virtuosité et l’immense musicalité, s’attaque cette fois à deux œuvres extrêmement exigeantes, d’autant plus qu’elles seront jouées tour à tour, au cœur d’un même programme : les Concertos pour piano no 1 et 2 de Franz Liszt. Autre tour de force en perspective pour Marc-André Hamelin et l’OM, le samedi 28 juillet, 16h, à l’Amphithéâtre Fernand Lindsay. Puisque ce grand musicien est incontournable à toutes ses escales québécoises, Alain Brunet a pu le joindre à Seattle, une semaine avant la présentation du programme lanaudois.

PAN M 360 : Nous avons mené plusieurs interviews avec vous par le passé, et nous sommes très heureux que ça continue sur notre plateforme, une fois de plus dans le contexte du Festival de Lanaudière.

Marc-André Hamelin : Merci! Plaisir partagé.

PAN M 360 : Vous avez tissé des liens serrés avec l’Orchestre Métropolitain de Montréal et Yannick Nézet-Séguin.

Marc-André Hamelin : Eh bien, oui, cela fait quelques années. On m’invite régulièrement à Lanaudière et c’est souvent avec Yannick Nézet-Séguin et l’OM. Et cela me fait extrêmement plaisir que cette association soit si durable.

PAN M 360 : Et on on sait que Yannick Nézet-Séguin aime Liszt, puisque vous vous consacrerez aux concertos n°1 et n°2 pour piano et orchestre. On sait aussi qu’il est un irréductible brahmsien, ce qui explique que vos interprétations seront précédées par une œuvre de Brahms et succédées par une œuvre de Brahm : l’Ouverture académique et la Symphonie en mi mineur de Brahms.

Marc-André Hamelin : Ah ! Je ne connaissais pas le reste du programme, mais c’est génial.

PAN M 360 : Revenons donc à Liszt, dont le premier concerto pour piano et orchestre a été créé en 1855, et le deuxième en 1861.

Marc-André Hamelin : Le n°2 , cependant, avait été composé beaucoup plus tôt, soit dans les années 1840, mais il ne fut finalement publié qu’en 1861.

PAN M 360 : Alors, comment abordez-vous ces œuvres ? Vous les avez jouées si souvent et ce dans différents contextes!

Marc-André Hamelin : C’est très difficile d’être objectif avec ces œuvres parce que je les connais littéralement depuis que je suis petit garçon. Elles ont toujours fait partie de ma vie, il est donc peut-être un peu difficile de les évaluer même si si j’essaie de prendre du recul. Il est quand même assez aisé de constater que ce sont des œuvres qui ont grandement innové la forme du concerto traditionnel que l’on connaît à ce jour. Ces œuvres sont conçues en plusieurs parties, mais ininterrompues dans l’exécution. On peut les analyser comme on veut, il y a beaucoup de débats là-dessus, mais c’est quand même assez extraordinaire parce que je ne pense pas qu’on n’avait vu une telle forme continue auparavant.

PAN M 360 : Effectivement, ces fondus enchaînés, c‘était une pratique innovante à l’époque.

Marc-André Hamelin : Et c’est l’une des nombreuses innovations de Liszt, bien au-delà du poème symphonique qu’on lui doit également. Ses explorations harmoniques et formelles ont véritablement ouvert la voie à la musique du XXe siècle. Rien de moins. En fait, je pense que ceux qui critiquent Liszt le connaissent à peine. Ils devraient plutôt réaliser son importance! Oui, c’est vrai qu’il y a composé beaucoup de pièces flamboyantes et peut-être un peu gratuites, j’en conviens, mais il était un architecte musical hors du commun. Son sens des proportions en termes de construction des notes, c’était phénoménal. Il fut extrêmement prolifique.

PAN M 360 : Maintenant, si nous prenons le Concerto no 2 de Liszt, comment le distinguez-vous du no 1 ?

Marc-André Hamelin : C’est une forme encore plus difficile à découper que le no 1, car en fait elle est découpée en plusieurs épisodes qui se succèdent toujours. Cette fois il n’y a pas de pause comme il y en a une dans le no 1, surtout entre le premier et le deuxième mouvement, ils se succèdent complètement. Mais c’est une œuvre qui, comme la première, transforme des thèmes fondamentaux, mais qui les transforme d’une manière absolument presque méconnaissable. Si on reprend le thème du début, on l’entend plus tard, mais sous un rythme différent, un caractère différent, et cela contribue à apporter une unité.

PAN M 360 : Puisque vous avez tant écouté et tant joué ces œuvres, comment ont-elles évolué en vous, en tant qu’interprète ?

Marc-André Hamelin : Le premier concerto est un peu plus dynamique que le deuxième, peut-être un peu plus apaisé si on l’observe globalement. Le premier concerto est surtout traité comme un grand exercice de virtuosité, et d’ailleurs il est souvent joué trop vite. Pour parler franchement, c’est un morceau qui contient bien plus que ça, et si tu prends le temps d’exprimer les choses, je pense que la musique peut te combler encore davantage.

PAN M 360 : Vous avez évidemment joué ces œuvres avec différents orchestres et vous avez une relation spéciale avec l’Orchestre Métropolitain. Comment voir les qualités spécifiques que vous avez ressenties lorsque vous interprétiez ces deux œuvres avec différents orchestres ?

Marc-André Hamelin : C’est un peu difficile à dire, car je n’ai pas joué ces œuvres depuis quelques années déjà. De nos jours j’ai plutôt tendance à jouer du Mozart, Brahms ou Beethoven, mais Liszt, beaucoup moins souvent. C’est donc un peu difficile à se remémorer, mais je peux vous dire une chose qui est très certaine, c’est qu’à chaque fois que je reviens à l’Orchestre Métropolitain, c’est toujours un grand plaisir, car je ressens une grande amitié avec Yannick. Il a cette façon d’être qui me fait croire que je suis la personne la plus importante au monde.

PAN M 360 : Oui, il est si bienveillant.

Marc-André Hamelin : On voit encore ça avec d’autres musiciens, certes, mais avec lui, c’est très, très, très réconfortant. Il est toujours très réceptif à ce que je fais, et il respecte beaucoup mes idées, ce qui m’amène à respecter les siennes. C’est donc un travail qui va dans les deux sens, ce qui est en fait très généreux. J’apprécie vraiment !

PAN M 360 : Et comment cela se manifeste-t-il ?

Marc-André Hamelin : Vous savez, la plupart des échanges d’idées se font de manière non verbale. Nous faisons vraiment cela avec la musique. Nos exigences et nos envies sont « verbalisées » musicalement, sans ne rien avoir à dire. Certains appellent ça de la télépathie, et quand ça se passe de cette façon c’est vraiment génial. C’est un high, un sentiment inégalé.

PAN M 360 : Évidemment vous êtes Québécois et, même si vous ne vivez pas au Québec depuis très longtemps, vous avez alimenté des liens avec les meilleurs musiciens et vous y revenez régulièrement, en tant que soliste.

Marc-André Hamelin : Oui j’aime toujours y rentrer et je ne veux surtout pas comparer mes engagements.

PAN M 360 : Avec raison, ce serait inutile.

Marc-André Hamelin : L’objectif est de tirer le meilleur parti de chaque contexte. Nous nous adaptons du mieux que nous pouvons, et la plupart du temps, nous constatons que nous pouvons tous et toutes nous entendre facilement.

PAN M 360 : Le piano est un instrument vraiment propice à une grande longévité, car on voit des pianistes qui maintiennent de hauts standards à un âge avancé.

Marc-André Hamelin : Oui c’est vrai.

PAN M 360 : Que ressentez-vous avec l’âge qui avance lentement et sûrement ? Comment votre jeu évolue-t-il ? Comment vous sentez-vous physiquement avec le temps ?

Marc-André Hamelin : Ça se passe toujours bien. Je n’ai jamais eu de blessures, cela ne m’est jamais vraiment arrivé. Je suis déjà passé proche de me blesser, mais ça fait longtemps. A cette époque, je faisais du répertoire et je me posais beaucoup de questions sur ma condition physique. Aujourd’hui je demeure pruden, je prends le temps de me reposer, je m’éloigne de l’instrument pendant un moment et puis j’y reviens.

PAN M 360 : Depuis les années 2010, vous vous êtes libéré de l’image que vous projetiez auparavant, c’est-à-dire un interprète capable de jouer les œuvres les plus difficiles et les plus complexes, au détriment du reste du répertoire.

Marc-André Hamelin : Il y avait une raison à cela! Et cela n’est pas vraiment disparu.

Je suis toujours, d’une certaine manière, attiré par le type d’écriture pour piano qui est assez orchestrale, contrapuntique, bouleversante. Et cela signifiait souvent que ces pièces étaient difficiles. Mais la musique en elle-même m’intéresse, bien au-delà des défis techniques qui se posent.J’ai donc fait tout ce que j’ai pu pour en réussir les interprétations. Mais maintenant, bon, j’ai fait ces pièces, je les fais encore mais ça m’est moins nécessaire, depuis que j’ai vraiment commencé à jouer des compositions comme celles de Schubert que j’adore. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

PAN M 360 : Nous vous joignons à Seattle, ce qui est complètement différent.

Marc-André Hamelin : Je joue ce week-end au Seattle Chamber Music Festival dirigé par le violoniste canadien James Ehnes. Dans deux ou trois heures, on va faire le Quintette avec piano de Joseph Suk avec James Hanne, un joyau de la musique classique.

PAN M 360 : Et vos prochains projets?

Marc-André Hamelin : Trois disques qui ont été enregistrés et vont sortir… Le premier en octobre des sonates de Beethoven, un autre avec le Quatuor Taccas pour les quintettes de Dvorak et Florence Price. Et puis j’ai fait disque solo intitulé Mixtape où je joue notamment des œuvres de John Oswald, de Frank Zappa ou une de moi-même. Je devrais fort possiblement jouer ces œuvres la saison prochaine.

PAN M 360 : Mmm! Parlez-nous de votre attirance pour cette pièce de Zappa!

Marc-André Hamelin : C’est sa seule pièce pour piano, composée à l’origine pour Synclavier. Un de ses assistants l’avait transcrite pour 2 pianos ou pour un piano à 4 mains. On a ensuite convenu que la partition était également jouable à deux mains, par un seul interprète, bien sûre avec un peu de difficulté.

PAN M 360 : Bonne fin de séjour à Seattle et bienvenue au Québec!

Marc-André Hamelin : Merci Alain, à bientôt.

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Deux festivals lanaudois qui se côtoient depuis une trentaine d’années vont se retrouver le 24 juillet alors que celui de Lanaudière (classique) rendra hommage à Mémoire et Racines (trad). C’est avec les retrouvailles toujours appréciées de l’ensemble La nef avec les Charbonniers (amputés du qualificatif ‘’de l’enfer’’ depuis le décès de Jean-Claude Mirandette en 2019) que s’exprimera ce lever de chapeau très apprécié de Michel Faubert, autre membre des Charbonniers, et icône de la musique trad au Québec. 

 ‘’C’est une belle avancée’’ clame le chanteur et raconteur hors pair. Nous on se bat pour abattre les cloisons entre les genres. On le sait depuis longtemps qu’il y a de fructueux échanges entre le classique et le trad, ou le folklore. Pensez à Bartok et Stravinsky! Pis ça montre bien que le Festival de Lanaudière n’est pas embarré dans une vision étroite. En même temps, je suis un défenseur de la nécessité d’avoir de bons événements de musique classique! Mais pouvoir se rencontrer, c’est tellement enrichissant.

On doit soutenir toutes les musiques différentes de la consommation de masse. Je suis pour le classique, pour le métal, le jazz, le trad! La musique pour les mélomanes. Je ne suis pas fervent de musique pour les gens qui n’aiment pas la musique…

  • Michel Faubert

Sean Dagher poursuit en disant que ça montre bien à quel point les musiciens classiques sont ouverts. Plusieurs pensent encore qu’ils sont enfermés dans leur pratique, mais en vérité ils écoutent la radio eux aussi, ils ne vivent pas sous une roche! Ils sont ouverts aux autres musiques’

La traverse miraculeuse, du Québec à la France

La soirée sera l’occasion de revisiter la Traverse miraculeuse, concert/album qui a d’abord vu le jour grâce à une idée de deux réalisateurs de Radio-Canada en 2006 (Ah, l’époque où le diffuseur public jouait encore son véritable rôle culturel…. Les Charbonniers et La Nef largueront à nouveau les amarres pour raconter cette histoire de traversée de l’île-aux-Coudres vers Québec, rescapée miraculeusement du désastre suite, dit-on, aux prières des membres de l’équipage. L’idée, d’abord initiée par et pour Radio-Canada, est devenue album en 2008, mais aussi un concert le temps d’une soirée à Montréal Baroque. Puis, il a fallu attendre une dizaine d’années avant que cette belle aventure ne se retrouve à nouveau sur scène et se mette à voyager un tant soit peu. Pourquoi tant de temps? Fouille-moi, dit Faubert. Je ne m’en souviens pas. Mais chaque fois qu’on la joue, on se dit que c’est peut-être la dernière fois. C’est ça qui est beau. Ça devient un peu magique. On se retrouve tout le temps avec beaucoup de plaisir. Et puis, y’a rien d’autre qui ressemble à ça!’’ Sean Dagher, de La Nef, se rappelle que ça n’avait jamais été prévu pour être un spectacle, mais que finalement, On s’est laissé emporter par la vague

C’est un concept qui s’est même exporté jusqu’en France, au Festival de Chant de Marin de Paimpol. Parmi les meilleurs moments de ma carrière, me dit Dagher. Dans la cafétéria des artistes, ça chantait tout le temps! Autant que sur scène! Une immersion totale. Et pour le spectacle, on jouait sur un bateau amarré, avec les spectateurs sur le quai.

Admiration mutuelle

Un ensemble classique et un ensemble trad, au départ, ça doit apprendre comment communiquer dans des langages techniques différents. Au final, on s’apprivoise mutuellement. J’imagine que ça développe des liens et une intimité particulière, au-delà des différences. Je demande à l’un et l’autre ce que chaque ensemble aime de l’autre. Dagher débute : Nous à la Nef, nous sommes particulièrement impressionnés par la communication qui se fait entre les Charbonniers, comment ils lancent les chants, comment ils dévient, ils décomptent, en parfaite synchronie et dans des harmonies riches et complexes. Tout cela de mémoire! Et puis, on leur montrait les arrangements, ils regardaient les partitions une fois, puis ils l’avaient mémorisée, intériorisée! C’est vraiment impressionnant.

Faubert : 

Nous, ce qu’on aime beaucoup de La Nef, c’est la capacité d’adaptation que ses membres ont démontrée. Et puis quelle assurance technique! Ils sont tellement pros, tellement s’a coche. Ils apportent des sonorités différentes et magnifiques à ce qu’on fait, Chalumeau, cistre, violoncelle. C’est très beau. 

L’importance de Mémoire et Racines

Cet hommage est possible, en quelque sorte, parce que le festival Mémoire et Racines a su affirmer sa présence dans le paysage musical québécois. Son importance a été de stimuler la création d’autres rencontres du genre par la suite, chacune avec sa personnalité. Il fut un temps, rappelle Michel Faubert, où il n’y avait rien de ce genre au Québec. Les artistes allaient aux États-Unis, au Canada anglais et en Europe, mais revenaient ici et constataient l’absence d’événements semblables consacrés au trad. C’est là que le festival est apparu et à donné de l’oxygène au milieu. 

J’en ai passé des beaux moments ici! Michel Faubert se rappelle des éditions où plusieurs familles de la région (Lanaudière fourmille de musiciens trad amateurs) chantaient spontanément sur le site. Les Cantin, les Riopelle…. Maintenant, l’offre s’est multipliée. Il y a les chants de marin (Saint-Jean-Port-Joli), les chants de vielles (Saint-Antoine-de-Richelieu), et bien d’autres. Mais Mémoire et Racines demeure le principal et celui qui ressemble le plus aux festivals de type étatsunien, avec un large éventail de styles.

L’avenir, entre optimisme et interrogations

Un état des lieux positif pour Sean Dagher qui est optimiste sur l’avenir de la pratique. Ma fille de 19 ans va à des sessions de jam trad plusieurs fois par semaine, et beaucoup de jeunes de son âge s’y retrouvent. Je suis peut-être naïf, mais je pense que le trad est dans une bonne position au Québec.

Et pour Les Charbonniers? Quid de l’avenir? Les braises du charbon sont plutôt tièdes, avoue Michel Faubert. Il n’y a pas de projets dans l’air et la question est ouverte à savoir si l’ensemble continuera à exister. Une réflexion s’impose et je ne peux pas répondre pour les autres membres. 

Voilà une raison puissante de ne pas rater le concert du 24 juillet prochain à Joliette. 

DÉTAILS ET BILLETS

Aux côtés de tous chanteurs ou chanteuses, le pianiste- accompagnateur, ou coach vocal, est un compagnon de route indispensable tant dans le parcours académique que dans la vie professionnelle. Interprètes devant maîtriser non seulement une technique pianistique robuste et une capacité de lecture efficace, les pianistes se spécialisant en accompagnement vocal doivent entre autres également se familiariser avec le répertoire, les textes et les langues opératiques.

Dans le cadre du Festival d’art vocal de Montréal, Alexandre Villemaire a discuté avec Francis Perron, coach vocal et pianiste accompagnateur au sein du corps enseignant de l’Institut canadien d’art vocal (IVAC) pour en apprendre sur ce métier et la formation qui est donnée tant aux jeunes interprètes lyriques qu’aux jeunes pianistes.

CONSULTER LA PROGRAMMATION DU FESTIVAL D’ART VOCAL DE MONTRÉAL

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Convertie au konpa après avoir emprunté différents styles, Rutshelle Guillaume est aujourd’hui une superstar de la créolophonie et des espaces culturels afro-descendants. Ses succès en Afrique, en Europe et en Amérique mènent à croire qu’elle déborde d’ores et déjà son marché naturel. Pur produit de Port-au-Prince, bien qu’elle réside actuellement en Floride pour des raisons que l’on devine, la nouvelle reine du konpa s’apprête à donner le grand spectacle de clôture des Nuits d’Afrique et s’attirer des milliers de nouveaux fans, au-delà de sa base déjà considérable. Au pied de la grande scène du Festival, la soirée dominicale sera chaude et haïtienne ! Ce qui justifie totalement cette interview de Rutshelle Guillaume par Alain Brunet pour PAN M 360.

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Sous le leadership de Pierre Kwenders, DJ San Farafina et Hervé « Coltan » Kalongo, le collectif Moonshine a connu une décennie d’expériences passionnantes, dont le Club Sagacité. Né en 2020 au Parc-Ex cet space de création et de diffusion artistique est au service des minorités visibles et des milieux défavorisés. Ainsi, 4 artistes du Club Sagacité s’exprimeront ce vendredi 19 juillet au Fairmount. Moonshine s’inspire de toutes les tendances afro-descendantes : koupé-décalé, kuduro, batida, gqom, amapiano, raptor house et autres grooves afro-électroniques. Les soirées Moonshine sont depuis longtemps une tradition en dehors de Montréal, tant en Occident qu’en Afrique. Pour le Festival International Nuits d’Afrique, DJ San Sarafina partagera la scène avec de nouvelles sensations : Mopao Mumu, Ms Baby et Fanella.

C’est pourquoi Alain Brunet a réalisé cet entretien en anglais avec Farah, alias DJ San Farafina. Pour PAN M 360, bien sûr.

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