Le 24 août aura lieu à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières le spectacle-expérience À coucher dehors, réunissant une brochette d’artistes de tous horizons pour donner une voie au phénomène grandissant de l’itinérance et participer à conscientiser le public sur cette réalité. Imaginé et dirigé par Jeannot Bournival, la deuxième édition verra Guylaine Tanguay, Lynda Lemay, Koriass, Tire Le Coyote et Stéphan Archambault fouler ses planches en plus de présenter des témoignages, des projections et des photographies pour rendre la soirée plus immersive et sensorielle. On a attrapé Jeannot entre deux répétitions pour lui poser quelques questions sur ce projet plus que pertinent.

PAN M 360: Le spectacle À coucher dehors en est à sa deuxième édition, d’où t’est venue l’idée de donner une voix à l’itinérance sur scène?

Jeannot Bournival : C’est une idée collective et évolutive. C’est parti au départ d’un projet de poésie, porté par Point de Rue, pour lequel plusieurs artistes avaient produit des textes (Philippe Brach, Gaudreault, moi, etc) qui allaient être mélangés à ceux des personnes en situation d’itinérance dans un recueil. Et ce projet-là a vraiment aidé à sensibiliser et à rapprocher les gens, avec des thématiques qui étaient en lien avec cette réalité. Et ça ça m’a marqué parce que moi j’ai pas grandi dans une famille riche, on mangeait ce qu’on nous donnait, et ça m’a laissé cette envie-là de prendre soin si on veut. Ensuite, quelques années plus tard, j’aidais un ami à organiser « Noël dans l’parc » et il mouillait cette soirée-là quelque chose de terrible alors tout le monde était détrempé et le parc s’était vidé….sauf pour les gens en situation d’itinérance qui eux étaient restés. Et j’ai passé la soirée avec eux, j’étais dans une passe un peu difficile, et ça a été une soirée merveilleuse vraiment inclusive et quand je suis rentré à l’hôtel, j’avais envie d’en emmener avec moi tsé alors c’est là que j’me suis dit que je voulais aider, participer à améliorer cette situation. Donc c’est à partir de ce moment-là que j’ai contacté mon ami chez Point de Rue pour m’asseoir avec lui et proposer quelques pistes pour aider (reportage-photo, documentaire, etc) et c’est là qu’il m’a confié qu’il y a une dizaine d’Années, ils avaient organisé un petit show pour venir en aide et ça avait quand même bien marché. J’ai décidé de reprendre ce concept-là en y ajoutant les autres médiums artistiques et en invitant d’autres artistes à se joindre à la cause. C’est là qu’est né À coucher dehors.

PAN M 360 : Il y a d’ailleurs des personnes en situation d’itinérance qui sont employés dans le cadre du spectacle ?

Jeannot Bournival : Oui complètement! J’ai de gens qui viennent à moi, qui me contactent, pour me dire qu’ils ont envie de s’impliquer. Par exemple, j’ai tenu une émission de radio qui s‘appelait « Les nouvelles de la rue » où j’apportais leurs mots, et aussi parfois des extraits de conversations à l’auditoire et un matin j’arrive et il y avait quelqu’un qui m’attendait à Radio-Canada pour me parler. L’itinérance c’est large, c’est tentaculaire. Y’a le suicide, la dépression, les dépendances, les maladies mentales, toutes les ruptures sociales…et c’est là que l’organisme aussi devient un beau soutien pour aider à les intégrer de la bonne manière ou d’un façon qui leur convient. Et en plus, les gens ont la possibilité d’acheter un billet pour faire passer une soirée VIP à une personne vulnérable et on est rendus à 545 billets en ce moment juste pour eux alors ça c’est merveilleux.

PAN M 360 : Est-ce que, par le biais du projet, vous avez pu apporter des améliorations et/ou des changements positifs dans la qualité de vie de certaines personnes au prise avec des défis d’intégration sociale?

Jeannot Bournival : Oui complètement! Ce projet-là les valorise au bout et pour certains d’entre eux, c’est la première fois qu’ils ont le sentiment d’être valides. Je me suis fait beaucoup d’amis dans le cadre de cette initiative et il y en a beaucoup qui gardent contact avec moi, qui m’écrivent, me disent qu’ils ont arrêté de consommer ou qui me font des promesses et les tiennent. Et même pas seulement des gens de la rue, il y a une intervenante sociale qui est venue voir le spectacle avec ses parents qui n’avait jamais cautionné son choix de  carrière et quand ils sont ressortis de la salle, ils avaient compris le travail de leur fille et en était fiers. Il y a des dirigeants qui sont sortis du spectacle en disant « Je pourrai plus diriger de la même façon ». C’est à tous les niveaux que ce spectacle-là permet de se rapprocher les uns des autres.


PAN M 360 : Vous proposez plus que des performances musicales : musique, poésie, photographie et témoignages sont également au rendez-vous, rendant le spectacle plus immersif et sensoriel. J’imagine que les différents médiums aident à rendre palpable cette réalité qui ne leur est pas toujours connu/familière?

Jeannot Bournival : Complètement, c’est tous des médiums de valorisation. Avec la photographie on fige une émotion ou un contexte de manière graphique, ensuite les extraits vidéos et les témoignages viennent expliquer et sensibiliser sur leurs réalités, les poèmes écrits par eux qui se retrouvent dans la bouche d’artistes reconnus leur donnent une voie ans les exposer au stress de la performance…c’est un tout qui agit comme catalyseur de conscientisation et de valorisation.

PAN M 360 : Il est rare de pouvoir apprécier autant d’artistes québécois aux styles différents lors d’un même évènement : Guylaine Tanguay, Tire Le Coyote, Lynda Lemay, Koriass et Stéphane Archambault. Comment as-tu élaboré ce pot-pourri diversifié?

Jeannot Bournival : Je fonctionne par collage comme ça depuis la création de l’évènement, en essayant d’être le plus inclusif possible. Comme ça fait longtemps que je fais de la musique, j’ai été artiste de soutien beaucoup et ça m’A fait rencontrer beaucoup de monde donc ensuite quand vient le temps de penser à des gens pour rejoindre cette belle cause-là, ça se fait un peu naturellement. Guylaine je la connaissais déjà avec son grand cœur, Koriass est un excellent porteur de parole qui ne l’a pas eu facile non plus, Stéphane Archambault j’avais travaillé avec lui par le biais de Mes Aieux, Lynda je l’avais rencontré il y a 15-20 ans en Suisse à parler d’humanisme et Tire Le Coyote je le voulais pas vraiment (rires) mais c’est un bon ami alors j’avais pas le choix de l’inviter haha! En plus ça fait un soirée qui peut rejoindre n’importe quelle génération, n’importe quel style : on passe du folk-country au rap keb donc tout le monde y trouve son compte! Et ça nous donne l’opportunité de créer de belles rencontres artistiques qui nous surprennent! (Cette année on a un duo improbable magnifique entre Guylaine Tanguay et Koriass par exemple)


PAN M 360 : Qui sont les artistes visuels photos et/ou de projections qui sont impliqués dans le spectacle?

Jeannot Bournival : Au niveau des projections, c’est un graphiste-dessinateur de Québec qui s’appelle Simon Giguère qui s‘est occupé des animations. Pour les vidéos des gens de la rue, ça a été capté par Yoan Robert et les photographies sont de moi.

PAN M 360 : Est-ce qu’on peut s‘attendre à une troisième édition en 2026? À voir le concept se promener au Québec?

Jeannot Bournival : Il y aura définitivement une troisième édition et on aimerait ça commencer peut-être à bouger le spectacle chaque année. Peut-être que l’an prochain ce serait dans une autre ville que Trois-Rivières mais ça prend quand même une grosse année de concevoir le show, de parler et de connecter avec tous les gens donc on s’en tient à un show annuel, mais qui bougera dans un futur proche!

https://www.amphitheatrecogeco.com/spectacles/a-coucher-dehors-2025

Cette fois invitée à accompagner visuellement des artistes de la musique plutôt que de générer la sienne à travers ses objets et installations de réputation internationale, la Montréalaise Myriam Boucher porte une légèreté profonde à son travail. Sensibilité accrue et laisser-aller. Sa description d’une performance ressemble plutôt à une pratique méditative de pleine conscience où l’improvisation et l’écoute précèdent toute préparation. Elle attribue cette approche en partie à sa pratique en écologie sonore, et qu’après toutes ces années de pratique, l’adaptation et la collaboration restent au cœur de son art. 

Dans cette interview, Myriam Boucher nous parle de ses différentes pratiques artistiques et comment celles-ci s’influencent les unes les autres, mais surtout nous dévoile-t-elle une philosophie de l’art vivant et un guide sur la collaboration entre artistes musiciens et visuels.

En parlant des performances à venir, elle nous prépare à une rupture de nos attentes. C’est la magie de l’improvisation qu’évoque Myriam Boucher: en ne sachant pas ce qui va se produire, on l’attend en piaffant d’une impatience accrue ! Une raison de plus d’assister à ce premier Nocturne. Car bien que ce ne soit que le début de la série, cela ne se produira qu’une seule fois.

PAN M 360: Comment te sens-tu de revenir jouer à Mutek cette année?

Myriam Boucher: Cette scène-là, pour moi, c’est un peu comme jouer en famille. Ce sont des gens qu’on revoit d’année en année et qui travaillent vraiment pour la communauté en respectant le travail des artistes. C’est un contexte qui se veut très accueillant.

PAN M 360: L’an dernier, tu y as participé trois fois en tant que VJ et artiste. Cette année encore, tu travailles avec trois artistes de styles variés, dans deux espaces différents. Que retiens-tu de tes expériences et comment te prépares-tu aux prochaines?

Myriam Boucher: J’apprends tout le temps. Ça fait quand même plusieurs fois que je joue dans ces espaces-là, mais chaque fois, la musique est différente. Ma façon de jouer et d’utiliser l’espace est elle aussi totalement différente.

Ce qu’on apprend, c’est qu’il faut toujours s’adapter, faire comme si c’était la première fois qu’on jouait. Parce qu’on peut devenir aussi un petit peu trop à l’aise de jouer dans des espaces plusieurs fois. On peut perdre l’écoute.

Chaque année, Mutek propose une nouvelle scénographie assez impressionnante, donc je m’adapte. Par exemple au Théâtre Maisonneuve pour le A/Visions, c’est une scène à l’italienne. Je trouve que ces salles-là ont beaucoup de vide, la scène est grande, l’écran est loin, les gens sont assis, il y a beaucoup d’espace. Ça va être intéressant de travailler avec l’éclairagiste, autant sur les couleurs que sur le style pour comprendre comment remplir cet espace.

Puis je joue avec trois sets de musiciens  exceptionnels dont la présence va être très forte – Yu Su dans Nocturne 1, Shackleton+Waclaw Zimpel+ Siddartha Belmannu dans A/Visions 2 et Kyle Hall dans Nocturne3.  Donc l’idée c’est de ne pas faire une tapisserie sur un écran derrière, mais vraiment d’envelopper leur présence.

PAN M 360:  Dans ta pratique, l’écoute semble donc centrale. En amont, pour discuter avec les éclairagistes et comprendre l’espace, et sur scène, pour écouter la musique des artistes invités. Tu as aussi une pratique en écologie sonore axée sur l’écoute. Y a-t-il des liens entre ces deux pratiques qui t’aident à mieux t’adapter à l’espace et aux artistes qui l’occupent?

Myriam Boucher: J’adore ce lien que tu soulignes parce que c’est vraiment au cœur de ce que je fais. Dans l’écologie sonore, souvent la première chose à laquelle on va penser, c’est de travailler avec des enregistrements de terrain et des paysages. C’est une partie des artistes qui font ça mais ce n’est pas seulement ça. Personnellement, j’aborde vraiment plus l’écologie sonore comme une écoute, mais  aussi comme un espace relationnel.

La pratique de VJ est quand même très axée sur l’improvisation et dans l’improvisation il faut être très à l’écoute; non seulement l’écoute de la musique mais aussi de tout ce qui se passe autour de nous: l’ambiance, l’énergie du public, l’éclairage. On pourrait dire qu’il y a beaucoup de parallèles à faire avec l’écologie du son en ce sens. C’est quelque chose que j’aime parce que je suis dans le moment présent pendant toute la performance, tout le temps en train de réagir.

PAN M 360: Tu joues dans des festivals un peu partout dans le monde. J’imagine que le contexte du public et de l’ambiance varie beaucoup de scène en scène. Est-ce qu’il y a une préparation à ce niveau pour apprivoiser l’espace?

Myriam Boucher: Quand je suis en train de composer, que ce soit des visuels ou de la musique, je pense pas du tout à ces choses-là. Même si on compose quand même en disant qu’on va le partager un moment avec du monde, je vais  suivre mon intuition en premier lieu.

Une fois sur place, quand on va dans des festivals, surtout à l’étranger, on sait un petit peu moins à quoi s’attendre. C’est peut être la première fois qu’on va aller jouer là. Dans ces cas-là je vais m’imprégner de tout. Je vais faire des séances d’immersion du lieu, de la ville et de ses gens et de l’énergie globale. Je vais aller voir plein de shows pour vraiment me laisser imprégner puis intégrer tous ces éléments-là que j’ai vécus du lieu, dans mon set. Ça m’influence énormément.

PAN M 360: Dans ta préparation, comment abordes-tu la collaboration? As-tu développé un vocabulaire ou un rythme de travail qui facilite ces échanges?

Myriam Boucher : Je vais toujours demander quelle est  l’essence de la musique, qu’est-ce que ça signifie pour la personne qui la fait. J’ai fait beaucoup de collaborations avec des gens qui chantent, sans nécessairement en comprendre les paroles, donc je me demande “qu’est-ce que la musique signifie pour la personne? Quelles sont les émotions, quelle est l’ambiance?”

Parfois, la musique peut être super intense mais les émotions qui la portent sont vraiment méditatives ou contemplatives, même si c’est de la techno par exemple. Ça c’est vraiment un échange que je vais toujours avoir avec les artistes. Habituellement, il y a une confiance qui s’installe, j’ai pas mal carte blanche. Mais les couleurs, textures, émotions, le flow, c’est vraiment des mots-clés qui guident mon processus créatif.

PAN M 360: Quelle liberté t’accordes-tu en montant sur scène pour y improviser? 

Myriam Boucher:  100%. Je prépare des visuels, mais cinq minutes avant je peux décider d’utiliser autre chose. J’ai toujours un disque dur avec plein de matériel. Je peux me dire « Cette vidéo est bonne, celle-là finalement non », et aller piger dans ma banque selon le moment.

J’ai ma banque toujours pas loin pour plus de visuels. Je peux changer beaucoup de choses en live, mais il y a quand même une grande préparation en amont, comme je te l’ai mentionné. Je me réserve la possibilité de changer de direction si je le ressens pas. C’est vraiment intuitif, dans le moment présent. Rendu là, il y a comme une espèce de lâcher-prise, en tout cas, que j’ai décidé d’avoir dans ma pratique. Je me dis qu’il est trop tard pour me stresser avec ça, il faut juste que j’en profite.

PAN M 360: Dans ta pratique personnelle en tant que musicienne et artiste audiovisuelle, je me demande comment cette approche intuitive se manifeste. Par exemple, une de tes œuvres, Littoral, combine musique et technologie dans un concept assez robuste. Comment trouves-tu le juste milieu entre une expérience sensible et un discours plus intellectuel ou plus politique ?

Myriam Boucher: C’est une super bonne question, parce que j’ai une approche pas mal 100% sensible. En cela je veux dire que ma démarche n’est pas du tout intellectuelle ou réfléchie ou conceptuelle. Je ne vais jamais penser à ce que je vais faire avant une performance. Je ne sais jamais ce que je vais faire. Mais une fois que je me laisse aller dans le son, dans l’image je vais devenir souvent obsédée par quelque chose qui était sûrement là avant, depuis longtemps, mais qui n’était pas nécessairement assumé ou réfléchi.

Récemment, je me suis acheté un nouveau module de synthétiseur et je me suis rendue jusqu’à à produire des sons de cigales. Tout de suite, ça a déclenché plein de souvenirs de paysages parce que je viens de la campagne. J’ai commencé à être obsédée par ces sons-là, ça a duré des années! Et, finalement, j’ai fait une performance avec ça. Mais tout ça pour dire qu’aux débuts c’est assez intuitif.

Cette année marque la dixième année depuis que Myriam Boucher a présenté pour la première fois à MUTEK en 2015. Elle y présentera à 3 différentes occasions en tant que VJ au Nocturnes pour Yu Su, Kyle Hall et pour la collaboration bien attendue entre Shackleton & Waclaw Zimpel et Siddhartha Belmannu au A/VISIONS 2. Vous pouvez voir plus de ses oeuvres sur son site web: https://www.myriamboucher.com

Publicité panam

Clarinettiste enclin au jazz et aux musiques de création, multi-instrumentiste et compositeur numérique, le Polonais Waclaw Zimpel se produit à deux reprises dans le contexte de MUTEK, soit aux côtés des très respectés producteurs britanniques Sam Shackleton et James Holden avec qui il a enregistré des projets communs et dont les relectures sur scène sont très attendues à Montréal. Improvisation libre, inclusion de musiques classiques indiennes et jeu d’instruments acoustiques (surtout la clarinette) s’invitent dans la créativité numérique que valorise MUTEK comme on le sait. Alain Brunet l’a joint virtuellement en Pologne, soit dans son studio à la veille de son départ pour MTL. Écoutez attentivement les musiques de ces projets et, bien sûr, cette conversation vidéo (en anglais)avant de vous rendre l’entendre à MUTEK.

CE MARDI À NOCTURNE 1 AVEC JAMES HOLDEN

CE SAMEDI À A/VISIONS2 AVEC SAM SHACKLETON ET SIDDARTHA BELMANNU

On n’ira pas par quatre chemins, passons aux choses sérieuses, c’est-à-dire tirer les vers des oreilles de Vincent Lemieux, qui a partagé la tâche de la programmation du 26e MUTEK avec Marie-Laure Saidani et Alain Mongeau.

Valentina Magaletti, Kevin Saunderson, Sam Shackleton, Nicola Cruz et autres Topdown Dialectic sont parmi les archi musts ! On ne fera pas toute la liste d’épicerie de l’événement prévu du mardi 19 août au dimanche 24, mais la liste ici dressée peut aisément vous nourrir pour une semaine de musique et de créativité numérique. À lire attentivement !

PAN M 360 : Ton combientième MUTEK ?

Vincent Lemieux : Mon vingt-cinquième! En fait, la première année, j’y vendais des billets. J’avais alors rencontré Alain (Mongeau), et j’ai commencé à travailler à la programmation la deuxième année.

PAN M 360: Y a-t-il un angle de programmation cette année ?

Vincent Lemieux : Après un 25e anniversaire, nous essayons simplement de bien faire notre travail. On touche du bois car nos statistiques nous disent qu’on aura autant d’affluence que l’année précédente. Nous essayons de rester sur le même élan que l’an dernier, donc.

PAN M 360 : Et ça continue! Alors ne nous perdons pas en conjectures! Essayons de dégager les must absolus de cette programmation. On t’écoute!

Vincent Lemieux : Parmi les artistes phares cette année, Valentina Magaletti fera trois performances cette année. Elle fait le set d’ouverture, elle fait aussi le projet Holy Tongue avec le producteur Al Wootton (anciennement connu sous le nom de Deadboy), le groupe et le bassiste et producteur japonais  Zongamin (Susumu Mukai). Valentina Magaletti travaille énormément, elle est très sollicitée, elle a plein de projets. Elle vit à Londres, elle a sorti l’album Estradas avec Nidia, une artiste portugaise. Et puis elle fait un show  mercredi avec Upsammy, une artiste hollandaise, dans Nocturne 2. Nous avons essayé de tirer le maximum de ses propositions car nous voulions l’avoir à MUTEK depuis quelques années déjà.

Nicola Cruz est un artiste qu’on invite régulièrement. Il donne aussi 3 performances dont une première mardi dehors sur L’Esplanade dans Expérience 1,  il joue ce mardi, donne une performance solo samedi dans Metropolis 2 et se retrouve plus tard en duo avec l’artiste coréenne Machina, ce dimanche à la SAT dans Nocturne 5. ils viennent de commencer à travailler ensemble, ils sont à leurs premiers sets.

Nous sommes très heureux d’avoir le projet e-Dancer de Kevin Saunderson, vendredi prochain en performance live à Metropolis 1, qui fera DJ en son nom jeudi à l’Esplanade tranquille pour Expérience 3, et qui se produira avec son fils Dantiez Saunderson pour le projet e-Dancer qu’il présente dans le monde depuis des années.  Nous avions contacté son agent, on a offert ce qu’on pouvait et l’agent a accepté car il trouvait que le contexte était très bon pour présenter ce spectacle précis, on en est extrêmement contents.

L’artiste montréalaise Gayance (Aïsha Vertus), qui vit actuellement au Portugal, présentera un premier set avec une formation complète à Mutek Montréal, ce vendredi à la SAT dans Nocturne 3. On en parlait depuis un moment avec elle, elle est maintenant prête à le faire pour une première année avec sept musiciens.nes.

Dans les incontournables, le Britannique Sam Shackleton donne deux performances cette année. Il fait d’abord une performance avec le clarinettiste et producteur polonais Waclaw Zimpel (qui joue aussi avec James Holden), et le chanteur indien Siddartha Belmannu, dans le contexte de la série A/Visions 2, idéal dans le contexte d’écoute est très bon au Théâtre Maisonneuve. Et Shackleton donnera son set solo dimanche soir à la SAT, dans le contexte de Nocturne 5.

Le plateau de A/Visions 2 samedi invite la Montréalaise Myriam Boucher pour étoffer la dimension visuelle de cette performance précise. Myriam Boucher aura le même mandat pour accompagner Yu Su à la SAT mercredi, dans le cadre de Nocturne 1 et montera sur scène dans Nocturne 3, jeudi également à la SAT.

Pour la soirée de clôture (Nocturne 5 à la SAT) , il y a aussi l’Américain Topdown Dialectic que j’attendais depuis longtemps.  L’album sorti en 2018 est assez spécial, tous les morceaux sont de cinq minutes. Je suis vraiment curieux d’entendre ça, l’artiste n’accorde aucune interview et ne dévoile pas son identité réelle,  il  offre plusieurs projets fascinants.

Le duo canadien Tush, (Kamilah Apong et Jamie Kidd) auquel se joindra une chanteuse, fait de la house assez mélodique, c’est très beau, et même Matthew Herbert a remixé un de leurs morceaux. Parmi les projets inconnus soumis à MUTEK, on l’a retenu.

À travers les soumissions, nous avons repéré Cleo Leigh, qui vient de Nouvelle-Écosse et qui s’est inscrite dans l’Incubateur, programme de mentorat de MUTEK, que notre collègue programmatrice Marie-Laure Saidani a initié.

De Vancouver, on a sélectionné  E + EO, Ensemble, ephemeral objects et IHA, un duo audiovisuel.

Dans le contexte d’Expérience 6, soit dimanche à l’Esplanade, nous avons invité notre chère amie montréalaise Salima Bouaraour (Shadya) et son collègue Samuel Ricciuti (Dog Bless You) qui forment le duo Safia Nihil et assurent la direction du label Kito.Kat.

Il y a aussi NikNak, une artiste afro britannique invitée à Nocturne 4, qui m’intrigue énormément. C’est Alain qui l’a vue dans un festival. C’est une artiste qui fait du platinisme et donc du scratching. Mais elle n’est pas hip-hop, elle est plutôt techno. Elle sera samedi à la SAT, dans le cadre de Nocturne 4.

Je pourrais en dire bien plus long mais je m’arrête avec ROLROLROL c’est le projet « naive computer jazz » du produceur hollandais Jameszoo, qui a enregistré sous le label Brainfeeder. C’est un mélange de house, avec de très bons claviers. Un coup de coeur!  

Publicité panam

Clarinette basse et saxophone solo de l’OSM, André Moisan se joint à des collègues improvisateurs pour un match d’improvisation musicale! Dans le contexte de la Virée classique, il se joint à la tromboniste Hélène Lemay, au guitariste Jimmy Lahaie ainsi qu’aux comédiens Emmanuelle Fadin, Marie-Lune Falardeau-Drolet, Julien Normand, William Bernaquez et (l’arbitre) Martin Racine. Ce dimanche midi, gratuit à la Virée!

Ce dimanche midi à l’Espace culturel George-Émile-Lapalme (GEL) de la Place des Arts

Publicité panam

L’année 2025 marque le 50ème anniversaire de l’Alliance chorale du Québec (ACQ). Pour l’occasion et dans l’esprit des grands rassemblements de chœurs, l’ACQ se joint à la programmation de la Virée classique de l’OSM pour faire vibrer de leurs voix multiples la passion du chant choral qui a été semé par l’alliance depuis un demi-siècle. Un projet d’envergure réunissant plus d’une centaine de choristes qui se retrouveront le 17 août pour deux prestations en après-midi où tant des œuvres du répertoire folklorique et populaire du Québec, de même que des incontournables du répertoire choral seront présentées et dirigées par le chef Simon Rivard accompagné de la pianiste Amélie Fortin. Pour parler de cet évènement et de cette célébration, Alexandre Villemaire s’est entretenu avec la directrice générale de l’ACQ, Roxanne Croteau.

Publicité panam

Encensée par la critique pour sa forte présence scénique, la profondeur de ses interprétations et son agilité vocale, la jeune mezzo-soprano écossaise Beth Taylor est de retour à Montréal pour présenter un programme double lors de l’édition 2025 de la Virée classique de l’OSM. Présente en janvier 2025 où elle avait interprété avec l’OSM des lieder d’Alma Mahler dans un concert où elle était mise à l’honneur aux côtés de la Symphonie nᵒ 6 de son mari Gustav, cette fois, suivant la thématique de la nature qui jalonne cette saison de la Virée classique, Beth Taylor propose deux programmes contrastants. En premier lieu, le samedi 16 août avec l’OSM et Rafael Payare, le cycle Sea Pictures d’Edward Elgar ; une poésie musicale mettant de l’avant les différentes natures de l’océan qui peut être aussi belle que dangereuse. Et puis le lendemain, le 17 août à la Cinquième salle de la Place des Arts, un récital de chant où, accompagnée au piano par Esther Gonthier, elle présentera un programme éclaté allant des mélodies françaises de Reynaldo Hahn aux lieder de Clara Schumann et Johannes Brahms en passant par les chants folkloriques de Benjamin Britten explorant à la fois les thèmes de l’amour et de la nature.

Avant ce mini marathon de concert, elle s’est entretue avec le collaborateur de PAN M 360 Alexandre Villemaire autour de ces programmes et de ce qu’ils représentent.

Crédits photo : Olivia Da Costa

Publicité panam

Lauréat du Concours de l’OSM en 2022, le pianiste canadien Godwin Friesen était venu d’abord des Praires à Montréal pour y faire sa maîtrise en interptétation (à l’UdeM), avec le succès qu’on lui connaît maintenant, bien qu’il soit encore considéré par le public comme un artiste émergent. Cette perception pourrait changer cette semaine, puisque le pianiste de concert se retrouve bien en vue dans trois programmes distincts de la Virée classique depuis mercredi. Deux œuvres symphoniques de Míkis Theodorákis, une de Dmitri Chostakovitch et une composition originale de son cru pour petit ensemble sont jouées à La Virée, soit au programme gratuit exécuté au pied du Stade olympique et deux autres en salle ce samedi 16 août, soit à 14h (programme intitulé Quatuor de Smetana: une vie en 4 mouvements) et à 20h30 (programme La Symphonie Pastorale de Beethoven). Pour PAN M 360, Alain Brunet a eu une charmante conversation avec Godwin Friesen.

Programme de 14h30, samedi, Cinquième Salle de le PdA

Artistes

Godwin Friesen, piano

Justin Saulnier, violon

Sydney Adedamola, violon

Sebastian Gonzalez Mora, alto

Sophie van der Sloot, violoncelle

Œuvres

Godwin FriesenPsaume 19 pour quatuor avec piano (11 m)

Dmitri Chostakovitch, Trio no 1, pour piano, violon et violoncelle (12 min)

Bedřich Smetana, Quatuor no 1 en mi mineur « de ma vie » (30 min)

Programme de 20h30, samedi, Maison symphonique

Artistes

Rafael Payare, chef d’orchestre

Timothy Hutchins, flûte

Godwin Friesen, piano

Œuvres

Míkis Theodorakis, Sinfonietta pour flûte, piano et orchestre à cordes (22 min)

Ludwig van Beethoven, Symphonie no 6 « Pastorale » (38 min)

photo: Antoine Saito pour l’OSM

Publicité panam

PAN M 360 s’entretient avec  Andrew Wan, premier violon de l’Orchestre symphonique de Montréal depuis plusieurs années maintenant, sous Kent Nagano et sous Rafael Payare, et qui, dans le contexte de la virée classique, nous cause  de son lien avec une oeuvre d’Astor Piazzolla inspirées de quatre saisons à Buenos Aires – et non pas celles de Vivaldi à Venise, bien qu’on en ressente l’évocation. L’oeuvre sera jouée ce samedi dans un programme gratuit de La Virée, composé également d’une autre oeuvre du compositeur norvégien de la période romantique, Edvard Grieg.

PAN M 360:  Aujourd’hui, Astor Piazzolla est admis dans le monde classique. Ses hybridations de tango moderne avec le jazz et la musique classique moderne ont séduit tant d’orchestres et sociétés de concert. Andrew, musicien classique de très haut niveau, quelle est votre  relation avec Piazzolla ?

Andrew Wan:  Depuis longtemps je joue Piazzolla ! Je l’ai fait avec l’OSM et aussi en petite formation comme soliste. La première fois que j’ai joué cette œuvre, c’était dans un orchestre de chambre à New York qui s’appelait International Stage Young Soloists, un orchestre de New York constitué de d’étudiants ou de jeunes professionnels. C’était mené par Hyo Kang, qui était professeur à Juilliard. 

Depuis 2006, j’ai joué plusieurs fois cette œuvre. À l’OSM, je l’ai jouée quelques fois,  on a enregistré une vidéo d’une saison pour une immersion virtuelle pendant la pandémie. 

PAN M 360 : Cette fois, il s’agit d’un ensemble différent.

Andrew Wan:  L’année dernière, on a eu l’idée de jouer un concert avec des jeunes professionnels. Notre direction de programmation m’avait demandé si je voulais interpréter les quatre saisons de Vivaldi. J’avais dit oui, je suis toujours content de jouer cette œuvre.

PAN M 360: Et vous avez monté un ensemble de jeunes pour ce faire et on vous a donné la responsabilité de diriger cet ensemble. Racontez !

Andrew Wan:  Je suis violon solo depuis 2008 à Montréal, j’ai aussi eu beaucoup de chance et cumulé beaucoup d’expérience à jouer comme soliste devant notre public. Pour moi, c’était une autre chance de diriger sans baguette cet ensemble et aussi de  donner l’opportunité à ces solistes. Et ce fut un grand succès. 

PAN M 360: Et cette fois, on passe de Vivaldi à Piazzolla

Andrew Wan: Oui, on a décidé de refaire ce projet, mais avec Piazzolla. Et on a trouvé les solistes, dont  deux violonistes qui ont participé à notre immersion orchestrale. 

Ce printemps, on a joué une symphonie de Chostakovitch avec Rafael Payare, et on avait dans chaque section plusieurs étudiants pour qu’ils vivent  l’expérience de jouer avec un orchestre comme l’OSM. Et j’ai alors travaillé avec deux violonistes de (l’université) McGill, qui étudient avec Violaine Melançon. Elles étaient extrêmement préparées, professionnelles, avec des attitudes extrêmement positives.Je me suis dit , OK, si elles sont disponibles, elles seraient parfaites comme solistes pour deux saisons de cette œuvre. Puis j’ai demandé à mes collègues du  Conservatoire de musique de Montréal s’il y avait deux autres élèves pouvant jouer les deux autres saisons, et on a trouvé deux autres violonistes incroyables.

Alors, pour moi, c’est très spécial de faire partie d’une telle expérience, de travailler avec des jeunes artistes,   de jouer un grand concert pour beaucoup de monde et de de donner la chance à d’autres de s’illustrer. 

PAN M 360: Quelle est l’instrumentation ?

Andrew Wan:  Deux premiers violons, deux deuxièmes violons, trois altos, trois violoncelles, et deux contrebasses.

PAN M 360: Piazzolla avait fait des arrangements  ses œuvres dans différentes configurations, d’autres l’ont fait aussi, mais lui-même se présentait généralement en quartette:  bandonéon, violon, piano et contrebasse – et Las Cuatro Estaciones Porteñas avaient été conçues pour quintette, soit avec guitare électrique en plus.  Et donc là, vous vous retrouvez dans un autre contexte, plus proche d’une instrumentation classique. 

Andrew Wan: Oui, c’est l’arrangement du violoniste russe Leonid Desyatnikov, popularisé par le violoniste Gidon Kremer,  il y a une vingtaine d’années je crois.. Ça reste aujourd’hui une de mes versions préférées et cet arrangement est joué partout dans le monde,  par les plus grands solistes. En fait, j’ai joué cette œuvre  la dernière fois, au mois de janvier, en Floride, avec sept autres violonistes de très haut calibre,  dont James Ehnes et Tessa Lark. 

PAN M 360: La  façon dont un musicien classique joue du tango nuevo est forcément  différente de musiciens exclusivement consacrés au style. Alors, de quelle manière voyez-vous les qualités et les avantages d’avoir une formation classique pour servir l’œuvre de Piazzolla?

Andrew Wan: Cette œuvre demande  plusieurs techniques qu’on ne joue pas souvent dans la musique classique, mais ce n’est pas extrêmement difficile à maîtriser. Et… ça  fait déjà trois décennies que les musiciens classiques jouent du Piazzolla, ça fait partie de notre langage. Ce n’est plus très singulier, ce n’est plus une particularité.

PAN M 360: Oui, absolument. C’est plus nouveau que ça l’était dans les années 80 et 90, et maintenant c’est inscrit dans le grand répertoire, effectivement. 

Andrew Wan: Oui, mais je peux ajouter que dans ce type de musique, il faut avoir du rythme. Dans la musique classique,  allemande, française ou anglaise, on peut avoir un peu de flexibilité avec le rubato (léger décalage rythmique). Ce n’est pas comme ça avec le tango qui doit aussi être joué avec un sentiment fort de liberté en même temps qu’on y respecte sans cesse la pulsation. Alors cela est plus difficile à maîtriser, pour moi comme pour nos jeunes musiciens de cet ensemble.

PAN M 360: Vous devriez y arriver haha!

Andrew Wan: En fait, dès notre première répétition cette semaine , j’ai été déjà très impressionné par les interprètes qui  ont travaillé très fort.  

Artistes

Andrew Wan, violon et direction

Olena Kaspersky, soliste violon

Charlotte van Barr, soliste violon

Anaïs Saucier-Lafond, soliste violon

Eva Lesage, soliste violon

Julien Haynes, alto

Victor Fournelle-Blain, alto

Sophia Tseng, alto

Sophia Battel, violoncelle

Ellamay Mantie, violoncelle

Evelyne Méthot, violoncelle

Étienne Beaulieu-Gaule, contrebasse

William Deslauries-Allain, contrebasse

Œuvres

Edvard Grieg, Suite Holberg

I. Praeludium. Allegro vivace (4 min)
II. Sarabande. Andante espressivo (4 min)
III. Gavotte. Allegretto – Musette. Un poco più mosso (4 min)
IV. Air. Andante religioso (5 min)
V. Rigaudon. Allegro con brio (4 min)

Astor Piazzolla, Les quatre saisons de Buenos Aires

  • Otoño Porteño (6 min)
  • Invierno Porteño  (7 min)
  • Primavera Porteña (5 min)
  • Verano Porteño (7 min)
Publicité panam

Du 22 au 24 août 2025 aura lieu un nouveau festival à Montréal : Afrikan. L’événement est porté par le duo formé de Mamoutou Dembélé  (l’artiste nommé Emdé sur scène, qui a remporté les Syli d’or des Nuits d’Afrique en 2019) et Vanessa Guay. Au programme, musique avec des noms tels Kizaba, Djely Tapa, Sophie Lukacs, Adama Daou, DJ Idriss le Viking Noir, etc, mais aussi gastronomie, mode, ateliers d’apprentissages divers, histoire, jeux pour enfants, et beaucoup plus. J’ai parlé avec les deux concepteurs et idéateurs du petit nouveau dans l’univers festif montréalais. 

DÉTAILS ET BILLETS POUR LE FESTIVAL AFRIKAN

L’entrevue est divisée en quatre parties, avec la version complète à la fin de la liste.

Partie 1 : Programmation

Partie 2 : Les origines du Festival

Partie 3 : Relation avec le grand frère Nuits d’Afrique

Partie 4 : Ce qui distingue Afrikan des autres

Version complète

La poésie de Wilhelm Müller portée par la musique de Franz Schubert résonnera au Domaine Forget le 16 août à travers la voix de la soprano canadienne de renommée internationale Rachel Fenlon. Reconnue depuis plusieurs années pour ses programmes de concerts où elle s’accompagne elle-même au piano, Rachel Fenlon présentera le programme qui marquait ses débuts solos sur disque, soit l’ultime cycle de lieder de Schubert, le Winterreise ou « Le Voyage d’hiver ». Contrastant, à la fois lumineux et angoissant, ce cycle ouvre une fenêtre sur les derniers instants de vie du compositeur viennois à travers des thèmes comme la solitude, l’errance, la nature, la mélancolie et la quête de sens malgré le désespoir. Alexandre Villemaire s’est entretenu avec Rachel Fenlon au sujet de cette œuvre phare du répertoire et du choix artistique qui l’a amenée à se définir son unicité comme artiste et comme interprète.

Cette entrevue a été réalisée en anglais

crédit photo: Clara Evens

Facile, composez pour l’octobasse? Acquise par l’OSM en 2016 à la demande de Ken Nagano suite à une commande à l’entreprise Canimex dirigée par les mécènes Roger et Huguette Dubois, cet instrument d’une hauteur de 11 pi 10 po (3,6 m), comptant des centaines de pièces, des pédales et un système de leviers qui permettent de marquer les notes sur le manche, autrement trop haut, est d’ordinaire associé aux grands orchestres de la période romantique où les effectifs orchestraux prenaient tranquillement de l’expansion. Après ce nouvel ajout dans son instrumentarium, l’OSM a fait l’acquisition de deux octobasses supplémentaires qui ont pu être entendues dans l’œuvre Les Troyens de Berlioz en février 2020, devant l’engouement suscité par cet instrument. Cela fait de l’OSM un des seuls orchestres au monde à posséder trois modèles de ce massif instrument. Mais est-il possible de conférer à cet instrument d’orchestre un rôle d’instrument chambriste ?

C’est à cet exercice stylistique et compositionnel que s’est prêté le compositeur Thierry Côté, dont l’œuvre Résilience pour octobasse, deux violoncelles et hautbois sera créée et interprétée lors du Parcours découverte de la Maison symphonique dans le cadre de la Virée classique. Alexandre Villemaire de PAN M 360 s’est entretenu avec lui pour parler de cette tâche à laquelle il s’est attelé.

Crédits photo principale : Antoine Saito

Publicité panam
Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné